Chapitre 6 : Le changement, c'est maintenant
Hermione était en bas en train de faire des crêpes, sa baguette à la main. La pâte se mélangeait toute seule, en lévitation à côté de la lionne qui était dans ses pensées. Elle repensait à ce que Severus lui avait dit quelques minutes plus tôt et ne savait toujours pas quoi en penser exactement.
Severus était un homme bien mystérieux, un sorcier aux secrets tous plus étranges les uns que les autres. Enfin, elle le savait depuis le début après tout, ce qui ne l'empêchait pas d'être perplexe face à cette nouvelle découverte sur son statut social. Elle ne pouvait, en revanche, pas lui en vouloir de ne jamais lui en avoir parlé, il n'était clairement pas du genre à se vanter d'une chose aussi futile qu'un titre, et c'était probablement mieux ainsi.
« Au moins, il me l'a dit… même s'il l'a fait par obligation ! » se répétait Hermione depuis une dizaine de minutes maintenant.
- La pâte va être bien mélangée dis donc ! s'amusa Harry qui s'approcha de sa sœur de cœur pour la saluer. Tu as besoin d'aide ?
- Non ça ira, merci.
- Salut 'mione, dit Ron qui venait d'arriver à son tour. Oh, tu fais des crêpes ?
- Oui, Severus en voulait pour le petit déjeuner.
- Tu fais du favoritisme ! s'indigna faussement le rouquin en s'installant de l'autre côté de la jeune femme. Est-ce que, si je me teins les cheveux en noir et que je grogne sans arrêt, j'aurai le droit à des crêpes moi aussi ?
Hermione tourna la tête vers son ami qui souriait avec bienveillance. Elle avait eu l'intention de le houspiller mais elle ne put s'y résoudre en le voyant aussi adorable. Néanmoins, elle trouvait sa blague assez surprenante, pourquoi avait-il dit une chose pareille ?
- Tu sais, j'ai fait assez de pâte pour tout le monde. Il y aura des crêpes pour le petit déjeuner de tout le square !
- Je pense que tu en as fait suffisamment pour tout l'ordre du phénix ! précisa Harry en ricanant.
- C'est vrai, je dois bien l'avouer ! dit la jeune femme qui, d'un nouveau coup de baguette, lança la cuisson des premières crêpes.
S'en suivit un léger silence que Ron fut le premier à briser, demandant avec un air pas aussi détaché qu'il semblait vouloir le laisser entendre :
- Et sinon… comment va la chauve-souris ?
- Severus va mieux, répondit Hermione en lançant un regard noir au roux qui ajouta.
- Ça ne m'étonne pas, il a la meilleure des infirmières à son chevet. En tout cas… je trouve ça cool.
- Quoi donc ? demanda la lionne qui haussa un sourcil étonné face à l'authenticité du ton de son ami.
- Qu'il t'ait laissé entrer dans sa vie, expliqua Ron en posant sa main sur l'épaule de la lionne. Harry et moi sommes les mieux placés pour savoir que Rogue n'aurait jamais pu trouver mieux… pour se sortir de ses problèmes en tout genre je veux dire !
Bien qu'il eut ajouté une explication à la fin de la phrase, Hermione ne put que rougir en voyant le regard entendu que son frère et son meilleur ami avaient échangé. Ouvrant et fermant la bouche à plusieurs reprises, la jeune femme ne trouva rien à répliquer pour sa défense, si tentée qu'elle en ait eu besoin. Harry qui, avec sa propre baguette, s'occupait de mettre les crêpes prêtes dans une assiette demanda alors :
- Tu sais ce qu'il compte faire ? Avec ses parents je veux dire.
- Il ne se sent pas de les croiser de nouveau, en tout cas, pas tout de suite. Il va demander à Christian de venir le chercher pour passer le nouvel an là-bas, ajouta-t-elle en cachant au mieux sa déception.
- Pourquoi ne reste-t-il pas ?
- Il ne veut pas priver Cléo de voir ses parents sous prétexte qu'il ne souhaite pas les voir lui-même. Et, vu qu'il sait pour sa sœur et Sirius, il ne veut probablement pas les empêcher de… enfin de passer du temps ensemble quoi. Il n'a pas encore totalement digéré l'information je pense, même s'il fait de son mieux !
- Et toi dans l'histoire ? s'offusqua légèrement Ron, qu'Hermione regarda alors avec des yeux circonspects.
- Moi ? Eh bien, je suppose qu'il sera bien mieux chez un guérisseur qu'avec une simple infirmière de fortune. Ah non, ne fait pas cette tête Ron, maugréa-t-elle en voyant les yeux bleu et compatissants de ce dernier, je ne suis pas désespérée au point de me penser irremplaçable. Et puis en plus de ça, même si je reste persuadée qu'il devrait se confronter à Eileen et à Tobias, il ne devra le faire que quand il s'en sentira prêt, pas avant.
- Tu as sûrement raison, conclu simplement Harry qui sentait bien que le sujet était complexe. Ron, sérieux vieux, tu pourrais attendre qu'on ait fini de faire toutes les crêpes avant d'en manger !
- Cha chens crop bon ! marmonna-t-il une crêpe déjà en bouche.
Hermione ricana en voyant ses deux acolytes se chamailler de la sorte. Ron était vraiment un estomac sur pattes, c'était à se demander comment il pouvait garder la ligne. Sa petite amie allait devoir bien s'accrocher ! D'ailleurs, la jeune femme repensa à la camarade de formation de ce dernier pour qui il avait ressentie une attirance et avec qui il avait renoncé de se mettre à la suite de leur discussion… peut-être était-ce un mal pour un bien pour cette pauvre Amanda. Riant cette fois pour de bon sous le regard étonné de ses amis, tous trois ne purent que s'amuser de la situation.
Le trio d'or changea ensuite de sujet et papota encore un moment. Quand toutes les crêpes furent prêtes, Hermione laissa ses amis pour monter le petit déjeuner à Severus. Ce dernier s'était levé et douché pendant ce laps de temps et la jeune femme le trouva en train de boutonner sa redingote :
- Tu pourrais frapper avant d'entrer !
- Pourquoi ? demanda Hermione en souriant. Tu m'aurais interdit d'entrer ?
- Je sais d'expérience que cela ne sert à rien de le faire, répliqua-t-il en esquissant un léger sourire narquois. Tu as fait des crêpes ?
- Oui, tu m'as dit que tu aimerais en manger.
- Et donc, j'ai le droit à tout ce que je demande ?
- Presque tout ! corrigea-t-elle en haussant les épaules.
Déposant le plateau repas sur le bureau de son sorcier, elle l'entendit s'approcher d'elle avant qu'il ne la prenne dans ses bras :
- Presque tout seulement ?
- Oui, après-tout je ne suis pas du genre à accepter toutes les requêtes d'un aristocrate.
- Tu sais ce qu'il te dit le Lord ? grogna Severus.
- Il ne veut clairement pas me dire qu'il m'aime ! s'amusa la jeune femme en souriant.
Severus ne répondit rien pendant un instant, se contentant de jouer distraitement avec les cheveux d'Hermione. Il posa ensuite son menton sur le haut de la tête de cette dernière, profitant bien trop souvent de sa haute stature par rapport à elle, avant de presque murmurer :
- Est-ce si important que ça ?
- Quoi donc ?
- De le dire ?
- Je… je ne sais pas, avoua Hermione qui ne souriait plus, ne s'attendant pas à un tel sérieux après sa blague.
- Je ne suis pas certain d'être en mesure de le dire un jour tu sais ? Je ne suis même pas sûr de savoir ce que ça signifie réellement…
- Moi je le sais et ça me suffit ! Je t'aime Severus.
C'était fait ! Elle lui avait enfin dit, d'un coup, comme l'on retire un pansement par peur d'avoir mal. Cela s'était avéré être bien plus simple qu'elle ne l'avait pensé finalement, et beaucoup plus libérateur aussi. Il ne se tendit pas, ne se figea pas, ne s'enfuit pas… non, il continua juste de la serrer contre lui avant de répondre simplement :
- Si quelqu'un peut m'apprendre un jour le sens de ces mots, c'est bien toi Hermione.
Il avait dit cela avec douceur avant de la relâcher et de faire comme si de rien n'était :
- Tes crêpes sentent bons, tu es une cuisinière hors pair.
Il ne fallait pas trop lui en demander. Severus restait Severus après tout, et elle le savait et ne pouvait donc pas lui en tenir rigueur. Bien entendu, elle aurait aimé une autre réaction de la part de son sorcier, mais c'était sa façon à lui d'accepter ce qu'elle lui offrait et c'était un bon début. Le laissant s'installer pour manger, elle s'assit sur le lit de son partenaire et constata qu'il avait déjà commencé à ranger quelques affaires :
- Tu pars quand exactement ? questionna-t-elle, intriguée de le voir déjà se préparer de la sorte.
- Chris m'a répondu, je pars dans la matinée.
- Déjà ? s'étonna Hermione qui ne s'attendait pas à ça.
- Oui, il ne travaille pas aujourd'hui, alors il est disponible assez tôt pour venir me chercher.
C'était rapide, une fuite qui avait le mérite d'être des plus efficaces. Hermione savait au fond d'elle qu'elle ne devait pas lui en vouloir, mais cela restait compliqué à digérer. Inspirant discrètement, elle demanda avec calme :
- Est-ce que tu l'as dit à Cléo ?
- Je ne l'ai pas encore vu, mais je vais le faire, ne t'inquiète pas.
- Je ne m'en fais pas…
- Je t'écrirai tu sais ?
- Oui, je le sais…
- Et tu vas me manquer.
- À moi aussi…
Hermione regardait toujours le sac à ses côtés en répondant un peu machinalement à son interlocuteur. Savoir qu'il partait si rapidement la dépitait, elle en oubliait presque qu'il était encore là, au square, à côté d'elle. Puis la lionne l'entendit soupirer bruyamment et dire d'un air las mais posé :
- Tu sais que c'est moi qui ne suis pas bavard normalement ! Si tu pouvais éviter de me voler MES caractéristiques principales, ce serait sympathique.
- Tu sais que c'est moi qui fais de l'humour normalement…
Elle avait répliqué sans réelle ferveur, tout en jouant avec la fermeture éclair du sac sur le lit. Pourtant, elle aimait bien les joutes verbales d'habitude, elle trouvait cela distrayant, mais pas cette fois. Elle se sentait assez triste et ne s'inquiéta même pas du silence qui s'en suivit.
Quelques secondes passèrent avant que la réalité autour d'elle ne refasse pleinement surface. Hermione poussa un léger cri de surprise alors qu'elle se retrouva allongée sous Severus qui s'était approché discrètement avant de la pousser en arrière sur le lit.
En contradiction totale avec la précipitation avec laquelle il l'avait allongée, Severus l'embrassa tendrement. Son but avait simplement été de la réveiller, en quelque sorte, et cela avait eu le mérite d'être efficace. Hermione sourit finalement contre les lèvres de son sorcier et répondit au baiser de celui qui la dominait de toute sa prestance, comme il adorait tant le faire. Ainsi positionné, il contrôlait absolument tout, renvoyant la sang et or à l'époque où elle n'avait pas intérêt de désobéir à son professeur de potion. C'était néanmoins bien plus agréable que lorsqu'il l'humiliait uniquement parce qu'elle aidait Neville pendant les cours.
- Arrête de faire ça Hermione, ordonna-t-il.
- Je n'ai rien fait ! s'indigna-t-elle, perdant son sourire face à l'incompréhension totale qui l'envahissait.
- Arrête de faire cette tête si triste, grogna-t-il avant de l'embrasser de nouveau.
C'était donc de ça qu'il parlait, comme si elle pouvait sincèrement faire autrement que de se morfondre. Hermione passa distraitement ses mains dans les cheveux de son sorcier et finit par dire quand elle retrouva l'usage de ses lèvres :
- Tu ne peux pas me demander d'être joyeuse alors que tu pars.
- Je ne pars pas loin, et puis je t'écrirai, expliqua-t-il en plongeant son regard dans celui de sa partenaire.
- Je l'espère bien Severus.
- Je tiens bien trop à la vie pour me risquer de ne pas le faire.
- Tu as survécu à une guerre et à une explosion, tu n'as rien à craindre de moi, lui rappela-t-elle en souriant enfin légèrement.
Il posa alors son front contre le sien et ferma les yeux. La jeune femme l'observa ainsi avant qu'il ne dise, presque dans un murmure :
- Je suis désolé de partir.
- Je comprends Severus, je suis triste mais je ne t'en veux pas du tout. Tu n'as pas eu une enfance… non, une vie, tu n'as pas eu une vie facile. Tu as déjà surmonté beaucoup trop d'épreuves en très peu de temps, personne ne peut te demander d'en supporter encore une nouvelle maintenant ! défendit la lionne sans bouger, avant d'ajouter avec un sourire qui se voulait encourageant, même si son partenaire avait toujours les yeux clos. Et le jour où tu seras prêt à affronter tes pa… géniteurs, alors je serai là, à tes côtés. En attendant, tu as le droit de prendre du recul pour gérer au mieux cette situation. Je vais m'en remettre, tu verras.
Severus ne répondit rien, gardant encore et toujours ses yeux fermés et son front contre celui de la jeune femme. Il semblait réfléchir, comme en proie à un combat interne difficile. Après quelques secondes supplémentaires, il finit par reprendre la parole :
- Hermione… je sais qu'avec toi, je n'ai plus à me battre seul et… je te remercie.
- Tu n'as jamais vraiment eu à le faire seul, il y a toujours eu Albus et même Christian pour te soutenir.
- Oui… et non. Je me suis battu sous les ordres et surtout les conseils d'Albus, et Christian m'a toujours soutenu et soigné au mieux, mais j'étais seul ! J'ai toujours été seul face à Voldemort et ses atrocités, tout comme j'ai toujours eu à gérer seul mes autres problèmes. Mais c'est normal, je n'en veux à personne. Enfant je n'avais personne pour venir chez moi et me défendre, et ensuite j'ai fait le choix de devenir espion pour l'ordre, je n'allais pas ramener avec moi Christian ou Albus dans un sac à dos. Et aujourd'hui, alors que j'ai toujours cru que je devrai continuer à me battre seul avec mon quotidien, je me rends compte que ce n'est plus le cas. Tu es là Hermione.
La jeune femme sentit son cœur s'accélérer sous les mots de ce sorcier si fort qui avait tout de même au fond de lui un côté fragile. Cet homme aux yeux clos et qui s'ouvrait à elle malgré toutes les difficultés que cela représentait pour lui. Ce magnat du contrôle qui avec elle semblait accepter, parfois tout du moins, de se laisser aller. Sans qu'elle ne bouge, sans qu'elle ne réponde quoi que ce soit, elle le laissa reprendre sa déclaration qui, à ses oreilles, sonnait probablement plus fort que les trois petits mots qu'elle aurait aimés à la base :
- Tu es le courage qui m'a tant de fois fait défaut dans ma vie Hermione.
- Tu es déjà courageux, tu as fait tellement de choses qui en nécessitait !
Cette fois, Severus rouvrit les yeux et plongea de nouveau son regard dans celui de la jeune femme :
- J'agissais non pas par courage mais par nécessité, c'est différent. Si j'étais contraint de faire quelque chose, je le faisais, sinon… eh bien, tu me connais, j'ai tendance à fuir. Non, ne proteste pas, soupira-t-il alors qu'elle s'apprêtait à le défendre encore une fois. Je pense sincèrement ce que je dis, sinon, je ne te le dirais pas, surtout vu que c'est difficile pour moi de le faire.
Il passa délicatement sa main sur la joue d'Hermione qui frissonna à ce contact. Elle le trouvait bien différent que d'habitude. Non pas qu'il n'eut su se montrer tendre et attentif avec elle par le passé, enfin, depuis leurs retrouvailles du moins, mais là, il semblait plus vulnérable que jamais face à elle. C'était un peu comme si, enfin, l'espion avait laissé de côté son masque, juste pour elle :
- Hermione, continua-t-il doucement en continuant de lui caresser le visage, aide-moi de nouveau s'il te plaît…
- A faire quoi ? demanda-t-elle sans lâcher les obsidiennes hypnotiques qui semblaient lire en elle.
- A ne pas fuir une fois de plus…
La lionne posa sa main sur celle de Severus et après quelques secondes ainsi, elle comprit. Il ne lisait pas en elle, mais il la laissait lire en lui. Sans légilimancie, non, mais avec son âme entière :
- Ne pars pas Severus… reste avec moi…
A peine eut-elle terminé sa phrase que le sombre sorcier au-dessus d'elle l'embrassa de nouveau. La jeune femme répondit au baiser avec envie et rapidement avec passion. Elle n'avait pas eu de réponse à proprement parlé, peut-être même n'avait-elle pas compris ce qu'attendait son compagnon, mais elle savait avec certitude ce qu'il voulait maintenant : la même chose qu'elle.
Elle n'avait pas remarqué qu'elle avait retenu son souffle, mais elle sentait maintenant avec soulagement l'air entrer dans ses poumons brûlants. C'était une sensation bien curieuse que de se sentir femme, mais qu'est-ce que c'était agréable ! Severus poussa légèrement la crinière de la lionne sur le côté alors qu'il s'allongeait à ses côté, essoufflé mais souriant :
- Mes cheveux te gênent ? demanda-t-elle amusée.
- Gêner n'est pas le bon mot, je dirais plutôt qu'ils tentent simplement de m'étouffer, répondit-il avec son charmant petit air narquois.
- Va-t-il donc falloir que je les coupe ?
- Ce serait bien dommage, je les trouve resplendissants. Encombrants certes, mais affriolants à bien des égards, fit-il avec un regard entendu.
- Dit comme ça, je n'ai pas d'autres choix que de les garder tels quels !
- Tu as tous les droits Hermione, n'en doute jamais, répliqua Severus avec beaucoup de sérieux. Personne n'a à te dire quoi dire, quoi faire, quoi porter !
- Tu peux tout de même me dire ce que tu penses de mes choix, c'est important que je le sache.
- Mis à part les choix de tes amis et de ton conjoint, qui sont clairement les signes de graves troubles mentaux, je trouve que tu te débrouilles bien.
Vivement, Hermione se redressa sur les coudes pour le regarder avec plus de facilité. Conjoint ? Avait-il réellement employé ce terme ? Elle l'avait peut-être rêvé ! La lionne perplexe vit le Serpentard froncer un sourcil circonspect :
- Ne le suis-je pas ? douta-t-il.
- Hein… quoi ? bafouilla Hermione, perdue.
- Ton conjoint ?
Severus avait demandé cela avec calme, tout en remettant une nouvelle fois une mèche de cheveux fous dernière l'oreille d'Hermione. Rougissante, elle l'embrassa finalement et murmura, plus pour elle-même que pour lui donner une réponse :
- Tu es encore plus que ça pour moi…
- Je suis donc contraint de rester ici alors, finit-il par souffler à l'oreille de sa compagne. Après tout, ce sont les femmes qui décident dans les couples.
- Te rends tu comptes que je n'oublierai jamais ce que tu viens de dire ? Je te le rappellerai à chaque fois que tu n'en feras qu'à ta tête ! répliqua alors Hermione, avec humour certes, mais surtout avec une joie immense qu'elle ne voulait pourtant pas faire éclater devant lui.
- Je l'espère bien Granger.
Il l'embrassa encore une fois avant de la pousser doucement sur le côté pour qu'elle se recouche. Elle grogna alors qu'il essayait de s'éloigner d'elle :
- Hey, tu fais quoi là ? s'offusqua-t-elle.
- Je vais écrire à Christian, avant de défaire mon sac. Oh et puis, je vais finir mon petit déjeuner aussi ! J'ai faim et je n'ai profité que de la cuisinière pour le moment.
Avec un sourire carnassier, il referma son pantalon, remit sa chemise et sa redingote en place avant d'aller s'asseoir sur son bureau. Hermione l'observa et, se redressant à son tour, alla vers lui pour le serrer dans ses bras tout en restant derrière lui. Elle posa sa tête sur le dessus du crâne de Severus, comme il le faisait avec elle quand ils étaient debout :
- Tu vas lui dire quoi ?
- Je vais lui expliquer qu'une insupportable jeune femme m'a demandé de rester, de la plus jouissive des façons, répondit-il en attrapant sa plume.
- Tu ne vas pas vraiment écrire ça, rassure-moi ? s'inquiéta la lionne
- A ton avis ? soupira-t-il avec une exaspération surjouée. Je vais tout simplement lui dire que j'ai décidé de ne pas fuir mes ennuis pour une fois. Je vais faire face à Black et Cléo et… peut-être aussi à Eileen et Tobias.
- Tu n'es pas obligé de tout gérer d'un coup Severus, tu as le temps ! Mais souviens toi bien que je serai là quand tu voudras le faire.
- C'est bien pour ça que je vais le faire… je sais que je ne serai pas seul. D'ailleurs, je compte particulièrement sur toi pour m'empêcher de commettre un meurtre ou deux, ironisa-t-il dans le but très clair de se détendre.
- Compte sur moi. Il est hors de question que tu finisses à Azkaban après tout, d'autant plus que je doute sincèrement qu'ils autorisent les visites 'conjugales' là-bas !
- C'est une raison supplémentaire en effet. En plus du fait que les détraqueurs ne me font pas rêver…
Hermione sourit et l'embrassa tendrement sur la joue avant de s'éloigner. Attrapant son jean, elle l'enfila, défroissa son haut et dit enfin :
- Je vais en bas Severus. Tu me rejoins ?
- Je vais plutôt rester dans ma chambre !
- Oh, désolée de t'avoir fait croire que tu avais le choix ! répliqua alors la lionne avant d'ajouter, tu vas me rejoindre en bas quand tu auras fini ta lettre.
Recevant une complainte pour seule réponse, Hermione sourit et descendit. Si elle devait l'aider à combattre ses démons, autant commencer par l'aider à accepter le nouveau petit ami de sa sœur. D'ailleurs quand elle arriva dans le salon, elle trouva Cléo et Sirius installés l'un contre l'autre dans l'un des canapés, lisant ensemble la gazette du sorcier. Quand ils entendirent les bruits de pas de la lionne, ils se séparèrent à la hâte :
- Ce n'est que moi, les rassura-t-elle alors. Et quand bien même cela n'aurait pas été le cas, vous n'avez pas à vous cacher.
- Je doute que Severus soit de ton avis, dit Black. Je pense qu'il vaut mieux y aller doucement avec lui.
- Comment va-t-il d'ailleurs ? s'enquit la française en regardant Hermione.
- Il va bien mieux, il finit de manger et il va nous rejoindre.
- Sérieusement ?
Sursautant, la jeune femme ne remarqua les deux garçons jouant aux échecs qu'après coup. Harry était surpris et observait sa sœur en attendant sa réponse :
- Oui, je suis sérieuse. Il va descendre et passer toute la journée avec nous.
- Il ne va pas chez son ami le guérisseur du coup ? questionna Ron à son tour.
- Il part chez Christian ? s'étonna Cléo.
- Non, répondit doucement Hermione en prenant place dans le second canapé. Il devait mais il va finalement rester jusqu'à la fin des vacances.
- Comme toujours, tu as su te montrer persuasive ! s'amusa Harry.
- Je pense qu'elle ne l'a pas été de la même manière qu'avec nous, dit Ron en riant avant de se prendre un coup de pied de la part du survivant.
Sirius haussa un sourcil étonné et Cléo observa Hermione qui devenait écarlate. La française ouvrit alors de grands yeux, comme si elle venait de voir un sombral rose bonbon. Avant qu'elle ne dise quoi que ce soit, la lionne demanda rapidement, simplement pour changer de sujet :
- Tu vas voir tes parents aujourd'hui Cléo ?
- Heu… oui… je vais manger avec eux à midi, puis nous passerons l'après-midi ensemble dans Londres. Après je ne sais pas trop, peut être que je mangerais aussi avec eux le soir en fonction du temps que l'on mettra à visiter ce que l'on veut voir tous les trois.
- Et demain ?
- Je les verrai dans la journée et je passerai le réveillon avec vous tous, comme prévu.
Quand elle eut dit ça, Sirius lui serra la main. Hermione allait demander à Cléo s'ils n'allaient pas être déçus de ne pas passer cette soirée avec leur fille, mais la voix grave de Severus la coupa et fit sursauter tout le monde :
- Ton petit ami ne veux pas d'eux chez lui pour la saint sylvestre ?
Certes, le ton employé était plus que dédaigneux et les mots presque piquants, mais il avait demandé cela avec un calme olympien tout en s'approchant du canapé où était installée Hermione. Il allait faire des efforts, comme promis et cela commençait plutôt bien.
Sirius s'était tout de même éloigné un peu de Cléo, restant sur ses gardes. Il devait probablement se souvenir du sort qu'il avait pris de plein fouet la dernière fois… le vaisselier ne s'en était pas entièrement remis. Il ne lui en voulait pas, mais il était clair qu'il n'oublierait jamais le jour où Severus Rogue s'était rebellé contre lui pour de bon.
- Tu te sens mieux ? demanda Cléo qui fut clairement soulagée de voir son frère debout et à peu près détendu.
- Je n'ai pas eu le choix, l'infirmière du lieu est bien pire que Pompom elle-même ! grogna-t-il en s'installant à côté de la lionne.
- Je ne suis pas pire que Pomfresh ! protesta Hermione en croisant les bras devant elle.
- Cause toujours, maugréa Severus qui regarda Black avant de tourner le regard sur sa sœur. Tu n'as pas répondu à la question que j'ai posée.
Cléo hésita un instant mais répondit en bafouillant légèrement :
- Eh bien… c'est juste que… j'ai dit à papa et maman qu'il valait mieux que nous nous voyons sur l'extérieur pour…
- Pour ne pas que je fasse de nouveau tout exploser ?
- Tu n'étais pas réveillé quand il a fallu tout ranger et remettre d'aplomb ! répliqua Hermione avec humour, laissant ses colocataires perplexes et choqués.
- Trop drôle Granger… fit-il en lui lançant un regard noir, avant de regarder de nouveau sa sœur. Quoi qu'il en soit, je pense pouvoir me contrôler si je ne suis pas pris au dépourvu. Je ne suis plus un enfant de 5 ans qui ne contrôle pas sa magie…
- Tu… tu es sûr ? s'inquiéta la française.
- Arrête de douter de moi Cléopâtre, c'est vexant.
- Et toi cesse de m'appeler comme ça !
- Je fais ce que je veux, c'est moi l'aîné !
- Et alors, tu penses que nous sommes encore au moyen âge ?
- J'aurais plutôt tablé sur l'Egypte antique, oh reine philopator !
Hermione regardait les Rogue se chamailler comme des enfants, quand un coussin rebondit sur Severus et atterrit sur elle. Cléo eut un hoquet de surprise :
- Oups, je suis désolée Hermione !
La lionne allait rassurer son amie quand elle entendit Severus ricaner. Il était enfin de nouveau de bonne humeur et elle en fut ravie, cela valait ben le coup de se prendre un coussin dans la figure :
- Bon, j'avoue que j'ai peut-être encore un peu 5 ans au fond, se moqua-t-il de lui-même avant d'ajouter avec plus de sérieux, mais je t'assure que je me tiendrai bien. Je ne dis pas que je leur parlerai, mais de toute façon ils savent que je suis en vie donc bon... il ne me sert à rien de faire l'autruche maintenant. Je n'ai pas à t'empêcher de les voir sous prétexte que j'ai des griefs contre eux.
Cléo ne sut que répondre et elle regarda alors Sirius qui sourit :
- Moi je n'y vois pas d'inconvénients… et puis, au pire, j'ai prévu de refaire la décoration de la salle à manger, tenta de plaisanter ce dernier.
Tout de suite après, il reçut à son tour l'oreiller dans la tête. Severus n'avait rien dit, se contentant de se rasseoir correctement comme si de rien n'était. Hermione et Cléo se mirent à rire de bon cœur, accompagnées juste après par Harry et Ron alors que Sirius se contenta de sourire amicalement à Severus. Les choses étaient loin d'être parfaites, mais la lionne le savait, elles étaient en train de changer pour le mieux.
