Cela fait deux jours que je ne suis pas sortie du bungalow. J'ai tenté, le lendemain de la soirée, mais la façon dont tout le monde me fixait me donnait envie de hurler et de leur crever les yeux. J'ai l'impression que mon agoraphobie s'aggrave de plus en plus depuis que je suis arrivée dans cette colonie. Au contraire, Percy devient de plus en plus sociable et se fait plus d'amis. Il doit enfin se sentir à sa place...
Actuellement, je suis au fond du lac. J'ai le regard fixé sur le ponton. Je vois quelqu'un s'asseoir et plonger ses pieds dans l'eau et je remonte. Il n'y a que Percy qui a le droit de venir dans notre bungalow, et puis je reconnaîtrait sa présence parmi des milliers d'autres et à des milliers de kilomètres.
J'émerge à la surface du lac et je me hisse sur le ponton pour m'asseoir à côté de lui. Je le regarde et remarque qu'il y a un problème
- que se passe-t-il ?
- Chiron nous a demandé de venir le voir pour nous donner une quête...
- c'est quoi ça encore ?
- d'après ce que mal dit Annabeth, c'est des sortes de missions a effectuer...
- pourquoi je sens que ce n'est pas des missions dans le style : faire le repas, nettoyer la table, cueillir des pâquerettes...
- tuer le Minotaure, la créature a tête de taureau, aurait pu être une quête...
J'en étais sûre... Et donc, si j'ai bien compris, ce demi canasson a décidé que l'on avait pas assez risqué nos vies dernièrement et nous envoie joue à trouve moi je te tue avec une quelconque créature bizarre et mortellement dangereuse...
Je vais me manger du steak de cheval ce soir ! Et je vais y prendre plaisir !
Je soupire, je suppose, au vu de la tête que tire Percy que c'est impossible de dire non...
- allons y...
On se lève et on met nos chaussures avant de se diriger vers le bungalow administratif, où je suis certaine que l'on trouvera ce satané cheval. Sur le chemin, je lui demande où es ce qu'il disparaît ces derniers jours. Il ne peut quand même pas passer des heures et des heures à travailler le grâce ancien, si ?
- en fait, j'ai demandé à Luc de m'apprendre à me battre...
- Luc...
- le blond aux yeux bleus faisant partis des enfants d'Hermès
- ah ! L'aryen ! Et au fait, pourquoi tu lui as demandé à lui et, par exemple, pas à moi ?
Il n'y a rien de méchant dans ma question, mais je me la pose quand même.
- enfaite, c'est pas pour te blesser, mais tu restes tout le temps enfermée à cause de ton problème avec la foule, et j'avoue que j'aime bien voir du monde.
- je comprend. Tu es un être social Percy, ne t'excuse pas de ce que tu es et de ce que tu aimes.
Je lui sourit, et je lui attrape la main pour le forcer à avancer plus rapidement. Plus vite on sera passé chez l'équidé, plus vite je pourrais rentrer au bungalow. On a déjà commencé à croiser du monde, et il n'arrêtent pas de nous regarder. On croise Grover qui finit par nous accompagner.
On arrive enfin au bungalow administratif et j'entre sans frapper. Mauvaise habitude.
Dionysos était assis à la table de jeu avec son Coca light et sa chemise hawaïenne tigrée et Chiron était en face de lui, dans son faux fauteuil roulant. Ils jouaient contre des adversaires invisibles: deux jeux de cartes flottaient dans l'air.
–Bien, bien, a fait MonsieurD. sans lever la tête. Nos petites célébrités...
Nous avons attendu, Grover en.se dandinant d'une patte sur l'autre, Percy tendu comme un arc à mes côtés pendant que je regarde en détails la pièce.
–Approchez, a ajouté MonsieurD. Et ne vous attendez pas à ce que je vous fasse des courbettes parce que le vieux Barbe-à-Moules est votre père.
Un réseau d'éclairs a zébré les nuages. Le tonnerre a fait vibrer les carreaux de la maison. D'un côté, je ne sais pas si je dois me sentir agressée par sa manière de nous parler ou si je dois me sentir heureuse qu'au vu de son caractère, il ne nous ai pas déjà transformé en vigne... Difficile de me décider...
Chiron a fait mine de s'intéresser à ses cartes. Grover se recroquevillait contre la balustrade, dansant d'un sabot sur l'autre. Qu'est ce qui lui fait si peur, car ça se voit sur son visage qu'il est effrayé. Ce n'est quand même pas les éclairs et le tonnerre qui lui font cet effet...
J'avais oublié... Les dieux grecs existent, donc Zeus aussi... Kurwą...
–S'il ne tenait qu'à moi, a dit Dionysos, je ferais s'enflammer vos molécules. On balayerait les cendres et on s'épargnerait un tas d'ennuis. Mais Chiron a l'air d'estimer que ça irait à l'encontre de ma mission dans cette maudite colonie: vous protéger vous autres petits morveux de tout préjudice.
–La combustion spontanée est une forme certaine de préjudice, MonsieurD., est intervenu Chiron.
–N'importe quoi. Ces gamins ne sentiraient rien. Néanmoins, j'ai accepté de me retenir. J'envisage de vous changer en dauphin, à la place, et de vous renvoyer à votre père.
–MonsieurD., a lancé Chiron sur le ton de l'avertissement.
–Oh, bon d'accord, a concédé Dionysos. Il y a une autre possibilité. Mais c'est de la folie pure et simple.
Il s'est levé et les cartes des joueurs invisibles se sont abattues sur la table.
- Je pars à l'Olympe pour la réunion d'urgence. Si ces gosses sont toujours là à mon retour, je les change en dauphins souffleurs de l'Atlantique. Si vous avee deux sous d'intelligence, vous verrez tout les deux que c'est un choix bien plus raisonnable que ce que Chiron veut vous convaincre de faire.
Il claque des doigts, l'air se replie autour de lui. Il devient un hologramme, puis une brise, et il disparaît. Et un alcoolique de moins.
Chiron nous aouri, mais il avait l'air fatigué et tendu.
–Asseyez-vous, Percy, Phona. Toi aussi, Grover.
Nous nous sommes assis, moi encore une fois sur les genoux de mon frère
Chiron a déposé ses cartes sur la table.
–Dites-moi, a-t-il demandé. Quelle impression vous a faites le Minotaure?
Rien que le nom me remplit de rage. Chiron souhe sûrement nous entendre dire soit qu'il nous terrifie, soit que se serait simple à vaincre.
–vous rencontrez des créatures pires, avant d'avoir achevée cette quête. L'accepterez-vous ?
J'observe mon frère qui regarde Grover, qui se tord les doigts.
–Euh..., a répondu Percy, vous ne m'avez pas encore dit en quoi elle consistait, monsieur.
Ce demi canasson a fait la grimace.
–Voilà, c'est la partie difficile, les détails...
Le tonnerre a grondé dans la vallée, faisant trembler Grover et se crisper l'adulte. Je sens que l'on va passer une bonne journée...
