Chapitre 10 : Amoureusement…
Une fois de plus, Hermione fut réveillée par un rayon de soleil taquin. Elle dut se couvrir les yeux avec sa main pour voir l'heure sur le réveil de la table de nuit : 10h. Soupirant, elle se leva et se dirigea directement dans le laboratoire de son homme, enfilant simplement un peignoir en polaire sur son corps nu. Sans surprise, Severus était déjà devant un chaudron bouillonnant, découpant avec précision des racines de mandragore. Il était si beau avec son air sérieux au visage, mais elle n'oublia pas pour autant qu'elle était venue le disputer :
- Tu ne m'as pas réveillée, une fois de plus !
- Tu as besoin de dormir, ce sont des vacances, expliqua-t-il calmement sans cesser son activité.
- Officiellement, ça n'en est pas ! Je suis censée travailler à la maison je te rappelle.
- Tu as déjà terminé tout le cahier des charges et il ne te reste qu'à finir ta thèse pour finaliser l'ensemble. Sur les milliers de pages que tu as déjà écrites, les 20 dernières peuvent bien attendre.
- J'en ai écrit seulement 964 je te signale et il m'en reste au moins 30 à écrire.
Severus releva cette fois la tête vers elle et l'observa un instant avec un air étrange. Hermione n'en était pas certaine, mais il semblait exaspéré et amusé en même temps. Finalement, après un instant silencieux, il se contenta de reprendre ses découpes tout en disant avec calme :
- Si tu as faim, j'ai préparé des pancakes, ils sont dans la cuisine. J'ai bientôt terminé le philtre de mandragore que m'a demandé Chris, je te rejoins d'ici cinq minutes.
- Pourquoi Christian en a-t-il besoin ?
- Je n'en sais rien, il me l'a simplement demandé alors je l'ai fait. Ça m'occupe le temps que tu joues à la belle au bois dormant, se moqua-t-il gentiment.
- Avoue, tu préfères quand je dors plutôt que quand je te pose des questions en fait, pas vrai ?
- Ça dépend des fois ! Mais il est vrai que l'année où tu as été pétrifiée fut la plus calme de toutes pour mes nerfs.
Hermione sourit amusée et se contenta de remonter sans faire de réflexions supplémentaires, elle n'en avait pas besoin. Une fois en haut, elle retrouva son demi-chat affalé dans un fauteuil vers la cheminée. Severus avait insisté pour qu'elle aille le récupérer, sachant pertinemment l'amour qu'elle portait à son familier. Elle lui caressa la tête et alla récupérer les fameux pancakes faits maison. Ils sentaient terriblement bon et Hermione les mangea en y ajoutant une tonne de sirop d'érable, comme quand elle était chez ses parents. Cela lui rappela d'ailleurs qu'elle devait les appeler dans l'après-midi.
Severus revint, comme prévu, cinq minutes plus tard. Il déposa un baiser sur le front de sa lionne :
- Tu as bien dormi du coup ? demanda-t-il en se servant une tasse de thé.
- Oui, très bien même ! Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai rêvé de l'école primaire, ajouta-t-elle en réfléchissant.
- Tu fais des rêves étranges.
- Et encore, celui-ci tenait la route, ça ressemblait presque à une vraie journée d'école. A l'exception que j'avais des amis dans mon rêve, contrairement à la réalité.
En disant cela d'un ton neutre, elle ne s'attendit pas à voir apparaître un air si triste dans le regard de Severus. Après tout, elle n'avait jamais mal vécu cette période solitaire de sa vie, elle avait toujours été bien trop absorbée par ses livres pour s'inquiéter de ce genre de chose :
- J'avais quand-même des « amis » tu sais, enfin, ce qui s'y approchait tout du moins. C'était deux voisins à moi, un frère et une sœur, ils étaient plus âgés mais vraiment très gentils et c'était super. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus une fois que je suis partie à Poudlard, remarqua alors Hermione qui n'y avait plus repensé depuis longtemps. Enfin bref, ne fais pas cette tête, c'était bien l'école, j'aimais beaucoup y aller.
- Je suppose que c'était les devoirs que tu aimais le plus.
- Tu es mauvaise langue Severus, s'amusa alors la jeune femme avant de le corriger. Ce que je préférais en réalité, c'était mon professeur de français. Une fois par semaine, il venait nous faire cours. Au début, il nous lisait juste des histoires en français puis, avec le temps, il nous a appris les bases. Je me rappelle même qu'à chaque spectacle de fin d'année, on chantait une chanson française qu'il nous apprenait ! Il était fan de « Joe Dassin », alors on y avait le droit presque tous les ans.
En se souvenant de ça, Hermione sourit de bon cœur. Elle n'avait pas repensé à son enfance moldue depuis bien longtemps, mais elle en gardait pourtant de bons souvenirs. Severus s'assit à côté d'elle et l'observa un instant avec suspicion :
- Je rêve ou tu aimais vraiment beaucoup ce professeur ?
- Serais-tu jaloux mon chéri ?
- Ça dépend… il était jeune et beau ou vieux et rabougri ?
- Il était plutôt jeune et beau, s'amusa Hermione avant d'attraper la main de son sorcier. Mais bien moins fascinant que mon professeur de potion par la suite.
Severus eut un sourire satisfait et, s'adossant contre sa chaise, il but une gorgée de thé avant de dire de son ton sarcastique habituel :
- De toute façon, je me doute bien que je n'ai pas à m'inquiéter d'un type qui écoute du Joe Dassin.
- J'aime bien ce chanteur moi ! s'indigna-t-elle presque.
- Tu te rends compte qu'il est mort avant ta naissance ? questionna-t-il, narquois.
- Faux, j'étais déjà née quand il est décédé. J'avais 7 mois environ.
- Par Salazar… tu aimes à ce point ce chanteur pour savoir le mois et l'année précise de sa disparition ? Mais quel âge as-tu en réalité ?
- Très drôle, répliqua Hermione en levant les yeux au ciel. Quand j'écoute du Madonna tu te moques, quand je te dis que j'adore Joe Dassin tu te moques aussi. Il faudrait que j'écoute quoi d'après toi ? Britney Spears ?
- Je ne t'imagine pas vraiment écouter ça non plus… quoi que je veuille bien t'imaginer danser comme elle dans le clip qu'ils passent, le matin, à la télé !
Hermione secoua la tête, exaspérée, avant de se tourner vivement vers Severus :
- Attends, tu vas me dire que tu regardes ce genre de chose à la télé toi ?
- Je te signale que depuis quatre jours déjà, je me réveille plus de trois heures avant toi et ça me laisse le temps de faire beaucoup de choses. Et puis, les clips moldus sont très intéressants à regarder, ajouta-t-il avec un sourire entendu.
N'en croyant pas ses oreilles, la lionne croisa ses bras devant elle, faussement vexée :
- J'ai toujours su que le fait de ne pas avoir de télé à Poudlard était une bonne chose et je pense que je vais me débarrasser de la tienne ici aussi du coup.
- Jalouse d'un écran miss Granger ? questionna Severus qui but encore une gorgée avec un air détaché.
- Ça dépend si tu regardes seulement des émissions avec des vieilles femmes aigries ou avec de belles jeunes femmes. Et visiblement, tu regardes la seconde catégorie.
- Voyons ma princesse, elles sont toutes bien moins fascinantes que la plus insupportable de mes anciennes élèves.
Sur ce coup, il avait marqué un point aux yeux de la lionne qui ne put que sourire et se sentir vaincue. Et puis, il l'avait une fois encore appelée par ce nouveau surnom qu'il lui avait trouvé la veille en la comparant à la fameuse princesse dormeuse de Disney, alors comment lui en vouloir ?
Joyeuse, elle se leva, embrassa son sorcier et alla chercher du jus de fruit dans le frigo quand elle se stoppa dans son élan. Quelle ne fut pas sa surprise d'entendre Severus reprendre la parole, bien que ce qui fut réellement étonnant, ce fut le sujet dont il parla, l'air ailleurs :
- En y repensant, je ne me souviens pas beaucoup de l'école primaire…
Revenant vers lui, elle l'observa avec intérêt. Il parlait rarement de lui, et encore plus rarement de tout ce qui avait attrait à son enfance. Elle savait pourquoi et ne lui posait d'ailleurs jamais de questions à ce sujet pour éviter de le mettre à mal, surtout depuis les fêtes de fin d'année. Il continua néanmoins de lui-même :
- Il y avait aussi un spectacle avant chaque grandes vacances… Il fallait qu'on se déguise, c'était assez ridicule…
- Les « kermesses » sont souvent ridicules en même temps, se permit d'intervenir Hermione en se rasseyant.
- Une année, ma mère m'avait fait un costume de Robin des bois… J'avais même un arc qui tirait des flèches à ventouses… Je crois d'ailleurs que j'avais tiré sur ma maîtresse qui m'avait confisqué mes munitions après ça.
En disant cela, tout en regardant maintenant sa tasse, Severus avait eu un léger sourire amusé. Mais ce qui marqua le plus Hermione, c'était le fait qu'il avait parlé de sa mère… Et rien n'avait explosé dans la maison. Puis, comme si toutes les défenses du sombre sorcier étaient réapparues par magie, il releva la tête :
- J'aurais été meilleur dans le rôle du shérif, j'en suis certain ! dit-il avec sarcasme tout en se levant avant de changer complètement de sujet. Que veux-tu faire aujourd'hui ?
- Je ne sais pas, répondit la lionne après quelques secondes.
- Eh bien, vu que nous avons déjà fait les boutiques et que nous avons visité tout ce qu'il y avait à voir aux alentours, que dirais-tu de rester tranquillement à la maison aujourd'hui ?
- Si tu ne te mets pas devant un chaudron ni devant des clips, alors je suis entièrement d'accord ! dit la lionne en souriant.
La journée passa rapidement et celle d'après aussi, rappelant hélas à la jeune femme que le moment qu'elle redoutait le plus approchait. Et justement, le dimanche arriva. Ce jour-là, la jeune femme se réveilla avant Severus, pour la simple et bonne raison qu'elle n'avait quasiment pas dormi. Elle ne voulait pas voir son sorcier repartir pour Poudlard, quand bien même savait-elle qu'il n'avait pas le choix.
L'observant dormir, elle vit qu'il semblait plus détendu que jamais pendant ses songes. Elle lui caressa la joue et, même si au fond d'elle Hermione savait qu'il n'était pas correct de le réveiller, elle l'embrassa tendrement. Il ne bougea néanmoins pas d'un pouce et la jeune femme ne put que sourire en constatant que son compagnon était à son tour tel un prince « au bois dormant ». Elle l'embrassa une dernière fois avec douceur et s'apprêta à se blottir tout contre lui quand deux bras puissants la tirèrent sur lui. Se retrouvant à cheval sur Severus, elle entendit se dernier grogner, les yeux toujours clos :
- Pourquoi tu t'arrêtes au juste ?
- Je pensais que tu dormais encore, avoua-t-elle en ricanant.
- Eh bien je dormais… mais j'accepte volontiers de me faire réveiller de la sorte.
Se penchant sur lui, elle l'embrassa encore, cette fois avec plus de mordant. Le prince entre ses jambes grogna de nouveau tout en agrippant fortement les fesses de son amante. Hermione sentit les doigts de Severus s'enfoncer dans sa peau, et une grosseur se fit sentir contre son sexe. Sans lâcher les lèvres de son sorcier, elle entama alors de légers mouvements de hanches, le faisant soupirer d'aise à plusieurs reprises. Elle aimait avoir le dessus de la sorte, car cela lui donnait une sensation étrange de puissance et de force. Hélas, Hermione savait aussi que Severus ne tolérait jamais ça plus de quelques secondes.
Sentant que son excitation n'avait d'égale que celle de son partenaire, elle s'apprêta à se remettre sur le côté pour lui laisser la main. Étonnamment, il l'en empêcha et la maintint au-dessus de lui avant de l'embrasser :
- Severus tu… commença-t-elle sans pouvoir finir.
- Ne dis rien et fais-le !
- Mais tu… tu es sûr de toi ?
- Si tu hésites encore, je vais finir par changer d'avis, menaça Severus.
Lui laissait-il réellement prendre le dessus ? Il semblait bien que oui et Hermione en fut à la fois surprise et encore plus excitée. C'était presque comme s'il lui donnait les pleins pouvoirs, comme si elle devenait la femme la plus puissante qui soit, celle qui pouvait dompter le redoutable et terrible « Professeur Rogue ».
Se jetant avec passion sur les lèvres fines de son partenaire, la lionne glissa sa main jusqu'au membre tendu et déjà à nu de ce dernier, prête à le mettre en place. Comme si elle découvrait les joies du plaisir charnel pour la première fois, Hermione se sentit quelque peu gauche dans ses gestes et pourtant, elle n'eut bien vite plus qu'à s'empaler le long du membre turgescent de Severus.
Elle savait très bien l'effort que cela demandait à son amant, à cet homme imbu de contrôle, mais la confiance qu'elle lut dans son regard la fit fondre. Avec la sensation d'être la femme la plus belle, la plus puissante et la plus aimée au monde, Hermione continua lentement sa descente. Severus, les yeux maintenant clos et les traits tendus, se laissait faire sans protestations. Cela lui demandait probablement énormément d'efforts pour ne pas intervenir et prendre le dessus, mais il lui faisait clairement assez confiance pour la laisser faire à son rythme à elle.
Une fois qu'il fut entièrement en elle, la jeune femme soupira d'aise et se figea, profitant de chaque sensation qui parcourait alors son sexe maintenant comblé. Ainsi positionnée, elle pouvait en plus observer à sa convenance le corps musclé de son amant, ce qui lui décrocha un sourire satisfait. Il avait, comme il l'avait dit lui-même quelques jours auparavant, repris un peu de poids, ce qui lui donnait l'air d'être bien plus en forme qu'avant. Bien qu'elle l'eût toujours trouvé attirant et même sexy à sa façon, elle ne put que le trouver encore plus séduisant ainsi.
Le fil de ses pensées avait dû prendre un peu trop de temps au goût du sorcier car Severus ouvrit les yeux et l'observa avec le peu de luminosité qui venait de l'extérieur :
- Ça va ? s'enquit-il, avec autant d'inquiétude que de frustration.
- Oui, ne t'en fais pas, je profite juste de toi jusqu'au bout.
En disant cela, elle passa délicatement ses mains sur le torse puis sur le ventre de son homme qui en frissonna :
- Oh, tu es chatouilleux ?
- Ne dis pas n'importe quoi, maugréa-t-il tout en réprimant visiblement un nouveau frisson quand elle repassa ses doigts en sens inverse.
- Tu es sûr de toi ? s'amusa-t-elle avant de l'embrasser tendrement pour ne pas qu'il s'énerve pour de bon.
Elle aimait l'embêter, c'était un fait établi, mais elle ne voulait pas risquer de « chatouiller le dragon qui dormait » en son Serpentard. Il lui faisait confiance et lui laissait prendre les rênes, elle savait qu'elle n'avait pas intérêt de laisser passer cette chance. Car oui, elle se sentait chanceuse !
Sans attendre de réponse, elle commença enfin à se mouvoir afin d'entamer des va-et-vient le long du sexe de son amant. Hermione, encore novice en tant que dominante, ne savait pas encore dans quelle position se mettre pour être le plus efficace possible. Cherchant à tâtons la posture à prendre, elle finit par se redresser pour se tenir le plus droite possible au-dessus de son partenaire. Ainsi installée, elle entama un léger balancement de ses hanches et sentit alors la longueur de son prince glisser en elle et buter sur un point étrangement agréable. Hermione entrouvrit la bouche en constatant ceci et accentua doucement son mouvement, voulant goutter plus encore à cette sensation divine.
Sans s'en rendre compte, la jeune femme se mit à pousser de petits gémissements à chaque butée mais elle constata en revanche que Severus l'observait maintenant presque avec admiration. Il avait rouvert les yeux et ses traits semblaient bien plus détendus qu'au début. Hermione, encore plus fière d'elle face à ce constat, se sentit pousser des ailes.
Elle remarqua bien vite que le regard admiratif de son amant se portait en particulier sur les ballottements que produisaient ses seins à chaque fois qu'elle se laissait revenir à lui pour l'enfoncer dans son antre. Après un instant de contemplation supplémentaire, il reprit contenance et posa ses mains sur l'objet de ses convoitises. Hermione frissonna à son tour en sentant les mains froides de son conjoint lui caresser la poitrine, passant et repassant ses pouces sur les bouts durcis de ses seins.
C'était terriblement agréable et bientôt, la jeune femme sentit les prémices d'un orgasme qui semblait vouloir l'engloutir. Fermant cette fois elle-même les yeux, elle se concentra sur ses sensations pour en profiter au maximum alors que son corps accéléra quasiment de lui-même la cadence. Son point sensible interne ainsi stimulé entraîna des gémissements de plus en plus sonores et fréquents, mais ils ne cachaient pas les râles rauques de Severus qui semblait lui aussi au bord de la délivrance :
- Hermione… par Salazar, dis-moi que tu vas… oh bordel, Hermione jouis… jouis maintenant ! supplia-t-il avec difficulté.
Une chose était certaine, elle aimait entendre son prénom avec la voix de baryton propre à son amant. Elle n'eut que le temps de crier un long « Severus » avant que la vague de plaisir tant attendue ne la submerge, entraînant son sorcier au passage.
Rapidement, elle se retrouva avachie sur lui, la respiration haletante et le cœur battant la chamade. Il la serra contre lui pendant qu'il tentait lui aussi de retrouver son souffle :
- Tu es… douée ! souffla-t-il alors qu'il reprenait un peu ses esprits.
- J'ai eu un… excellent professeur, répondit-elle en souriant amusée.
Elle le sentit ricaner sous elle avant de se rendre compte de nouveau de ce qu'il avait fait pour et avec elle. Il s'était laissé aller et avait baissé sa garde ainsi que tous ses remparts :
- Merci Severus, marmonna-t-elle alors. Je t'aime tellement…
- Je sais, répondit-il simplement en refermant les yeux.
Après qu'ils se furent entièrement remis de leurs émotions, Hermione l'embrassa tendrement et se remit à côté de lui. Elle posa délicatement sa main sur le ventre de Severus et, bien loin de l'allégresse qu'ils venaient de ressentir, la réalité la rattrapa :
- Je ne veux pas que tu partes, soupira-t-elle.
- Tu sais pertinemment que je n'en ai pas plus envie que toi, dit-il d'un ton las.
- Pourquoi ne peux-tu pas rentrer chaque soir ? Remus le fait bien lui…
- Lupin est marié en plus d'avoir un morveux, c'est pour ça qu'il rentre.
- Mais toi, tu m'as moi…
- Ce n'est pas officiel, alors même si ceux qui nous connaissent bien le savent, ce n'est pas le cas de la majorité des gens. En particulier mes élèves, qui seraient surpris de voir le directeur des Serpentard s'absenter chaque soir avant le dîner.
- Alors pourquoi n'officialisons-nous pas ? demanda Hermione sans oser le regarder dans les yeux.
- Parce que tu es déjà la cible de Lestrange et que je ne tiens pas à ce que tu deviennes en plus celle d'un autre de mes détracteurs.
- Tu auras toujours des « détracteurs » Severus ! soupira Hermione. Alors franchement, je ne comprends pas trop pourquoi tu ne veux rien dire. Je suis prête à accepter tes défauts tout autant que les dangers que représentent une histoire avec toi.
- Je le sais bien, mais moi je ne suis pas prêt à te voir prendre plus de risques. Tu es déjà bien suffisamment une cible potentielle comme ça. Laisse-nous au moins le temps de régler le problème « Lestrange » et « M.T » avant de penser à officialiser. Et puis, même après ça, on aura le temps en plus, rien ne presse !
Hermione resta silencieuse un moment et pensa à ce que le discours de Severus impliquait… des mois, voire des années à n'être sa compagne qu'officieusement. Et encore, il ne semblait clairement pas pressé de l'annoncer, quoi qu'il en fût. Combien de temps allait elle devoir attendre exactement ? Des dizaines d'années ? Elle qui rêvait d'une famille soudée semblait voir tous ses projets s'éloigner d'elle à coup de décennies. Tentant de conserver un ton neutre, la jeune femme demanda tout de même en pensant à cet avenir différent :
- Et… si jamais un jour nous devenions parents est-ce que…
- Devenir quoi ?
Elle sentit plus qu'elle ne vit Severus se décomposer face au début de cette interrogation… sans avoir eu à la poser, elle comprit la réponse à sa question. Son cœur se serra légèrement, pourtant, elle ne put s'empêcher de demander confirmation :
- Tu ne veux… pas d'enfants c'est ça ?
- Hermione… commença-t-il en se redressant sur ses coudes dans le lit, confirmant déjà le doute qu'elle avait. Je ne tiens sincèrement pas à en avoir. Je n'ai pas la fibre paternelle, sans compter que je n'ai pas eu de figure paternelle avant mes 21 ans. Je ne sais pas ce qu'être « parent » signifie et franchement, je ne veux pas le savoir. Je ne veux pas être enchaîné à…
- Enchaîné ? répéta Hermione en lui coupant la parole.
- Tu sais très bien ce que je veux dire par là, soupira-t-il avec lassitude.
- Je pense savoir oui… pas la peine que je te demande ce que tu penses du mariage non plus.
Hermione se leva alors hâtivement, essayant pour autant de ne pas prendre ses jambes à son cou, et ce malgré le fait qu'elle se sentait quelque peu vexée. Mais en même temps, à quoi s'attendait-elle ? Surtout venant de la part d'un homme qui ne lui avait jamais dit qu'il l'aimait et qui ne le ferait jamais… et pourtant, elle l'aimait elle, plus que tout au monde.
- Hermione, attends, dit-il en se levant à son tour pour la prendre dans ses bras. Je ne voulais pas te…
- Tu n'as rien fait, ne t'inquiète pas. Au contraire, tu as été franc et tu as répondu à mes questions.
- Hermione ça ne veut pas dire que je ne suis pas bien avec toi !
- Je sais…
Elle ne mentait pas en répondant cela, elle connaissait suffisamment bien Severus pour savoir qu'il l'appréciait un minimum. En tout cas, il l'acceptait auprès de lui, ce qui faisait d'elle une exception à ses yeux. Pouvait-elle néanmoins se contenter de ça toute sa vie ? En tout cas, pour l'instant, elle ne pouvait pas s'imaginer vivre sans lui…
La jeune femme trouva le courage de le regarder dans les yeux et de lui sourire :
- Ne t'inquiète pas, je ne vais pas m'en aller, je vais juste me doucher. Et je ferai comme tu voudras, de toute façon, c'est surfait le concept de famille et tout ça. Je suis bien avec toi, là, c'est tout ce qui compte non ? Peu importe que ce soit uniquement devant nos amis et pendant les vacances, de toute façon, tu as sans arrêt des vacances vu ton travail, ajouta-t-elle en riant de la façon la plus convaincante et convaincue possible.
Severus sembla perplexe, mais Hermione s'approcha de lui en déposa un baiser sur sa joue pour éviter toutes remarques ou questions de sa part :
- Je mangerai bien des œufs et du bacon, lui suggéra-t-elle toujours souriante.
Puis, sans plus attendre, elle se dirigea vers la salle d'eau. Elle avait l'impression qu'il avait fini par se détendre de nouveau et c'était tout ce qui comptait. Le reste n'était pas important. Pourtant, une fois sous la douche, des larmes se mélangèrent à l'eau du jet qui s'abattait contre elle avec la même puissance que la réalité qui venait de balayer ses rêves.
Une fois lavée, bien plus qu'elle n'en aurait eu besoin, la jeune femme se sécha. Elle n'avait plus de larmes en stock et devant le miroir qu'elle désembua du revers de la main, elle s'observa. Ses yeux étaient rouges, mais le temps de s'habiller, cela passerait, elle le savait.
Elle esquissa un sourire face à son reflet et, dès qu'il lui parut assez convainquant, elle l'effaça. Au moins était-elle certaine de pouvoir garder un air joyeux pour le restant de la journée. Après cela, il lui restera un bon mois et demi avant les prochaines vacances, soit tout autant de temps pour se faire à l'idée qu'elle ne serait à jamais que la « petite amie » de l'ombre du grand et terrifiant Severus Rogue. C'était de toute façon mieux que de n'être rien du tout à ses yeux.
Sentant qu'elle pourrait rapidement se remettre à pleurer si elle continuait de la sorte, elle cessa de penser à tout cela et s'habilla. Elle trouva même la force de se maquiller un peu, dans l'espoir que cela lui donnerait bonne mine, puis elle rejoignit Severus qui avait déjà servi le petit déjeuner dans la cuisine.
Il la regarda avec une légère inquiétude dans le regard, mais il répondit au sourire qu'elle lui lança. Elle s'approcha de lui et déposa un nouveau baiser sur sa joue avant de s'asseoir :
- Ça sent tellement bon ! Et en plus tu as même fait des haricots avec, j'ai l'impression d'être vraiment en vacances pour le coup.
- Tu l'es jusqu'à au moins demain, dit-il en prenant place à son tour. Tu n'ouvriras pas tes dossiers d'ici là.
- Je n'en ai clairement pas l'intention, ne t'en fais pas. Et puis, peut-être même que je ne les ouvrirai pas avant mardi, comme ça j'aurai un jour de plus pour me remettre de la semaine, plaisanta-t-elle.
- Cela ne te ferait pas mal, je te l'accorde.
Severus était visiblement de nouveau calme et de bonne humeur, ce qui rassura la lionne. Après le petit déjeuner, ils passèrent leur dernière journée ensemble à lire, jouer aux échecs et même aux jeux vidéos, la jeune femme ayant remarqué la console que le sombre sorcier avait tenté de cacher. Il avait d'ailleurs été assez drôle quand il avait tenté de la convaincre que ce n'était que pour faire plaisir à Christian qu'il l'avait achetée. Pourtant il n'y avait clairement pas de honte à avoir une console, la technologie moldue étant parfois presque aussi magique que la magie elle-même. Appuyer sur des touches sur une manette pour faire bouger un personnage virtuel et le faire interagir avec un monde entier était distrayant et parfois même stimulant, surtout quand il s'agissait d'énigmes à résoudre. Puis, avec tout cela, l'heure du départ arriva :
- Dans un peu plus d'un mois, il y aura les vacances de pâques tu sais ? répéta Severus pour la énième fois de la journée, dans une veine tentative de faire paraître le temps plus rapide qu'il n'était.
- Je sais, je compterai les jours… et en attendant, de ton côté, commence à prévoir la grande fête d'ouverture de mon service ministériel. Je compte bien tout terminer avant les vacances après tout.
- Je n'en doute pas une seule seconde.
Il l'embrassa tendrement puis, Hermione sentant qu'elle allait avoir du mal à sourire encore, le prit dans ses bras. L'avantage d'un câlin, c'était de pouvoir cacher son visage pendant un laps de temps plus ou moins long. À la suite de cette étreinte, Severus disparut dans le « pop » sonore typique des transplanages.
Une fois seule, la lionne se permit de craquer une fois de plus. Elle l'aimait, plus que quiconque et probablement plus qu'elle-même. C'était la seule solution, la seule réponse qui pouvait expliquer pourquoi elle était prête à tirer un trait sur ses rêves pour lui, non ?
Les jours suivant furent difficiles, elle réussit cependant à se réconforter en travaillant d'arrache-pied sur la fin de son dossier. Hélas, en quelques jours à peine, elle clôtura des semaines de labeur et mit ainsi un terme au passe-temps qui l'occupait le mieux.
Severus était déjà au courant et s'appliqua dès lors à prévoir une soirée pour les vacances de pâques. Griffacier quant à elle, bien que stupéfaite par le travail fourni par une seule personne, nouvelle recrue de surcroît, envoya aux grands responsables le dossier qu'elle avait préalablement validé. Ce n'était plus qu'une question de semaines pour que l'aile spécialisée dans le travail des elfes de maison ne soit inaugurée, et qu'ils soient, Severus et elle, confrontés à un potentiel fou furieux de mèche avec Lestrange.
Pourtant, ce n'était pas ça qui préoccupait véritablement la jeune femme et elle s'en sentait ridicule. D'autant plus que lors d'une séance de « ruminations » extrêmes, elle s'était souvenue qu'à la base, elle n'avait jamais spécialement été convaincue de devenir l'épouse de qui que ce soit, et encore moins la mère de potentiels enfants. Combien de fois s'était-elle plutôt imaginée vivre seule, en vieille fille, accompagnée uniquement par des livres et des chats ?
Il était indéniable que beaucoup de choses avaient changé depuis qu'elle s'était rendue compte de ses sentiments pour l'ancien agent double de l'ordre, et probablement plus encore depuis qu'elle avait compris que c'était réciproque. Enfin, pas réellement d'ailleurs, mais plutôt, se disait-elle, depuis qu'elle avait compris qu'elle suscitait de l'intérêt chez cet homme si… imparfait.
C'était d'ailleurs ça qui la tracassait finalement le plus maintenant : elle aimait un sorcier qui ne l'aimait pas de la même façon qu'elle. Elle en était venue à la conclusion que Severus l'appréciait réellement, qu'il la désirait sans le moindre doute, mais qu'il ne l'aimait pas dans le sens profond du terme.
La seule personne qu'il avait sûrement aimée en avait choisi un autre et était depuis longtemps décédée. C'était à la fois triste et énervant, car elle ne pouvait pas en vouloir à Lily Potter d'avoir braqué à vie Severus contre toute forme de sentiments. Après tout, la mère de Harry était simplement tombée elle-même amoureuse de quelqu'un d'autre, elle ne l'avait pas choisi exprès pour blesser son ami !
- Hermione, tu es parmi nous ?
Relevant la tête de son livre dont elle n'avait pas tourné la moindre page depuis probablement plusieurs dizaines de minutes, elle vit le regard inquiet de Cléo qui s'était penchée vers elle :
- Wow, tu m'as fait peur tu sais ? Tu dormais les yeux ouverts ? Tu te sens bien ?
- Oui, excuse-moi, j'étais juste ailleurs…
- Tu ne devais plus être bien loin de la lune là, se moqua gentiment la française qui s'installa à côté d'elle sur le canapé de la bibliothèque. Comment ça se fait que tu es enfermée ici ?
- Depuis que j'ai rendu le dossier, Griffacier m'a donné des vacances forcées en attendant l'ouverture officielle du nouveau service… Le ministère ne s'attendait pas à voir le projet avancer si vite, une fois n'est pas coutume, si bien qu'ils ne savent plus quoi me faire faire d'ici là…
- Ils attendent sûrement de faire de toi officiellement une cheffe d'équipe. Tu resterais sous les ordres de ta patronne actuelle d'ailleurs ? demanda Cléo.
- Oui bien sûr, je ne suis pas directrice du département de régulation et de protection des créatures magiques, je serai seulement la responsable de l'aile réservée aux elfes…
- C'est déjà énorme vu ton âge non ?
- Oui, je crois d'ailleurs que certaines personnes ne sont pas d'accord pour que j'ai ce poste. Mais officieusement, Griffacier m'a fait comprendre que j'étais déjà raccrochée à ce rôle.
- C'est normal en même temps, dit Cléo en haussant les épaules.
- Beaucoup disent comme toi, mais certains freinent des quatre fers. Enfin, nous verrons, je suis prête à faire n'importe quoi du moment que je ne serai plus contrainte de rester à ne rien faire.
Hermione soupira en fermant son livre, ce qui fit grogner Pattenrond à ses côtés. Elle avait vraiment besoin de s'occuper, même la présence de son demi-chat ne l'aidait plus à se réconforter. Puis, regardant son amie, elle demanda en se forçant à sourire légèrement :
- Qu'est-ce que tu voulais me dire en fait ? Tu t'assurais juste que j'étais en vie ?
- Oui et non, répondit Cléo en ricanant. J'ai surtout un truc à te montrer avant de l'envoyer à mon frangin !
Curieuse, la lionne regarda son amie avec intérêt. Qu'avait-elle donc à envoyer à son frère ? La française, clairement fière d'avoir attiré l'attention d'Hermione de la sorte, tendit une enveloppe qu'elle avait dans sa main et que la jeune femme n'avait pas remarquée :
- Vas-y, ouvre ! Ce sont mes parents qui me l'ont envoyé, mais la poste moldue a mis un temps fou avant de me la délivrer.
Ouvrant l'enveloppe sans plus attendre, Hermione en tira une photo moldue et la regarda en silence. C'était un cliché d'elle et de Severus durant la soirée du nouvel an :
- Mes parents avaient apporté un appareil photo jetable pour leur séjour ici et j'avoue que je leur ai pris pour faire moi-même quelques clichés… et vous étiez trop choux tous les deux, assis dans le salon.
C'était juste avant les douze coups de minuits, juste avant leur baiser devant leurs amis et familles. Il était vrai qu'ils étaient plutôt mignons sur cette photo, Hermione était souriante et Severus la regardait tendrement. C'était beau, mais en même temps légèrement douloureux, mais Cléo ne pouvait pas le savoir :
- Et tu sais quoi ? demanda-t-elle.
- Non, quoi ?
- Eh bien celle-ci est pour toi, ma mère a fait faire un double avec le négatif.
Hermione sourit à Cléo :
- C'est vraiment adorable. Tu remercieras ta mère pour moi.
- Tu fais partie de la famille, c'est normal ! s'exclama la française avec gaieté.
Sans rien dire, la lionne se contenta de sauter au cou de son amie. Severus était peut-être acariâtre et vexant, mais au moins était-elle acceptée entièrement par la famille de ce dernier. Pourrait-elle s'en contenter ? Possiblement oui, après tout même sans mariage, elle semblait bien intégrée à la vie du sombre sorcier et puis, peut-être aurait-elle la chance d'être au moins tata à la place de maman.
Le soir même, comme ils en avaient pris l'habitude, Hermione retrouva Severus dans le reflet du miroir magique. Elle était souriante et dès qu'elle le vit, elle se sentit bien mieux que les jours précédents :
- Bonsoir Hermione… tu as changé quelque chose ? questionna-t-il directement en fronçant un sourcil perplexe.
- Heu, non, rien du tout, pourquoi ?
- Je ne sais pas, je te trouve différente ce soir. Tu es radieuse.
- Parce que je ne le suis pas d'habitude ? plaisanta la lionne.
- Oh, c'est ça ! fit-il comme s'il venait de comprendre quelque chose.
- Quoi donc ? Je ne le suis vraiment pas normalement ?
- Si si, bien sûr, tu es magnifique et radieuse, mais je ne t'avais pas vu sourire autant depuis quelques temps maintenant. Et tu ne faisais plus de blagues de mauvais goût, ajouta-t-il avec un petit sourire moqueur. Toi, tu as appris une bonne nouvelle aujourd'hui, je me trompe ?
- Oh…
Hermione se sentit rougir légèrement. Alors comme ça il avait quand-même remarqué que quelque chose n'allait pas ? Heureusement n'avait-il pas l'air de savoir quoi exactement. Face à ce constat rassurant, la jeune femme sourit de nouveau, contente qu'il fasse tout de même suffisamment attention à elle pour constater des changements d'humeurs de sa part :
- A vrai dire oui, en quelque sorte, répondit-elle finalement. Mais je n'ai pas le droit de t'en parler.
- Pourquoi ? Ne devrions-nous pas tout nous dire ?
- Tu ne le fais toujours pas toi-même ! fit-elle remarquer. Et puis, il s'agit d'une surprise que tu devrais recevoir demain au petit déjeuner par hibou et qui te fera sûrement plaisir.
- Ne te vexe pas ma princesse, mais je doute que tu puisses être transporter par hibou, ironisa-t-il.
- Crois bien que si je devais venir, ce ne serait pas en volant, j'ai horreur de ça, répliqua la lionne en ricanant. Non, plus sérieusement, ta sœur va t'envoyer un petit quelque chose. J'ai eu le même aujourd'hui.
- J'espère que cela égaiera ma journée alors.
- Pourquoi tu dis ça ? Qu'est qu'il y a ?
- Demain c'est jour de BUSE blanche, je vais devoir surveiller les cornichons pendant l'examen de défense contre les forces du mal avec Remus et Filius.
- Il y a pire non ?
- Oui… ce sera clairement encore pire quand j'aurai à corriger leurs écrits sur les potions. Enfin, ce ne sera qu'en fin de semaine, j'ai le temps de déprimer d'ici là. En attendant, j'ai une bonne nouvelle aussi, enfin, si on peut dire ça…
- Tu ne sembles pas convaincu, dit la jeune femme en fronçant un sourcil circonspect.
- J'ai reçu un courrier officiel de ta patronne pour m'annoncer que ce en quoi j'ai investi allait bientôt ouvrir grâce à mon « don ». Elle ne parle étrangement pas de ton travail, mais au moins, cela me donne le feu vert pour notre plan.
- Oh, je ne savais pas ! Ça avance, en effet, dit-elle alors sans savoir si elle devait s'en réjouir ou non.
- Nous en reparlerons de toute façon, en attendant, parle-moi plutôt de ta journée.
Bien qu'elle n'eût pas fait grand-chose de transcendant, il n'eut pas à lui demander deux fois. Elle lui raconta ses anecdotes en n'omettant aucun détail pendant que lui écoutait sans même travailler, pour une fois.
Le lendemain, de bonne humeur une nouvelle fois, elle prit un petit déjeuner royal. C'était Kreattur qui avait tout préparé ce jour-là, et il avait fait énormément de choses délicieuses, dont des gâteaux et des jus de fruits maison. La journée se déroula elle aussi à la perfection, Hermione décidant même de sortir se balader dans le parc en face du square. Sirius l'avait accompagnée, lui aussi n'étant pas sorti depuis longtemps. Ils purent ainsi parler ensemble de tout et de rien, mais surtout des Rogue, il fallait bien l'avouer. Les oreilles de Severus et de Cléo avaient probablement sifflé longuement ce jour-là.
Pourtant, le soir même, Cléo ne s'en plaignit pas. Au contraire, après le repas, elle et sa bonne humeur inébranlable interpellèrent Hermione :
- Dis-moi, est-ce que tu es libre ce week-end ?
- Oui bien sûr, pourquoi ?
- Samedi j'aimerai beaucoup aller au village dont Sirius parle si souvent : « Pré-Au-Lard » ! Tu serais d'accord pour m'y amener ?
- Heu… oui, si tu veux. Ça fait longtemps que je n'y suis pas allée.
- Super, je rêve d'acheter des sucreries dans la boutique dont Harry et Ron font tant d'éloges. Et puis, j'aimerai boire une Bièraubeurre aussi. Et puis, comme Sirius est occupé tout le week-end ce sera une bonne excuse pour passer un bon moment entre filles.
- Avec plaisir, répondit la lionne qui trouva l'idée réellement excellente.
Elle n'était pas retournée là-bas depuis la réouverture des trois balais, et puis comme il n'y aurait sûrement pas grand monde, le village étant assez calme par rapport au chemin de traverse, elle pourrait acheter des livres sorciers et des fournitures de bureau sans être trop dérangée. Le seul petit pincement au cœur qu'elle aurait serait d'être proche de Poudlard sans pouvoir y voir Severus. Pourtant, une idée lui vint en tête, et le soir même, sans rien dire à son sorcier, elle envoya une missive au directeur de l'établissement en question.
Dès le lendemain, elle eut une réponse qui la fit sauter de joie : elle avait le droit de se rendre dans l'école pour saluer ses anciens enseignants ! Elle pouvait ainsi faire d'une pierre deux coups et, le surlendemain, la jeune femme passa un long moment devant sa penderie tout en pestant. Quelqu'un toqua à la porte à ce moment précis :
- N'entrez pas, je ne suis pas visible, dit vivement la lionne.
- J'ai déjà vu des tas de filles en sous-vêtements pendant mon internat, dit alors la voix amusée de Cléo derrière la porte.
- Oh… entre, j'ai cru que c'était peut-être Harry ou Ron.
- Tu n'es toujours pas prête 'mione ? demanda-t-elle, perplexe.
- Non, soupira Hermione exaspérée.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Je voulais mettre ma robe du nouvel an, mais je ne rentre plus du tout dedans… je crois sincèrement que je dois arrêter de manger tes plats et ceux de Kreattur et faire moi-même à manger !
Cléo leva les yeux au ciel d'un air coupable. Elle même était d'accord avec le fait que ses plats étaient souvent gourmands, pour ne pas dire trop gras ou sucrés. Puis avec un sourire amusé, elle finit par dire :
- Bon après, il y a beaucoup de plats français avec des légumes, j'essaierai d'en faire plus souvent. Mais, tu n'as pas l'air d'avoir pris tant de poids que ça !
- Si seulement mes fesses et mon ventre pouvaient te donner raison, grogna la jeune femme.
- Et ta poitrine aussi, ajouta Cléo en constatant aussi que le soutien-gorge de son amie semblait plus étroit, puis en penchant légèrement la tête sur le côté, elle demanda. Dis-moi Hermione… tu ne serais pas enceinte ?
- N'importe quoi ! s'offusqua d'un coup la lionne en tournant vivement la tête vers son amie.
- Oula, excuse, je me posais juste la question. Tu n'as pas beaucoup grossi, tu as juste pris des formes, c'est pour ça que je demande.
- Je prends une potion contraceptive tous les mois je te signale !
- Oui je sais, mais parfois… enfin, tu le saurais si tu étais enceinte, tu aurais les humeurs changeantes et puis, surtout, tu n'aurais plus tes règles et ça, c'est quand-même visible. Sauf si tu nous fais un déni de grossesse, plaisanta la française. Bref allez, on ne va pas à un défilé de mode, on va juste faire un tour et visiter ton école, enfile une tenue qui te va.
Cléo lui fit un clin d'œil entendu en parlant de Poudlard et la laissa s'habiller. Une fois seule, la jeune femme se sentit légèrement mal… ses règles… depuis quand ne les avaient elle pas eues ?
