Bonsoir !
Bonne année à tous ! Et voici la suite, qui a un peu tardé, navrée pour ça. J'ai eu besoin de repos au début du mois alors je n'ai pas avancé.
La fin de ce chapitre vous paraîtra peut-être un brin abrupte, mais je l'aimais bien comme ça... Et je ne suis pas sûre de la suite de la journée, ou bien si je fais une ellipse pour passer au jour suivant, alors... j'ai laissé ça comme ça :)
Enjoy !
Ju : Merci pour ta review ! Contente que tu aies de l'empathie pour Haizaki, c'est vrai qu'on peut se demander pourquoi il agissait de cette manière et c'est quelque chose que j'aime bien explorer, donner de la nuance aux personnages. J'espère que ce chapitre te plaira aussi !
Shadow : Oh... un fan de Pink Floyd, du moins de The Wall ?! M'en voilà très satisfaite et heureuse, les gens ne relèvent pas ce genre de référence en général, mais The Wall est un album fondamental pour moi, je l'ai découvert quand j'avais quinze ans et il a hanté mon adolescence (ainsi que le film d'Alan Parker). Oui je crois que parfois on a besoin de quelqu'un pour nous guider et que sans ça, on peut se laisser submerger par ses propres émotions... Contente que tu comprennes Haizaki :) Merci pour ton joli compliment, j'espère que la suite te plaira, ici un chapitre un peu plus posé :)
Alors qu'il finit la mise en place dans son petit établissement, Kagami remarque deux silhouettes familières qui se pèlent sur le trottoir. Toujours à l'heure quand il s'agit de bouffer ! constate-t-il avec une pointe de dépit. Quand il a quitté l'appartement ce matin, évidemment Aomine dormait comme un loir, sans donner signe d'un réveil prochain. Et le voilà maintenant répondant présent avant même l'ouverture du resto, avec son comparse qui, vu sa tête, semble avoir eu quelques difficultés à émerger de son lit.
Ils lui font de la peine à frissonner sous la neige, alors il ouvre pour qu'ils viennent se réchauffer.
« Salut. Vous êtes en avance.
— Yo. En avance, ouais, et on a la dalle ! répond Aomine.
— Installez-vous où vous voulez, lance Kagami avant de retourner en cuisine.
Il est un peu nerveux, comme s'il recevait des critiques culinaires. Pourtant, il ne sait pas pour Haizaki, mais Aomine est plutôt facile à satisfaire. Mais le fait est qu'il ne vient pas si souvent que ça... Et depuis sa dernière visite, il a changé la carte, alors il espère que le nouveau menu plaira autant à la panthère que le précédent... Il se traite d'abruti de stresser pour une raison pareille, mais voilà, il faut dire que le tigre est prompt à l'anxiété. Il s'active derrière ses fourneaux, jetant de temps à autre des coups d'œil nerveux en direction de la salle. Au bout de quelques minutes, il a la surprise de se retrouver nez à nez avec Ao qui le dévisage à travers le passe-plat.
« Ça t'embête si on se sert dans le bar ?
— Euh... Du moment que vous me le videz pas...
— Mais nan, mais nan, on sait être raisonnables. Des fois.
— Genre, combien ? Une fois par an ? »
Aomine fait mine de réfléchir.
« Je dirais plutôt une fois par mois. Ça fait douze fois plus que ta supposition !
— Incroyables, tes talents au calcul mental. Bref, sers-toi, Aho.
— Thanks. »
Et sans ajouter autre chose, le brun se sert une bière, et une autre pour son coloc. Kagami l'observe, perplexe, le couteau en l'air. Il trouve Aomine bizarrement peu belliqueux ces temps-ci. Pour un peu, il pourrait croire qu'il l'a vexé ou qu'il lui en veut pour quelque chose, mais ça ne coïncide pas avec le fait qu'il semble rechercher sa compagnie. Il espère alors que ça ne signifie pas que la panthère broie du noir. Quand il le fait, en effet, il n'y a plus rien à tirer de lui, pas un petit sourire et pas un sarcasme, à moins que ce dernier ne soit méchant. Kagami l'observe retourner à sa table, et quand il relève les yeux pour voir qui vient d'ouvrir la porte, il se dit que le service de ce midi risque d'être sportif.
Comme il n'y a encore personne dans la salle, il est impossible pour Kise de ne pas remarquer immédiatement la présence d'Aomine, qui ne le surprend pas plus que ça et lui fait même plutôt plaisir... Mais celle de Haizaki, en revanche, lui provoque plutôt une sensation inverse. Il fait un pas en arrière, prêt à battre en retraite sans demander son reste.
Le problème ? Trois paires d'yeux sont maintenant braquées sur lui. Il se fend alors d'un sourire, son meilleur bouclier, tout comme sa meilleure arme, diraient certains. Mais intérieurement, c'est la panique, tous les voyants sont au rouge et il cherche à toute vitesse un prétexte pour filer. "Je me suis trompé d'adresse" ? Pas crédible. "Je viens de me rappeler que j'avais une lessive à faire !" Pas très convainquant. "J'ai plus faim, finalement" ? Rah... Heureusement, la voix de Kagami coupe court au furieux débat intérieur.
« Salut, Kise, content de te voir. Installe-toi. »
Ah mais non, ça ne l'aide pas du tout, ça ! Il aurait dû dire qu'il n'avait pas encore sa commande de makis et qu'il fallait repasser plus tard ! Mais Kagami aurait été incapable d'inventer un petit mensonge comme ça au débotté, par ailleurs, il n'a même pas dû comprendre qu'il ne voulait vraiment pas se trouver ici. Alors il tourne son regard vers Aomine, faisant de son mieux pour lui envoyer un signal de détresse muet. Mais son ami s'avère tout aussi inutile :
« Hey, Ryota. Tu viens manger avec nous ? »
Il ne répond pas tout de suite, son regard passant à Haizaki qui l'observe un peu trop intensément à son goût, avant de se fendre d'un drôle de sourire qui n'est ni provocateur, ni belliqueux, ni ironique. C'est une expression qui laisse transparaître une certaine douceur, un concept qu'il n'a jamais associé à Haizaki de près ou de loin. Et tandis qu'il se souvient des roses reçues la veille, une bouffée de stress et d'embarras l'envahit, lui faisant monter le rouge aux joues. Il déglutit, incapable de prendre une décision. Ses jambes le poussent vers la sortie, sa tête lui crie d'être un peu raisonnable. En effet, il sait bien qu'il surréagit, et pourtant ça ne lui donne pas plus envie de déjeuner avec Haizaki !
Alors pourquoi est-il déjà en train de se diriger vers la table des colocs ? Parce que la vie est stupide, voilà pourquoi.
Haizaki tâche de ne pas dévisager le blond qui s'approche, mais c'est difficile. Il lui semble deux fois plus beau que la dernière fois qu'il l'a vu. Un peu fatigué aussi, mais cette touche de fragilité ne fait que réhausser son éclat. Son cœur pulse sourdement dans sa poitrine et ses mains deviennent instantanément moites tandis que Kise s'assoit à côté d'Aomine sur la banquette opposée. Il ne pensait pas le voir aujourd'hui... Il n'était pas prêt. Mais maintenant qu'il est là, il ne veut surtout pas le voir partir. Pour se donner contenance, il s'attaque à sa bière et, trop pressé, manque de s'étouffer avec sa gorgée. À voir Kise si proche de lui il réalise soudain l'énormité de leur stupide défi. Et pourtant... Il tient vraiment à ce que Kise le voie autrement. Parce qu'il a véritablement changé. Et il veut le lui prouver, avant toute autre chose.
Kagami jette un coup d'œil dans la salle. Pour l'instant, personne ne s'est sauté à la gorge. Tout semble calme. Il sait qu'il y a beaucoup de tension entre Kise et Haizaki, mais... Il a l'impression que ce dernier a enterré la hache de guerre. En tout cas, il l'espère. De toute façon, Aomine a dû déjà le prévenir de ne pas faire de vagues. Kagami sait à quel point le brun est protecteur quand il s'agit de ses amis, surtout Kise et Kuroko, quoique malgré les efforts de la panthère, le fantôme veille probablement plus sur Ao que l'inverse.
Kagami détache son regard du trio pour se reconcentrer sur le déjeuner. Il a toujours eu des facilités en cuisine, et après une brève formation, il s'est lancé sans trop se poser de questions. Aujourd'hui, ses ustensiles lui paraissent aussi familiers qu'un ballon dans les mains. Dans sa cuisine, il pratique son art harmonieusement, et quand il est au summum de sa concentration, il entre dans un état second exactement comme au basket, le monde autour de lui ralentissant alors que ses perceptions s'aiguisent et sa gestuelle s'affine. Il adore ce moment hors du temps où les mouvements sont fluides, naturels, où il s'intègre sans le moindre effort dans la dynamique de l'univers. Tout semble alors facile, mais pas dans le sens de trop grande simplicité et d'ennui, non, c'est juste qu'il a une impression de clairvoyance qui lui donne une plus grande créativité et une sensation d'accomplissement très satisfaisante.
Aujourd'hui ne fait pas exception à la règle, et il oublie son anxiété initiale quant au nouveau menu. Comme il est seul dans son restaurant, il ne propose que deux entrées, plats et desserts différents. Il va s'enquérir du choix de ses premiers 'clients', puis leur apporte les entrées. L'ambiance à la table semble un peu tendue, et il n'aime pas ça. Dans son resto, on laisse son stress à la porte. Le chef est le seul qui a le droit d'être nerveux. Alors comme il lui reste encore quelques instants avant l'arrivée du gros de sa clientèle habituelle, il s'assoit avec les autres.
« Alors, Kise comment c'est la vie à Kuala-Lumpur ? »
Le blond lui jette un coup d'œil, surpris par son intervention. Il se frotte la nuque un peu embarrassé :
« Eh ben... Un peu comme dans n'importe quelle capitale, j'imagine. Y a beaucoup de monde, tout va vite, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Et il fait chaud. Et humide. Mais... j'y suis plus pour longtemps. Je rentre à Tokyo dans un mois. »
Haizaki a envie d'accueillir cette nouvelle comme un signe du destin en sa faveur. Ça veut dire qu'il aura le temps d'arranger les choses sans que Kise ne s'envole de nouveau à des milliers de kilomètres. Cela dit, le défi qu'Aomine et lui se sont lancé stipule qu'il fasse sa déclaration avant Noël. Et c'est juste beaucoup trop court. Il n'y avait que lui pour avoir une idée aussi stupide. D'autant qu'Aho y a ajouté la condition 'on reste amis quoiqu'il arrive, et on dîne ensemble pour Noël' ! Malgré tout, cette nouvelle lui apporte une lueur d'espoir bienvenue.
Il ne dit rien, mais esquisse un sourire, entame son entrée, et là son sourire s'élargit encore. Il relève les yeux et lance un regard brillant à Kagami :
« C'est vachement bon ! »
Le tigre lui rend son sourire et hoche la tête.
« Content que ça te plaise. Je viens de changer de menu. Je fais avec les produits de saison.
— Tu vas au marché tous les jours ? demande Kise, curieux.
— Bien sûr ! Rien de surgelé ici, y a que du frais !
— Je crois que tu t'améliores... constate Aomine entre deux bouchées.
— Ouais, je pense avoir trouvé mon style. Je suis plutôt content. »
Kagami regarde ses invités dévorer leur entrée, un sentiment de satisfaction réchauffant sa poitrine. Après tout, il n'y avait pas de quoi angoisser ! Et puis, si on dit couramment que la musique adoucit les mœurs, d'après lui, c'est plutôt le rôle de la cuisine. Tout comme la musique, c'est un art non verbal qui s'adresse directement à l'âme et sait rassembler au-delà des différences individuelles. La nourriture apporte la paix et le bien-être, la satisfaction, et alimente le corps comme elle enchante l'esprit. Par sa sensualité, elle stimule les perceptions, par le rituel du repas, crée de l'intimité. Pas de meilleur remède à la désunion, au vague à l'âme, à l'incertitude, car un bon repas remplit le cœur comme l'estomac. C'est du moins avec cette conviction qu'il a ouvert ce restaurant, et cette même conviction le guide encore chaque jour, que ce soit pour cuisiner ou innover, expérimenter, partir à la recherche de nouvelles saveurs ou combinaisons de textures. Et voir ses clients afficher un paisible sourire tandis qu'ils savourent ses bons petits plats est la meilleure récompense qu'il puisse espérer.
La clochette de l'entrée le tire de sa rêverie : il est temps de s'y remettre !
Aomine regarde ses camarades de tablée avec attention. La tension palpable initiale est un peu redescendue, sans doute grâce à la magie de la cuisine de Kagami, ainsi qu'à sa gentillesse. Depuis le temps qu'il connaît le tigre, il sait qu'il est un peu bourru, mais quand on connaît sa façon d'être, on ne peut qu'apprécier sa générosité naturelle. Il ne fait pas d'efforts pour donner et n'attend aucune récompense. Il aime simplement faire plaisir, et Aomine trouve que ça se sent dans sa cuisine, aussi bien que dans certains petits mots, dans sa façon de se préoccuper des autres, sans pour autant être invasif. Kagami n'en fait trop que quand il angoisse ou quand il a accumulé trop d'énergie à dépenser. Et il semble en être très conscient et avoir travaillé pendant toutes ces dernières années à trouver un équilibre lui évitant d'exploser parce qu'on lui aura dit que le parc était inaccessible pour sa course matinale, ou parce qu'une tache malveillante est apparue sur son plan de travail immaculé. De fait... Le rouge est plus agréable à fréquenter qu'à l'époque du lycée. Et Aomine sait très bien que cette remarque vaut pour lui-même aussi, même si souvent il a cette sensation tenace et désagréable de n'avoir pas changé d'un iota.
Kise se détend un peu aussi. C'est vrai que l'environnement et la nourriture ont quelque chose de cosy et de familier qui fait se sentir chez soi. Il jette tout de même des œillades à la dérobée à Haizaki, comme pour vérifier que celui-ci ne prépare pas un mauvais coup. Mais le temps passe et l'agité de service reste calme, presque discret. Ou plutôt... il semble agir avec une certaine timidité. Ce qui ne lui ressemble pas du tout non plus. Il n'arrive pas à trouver une quelconque explication à ce comportement, et n'ose pas envisager sérieusement l'hypothèse induite par ces roses rouges. Il entend les mots de sa mère résonner dans sa tête : "Le message me paraît plutôt clair, non ?" Mais il n'arrive pas – ou s'y refuse ? – à conceptualiser l'idée. Il y a trop d'inconnues, trop d'étrangeté là-dedans. Et ce n'est pas pour ça qu'il a signé : pour lui, ce sont les vacances de Noël, un moment de calme et de repos, pas un moment où l'on doit réévaluer ses rapports à ses anciennes Némésis. Il n'a pas envie de remises en question, de prises de tête. Il y en a déjà assez dans son boulot. Normalement pour lui, revenir au Japon, c'est prendre une bouffée d'oxygène salvatrice... pas s'embourber dans des labyrinthes de questions sans réponse.
Et pour autant... Il n'a pas non plus envie de fermer la porte juste par principe. Et son naturel amical revient au galop à mesure que le temps s'écoule dans ce paisible restaurant, d'autant plus quand les plats chauds arrivent. Il dévore son katsudon sans le moindre complexe, puisque les complexes, il a pris la ferme résolution de les laisser à Kuala-Lumpur. À Tokyo, il ne réglementera rien, s'est-il promis. Alors peut-être aussi, finalement, est-ce le bon moment pour baisser sa garde... Il relève les yeux vers Haizaki, et c'est vrai qu'il lui apparaît sous un jour un peu différent. Il n'a même jamais pris vraiment le temps de l'observer. Il a souvent fui son regard, et il a l'impression que les seules fois où il l'a regardé dans les yeux, c'était pour lui signifier qu'il ne se laisserait pas faire, dans une attitude de défi, sa propre détermination l'empêchant de vraiment voir la personne qu'il avait en face de lui. Alors maintenant il en profite pour le regarder, si ce n'est sans préjugés, au moins sous un nouvel angle. Et étonnamment, il pourrait dire qu'il trouve sa compagnie agréable ce midi.
Aomine constate satisfait qu'une paix relative semble régner entre Kise et Haizaki, qui se détendent à mesure que le repas avance. En même temps, comment rester en colère quand on savoure un repas préparé par Kagami ? Son regard se reporte sur le tigre qui s'active entre sa cuisine et ses clients, semblant anxieux à chaque tablée servie de la réaction des convives. Et chaque fois qu'il constate la satisfaction des clients, un sourire éclaire son visage, comme si c'était sa toute première journée de service. Son cœur se serre en l'observant. Il a toujours aimé ce côté-là de Kagami, qui se donne à fond sans arrière-pensée, sans se demander si ce qu'il entreprend est réalisable ou non, simplement relevant le défi posé par chaque nouvelle situation. Il a même toujours admiré ce côté-là. Quand bien souvent il doute, ou se perd dans ses pensées, oubliant sa spontanéité et s'égarant dans les 'et si' au lieu d'agir, Kagami lui rappelle toujours qu'il a cette énergie en lui, cette vitalité que toutes ses noires pensées ne parviennent pas à enfouir, et que la vie quotidienne échoue à éroder. Que lui aussi peut avoir la force de relever les défis et d'avancer dans la vie la tête haute. Il sourit à ses propres pensées, tandis que son attention est de nouveau attirée par ses compagnons de table qui... eh bien, foi de panthère, semblent avoir une conversation civilisée.
« ...un boulot plutôt tranquille.
— Tranquille ?! Bouger des caisses toute la journée ça doit tuer le dos ! »
Haizaki rigole un peu :
« Pas plus que prendre la pose toute la journée j'imagine... Surtout quand on a des muscles comme moi !
— Ah ouais ? intervient Aomine, saisissant l'occasion de railler son coloc. Où ça ? Je vois rien, moi !
— Tu peux parler, toi ! C'est pas en maniant la clé à molette que tu vas entretenir tes muscles ! Sûr que y a déjà la moitié qui a fondu ! »
Aomine lâche sa baguette, piqué au vif. Mais pourquoi est-ce que tout le monde s'acharne sur sa silhouette, ces temps-ci ?
« Nan mais pour qui tu te prends ?! On règle ça sur le terrain de basket tout à l'heure, si t'as pas trop peur !
— Peur ?! De quoi ? C'est pas un matou mal peigné qui risque de me faire peur !
— Qui tu traites de matou mal peigné, espèce de dégénéré capillaire ? Et puis t'as vu ta gueule ? On dirait que tu t'es pris une porte !
— Ben ouais, celle du placard que tu laisses tout le temps ouverte alors que tu sais que je la vois pas quand je suis pas réveillé !
— Ça t'apprendra à regarder où tu vas, espèce de dinde.
— C'est pas un cornichon dans ton genre qui va m'apprendre la vie ! »
Ils sont interrompus dans leur échange d'amabilités par l'hilarité de leur compagnon de table qui semblait se retenir depuis un moment à en croire ses joues rosies. Mais maintenant il ne peut plus s'arrêter et entre leurs éclats de voix et ce fou rire intempestif, ils attirent des regards désapprobateurs des autres clients qui veulent profiter de leur repas en toute tranquillité. Heureusement, Kagami arrive à ce moment-là avec les desserts, mettant un terme au brouhaha pour laisser place à un silence fasciné. Puis, sans demander leur reste, les trois se jettent sur leur dessert.
Satisfait, Kagami s'éloigne vers la cuisine, léger sourire aux lèvres.
