Disclaimer : Bon, c'est le passage déprimant : Star Wars ne m'appartient pas, c'est Georges Lucas qui en est propriétaire ( Sûr ? J'ai pas le droit de garder un bout ? Non ? OH ! :(( et Harry Potter à JK Rowling. Conclusion : y'a pas grand chose qui est à moi, à part le scénario !
Réponses aux reviews :
Tout d'abord, çà fait extrément plaisir d'avoir reçu des messages d'encouragements. Cà motive grandement pour continuer. Je vais pas dire que plus j'aurai de reviews plus j'irai vite dans l'écriture, d'une part çà serait pas vrai, d'autre part, çà serait pas juste pour vous. Mais n'hésitez pas à en laisser, j'adore aller les lire, comme çà je sais qu'il y en a qui lise ce que j'écris et qu'il y en a même qui aime çà !
Commençons par ma première revieweuse, elle a assisté à la naissance de cette folle idée, et m'a encouragé à l'écrire : je parle bien entendu de Miss GabrielleTrompeLaMort. Merci à toi, et tu vois, pas la peine de ressortir le bazooka magique pour avoir le chapitre ! ( Psst, elle l'a utilisé hier et je peux vous garantir que çà plaisante pas ! mais chut, gardez çà pour vous, si elle l'apprend j'ose pas imaginer les tortures qu'elle va me réserver)
Ensuite merci à Onarluca, je suis content que le prologue t'es plus, et j'espère que ce chapitre làte plaira encore plus !
Désolé Abel mais y'aura pas Yoda, il y sera fait allusion plusieurs fois, dont un passage qui me trotte déjà dans la tête et qui j'espère vous plaira, mais il faudra attendre quelques chapitres pour y avoir droit. Tu attendais la suite avec impatience ? Hé bien la voilà servie, elle sort tout droit du four, j'espère que ce chapitre sera à la hauteur de tes attentes ;) C'est vrai qu'un crossover avec SW çà ne cours pas les rues, alors je profite que le créneau soit encore libre pour l'occuper !
Bon, allez c'est pas tout çà, mais vous êtes tous là pour ce qui suit, alors je vais vous laisser en profiter, et n'oubliez pas de laisser votre avis en appuyant sur le petit bouton à gauche.
Et Que la farce soit avec vous ! (Non non, ce n'est pas une faute de frappe )
Chapitre 1 : Soir de rentrée
La présentation ayant été faite, les élèves se ruèrent sur les succulents plats qui venaient d'apparaître sur la table. Mais dans la plupart des esprits, tous se posaient des questions sur leur nouveau professeur. Chaque année avait amené un nouvel enseignant, et chaque année celui-ci avait amené dans ses valises mystères et problèmes à Poudlard. Celui-ci ferait-il exception à la règle ? Beaucoup spéculaient déjà sur les futurs cours, mais chacun savait que dans tous les cas, ceux-ci ne pouvaient être pires que ceux de Dolorès Ombrage.
Luke regardait avec un certain amusement les élèves profiter du festin. Il avait passé les dernières semaines à recueillir le plus d'informations sur le monde des sorciers et savait qu'au dehors le mal rôdait. Mais ici, ces jeunes semblaient à l'abri, presque dans une bulle d'insouciance et d'innocence, toutefois Luke avait bien conscience que ce n'était qu'une apparence. Le danger était partout, il ne se contentait pas de rôder autour de Poudlard, et s'était glissé dans l'école, dans ce havre de paix. Et pourtant tous faisaient comme si. Comme si ils étaient encore des gamins, comme si rien ne pouvait les atteindre. Bienheureux étaient les innocents. Mais y'en avait-il réellement encore ici ?
Luke avait passé sa vie à se battre, de jeunesse il n'avait pas eu et l'innocence s'était bien trop tôt envolée. Se battre contre l'oppression de l'Empire, se battre contre les Ssi-Ruuk, se battre contre les Yevethas, se battre contre les nostalgiques de l'Empire, se battre contre les politiciens corrompus, contre les préjugés, se battre contre ses disciples d'une certaine façon, se battre contre le passé, tant celui de l'Ordre que celui de sa famille et finalement se battre contre lui-même. On avait de nombreuses fois posé sur ses épaules la responsabilité de l'univers, enfin peut-être pas de tout l'univers mais d'une bien trop lourde part pour un seul homme. Il avait vu trop de chose, bien plus qu'un humain normal ne devrait en voir dans toute une existence et pourtant, au fond de lui il était toujours cet adolescent sur Tatooine tellement enthousiaste à l'idée d'aller à l'académie militaire réaliser son rêve de voyages interstellaires et d'aventures en tout genre. Oui, malgré toutes les épreuves, il était resté jeune, et côté aventures, il avait été plus que servi. Et ce monde ci l'avait grandement amusé. Ces gens-là avaient à leur manière apprivoisée une certaine conception de la Force tout en l'enrobant d'un imaginaire et de rituels très particuliers. Il éprouvait une grande sympathie pour ce monde ci, leur conception des choses était tellement rafraîchissante.
Il aurait beaucoup à apprendre de ces jeunes gens, tout autant qu'il pourrait leur faire profiter de son expérience. A son arrivée sur Terre, il avait senti une concentration très intense de la Force, mais aussi une perturbation importante. Avec précautions, il avait réussi à entrer en contact avec ces adeptes bien particulier de la Force et avait appris la situation dans laquelle le monde des sorciers se trouvait. La situation avait d'une certaine façon amusé Luke, où que ce soit, les mêmes problèmes survenaient invariablement : un adepte des forces obscures avide de pouvoir se dressait contre la liberté pour imposer ses convictions, et comme toujours, il trouvait des serviteurs partageant ses rêves de grandeur. Combien de ces seigneurs des ténèbres avait-il rencontré ? S'imprégnant des nouvelles du conflit, il avait décidé de rendre visite à ce professeur Dumbledore qui, d'après ses sources d'informations, était le principal adversaire de ce Lord Voldemort. Il n'avait au départ que peu d'intentions de se mêler à ce conflit qui n'était pas le sien, mais il s'était pris de sympathie pour ce Dumbledore qui lui rappelait à la fois Obi-Wan et Yoda, et finalement avait décidé de s'attarder plus que de coutume dans ce monde ci. Cela lui ferait quelques vacances par rapport à ce qu'il devait endurer constamment. De toute manière, le Conseil Jedi pourrait bien se débrouiller sans lui une année durant, et cela lui permettrait de passer du temps avec Mara et son fils sans devoir courir la galaxie au moindre appel au secours.
Il devait admettre une chose en tout cas : le repas était vraiment succulent. Plongé dans un océan de sérénité, Luke scruta avec curiosité, mais en toute discrétion, le visage des élèves présents dans la grande salle. Il pouvait sentir la puissance de chacun de ces jeunes sorciers et à l'aide des informations que lui avait gracieusement fourni Albus, il essayait d'identifier chacun de ses futurs élèves. Enseigner n'était pas une nouveauté pour lui, il avait formé par le passé de nombreux Jedis et savait comment s'y prendre avec les jeunes. Mais il lui avait fallu assimiler tout le folklore ambiant et apprendre à se comporter comme un sorcier, apprendre les grandes lignes de l'histoire de la sorcellerie, heureusement grâce à la Force il avait pu puiser dans l'esprit de Dumbledore une partie de ces connaissances. Il pouvait presque passer pour un sorcier normal, et cela lui permettrait de se fondre dans son rôle avec un tout petit peu plus de facilité.
Son regard se posa sur un serpentard à la blonde chevelure. Ce qui émanait de lui était très paradoxal. Luke pouvait sentir à la fois une haine et une colère intense, mais derrière cette première couche, il pouvait sentir un bon fond qui ne demandait qu'à être remonter à la surface. Dumbledore l'avait averti d'un jeune serpentard très influent dans sa maison, dont le père avait rejoint les rangs de Lord Voldemort. Un amusement teinté d'ironie s'empara de lui. Un père qui était devenu le bras droit du Seigneur des Ténèbres. Cela s'était autrefois appliqué à lui. Il était la preuve vivante que les fautes du père n'étaient pas forcément reproduites par le fils. Oui, Luke avait un temps sombré du côté obscur mais il avait su en revenir, plus fort d'une certaine façon, il avait renoncé au mal pour devenir un homme meilleur. Et malgré son ascendance, aujourd'hui le nom des Skywalker était parmi les plus respectés de la galaxie, et, sauf chez les crapules et autres êtres malveillants, ce n'était pas la crainte qui avait inspiré ce respect. Il ne fallait tenir rigueur aux enfants des fautes du père. Ce Drago Malefoy n'échappait pas à la règle. Il pouvait encore être ramené sur le bon chemin, il n'était pas trop tard pour lui.
Détournant son regard, il posa finalement les yeux sur l'autre célébrité dont on lui avait parlé. Ce garçon brun à lunettes dont les cheveux ne semblaient vouloir être domptés et à la célèbre cicatrice. Il possédait de toute évidence un potentiel important, et était peut-être le sorcier le plus puissant de l'assemblée, exception faite de Dumbledore et de lui-même. Mais une étrange aura se dégageait de lui, il semblait tellement las et triste, un brin de culpabilité et de solitude se faisait également sentir. Si à première vue, il semblait joyeux de se retrouver là, une certaine réserve était tangible. Il semblait plus vieux que son âge : encore un qui avait grandi trop vite, encore un à qui on avait volé la jeunesse et l'innocence. Albus lui avait conté l'histoire de ce Harry Potter, une histoire bien triste qui d'une certaine façon lui était très familière : un père et une mère tués par un seigneur des ténèbres, une tante et un oncle tués par les hommes du Seigneur des Siths ; chacun étant l'objet d'une prophétie, tous deux ne pouvant échapper à leur destin ; tous deux devant portés sur leurs épaules l'espoir de tout un peuple, ou de plusieurs.
Son regard dévia de quelques centimètres pour se poser sur la jeune femme brune à ses côtés. Une sorcière peut-être moins puissante que le jeune Potter, mais un esprit vif et intelligent, un roc dans la tempête sur lequel pouvait s'appuyer le jeune homme. Elle lui rappelait étrangement une autre jeune femme de caractère qui avait passé sa vie à aider les autres, qui avait consacré sa vie à un idéal, qui avait été le roc sur lequel s'étaient appuyé les rebelles. Oui, cette Hermione Granger ressemblait à sa chère sœur. Et le rouquin à ses côtés, ami fidèle, parfois vaurien, esprit vif et brillant à tort sous-estimé, son aura était comparable à un certain ex-contrebandier de sa connaissance qui malgré lui était devenu un héros.
"Harry Potter, oh je vais te tuer, comment as-tu pu ?"
Luke reporta son regard vers l'origine de cette explosion verbale qui avait provoqué l'hilarité générale chez les Gryffondors. Une tête rousse aussi, mais celle-ci appartenait à une jeune femme qui avait semble-t-il un sacré caractère. Luke dut à grande peine se retenir d'éclater de rire. Il fallait croire que certains hommes étaient condamnés à ne trouver leur moitié que dans une personne dont la principale envie était de les tuer. Songeur, il repensa à ses premiers pas avec Mara Jade. Il se souvenait parfaitement de ces jours passés avec elle dans la forêt de Myyrk à essayer d'échapper aux hommes du Grand Amiral Thrawn. Il ne lui avait pas échappé, et celle-ci ne l'avait jamais caché, que Mara Jade n'avait à l'époque qu'une envie : le tuer pour satisfaire l'ultime commandement de son maître, l'empereur Palpatine. Et aujourd'hui ils étaient mariés, heureux et unis, parents d'un jeune Ben, chacun d'entre eux ayant parfaitement conscience qu'il ne pouvait désormais vivre sans l'autre. Oui, si ces deux-là arrivaient à se trouver comme Mara et lui s'étaient trouvés, ils pourraient prétendre à un bonheur sans faille.
Luke sentait les nombreux regards en coin qu'on lui adressait, chacun essayant de percer à jour le secret de ce nouveau professeur. Leur curiosité était somme toute très naturelle vu ce qu'on lui avait raconté. Mais il sentait que cette curiosité n'habitait pas que les sorciers en herbe. Les professeurs aussi le jaugeaient. Ce Sévérus Rogue par exemple semblait le dévisager comme si il était un animal de foire. Oh Albus l'avait bien prévenu que Rogue avait depuis toujours des vues sur le poste de DCFM et qu'il avait jalousé chacun des professeurs précédents, pour la plupart des incompétents qui avaient donné une certaine légitimité à sa jalousie. Rogue avait une réputation assez dure, Dumbledore lui avait même dit que certains le trouvaient effrayant. Mais il fallait bien plus qu'un prof jaloux pour effrayer Luke.
~oOo~
Sévérus Rogue rageait intérieurement. Il voyait encore une fois le poste qu'il convoitait tant lui échappait alors qu'il avait secrètement espéré que la page Dolorès Ombrage aurait convaincu Albus de lui proposer le poste. Mais non, encore une fois c'était une autre personne extérieure à Poudlard, un parfait inconnu dont on ne savait rien, dont ne savait si on pouvait lui faire confiance, ni quel côté il soutenait, qui héritait de ce poste.
Les autres années, il avait pu détester Quirrell et Lockhart car ils étaient totalement incompétents ; Lupin, ah Lupin, probablement le seul valable dans le lot, mais leur passé commun l'obligeait à lui garder rancune ; Maugrey Fol Oeil, l'avait quelque peu effrayé et il s'était avéré que sous le déguisement se cachait un mangemort, symbole honni d'un passé douloureux. Et puis il y avait eu Ombrage. Mais pouvait-on vraiment la qualifier de professeur ? Non, elle n'avait été qu'un parasite nuisible. La liste des déceptions était longue et il espérait qu'ils n'allaient pas devoir en ajouter une de plus.
Mais celui-là… Il émanait de lui une telle assurance, une telle sérénité et une telle puissance qu'il ne savait sur quel pied danser. Il avait pu avoir l'ascendant psychologique sur ses prédécesseurs, allant même jusqu'à menacer Quirrell et à ridiculiser Gilderoy dans un duel qui resterait gravé dans son esprit. Mais celui-là, celui-là n'était pas de la trempe de ceux qu'on impressionne. Bien au contraire, il semblait être de ceux qui impressionnent les autres. Rogue devait même avouer être quelque peu impressionné par le charisme de son nouveau collègue. Peut-être auraient-ils enfin droit à un enseignant compétent dans cette matière ?
Il était plongé dans ses réflexions et ne s'était pas aperçu que ce Skywalker s'adressait à lui jusqu'à ce que Filitwik lui donne un petit coup de coude, le ramenant ainsi au moment présent.
"Sévérus Rogue, c'est bien ça ? Vous êtes le professeur de potions d'après ce que m'a rapporté le professeur Dumbledore."
"Oui, en effet, répondit-il de sa voie doucereuse"
"Albus m'a dit que vous étiez très compétent dans votre domaine et il m'a suggéré de m'adresser à vous si j'avais besoin d'aide. Je dois avouer que je ne suis guère habitué à me servir d'une baguette, ma spécialité étant davantage la magie instinctive sans baguette, peut-être pourrions-nous arriver à travailler en commun ?"
"Oh ? Oui, bien sûr, s'entendit-il répondre."
Il devait avouer être très étonné. Il s'était attendu à tout sauf à çà. D'abord, Dumbledore avait réussi à trouver un adepte de la magie instinctive prêt à transmettre son art, et d'autre part, celui-là ne semblait avoir aucun problème à solliciter son aide. Décidément, ce Skywalker était un mystère à part entière.
"Parfait, si cela ne vous dérange pas, nous pourrions nous voir demain matin pour nous arranger sur la répartition des cours ?"
"Oui, si vous le souhaitez, mais nous pourrions aussi le faire après souper si vous le souhaitez ?"
Skywalker eut un petit sourire amusé.
"Cela aurait été avec plaisir mais j'ai déjà prévu certaines activités pour ce soir."
"Oh ? Parfait alors, vous n'aurez qu'à venir aux cachots demain matin."
"Excellent", lui répondit Luke avant de retourner à son repas.
Sévérus était de plus en plus surpris. Enfin, peut-être ce Skywalker serait-il une énigme à la hauteur de son intellect supérieur de Serpentard.
~oOo~
Comme ailleurs, le principal sujet de conversation à la table des Gryffondors était le nouveau prof de DCFM. Cela était presque devenu un rituel qu'ils recommençaient chaque année. Mais autant les autres années, ils avaient quelques informations sur leur futur professeur, autant cette année celui-ci était un parfait inconnu, aucun indice et à voir la perplexité qui se lisait sur le visage des professeurs, les élèves n'étaient pas les seuls à être dans le brouillard le plus complet. Un mystère absolu, cela n'en devenait que plus intéressant.
"A votre avis : slip ou caleçon ?" interrogea Seamus
Silence autour de la table. Instants de réflexion intense. Puis brouhaha infernal.
"Slip", répondit Neville
"Caleçon", répondirent Lavande et Parvati
"D'accord avec Neville", lança Ron
"Franchement, c'est tout ce qui vous intéresse ? s'étonna Harry. Hermione dis leur que çà ne les regarde pas, que…qu'il y a plus important !"
Hermione fronça les sourcils, elle n'était pas loin d'être d'accord avec Harry, mais elle en avait assez d'être toujours considérée comme la rabat-joie du groupe, toujours à leur rappeler le règlement et à leur faire la morale. Finalement un sourire taquin vint illuminer son visage.
"A mon avis..."
"Oui ? "demanda Harry, pressé que son amie vienne le soutenir
"...il porte un string rose et jaune à petits pois, c'est plus classe."
Quelques secondes durant, la surprise avait rendu tous les Gryffondors muets, ils s'étaient tous attendus à ce que Hermione Granger, préfête de la maison Gryffondor, les tance vertement mais contre toute attente, celle-ci s'était prise au jeu. Et finalement l'hilarité gagna rapidement la table. Essayant de reprendre difficilement son sérieux entre deux éclats de rire, Harry regarda Mione faussement fâché. A force de rire, celui-ci avait attrapé un hoquet qui avait fait redoubler les rires de ses camarades.
"Mione, tu pourrais...hic... me...hic...soutenir...quand même...hic"
"Pauvre Harry tellement incompris", se moqua-t-elle gentiment
"C'est ...hic...trop...hic...injuste", bougonna-t-il.
Quelques instants plus tard, le repas touchait à sa fin et les deux préfets durent se lever aller faire leur devoir.
"Allez les premières années, suivez-nous", crièrent presque à l'unisson Ron et Hermione.
Leur regard se croisèrent quelques secondes et tous deux détournèrent les yeux, visiblement gênés ou troublés. Et cela n'avait pas échappé à la majorité des Gryffondors, qui sourirent d'un air entendu. Il n'y avait bien que ces deux-là pour ne pas voir ce que tous les autres avaient vu depuis longtemps. Cela était devenu un motif de paris et de potins dans la salle commune des Gryffondors, et le montant de la cagnotte était désormais assez conséquent. Tandis que la plupart des élèves regagnaient leur tour, Harry se retourna vers la table des professeurs, cherchant du regard ce nouveau professeur.
Lors de la présentation du repas, il avait ressenti qu'une chaleur particulière se dégageait de ce nouvel enseignant. Il semblait tellement confiant et chaleureux, mais en même temps il avait dans le regard la même lueur qu'il surprenait parfois dans les yeux de Dumbledore : une sagesse teinté d'une douce mélancolie. Bizarrement, ce professeur lui inspirait confiance. Mais nul n'avait entendu parler de lui, même les autres membres du corps enseignants avaient semblé surpris, et cela était très étonnant. Même Rogue avait semblé sur la réserve. Un parfum de mystère semblait accompagner ce Skywalker. L'année risquait d'être intéressante. Sauf si, encore une fois, ce dernier s'était mis dans la tête de le tuer, de le discréditer, de le faire souffrir.
Soudain son regard attrapa celui de Luke. Un lien semblait s'être établi entre eux, comme un courant invisible. Les yeux bleus du professeur irradiaient de confiance et de chaleur, Harry ne s'était pas trompé à ce sujet-là. Cet homme-là semblait profondément bon, et semblait bien plus vieux qu'il ne l'était réellement. C'était rassurant d'une certaine manière. Luke lui adressa un sourire discret avant de détourner le regard et de se remettre à discuter avec Dumbledore.
Troublé, Harry finit par se résoudre à rejoindre lui aussi la tour des Gryffondors lorsque la voix familière du professeur McGonagall le héla.
"Monsieur Potter ! Attendez-moi je vous prie."
Harry s'arrêta et se retourna en direction de sa directrice de maison. Celle-ci fondait sur lui tel un chat bondissant sur une souris. Mais si la vieille semblait sévère et revêche, il savait parfaitement que Minerva McGonagall était l'une des femmes les plus justes et les admirables qu'il ait rencontré. Son apparente sévérité cachait une gentillesse et une force de caractère incroyable. Il se souvenait encore parfaitement de l'an passé : à de nombreuses reprises, elle avait défendu Harry contre le Crapaud, allant même jusqu'à promettre qu'elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour qu'il devienne Auror, pour qu'il réalise son rêve. Tout comme il se souvenait ce jour de première année où il était persuadé qu'il allait se faire renvoyer de l'école pour avoir désobéi au professeur Bibine et qu'au final Minerva l'avait fait entrer dans l'équipe de Quidditch allant ainsi à l'encontre de toutes les règles. S'il considérait Molly Weasley comme une seconde mère, Minerva McGonagall représentait à ses yeux ce qui se rapprochait le plus d'une grand-mère. Il avait été très inquiet l'an passé lorsque celle-ci avait été victime de plusieurs Stupéfix simultanés. Mais c'était sans compter sans le caractère de la vieille femme qui avait pu se remettre d'un choc qui aurait pu la tué.
« Oui professeur ? » demanda-t-il
"Je voulais vous parler de l'équipe de Quidditch monsieur Potter. Vous n'êtes pas sans savoir, monsieur Potter, que le poste de Capitaine de l'équipe implique de nombreuses responsabilités. C'est à vous que reviendra de faire les sélections pour les postes vacants, c'est également à vous de planifier et de diriger les entraînements, d'établir les tactiques et de motiver vos troupes. Je suis certaine que vous en êtes capable, de plus je suis persuadé que si vous vous destinez à devenir Auror, cela pourrait être très instructif pour vous. Mais je voulais savoir si, conscients des responsabilités qui vous incomberont pour les 2 années à venir, vous étiez toujours d'accord pour accepter ce poste."
Harry prit le temps avant de répondre, il avait réfléchi à ça depuis qu'il avait reçu la lettre de Minerva. Il avait parfaitement conscience des responsabilités qui lui incomberaient en tant que Capitaine. Il avait vu comment Dubois et Angelina avait assumé la charge, il avait eu un aperçu du stress que cela engendrait et il s'était posé la question de nombreuses fois : serait-il à la hauteur de la tâche ? Certes, il avait espéré qu'on lui propose, mais il n'était pas prêt d'accepter si il se sentait incapable d'y faire face, il savait que seul comptait le bien de l'équipe.
"J'ai beaucoup réfléchi depuis que vous me l'avez proposé professeur. Je suis bien conscient du fait que le succès de l'équipe dépendra du fait que je sois ou non un bon capitaine. J'ai vu ce qu'impliquait ce poste en observant Dubois et Angelina, j'ai eu l'occasion de réfléchir, de savoir si je pourrais être à leur hauteur. Je ne sais pas si je serai un bon capitaine, je l'espère je veux dire, mais on ne sait jamais. Ce qui est sûr c'est que je suis prêt à assumer les responsabilités que cela implique, je suis prêt à travailler plus que les autres, à veiller lorsque les autres dormiront, à préparer les entraînements, à faire passer les sélections et à mener Gryffondor à la victoire. Oui, je veux relever ce défi professeur."
Minerva McGonagall le gratifia alors d'un de ses rares sourires. De toute évidence la réponse lui plaisait.
"Parfait, monsieur Potter, parfait. Je ne doute pas que vous serez à la hauteur. Il faut absooolument que Gryffondor conserve le titre cette année, je ne voudrais pas que le professeur Rogue puisse à nouveau se pavaner. Comprenez-moi bien Harry, vous devez impérativement gagner la coupe cette année, il en va de l'honneur des Gryffondors...et de mes économies."
Harry regarda sa directrice avec des yeux ronds comme des soucoupes. Minerva tourna la tête à gauche et à droite pour vérifier que personne ne pouvait les entendre et lui dit à voix basse :
"Ne le dîtes à personne, Potter, mais j'ai parié avec le professeur Rogue que nous conserverions la coupe cette année encore. Assurez-vous que je ne passe pas pour une idiote surtout. Bien entendu, je ne vous ai rien dit, monsieur Potter, c'est bien clair ?"
"Tout à fait professeur", répondit-il, retenant à grande peine un sourire.
"Parfait, parfait. Bien, vous retournez à votre tour n'est-ce pas ?"
"Oui professeur."
"Bien, bien, rappelez à miss Granger et à monsieur Weasley que la réunion des préfets est dans un quart d'heure. Allez, filez."
"Euh, professeur ?"
"Oui ?"
"Vous le connaissez le professeur Skywalker ? J'ai eu l'impression que personne n'en avait entendu parler avant."
McGonagall le gratifia d'un regard perçant et hocha la tête, visiblement fière de son élève.
"Très perspicace Potter, très perspicace, bon pour un Auror çà. Je ne sais absolument rien sur lui, seul le professeur Dumbledore semble savoir qui il est, et encore, je n'en suis guère convaincue. Nous devrons nous contenter de ça, je le crains. Filez maintenant."
"Bonne soirée professeur."
"Merci Monsieur Potter."
Harry rejoignit le flot des étudiants qui montaient à la tour des Gryffondors. Quand soudain, il fut bousculé par derrière sentant des mains agripper sa robe pour se retenir.
"Oh désolé Harry", s'excusa une tête rousse familière
"Pas de souci Ginny. Ça va ?"
"Oh oui...c'est cet imbécile de Seamus, il a trouvé malin de me faire un croche-pattes. Il semblait pensé que cela serait amusant."
"Ben çà l'était," s'exclama le jeune Finnigan
Ginny se retourna rouge de colère vers le petit plaisantin. Celui-ci allait semble-t-il goûter au fameux tempérament des femmes Weasley.
"Oh toi ! Tu perds rien pour attendre, attends que l'on soit dans la salle commune et tu verras ce qu'il en coûte de s'attaquer à Ginny Weasley."
"M'attaquer ? Oh mais non, mais non, moi je donnais juste un coup de main", ricana-t-il en adressant un clin d'œil à Harry avant de disparaître devant eux dans les escaliers.
Harry se sentait rougir, il venait de comprendre ce qu'avait essayé de faire ce bon vieux Seamus. Il n'avait pas essayé de trouver un sujet de moquerie au détriment de Ginny, non il avait essayé de la jeter dans ses bras, persuadé pour une raison connue de lui seul que Ginny et lui était fait l'un pour l'autre. Ce qu'il pouvait être bête ! Il n'y avait pas de place dans sa vie pour ce genre de distraction. Oui, Ginny était sympathique et jolie, oui leur relation avait évolué durant l'été, mais pas comme çà. Il avait été surpris cet été que la jeune fille effacée qu'il avait connu pendant trois ans prenne l'initiative de lui écrire mais au vu de l'année qui s'était écoulé, il avait fini par admettre que le jeune fille timide avait cédé la place à une jeune femme dynamique pleine de caractère. Et au fil des lettres, la sœur de son meilleur ami était devenue une amie à part entière qui n'avait pas hésité à se dévoiler peu à peu et avec qui il avait désormais des discussions des plus passionnantes. Il avait appris à la connaître et n'avait pas hésité une seconde à se confier à elle. Mais même si il la trouvait attirante, si il appréciait sa compagnie, il n'y avait pas la place dans sa vie pour ce genre de relation là. D'une part, l'épisode Cho Chang était encore trop frais dans son esprit pour se laisser aller de nouveau, et d'autre part avec cette prophétie au-dessus de la tête, il n'envisageait pas de débuter une relation amoureuse alors qu'il était en simple sursis. Il ne lui était point permis d'aimer.
"Qu'est ce qu'il a voulu dire par là ?"
"Je ne sais pas" mentit-il avec brio, « tu sais, c'est Seamus, faut pas chercher à comprendre. »
Et Ginny se mit à rire.
~oOo~
Ce son si mélodieux persistait encore dans son esprit tard dans la nuit. Il n'arrivait pas à dormir, trop de pensées se bousculaient dans sa tête, trop de questions restaient en suspens. Ron était dans sa chambre de préfet et ce n'était pas à Neville, Dean ou Seamus qu'il avait envie de parler, ils étaient de bons camarades certes, mais ils n'étaient pas Ron. Ils ne pourraient pas le comprendre aussi bien que son fidèle ami. Et encore, pourrait-il parler de ça avec Ron, il s'agissait de sa petite sœur après tout ! Il devait s'avouer chanceux de les avoir rencontré, Hermione, Ron et maintenant Ginny. C'était grâce à eux, et à Hagrid qu'il tenait.
Il avait eu des hauts et des bas dans son amitié avec Ron, notamment en quatrième année où celui-ci était persuadé que Harry avait intentionnellement glissé son nom dans la coupe de feu, sans lui en parler, et sans y glisser le sien. Harry savait que Ron avait souffert d'être dans l'ombre de ses frères et dans celle de Harry. Il savait aussi que Ron avait tendance à se sous-estimer à tort. Il savait également que Ron souffrait de la pauvreté de sa famille. Mais cela avait changé. Il était devenu préfet, gardien de l'équipe de Quidditch et son père était finalement devenu ministre de la magie. Ron avait enfin quitté l'ombre étouffante de ses frères pour se faire un prénom. Il n'était plus seulement le petit dernier des frères Weasley, ni seulement l'ami d'Harry. Il était Ron, tout simplement. Finies les années où il devait se contenter des affaires de ses frères ou de livres d'occasion, avec l'avancement de son père était venu les jours de beau temps. Oui, l'été passé avait été très profitable à Ronald Weasley. Et son petit doigt lui disait que cela allait continuer.
Mais en ce moment, il était dans sa chambre de préfet et devait dormir à poings fermés. Harry attrapa sa cape d'invisibilité et se décida à aller faire un tour dans les couloirs de Poudlard. Cela lui permettait de faire le vide dans son esprit, d'oublier momentanément ses problèmes de conscience.
Armé de sa carte du maraudeur, il se décida à aller voir son ami Hagrid, la lumière était encore allumée dans la cabane du garde-chasse et gardien des clés et de lieux. Celui-ci devait encore être debout et il aurait forcément de nouvelles histoires à raconter. Hagrid. La première personne du monde sorcier qu'il ait rencontré. Un demi-géant qui était pour lui un ami très précieux. Certains le sous-estimaient ou le méprisaient à tort. Il avait beau être un demi-géant, son cœur n'était que bonté et gentillesse. Et il n'y avait plus loyal que Hagrid. Certes il avait parfois de folles idées comme adopter une araignée géante ou un bébé dragon, mais Hagrid était avant tout un être bon. Et son premier ami.
Se faufilant dans les couloirs en faisant tout pour éviter et miss Teigne et Rusard et Peeves, Harry arriva enfin à sortir du château. Il prenait le chemin de la cabane de Hagrid lorsqu'une obscure silhouette sortit de la Forêt Interdite. Les robes volant au vent, l'homme avait vaguement l'air familier. Il fallut quelques instants à Harry pour se rendre compte qu'il s'agissait en fait du nouveau professeur de DCFM. Celui-ci semblait avoir transpiré, comme si il venait de faire d'intenses efforts, mais il ne semblait ni blessé, ni fatigué. Une certaine satisfaction se reflétait sur son visage, et une petite lueur d'amusement dansait au fonds de ses yeux. A ce moment-là, il semblait bien plus jeune, et la ressemblance avec Dumbledore s'accentuait. Mais qui était-il réellement ? Qu'était-il allé faire dans la forêt interdite en pleine nuit ? Pourquoi semblait-il soulagé ou content de lui ? Caché sous sa cape d'invisibilité, Harry observa la progression de son professeur qui semblait presque flotter au-dessus du sol dans son étonnante robe. Pas un instant Harry ne se douta de ce qui allait suivre, persuadé qu'il était d'être à l'abri des regards indiscrets.
"Bonne soirée monsieur Potter ? Il n'est guère sage d'être dehors à cette heure-ci, non ?"
Harry manqua de s'étouffer. Il l'avait vu. Malgré sa cape d'invisibilité, malgré l'absence d'œil magique, le professeur Skywalker l'avait vu. Surprenant. Il s'était de nombreuses fois demandé si Dumbledore lui aussi n'arrivait pas à le voir, mais c'était Dumbledore, tout était possible de la part du plus grand sorcier du monde. Sachant qu'il serait inutile de faire comme si il n'était pas là, Harry rangea sa cape d'invisibilité.
"Professeur ?"
"Allons Allons, je ne vous ferai pas la morale Harry, je comprends parfaitement que vous éprouviez le besoin de prendre l'air. Cela restera entre vous et moi monsieur Potter. Ne vous en faîtes donc pas. Vous aviez du mal à dormir ?"
"Oui, mais ce n'est pas la première fois monsieur, j'ai l'habitude."
"Vous voulez en parler ?"
"En fait, pas vraiment professeur."
Luke eut un de ses sourires qui faisaient tant craquer sa femme.
"Je comprends, moi aussi je serais mal à l'aise de confier mes secrets à un parfait inconnu. Mais si vous éprouvez un jour le besoin de vous confier, sachez que vous pouvez compter sur moi. Je vais vous laisser rejoindre votre ami, mais ne traîner pas trop longtemps hors de votre dortoir monsieur Potter."
"Merci professeur", répondit Harry un peu plus rassuré.
Luke reprit son chemin vers le château mais s'arrêta soudain.
"Monsieur Potter, je peux compter sur vous pour ne parler de cela à personne, n'est-ce pas ?"
Harry déglutit difficilement.
"Bien sûr professeur."
"Parfait, bonne nuit alors."
Et avec un denier sourire, Luke repris sa route. Harry attendit que celui-ci soit rentré dans le château pour relâcher sous souffle. Evidemment, un professeur de DCFM sans mystères était-il vraiment digne d'être l'occupant de poste maudit mais convoité ?
Harry secoua la tête, encore des mystères en perspectives...
Et il reprit son chemin vers la cabane de Hagrid. Peut-être celui-ci en saurait-il davantage sur le nouveau venu. Et il faudrait en parler à Ron et Hermione...et Ginny, il ne fallait pas l'oublier elle...enfin, il ne pouvait pas l'oublier malgré toute sa bonne volonté...
Arrivé à la porte de la maisonnette, Harry frappa contre la porte en bois, espérant ne pas s'être trompé. Quelques secondes après, la porte s'ouvrit laissant apparaître la tête chevelue et poilue d'Hagrid.
« Harry ! C'est toi ! Entres voyons, ne reste pas dehors. Tu sais que c'est dangereux de te promener dehors tout seul, ce n'est pas raisonnable. Allez, assis-toi là, je vais chercher des petits gâteaux. »
Harry ne put se retenir de sourire. Hagrid, spécialiste des idées folles, qui lui parlait de ce qui était raisonnable ou non. Adopter un dragon ou un chien à trois têtes, c'était raisonnable çà ? Mais pour rien au monde Harry n'aurait voulu changer son ami. Hagrid était Hagrid, et c'était très bien comme çà.
« Oh mais je n'étais pas seul, le professeur Skywalker était avec moi. »
Pour une raison qu'il n'arrivait à choisir, cela parut rassurer considérablement le garde-chasse qui devait arborer alors un grand sourire d'après les tressaillements de sa barbe broussailleuse.
« Ah. Je n'ai rien dit alors. Un type bien ce Skywalker, oui, un type bien. »
« Vous le connaissez Hagrid ? Vous l'avez déjà rencontré ? »
« Non non, enfin à part cet été quand il est venu rencontrer Dumbledore. Il est venu discuté avec le professeur Dumbledore, et finalement il a accepté de prendre le poste. Alors il a fallu lui faire visiter les alentours. Ah c'est qu'il a pas peur celui-là. A pas eu peur quand on a visité la forêt interdite, ouais, moi j'te le dis, il a du cran ce type-là. Et il juge pas les gens sans les connaître lui. Oui, il aurait pu avoir peur quand je lui ai présenté Grup mais non, il a pas eu peur, il a rien dit de méchant. Non, au contraire. Mon avis, il sera un bon professeur. . Et il sait. Ça se voit. »
« Il sait ? »
« Oui, il sait de quoi il parle, le mal, il semble l'avoir affronté encore plus souvent que toi. Oui. M'est d'avis que tu vas beaucoup apprendre avec lui. Même Rogue semblait pas faire le fier tout à l'heure. »
Harry sembla soulagé. Si Hagrid semblait lui faire confiance, alors il ne pouvait être mauvais. Mais cela ne l'empêcherait pas de garder un oeil sur lui. Hagrid revint avec une panière de biscuits.
« Vas-y goûte les, je les ai fait moi-même. Qu'est-ce que t'en dis ? » demanda le demi-géant plein d'espoir.
Harry hésita quelques instants, les biscuits d'Hagrid n'étaient souvent bons que pour Hagrid et ils ressemblaient souvent à des bouts de charbon. Pourtant l'odeur était plutôt agréable cette fois-ci. Rassemblant tout son courage, Harry plongea sa main dans la panière et en ressortit un mignon petit gâteau. Perplexe, Harry mordit dedans avec prudence, il ne savait à quoi s'attendre. Mais contre toute attente, c'était bon. Très bon même.
« Il est excellent Hagrid, vraiment excellent. »
Un large sourire vint illuminer le visage du garde-chasse. Il ressemblait à cet instant à un enfant à qui on aurait dit que son dessin était beau. Oui, il y avait une sorte de joie enfantine dans ce sourire et rien que pour ça, par ces temps sombres, Harry était heureux d'être venu.
« C'est le professeur Skywalker qui m'a donné la recette, il est fort cet homme-là. »
Oui, Harry ne pouvait qu'acquiescer : réussir à transformer les bouts de charbon d'Hagrid en de succulents petits gâteaux relevait du tour de force. Harry était impatient de voir ce qu'ils apprendraient en cours, cela promettait d'être passionnant.
« Alors, tu n'es quand même pas venu pour mes gâteaux, pas vrai ? »
« Non, soupira Harry, je n'arrivai pas à dormir et j'avais envie de faire un tour. »
« Tu n'arrivais pas à dormir hein ? C'est ta cicatrice qui te fait mal ? »
Harry secoua la tête.
« Non, c'est juste... »
« ...Sirius te manque pas vrai ? »
Harry hocha la tête, c'était trop dur, il avait besoin d'en parler à quelqu'un, et devant Hagrid il pouvait se permettre de se laisser aller. Jamais celui-ci ne se servirai de çà contre lui. Alors, Harry éclata en sanglots. Et tandis que Hagrid le serrait contre lui pour le consoler, Harry déballa à son grand ami ce qu'il avait sur le cœur. Sirius était parti, son père était mort depuis longtemps, mais il lui restait Hagrid, celui qui avec Arthur Weasley et Remus Lupin, qui eux se trouvaient bien loin de Poudlard, étaient ce qui pouvait ressembler le plus à un père.
~oOo~
Luke grimpa les marches qui le menaient à ses appartements personnels. Il devait avouer avoir passé une soirée des plus agréables entre le repas, sa ballade dans la forêt et le semblant de conversation qu'il avait eu avec le jeune Potter.
Ce n'était quand même pas très sérieux de sa part, s'être autant laissé aller au repas n'était pas une bonne chose et il avait dû aller éliminer les calories en trop en allant faire un peu d'exercice. Et pour ça, il n'avait rien trouvé de mieux qu'une petite promenade dans la célèbre forêt interdite. Il avait toujours fait attention à sa condition physique et cela lui réussissait plutôt bien. Malgré ses quarante-sept ans, il avait conservé sa ligne de jeune homme. Il fallait dire que les guerres et voyages interstellaires étaient excellents pour ça.
La forêt interdite lui rappelait avec nostalgie celle de Yavin quatre, où il avait, à une époque qui lui paraissait maintenant tellement lointaine, installé son académie jedi. Les mêmes mystères semblaient régner au cœur de ces arbres. Et une vie foisonnante et diverse y avait trouvé refuge. Il avait entrevu d'étranges créatures mi-homme mi-animal, mais à travers ses nombreuses explorations de la galaxie, il avait déjà eu l'occasion de rencontrer des personnes bien plus bizarres.
A vrai dire, l'exercice n'était pas la seule raison de sa petite excursion. En effet, il était allé vérifier que tout était bien en état sur son X-wing et en avait profité pour envoyer un petit message à sa femme et son fils. Ceux-ci devaient en théorie le rejoindre la semaine suivante. Il lui tardait ce moment-là. Ils auraient enfin un peu de temps à eux après tous ces années passées à courir la galaxie pour résoudre conflits après conflits.
Toutefois, ce qui occupait à l'heure actuelle ses pensées, c'était bel et bien la petite discussion qu'il avait eu avec le jeune Potter. Ce dernier semblait quelque peu troublé, il aurait aimé pouvoir l'aider, mais il était encore trop tôt. Oh, il aurait pu se servir de la force pour forcer Harry à se confier, à lui faire confiance. Mais cela n'était pas digne d'un Jedi, et faire reposer la confiance sur de telles bases n'était pas profitable pour le futur.
Il aurait aimé pouvoir prendre le fardeau de ce jeune garçon, après tout, Voldemort ne provoquait qu'une faible perturbation de la force comparé aux jedis sombres qu'il avait affrontés. Comparé à Palpatine, Vador ou à Joruus C'boath, il n'était qu'un amateur. Et le défaire n'aurait posé que peu de problème à Luke. Mais ce n'était pas son rôle, pas cette fois. D'autres considérations entraient en jeu, certes il y avait une prophétie qui laissait penser que cela revenait à Harry de vaincre Voldemort, mais ce qui était encore plus à craindre c'était les idées de ce dernier.
Les paroles d'Albus lui revenaient en tête.
« Il existe des ombres plus grandes encore que celles contre lesquelles nous luttons, ce sont les ténèbres qui envahissent les cœurs qui se sont égarés hors de leur chemin. La lutte que nous conduisons n'est non contre seulement une armée ou des préceptes, elle est surtout contre le chaos, la souffrance, la dégénérescence et le désespoir car plus grande que la décrépitude du corps est la mort de l'âme, la disparition de l'espérance et la fin du songe. Et devant cette menace si pernicieuse, il ne nous est autorisé de faiblir. Oui, le futur est là, tout autour de nous, invisible, intangible, et pourtant toujours en ouvrage. Telles des chenilles qui deviennent des papillons, les instants de transitions se languissent de devenir des moments de révélations. Telle est sa promesse. Nul ne sait la forme qu'il prendra ni ne sait où il nous conduira. Cependant, ce dont nous pouvons être sûr, c'est qu'il naît toujours dans la souffrance, dans l'épreuve, dans la douleur. »
Il devait avouer que le vieil homme avait parfaitement raison. Cela l'avait convaincu de rester quelques temps et de donner un coup de main en enseignant une partie de son savoir, cela pourrait être utile à ces jeunes. De plus, il avait déjà affaire à de telles idées xénophobes : sang-purs, sang-mêlés ou moldus cela n'était pas tellement différent de Humain-Alien. Les idées de ce Lord Voldemort n'étaient guère différentes de celles de l'empereur Palpatine. Et ils avaient réussi à les vaincre lui et ses alliés. Certes l'empire existait toujours, mais il avait bien changé en vingt-cinq ans, au point qu'aujourd'hui, il faisait partie non plus des ennemis mais bel et bien des alliés.
Mais cela n'avait été point possible sans le combat acharné et quotidien d'hommes et de femmes qui avaient véhiculés les idées d'égalité et de liberté, d'hommes et de femmes dévoués qui avaient su trouvé l'espoir dans l'obscurité la plus totale, d'hommes et de femmes déterminés à vaincre ou à mourir pour leurs idées, pour leur libération.
Alors si ils avaient su mettre leurs différences de côtés, là où des gouffres immenses séparaient les individus, les races ; ici sur cette planète où peu nombreux étaient les peuples concernés, l'espoir de voir surmonter les divergences du passé était permis.
Il était arrivé au tableau qui gardait l'entrée de ses appartements. Il avait trouvé çà amusant au départ, mais devait avouer maintenant que cette solution était des plus ingénieuses.
« Halte là manant ! Pour espérer passer, du mot de passe, vous munir vous devez ! »
Luke eut un petit sourire, le noble sorcier qui occupait ce tableau ne savait pas qu'il rappelait à Luke d'agréables souvenirs : Maître Yoda, celui qu'il avait d'abord pris pour un simple d'esprit et qui s'était avéré être l'un des plus grands jedis que la galaxie ait porté, un mentor, un ami. Il était encore jeune et insouciant à l'époque. Ce sorcier avait exactement la même façon de s'exprimer. Mais Yoda, lui, le faisait avec élégance, tandis que pour ce tableau cela tournait davantage au ridicule.
« Dagobah. »
« Le mot de passe, cela est. Entrer vous pouvez. »
Le tableau s'ouvrit et laissa le passage ouvert à Luke qui pénétra dans ses appartements. La couleur des lieux était vraiment très chaleureuse, la décoration simple et confortable et le feu dans la cheminée donnait à cette pièce une atmosphère des plus agréable. Il se sentait réellement à l'aise ici, bon, à part les intrusions de fantômes qui parfois s'avéraient irritantes, mais il avait appris à composer avec. Une créature bien connue se mit à dodeliner tout en s'avançant vers Luke. Cette silhouette tellement familière et tellement rassurante fit sourire Luke. Son fidèle compagnon, peut-être celui avec qui il avait passé le plus de temps dans sa vie, l'attendait au coin du feu tel une mère oiseau attendant le retour de son oisillon au nid. Luke savait que le petit droid s'inquiétait pour lui et qu'il lui était totalement dévoué, et cela l'amusait follement quand il se mettait à faire ses petites crises. Mais il n'y avait meilleur compagnon d'aventures que lui, il l'avait souvent tiré d'affaires au cours des années, et jamais il lui serait venu à l'esprit de se lancer dans une telle expédition sans son fidèle ami. Il faisait partie de ces héros qui avait contribué à la chute de l'empire, c'était dire la valeur de cet être à part.
« Bip Boulouboup Biiiip ? Tuluuu Hii ? »
« Oui, R2, j'ai passé une agréable soirée et les étudiants sont bien arrivés. »
« Tuu lu aaah ? Ju uuu Biiiup ? »
« Oui C-3PO vient avec Mara et Ben, tu auras de la compagnie comme çà. »
Pour une raison qui avait échappé au professeur Dumbledore, R2-D2 n'avait pas été affecté par le sort qui empêchait tout objet fonctionnant à l'électricité ou à une énergie artificielle de continuer à fonctionner dans Poudlard. Cela avait grandement étonné Dumbledore, mais Luke avait sa petite idée là-dessus. Cela faisait bien longtemps que R2-D2 n'était plus une simple machine. C'était une personne à part entière avec ses sentiments et ses envies, peut-être même ses rêves. Oui, tout comme Poudlard était un château vivant, ce petit droid était lui aussi un être vivant. Et à ce titre-là, la fameuse malédiction du No Electricity n'avait eu d'effets sur lui.
Luke retira ses bottes et les déposa dans un coin, puis rangea son sabrelaser dans un tiroir de la commode. Et avant d'aller se coucher, alla prendre une douche bien méritée. S'enfonçant sous la chaude couette, il devait avouer n'avoir jamais aussi bien dormi qu'ici. Cela lui faisait du bien de prendre un peu de recul face aux problèmes de la galaxie. Oui, il avait bien mérité quelques vacances.
Finalement, il était plutôt satisfait : le soir de la rentrée s'était plutôt bien passé...
