Chapitre 12 : situation désespérée.
Il faisait froid et le vent glacial n'aidait clairement pas la lionne à se réchauffer. Pourtant bien emmitouflée dans sa veste polaire, ses mains gantées dans ses poches et son écharpe bien entourée autour de son cou, Hermione avançait. Elle ne savait pas exactement où elle se trouvait, mais elle savait qu'elle pourrait le retrouver ici et c'était tout ce qui importait.
Avançant lentement mais sûrement dans l'obscurité de la soirée, avec une ténacité bien à elle, elle tomba finalement sur ce qu'elle cherchait. Une grande ombre noire et droite se tenait face à elle.
- SEVERUS, cria-t-elle alors. JE SUIS LÀ…
Mais l'ombre ne se retourna pas et se mit à avancer. Agacée, se demandant à quoi il jouait, elle accéléra légèrement le pas pour le rattraper. Hélas, après quelques mètres, une douleur dans son bas ventre la força à ralentir. Pourtant elle devait continuer, car chaque pas qu'elle ne faisait pas l'éloignait de lui…
Forçant un peu plus, mettant cette fois ses mains sur son ventre, elle grimaça tout en suppliant la vie en elle de la laisser avancer. Un pas difficile après l'autre, elle arriva au niveau d'une grille immense qu'elle n'avait pas remarquée et qui, hélas, était fermée. Désabusée, elle s'agrippa aux barreaux blancs et appela :
- Severus, je t'en supplie, je suis là… Severus, reviens…
Finalement, l'ombre se rapprocha enfin de la grille depuis l'obscurité du chemin qui lui faisait face derrière ce portique de fer forgé. Elle sourit alors et s'apprêta à remercier son sorcier quand sa bonne humeur disparut.
Son sang se glaça quand, à la place de Severus, une personne encapuchonnée se mit à rire. Elle l'avait déjà vue quelque part… mais où ?
- Tuer Rogue… j'ai tué Rogue !
- Vous… quoi ? Non, non, c'est faux, Severus viens s'il te plaît… Severus, un épouvantard est…
- Mort… il est mort ! ricana de plus belle la personne qui s'approchait toujours plus du portail.
Tétanisée, la lionne remarqua alors le couteau ensanglanté que tenait la silhouette qui se dressait maintenant juste devant elle. Elle aurait voulu s'enfuir mais rien n'y faisait, puis sa douleur au ventre disparut et l'assassin tendit presque amicalement une de ses mains vers elle. Il y maintenait fermement une pierre précieuse en forme de cœur humain. C'était une émeraude brillante et pourtant dégoulinante d'un liquide rougeoyant qui ne pouvait être que du sang.
- Je l'ai enfin… et c'est grâce à toi… Merci Hermione… merci… maman !
Se redressant dans son lit, Hermione transpirait à grosses gouttes et respirait rapidement. Un cauchemar, ce n'était rien d'autre qu'un cauchemar ! Portant une main sur son ventre encore plat, elle se mit à pleurer. La dispute avait dégénéré, et plus rien ne semblait avoir de sens. Triste et perdue, elle se demanda si elle avait fait le bon choix. C'est alors qu'elle entendit des petits coups frappés à sa porte :
- Hermione ? C'est Cléo, je peux entrer ?
- Oui...
La porte de la chambre s'ouvrit, pour laisser place à la jeune femme aux cheveux "galaxie". Elle portait un plateau repas, recouvert des aliments appréciés par sa belle-sœur pour le petit-déjeuner.
- J'ai pensé que tu voudrais manger avec moi ce matin, tu as l'air… contrarié, dit-elle d'une voix douce.
- Je n'ai pas faim Cléo, ce n'est pas la peine.
- Écoute Hermione, je ne suis pas née de la dernière pluie, je sais que ton état à un rapport avec mon frère, mais je t'en prie, ne te laisse pas abattre comme ça. Nous sommes tous inquiets pour toi tu sais.
- Je n'ai pas envie d'en parler.
- Je ne t'y oblige pas, mais si je peux me permettre... tu devrais lui laisser une chance de s'expliquer.
- Sûrement pas, qu'il aille au diable, grogna Hermione, en essayant de ne pas pleurer.
Elle tourna le dos à Cléo, et ne vit pas celle-ci grimacer.
- Bon…, soupira cette dernière, Je n'insiste pas. Mais tu sais que si tu as besoin de nous parler, nous sommes là pour toi.
- Je le sais, dit Hermione en recalant sa tête sur son oreiller.
- Essaie de manger un bout quand même quand tu le sentiras, insista doucement Cléo avant de sortir de la pièce.
Une fois la porte fermée, Hermione se retourna et regarda la nourriture, mais sa simple vue lui donna envie de vomir. Ecœurée, elle repoussa le plateau-repas.
- Et dire que je ne parle plus à la seule personne capable de soulager ce désagrément, dit-elle, une pointe d'ironie dans la voix.
…
Hermione était dans sa chambre et guettait désespérément le ciel par la fenêtre… mais rien. Aucun volatile n'était en vue, encore moins un fichu hibou postal. Cela faisait une semaine maintenant, sept longs jours qu'elle s'était disputée avec Severus et que ce dernier ne lui donnait aucune nouvelle.
Certes, elle y avait été fort en l'insultant comme elle l'avait fait, mais lui-même l'avait indirectement traitée de « sang de bourbe », de « sang impur », et ce n'était pas rien. Il savait pertinemment à quel point ce terme la blessait… Cependant, elle s'était attendue à un minimum de… Soutien ? Non pas vraiment. D'inquiétude ? Oui peut-être, mais elle espérait surtout des excuses.
Néanmoins, elle savait qu'en le comparant à Tobias -sa plus grosse erreur-, elle n'en obtiendrait jamais. Elle se sentait mal d'avoir utilisé les violences de ce dernier comme comparatif. Premièrement car il avait été malade pendant longtemps, ce qui rendait la chose immorale, mais aussi parce qu'en attaquant Severus de la sorte, elle savait qu'elle avait touché LE point sensible de son conjoint… ou ex conjoint peut-être.
En d'autres termes, Hermione s'en voulait terriblement. Elle n'avait pas fait mieux que Severus sur ce coup-là, tous deux ayant dépassé les bornes.
Il avait fallu presque 48h et un cauchemar pour que la jeune femme se calme enfin et ne s'en rende compte, mais dès lors, elle n'avait eu de cesse de vouloir joindre le sombre sorcier dès son réveil agité. Elle avait commencé par utiliser le miroir, mais il n'avait pas répondu. Pourtant il l'avait encore, elle en était certaine car même sans le voir, elle était persuadée de l'avoir entendu, un soir, marmonner des choses qu'elle n'avait pas comprises. Hélas, le contact avait été rompu dès lors qu'elle eut appelé son prénom devant l'objet magique.
Néanmoins, ce qui inquiéta le plus la lionne, ce fut l'article qu'elle lut dans la gazette du sorcier ce même jour, lors de son déjeuner forcé, Cléo sachant se montrer menaçante quand il s'agissait de la santé de son amie :
"Le séisme de Poudlard enfin expliqué"
Oh, elle n'était pas incrédule et elle n'avait pas eu besoin de lire l'article pour en comprendre la teneur. Severus avait de nouveau eu une de ses 'fuites' de magie et avait fait trembler les murs du cachot pendant leur dispute, ce qui avait déjà valu un article, le lendemain même de l'incident, où il était alors question d'un "terrifiant séisme inexpliqué à l'école Poudlard". Ce jour-là, Hermione s'était contentée de lancer son journal sur la table de la salle à manger du square, fustigeant contre Severus et son comportement qui avait entraîné les secousses. Grand bien lui fasse ! S'était-elle dit alors qu'elle lui en voulait au plus haut point.
Mais voilà, le temps et la colère avaient passé et elle ne put s'empêcher de lire quelles explications allaient être données… Et quelle ne fut sa surprise, ou plutôt, sa terreur en lisant les lignes suivantes :
"Le séisme quelque peu destructeur qui a touché l'école de sorcellerie de Grande Bretagne a enfin trouvé son épicentre ! Et non, ce n'était pas un simple caprice de la nature ou du calamar géant, comme cela avait été évoqué par mon collègue dans son dernier article.
Non messieurs et mesdames, ce n'était pas cela du tout, et pour cause, le séisme a été provoqué par la main humaine. Et pas n'importe laquelle car il s'agit en effet de celle de nul autre que le directeur de la maison de Serpentard, le très connu héros de l'ombre, j'ai cité bien sûr : Severus Rogue !
De source confidentielle mais sûre, croyez le bien, les dégâts subis par l'établissement et le choc vécu par les pauvres élèves et autres habitants du château trouvent leurs origines dans la fraîcheur des cachots de l'établissement.
Pourtant connu pour être l'un des plus grands maîtres des potions de l'époque contemporaine, Severus Rogue a visiblement commis une imprudence indigne du statut de professeur, de directeur et aussi même de celui de maître ! Que faisait-il exactement dans ses appartements ? Nous ne le saurons jamais, le susnommé n'ayant pas souhaité répondre à mes nombreuses sollicitations, preuve s'il en fallait de sa culpabilité, à n'en point douter. Mais quoi qu'il ait pu trafiquer, il est clair qu'il s'agissait d'expérimentations dangereuses et inappropriées. Qui sait ce qui aurait pu se produire si les murs et les protections magiques de Poudlard n'avaient pas été si puissantes ? Il semble clair que des morts auraient été dénombrés, alors même que la guerre n'en avait pas engendré !
(...) "
Elle n'avait alors pas lu la suite du torchon que le cafard avait écrit. Hermione avait emmagasiné suffisamment d'informations pour savoir que ce qu'elle avait pris pour de petites secousses sans importance avaient finalement pris des proportions gigantesques après son départ. Certes, Skeeter n'était pas connue pour sa fiabilité, mais si elle avait pris la peine de sortir sa plume pour parjurer contre Severus, c'était forcément que les dégâts sur le château avaient été réels… Seules les explications étaient outrageusement fausses, et la lionne espérait que les lecteurs ne seraient pas assez stupides pour tout gober.
Mais alors, la santé de Severus la préoccupa. Vu l'état dans lequel il avait été après l'explosion dans le salon du square, qu'en était-il après l'explosion de toute une partie de Poudlard ?
Inquiète, elle avait alors tout de suite écrit une lettre qui demeura sans réponse de la part de Severus. Ce fut grâce à Albus qu'elle apprit que le sorcier de ses pensées était en forme. Elle prit alors son courage à deux mains, à la fois soulagée de le savoir en forme et énervée de nouveau en sachant qu'il l'ignorait alors, et écrivit une autre missive pour revenir sur les événements et leur dispute. Lettre à laquelle elle désirait plus que tout avoir une réponse…
Et la voilà, presque une semaine plus tard, devant sa fenêtre, à espérer encore avoir une réponse malgré les trois jours passés depuis son envoi. Il ne pouvait pas l'ignorer éternellement tout de même ?
Cléo avait, quant à elle, reçu deux hiboux en une semaine, et même si la française ne l'avait pas dit à la lionne, Hermione était certaine que c'était bel et bien son frère qui lui avait écrit ! Quel enfoiré… oui, la colère n'était peut-être pas partie si loin en soit.
- Hermione, tu as de la visite.
La voix de Cléo venait de retentir doucement derrière la porte. Se tournant vivement, la lionne se dirigea vers elle, espérant au fond d'elle qu'il puisse s'agir de Severus. C'était samedi, alors il ne travaillait pas après tout. Ouvrant à la française, Hermione la regarda avec un espoir non dissimulé, mais celui-ci retomba bien vite à néant :
- Il s'agit d'un certain Drago, c'est un ami à toi ? demanda-t-elle gentiment sans faire de réflexion sur l'ascenseur émotionnel que son amie venait de vivre.
- Drago ? Heu… ami est un grand mot, mais une connaissance oui.
- Il t'attend en bas en tout cas… Comment tu te sens ?
En demandant ça, Cléo avait posé sa main sur le bras d'Hermione. Elle n'avait toujours pas osé lui annoncer sa grossesse et ne lui avait que très succinctement expliqué qu'elle et son frère s'étaient disputés à cause d'un sujet épineux. Cependant, au vu de l'inquiétude et de la sollicitude de la française, la jeune femme sentait qu'elle était plus au moins au clair avec la situation. Elle était, après tout, bien loin d'être stupide :
- On ne peut mieux en vue des circonstances… avoua-t-elle alors avant que Cléo ne la serre contre elle.
- Ça va s'arranger j'en suis certaine. Tu veux que je t'accompagne avec ta connaissance ?
- Non, ça ira ne t'en fais pas, j'ai confiance en lui.
Remerciant Cléo, Hermione descendit alors pour rejoindre Malfoy dans le salon. Quand elle entra dans la pièce, ce dernier était debout vers la cheminée, observant une photo de toute la maisonnée qui avait été prise par les Rogue seniors avant leur retour en France :
- Elle ne bougera pas tu sais, dit la lionne en voyant l'air perplexe du sorcier au sang pur face à elle.
- J'en avais entendu parler, mais je ne pensais pas que cela ressemblait à ça, dit-il simplement avant de se tourner vers elle.
Il était presque comme la dernière fois qu'elle l'avait vu, les cernes et le teint maladif en moins. Ses cheveux blonds étaient plaqués en arrière dans une coupe de premier de la classe, dégageant tout son visage et mettant en avant ses deux yeux gris envoûtants. Il était plutôt beau garçon, bien que son air hautain lui ôtât le capital sympathie qu'il aurait pu en tirer.
Habillé avec une tenue digne d'un aristocrate sorcier, comme en avait son père quand Hermione le croisait à l'époque, il ne lui manquait qu'une canne pour parfaire son look à la Lucius. Pourtant, quelque chose avait bel et bien radicalement changé chez lui… Il arbora un sourire franc quand il croisa le regard de la lionne :
- Bonjour Granger, tu sembles être en forme, dit-il simplement.
- Bon… bonjour, bafouilla-t-elle sous l'effet de surprise face au mot employé, somme toute de façon fortuite. Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Tu ne savais pas que je venais ? s'étonna-t-il.
- Visiblement non…
- Eh bien, je suis ici pour tes cours de « bienséance ».
Fronçant un sourcil stupéfait, la jeune femme ne trouva rien à répliquer face à l'affirmation de Drago. Avec un léger rire amusé quoique pourtant loin d'être moqueur, ce dernier s'approcha d'elle et lui expliqua :
- J'ai reçu il y a quelques jours une invitation officielle pour une soirée en l'honneur de l'ouverture de ton aile spécialisée pour les elfes de maison. Et Severus m'a demandé de venir te donner des cours sur la façon dont cela va se dérouler.
- Oh… Il pense donc que je ne saurai pas me tenir convenablement alors ! marmonna Hermione qui se sentit de nouveau insultée.
- Je pense plutôt que vu les règles moyenâgeuses qui sont toujours en vigueur dans la Lorderie sorcière, Severus veut que tu y sois préparée. J'ai moi-même eu des cours une fois par semaine de mes 5 ans jusqu'à mes 11 ans. Crois-moi, ce n'est pas évident, expliqua-t-il avec un air exaspéré en y repensant.
- À ce point-là ?
- Tu savais par exemple que si tu te trouves face à une personne plus âgée que toi, tu ne dois pas lui adresser la parole avant qu'elle ne le fasse elle-même ? Même pour dire bonjour ou pour que tu te présentes. D'ailleurs, pour te présenter, il ne faut jamais utiliser de titre mais juste donner ton nom et potentiellement ton prénom, car c'est très mal vu d'ajouter « madame » ou « mademoiselle » avant. Mais c'est toujours moins mal vu que de tendre sa main gauche pour une poignée de main.
Face à cette courte énumération de règles que la jeune femme trouva farfelues, elle garda le silence. Drago ricana alors légèrement :
- Et dis-toi que là, ce ne sont que des règles lambda. Attends de voir celles pour les repas et les boissons. Mais crois-moi, le pire sera les cours de « savoir-être » lors des activités.
- Les activités ? répéta Hermione qui avait finalement la sensation qu'elle ne serait peut-être réellement pas à la hauteur.
- Il y aura probablement des jeux, mais il y aura surtout des danses, ne te leurre pas. Le bal de Noël de Poudlard, en comparaison, c'était une foire de village.
- Par Merlin, mais pourquoi ne pas m'avoir prévenu avant alors !
- Il est très mal vu de parjurer de la sorte sur le nom d'un sorcier ou d'une entité célèbre, comme des dieux ou des légendes. Il faudrait plutôt que tu dises « palsambleu », « parbleu » ou même simplement « diantre ».
- Si je comprends bien, les cours commencent déjà ? paniqua presque Hermione.
- Si tu es disponible, le plus tôt sera le mieux. Mais je peux repasser plus tard, je pensais après tout que tu t'attendais à ma venue.
- Allons-nous mettre à la bibliothèque, la soirée est dans un mois à peine après tout…
- Vu que tu sais déjà la date de l'événement, tu te dois d'être précise en indiquant que la soirée aura lieu dans cinq semaines. Tu ne peux te montrer imprécise que dans les cas où tu ne connais pas une date.
- Diantre… je sens que la journée va être longue.
Drago sourit amicalement en constatant que la jeune femme faisait déjà des efforts. Accompagnée par le blond, Hermione croisa Cléo en montant jusqu'à la bibliothèque. Elle expliqua alors à son amie qu'ils allaient étudier ensemble sur l'aristocratie avant de s'enfermer avec le plus improbable des professeurs qu'elle n'aurait jamais pensé avoir.
Ainsi, pendant plusieurs heures, Hermione appris diverses règles sur le protocole, en effet moyenâgeux, de la Lorderie sorcière. En l'espace de trois heures, elle n'eut le temps de voir que ce qui avait attrait à la façon de se présenter et de se tenir, il allait falloir plusieurs séances, mais Drago semblait optimiste :
- Je le savais déjà, mais tu es vraiment douée quand il s'agit d'apprendre des choses. Je pense que si nous nous voyons deux ou trois fois par semaine, tu seras parfaite le jour j.
- Je rêve ou tu viens de me faire un compliment ?
- N'exagérons rien Granger, je dis juste ce qui relève de la notoriété publique. Tu es intelligente ! expliqua-t-il en haussant les épaules avec un air amusé.
- Tu devrais m'appeler Hermione, après tout, nous sommes amenés à nous voir régulièrement maintenant.
- C'est vrai, et puis ce n'est pas inconvenant vu que nous nous connaissons déjà. Mais tu devras m'appeler par mon prénom toi aussi.
- Cela va de soit Drago, répondit-elle en souriant enfin, ce qui n'était pas arrivé depuis une semaine.
- Alors, je te dis à lundi ou mardi ?
- Lundi sera parfait.
- Alors très bien, bonne soirée Hermione, dit-il en tournant les talons.
A peine eut-il quitté la pièce que Cléo entrait dans la bibliothèque :
- Vous avez étudié jusqu'à maintenant ?
- Tu n'imagines pas ce qu'il me reste encore à assimiler…
- Mais pourquoi dois-tu apprendre tout ça au juste ?
- Pour la soirée en l'honneur de l'ouverture de mon service.
- Quand y aura-t-il une soirée ?
Ce fut à ce moment précis qu'Hermione se rendit compte que ses amis de toujours n'étaient même pas au courant du plan d'action que Severus et elle avaient mis en œuvre… Et surtout que Cléo n'était même pas encore au clair quant au statut de son frère. Néanmoins, ce n'était pas à elle de le lui dire :
- Dans cinq semaines, car mon service ouvrira officiellement le lundi d'après.
Sans entrer dans les détails, une fois de plus, Hermione expliqua que la soirée serait en présence des Lords sorciers du pays, et que Sirius devra bientôt recevoir sa propre invitation d'ailleurs. Elle s'en voulait vraiment de ne pas tout lui dire, elle qui avait toujours été franche et qui, en plus d'être devenue probablement sa meilleure amie, était sa belle-sœur… ou ex-belle-sœur ? La jeune femme soupira, ayant l'impression de devenir de plus en plus comme Severus, et pas dans ses meilleurs côtés :
- Cléo... hésita Hermione après un instant.
- Je sais ! répondit-elle simplement en prenant d'un coup la lionne dans ses bras, l'air à la fois triste et soulagée. Tu es vraiment enceinte et c'est pour ça que vous vous êtes disputés avec Severus…
- Il… il te l'avait dit ?
- Non, mais c'était évident… et je suis contente que tu te décides enfin à m'en parler.
- Je n'ai pas eu à le dire… fit remarquer Hermione qui posa sa tête sur l'épaule de Cléo, se sentant enfin plus légère.
- Ça sert à ça les amis, à se comprendre. Et quoi que tu décides de faire avec ou sans mon frère, sache que tu pourras toujours compter sur moi !
- Je sais…
Restant dans les bras de son amie, Hermione retint un sanglot. Elle aurait dû lui dire bien avant, elle s'en rendait compte et se sentait stupide d'avoir tant hésité :
- Cependant je ne sais plus ce que je dois faire… Je ne veux pas perdre ton frère, je l'aime tellement…
- Je sais que Severus n'a jamais voulu d'enfant… Ma mère m'a dit un jour qu'il n'avait que 10 ans quand il lui a dit la première fois, dès qu'il a su qu'il allait être grand frère.
- Sérieusement ? s'étonna Hermione en relevant la tête pour voir les yeux de Cléo.
- Oui, il avait dit un truc du genre « c'est de l'ordre de la démence que de vouloir faire des enfants pour vivre dans un monde aussi pourri ». À l'époque maman l'amenait déjà chez un psychologue une fois par mois sur le conseil de sa maîtresse, mais son discours n'a apparemment jamais changé malgré tout.
Hermione détourna le regard un instant, baissant la tête. Qui était-elle donc pour le forcer à changer d'avis sur ce point s'il était sûr de ne pas vouloir d'enfant ? Pourtant, bien qu'elle se voyait encore quelques mois auparavant finir seule avec des chats, l'idée de devenir maman et de fonder sa propre famille avec Severus lui avait beaucoup plu :
- Tu sais depuis quand tu es enceinte ?
- Autour du premier janvier…
- Tu vas devoir prendre une décision rapidement…
- Severus sera en vacances samedi prochain, je verrai pour aller à Poudlard pour le voir… s'il est d'accord.
- Il le sera j'en suis certaine. Il s'inquiète pour toi tu sais.
- Il ne me le montre pas, il ne me répond même plus.
- En tout cas, il m'a demandé de te surveiller et de prendre soin de toi, avoua Cléo.
- Nos rôles se sont inversés alors, ne put s'empêcher de dire Hermione en souriant légèrement
- Je suppose que même sans qu'il nous le demande, nous pouvons considérer que nous prenons soin l'une de l'autre, comme deux meilleures amies sont censées le faire.
- Comme deux sœurs, corrigea la lionne qui cette fois prit les devant pour un câlin, serrant Cléo dans ses bras à elle.
Dans la semaine qui suivit, aucun hibou ne vint pour la jeune femme, mais la française reçût de nouveau deux courriers de la part de Severus. Il ne lui disait pas grand-chose, se contentant de lui demander comment allait Hermione, preuve s'il en fallait qu'il s'inquiétât vraiment pour elle. À moins que cela ne fut que du choix qu'elle allait faire concernant « l'amas de cellules ».
Pendant ce laps de temps, Drago vint deux fois pour redonner des cours à la lionne qui avait toujours beaucoup à apprendre. Cela avait eu le mérite de surprendre les amis de la lionne. D'ailleurs, d'autant que Sirius n'avait toujours pas reçu d'invitation, mais elle leur expliqua comme à Cléo les raisons de cette collaboration surréaliste.
Le samedi arriva alors, les vacances scolaires avec elle. Hermione envoya un nouveau courrier à Severus, lui demandant si elle pouvait le voir. En attendant la réponse, si tant est qu'il y en ait une cette fois-ci, la jeune femme vit Drago pour la quatrième fois. La différence principale résidait dans le fait que ce fut elle qui se rendit au manoir Malfoy. Harry lui avait assuré qu'elle ne risquerait rien, bien que lui-même ait été sur la réserve quand il eut su que sa sœur de cœur devait aller chez les anciens mangemorts.
Quand la porte s'ouvrit, ce fut un elfe de maison qui se montra face à la jeune femme. Ce n'était pas très surprenant quand on connaissait cette famille. La créature qui semblait en revanche de bonne humeur, contrairement à Dobby à l'époque où il était au service de cette demeure, avant d'être libre et embauché officiellement par Poudlard, accompagna la jeune femme jusqu'à un immense salon où elle tomba sur les parents de Drago qui jouaient aux cartes :
- Miss Granger, salua Lucius Malfoy en se levant.
- Bonjour Monsieur Malfoy, dit Hermione en le regardant dans les yeux et en respectant déjà les règles de bienséances apprises.
- Bonjour miss Granger, fit à son tour Narcissa en souriant à la jeune femme.
- Bonjour Madame Malfoy.
- Je vois que mon fils a bien fait son travail, constata l'ancien membre du ministère avec un sourire assez fier.
- Je suppose oui, même si je ne puis l'affirmer moi-même, répondit-elle tout en respectant toujours le protocole aristocratique et poussiéreux.
Cela avait au moins le mérite d'occuper l'esprit de lionne qui, devant ainsi réfléchir à ses réponses, oublia presque ses appréhensions.
- Ne vous en faites pas miss Granger, intervint la sorcière avec un air bienveillant, vous serez parfaite j'en suis certaine, mais ce n'est pas la peine d'être si formelle aujourd'hui avec nous. Déjà car nous ne sommes plus Lords de la famille depuis la fin du procès, et même sans cela, vous êtes ici comme invitée d'honneur.
C'était surréaliste pour Hermione de se trouver si bien accueillie dans ce manoir qui avait abrité tant de réunions de mangemorts dans le but de détruire l'essence même de ce qu'elle était. Pourtant, les deux personnes face à elle semblaient réellement avoir fait amende honorable à la suite du procès, surtout Lucius qui était toujours assigné à domicile mais qui semblait toujours aussi bien accepter son sort pour payer la dette de ses erreurs. Puis, enfin, Drago arriva :
- Bonjour Hermione, tu es ponctuelle à ce que je vois. Nous allons pouvoir commencer !
- Quel est le sujet du jour ? demanda-t-elle, curieuse car ne sachant pas encore la raison de sa présence ici pour son cours.
- Les danses de salon ! répondit le jeune blondinet en souriant.
Et en effet, à peine eut-il dit cela qu'il claqua des doigts et que de la musique se mit en route. Narcissa sourit lorsque son mari lui tendit la main pour directement l'inviter à danser, sous le regard attendri de leur fils qui s'approcha de la lionne :
- Comme tu peux le voir, c'est à l'homme de mener. Mais contrairement à la simple valse que tu as dû apprendre pour le bal du tournoi à Poudlard, il va falloir apprendre un positionnement exact. D'autant que sur certains morceaux, il y a changement de partenaire durant un laps de temps. Je ne sais pas si je suis très clair.
- Si ne t'en fais pas, c'est comme dans les films, constata Hermione avant d'ajouter face au regard intrigué de Drago, c'est un truc moldu, mais il y avait aussi des danses dans le genre à l'époque.
- Bien, alors tu devrais vite t'y faire, s'amusa-t-il.
Vite… c'était un peu utopique. Non, il fallut beaucoup de temps à la jeune femme pour n'apprendre qu'une seule des cinq danses en vigueur. Mais heureusement, le jeune Lord face à elle avait appris à être patient lors de ses propres cours de bienséance dans son enfance. Ce ne fut alors qu'en fin de journée qu'elle rentra, fatiguée, mais avec trois autres cours déjà programmés pour la semaine à venir. Et elle eut le temps de s'y rendre sans même n'avoir aucune réponse de Severus durant cette période.
- Eh bien écoute, j'ai l'impression que tu es prête. Il ne nous reste plus qu'à voir les règles lors des repas, finit par dire Drago le troisième jour de danse de salon.
- Tu n'imagines pas comme je suis heureuse de te l'entendre dire, souffla-t-elle épuisée. Manger sera plus agréable pour mes jambes. !
- Attends de voir les règles en question avant de t'estimer heureuse, se moqua-t-il gentiment.
C'était indéniable, le blond était terriblement charmant quand il le voulait et qu'il ne jouait pas au con raciste. Ce personnage qu'il avait joué si longtemps avant de se rendre compte qu'il valait mieux que toute cette haine. La jeune femme sourit à son tour, jusqu'à ce qu'il dise :
- Enfin, avant de voir tout ça, nous pourrons peut-être passer lundi chez Mme Guipure pour commander nos tenues.
- Il y a des protocoles mêmes pour les tenues ? Une robe de soirée ne suffira pas ?
- Si bien sûr, mais il serait préférable que nos tenues soient en adéquation.
- Pourquoi ?
- Eh bien, vu que je serai ton cavalier, il vaut mieux que nous n'ayons pas des couleurs trop différentes.
- Mon… Mon cavalier ?
- Euh… oui, dit-il sans comprendre la question de la jeune femme. Nous allons aller à la soirée ensemble. Oh… attends, laisse-moi deviner, Severus ne te l'a pas dit…
- Si, mentit alors la jeune femme qui tenta de garder la tête haute. C'est juste que te l'entendre dire est étrange…
- C'est vrai que c'est curieux, qui l'aurait cru hein ? ria finalement Drago qui semblait soulagé. Mais justement, notre hôte pour la soirée pense que cela sera une bonne chose pour mon image publique et surtout, que ce sera un message fort pour la société. La guerre est finie, nous devons tous repartir sur de bonnes bases, encore plus peut-être les lions et les serpents.
- Hum… sûrement en effet, dit-elle en esquissant un sourire qu'elle voulait le plus convainquant possible, ce qu'elle réussit apparemment.
Une fois au square, Hermione n'en revenait toujours pas. Severus l'avait non seulement laissé tomber, mais il la mettait maintenant dans les bras d'un autre ! Si elle était allée à la soirée avec lui, cela aurait pourtant eu le même effet pour la presse… Enfin, pas pour la famille Malfoy certes, mais tout de même. Soupirant, elle n'avait alors plus qu'une envie, oublier Severus jusqu'à la soirée. Ce qui ne risquait pas d'arriver ce soir-là, vu qu'elle entendit la voix de sa filleule. Parbleu, mais que faisait-elle ici ?
- … jusqu'à ce que McGonagall ne finisse par rire à son tour, finissait d'expliquer Alice en riant avec Ron. Oh salut Hermione, comment tu vas ?
- Salut… ça va mais, qu'est-ce que tu fais ici ?
- J'étais au chemin de traverse quand j'ai croisé Harry et Ron qui profitaient de leur journée de repos, expliqua-t-elle en souriant.
- Et comme Harry devait ensuite rejoindre ma sœur, j'ai proposé à Alice de venir ici avec moi, termina le rouquin en rougissant légèrement.
- Et ton père ? questionna Hermione qui espérait presque qu'il soit avec Severus quelque part non loin.
- Il est au travail, mais je l'ai appelé avant.
- Tu savais que certains téléphones moldus pouvaient tenir dans les poches ? interrogea Ron, impressionné. Et ils peuvent fonctionner même dans certaines zones sorcières maintenant, dont Sainte Mangouste.
- Les portables fonctionnent dans le monde sorcier ? s'étonna Hermione.
- Seulement à certains endroits pour le moment, ça a été vu entre le ministre moldu et Shacklebolt. On n'arrête pas le progrès hein ? s'amusa Alice.
- D'ailleurs en parlant de ça, intervint d'un coup Sirius qui arriva à son tour dans la cuisine tout en saluant Hermione d'un sourire heureux, j'ai enfin l'autorisation ministérielle pour faire intervenir des hommes-électriques pour installer un comptoir ici !
- Ça s'appelle des électriciens mon cœur, et c'est un compteur électrique, mais tu y étais presque, s'amusa Cléo qui arriva à peine quelques secondes plus tard, des courriers à la main. Tiens Hermione, tu as une lettre et toi aussi, dit-elle en donnant une enveloppe à Sirius avant de donner celle pour la lionne. Ça a l'air officiel.
Elle qui voulait une lettre de Severus, voilà qu'elle en tenait une dans ses mains… mais pas celle qu'elle avait espérée. Il s'agissait clairement de son invitation, vu le sceau magique à l'arrière qui représentait un pygargue avec une couronne sur le buste. Elle se contenta de la mettre dans sa poche alors que Sirius l'ouvrit directement :
- Ça doit être la fameuse soirée pour ton exploit ministériel, dit-il en découvrant la missive. Les Lords du pays risquent de ne pas tous être contents de ton initiative, mais peut être que celui qui nous invite sera plus intelligent que les… SEVERUS PRINCE ? s'exclama Sirius qui aurait pu être sur le point de faire un arrêt cardiaque.
- Quoi ? fit Cléo qui prit l'invitation des mains de son conjoint. Hermione mais qu'est-ce que…
- Ce n'est pas à moi de te le dire normalement… soupira la susnommée.
- Bin quoi ? interrogea Alice. Tonton parrain est le Lord représentant la famille Prince depuis le décès de son grand-père, tout le monde le sait… non ?
Bon, au moins la française savait maintenant, même si ce n'était pas Severus à proprement parler qui lui avait expliqué :
- Oh, non, clairement vous ne le saviez pas… ben, maintenant au moins vous êtes au courant, dit Alice d'un air penaud.
- Mon frère a hérité des biens de mes grands-parents maternels ? En plus de savoir ce qu'ils étaient devenus, il avait carrément repris contact avec eux au point d'être proche d'eux et de devenir héritier ?
- Proche c'est un bien grand mot. Peut-être avec sa grand-mère oui, un peu, mais son grand-père… lui il avait Severus en haute estime visiblement, mais ce n'était pas franchement réciproque. En tout cas, il a hérité du titre officiellement, d'où le fait que Severus soit un prince, comme je le dis souvent ! expliqua Alice comme si cela coulait de source et ce malgré le choc que Sirius n'arrivait pas à cacher de son visage.
Il fallut plusieurs minutes, un thé corsé et une conversation supplémentaire avec Alice qui connaissait quelques éléments complémentaires pour que le Lord Black se fasse à l'idée, tout comme Cléo qui semblait en vouloir légèrement à Hermione cette fois-ci… puis la jeune Rivoyre termina son récit en ricanant légèrement quand l'atmosphère fut plus détendue :
- N'empêche, quand je pense que j'étais à deux doigts d'hériter d'une fortune !
- Pourquoi tu dis ça ? demanda Ron qui semblait perplexe.
- J'étais jusqu'à il y a peu la seule héritière du testament de mon parrain.
- Tu n'y es plus ? demanda le rouquin qui souriait amusé. Ah c'est con ça, je vais arrêter de te parler alors.
- N'importe quoi ! répliqua la serpentarde en donnant un léger coup de poing dans l'épaule de Ron. Et non, je ne le suis plus, c'est Hermione maintenant la future riche ici !
En disant cela, Alice sourit grandement à la lionne qui faillit à son tour faire un arrêt. Elle l'observa alors avant de répliquer vivement :
- C'est n'importe quoi Alice, je ne suis pas sur le testament de Severus.
- Bien sûr que si, c'est lui-même qui me l'a dit. Il m'a demandé d'aller à son bureau après un cours pour me parler de ça, il craignait que je lui en veuille. Mais franchement, c'est mal me connaître. Moi je ne veux pas de son argent, ses tableaux, à la limite, mais c'est tout, dit-elle en souriant toujours.
- Tu dois te tromper, assura alors la lionne qui se retint de se lever et partir pour pleurer.
Elle n'en avait cure d'être sur le testament de Severus, c'était le sorcier lui-même qu'elle voulait. Mais l'idée était ridicule, il ne voulait même plus d'elle, c'était clair, alors tout lui léguer si jamais il lui arrivait quelque chose, c'était improbable. Peut-être en avait-il parlé avant leur dispute, mais Alice allait vite retrouver sa place sur ledit document :
- Oh après tu sais, il m'en a parlé la semaine avant les vacances seulement alors il va sûrement t'en parler plus tard, dit-elle simplement en haussant les épaules.
- Bref, passons, finit par dire Cléo qui regarda Hermione rapidement avant de regarder Sirius. Tu comptes m'inviter à cette soirée ? Il y a noté que tu peux y aller avec quelqu'un.
Hermione comprit sans mal que la française faisait diversion pour qu'elle puisse s'en aller sans rien avoir à ajouter. Même si Cléo en voulait peut-être à la jeune femme, elle était encore suffisamment attachée à elle pour l'aider en changeant de sujet. Reconnaissante, la lionne s'éclipsa alors pour s'enfermer dans sa chambre, perturbée.
Avait-il réellement décidé de la mettre sur un document d'une telle importance juste avant les vacances ? Soit après leur dispute ? C'était surprenant, voire incompréhensible… et Hermione voulait absolument avoir des réponses. Le lendemain, elle allait trouver le moyen de le voir, coûte que coûte.
En se réveillant ce matin-là, la jeune femme était déterminée. Il était très tôt, toute la maisonnée dormait encore quand elle s'habilla et qu'elle descendit pour prendre un petit déjeuner. Elle aurait aimé s'en passer, mais elle avait trop faim pour ça. Une fois dans la cuisine, elle sursauta en voyant Cléo assise devant une tasse de thé, deux assiettes d'œufs au bacon devant elle :
- J'ai préparé ton petit déjeuner, dit simplement la française d'un ton calme et doux.
- Mon…
- Je voulais être sûre que tu mangerais avant d'aller chercher mon frère par la peau du cou pour l'obliger à te parler.
- Comment tu…
- Je te connais assez maintenant tu sais. Alors pose tes fesses, mange, et sache que Severus n'est pas à Poudlard. Il est dans notre ancienne maison, il avait des choses à y faire apparemment…
Sans savoir quoi dire, la lionne se contenta d'aller prendre Cléo dans ses bras :
- Je suis désolée que tu aies appris pour Severus comme ça.
- C'était à lui de le faire, tu as raison, je ne t'en veux pas… Enfin, plus, car hier je t'avoue que sur le coup, j'étais vexée que tu sois au courant et pas moi. Enfin, quand j'y repense, il m'a dit pour sa jambe que bien après avoir eu une prothèse, alors j'aurais dû me douter qu'il ne m'avait pas tout dit sur tous les sujets le concernant. Il lui reste beaucoup de secrets à me dire dans le futur ? demanda-t-elle en souriant légèrement à Hermione.
- Si je le savais… ton frère est une véritable énigme et je n'ai pas réussi à tout résoudre. Je n'y arriverai sûrement jamais d'ailleurs ! répondit la lionne qui se détendit enfin.
Après un bon petit déjeuner, et sachant qu'elle aurait accès à Severus plus facilement que prévu, elle se prépara à transplaner avant d'hésiter. Et si elle ne faisait plus partie des personnes pouvant rejoindre l'impasse du tisseur directement ? Mais Cléo lui donna une tape amicale derrière la tête avec un air désespéré, lui faisant comprendre qu'elle pouvait y aller, sans même avoir à parler, une fois de plus. Et heureusement, ce fut le cas…
Quand elle se matérialisa dans l'entrée dans la demeure du sombre sorcier, Hermione dut se tenir au canapé à côté d'elle pour reprendre ses esprits. Elle était sur le point de vomir ses tripes et dut se battre contre son estomac pour qu'il cesse de l'embêter. Il était à peine 7h et tout était calme et silencieux. Severus avait probablement entendu la lionne arriver mais il ne vint pas pour autant.
Soupirant, elle se redressa et constata quelque chose de surprenant qui l'inquiéta presque. Une bouteille de whisky bien entamée était posée sur la table basse devant le canapé. Se reprenant, Hermione chercha Severus dans les diverses pièces de la maison, ne comprenant pas qu'il ne soit pas venu voir qui était arrivé chez lui. Attendait-il Christian… ou quelqu'un d'autre ? Non, clairement il ne s'attendait pas à avoir de la visite.
Ce fut dans sa chambre qu'elle le trouva, tout simplement. Severus était allongé dans son lit, sous sa couette. Il était sur le dos et ne réagit même pas quand la jeune femme ouvrit la porte. Ce n'était pas habituel, lui qui était toujours si vigilant sur tout ce qui l'entourait, même la nuit. Puis en s'approchant du lit elle vit, grâce aux quelques rayons du soleil qui illuminaient timidement la pièce dont les rideaux étaient mal tirés, des dizaines de flacons de potions posés sur sa table de nuit.
En voyant cela, Hermione fronça un sourcil surpris. Pourquoi avait-il monté autant de potions différentes ? Puis, au fond de son être s'insinua une peur étrange qu'elle ne comprit pas immédiatement… jusqu'à se rendre compte qu'il ne ronflait pas.
Tout alla très vite dans sa tête, que ce soit les flacons, la bouteille de whisky, l'histoire du testament et même le fait que Cléo avait eu pour consigne de prendre soin d'elle, en passant par les cours sur les lords et leurs coutumes… Tout semblait clair, il avait prévu de mettre fin à ses jours !
- SEVERUS NON !
