Bonjour à tous !

Désolée, ce chapitre a mis longtemps à être posté... J'espère que vous ne m'en voulez pas trop et que vous êtes toujours au rendez-vous !

Au moins, la suite est là. Nous approchons de la fin à grands pas. Plus qu'un chapitre et un épilogue, je pense.

Bonne lecture !

RARA :

Audrey : Hey ! Il y a toujours des chapitres plus difficiles à écrire que d'autres, et souvent, les lecteurs le ressentent. Les évènements du précédents chapitres pouvaient peut-être en effet paraître incohérents, mais je voulais montrer une sorte de tension dans le chapitre, avec l'incertitude d'Hermione quant à la situation. Mais je t'avoue que, moi non plus, le chapitre précédent n'était pas mon préféré... En tous cas, merci de prendre le temps de toujours donner un petit avis ! A bientôt j'espère :)

Mama : Merci beaucoup à toi ! J'espère que ce chapitre te plaira tout autant ! A bientôt :)


Chapitre 18 :

Se retrouver

Finalement, après des semaines entières sans voir Hermione et à habiter chez Blaise, le manque était tel que Drago finit par croire son ami : il était complètement mordu.

Si mordu qu'il avait pensé mettre sa fierté de côté et aller la voir. Il voulait des explications, et surtout, il voulait trouver une solution.

Il voulait de cette relation comme il n'en avait jamais voulu. Il n'avait jamais rencontré une femme avec laquelle il se sentait si en phase. Il n'avait jamais été intéressé de manière intellectuelle par une fille, n'avait jamais eut la moindre conversation intéressante avec l'une d'en elles. Hermione était tout le contraire elle avait du charme, était intelligente et suffisamment drôle pour rendre la vie de Drago lumineuse.

Il vivait toujours chez Blaise, mais sa mère commençait à s'en plaindre. Elle disait qu'elle se sentait seule, dans cet énorme Manoir, une fois le soir venu. Elle poursuivait toujours sa formation – une idée que Drago aurait trouvée stupide si elle ne venait pas d'Hermione. Cependant, il voyait sa mère heureuse et intéressée depuis qu'elle avait commencé ce programme, alors il se devait d'être heureux pour elle.

Blaise passait beaucoup de temps chez Weaslette, et Drago ne trouvait pas ça si mal. Il avait même mangé plusieurs fois avec le couple, et bien qu'il avait chaque fois l'impression de tenir la chandelle, la Weaslette n'avait rien de désagréable.

Un soir, Blaise rentra dans l'appartement, et la seconde d'après, Ginny suivit. Drago n'était pas vraiment d'humeur à voir leurs effusions amoureuses, mais il ne pouvait tout de même pas virer son ami de son chez-soi. Alors il subit en silence leurs baisers fugaces alors qu'ils préparaient le repas, et leurs chuchotements discrets suivis de gloussements parfaitement agaçant. Enfin, en silence pas tant que ça.

— Dites-le, si je dérange ! grommela-t-il quand il en eut marre.

— Mais non ! Allez vient, mon pote, Ginny a servi l'apéro.

Le mot magique étant lancé, Drago se leva et partit s'installer autour de la table, où diverses cochonneries salées trônaient. Le jeune homme eut droit à un jus de citrouille, et il faillit l'envoyer dans la face de la Weaslette quand elle le lui servit.

Est-ce qu'un ancien alcoolique encore en plein sevrage devait donc stopper définitivement l'alcool ? Ne pourrait-il donc plus jamais sentir l'amertume du whisky pur feu sur sa langue et la douceur aigre de l'Hydromel ? Il n'en était pas sûr.

Quand les prochains mots sortirent de sa bouche, Drago n'en cru pas ses oreilles :

— Tu as des nouvelles d'Hermione ? demanda-t-il.

Ginny le fixa quelque peu, mais ne fit aucun commentaire désobligeant.

— Un peu, oui. Mais elle ne sort pas beaucoup.

— Oh. Quelque chose ne va pas ? demanda Drago innocemment.

Il ne vit pas la rouquine rouler des yeux, ni même son petit sourire malicieux. Il avait les yeux résolument baissés sur la table pour éviter de la voir le questionner.

— Te fatigue pas, Malefoy. Je suis au courant.

Alors, Drago soupira. Il n'était sûr qu'Hermione lui en ai parlé. Etonnamment, ce constat le ravit.

— Elle t'en a parlé ?

— Absolument pas. Seulement, vous n'êtes pas très… discrets.

Un sourcil se haussa sur le front de Drago. Comment ça, pas discret ? Aucune information n'avait fuité, pourtant.

— Eh bien, peu importe. Ce n'était pas un secret.

Quelque peu vexé, Drago ne releva toujours pas les yeux. Il sentait pourtant le regard de Blaise et Ginny sur lui. Il grignota des morceaux de gâteaux salés quelques secondes dans un silence de mort. Finalement, il roula des yeux et leur dit :

— Qu'est-ce que vous avez, à la fin ?

Ginny soupira longuement, si longuement que Drago crut qu'elle avait de poumons extensibles. Le regard de Blaise était impassible, mais ce fut pourtant lui qui prit la parole en premier.

— Ecoute, mon pote, ça va faire un moment que tu es chez moi. Il va falloir que tu l'affrontes, à un moment. Je suis certain que vous pouvez finir par vous entendre.

Blaise était le dernier qui pouvait lui dire. Le métis était le Serpentard qui faisait le plus honneur à Salazar en matière de lâcheté.

— J'ai parlé à Hermione ce matin même, continua Ginny. Je lui ai parlé de toi, je lui ai dit que j'étais au courant de tout. Je crois qu'en fait, elle se fiche complètement de son travail. C'est plutôt sa fierté personnelle qui en prend un coup.

La rouquine avait véritablement attiré l'attention de Drago. Celui-ci eut envie de poser mille questions, mais fit de son mieux pour retenir son engouement.

— Comment ça, sa fierté ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

— Elle ne pensait pas pouvoir ressentir des sentiments pour toi un jour, et ça lui fait peur. Sa culpabilité n'aide pas, non plus. Ce n'est pas le fait d'abandonner cette mission auprès du Ministère qui lui fait peur : c'est le fait de se sentir, elle-même, coupable d'abandonner. Hermione et sa conscience professionnelle…

Démuni, Drago soupira. Que pouvait-il donc y faire ?

Ce qu'Hermione ne comprenait pas, c'est qu'elle l'avait déjà plus aidé qu'il n'aurait pu l'être par qui que ce soit d'autre. Drago ne se sentait plus misérable, avait repris le goût de voir du monde. Maintenant, la Gryffondor n'avait plus qu'une chose à faire pour qui véritablement heureux et qu'il entame enfin une vie normale : le reprendre.

Parce qu'il ne s'était jamais senti si malheureux que ces dernières semaines.

— Et alors ? qu'est-ce que je peux faire ?

Ginny haussa les épaules, avec une nonchalance qui énerva Drago. Le sujet n'était donc pas si léger !

— Je ne sais pas trop. Déjà, arrêter de l'éviter. Je ne vois pas comment vous pourrez allez mieux sans vous expliquer, tous les deux.

Sur ces mots, Blaise se leva en s'étirant quelque peu.

— A propos de ça, mon pote, je te fous dehors. Tu as dix minutes pour faire tes affaires et rentrer chez toi illico.

Drago écarquilla les yeux. Comment ça, rentrer chez lui ?

— Blaise. T'es pas sérieux, là ?

— J'ai l'air ?

Effectivement, Blaise affichait sa mine des mauvais jours, ce qui était très rare.

— J'en ai marre de te voir te traîner dans mon appart' toute la journée comme un Boursouflet, alors tu vas me faire le plaisir d'aller reconquérir ta chérie, te trouver un travail et me faire des neveux !

Bouche-bée, Drago essaya de parler sans qu'aucun mot ne puisse sortir. Il ouvrit la bouche, puis la refermât comme un poisson hors de l'eau. Jamais Blaise ne lui avait fait un coup pareil. Jamais. Il se sentait trahi comme jamais.

La mort dans l'âme, Drago se leva et rassembla ses quelques misérables affaires, qu'il entassa dans un vieux sac de Quidditch. En moins de dix minutes, comme convenu, il était prêt à partir.

Sur le pas de la porte, il lança un regard froid à son ami, qui eu la politesse de paraître désolé.

— Je ne te remercie pas, Blaise.

Alors, Drago sortit, sans entendre la réponse de son ami :

— Tu me remercieras plus tard, mon pote.

Hermione se sentit stupide quand, une nouvelle fois, elle entra dans le Manoir pour une séance d'inspection avec Drago, qu'elle savait qu'elle ne trouverait pas. Mais venir ici l'aidait à avoir la conscience tranquille, et bien qu'elle ne sache pas pourquoi, elle avait besoin de garder l'espoir qu'il serait assis dans son fauteuil, un sourire aux lèvres, quand elle arriverait. Elle avait besoin de se raccrocher au souvenir de ses lèvres contre les siennes et se détestait pour ça.

Ces dernières semaines, Hermione s'était rendue compte à quel point sa vie était maussade. Son but ultime dans la vie avait toujours été d'avoir un boulot qu'elle aimerait, elle avait toujours cru qu'elle s'épanouirait dans son travail. D'une certaine manière, c'était le cas.

Mais, dans sa vie, comment pouvait-elle s'épanouir en rentrant dans son appartement froid et triste sans personne à qui parler ?

Quelque part, la jeune femme savait qu'elle avait des sentiments pour Drago qu'elle ne pourrait pas effacer. Elle ressentait pour lui un mélange de sentiments détonants qui lui donnaient mal au ventre. Chaque fois qu'elle venait au Manoir, et qu'elle voyait l'espace privatif de Drago privé de celui qui le rendait vivant, les larmes lui montaient aux yeux.

« Qu'ai-je fait ? » se demandait-elle souvent.

Ce jour-là, pour une raison obscure, fut différent. Elle traversa le Manoir de couloir en couloir jusqu'à entrer dans le salon privatif de Drago, où elle le retrouvait tout le temps pour leurs séances avant que tout ne dérape, comme d'habitude. Elle garda les yeux baissés, parce que voir le fauteuil fétiche de Drago complètement vide lui faisait mal au cœur. Elle parcourut les étagères du regard en allant jusqu'à la fenêtre pour en ouvrir les rideaux. Elle les ouvrait chaque fois qu'elle entrait, et les fermait chaque fois qu'elle ressortait. Ainsi, elle avait l'impression de donner un peu plus de vie à la pièce, mais était consciente d'échouer piteusement.

Et quand son regard se posa malgré elle sur le fauteuil, elle émit un cri d'horreur.

Il était là, assis, comme toujours, les yeux fixés sur elle. Essoufflée, le cœur battant à mille à l'heure, Hermione tenta de reprendre ses esprits. Elle l'observa avec plus d'attention pour être certaine de pas rêver.

— Tu m'as fait peur !

Ce n'était pas exactement ce qu'elle avait voulu lui dire pour une première rencontre depuis tout ce temps, mais elle n'avait rien eu de mieux en réserve.

Il ne la quitta pas des yeux et ne prononça pas un mot quand elle vint s'asseoir lentement en face de lui.

Hermione prit un plaisir presque étrange à plonger de nouveau ses yeux dans ceux si gris de Drago, si froid et si mystérieux. Elle savoura son odeur, bien que mêlée à une touche de sueur, et se surprit à inspirer profondément. Elle ressentait même sa présence, sa chaleur, cette petite note indescriptible qui lui assurait qu'il était bien là, en face d'elle.

— Alors on en est là, hein ? lança alors Drago.

Sans même qu'elle ne contrôle quoi que ce soit, Hermione explosa soudain en sanglots. Les semaines de tristesse lui revenaient en pleine figure, et elle peina à retenir ses larmes. Le voir là, devant elle, était surréaliste.

Pourquoi avait-elle tout gâché ?

— Je… je suis tellement désolée… trouva-t-elle le courage d'articuler.

Elle essuyait frénétiquement les larmes qui roulaient sur ses joues, les yeux fermés. Jamais plus elle ne ferait passer sa vie professionnelle avant sa vie personnelle. Elle se le promit silencieusement.

— Je ne pensais pas qu'on en arriverait là…

Quand elle fut en capacité de voir quelque chose avec ses yeux embués, elle aperçut la main tendue de Drago. Sans même mesurer sa chance, elle la saisit et se laissa entraîner pour finir sur les genoux du jeune homme.

Elle enlaça son cou, respira profondément son odeur et plongea ses mains dans ses cheveux. Il lui avait tellement manqué qu'elle ne mesurait pas son propre désarroi.

— Je suis désolée… répétait-elle comme une litanie.

Elle ne savait pas trop comment, mais l'instant d'après, leurs lèvres se scellèrent en un baiser plein de désespoir.

— Tu ne pouvais pas me faire ça, Hermione, murmura-t-il.

— Je sais.

— Tu ne vas plus faire ça, hein ?

— Non. Jamais.

Elle l'embrassa de nouveau, avec passion et envie. Hermione ne savait pas si elle pourrait s'en passer un jour.

— Tu… tu vas rester avec moi, hein ? demanda-t-il avec une incertitude dans la voix qui cloua le cœur d'Hermione au sol.

— Oui. On va trouver une solution, n'est-ce pas ?

Alors, larmes et sourires mélangés, ils s'embrassèrent de nouveau.

Il se passa de longues minutes durant lesquelles ils n'échangèrent que des bribes de mots sans aucun sens. Ils savouraient la présence de l'autre comme si c'était la dernière fois.

C'était étrange, comme c'était dans l'absence de quelqu'un qu'on se prenait conscience des nos sentiments. Hermione pouvait dire ce qu'elle voulait : elle avait véritablement des sentiments pour Drago, forts et irrévocables.

Dès le lendemain, elle se rendrait dans le bureau de son patron, et avouerait tout, quel qu'en soit le prix.


Alors ? Qu'en avez-vous pensé ?

Encore désolée pour le retard et à bientôt !