La fête bat son plein dans l'une des clairières de la forêt. Les feux de joies dansent hauts, bien plus haut que nos têtes, la nourriture est à volonté et les discussions vont bons train. Percy est avec Grover et Annabeth, enfin je suppose que c'est elle... Je ne suis pas très douée pour retenir les visages que je n'ai vu qu'une ou deux fois ... En tout cas, ils ont l'air de bien s'entendre et se s'amuser, ça me fait plaisir. Personnellement, je me tient un peu à l'écart avec un verre de mojito (encore et toujours) et une assiette de charcuterie. J'ai laissé tomber l'idée d'essayer de me fondre dans la foule, les Arès veulent tous savoir comment je me débrouille en combat et n'arrêtent pas de venir me voir depuis que j'ai mis un pied dans cette clairière. Résultat, je me contente d'observer les personnes qui m'entourent tout en gardant un œil sur Percy... Je pense que je suis un peu trop surprotectrice mais la réciproque est vraie aussi.
Je me souviens, lorsqu'un garçon m'avait approché pour me draguer, l'été dernier, Percy l'avait envoyer voir ailleurs tellement bien que ce mec s'était retrouvé à fuir comme un chien, la queue entre les jambes. On se protège et on garde les arriéres de l'autre depuis tellement d'années qu'on ne se souvient plus quand ça a commencé...
Peut être que ces derniers temps, j'en fait un peu trop... Mais j'ai tellement peur de le perdre de vue. Après la disparition de maman, je ne supporterai pas de le perdre lui aussi, et comme j'ai des tendances paranoïaque, je m'inquiète un peu tout le temps.
Par contre, je sais qu'il ne faut pas que je sois trop étouffante, contrairement à moi il veut et aime faire de nouvelles rencontres. Si je suis trop sur son dos, comment peut-il se rapprocher de personnes autre que moi ? Et puis, je ne suis pas du genre à croire que, parce qu'il se fait des amis, il va m'abandonner. Nous sommes dépendant l'un de l'autre depuis toujours, il serait étrange que cela change d'un coup.
À force de rester sans bouger, je commence à avoir froid, donc je me rapproche de l'un des feux mais, au moment où je me redresse de mon dossier (un arbre), le feu change d'aura. Il devient menaçant et prendre une forme que l'on pourrait nommer de démoniaque.
- PERCY JACKSON !
Le feu parle... Un FUCKING feu parle ! Et il appelle mon frère qui, comme l'idiot qu'il est, se retourne en entendant son nom. À ce moment là, l'être de feu lance ce qui semble être une main vers lui. Mais c'est qu'il va me le cramer !
- hey toi ! Oui c'est à toi que je parler espèce de feu follet grandeur nature ! Comment oses-tu essayer de blesser mon frère
- Phona !
Bon d'accord, j'ai perdu mon calme... Mais je n'allais pas laisser mon jumeaux se faire griller à point ! J'aime bien la viande, mais pas si elle provient d'un membre de ma famille !
La créature a tourné sa tête brûlée vers moi.
- ton frère... Il y en a donc deux...
- il semblerait en effet. Qu'es ce que tu nous veut le feu de camp ? Une ou deux bûches en plus ?
C'est peut-être pas la meilleure idée que j'ai eue de le provoquer, mais je n'y peux rien. Quand je stresse ou que j'ai peur, je provoque ou attaque si j'en ai l'occasion. Malheureusement, je ne vois pas comment attaquer un élément ...
Il n'a pourtant pas l'air de mal de prendre, au contraire même. Il explose de rire avant que sa taille (environ 4-5 mètre) ne se réduise de moitié.
- qui aurait cru que mon frère aurait eu une fille avec autant d'humour.
- ton frère ? T'es Hadès ?
- il semblerait en effet
- putain ! Percy ! Quand je te disais que l'on tenait presque tout nos gènes de maman ! C'est pas possible autrement ! C'est pas contre toi, mais logiquement des frères se ressemblent un minimum, donc vu que tu ressembles à un brûlé au troisième degré, je suis pas sûre de vouloir savoir à quoi ressemble le padre...
Tout le monde me regarde... Mais quoi ? J'ai juste une discussion avec mon oncle nouvellement découvert, non ? Ah... Mais le fait que se soit Hadès et que je me moque un peu ouvertement de sa tête ne dois pas les rassurer sur ma santé mentale et mes chances de survie...
- tu es vraiment intéressante comme petite mortelle. J'étais venu demander une seule chose...
- pourquoi on vous donnerez ou ferez quoi que se soit pour toi ? Et qu'est-ce ce que tu veux ?
- donnez moi l'Éclair et vous aurez votre mère.
Qu'est ce qu'il vient de dire ?! Il ne précise même pas !
- hey ! Attend ...!
Il a disparu... Le feu est redevenu normal. Plus de forme humanoïde. Plus de flammes noires et bleues. Juste un feu aux nuances orange, jaune et rouge... Je me tourne vers Percy pour le voir le regarder, l'air aussi effaré que je dois l'être.
Hadès a notre mère. Il l'emprisonne et veut quelque chose en échange d'elle et de sa vie. Elle n'est pas totalement morte. Maman n'est pas totalement morte...
Je m'enfuis dans la forêt, courant toujours plus vite, plus loin. Mes émotions menacent de déborder, tout comme les larmes contenues difficilement dans mes yeux. J'arrive près de la rivière et je me laisse tomber à genoux. Je n'ai plus de force. Maman est vivante, enfin pas totalement mais quand même !
Mes émotions débordent. Mes larmes coulent le long de mes joues. Le soulagement, la joie et la peine, que j'ai si longtemps contenue, éclatent. Je perd toute notion de temps et de lieu.
Depuis quand suis-je là ? Peut-être quelques secondes, quelques minutes ou quelques heures.
Où suis-je ? Je ne sais pas. Je sais juste que je me sens bien.
Je n'entend presque plus rien, juste le bruit calme de l'eau qui m'englobe.
De l'eau qui m'englobe...? Merde ! J'ouvre les yeux pour voir que je suis dans une bulle d'eau, toujours au bord de la rivière. Heureusement, personne n'est là, enfin si. Percy. À mes côtes, comme toujours. Il est assis là, sur la berge. Ses yeux rencontrent les miens. Ses deux océans bleu-vert qui me font me sentir chez moi. Ses deux pierres précieuses d'où coule de fins ruisseaux. Ma bulle me dépose au sol et disparaît. Je me lève et me précipite vers lui.
On pleure.
Ensemble.
Toujours.
On verse notre peine et notre soulagement.
- il faut qu'on la sauve.
Oui, Percy. On va la sauver. Je ferais tout pour ça, je te le promets. On va la sauver.
