Chapitre 8 : Mon chéri

Se tournant et se retournant encore dans son lit, Hermione dut se rendre à l'évidence… elle n'arriverait pas à trouver le sommeil. Tout du moins, pas aussi facilement que ces derniers jours.

Il était parti. Le maître des potions était retourné à Poudlard, l'école reprenant déjà le lendemain. Elle savait qu'elle n'avait pas à être triste de la situation, que c'était dans l'ordre des choses et qu'elle le reverrait, mais le vide qu'il avait laissé à ses côtés lui donnait froid.

Attrapant le second oreiller de son lit dans ses bras, elle le serra fortement contre elle tout en se positionnant de côté. Hermione, les yeux toujours clos, se concentra alors sur le positif de sa situation pour tenter de contrecarrer la vilaine insomnie qui la guettait. Car oui, du positif, il y en avait tout de même.

À la suite du quasi-séisme que son compagnon avait engendré à cause de son ressentiment envers Tobias, l'ambiance avait finalement retrouvé sa joie de vivre générale. Severus avait dû faire des efforts surhumains, mais il les avait faits quand-même et c'était tout en son honneur.

Peut-être était-ce simplement le fait que son géniteur se soit excusé devant tout le monde, mais Severus avait même daigné répondre à certaines questions, du moment qu'elles ne fussent pas trop personnelles. Bien entendu, il n'avait pas l'intention de pardonner aux époux Rogue, mais Hermione était fière de son insociable et acariâtre conjoint.

Enfin, pour dire vrai, ce n'était pas réellement ça qu'elle retenait le plus comme événement marquant de la soirée. Non, ce qui lui arracha un sourire en pleine nuit, malgré le départ de Severus, ce fut ce qui c'était passé par la suite.

Après le repas, tout le monde était repassé au salon pour attendre minuit en musique et en jeux divers en fonction des envies de chacun. Hermione avait même réussi à convaincre Severus de jouer aux cartes avec elle, Christian et Harry. Ginny avait été surprise en voyant des cartes non explosives et elle eut du mal à comprendre les règles du poker, seul jeu auquel le terrible sorcier avait accepté de participer. Cela avait eu le mérite d'être intéressant et drôle, d'autant plus que ce dernier s'était montré très impliqué dans les parties, au point de remporter la quasi-totalité des dragées surprises mises en jeu. Visiblement peu enclin à les manger, il les avait redistribuées par la suite, à la plus grande joie de Ron et Alice qui jouaient aux échecs juste à côté.

Bon, pour être totalement franche avec elle-même, ce fut un peu après ça que l'événement qui mettait Hermione en joie s'était produit :

Minuit n'était plus qu'à quelques secondes et 1999 arrivait à grands pas et en grandes pompes. Tout le monde, à l'exception de Severus bien entendu, comptèrent à rebours. Arrivé à 3, les lumières du lieu s'étaient remises à vaciller, pour finalement s'éteindre complètement au moment même de la profusion de joie. Les invités avaient alors ri et protesté en même temps contre Severus, que tout le monde savait responsable, celui-ci n'étant pas coutumier aux événements si joyeux. Même Hermione l'eut cru et quand elle posa sa main sur la jambe de son homme, malgré l'obscurité, elle le sentit se pencher vers elle et l'embrasser tendrement.

Elle se souvint alors s'être dit qu'elle voulait que la lumière reste éteinte le plus longtemps possible, sachant qu'il se reculerait vivement au moment où l'obscurité laisserait place à la clarté. Pourtant, quand les chandelles se rallumèrent enfin, il ne le fit pas et se contenta de terminer son baiser par un 'bonne année Granger', sous le regard et le silence des autres invités.

Souriant encore plus tout en se touchant les lèvres du bout des doigts, Hermione se rappela avoir rougi avant de le lui souhaiter aussi, comme si de rien n'était. Puis, des exclamations de joies s'étaient de nouveau faites entendre, tintées de 'enfin' ou de 'il était temps', avant que tous ne se souhaitent la santé et la joie pour l'année qui débutait si bien.

Severus n'avait même pas pris la peine de répondre aux commentaires qu'il trouvait probablement désobligeants, mais au moins, son message était clair. Il ne voulait plus se cacher aux yeux des gens qui comptaient pour elle et aussi pour lui.

Les trois derniers jours passés avec lui furent ainsi terriblement agréables. Hermione et son compagnon n'avaient alors plus eu à se lever avant tout le monde, ils avaient pu se coucher ensemble même si les autres étaient éveillés et, surtout, ils n'avaient plus eu à s'éloigner quand quelqu'un approchait.

Encore maintenant, seule dans son lit, la lionne aurait pu sautiller de joie si elle n'avait pas été allongée à la recherche de Morphée. Néanmoins, repenser à ces dernières 72h lui fit un bien fou et elle fut presque certaine que le marchand de sable allait passer rapidement après cela… et ce fut le cas.

Le lendemain, la jeune femme se réveilla en pleine forme, malgré la tristesse qui l'avait de nouveau envahie en sentant le lit vide à ses côtés et en constatant qu'elle était dans sa chambre à elle. Soupirant, elle se leva et avant même de vouloir se doucher et s'habiller, elle décida de travailler un peu.

Il était tôt, elle n'avait toujours pas à retourner au bureau, mais elle savait que plus elle travaillerait, plus elle oublierait cette sensation de vide. De plus, elle savait aussi qu'au plus tôt elle finirait ses dossiers et autres tâches administratives pompeuses et rébarbatives, plus vite son aile ouvrirait et plus vite elle pourrait potentiellement avancer sur ses investigations. Car oui, elle n'oubliait pas, malgré tout ce qu'elle avait à faire et ce qu'elle vivait, que Lestrange et son complice étaient toujours dans la nature, probablement en train de comploter et de fomenter un nouveau plan d'attaque.

Quelques minutes plus tard, ce fut la voix d'Harry qui la fit sursauter :

- 'Mione, je peux entrer ?

- Oui bien sûr, répondit-elle en souriant face à la peur qu'elle avait eue.

- Eh bien alors, tu n'as pas vu l'heu… ah mais tu es encore en pyjama ?

- Oui, dit-elle en baissant la tête sur sa tenue de nuit, mais je me suis dit que j'avais le temps avant de devoir m'habiller.

- Oui, tu as le temps, mais c'est quand-même midi ! s'amusa le survivant.

- Pardon ? s'exclama finalement Hermione qui regarda sa petite horloge de bureau.

Il était 12h06… les quelques minutes que la lionne avait cru avoir passées sur ses dossiers étaient en réalité des heures entières. Se levant vivement, elle regarda son frère de cœur :

- Par Merlin, je vais m'habiller et j'arrive.

- Ne te presse pas non plus, dit Harry en souriant amusé. Avec Ron on reprend qu'à 14h, nous ne sommes pas à la minute.

- Oui enfin, vu ma notion des minutes aujourd'hui, je pense que je vais devoir me dépêcher un peu.

Face à cette réflexion, Harry se mit à rire avant de la laisser se préparer. La lionne se pressa jusqu'à la salle de bain et se hâta de s'habiller et de se coiffer. Une fois apprêtée, elle descendit pour rejoindre ses amis pour le repas. Ils l'avaient attendue et Hermione les remercia tout en s'excusant, bien que personne ne lui en voulait.

Au cours du dîner, entre plusieurs conversations sur des sujets tels que le travail ou les projets de chacun pour la nouvelle année, Cléo demanda à Hermione si elle était disponible dans l'après-midi pour une sortie dans le Londres moldu avec ses parents.

Assez ravie à l'idée de prendre l'air sans pour autant craindre d'être reconnue, Hermione profita de l'après-midi pour faire plusieurs activités avec les Rogue. Après une grande balade dans les rues marchandes et une visite au musée Tussaud, ils se dirigèrent tous vers un salon de thé pour se réchauffer autour d'une boisson chaude et de petits gâteaux :

- Alors comme ça, c'est une grande roue qu'ils sont en train de construire vers la tamise ? questionna Eileen au détour d'une discussion.

- Oui, ils espèrent la finir pour la fin d'année, expliqua Hermione. Le but est de la mettre en route pour le nouveau millénaire.

- Ils sont prévoyants, s'amusa Tobias.

- Il faut bien tout ça vu l'étendue du chantier. En tout cas, je suis pressée de la voir en route, avoua la lionne.

- En espérant que le bug de l'an 2000 ne gâchera pas tout ! fit Cléo en riant.

- Ne parle pas de malheur, souffla Eileen en levant les yeux au ciel. Si on devait compter le nombre de fois où des catastrophes étaient prévues pour rien, il y aurait de quoi écrire une encyclopédie.

- C'est bien vrai ma chérie, acquiesça Tobias en souriant. Néanmoins, il faut avouer qu'il y a quelque chose de presque effrayant à l'idée de vivre un changement de siècle ! Enfin, pour quelqu'un qui a une espérance de vie moyenne de moins de 80ans ! ajouta-t-il avec humour.

Cela ne sembla guère amuser sa femme qui, bien que plus âgée que son époux, devait savoir que la probabilité qu'elle finisse veuve trop vite n'était que trop vraie. Les sorcières et sorciers avaient, en effet, une espérance de vie deux fois plus longue que celle des moldus. Cléo n'aimant pas spécialement voir sa mère aussi triste finit par dire :

- En attendant, nous ne sommes encore que le 4 janvier 99 !

- Oui, c'est vrai, confirma Eileen en souriant légèrement. D'ailleurs, c'est bientôt l'anniversaire de Severus.

- Vraiment ? demanda la lionne, légèrement trop vivement à son goût.

- Oui, répondit Cléo en retenant un rire. Tu n'as pas réussi à lui soutirer sa date de naissance ?

- À vrai dire, je n'ai même pas pensé à le faire… et ce n'est pas une information que j'ai pu trouver dans les archives de l'école.

- Il est du 9 janvier, dit finalement Tobias avec un sourire triste. Mais il n'a jamais vraiment aimé les fêtes, les anniversaires en particulier. Je suppose que c'est à cause de…

- De son caractère, termina Cléo qui ne voulait pas entendre la fin de la phrase de son père, quand bien même tout le monde sut ce qu'il allait dire. Mais cette année, qu'il le veuille ou non, il recevra un présent ! Je compte bien lui en envoyer un. Toi aussi du coup, je suppose.

En disant cela, la française s'était tournée vers Hermione en souriant :

- Oui, je ne sais pas encore ce que je peux lui acheter, mais je compte bien lui envoyer un cadeau.

- Dites-moi Hermione, commença Tobias avec une légère hésitation, vous connaissez bien Severus, et je suis d'ailleurs content que mon fils ait trouvé quelqu'un d'aussi gentille que vous. Du coup, je me demandais… pensez-vous que nous pourrions nous aussi lui envoyer un cadeau sans qu'il ne le prenne mal ?

Hermione rosie légèrement face au compliment de celui qui, techniquement parlant, s'apparentait à son beau-père. Oh, bien entendu, Severus ne serait absolument pas d'accord avec ça et la lionne n'allait clairement pas discuter de ça avec ce dernier, néanmoins, c'était assez agréable à ses oreilles. Bien sûr, elle savait que Tobias avait des défauts qui faisaient de lui un être controversé, mais de ce qu'elle avait pu constater, Cléo avait eu raison : il avait su changer, et en bien en plus. Se reprenant rapidement, Hermione répondit :

- Je suppose que Severus risque de s'agacer en voyant des cadeaux, quel qu'en soit l'expéditeur. En revanche, je suis certaine qu'il les acceptera, ajouta-t-elle en voyant l'air déçu d'Eileen. Il va probablement pester même en voyant le mien, mais je sais qu'il essaie de changer et je suis persuadée qu'il réagira bien. Après tout, il a même accepté un présent pour Noël de la part de Sirius ! Il est, au fond, plutôt touché des attentions qu'on peut lui témoigner, même s'il ne l'avouera jamais.

- Et que voudriez-vous lui offrir ? questionna Cléo, curieuse.

- Ton arrière-grand-père m'avait offert, pour mon 17ème anniversaire, sa chevalière. Il avait prévu de l'offrir à son fils, ton grand-père donc, mais il l'a finalement conservé suite à une divergence d'opinion entre eux. Il me l'a alors offerte, à moi, en m'expliquant qu'il était certain que je lui ferais honneur… s'il savait la honte que j'ai apporté à la famille plusieurs années après.

Tobias posa une main tendre sur le bras de sa femme qui eut un sourire franc malgré son discours. Elle ne regrettait visiblement rien et Hermione trouvait le couple face à elle terriblement touchant. Après avoir déposé un baiser sur la joue de son mari, elle reprit avec assurance :

- Ton frère avait toujours trouvé cette chevalière fascinante et je m'étais promise de la lui offrir à ses 17ans… ce que je n'ai hélas jamais pu faire. Je suis certaine que si Severus avait connu son ancêtre, ils se seraient entendus à merveille. Alexander Prince était le membre de ma famille qui méritait probablement le plus d'être connu, ajouta la mère de famille avec un sourire nostalgique.

Hermione resta silencieuse, trouvant cette histoire aussi bien que l'idée de cadeau très touchante. Néanmoins, elle ne put que regarder Cléo qui savait aussi bien qu'elle que Severus avait eu affaire à la famille d'Eileen. En revanche, elle ne savait probablement pas que son frère avait hérité de la fortune des Prince et Eileen encore moins. Finalement, après que Cléo ait dit trouver cette idée géniale, elle expliqua penser offrir à son frère un des derniers kits de préparation de potion pour les professionnels du domaine. Hermione, quant à elle, allait réfléchir encore.

Quand le moment fut venu de rentrer, après un dîner sur l'extérieur, Tobias serra la main d'Hermione et Eileen la prit dans ses bras devant la zone de transplanage. Elle la remercia de prendre soin de ses enfants et d'être si gentille, tout en souriant d'un air plus que sincère en se reculant. Décidément, les Rogue n'avaient plus rien à voir avec les démons de l'enfance de Severus, c'était indéniable.

Avant de retourner dans sa chambre, Hermione décida de prendre une douche. Cléo, elle, avait rejoint Sirius et les garçons s'étaient visiblement déjà couchés. La jeune femme comptait ensuite se mettre en pyjama avant d'écrire à Severus qui n'avait pas donné de nouvelles de la journée. Venant de lui, c'était totalement normal, mais il avait habitué la jeune femme à recevoir des lettres chaque jour.

Emmitouflée dans son peignoir, elle se dirigea encore humide jusqu'à sa chambre, sachant qu'elle ne croiserait personne après tout. Une fois devant son armoire, elle sursauta en entendant la voix de Severus en provenance de sa table de nuit. Se précipitant dessus, elle ouvrit le tiroir et en retira le miroir dont le sombre sorcier avait le jumeau. Au lieu de voir son reflet, elle eut le grand plaisir d'observer le visage fatigué de son compagnon :

- Où étais-tu ? J'essaie de te joindre depuis plus d'une heure ! reprocha-t-il en guise de bonjour.

- Bonsoir à toi aussi Severus, s'amusa Hermione en s'asseyant sur son lit. J'ai été tout l'après-midi et la soirée avec ta sœur et là, je sors du bain.

- Tu es sortie de la salle de bain en simple peignoir ou je rêve ? demanda-t-il en déviant son regard sur ce qu'il voyait du haut éponge de la jeune femme.

- Tout le monde est déjà couché ou occupé à faire autre chose, se défendit-elle en haussant les épaules. Et puis, je n'avais qu'un couloir à traverser, personne n'allait me voir.

- Encore heureux que personne ne t'ait vu… souffla la terreur des cachots, exaspéré. Tu pourrais au moins être habillée en sortant.

- Tu m'as vraiment contactée uniquement pour m'houspiller ? finit par se plaindre la lionne.

- Je n'ai pas passé une très bonne journée, j'aurais simplement préféré que tu me répondes avant et j'aurais aimé te savoir habillée dans les couloirs d'une maison où vivent trois hommes.

- Rhô c'est bon, je ne le ferais plus. Et la prochaine fois, je serais là pour te répondre si tu essaies de me joindre dans la soirée. Sauf si je suis au travail, mais je ferais en sorte de te prévenir. Ça te convient monsieur le ronchon ? proposa-t-elle avec humour avant d'ajouter, sans attendre la réponse. Que s'est-il passé aujourd'hui pour que tu ne sois pas content ?

Severus leva les yeux au ciel et se contenta de répondre à la seconde question d'un ton las :

- Tu te souviens de l'étudiant de Serpentard que tu avais aidé quand tu étais là pour les elfes ?

- Oui, très bien même… pourquoi, il lui est arrivé quelque chose ?

- Il s'est de nouveau fait embêter par les Gryffondor que tu avais repris, mais il refuse de le confirmer et nous n'avons donc pas la possibilité de les punir.

- S'il ne veut pas en parler, hélas, tu ne pourras pas l'y obliger… toi non plus tu n'avais jamais rien dit.

- Justement Hermione, regarde où ça m'a mené !

- Tu t'en es bien sorti en fin de compte, alors ça devrait aller pour lui. Cependant, si tu sens que cela s'aggrave, tu n'auras qu'à demander à Alice de le surveiller de près ! Elle sera te tenir au courant et agir comme il se doit.

- Hum…

Severus ne répondit rien de plus, semblant réfléchir. Hermione savait que cette situation lui rappelait de mauvais souvenirs, mais elle était aussi persuadée que le directeur des vert et argent allait bien mieux gérer ceci que son prédécesseur de l'époque.

Elle aurait tellement voulu le serrer contre elle, lui qui semblait si perturbé. Après un court instant, la jeune femme finit néanmoins par sourire légèrement et sut quel sujet aborder pour lui faire penser à autre chose. Elle se doutait qu'il s'agacerait tout autant, mais au moins il serait moins inquiet :

- En fait Severus, qu'est ce qui te ferait envie comme cadeau ?

- Pourquoi devrais-je avoir un cadeau au juste ? questionna-t-il en haussant un sourcil circonspect.

- Pour ton anniversaire mon chéri ! dit-elle alors avec un sourire entendu et fière d'elle.

- Mon quoi ? commença-t-il de mauvaise humeur avant de finalement se rendre compte d'un détail qui le rendit perplexe. Eh… attend… comment tu m'as…

- Voyons mon chéri, tu as des problèmes d'audition ? demanda-t-elle avec un sourire narquois.

- Pffff… Tu n'as rien trouvé de plus ridicule ? se plaignait-il en détournant le regard, plus gêné qu'énervé.

- Quoi ? Je trouve ça mignon moi ! Bien plus que 'batman' en tout cas. Enfin, ça ne me dit toujours pas ce que tu aimerais comme cadeau.

- Tu es insupportable quand tu t'y mets… et Cléo aussi, car je suppose que c'est elle qui t'a parlé de cette satanée date. Sache que je ne veux pas de cadeau, je ne veux pas non plus de carte ou de lettre et encore moins qu'on me le souhaite tout court.

- Moi je veux te le souhaiter et je le ferai, que tu le veuilles ou non ! répliqua la jeune femme avec malice. Alors, au lieu de grogner, dit moi plutôt ce qui te ferait envie.

- Rien je te l'ai dit, insista le sombre sorcier qui regarda sa compagne avec un œil noir.

- Si tu continues, je vais finir par me vexer.

- Alors vexe toi ! Je m'en moque.

- Tu es sûr de toi ?

- Oui, je le suis, grogna-t-il.

- Bien, alors je vais me coucher ! Et, je t'enverrai une cravate, dit-elle en lui tirant la langue.

- Si tu fais ça, je… Hermione non !... Hermione ne pose pas ce fichu miroir ! Bon, c'est bon, tu as gagné, tu n'as qu'à m'offrir un cadeau.

Victorieuse, la lionne regarda son compagnon qui était mauvais perdant. Il posa son miroir bien droit, visiblement sur son bureau dans ses quartiers, avant de s'asseoir devant, silencieux.

- Et du coup, qu'est ce qui te ferais plaisir ?

- C'est toi qui veux m'offrir quelque chose, alors débrouille toi, répondit-il en attrapant une plume.

- Tu es têtu Severus.

- Tiens donc, je ne suis plus ton 'chéri' ? ironisa-t-il.

- Tu es têtu mon amour ! répliqua alors Hermione qui était d'une humeur joyeuse.

Cette fois, il ne répondit rien concernant le surnom et se contenta de souffler par le nez avant de marmonner :

- Tu le sais depuis longtemps que je suis têtu…

- Hum… probablement depuis aussi longtemps que toi tu sais que je suis insupportable.

- Tout à fait ! fit-il distraitement en commençant à griffonner quelque chose.

Bien qu'incertaine, la jeune femme eut l'impression de légèrement voir les lèvres de son compagnon se redresser en un sourire discret, malgré son visage tourné vers son plan de travail. Curieuse, elle demanda tout en s'allongeant, maintenant le miroir face à son visage :

- Tu corriges les devoirs que tu as donnés pendant les vacances ?

- Hum… acquiesça-t-il simplement.

- Tu veux que je te laisse travailler tranquillement ?

- Non.

- Mais tu ne me parles même pas !

- Certes, mais tu parles suffisamment pour deux, rétorqua Severus en continuant d'écrire.

- Je te dérange alors si je comprends bien ?

- Si je voulais que tu me laisses tranquille, dit-il finalement en relevant la tête pour observer sa lionne dans le miroir, je t'aurai dit de me laisser. Mais j'ai envie de travailler avec toi.

Hermione sourit en le voyant si sérieux en disant cela. Elle le trouvait terriblement adorable derrière son air si bourru :

- Bien, alors je vais travailler aussi, en même temps que toi.

Elle se releva et se dirigea jusqu'à son bureau, installant le miroir comme son sorcier avant de s'asseoir pour travailler elle-aussi. Néanmoins quand elle releva la tête après avoir sorti ses dossiers, elle remarqua que Severus la regardait avec attention :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Tu ne voudrais pas enfiler ton pyjama pour travailler ? demanda-t-il en détournant de nouveau le regard sur sa copie.

Baissant la tête, la jeune femme comprit que son peignoir perturbait son amant. Souriante, elle l'observa travailler avec sérieux :

- Tu n'aimes pas la vue ?

- Tu sais très bien que je te trouve magnifique, mais un peignoir n'est pas une tenue adéquate pour travailler et franchement, c'est…

Relevant la tête pour regarder la lionne dans les yeux pour lui donner ses arguments, il se tut. Hermione s'était levée et avait laissé tomber son peignoir, non sans faire en sorte que son sorcier la voit. Elle attrapa sa culotte et l'enfila lentement, retenant un rire en constatant le nouveau silence ambiant. Jamais elle n'aurait pensé faire un jour ce genre de choses si osées, mais à ce moment précis, elle se sentait belle et si sûre d'elle qu'elle ne put que sourire. Attrapant son pantalon, elle le mit de la même façon que son sous vêtement avant de prendre son haut. Elle se tourna face au miroir pour l'enfiler quand elle entendit Severus soupirer d'une façon révélatrice :

- Espèce de succube…

- Quoi ? C'est toi qui m'as dit d'enfiler mon pyjama, répondit-elle avec une mimique d'incompréhension feinte.

- Tu es…

- Insupportable, oui je sais ! se moqua-t-elle.

- Sexy plutôt… bon sang, je ne comprends pas ce que tu me trouves…

- Hey, je te trouve sexy moi aussi !

- Tu es complètement folle, ou aveugle… répondit-il distraitement en observant clairement une zone bien plus basse que les yeux de sa compagne.

- Mais toi, tu sembles avoir une bonne vue, minauda la jeune femme en se rapprochant du miroir sans son haut.

Oui, clairement, quelques mois auparavant elle n'aurait jamais osé faire ce genre de choses qu'elle trouvait honteuses et inappropriées. Aujourd'hui, elle se délectait pourtant du regard flamboyant de l'homme qui l'observait au travers d'un objet magique :

- Hermione, tu me rends fou… grogna alors la terreur des cachots avec une voix rendue rauque par une excitation très claire.

- J'aime que ce soit moi qui te rends comme ça, fit-elle d'une voix qu'elle voulut aguicheuse.

Cela dut fonctionner, car elle vit le sombre sorcier reposer sa plume et passer une main sous son bureau. La jeune femme se sentit excitée à cette vision et se mordilla la lèvre inférieure. Severus bougea légèrement sur sa chaise, se mettant visiblement plus à l'aise :

- Qu'est-ce que tu fais ? interrogea la lionne qui connaissait déjà la réponse.

- Je… j'ouvre mon pantalon…

- Est-ce bien raisonnable ?

En posant cette question, Hermione imagina la main de Severus agrippant son membre durci par le désir qu'elle engendrait et elle sentit son entre jambe devenir plus humide. Elle voulut se rapprocher encore un peu mais son amant lui intima de ne pas bouger :

- Non… reste là, comme ça… que je puisse voir ton visage.

Obéissant, la lionne sourit et Severus reprit, avec quelques difficultés alors que son bras bougeait lentement sous son bureau :

- Si tu savais comme… j'ai envie de te toucher…

Hermione se remordilla la lèvre et, délicatement, passa ses mains sur sa poitrine. Elle trouva cela très agréable, s'imaginant sans peine que c'était son amant qui la caressait. Ce dernier soupira d'aise alors qu'il continuait sans aucun doute ses allers et retours sur son sexe, hélas caché sous son bureau.

Imaginant ce qu'elle ne pouvait voir, la jeune femme glissa finalement sa main dans son pyjama et commença à jouer doucement avec son propre bout de chair sensible, par-dessus sa culotte maintenant plus humide que sa crinière venant d'être lavée. Elle entendit Severus pousser un grognement satisfait alors qu'elle-même retint un gémissement.

Rapidement, Hermione prit le même rythme que les mouvements de bras qu'elle observait chez son partenaire, se synchronisant au plaisir qu'il ressentait lui-même. Il ne fallut pas bien longtemps pour qu'elle sente l'orgasme la submerger, la faisant gémir doucement sous la vague de plaisir qu'elle ressentit. Au même moment elle entendit Severus pester, visiblement une insulte française très imagée, alors que lui aussi réussit à atteindre le nirvana.

Après que tous deux se soient nettoyés et rhabillés convenablement, ils se réinstallèrent à leur bureau respectif. Severus eut un léger sourire entendu :

- On m'a toujours dit que les fantasmes ne devaient jamais se réaliser, car ils étaient toujours décevants par rapport à nos attentes… mais par Salazar lui-même, je peux confirmer que c'est un mensonge.

- Quels fantasmes au juste ? questionna la lionne, curieuse face à cette affirmation.

- Voir la plus belle femme du monde se faire du bien en pensant à moi. Enfin, j'espère que tu pensais à moi !

- Je te regardais, à qui aurais-je pu penser d'autre alors que tu m'hypnotisais ?

Avec un sourire criant de vérité, la jeune femme observa son compagnon qui semblait tout aussi sérieux et même heureux. Elle avait de la chance d'avoir quelqu'un comme lui dans sa vie. Certes, il avait beaucoup de défauts, mais il était fou d'elle et, elle en était sûre, il avait autant de tendresse à lui offrir qu'elle n'avait d'amour à lui donner.

Plusieurs minutes plus tard, ils se mirent à travailler réellement. Cette fois sans un mot, vêtus et sans se déconcentrer. Hermione ne se sentait pas stupide, à travailler ainsi par miroir interposé, elle se sentait en revanche bien et soutenue tout autant qu'accompagnée.

Les jours suivants, ils se retrouvèrent chaque soir de la même façon. Enfin, pour parler et travailler uniquement. Ils s'étaient mis d'accord sur le fait qu'il était plus raisonnable d'attendre qu'ils se retrouvent en chair et en os pour ce genre d'activité.

Quoi qu'il en fut, le 9 janvier arriva rapidement et le soir venu Hermione, qui avait recommencé à se rendre au ministère la journée, s'installa dans son lit pour attendre son conjoint. Il arriva une dizaine de minutes plus tard et la jeune femme sourit avant de directement entamer 'joyeux anniversaire' en chantonnant. Severus leva les yeux au ciel mais la laissa terminer :

- Tu es contente de toi ? se moqua-t-il.

- Oui, très, mais je le serais encore plus quand tu ouvriras ton cadeau ! dit-elle amusée. Tu as bien attendu avant de l'ouvrir ?

- Je n'en ai ouvert aucun pour le moment… peut-être pourrais-tu m'expliquer lequel est de toi et pourquoi j'en ai reçu 6 !

- Tu en as eu 6 ? répéta Hermione en réfléchissant. Eh bien, il doit y avoir celui de Cléo, celui de Christian et Alice, un d'Albus, peut-être un de Minerva et un de tes… enfin des parents de Cléo.

- Ce sont eux qui t'ont donné ma date d'anniversaire, pas Cléo, c'est ça ? dit-il légèrement agacé.

- Non, techniquement c'est bien ta sœur… mais je sais qu'ils voulaient t'envoyer quelque chose.

- Hum… je n'en veux pas ! Et puis, cela ne fait pas assez de personnes pour autant de présents. Albus et Minerva se mettant toujours ensemble avec pomfresh pour m'offrir un cadeau commun en plus…

- Eh bien, ouvre-les et tu sauras. Le mien est dans le paquet rouge et argent ! dit-elle en souriant, fière d'elle.

- Il y en a deux comme ça.

- Vraiment ? s'étonna la lionne, presque déçue. Montre-moi…

Il y avait en effet deux paquets rouges enrubannés d'argent. Un paquet de taille moyenne et un paquet plus grand :

- C'est le plus petit… marmonna Hermione.

Sans faire de réflexions, Severus l'ouvrit directement et observa le cadeau dans sa boîte, silencieux. Hermione le regarda et, bien moins sûre d'elle d'un coup, se demanda si elle n'avait pas fait un mauvais choix…

- Je ne savais pas quoi te prendre vu que tu n'as pas voulu me répondre… j'ai trouvé ça mignon mais je peux le ch…

Hermione ne finit pas sa phrase, constatant alors que Severus arborait un sourire satisfait et amusé. Il sortit la peluche représentant un ornithorynque tenant un cœur dans ses pâtes avant, que la lionne elle-même avait brodé à l'aide de la magie d'un simple 'je t'aime mon chéri' :

- C'est ta sœur qui m'a aidé à trouver une peluche… expliqua Hermione. Je voulais absolument t'en offrir une pour que tu penses à moi quand tu t'endors.

- Je pense toujours à toi, mais je le ferais encore plus maintenant. Même si les ornithorynques n'ont pas de dents comme les castors, qui eux, m'auraient probablement encore plus fait…

- Si tu finis ta phrase, je serais contrainte de te tuer Severus.

- Tu n'oserais pas quand-même ? ricana-t-il en posant la peluche face à lui, à côté du miroir. Merci Hermione, c'est parfait.

Heureuse, la jeune femme sourit et observa son homme ouvrir les autres cadeaux. Il avait reçu d'Albus, Minerva et Pomfresh un coffret contenant diverses fioles d'ingrédients rares pour les potions. Christian et Alice lui avait offert une console portable moldue et un dessin magique qui le représentait en train d'y jouer, accompagné d'un mot lui préconisant de ne pas y passer trop de temps. Cléo avait trouvé le fameux kit professionnel qui sembla impressionner sincèrement le maître en la matière, tout en le surprenant en constatant que Black avait participé d'après la carte. Il fut ensuite surpris d'ouvrir un paquet contenant une petite fiole de 'Félix felicis', apparemment offerte par la directrice de l'opale noire.

Cachant sa jalousie par de la surprise, Hermione lui fit remarquer qu'il était étrange que cette dernière se soit souvenue de la date. Puis il ouvrit le paquet de ses géniteurs et Severus sembla presque sous le choc. Il avait clairement reconnu le bijou mais ne sut pas comment réagir face à ce dernier :

- Garde le Severus… c'est un cadeau précieux, pas seulement à cause de l'or qui le compose.

- Je sais… je… je vais y réfléchir…

Il rangea la bague dans un tiroir sans même essayer de la passer à un doigt. Il n'avait pas l'intention de l'observer plus longtemps, ainsi referma-t-il le meuble pour cacher l'objet. Puis, il observa le dernier paquet qu'il avait posé plus loin au début : l'autre rouge et argenté.

- Qui te l'a offert celui-ci ? demanda Hermione.

- Justement, je n'en ai pas la moindre idée… peut-être un collègue…

- Il n'y a pas de carte ?

- Peut être à l'intérieur, mais pas à l'extérieur.

- Tu penses que ça pourrait être…

- Si tu penses à Lestrange, c'est impossible. Ça ne peut pas être un objet dangereux, car les sécurités de Poudlard l'auraient détecté. Albus a renforcé les surveillances du courrier depuis la fois où Slughorn a reçu une bouteille empoisonnée.

- Hum, je me rappelle vaguement, ironisa Hermione qui se souvenait avoir failli perdre son meilleur ami ce jour-là.

Finalement, Severus ouvrit le papier cadeau et tomba sur une boîte blanche. Il l'observa et trouva une carte collée dessus, qu'il lut à haute voix :

- 'Le parfum de l'âme, c'est le souvenir. C'est la partie la plus délicate, la plus suave, du cœur, qui se détache pour embrasser un autre cœur et le suivre partout. L'affection d'un absent n'est plus qu'un parfum, mais qu'il est doux.'

- George Sand, reconnue Hermione en citant l'auteur de vive voix. Qui a signé ?

- C'est écrit 'MT', tout simplement, constata Severus en réfléchissant. Tout de suite, là, je ne vois franchement pas qui ça peut être…

- C'est étrange non ?

- Un peu…

Haussant finalement les épaules, Severus ouvrit la boîte, sachant qu'il ne pouvait rien risquer. Néanmoins, Hermione vit son compagnon devenir encore plus pâle qu'avant :

- Severus… ça va ?

- Je… je…

- Severus, qu'est ce qui est dans le paquet ?... Réponds-moi ! s'inquiéta la lionne qui n'eut toujours pas réponse, le sombre sorcier semblant figé par ce qui ressemblait à s'y méprendre… à de la peur.