Chapitre 7 : Saint Sylvestre sous tension.

Severus faisait les cents pas dans sa chambre. Il était seulement 13h, mais il savait à quel point six heures pouvaient passer vite, et lorsque le glas sonnera 19h, son pire cauchemar et sa femme seraient là. Il avait pourtant été persuadé de pouvoir se confronter à eux, il avait été certain de pouvoir gérer avec la présence d'Hermione, mais là, à cet instant précis, il avait l'impression que la panique le guettait. Lui, le prince de sang mêlé, l'espion qui avait repris du service après une si courte pause, la terreur des cachots… il avait tout simplement peur et il s'en rendait compte :

- Sevy, tu es là ? demanda sa sœur en même temps qu'elle toqua à la porte.

- Où veux-tu que je sois ? Au sommet de l'Himalaya ? siffla-t-il entre ses dents pour ne pas qu'elle entende.

Il se dirigea vers la porte, prenant le temps de reprendre contenance avant d'ouvrir :

- Oui, je suis là. Qu'est-ce que tu veux Cléo ? fit-il comme si de rien n'était.

- Nous allons faire deux ou trois courses de dernières minutes avec 'Mione et nous allons faire un peu de shopping.

- Intéressant, ironisa-t-il.

- Est-ce que tu veux venir avec nous ? proposa Cléo en levant les yeux au ciel.

- Ai-je l'air d'être le genre d'homme à aimer magasiner ?

- Non clairement pas vu que tu as, semble-t-il, cinquante fois la même tenue dans ton placard ! Mais justement, je me disais qu'il serait peut-être temps que tu remettes les pieds en 1998 pour son dernier jour d'existence.

- Qu'est-ce que tu as contre ma garde de robe au juste ?

- Moi ? Oh, rien, répondit la française en haussant les épaules, après tout j'adore les années 1800 vu que je suis historienne.

Severus l'observa avec un regard assassin :

- Allez, viens Sevy, on sera contentes que tu sois avec nous.

- Et Sirius ?

- Lui il est déjà passé acheter une nouvelle tenue avec moi avant les vacances.

- J'en déduit que tu as déjà tout ce qu'il te faut toi aussi, alors pourquoi voudrais-tu y retourner ?

- Il me manque quelques accessoires, et Hermione, elle, n'a même pas encore sa tenue tout court.

Hésitant, Severus finit par soupirer et accepter. Il était de toute façon en train de devenir fou à ruminer dans sa chambre, donc autant sortir s'aérer l'esprit. D'autant plus que cela lui faisait une excellente excuse pour passer du temps avec sa lionne qui s'activait dans tous les sens depuis l'aube. Il fut le premier dans l'entrée, et les deux sorcières le rejoignirent rapidement après. Hermione sourit en le voyant et tous trois prirent la direction du Londres sorciers.

Après avoir acheté les boissons manquantes pour la soirée, ainsi que quelques décorations de plus pour installer dans la salle à manger, les filles traînèrent Severus dans plusieurs boutiques de mode. Cléo était à son aise et regardait de partout d'un air enchanté. Hermione, elle, semblait plus mitigée :

- Pourquoi fais-tu cette tête 'Mione ? demanda Severus en insistant avec ironie sur le surnom de sa compagne.

- Ah non, pas toi ! s'indigna-t-elle.

- Je fais ce que je veux non ?

- C'est vrai, tu as raison Sevy, accorda-t-elle en le regardant d'un air menaçant.

Severus sourit amusé, il lui laissait volontiers la victoire cette fois-ci. Elle répondit à son sourire avant de répondre enfin à la question de base :

- Je n'aime pas franchement faire les boutiques, je trouve ça long et futile.

- Alors pourquoi avoir décidé de faire du lèche vitrine ?

- Cléo a insisté, elle voudrait m'aider à trouver une robe de soirée. Et puis, elle m'a dit que tu y allais avec elle, alors je suis venue pour être un peu avec toi.

Severus regarda la jeune femme avec étonnement face à son discours, puis il jeta un œil noir à sa sœur qui le vit. Elle se mit à ricaner, et s'approcha comme si de rien n'était :

- Viens voir Sevy, j'ai trouvé plein de choses à te faire essayer ! Et toi ma belle, dit-elle à l'intention d'Hermione, commence déjà à regarder les robes de ce rayon-là !

- Heu… d'accord, dit-elle simplement en souriant d'un air gêné.

Se faisant traîner de force dans le rayon homme, Severus grogna :

- Tu nous as bien eu !

- J'avoue que je suis assez fière de moi, fit-elle en riant. Rhô mais aller, c'est la Saint Sylvestre ce soir, 1999, la dernière ligne droite avant l'an 2000 ! Il faut en profiter, apparemment il risque d'y avoir une catastrophe dans un an, un bug mondial qui va peut-être entraîner la fin du monde !

- Tu lis beaucoup trop les revues moldues Cléo…

Sans répondre à la provocation, elle fouilla les rayons avec son frère. Elle lui proposa d'abord des tee-shirts, ce qu'il refusa catégoriquement. Cléo l'amena donc au rayon des chemises, mais elle lui interdit tout bonnement de choisir du noir ou du blanc.

Il se retrouva ainsi avec des chemises vertes, bleues, rouges… dans les bras, mais avant de pouvoir les essayer, elle le traîna aux rayons des pantalons. Cette fois, elle lui interdit la laine et lui demanda d'essayer des jeans, des chinos et autre bas en velours et en lin, dans des formes parfois étranges, ou les mollets semblaient devoir mourir étouffés.

Quand elle le poussa vers la cabine d'essayage, il avait des dizaines de vêtements à tester. Il n'eut cependant pas vraiment à se plaindre, vu que Cléo avait laissé le soin à une vendeuse de s'occuper de la lionne qui revint, elle, avec le double de tenues à essayer…

Severus fut le premier à sortir de la cabine d'essayage avec la première variante de tenue que Cléo lui avait imposé. Il avait une chemise rouge et un jean noir moulant qu'il trouvait fort peu agréable :

- Le but est-il de me rendre eunuque ? se plaignit il alors que Cléo leva les yeux au ciel.

- Ça te va très bien pourtant.

- J'ai bientôt 40ans, j'ai passé l'âge de m'habiller aussi près du corps et puis je…

Il ne termina pas sa phrase. Juste à côté, Hermione sortit à son tour, dans une robe longue, rouge avec une ceinture noire à la taille, décolletée dans le dos. Elle était magnifique :

- Wow, 'Mione tu es superbe.

- Je… c'est un peu trop découvert tout de même, dit-elle en rougissant autant que sa tenue.

- C'est comme ça que ça se porte tu sais.

- Je ne suis pas convaincue…

- C'est vrai que c'est très ouvert dans le dos, intervint Severus qui ne put s'empêcher de la dévorer du regard, bien que restant le plus froid possible.

- Tu n'es pas un peu trop serré dans ce jean toi ? demanda-t-elle à son tour, en le regardant avec insistance.

- Bon alors tenue numéros deux ! ordonna Cléo qui, de son côté, semblait bien s'amuser.

Cette fois, le sombre sorcier sortit avec une chemise verte et un chino gris en velours de couleur grise, qui, d'après sa sœur, avait une forme 'carotte'. Il se sentit d'ailleurs aussi ridicule que le légume susnommé. Quand Hermione apparue, elle avait une robe grise, décolletée à l'avant, avec des motifs verts finement brodés dessus.

- Eh bien, là vous êtes supers tous les deux !

- Non mais franchement, c'est bien trop décolleté ! intervint Severus en observant la lionne, non sans justement porter son regard sur l'objet du délit. C'est… presque indécent.

- Et toi, tu es encore bien trop serré dans ce pantalon !

- Vous êtes durs l'un envers l'autre, soupira Cléo avant de faire un signe de la main, allez, troisième tenue…

Le manège recommença alors plusieurs fois. Severus sortait de la cabine, Hermione en faisait de même avec une tenue étrangement assortie à la sienne, mais elles étaient toutes trop colorées, trop moulantes ou trop courtes, ce qui était aussi le cas pour lui dans un sens. Le pire fut le pantalon 'skinny' qui lui avait donné l'impression de se retrouver en boxer.

Puis lorsqu'il sortit la cinquième fois, Severus portait une chemise bleu nuit, avec un chino en coton marron, en coupe droite, avec des plis marqués sur le devant des jambes. Hermione sortit juste après, avec une robe bleue marine qui descendait en dessous des genoux, bras nus mais le buste travaillé avec de la dentelle qui se transformait ensuite en petites manches légères :

- Avec une ceinture marron bien entendu, marmonna Severus pour lui-même en l'observant.

- Quoi ? demanda Hermione qui n'avait pas entendu.

- Tu es ravissante dans cette robe, dit-il alors plus intelligiblement. Encore plus que d'habitude.

- Et toi tu es très élégant Severus, encore plus que d'habitude.

- Et moi je vous trouve parfaits, encore plus que d'habitude, intervint Cléo avec un sourire entendu. Bien, je crois que vous avez trouvé vos tenues. Je vais aller chercher mes accessoires en attendant.

Toujours souriante, Cléo s'en alla plus loin. Severus regarda de nouveau sa compagne et s'approcha d'elle :

- Est-ce que tu lui aurais dit quelque chose par hasard ?

- Non, rien du tout ! Enfin… je lui ai dit que j'étais amoureuse de toi, mais ça, je l'ai fait depuis un moment déjà.

- Vraiment ? demanda-t-il en haussant un sourcil. Ça remonte à quand au juste ?

- Bien avant que nous soyons ensemble… avoua la jeune femme en regardant ailleurs. Enfin bref, je n'ai rien dit, je te promets… mais je pense sincèrement que plusieurs personnes ont des doutes.

- C'est-à-dire ?

- Eh bien… toute la maison en fait…

Severus se pinça l'arête du nez comme il savait si bien le faire quand quelque chose l'exaspérait. Hermione en fut quelque peu inquiète, mais il finit par avouer, dépité :

- C'est ce qu'il m'avait semblé aussi, Potter et Weasley me regardaient avec insistance. Enfin bref, tu vas être superbe ce soir, dit-il pour changer de sujet.

- Et toi tu vas être terriblement élégant Severus !

Après avoir déboursé 40 gallions pour sa nouvelle tenue et une nouvelle paire de chaussure, Hermione et Cléo ayant refusé qu'il leur offre leurs achats, ils sortirent dans les rues du chemin de traverse. Il faisait froid et la neige recouvrait le sol pavé de cet endroit féerique.

Il n'y avait pas beaucoup de monde, les gens étant probablement déjà en grande partie chez eux, entre amis ou en famille. C'était, pour le coup, le meilleur des moments pour sortir lorsque l'on était des figures nationales. Oui, il fallait avouer que les regards admirateurs des vendeuses de 'Tissard et Brodette', en voyant l'héroïne de guerre et le héros de l'ombre, avaient déjà été bien assez oppressants pour Severus. Enfin, au moins avaient-ils tous eu l'obligeance de ne pas faire d'esclandres. Ils étaient restés très professionnels et silencieux pendant le shopping et Hermione en avait paru encore plus soulagée que lui-même.

Après avoir flâné encore un moment dans les rues et dans quelques boutiques, dont celle des farces et attrapes tenue par les frères jumeaux de Ron, le trio hors normes rentra. Le temps avait passé à une vitesse folle, et l'horloge du salon du square indiquait déjà 17h lorsqu'ils passèrent la porte.

Cléo était directement allée se préparer alors que la lionne était montée avec Severus :

- Je vais aller me doucher Severus, ça va aller ?

- Oui, bien sûr que ça va aller… quand tu auras fini je prendrai la place, tu viendras me dire.

- Pas de soucis, dit-elle en l'embrassant tendrement avant de filer.

Pendant qu'Hermione était sous la douche, Severus recommença à faire les cent pas, bien loin de la sérénité que lui avait procurée sa sortie avec les deux jeunes femmes. Il recommença aussi à ruminer et à presque paniquer, à son plus grand désarroi.

L'espace d'un instant, l'idée de partir pendant qu'Hermione et Cléo se préparaient lui sembla même excellente… mais il se ressaisit à temps. Sa lionne entra dans sa chambre, les cheveux encore humides :

- C'est bon Severus, tu peux y aller.

- Tu t'es dépêché visiblement…

- Je dois t'avouer que j'avais peur que tu ne prennes la poudre de cheminette avant que je ne termine !

Severus ne put retenir un sourire. Elle était intelligente cette insupportable je-sais-tout. Il s'approcha d'elle et lui remit les cheveux en place, comme souvent, car même mouillés ils restaient aussi indomptables que leur propriétaire :

- Tu m'aurais rattrapé de toute façon.

- Je finis toujours par te retrouver, c'est vrai.

- Comment vas-tu te coiffer ce soir ? questionna-t-il alors avec meilleur humeur.

- Je vais peut-être les attacher en chignon. C'est ce qui sera le plus simple.

Lui maintenant les cheveux comme si elle avait un chignon, Severus l'embrassa dans le cou. Elle sentait terriblement bon et la toucher était salvateur. Il se sentait rassuré, il se sentait calme, presque entièrement apaisé, mais avant que cela n'aille trop loin, il se contenta de se reculer et de toussoter :

- Ce sera parfait, tu seras superbe.

- Merci, répondit Hermione qui était déjà rouge écrevisse. Je… je vais aller m'habiller et me coiffer alors.

Il la laissa y aller et, de son côté, se doucha et se prépara à son tour. Pendant qu'il s'habillait, il entendit toquer à la porte et la voix d'Hermione résonna de l'extérieur :

- Severus, Alice et Christian sont arrivés.

- J'ai bientôt fini, je vous rejoins en bas.

- À tout de suite.

C'était encore une idée d'Hermione. Elle avait demandé si Sirius était d'accord pour accueillir les Rivoyre pour le nouvel an, ce qu'il avait bien entendu accepté. Black était du genre à penser que plus y avait de monde, plus on s'amusait. Tout l'inverse du sombre sorcier qui se regardait devant le miroir face à lui.

Il était en train de terminer de se coiffer. Il avait opté pour une mie-queue de cheval simple, qui dégageait son visage pour une fois. S'observant alors, il chercha à comprendre ce qu'Hermione pouvait bien lui trouver. Il ne se trouvait peut-être pas horrible tel un troll, mais il n'était clairement pas à la hauteur de la beauté resplendissante de la jeune femme.

Se ressaisissant, Severus sortit de la salle de bain et s'apprêta à descendre avant de se stopper dans son élan. Il fit un détour dans sa chambre et trouva rapidement ce qu'il voulait. Une fois en bas, il chercha Hermione et la vit en pleine discussion avec Christian et Potter :

- Ha tiens, quand on parle de Batman ! dit alors le guérisseur avec un sourire amusé.

- Si seulement je pouvais être Bruce Wayne, soupira le sombre sorcier d'un air las.

- Severus ! l'houspilla la lionne qui savait très bien ce qu'il avait voulu dire par là.

- Oh, vous avez sorti la cravate carrément ! s'étonna le survivant.

- Oui, je me suis dit que je pourrais toujours me pendre avec avant que vos sujets de conversation ne finissent par m'achever ! répondit-il à l'élu qui se mit à rire.

La lionne n'en fit pas autant, non, elle se pinça l'arête du nez d'un air exaspéré et Severus haussa un sourcil surpris. Chris le remarqua et transforma un ricanement naissant en un raclement de gorge sonore :

- Tu aurais presque la classe si tu avais su la nouer convenablement, se moqua alors le guérisseur comme si de rien n'était.

Severus allait répliquer quelque chose mais Hermione fut plus rapide à réagir :

- C'est vrai qu'il est tordu. Hum, quitte à te pendre, autant le faire avec classe !

Il était clair qu'elle maniait de mieux en mieux le sarcasme… c'en était effrayant. N'était-il pas en train de d'éteindre sur elle ? Hermione ne se posait pas la question et s'attelait déjà à lui refaire le nœud. Ses yeux se baladaient discrètement sur la longueur de la cravate alors que ses joues rosissaient très légèrement. Probablement repensait-elle à ce qu'ils avaient fait la dernière fois avec ce bout de tissu :

- Tu es ravissante avec ton chignon, murmura-t-il alors en restant stoïque pendant que Chris parlait à Potter.

- Et toi, tu es terriblement sexy comme ça… répondit-elle encore plus doucement, avant d'ajouter vivement et plus audiblement. Voilà, c'est parfait maintenant.

- Tonton, tu es là ! s'écria ensuite une voix derrière lui.

Alice arriva rapidement et sourit avec une joie non feinte :

- Wow, je ne t'avais pas vu avec les cheveux attachés depuis une éternité. Ça te va bien.

- Et toi, je ne t'avais jamais vu maquillée… constata-t-il avec perplexité.

- Je n'ai plus 10 ans tu sais ! fit-elle remarquer en levant les yeux au ciel.

En effet, elle avait bien grandi cette furie naine. Il le constata encore plus, avec une certaine appréhension, quand il la vit rapidement parler avec le jeune Weasley qui avait retrouvé de nouveau sa sœur pour la soirée. Elle n'était pas restée longtemps chez Molly et Arthur, et comme la cadette de cette famille, Alice commençait aussi à voler de ses propres ailes, lentement mais sûrement.

Hermione passa discrètement sa main dans le dos de Severus et ce dernier sortit de ses pensées à ce moment-là :

- Remus et Tonks sont arrivés… quelque chose ne va pas ? s'inquiéta-t-elle en le voyant si distrait.

- Elle est tellement grande maintenant… la première fois que je l'ai vu, elle n'avait que quelques heures d'existence et aujourd'hui…

- Le temps passe Severus, tu n'y peux rien. Et un jour, ce sera son enfant à elle que tu rencontreras alors qu'il n'aura que quelques heures.

- Ne parle pas de malheur ! grimaça-t-il à cette idée, ce qui fit sourire la lionne.

- Ne fait donc pas cette tête Severus. C'est la vie, et c'est quelque chose de magnifique, la plus vieille magie au monde probablement.

- Si tu le dis…

Tournant le regard vers elle, il ne put que la trouver bien plus magnifique que le cycle de la vie qu'elle décrivait alors. Puis il perdit son sourire en un instant… l'un des sujets qu'ils n'avaient pas abordés ensemble était bien celui-ci. Et si elle voulait un enfant ? Lui, n'en voulait clairement pas, il savait qu'il serait un père exécrable et pathétique. Pourtant… elle, elle ferait une mère si parfaite, il en était certain. La jeune femme le regarda et demanda, perplexe :

- Qu'est-ce qu'il y a Severus ? Pourquoi tu me regardes comme ça ?

Ne sachant que répondre, Severus ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Ce furent les Lupins qui le sauvèrent de l'embarras, ces derniers arrivant vers eux pour les saluer. Ils semblaient de bonne humeur, leur fils étant sous bonne garde chez sa grand-mère. Bien entendu il le savait, il allait falloir qu'un jour il en parle avec Hermione, mais pas avec autant de monde autour et puis, ils avaient le temps.

Après quelques minutes à parler avec son collègue et sa femme, la sonnette d'entrée retentit et Severus se tendit en sachant ce que cela signifiait. Il y avait pire que de parler enfant, ILS étaient là…

Cléo, avant d'aller ouvrir, s'approcha de Severus et le prit dans ses bras. Elle le serra fort contre elle avant de lui dire avec émotion :

- Merci d'être là et d'avoir accepté qu'ils viennent. Je leur ai dit que tu ne leurs parlerais pas et bien qu'ils soient déçus, ils ont compris. Alors, ne t'en fais pas !

Ne sachant quoi répondre, et ne pouvant de toute façon plus ouvrir la bouche vu sa crispation, il laissa Cléo aller à la porte. Il se sentait nauséeux et sur le point de faire une crise d'angoisse massive quand il sentit la main d'Hermione sur son bras :

- Et si on allait s'asseoir ? Tu veux boire quelque chose ?... Un soda ? De l'eau peut être ?

Acquiesçant à la dernière proposition, la lionne l'accompagna jusqu'au canapé avant de partir chercher un verre. Il entendit de loin la voix de son pire cauchemar saluer les autres invités qui étaient sur son chemin.

Seuls Christian et le jeune Weasley étaient encore dans le salon, regardant attentivement les croquis d'Alice qu'elle leur avait laissé avant de s'éclipser avec Ginevra pour se rendre aux toilettes, apparemment. Étonnement, ce fut le rouquin qui brisa le silence, redressant la tête pour s'adresser à son ancien professeur :

- Vous savez Severus, je vous détestais sincèrement au départ.

Le susnommé releva la tête à son tour, en direction du jeune homme. S'il avait encore eu l'usage de sa langue, il lui aurait sûrement exprimé à quel point il partageait ce sentiment. Néanmoins, Ron reprit directement dans la foulée :

- Mais en fait, c'était Hermione qui avait raison depuis le début. Et aujourd'hui, je me rends compte à quel point j'ai été stupide de ne pas vous faire confiance, alors que tous les signes étaient juste sous notre nez. Vous êtes un chic type, pas toujours agréable certes, mais franchement, je vous admire. J'ai rarement vu… non en fait, je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi fort que vous. Vous faites des efforts de malade que jamais j'aurais le cran de faire moi-même. Déjà, rien que pour des essais pour devenir gardien de l'équipe des Gryffondor, il a fallu me faire croire que j'avais pris du Félix felicis !

- Venez-en aux faits Weasley, grogna entre ses dents un semblant de Severus qui ne put rien rétorquer de mieux.

- Tout ça pour dire, continua le roux sans se démonter, je suis content de pouvoir vous considérer comme un ami. Et encore plus content que vous ayez laissé Hermione devenir la vôtre. C'est vraiment super cool.

- Qu'est-ce qui est super cool ? interrogea Hermione qui arriva avec le verre d'eau.

- Le fait que Ron soit devenu un ami, répondit alors Severus avec une voix à nouveau audible.

- Wow, tu l'appelles par son prénom et en plus c'est ton ami ? s'étonna Hermione avec un sourire narquois tout en regardant Ron et son air tout aussi surpris.

- Je crois bien que la fin du monde est prévue pour 1999… soupira Christian qui était resté spectateur de la scène.

Severus aurait presque pu esquisser un sourire, surtout en voyant Weasley interloqué et Hermione rire de bon cœur, mais il se contenta de lancer un regard noir à son meilleur ami.

Hermione s'assit à côté de Severus et lui tendit le verre d'eau, qu'il prit en la remerciant du bout des lèvres. Il but doucement et Alice revint à son tour, s'installant à côté de Weasley tout en posant une question à son père sur l'achat de matériel à dessin. Tout semblait aller pour le mieux.

Tout se déroulait bien, oui, en tout ça jusqu'à l'arrivée de tous les invités qui commencèrent à prendre place dans la pièce de vie.

Rapidement, Eileen et Tobias entrèrent à leur tour, accompagnés par Cléo. Severus fit mine de ne pas les avoir vus, mais il les remarqua assez pour voir dans le regard de sa génitrice une tristesse profonde. Avait-elle seulement le droit d'être triste alors qu'elle n'avait rien fait pour lutter contre le désespoir de son fils à l'époque ? Pouvait-elle seulement imaginer les peines et les douleurs qu'il avait ressenties à chaque fois qu'elle gardait le silence pendant que Tobias vidait des bouteilles de gin premier prix avant de hurler sur le 'monstre de la maison'.

Son cœur se serra et la lumière de la pièce, fournit par les candélabres magiques, vacillèrent en intensité. Tout redevient normal quand Hermione posa une nouvelle fois sa main sur celle de Severus, faisant mine de l'interpeller pour lui poser une question. Tout le monde fit comme si rien d'anormal n'avait eu lieu, les conversations continuant bon train :

- Tu sais que j'ai bien avancé sur le dossier pour la création de la nouvelle aile du département ?

- N'es-tu pas en vacances ? Et quand à tu avancé au juste ? demanda Severus qui ne se souvenait pas d'avoir vu la lionne travailler.

- Encore cette nuit j'ai potassé dessus. Si tout va bien, je devrai terminer dans un mois et peut être que le service pourra être ouvert d'ici deux ou trois mois.

- Ça n'était pas censé te prendre encore deux mois, au bas mot ?

- Si, mais je me suis dit que plus vite j'aurai terminé, plus vite nous pourrons fêter l'ouverture de mon… enfin, du service.

- Ce sera entièrement le tien, tu travailles dessus depuis des années et tu mérites d'être reconnu comme l'investigatrice de cet aile ministérielle.

Severus était de nouveau détendu, Hermione avait réussi à faire diversion de façon assez concluante. Le Prince n'avait plus d'yeux que pour sa princesse sang et or, oubliant presque tout le reste. Au fond, il restait conscient de la présence des autres, bien entendu, mais il se sentait bien et finalement, il se sentait aussi en sécurité.

Il se trouvait néanmoins presque ridicule de penser à ça, son éducation lui soufflant que c'était normalement à lui de protéger sa compagne et non l'inverse. Pourtant, elle avait prouvé plus d'une fois qu'elle était loin de la jouvencelle en détresse, quand bien même il lui était déjà arrivé d'avoir besoin de lui… au même titre qu'elle l'avait déjà tiré d'affaires à quelques reprises aussi.

Oui, c'était une battante et une sorcière brillante et prometteuse. Il n'y avait donc pas de honte à être épaulé par une telle lionne, non ?

Le repas débuta peu de temps après. Prenant soin d'être au plus loin de Tobias, Severus s'était installé à l'autre bout de la table, aux côtés d'Hermione et de Christian, face à Potter et les deux jeunes Weasley.

Tout commença pour le mieux, Kreattur ayant été rejoint exceptionnellement par Dobby pour le service. Ce dernier était un elfe libre, embauché par Dumbledore à Poudlard et qui, pendant ses jours de repos, appréciait passer du temps auprès de Potter qui avait permis sa libération bien des années auparavant. Même Hermione ne trouvait rien à redire, Dobby ayant décrété qu'il s'amusait beaucoup dans ces moments-là. Et puis, il recevait de la part de Black des vêtements neufs, sans oublier le droit de manger avec eux s'il le souhaitait. L'elfe avait refusé de partager la table, mais il mangeait avec Kreattur les mêmes plats qu'ils avaient mis tant de savoir-faire à préparer.

Pendant le plat principal, Severus discutait avec le survivant et Christian sur diverses blessures atypiques que des Aurors avaient dues faire soigner à Sainte Mangouste au cours de l'année écoulée. Puis, des rires se firent entendre de l'autre côté de la table, en particulier un qui fit frissonner Severus. Aussitôt, la table se mit à trembler et cela cessa à partir du moment où Hermione posa sa main discrètement sur la jambe du sorcier perturbé.

Une fois de plus, tout le monde fit comme si de rien n'était et Sirius reprit la parole :

- Alors du coup c'est comme ça que vous vous êtes rencontrés, dans une bibliothèque ?

- Oui c'est bien ça, répondit Eileen en souriant. Tobias était employé à temps partiel là-bas et il m'a aidé à trouver un roman moldu que je rêvais de lire à l'époque.

- 'Le portrait de Dorian Gray', termina Tobias en regardant sa femme, l'air amusé. C'était l'un de mes livres favoris pour son côté fantastique, mais j'étais bien loin de me douter qu'Eileen voulait le lire pour connaître la vision d'un tableau enchanté par des non sorciers.

- La vision que vous avez de nous est clairement faussée, mais la nôtre l'est tout autant, s'amusa Mme Rogue.

- N'est-ce pas déroutant d'ailleurs ? interrogea Black avec l'air intrigué.

- Au début si, bien entendu. Je dirais même que c'est effrayant…

À ces mots, la serviette de Tobias tomba. Il la ramassa alors avant de reprendre :

- … Comme je le disais donc, effrayant… mais avec les années, il s'avère que c'est plutôt fascinant. La seule chose qui me perturbe encore, ce sont vos animaux magiques. C'est bizarre de savoir que certains d'entre eux sont parfois tout proches et que je ne peux pas les apercevoir. Comme les fantômes par exemple, c'est fou de se dire qu'ils existent mais que je ne peux pas les voir en tant que moldu !

- Vous avez probablement dû voir quelques-unes de nos créatures quand-même ? demanda Remus, sur le ton de la conversation.

- J'ai déjà vu des elfes de maison, des… j'ai perdu le nom, mais c'est petit et plein de poils, c'est vraiment mignon… mais le plus amusant que j'ai croisé, c'était un dirico ! J'avais l'impression de voir un dodo, alors qu'il s'agit d'une espèce non magique éteinte.

- Vous aviez des diricos non magiques dans votre monde ? s'étonna Ginny qui, comme le reste de la tablé, s'était tue pour écouter la discussion en cours, au grand dam de Severus qui se concentrait sur son assiette.

- Oui en effet, nous en avions, mais c'était il y a fort longtemps maintenant, expliqua Tobias en souriant. Mais il faut savoir que dans le monde des non sorciers, nous avons aussi notre lot de créatures surprenantes. Par exemple, il existe un mammifère très étrange, qui ressemble à un castor, mais avec un bec de canard et qui pond des œufs ! Ça s'appelle un ornithorynque et Severus en était dingue quand il était…

Il ne put finir sa phrase, le verre devant lui explosant avec fracas. Tobias, qui avait sursauté encore plus que les autres invités, toussota légèrement. Il n'était pas blessé et seul de l'eau l'avait réellement éclaboussé. D'un coup de baguette, Eileen répara les dégâts et Hermione regarda Severus. Ce dernier serrait les dents au point de s'en faire mal à la mâchoire et regardait son assiette comme s'il s'agissait d'une œuvre d'art. Une fois de plus, il sentit la main d'Hermione sous la table, mais il eut plus de mal à se détendre cette fois-ci.

Bien que tout le monde regardait maintenant Severus, Tobias tenta de reprendre comme si de rien n'était :

- Enfin, en tout cas… nous avons-nous aussi des animaux bien curieux. Vous avez des parents moldus vous aussi il me semble, demanda-t-il alors en regardant Hermione.

- Heu oui… ils sont dentistes.

- Un métier pas évident, commenta doucement Eileen qui voulut elle aussi détourner l'attention de l'incident.

- C'est vrai que je ne ferais jamais leur travail, pour rien au monde. Avant de savoir que j'étais une sorcière, je voulais plutôt devenir vétérinaire.

- Vous devez beaucoup aimer les animaux, dit Eileen en souriant.

- Oui énormément, répondit-elle poliment.

- Et il me semble que vous travaillez d'ailleurs avec des animaux magiques, dit Tobias avec intérêt. Que faites-vous exactement Hermione ? Les soignez-vous ?

Severus, toujours tendu, ne sut pas pourquoi mais les murs se mirent à trembler autour de la tablé. Peut-être était-ce simplement d'avoir entendu le prénom de sa lionne prononcé par son géniteur, il n'en fut pas certain, mais une chose était claire, sa magie réagissait de nouveau.

Hermione se tourna face à son compagnon et ce fut sa main sur son épaule, ainsi que celle de Christian de l'autre côté, qui réussirent de justesse à calmer le stress du sorcier et donc à empêcher un séisme bien plus virulent.

Contrairement à la suite des autres incidents, Tobias se leva cette fois avec hâte et soupira, plus las qu'énervé :

- Bon, ça suffit maintenant Severus…

Eileen tenta de faire se rasseoir son mari, mais ce dernier resta droit comme un piquet à regarder l'espion qui, figé, ne put même pas bouger le petit doigt. Monsieur Rogue continua :

- Écoute, que tu décides de garder le silence devant nous, c'est une chose que nous sommes prêts à accepter, Eileen et moi, car l'important à nos yeux c'est de savoir que tu es en vie. Nous avons bien suffisamment pleuré la mort de notre fils pour accepter n'importe quelles conditions de ta part, du moment que l'on te sait parmi nous…

Tout en restant assit, la mâchoire crispée, Severus menaça alors que les murs se remirent à trembler légèrement :

- Ne m'adresse pas parole !

- Si, je vais t'adresser la parole, quand bien même ce serait la dernière chose que je ferais, répondit calmement Tobias, la mine triste et résignée. Que tu nous en veuilles… non, que tu m'en veuilles, je ne le comprends hélas que trop bien. Que tu souhaites, visiblement, que je ne parle pas de toi, ça aussi je le conçois car j'en ai probablement perdu le droit il y a de ça des années. Que tu ais envie de faire exploser mon verre ou même de faire exploser autre chose à ma figure, c'est une chose que je peux, là encore, tolérer, car je sais que je le mérite. Si tu veux que nous partions, nous le ferons, mais ne feins pas l'indifférence alors que tu es sur le point de tout faire s'écrouler autour de nous tous !

Severus sentit en lui une sorte de volcan prêt à entrer en éruption. Il releva lentement la tête et observa enfin l'homme qu'il avait fui durant de si longues années. Cet être abject, qui lui ressemblait bien trop et lui renvoyait une image terrible… si horrible que même Hermione et Christian n'existèrent plus à ses côtés, tout comme la pièce entière d'ailleurs. L'espace d'un instant, ce fut comme si Severus était aspiré dans un trou noir, où seul son géniteur et lui se trouvaient. Puis Tobias, l'air encore plus dévasté, soupira avant de baisser la tête :

- Nous n'aurions pas dû venir, nous aurions dû nous douter que tu avais accepté que nous venions que pour faire plaisir à ta sœur…

Des voix lointaines se firent entendre, mais l'espion ne les comprenait pas. Il était toujours obnubilé par le monstre face à lui. Ce vaurien qui avait gâché la vie de son fils, sans aucun remord, et qui…

- Je suis désolé Severus…

Ces quatre mots résonnèrent un court instant, comme flottant autour de lui. Tobias semblait encore parler mais le sorcier n'entendait rien, du moins jusqu'à ce qu'il ressente une pression sur son bras, comme un appel vibrant. À ce moment-là, la suite du discours parvint enfin à ses oreilles :

- … été un père abominable avec toi et je le sais. Je n'ai jamais été un père d'ailleurs, n'est-ce pas ?... Je n'ai toujours été qu'un type minable, qui a blessé celui qui aurait dû pouvoir compter sur moi plus que sur quiconque. Si je le pouvais, je retournerais en arrière et je changerais tout ça, je t'assure. Mais hélas, je ne suis qu'un simple moldu, un incapable en plus d'un faible, qui t'a poussé à faire le mort pour le fuir… je te présente mes excuses Severus, même si je sais qu'elles ne suffiront jamais à me faire pardonner.

D'un coup, Severus eut la sensation douloureuse que la gravité avait repris ses droits sur son corps. Cela ne fut pas agréable du tout, à l'exception peut-être de la chaleur qui se rependait sur son avant-bras droit. Il était debout, comme tous les invités autour de la table d'ailleurs. Tous avaient leur baguette en main et semblaient inquiets, à l'exception de Tobias qui avait toujours la tête baissée et d'Hermione qui tenait délicatement Severus à l'aide de ses deux mains.

Les murs avaient cessé de trembler… Monsieur Rogue releva la tête et sembla, lui aussi, découvrir la scène. Il regarda alors Severus dans les yeux et, après un silence complémentaire, le sombre sorcier se rassit et dit avec un calme à l'opposé complet de tout ce qui avait lieu jusque-là :

- Je n'accepte aucune excuse, de la part de quiconque. Mais je ne te demande pas de partir. Et rangez tous vos baguettes, je ne compte pas tout faire exploser une fois de plus. J'ai bien assez fait la bombe humaine cette année.

Tout s'était déroulé très vite et personne ne semblaient savoir ce qu'il devait faire. 1998 était en train de se terminer en apothéose, mais la crise était passée, tout semblait de nouveau calme. Severus tourna néanmoins la tête vers Hermione, qui semblait sur ses gardes :

- J'ai cassé l'ambiance par une vague magique c'est ça ? demanda-t-il avec sarcasme, preuve s'il en fallait qu'il était de nouveau maître de lui-même. Je suis désolé… ajouta-t-il tout de même, en marmonnant, en guise de mea-culpa.

Il n'excusait jamais personne, c'était un fait. Mais il savait, en revanche, que sa lionne le pouvait. Pour ce qui était des autres invités, il ne savait pas trop… mais ils se regardèrent tous mutuellement, perplexe, avant de se rasseoir. Tous, sauf Cléo et ses parents, qui semblaient perdus sur la marche à suivre. Regardant alors sa sœur, il tenta de la rassurer par le regard avant de toussoter et de reprendre le sujet précédent d'un air serein :

- Hermione est sur le point de faire ouvrir une nouvelle aile au département des créatures magiques. Elle se bat pour que les elfes de maisons travaillent tous dans de bonnes conditions. Et, je n'ai jamais été 'dingue' des ornithorynques… je les trouve intéressants c'est tout…

Visiblement, Cléo comprit le message aussi bien qu'Eileen et Tobias, car tous trois se réinstallèrent. Oui, il avait perdu le contrôle et avait presque gâché l'entièreté de la soirée, mais il essaya de se rattraper du mieux qu'il put, sans vraiment comprendre ce qui lui avait permis de se calmer. Peut-être était-ce sa lionne, ou même le discours si surprenant du monstre que Severus avait longtemps pensé sans foi, ni loi, ni remords.

Hermione le regarda alors et lui sourit, apparemment fière et rassurée aussi des efforts de celui qui avait été sur le point de tout détruire autour de lui.

Le reste du repas se passa plus conventionnellement, bien qu'il eut fallu de la bonne volonté de la part de tous pour que l'incident soit 'oublié'. Néanmoins, Severus parvint à se contrôler et il fit même l'effort d'échanger deux ou trois phrases de plus avec ses géniteurs. Et ça, il le savait, il le devait à la main d'Hermione qui, pour le reste du repas, ne le lâcha plus.