Tout d'abord, merci à tous ceux qui ont continué à lire et à laisser des reviews durant toutes ces années.
J'espère que vous aimerez ce chapitre dont certains passages étaient prévus il y a 5 ans déjà. Puissiez-vous y trouver autany de plaisir à le lire que j'en ai eu à l'écrire (même si je pensais pouvoir le finir plus tôt). N'hésitez-pas à me dire si vous y retrouvez l'essence des chapitres passés.
Ensuite un petit rappel et une petite mise en garde : cette fanfiction a été commencé il y a 5 ans. Bien des choses ont été publiés depuis; l'histoire prend place après le 5ème tome et ne prends pas en compte les tomes 6 et 7 de harry potter ni le cycle Legacy of the force de Star Wars.
La mise en garde maintenant : ce chapitre est peut-être un peu rude donc âme sensible, enfant de jeune âge s'abstenir !
Merci à tous et bonne lecture
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Chapitre 13 : Minuit dans le jardin du bien et du mal
Il est souvent conté dans les contes et légendes ce moment de la nuit, passage obligé entre deux journées, où s'éveillent les monstres. Où sont commis les crimes. Où rode les Ténèbres.
Comme un fertile terreau à toutes les pires horreurs.
Minuit, l'heure du mal.
C'est bien ainsi que depuis des générations on nous vend ce moment si particulier.
Et pourtant…
Les monstres n'ont jamais eu besoin d'attendre minuit pour se réveiller. Certains marchent même parmi nous la journée. On ne les reconnait pas forcément sous leurs aspect bienveillants, mais pourtant ils sont bien là, parmi nous, attendant le moment propice où ils pourront frapper et sans doute aucun faire le plus de mal possible.
Et là est bien le drame. Le mal peut prendre n'importe quel visage et non plus seulement ceux d'un détraqueur égaré bien loin d'Azkaban. Et parfois, même le visage le plus angélique peut cacher le mal le plus pervers. Il est parfois autour de nous, sournois et patient.
Et résonnèrent lugubrement les douze coups de minuit…
~oOo~
Patientant sans réponse depuis plusieurs minutes Sévérus allait repartir vers Poudlard lorsque des bruits de pas se firent entendre. Finalement l'occupante des lieux était bel et bien là et s'en venait lui ouvrir la porte. Ce qui rendit le professeur de potion encore plus nerveux. L'absence de Dorothy ne l'aurait finalement pas dérangé pensa-t-il avant de se rendre compte de la lâcheté d'une telle pensée.
Il avait décidé d'affronter son passé, son présent et son futur. Il aurait eu beau jeu de reculer à la première épreuve venu, même si cela lui demandait un effort considérable que de faire face. Un instant, le vieux Rogue refit surface en se disant qu'il avait encore le temps de laisser un message et de s'en aller. Mais cela ne résoudrait finalement rien.
Tandis que la porte s'ouvrit, son cœur s'arrêta.
Des souvenirs de ce temps lointain revinrent faire surface : jadis, Elle l'avait sauvé.
Sauvé de lui-même et des autres, involontairement, sans le savoir. Parfois nos actes ont des répercussions qu'on n'ose pas imaginer. Et jusqu'à ce jour, il n'avait pas pris la peine de lui demander pardon et de la remercier des changements qu'elle avait engendré inconsciemment.
L'environnement dans lequel il avait évolué, ses amis, sa famille, l'éducation qu'on lui avait donné : tout l'avait amené à accepter d'être celui qu'on attendait qu'il soit. Le fruit « exemplaire » d'une société aux valeurs conservatrices à l'extrême. Un sang-pur autrement dit. Il aurait pu se complaire dans ce carcan qu'on avait créé pour lui s'il n'y avait eu cette prise de conscience. Nul chemin n'est tracé à l'avance : c'était bel et bien les choix que nous faisions qui alimentaient ce chemin et qui ouvraient à chaque nouveau choix une nouvelle destination. Chaque décision prise était un carrefour offrant de multiples opportunités. Libre-arbitre ou destinée, chacun décidait de se déterminer ou de laisser les autres se déterminer.
Et de cela, rarement Rogue en avait été conscient. Nos choix, nos actes créent des opportunités, le tout étant de faire consciemment ce qu'on acceptait inconsciemment, ou de le refuser. C'était ce déclic qu'elle lui avait apporté. Elle avait été déclencheur qui avait contribué à faire de lui un homme meilleur, même s'il avait du mal à l'accepter.
Elle avait été l'instrument de son libre-arbitre.
Et elle était là maintenant, devant lui.
Nerveux, il s'apprêta à réciter le discours qu'il avait préparé sur le chemin :
« Bonjour Dorothy, je ne sais pas si vous vous souvenez de moi, je suis… »
La jeune femme devant lui l'interrompit soudain et les mots qu'elle prononça n'était décidemment pas ce qu'il avait imaginé. Et sa voix si froide n'était pas non plus ce qu'il avait escompté d'une si frêle silhouette.
« Sévérus Rogue, je vous attendais. Rentrez »
Et le professeur de potions pénétra sans le savoir en territoire ennemi…
Ce qui réjouissait énormément cet esprit malin qui allait pouvoir se nourrir après tant de temps d'abstinence…
~oOo~
Tout est une question de timing.
Et cela était une leçon cruciale qu'on apprend parfois de façon plus ou moins cruelle et humiliante. Ron, lui, venait juste de le découvrir. Il y avait un moment pour se taire et un moment pour parler. Surtout lorsqu'il s'agit d'importantes déclarations.
Et clairement, être au milieu d'une foule d'adultes concernés par une guerre, être au milieu d'une foule de parents pour déclarer sa flamme à sa dulcinée n'était pas une bonne idée. Ou plutôt était une idée embarrassante. Au moins Rogue n'était pas là ! Devoir subir en plus les railleries du professeur de Potions aurait été la goutte d'eau faisant déborder la coupe.
Silence.
Voilà ce qui avait accueilli la déclaration de Ron. Un silence embarrassé et amusé. Et la seule personne plus gênée que Ron en cet instant précis était Hermione qui ne s'attendait absolument pas à ce que Ron choisisse le pire moment pour se déclarer.
Avec le recul il comprenait maintenant que certaines choses devaient être faites dans l'intimité.
Il revit la réaction d'Hermione qui était devenue écarlate et qui s'était levé dignement, mais les larmes aux yeux, avant de quitter la pièce en courant. Ron regarda sa mère le visage décomposé, il ne comprenait vraiment rien aux filles, et il se demandait s'il y avait une chance qu'il y parvint un jour. Il pensait avoir été romantique, il pensait que les déclarations d'amour en elles-mêmes étaient romantiques. Fallait croire que ce n'était pas suffisant ! Ah les filles ! On leur dit qu'on les aime et ça les fait fuir, on ne leur dit pas qu'on les aime et ça les fait fuir. Mais qu'attendent-elles donc ?
Il avait vu les regards que s'échangeaient Sirius et James. Et se sentit très mal. Seul un trou de souris où se cacher lui semblait être une alternative acceptable à cet instant-là. Ils avaient vraiment du mal à ne pas montrer leur amusement. Peut-être aurait-il réagi pareil à leur place ? Lilly leva les yeux au ciel quand Sirius la regarda. Sous-entendait-il que la fille ressemblait à la mère ? Ou bien était-elle en train de les tancer vertement de leur comportement limite puéril ? Il sentit la main de son père se poser sur son épaule.
« Fils. Ce n'était pas le bon moment, mais c'était bien tenté. Ne te décourage pas ! »
Minerva secouait doucement la tête visiblement dépité par l'intervention du jeune Weasley.
« Ronald, quand donc apprendrez-vous que foncer dans le tas sans stratégie n'est pas toujours une bonne idée quoiqu'en dise Godric Gryffondor ? »
Plus penaud que le jeune Gryffondor, difficile à faire à ce moment précis. Il se sentait comme revenu en cours. Et un cours de Minerva McGonagall sur les relations amoureuses n'étaient décidément pas une matière qu'il aurait pensé prendre un jour !
« Et qu'est-ce qu'il faut que je fasse maintenant ? »
Dans une assemblée pleine d'adulte – plus ou moins responsable, mais ayant toujours envie d'y aller de son petit conseil – rien n'est pire à prononcer comme phrase. Et c'est ainsi qu'on crée un chaos absolu. Il lui fallut toute l'attention possible pour arriver à comprendre ce que chacun disait :
« Attends qu'elle fasse le premier pas » souffla Molly
« Offre-lui des chaussettes » lui suggéra malicieusement Dumbledore
« Va la voir » lui conseilla Arthur
« Ayez un plan avant de bouger » proposa Minerva
« Prends Crockdur avec toi et cherche la » offrit Hagrid
« Jettes lui un sort d'amour » préconisa Sirius
« N'écoutes pas Sirius » avertit Rémus
« Ne lui compose pas un poème » prévint Ginny « et ne le fais pas réciter dans la grande salle surtout, ça serait pire »
« Ne me demande pas à moi j'en sais rien, j'ai déjà eu du mal pour moi ! » lui glissa Harry
« Va cueillir des fleurs et monte la voir pour que vous puissiez discuter sereinement » prônât Lilly
« Ecoutes là, elle a toujours été douée pour ça » renchérit James
« Demande surtout pas à James vu le nombre de refus qu'il a essuyé » contra Sirius
« Oui mais la persévérance a payé » remarqua Harry
« Merci mon fils de prendre ma défense devant ton ignoble parrain » remercia James
Le rouquin se tourna vers Luke qui n'avait pas encore parlé.
« Je ne suis pas un exemple pour cela Ronald, les deux tiers de mes relations amoureuses ont essayé de me tuer à un moment donné de notre relation» Et en y repensant Luke se dit que seul Callista n'avait pas essayé de le tuer. Lumyia avait fini par cela et Mara avait commencé par cela. Se poser en conseiller conjugal n'était vraiment pas une bonne idée ! « Mais je pense que Mme Potter a raison »
Lilly fronça les sourcils. Mme Potter cela la vieillissait tellement.
« Appelez-moi Lilly s'il vous plait »
Le maître jedi hocha la tête en prenant acte de l'invitation.
Ronald pris note de tous ses conseils et se dit que finalement Lilly avait raison.
« Je vais faire ça donc ! » clama-t-il un peu plus fermement que ce qu'il ne ressentait réellement.
Il se leva, se retrouva au milieu de ce groupe d'adulte et se rendit compte qu'il ne savait pas où aller.
« Evite la forêt interdite pour les fleurs » chambra gentiment Hagrid
« Mais… » Commença-t-il
« Oui ? » demanda Harry
« Où est-elle ? »
Harry se tapa la tête. Et la plupart des adultes baissèrent les yeux pour éviter de croiser le regard d'un autre ce qui déclencherait à coup sûr un fou rire incontrôlable qui aurait été encore plus humiliant pour Ronald.
« Ron, c'est Hermione voyons ! Où crois-tu qu'elle puisse être si ce n'est à la b… »
« Bibliothèque ! » s'exclama le rouquin « Mais bien sûr ! »
Et déterminé il se dirigea en courant lui aussi – mauvaise habitude aurait-dit Rusard - vers l'endroit favori de sa belle.
Et là encore ce qui l'attendait n'était pas vraiment ce qu'il attendait, ce qu'il espérait !
« Oh bravo ! » murmura-t-il
~oOo~
Rogue n'avait pas vu le coup venir. Il s'était attendu à être accueilli par une femme, non par un monstre. Car il l'avait vu dans ses yeux lorsqu'il avait pu croiser son regard : ce corps-là n'abritait aucune âme humaine. C'était une certitude.
Il s'était préparé à une épreuve en venant mais certainement pas à celle-là. Au pire des cas il avait pensé devoir faire preuve d'honnêteté de sincérité, devoir briser l'armure qui était la sienne. Mais certainement pas cela.
Toute son expérience de la magie noire lui permettait de dire que cet instant-là puait viscéralement les arts sombres. De la nécromancie à n'en pas douter ou un art proche. En tout cas Sévérus Rogue venait de voir son espérance de vie considérablement réduite. Un mauvais, très mauvais pressentiment s'empara de lui. Il pouvait se battre contre des vivants, contre des mangemorts, mais contre une créature surnaturelle, quelles chances avaient-ils lui l'humain ?
Et les premières minutes de sa captivité ne lui donnèrent pas tort.
L'être qui fut jadis Dorothy Heaven avait visiblement décidé de jouer avec lui avant de le tuer. Clairement il s'agissait d'une vengeance de Voldemort. Celui-ci lui faisait payer son évidente défection de la pire des manières.
Les ténèbres qui avaient emplis les yeux de Dorothy n'auguraient rien de bon. Et le présage prit tout son sens quand il sentit les os de sa jambe droite se briser d'un coup sec, sans aucun avertissement.
Et Rogue hurla.
Il s'était promis de ne pas se montrer faible, de faire face avec fierté et dignité. Mais la douleur était trop forte. L'être qui avait été autrefois Heaven savait comment s'y prendre, d'où qu'il vienne.
Il s'écroula à terre, rampant, essayant de fuir, de sortir sa baguette et de retrouver un peu de lucidité pour se défendre. Mais avant de mener à bien son semblant de plan, il se sentit soulevé dans les airs et projeté contre un mur tel une poupée légère.
« C'est ça Servilus, fuyez comme vous l'avez toujours fait ! Mais je vous rattraperais ! »
Un craquement sinistre se fit entendre quand son épaule rencontra la cloison. Il se l'était démise, le premier mouvement qu'il tenta de faire lui arracha une grimace de douleur et lui confirma son diagnostic. Et lorsque le talon de Dorothy s'écrasa sur sa main il abandonna définitivement l'idée d'attraper sa baguette.
« Toute résistance est inutile ! »
Et il/elle s'attaqua à son autre main. C'était un travail de démolition acharnée. De torture, ni plus ni moins. Un passage à tabac dans les règles de l'art.
« Un pleutre, voilà ce que vous êtes ! Ce n'est pas marrant si vous ne vous défendez pas un peu ! Au moins, faites semblant ! » Grimacèrent les ténèbres qui possédaient Dorothy. « Après vous, ça sera au tour de ces enfants que vous croyiez avoir sauvé. Un par un je les retrouverai et je les écorcherais. Votre stupide acte d'héroïsme n'aura été d'aucune utilité ! »
Voldemort. C'était Voldemort qui parlait au travers de Dorothy. Il l'avait retrouvé. C'en était fini. Tous ces efforts au cours des dernières années avaient été vains. Tout réduit à néant. Il allait sombrer à son tour dans le néant éternel, dans l'oubli, rejoignant ces victimes indirectes d'un temps passé. Finalement il allait payer pour ses crimes malgré tous les efforts qu'il avait consentis pour se racheter. Les voies de la rédemption lui étaient refusées.
Il rampa lentement vers un coin pour s'y pelotonner. Une vague de désespoir le submergea. Il abandonnait l'idée même de se défendre. A cet instant précis, il abdiqua. Son seul espoir en cet instant-là était de mourir vite, d'arrêter de se faire trimballer dans tous les sens, de se faire massacrer. D'abréger ses douleurs, de mettre terme à ses souffrances. D'en finir. Vite.
L'espoir l'abandonna.
Et rien n'est pire que la mort de l'espoir.
Il leva les yeux vers la silhouette qui se rapprochait avec un rictus sadique.
« Vas-y, achève moi ! Vas dire à ton maître qu'il est vengé, que le traître est mort ! Tues-moi qu'on en finisse une bonne fois pour toutes » cracha-t-il avec la morgue qui le caractérisait.
« Patience Servilus, je n'ai pas fini de m'amuser » feula d'une voix rauque la créature « on a toute la nuit devant nous ! »
~oOo~
Ron venait de pénétrer dans la bibliothèque et alors qu'il espérait pouvoir retrouver Hermione pour pouvoir discuter de sa révélation, le spectacle qui s'offrait à lui le retourna au plus haut point. Surprise, Colère, tristesse, dégoût. En aucun cas ce doux sentiment d'euphorie amoureuse qu'il avait ressenti dans les escaliers.
Hermione était là et bel et bien là.
Mais elle n'était pas seule, à son grand dam.
Elle était en train de pleurer dans les bras d'un autre homme.
Qui n'était pas Harry.
Un homme qui la tenait enlacée tout contre lui, lui caressant les cheveux amoureusement semblait-il.
A chaudes larmes elle s'épanchait sur l'épaule de cet homme mystérieux Ron comprenait maintenant pourquoi elle était partie aussi vite, pourquoi elle s'était sentie aussi gêné par sa déclaration. C'était simple en fait : elle ne l'aimait pas. Elle aimait quelqu'un d'autre. Son amour était à sens unique.
Aimer est plus fort que d'être aimé parait-il. Mais ne pas être aimé en retour est un bien cruel châtiment.
Son visage était devenu cramoisi il se sentait humilié. Comment avait-il pu ? Et elle comment avait-elle pu lui faire croire que… ? Et pourtant il aurait dû le savoir qu'elle ne l'aimait pas, il aurait dû s'en douter car il y avait eu un précédent. Il y avait eu Krum en quatrième année, elle l'avait préféré à lui, et cela se reproduisait. Encore. Certains scénarios sont voués à se reproduire encore et toujours. Et à chaque fois ils font aussi mal. On est jamais préparé à être blessé par ceux qu'on aime. Et cela fait d'autant plus mal.
Quel idiot il était de croire qu'une fille comme elle puisse aimer un garçon comme lui. Elle était tellement intelligente, vive, belle, et lui était tellement maladroit. Pourquoi avait-il cru que cela aurait pu fonctionner entre eux ? Il aurait dû savoir que les contes de fées n'étaient que des contes de fées.
Que devait-il faire ? Aller s'excuser auprès d'Hermione ? Aller lui crier dessus toute l'amertume, toute la frustration, toute la colère qui étaient la sienne ?
Il la vit se blottir davantage dans les bras du garçon qui lui chuchotait probablement des mots doux à l'oreille.
La goutte d'eau qui faisait déborder le vase.
Le maelstrom des émotions qui le submergeaient demandait à être extériorisé. Il libéra sa colère en donnant un grand coup à une étagère près de lui faisant tomber plusieurs livres.
« Monsieur Weasley, c'est une bibliothèque ici » le sermonna miss Pince « Allez ailleurs pour vous défouler ! »
Ron vit Hermione se crisper dans les bras de son compagnon. Elle savait qu'il était là désormais. Hermione releva les yeux vers la porte et le regarda. Et ce qu'il crut voir dans ce regard lui suffit.
Sa fierté de mâle orgueilleux venait d'en prendre en coup et la lucidité avait laissé place à la passion. Et parfois la passion n'est pas la meilleure des conseillères…
Elle ne voulait pas le voir très bien. Lui non plus. Il ne s'humilierait pas davantage à aller lui parler. Les choses étaient suffisamment claires comme ça, pas besoin d'en rajouter.
Et la scène qui s'était passé quelques instants plutôt dans la cuisine se reproduisit dans la bibliothèque. Sauf que les rôles étaient inversés. Et Ron partit en courant de la bibliothèque.
Hermione regardait hébété l'entrée de la bibliothèque.
« Zut ! »
L'inconnu fut secoué d'un rire silencieux.
« Et bien vous deux, c'est jamais facile ! Quand est-ce que vous arriverez à vous trouver enfin? » lui demanda Neville
La brune eut un petit sourire triste.
« Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas à quoi je m'attendais. Ni pourquoi ça m'a bouleversé ainsi. J'ai senti le besoin de fuir comme si trop de bonheur m'étouffait. Ça ne me ressemble tellement pas. »
Neville lui sourit en lui séchant les larmes qui avaient coulé sur ses joues.
« Il parait que l'amour rend aveugle. Mais visiblement un peu bête aussi ! »
La brune gryffondor hocha la tête avec un triste sourire.
« Tu crois qu'il pense que j'ai fui pour te retrouver ? Que je te préfère à lui ?»
Le Gryffondor la regarda complétement estomaqué, il n'avait pas pensé à ça.
« Mais…mais…c'est juste une coïncidence, je voulais juste t'aider moi… ! Oh il va me tuer ! »
« Il ne va plus jamais vouloir me parler, si c'est ça ! il ne voudra plus me voir du tout ! » se rendit-elle compte.
Hermione pour une fois ne savait plus quoi faire.
Et c'est Neville qui fut obligé de lui dire quoi faire !
« Cours ! Va le retrouver avant qu'il fasse une bêtise ! Dis-lui ce que tu ressens bon sang et arrêtez de vous tourner autour. Ça fera du bien à tout le monde.»
Et cette fois, Hermione se mit à courir dans les couloirs de Poudlard. A toutes vitesses. Sans aucune culpabilité, sans aucune honte, ni remords. Elle enfreignait le règlement pour une bonne raison. L'amour ne pouvait être puni non ?
« Je vous y prends à courir ! Arrêtez de courir ! 100 points de moins pour Gryffondor » cria Rusard ce qui n'arrêta pas Hermione dans sa quête. Certaines choses valaient le prix qu'elles coutaient et elle espérait qu'il en était ainsi cette fois encore. Mais où était donc passé Ron ?
Et alors qu'elle tournait brusquement dans un couloir, ses pieds percutèrent quelque chose au sol et rude fût la chute.
~oOo~
« Tu veux jouer ? Très bien ! Alors joues avec moi »
Ces mots qui venaient des ombres redonnèrent un peu d'espoir à Rogue.
Il n'était plus seul.
Pas encore sorti d'affaires, certes, mais plus seul. Quelqu'un se donnait la peine de venir l'aider, le secourir. Il n'était pas abandonné. Il était protégé. Il n'était plus seul mais entouré. Une différence qui lui aurait probablement évité beaucoup d'ennuis des années plus tôt. Il n'était plus livré à lui-même, il était accompagné. Plus insignifiant pour tous, mais important pour quelqu'un. Et c'était là, dans les ténèbres qu'il comprit toute l'importance de l'espoir.
Et cela lui laissait au pire un peu de répit pour reprendre ses esprits, au mieux une chance de se sortir d'ici.
La créature tourna lentement la tête, lui faisant faire un beau 180 degrés sans tourner le corps à la manière d'une mante religieuse prête à fondre sur sa proie, ce qui laissa suffisamment de temps à Rogue pour observer le rictus de jouissance sadique qui ornait ses lèvres. Bien au contraire de la déranger, cette intervention semblait la réjouir, la contenter.
« As-tu déjà dansé avec le diable au clair de Lune ? » lui demanda le/la nouvelle/nouveau venu(e). « Car moi oui et en général c'est moi qui mènes la danse ! »
« Ouiiii » siffla-t-elle reptilement « Jouons ensemble »
Et le serpentard sentit l'air autour de lui se charger d'énergie maléfique, la créature préparait un mauvais coup, et toute l'énergie qui s'accumulait lui faisait s'hérisser les poils. Il voulut la prévenir de l'imminent danger mais il ne put le faire avant qu'un éclair ne s'en aille frapper le nouvel arrivant.
Des étincelles naquirent dans la pénombre. Suffisamment pour permettre à Rogue d'apercevoir le visage du fol intervenant : Mara Jade Skywalker.
Un éclat de rire brisa le silence qui suivit.
« Des éclairs de force, c'est tout ce que vous pouvez faire ? C'était déjà démodé du temps de Dark Bane ! Vous pouvez faire mieux voyons !»
Avait-elle perdu la tête ? se demanda le professeur de potion quand il comprit que la jedi cherchait à énerver la créature pour lui faire faire une erreur dont elle pourrait profiter.
« Viens me chercher » défia Mara
Et la créature céda à ses plus bas instincts. D'un bon vif, empli par l'apport de la magie, elle se jeta sur Mara prête à la dévorer, littéralement !
Mais la Jedi avait anticipé le mouvement et d'un geste simple attrapa la poignée de son sabrelaser, l'activa et d'un mouvement sec ramena obliquement la lame violette vers son agresseur qui retomba au sol, fauché mortellement dans élan.
« Mais je voulais juste jouer » expira-t-elle avant de succomber.
Et Rogue expira bruyamment. Il ne s'était pas rendu compte qu'il avait cessé de respirer pendant l'affrontement. La peur faisait faire des choses bien étranges.
Le soulagement l'envahit.
Mais il ne dura pas longtemps.
Car bien vite vint la culpabilité lorsque ses yeux tombèrent sur la victime coupée en deux. C'était sa faute, et il ne s'en remettrait jamais.
~oOo~
Hermione se retrouva sur à terre. Heureusement qu'elle avait eu le réflexe de se protéger dans la chute sinon elle se serait durement mangé le marbre du sol et aurait pu se faire très mal.
Elle se retourna pour voir contre quoi elle avait buté et se rendit compte avec surprise que ce n'était pas quoi mais qui.
Ron était accroupi sur le sol en train de pleurer. Une chose qu'elle ne s'était pas attendu à voir ici et maintenant. Le fier Gryffondor était en train de craquer devant elle, lui qui quasiment jamais n'exprimait ses sentiments. Et il pleurait par sa faute. Merlin qu'elle se sentait mal.
Ils étaient aussi maladroits l'un que l'autre lorsqu'il s'agissait d'exprimer leurs sentiments. Elle avait espéré des années qu'il la remarque et qu'il se décide à bouger. Mais elle avait attendu longtemps. Et finalement quand il s'était décidé, il avait choisi le pire moment et elle n'avait pas réagi comme elle l'avait prévu.
« Ron ! »
« Tu aurais dû » sanglota-t-il « me le dire que tu aimais quelqu'un d'autre »
« Ron, c'était Neville ! »
Le gryffondor fut poignardé en plein cœur. Elle ne l'aimait pas et elle lui préférait un de ses amis. Y'avait-il pire trahison ?
« Neville ? Tu l'aimes n'est-ce pas ? D'accord, je comprends, quand il reviendra je ne vous gênerais plus »
Hermione secoua la tête.
« Idiot ! Neville était juste au mauvais endroit, au mauvais moment et tu as cru que je l'aimais alors qu'il essayait juste de me réconforter, de me dire de retourner te voir pour réparer mon erreur ! C'est juste un ami !»
Le rouquin hésitait entre la surprise et l'espoir. Cette soirée était décidément très riche en émotion.
« Juste un ami ? » voulut-il vérifier
Hermione hocha la tête.
« Juste un ami » confirma-t-elle
« Tu ne l'aimes pas alors ? »
« Ce n'est pas lui que j'aime ! »
Perdu Ron ne savait plus que penser. Si ce n'était pas pour Neville qu'elle avait fui, alors pour qui était-ce ? Ce garçon de Serdaigle de sixième année avait qui elle révisait de temps à autre ? Quelqu'un de l'équipe de Quidditch ? Le neveu Skywalker ? (c'est vrai qu'ils ne jouaient pas dans la même catégorie) Pas Malefoy quand même ?
Hermione voyait très bien l'interrogation qui se faisait dans l'esprit embrumé de son condisciple.
« Mais q.. » commença-t-il avant d'être réduit au silence par les lèvres d'Hermione qui se posaient sur les siennes pour leur premier baiser qui lui parut durer une éternité bien trop courte.
Toutes questions ne trouvaient pas aussi agréable réponse.
Lorsqu'ils se séparèrent il croisa son regard plein de tendresse et d'amour. Ils avaient mis du temps à se trouver, à surmonter leurs maladresses respectives – après tout n'était pas déjà un miracle qu'il se soit rendu compte de ses sentiments alors qu'il n'était-il que doté de la capacité émotionnel d'une petite cuillère.
« Je t'aime » lui souffla-t-il
Hermione le regarda en souriant, terriblement heureuse pour la seconde fois de la soirée :
« Je sais »
~oOo~
Sereinement Mara ramena la poignée de son sabre vers le holster qui était à sa ceinture, la lame s'éteignant d'elle-même…comme par magie.
Elle leva les yeux du corps de cette créature qui fut jadis Dorothy Heaven sans joie, sans haine, sans satisfaction. Elle n'avait fait que ce qu'elle avait à faire. Ni plus ni moins.
Son regard croisa alors celui de Rogue et ce qu'elle y vit ne la surprit pas. Il y avait un tel dégout de lui-même, une telle peur, une telle tristesse, un tel désespoir. Il était sur le point de craquer, au bord d'un précipice insondable et s'il y tombait grand était le risque de ne pas en revenir. Elle lui tendit la main pour l'aider à se remettre sur pied. Des os brisés ça se répare, mais une volonté c'est une toute autre chose. Il passa son bras autour de son épaule pour se soutenir et regarda encore une fois la pièce qui était quelques heures plus tôt un foyer plein de vie et qui était maintenant un cimetière.
Il avait voulu bien faire en venant la voir et il l'avait ainsi conduit à une mort certaine alors qu'elle avait vécu des années en paix. Il n'avait pensé qu'à lui, à s'apporter de la sérénité, à retrouver la paix et c'était elle qui en avait payé le prix. Merlin que c'était injuste. Et jamais la paix intérieure qu'il enviait tant à d'autres ne lui avait jamais semblé si loin de sa portée.
Il regarda la rousse jeune femme, perdu dans ces pensées qu'il était.
« Comment avez-vous su ? »
Mara hocha imperceptiblement la tête.
« Une inquiétude dans la Force m'a poussé à venir. J'ai bien fait de suivre mon instinct visiblement. Vous savez ce que c'était ? »
« Une erreur. Mon erreur » murmura-t-il
Cette fois-ci la Jedi secoua la tête.
«Est-ce vous qui avait invoqué cette créature ? »
« Non, mais si je n'étais pas venu… »
« Cela se serait passé plus tard et cette créature aurait eu le temps de faire beaucoup plus de victimes. Celle qui était Dorothy Heaven était morte avant même que vous n'arriviez.»
« Mais si elle n'avait jamais croisé ma route… »
« Voldemort a invoqué la créature, j'ai mis fin à son existence. Oui elle a été choisie parce qu'elle a eu un rôle dans votre vie. Mais elle n'a pas été choisie par vous ! Vous n'êtes pas responsable de qui vous croisez dans votre vie »
« C'était quelqu'un de bien et elle est morte alors que moi qui suis loin d'être quelqu'un de bien je suis toujours en vie. Le Mal l'emporte encore une fois. C'est le prix payé pour avoir sombré dans la magie noire, et c'est elle qui le paye. »
« Sévérus, savez-vous qui je suis et qui est mon mari ? »
« Pas vraiment non »
« Mon Mari est le fils d'un être qui a tué des centaines, des milliers de personnes, qui a fait régner la terreur pendant près de 23 ans au nom d'un seigneur sith qui ferait pâlir votre Voldemort de jalousie. Il a choisi de s'opposer à un régime de terreur alors qu'il était loin de maîtriser les dons qui sont les siens et qu'honnêtement les statistiques étaient loin d'être en sa faveur. Et moi, j'étais dans le camp opposé, j'étais une arme au service de cet empereur du mal, un assassin, son exécutrice personnelle et j'étais persuadé de faire ce qu'il fallait. J'ai torturé, volé, espionné, tué en son nom, fais les plus basses besognes et je n'en avais pas honte jusqu'à ce que quelqu'un m'ouvre les yeux. Quelqu'un que j'ai tenté de tuer. Quelqu'un que j'ai épousé aujourd'hui. La Mara d'aujourd'hui n'est pas la même que celle d'il y a 20 ans. Et pourtant elle vit avec les conséquences des actes passés non pas comme un fardeau mais comme une raison de se battre et d'avancer. »
Le serpentard ne s'était pas imaginé un instant entendre cela. Et les propos suivants le surprirent encore plus. Il n'avait vu que la surface de ce qu'était ces gens-là. Les révélations suivantes de Mara le poussèrent à voir le professeur de défense contre les forces du mal sous un jour nouveau. Voilà pourquoi il connaissait tellement bien son sujet :
« Oui, nous devons vivre avec nos choix et en supporter les conséquences chaque jour. J'ai tué certainement plus de personnes que vous et largement moins que mon époux qui, dans son combat pour la liberté, a dû tuer plus d'un million de personne et ce uniquement lors de son premier combat. Jusqu'à la première mort de l'empereur il a dû se battre encore et encore et il a dû tuer. Puis il a servi cet empereur ressuscité, pensant que c'était le meilleur moyen de le vaincre. Sauf qu'il s'est perdu lui-même et a cédé à la tentation d'exercer le pouvoir pour lui et non pour les autres. Et c'est pour l'amour des siens qu'il est revenu dans le droit chemin. Céder et revenir ont été ses choix. Pas ceux de quelqu'un d'autre. Pas ceux de la Force. Oui il y a la tentation d'utiliser ces dons pour son propre profit, sa propre gloire mais uniquement si vous avez décidé d'y succomber. Un marteau peut aussi bien servir à construire qu'à détruire, tout dépend ce qu'à choisi de faire celui qui l'a entre les mains. »
« Qu'essayez-vous de me dire Mara ? »
« Côté lumineux, côté obscur, Le bien, le Mal, tout cela n'existe pas. Ceux ne sont que des excuses pour fuir nos propres responsabilités et masquer nos faiblesses et nos choix. One se retranche derrière ces concepts alors que le Bien, le Mal c'est uniquement nous qui décidons de le faire, personne d'autre. Il y a des outils, la magie, la force, appelez là comme vous le voulez. Elle est une et unique. C'est uniquement ce qu'on a décidé d'en faire qui détermine l'homme que vous voulez être, l'homme que vous êtes. Ce n'est pas le fait d'avoir jeté un « mauvais » sort qui fait de vous un mauvais homme. C'est la raison qui a guidé votre choix qui le déterminera. Depuis des années, vous avez décidé au côté de qui vous vouliez combattre et pour quelle cause et cela fait de vous un homme bien. L'ambiguïté que vous ressentez vient du regard des autres parce qu'ils ne savent pas qui vous êtes, quels ont été vos choix et quels sacrifices sont les vôtres. Mais au fond de vous, vous savez que ce que vous faîtes aujourd'hui fais de vous un homme bien. Et si par le passé vous vous êtes égaré ce n'est plus le cas aujourd'hui. Vous n'avez pas besoin de l'approbation des autres pour faire la paix avec vous, juste d'ouvrir les yeux et d'accepter ce que vous êtes. Sévérus Rogue, quelqu'un de bien. »
« Sévérus Rogue quelqu'un de bien » répéta-t-il doucement comme s'il avait encore du mal à l'accepter
« Le choix de tuer cette personne n'était pas le vôtre, mais celui de Voldemort. Le seul qui doit assumer la responsabilité de sa mort c'est Voldemort. IL l'a choisi pour vous atteindre, oui. Mais Vous n'êtes pas coupable de la mort de Dorothy Heaven. Par contre vous avez la responsabilité de faire en sorte que cela ne se reproduise plus. Vous avez la responsabilité de faire en sorte que le coupable réponde de ses actes. Personne par la guerre ne devient grand. Ce n'est pas après la gloire que nous nous courrons mais après ce qui est juste. Tel est notre combat. »
Elle fit une pause pour le regarder dans les yeux.
« Vous vous sentez coupable, c'est normal mais ne laissez pas ce poids vous écraser et vous empêcher d'agir. Vous vous sentez coupable, mais vous ne l'êtes pas et c'est à ça qu'on reconnaît aussi quelqu'un de bien.»
Le professeur de potions se redressa malgré la douleur. Il avait entendu les mots de la jedi rousse. Ils avaient été durs à encaisser, très dur à encaisser. Mais il se rendit compte qu'elle avait raison. Il pouvait se blâmer pour les actes dont il était responsable, mais il ne pouvait pas endosser la responsabilité de tous les maux du monde. Par contre il pouvait mettre les coupables face à leur responsabilité, il pouvait faire sa juste part dans la lutte pour la survie du monde, mais pas prendre tout le fardeau sur ces épaules. Ils avaient tous un rôle à jouer pas uniquement lui. Et pas uniquement Harry.
Car oui, en cet instant précis, Sévérus se rendit compte que la pression qu'il se mettait sur les épaules, ce fardeau qu'il pensait traîner depuis des années pour les mauvaises raisons devait être encore pire pour Harry. Cette notion même de prophétie lui enlevait tout choix…non…ça ne lui enlevait pas sa capacité à choisir mais la prophétie l'incitait fortement à faire ce choix-là, et lui, professeur, avait tenu cela pour acquis, pour une évidence. Il ne s'était même pas donné la peine de lui demander ce qu'il ressentait à propos de ce devoir, de savoir s'il l'acceptait, de savoir comment il le vivait. Non. Il avait ignoré Harry la personne qui devait choisir et n'avait vu qu'Harry l'instrument. Et dire qu'il se targuait d'enseigner aux autres ! Il avait ce soir-là appris une sacrée leçon, bien que le prix en fut élevé.
Son regard retrouva de la clarté et de la vigueur. Une partie de la brume qui l'avait empêché de vivre s'était levé. Il avait espionné pour Dumbledore pour payer sa dette, mais aujourd'hui il choisissait de se battre avec Dumbledore et avec Harry pour quelque chose auquel il croyait. Il ne subissait plus sa condition, mais il l'acceptait et l'embrassait avec détermination.
Il se rendait bien compte que ce choix-là aurait des répercussions, et autre que celle malheureuse qu'il y avait eu ce soir-là. Il allait devoir changer d'attitude envers bien des personnes parce qu'il venait de comprendre que ces personnes-là avaient sciemment fait le même choix que lui. Ils partageaient le même but, la même vision. Et ce n'était qu'unis qu'ils arriveraient à inverser le cours des choses et à faire de ce monde un monde meilleur.
« Merci Mara. Vos mots sont justes. J'ai entendu et compris ce que m'avez dit. Vous avez raison. Je choisis de tout faire pour amener Voldemort et ses sbires à répondre de leurs actes. Je choisis d'aider Harry non plus par dette ou par obligation, mais parce que c'est ce que je veux faire. »
La jedi hocha la tête pour accepter ses remerciements. Et dire que c'était Luke qui passait pour être le plus philosophe des deux. Elle n'était pas qu'une redoutable combattante, une fougueuse pilote et une superbe danseuse, elle était aussi investie de la sagesse qu'amènent les obstacles surmontés, les sacrifices consentis et l'expérience acquise. Peu malin aurait été celui qui l'aurait sous-estimé.
Et au loin les carillons firent naître un nouveau jour.
Minuit dans le jardin du bien et du mal.
Une aube nouvelle se levait. Un jour nouveau s'offrait à eux. Plein de promesses, d'opportunités pour ceux qui sauraient les saisir. L'aube d'un combat perpétuel entre la passion et la serenité, entre le profit personnel et l'intérêt commun, entre la haine et le pardon, entre la violence et la paix, entre le chaos et l'harmonie, entre l'ignorance et la connaissance.
Quel choix pourrions-nous faire sinon de participer nous aussi à la ronde infinie de ce cycle éternel ?
