Bonjour à tous ! Un peu en retard, je vous poste ça après des révisions acharnées :) Merci pour les quelques commentaires/mises en fav/mises en alerte, ça fait tellement plaisir de voir tout ça !

Je vous laisse avec le chap d'aujourd'hui :)

RARA :

Audrey : Hey ! Je suis d'accord, les chapitres en ce moment sont un peu redondants et peut être moins intéressants, mais je pense que c'est nécessaire comme tu l'as dit. Si Drago allait mieux du jour au lendemain et qu'il tombait subitement amoureux de cette insupportable Granger qui lui brise sa tranquillité, je pense que ça ne serait pas très crédible XD Merci à toi et à bientôt j'espère !


Chapitre 8 :

Reprise en main

Toujours attablée à une charmante terrasse du Chemin de Traverse, Hermione finit sa bouchée avant de demander à son meilleur ami :

– Et… avec Ginny, comment ça va ?

Harry se renfrogna immédiatement, et ajusta ses lunettes sur son nez avec distraction.

Entre le Survivant et la jeune Weasley, rien n'allait plus. Ils étaient en couple depuis la fin de la guerre et vivaient heureux depuis des années. Ils vivaient ensemble, avaient eu pour projet de se marier et de faire des enfants, mais Hermione voyait bien qu'ils ne se regardaient plus comme avant.

Harry en avait parlé à ses amis quelques semaines plus tôt seulement. Ceci avait tout de suite beaucoup inquiété Hermione, parce qu'elle n'aurait jamais imaginé que le couple que formaient ses amis pourrait être en danger.

– Eh bien… On ne discute plus beaucoup. Et j'ai l'impression qu'on n'a plus aucun passe-temps ensemble, se désola Harry.

Hermione posa sa main sur la sienne pour le soutenir.

Si Ginny et Harry se séparaient, Hermione se sentirait plutôt mal à l'aise envers eux : Ginny était son amie au même titre que Harry, alors comment pouvait elle imaginer ne plus voir l'un d'eux ?

Seulement, ils n'en étaient pas là, et Hermione n'avait pas dit son dernier mot quant à l'issue de cette histoire.

– Et tu as suivi mon conseil ? Tu as prévu un petit week-end en amoureux ?

– Hermione, tu sais bien que je suis occupé avec le travail, je suis en bonne voie pour obtenir une promotion ! Je ne peux pas me permettre des vacances tout de suite.

– Mais il en va de ton couple, Harry ! Ou alors organise une soirée, quelque chose qui permette que vous vous retrouviez tous les deux au calme rien que pour être ensemble.

Il acquiesça sans plus dire un mot. Ron ne dit rien non plus il avait promis depuis longtemps de ne pas se mêler des affaires de couple de sa sœur et de son meilleur ami. D'un côté, Hermione ne trouvait pas ça plus mal. Le rouquin ne faisait pas souvent grande preuve de psychologie.

– Je vais devoir retourner travailler, les garçons. Rendez-vous : Manoir Malefoy !

– Aïe. Tu vas voir la fouine ? fit Ron avec dégoût.

– Non, sa mère. J'ai déjà vu Malefoy ce matin, ça me suffit !

Hermione termina rapidement sa salade et transplana jusqu'au Manoir Malefoy une fois qu'elle eut atteint la zone de transplanage.

– Aujourd'hui, j'ai décidé de sortir un peu du protocole, expliqua Hermione à Narcissa le mercredi matin, après son rendez-vous avec Théodore Nott.

Lors de la séance de la veille, Hermione avait rapidement constaté que Narcissa n'avait aucun problème particulier au niveau des séances : elle parvenait à parler, mettre des mots sur ses désirs, besoins et manques, elle avait de nombreuses notions sur la culture des Moldus. Aucun doute : elle avait seulement besoin de s'intégrer à la société. Et bien sûr, Hermione essaierait de faire quelque chose pour que Narcissa et son époux puissent se voir plus régulièrement.

La Malefoy la regarda avec étonnement, et Hermione continua :

– On va commencer doucement. Vous allez vous préparer, et nous allons sortir en ville.

– Oh, inutile, je l'ai souvent fait, balaya Narcissa avec un sourire.

– Très bien. Je veux voir comment vous vous comportez en public. Et petit à petit, Madame Malefoy, nous allons vous trouver une occupation.

Hermione était très fière de sa trouvaille. Elle s'était inspirée d'elle-même : si elle ne travaillait pas, elle deviendrait complètement dingue, et Narcissa Malefoy aurait l'air en pleine forme à côté. C'était sûr : une occupation, un travail, ça ne pouvait qu'aider la Lady Malefoy à se sortir de ses songes.

– Une occupation ? s'interrogea-t-elle.

– Oui. Un travail, du bénévolat, un club de couture, n'importe quoi qui pourra occuper cinq heures de vos journées.

Narcissa paraissait choquée. La mine incrédule qu'elle affichait amusa Hermione pendant de longues secondes, et elle osa même un sourire enjoué.

La Lady Malefoy attrapa sa tasse de thé et tenta de se redonner contenance en avalant une gorgée brûlante. Hermione resta là, à la regarder, la laissant digérer la nouvelle. Quand elle parla enfin, Narcissa dit seulement :

– Je n'ai jamais travaillé.

– Vous verrez, c'est un épanouissement. Vous ne vous en porterez que mieux, plutôt que rester entre ces quatre murs.

Hermione se leva, attrapa sa veste légère et se positionna devant sa patiente.

– Allez, on est parties. Vous avez une cheminée en état de marche ?

– Bien sûr. Ça fait une éternité que je n'ai pas transplané !

Il se passa de longues minutes durant lesquelles Narcissa « se faisait présentable ». Hermione retint son agacement tout le long, pestant intérieurement contre les Sang-Pur et leur satané sens des apparences.

Elle reparut vêtue d'une longue robe qu'Hermione aurait porté pour un gala.

– On ne va que… faire un tour sur le Chemin de Traverse, rien de très… particulier, bafouilla Hermione en fixant la tenue riche de la Lady Malefoy.

– Oui, je sais.

Sans plus de conversation, elles partirent et se retrouvèrent bientôt dans le flot de sorciers qui parcourait l'allée commerçante.

Les deux femmes firent du lèche-vitrine, et Hermione voyait bien au fil de leur marche que Narcissa tentait au maximum de se fondre dans la masse. Elle semblait se faire toute petite pour ne pas se faire remarquer. Et Hermione se devait de mettre fin à tout ça.

Après un moment de marche, la jeune sorcière décida de s'installer à une terrasse pour profiter du Soleil. Elles seraient on ne peut plus exposées, ainsi, et Narcissa se ferait forcément voir par le serveur et les gens autour d'elles au moins. Y aller petit à petit : telle était la méthode qu'Hermione avait décidé d'adopter.

– Mrs Malefoy ? Et si on allait boire une Bièraubeurre ici ?

Elle leva les yeux d'une vitrine affichant des Nimbus 2003 pour les porter sur Hermione. Chaque fois, elle était saisie par le bleu froid des iris Malefoyennes.

– Pourquoi pas ?

Narcissa semblait avoir compris qu'Hermione la testait. Et elle était impassible, exactement comme si elle était parfaitement à l'aise et naturelle. Mais les études de la Gryffondor lui avaient permis de cerner ce genre de comportement.

Les deux femmes s'installèrent en terrasse, et chacune commandèrent une boisson. Hermione opta pour une Bièraubeurre, faiblement alcoolisée – elle était tout de même en plein boulot, non en vacances. Elle fut étonnée quand elle vit Narcissa commander un verre d'Hydromel. Le regard d'Hermione s'attarda tellement que la Lady Malefoy dit :

– Rien à voir avec une addiction. J'aime l'Hydromel.

– Oh, non, je n'ai rien dit.

Narcissa laissa passer un instant sans regarder Hermione. Puis elle continua :

– J'ai vu ce que vous avez fait pour Drago. Vider son… placard. C'est une bonne chose.

Elle parlait des nombreuses bouteilles maintenant transférées chez Blaise Zabini, aucun doute. Et même si Hermione savait qu'elle avait pris la bonne décision, elle était rassurée de voir qu'elle ne satisfaisait pas qu'elle.

– Je n'ai jamais trop su tenir tête à mon fils, continua Narcissa une fois que le serveur eut apporté leurs boissons. Je l'ai vu décliner pendant des années, et je n'ai jamais rien fait. Je n'étais pas vraiment en meilleur état… Je ne le suis toujours pas.

– Vous n'avez rien à vous reprocher.

– Je suis sa mère, tout de même.

– Lorsque quelqu'un ne veut pas se relever, personne ne peut rien faire pour l'aider.

Narcissa prit une gorgée de son breuvage et esquissa un sourire.

– Ce sont des paroles bien sages, Miss Granger.

Hermione haussa les épaules, quelque peu rougissante. Narcissa perdit son regard dans la vitrine de la boutique de balais en face de la terrasse, et la jeune Gryffondor resta silencieuse. Elle sentait que sa patiente serait à même de parler, aujourd'hui.

– Drago ne vole plus.

Au début, Hermione ne comprit pas la remarque de Narcissa. Mais son cerveau carbura, et elle finit par additionner deux et deux : Malefoy ne se servait plus de son – ses ? – balais. Et si elle en croyait l'expression de sa mère, ça semblait être une mauvaise nouvelle.

– C'était sa passion, Miss Granger, il n'était jamais aussi heureux que sur un balais, continua la Lady Malefoy. Dès petit, Lucius lui avait acheté un de ces engins dangereux. Drago s'est cassé un bras la première année. Rien de bien grave… Et après ça, il a persévéré, jusqu'à faire du vol sa passion.

Hermione nota discrètement tout ça dans sa tête : il serait malvenu de sortir son carnet alors que Narcissa se confiait enfin.

– Vous voudriez que Drago recommence à jouer au Quidditch ?

Hermione passait déjà en revue tous les clubs auxquels elle pourrait faire appel pour que Malefoy fasse joujou avec un Souafle… Comment pouvait-on aimer ce sport brutal ? Mais Narcissa répondit :

– Non, pas du Quidditch. Drago n'aime plus y jouer depuis… que votre ami l'a ridiculisé lors de sa deuxième année.

Hermione pinça les lèvres pour ne pas rire. Elle fit passer ça pour une grimace de compassion. Harry était plus fort que Malefoy : que pouvait-elle faire à ça ? La fouine devait apprendre à perdre, c'est la vie.

– Alors vous voulez… Quoi, qu'il se balade en balais ?

– Si vous parveniez à faire cet exploit, Miss Granger, ce serait… Je vous en serais très reconnaissante.

Quelques instants, Hermione vit de nombreux démons dans les yeux de cette femme brisée. Elle voyait bien tout le problème de Narcissa : une maman impuissante face à la déchéance de son fils, et une femme détruite par l'absence de son mari détenu dans des conditions déplorables.

Hermione avait l'impression que la réussite de ses missions serait une réaction en chaîne. En aidant Lucius, elle aiderait Narcissa. En aidant Drago, elle aiderait Narcissa, ce qui aiderait Lucius. La réussite de ses missions reposait sur sa capacité à aider la famille entière, et non membre par membre.

Une fois qu'elle eut compris ça, elle se sentit plus confiante pour la suite. Le bien-être de l'un reposait sur le bonheur de l'autre, c'était une certitude. Alors elle devait travailler d'arrache-pied pour parvenir à tous les aider, sans exception, et ce le plus rapidement possible.

– Alors, Madame Malefoy : quelle activité vous plairait ?

Hermione fut heureuse de voir un petit sourire s'épanouir sur le visage de sa patiente elle avait senti qu'il était temps de changer de sujet, les malheurs de Narcissa lui revenant en pleine face.

– Je ne sais pas trop… Je ne m'étais jamais vraiment posé la question. Lucius dirait que c'est inutile. Nos coffres à Gringotts sont pleins.

– Si je peux me permettre, votre mari n'est pas là.

Narcissa pinça les lèvres, mais finit par acquiescer. Les deux femmes cherchèrent ensemble une activité pour Narcissa durant les minutes qui suivirent avant de retourner au Manoir.

Drago se sentait nauséeux et transpirait, allongé sur son canapé dans son salon privatif. Il ne pensait qu'à l'Hydromel qu'il voudrait déboucher, mais il n'en avait pas la possibilité.

Depuis que cette satanée Granger avait vidé son placard, le jeune homme se sentait plus minable et broyait du noir. Il n'avait plus sa bouée de sauvetage. De plus, les symptômes physiques et désagréables du manque le terrassaient.

Il avait bien pensé à acheter de nouvelles bouteilles ou aller en chercher en cuisine, dans le reste de Manoir – après tout, sa mère possédait bien quelques apéritifs et la cave de son père au sous-sol était pleine. Mais Narcissa avait tout prévu, et de puissants sortilèges l'empêchaient d'approcher une bouteille à trois mètres. Il soupçonnait Granger d'en être d'ailleurs à l'origine.

Cette satanée Granger. Pourquoi devait-il donc l'avoir dans les pattes ? Merlin, elle était insupportable, plus insupportable encore qu'avant.

Mais sans forcément remercier Granger et encore moins Blaise, il savait que cette coupure d'alcool n'était pas malvenue. Il se sentait devenir une loque au fil des années et ça ne pouvait plus durer.

Il se leva, à peine habillé, et se dirigea il ne savait trop comment vers sa salle de bain. Il fit couler une bonne dose d'eau chaude doublée de savons en tout genre dans son immense baignoire et s'y glissa, nu comme un verre. Il se sentit mieux, une fois plongé dans l'eau chaude, sa peau collante de transpiration complètement immergée. Il s'aperçut qu'il avait froid, la chaleur fit courir une myriade de frissons le long de sa colonne vertébrale.

Il resta longtemps dans l'eau, les yeux fermés, respirant calmement. Puis quand il sortit, il décida de se raser, de se coiffer, de s'habiller convenablement. Une fois l'esprit clair, sans alcool courant dans ses veines, il s'était trouvé minable accoutré comme un Elfe.

Il sortit de sa salle de bain plus frais et léger, mais retourna à ses ruminations dans son fauteuil, après avoir ouvert une fenêtre qui donnait sur le parc du Manoir au passage. L'air tiède remplaça l'odeur de renfermé et Drago se dit que finalement, ce petit sevrage était plutôt bienvenu.


Un chapitre calme et sans Dramione, je sais, mais au moins, il laisse place à de bonnes nouvelles, non ? Drago se rend de nouveau présentable et décide de lui-même de maintenir sa désintox', c'est ti pas une bonne nouvelle ça ? Narcissa qui doit se trouver un job/occupation, vous en pensez quoi ? Moi, je trouve que ça peut donner lieu à de drôle de situation XD

Merci de m'avoir lue, please réagissez et à bientôt !