Chapitre 19 : Des marques qui s'estompent.

Plutôt fier d'avoir su gérer son émotion forte quand sa mère lui avait proposé de lui couper les cheveux, Severus ne put néanmoins s'empêcher de rapidement décaler sa jambe pour entrer en contact avec celle d'Hermione. Il avait accepté et il sentit la main de sa compagne sur sa cuisse, le réconfortant alors.

Il s'était revu plus jeune alors que sa mère le coiffait et cela l'avait comme envahi d'une sorte de nostalgie étrange et douloureuse que seule la jeune femme pouvait effacer. Il se sentit alors chanceux de l'avoir, peut-être plus encore que d'habitude.

Après le repas, les deux jeunes hommes de la bâtisse ne purent s'empêcher d'entamer une nouvelle partie d'échec sorcière… à croire qu'ils ne savaient rien faire d'autre de leur temps libre. Enfin c'était toujours mieux que de les entendre parler de quidditch. Sirius discutait quant à lui avec Cléo et Tobias de ce qu'ils voulaient faire dans l'après-midi.

Alors qu'Hermione tenait son bras pour apparemment le convaincre de ne pas s'assoir trop vite dans le canapé, il comprit. Eileen toussota et demanda gentiment :

- Souhaites-tu que je te coupe les cheveux maintenant Severus ?

- Oui, ce sera fait comme ça, accorda le sombre sorcier en se sentant observé par sa lionne.

- Vous pouvez-vous mettre dans la salle de bain en haut, proposa Hermione en souriant. J'ai tout ce qu'il faut dans ma trousse de toilette.

- Laquelle des trois au juste ? questionna l'espion qui regarda les yeux ambrés de la lionne. Je n'en ai que deux, fit-elle remarquée avec perplexité.

- Tu en as une rouge, une bleue et une noire ! la contredit il, sûr de lui et de ce qu'il avait vu plus d'une fois dans ladite salle d'eau.

- La rouge ce n'est pas vraiment… dit-elle en rougissant légèrement avant de continuer en marmonnant, enfin c'est celle dont je n'en ai besoin que pour quelques mois encore.

Il n'avait pas besoin de dessin pour comprendre ce qu'elle avait voulu dire et se passa de quelques remarques que ce fussent :

- Hum… ça ne répond pas à ma question du coup ma princesse… répondit-il en constatant par la même occasion la non-réaction de sa mère face à la réponse de la jeune femme.

- Dans les deux autres, c'est un peu mélangé.

Non sans lui avoir fait remarquer, cette fois, qu'il était déçu de constater qu'elle ne triait pas toutes ses affaires aussi bien que ses livres, il lui déposa un baiser rapide sur le front avant de monter avec Eileen. Il aurait aimé qu'Hermione les suivent, d'autant plus en voyant le silence tendu qui accompagna sa route avec la vieille sorcière.

Une fois arrivé à leur destination, toujours de façon aussi calme, celle-ci sortit sa baguette et d'un geste fluide fit apparaître une chaise. De mémoire, il ne se souvint pas d'avoir déjà vu sa mère utiliser la magie, du moins, de façon aussi sereine et sans s'en cacher :

- Tu veux les couper jusqu'où ? demanda-t-elle en souriant, rompant enfin le silence.

- Je… je ne sais pas trop.

- Je pourrais te les couper jusqu'aux épaules pour commencer, et au pire je pourrais les couper un peu plus après si cela ne suffit pas. Ce sera parfait, accorda-t-il alors.

Il s'installa enfin et se laissa ensuite faire, se tendant tout de même dès qu'elle toucha ses cheveux pour la première fois depuis des décennies. Elle y allait doucement, caressant presque ses cheveux plus que les touchant vraiment :

- Tu as vraiment de très beaux cheveux, dit-elle doucement.

- Tu ne dirais pas ça si tu les voyais après une journée entière passée avec des chaudrons frémissants, répondit-il, très terre à terre.

- L'art rigoureux des potions n'est pas toujours clément envers ceux qui le pratique, fit-elle remarquer avec tendresse et amusement. Mais se trouver face à une potion ou un philtre parfait est une récompense plus que satisfaisante.

Il ne sut que répondre à cette affirmation qui, pourtant, faisait écho à ce qu'il pensait et ce qu'il était. Après tout, il n'était pas devenu maître dans cette matière pour rien. Enfin, le vieil adage ne disait-il pas que les 'croups ne faisaient pas des flaireurs' ?

Alors qu'elle donnait son premier coup de ciseau, de nouveau dans un silence quasi religieux, Severus repensa à sa jeunesse… il détestait tant cette dernière. Pourtant, à bien y réfléchir, il n'y avait pas eu que des mauvais côtés dans cette dernière. Sa mère avait toujours été une femme plutôt douce avec lui, et Tobias… ils lui foutaient la plupart du temps la paix, du moins quand sa magie ne débordait pas. Peut-être que, s'il avait été capable de se contenir, Severus aurait pu avoir une vie normale…

« Non ! Non, ce n'était pas de ma faute… » se dit-il alors en fermant les yeux pour essayer de se calmer « Je n'étais qu'un gamin… je n'ai rien fait de mal… je n'y peux rien si j'étais différent… je suis juste anor… »

- Tu sais Severus, le coupa Eileen dans le fil de ses pensées, je suis heureuse de savoir que Dumbledore a pris soin de toi… c'est un grand homme !

- Oui, c'est le plus grand sorcier de tous les temps ! accorda-t-il en se calmant en repensant à Albus.

- Si je pouvais revenir en arrière, je ferais en sorte de devenir aussi bienveillante qu'il a su l'être avec toi…

- Personne ne peut arriver à sa cheville ! marmonna Severus en restant calme. Et, même s'il était possible de le faire, je ne veux pas changer le passé. Du moins… je ne veux plus.

- Tu as sans doute raison de ne pas le vouloir, souffla l'aînée avec un mélange de tristesse et de bienveillance.

L'espion ne bougea pas, se demandant bien ce qu'elle voulait dire par là. Il était néanmoins très calme et remercia Salazar de lui permettre de ne pas être si Serpentard que ça à certain moment. La colère et la rancœur semblait bien loin de lui à cet instant, et c'était étrange :

- Je suis fière de l'homme que tu es devenu Severus. Un homme loyal, fort, intelligent et noble que nous n'aurions jamais réussi à te faire devenir.

Severus se tourna d'un coup, non sans qu'Eileen sursauta en éloignant vivement les ciseaux :

- Vous n'avez même pas essayé ! ne put-il s'empêcher de pester.

- Nous avons essayé, se défendit elle doucement avant d'ajouter avec regret, mais trop tard, je le sais bien ! Nous étions trop faibles et tellement stupides avec ton p… Tobias. Je suis vraiment désolée Severus, tu aurais dû avoir de vrais parents pour t'épauler et nous avons échoué dans ce rôle. Tu méritais et tu mérites encore aujourd'hui le meilleur. Mais, je crois que tu l'as trouvé.

- C'est elle qui m'a trouvé, rectifia-t-il tout en constatant les remords réels que ressentait la femme face à lui.

Oui, elle avait été dépassée et son mari aussi : dépassé par les événements avec la famille Prince, par la peur, par une dépendance, par la magie et par leur fils tout court. Il les avait tellement haïs, détestés, maudits pour tout ça… encore un peu en ce moment même peut-être. Pourtant, devant les yeux tristes et sincères de la sorcière lui faisant face, il eut l'impression que les marques profondes laissées par son passé étaient en train de se refermer. Soupirant alors, il répliqua en se forçant presque à mettre de l'acidité dans son ton :

- Et puis, il n'est jamais trop tard pour bien faire !

Se rendant compte de ce qu'il venait de dire, il se retourna dos à Eileen et rajouta avec dédain :

- Cléo a eu l'enfance et la famille qu'elle méritait, et c'est vous qui lui avez offerte. Peu importe s'il a fallu des épreuves pour en arriver là, ce sont les résultats qui comptent !

Croisant les bras devant lui dans un geste de défense plus ou moins conscient, il ajouta plus doucement :

- Tu peux couper encore un centimètre de plus je pense.

Elle ne répondit rien mais posa l'espace d'une seconde une main maternelle sur son épaule. Ce n'était pas grande chose, mais c'était en même temps beaucoup. Sans rien ajouter, Eileen reprit son activité coiffure.

Quand elle eut séché les cheveux de son fils avec un sort, il se regarda et eut l'impression d'être un peu plus lui-même. Sur le sol traînaient les cadavres de ses cheveux, que le temps avait laissé poussés bien trop rapidement depuis la fin de la guerre. Sa mère se débarrassa de ces derniers avec un énième sort et regarda son fils avec un sourire franc :

- Tu es très beau comme ça Severus.

- Je suppose que contrairement à Hermione, tu as au moins l'excuse de la vieillesse pour expliquer ta cécité.

- Et tu es aussi adorable visiblement, ajouta-t-elle en ne pouvant réfréner un ricanement. Tu peux descendre, je vais ranger.

Elle commençait déjà à s'exécuter quand elle remarqua qu'il ne bougeait pas. Eileen releva la tête vers lui et, sans savoir exactement pourquoi il avait besoin de le dire là maintenant, il toussota et se lança :

- Je suppose que tu n'es pas au courant mais… j'ai hérité du manoir Prince.

Vu le regard ébahi de sa mère, sa sœur n'avait rien dit, comme elle l'avait promis. Et fort heureusement ils ne recevaient pas la gazette du sorcier en France. Il continua alors sans lui laisser le temps de se remettre de l'information qu'il venait de lancer comme un bâton de dynamite :

- Voudrais-tu venir le visiter avec Cléo… et Tobias ?

- Tu veux dire… dans le…

- Là où tu as grandi oui ! s'agaça-t-il presque sans savoir pourquoi. Alors, tu veux oui ou non ?

- Eh bien… oui, je crois bien que cela me ferait plaisir.

- Combien de temps restez-vous au Royaume-Uni avec Tobias ?

- Nous restons deux semaines…

- Alors le week-end prochain, ou celui d'après, cela pourrait aller ?

- Comme tu préfères Severus.

- Je te redirais alors.

Puis il tourna vivement sur lui-même, comme il savait si bien le faire et ce, malgré l'absence de sa longue cape pour ajouter une touche effrayante à son geste. Il descendit alors, pressé de retrouver son insupportable mais indispensable miss Granger.

Après une matinée qu'il passa à lire au côté d'Hermione qui de ce côté parlait sans arrêt -heureusement ne faisait-elle pas ça dans la bibliothèque d'habitude- et un repas du midi préparé par Cléo et Eileen en duo, Severus alla se reposer avec sa lionne. Enfin, se reposer était un bien grand mot, du moins dans un premier temps. Mais l'exercice physique couplé avec le manque de sommeil pour l'un et une grossesse pour l'autre eurent raison deux…

Été 1978, le ciel était noir et menaçant sans la lune qui se cachait derrière de nombreux nuages, laissant quant à eux tomber une pluie fine mais persistante. Severus ne trouvait pas le sommeil, assit confortablement devant le bureau, un livre posé devant lui depuis des heures déjà, griffonnant à même les pages du manuel :

- N'es-tu pas censé être en repos aujourd'hui, mon cher prince de sang mêlé ? demanda une voix amusée derrière lui, après que la porte se fut ouverte.

- Ce n'est pas parce que je ne suis pas derrière le bar ce soir que je n'ai pas de travail Missy.

- Et ne sais-tu donc pas que tu as un bureau dans ta chambre ?

- Le tien est plus grand et plus confortable. Et puis, tu n'y étais pas ! répondit-il simplement sans relever son nez de son livre.

La femme s'approcha alors de lui et se cala sur le bureau, juste à côté de lui. Elle baissa la tête vers le manuel :

- Si j'avais su que tu utiliserais ce livre comme carnet, je t'aurais acheté un autre cadeau d'anniversaire, soupira la femme.

- Je t'avais dit que je ne voulais pas le fêter à la base.

- Techniquement nous ne l'avons pas fêté, je t'ai simplement offert un cadeau, fit-elle remarquer.

- Et c'est un cadeau très précieux et utile je t'en remercie, mais je ne vois pas l'intérêt de prendre un carnet à part pour annoter mes idées, ce serait une perte de temps. Écrire dans la marge est plus rapide et logique.

- Je doute que M. Borage serait ravi de voir ce que tu fais de ses recettes, s'exaspéra alors la femme.

- Je les améliore ! Se défendit-il en relevant enfin la tête d'un air presque outré. Je suis certain qu'il serait au contraire flatté d'apprendre qu'un futur maître l'utilise pour sa thèse !

- Pour ta thèse ? répéta-t-elle, l'air surprise. Severus, tu viens de finir tes années de premier cycle à Poudlard et tu commences ta maîtrise seulement en septembre. Sais-tu que ta thèse ne sera à présenter que lors de ta 8ème année de…

- Missy, penses-tu réellement que je vais faire 8 ans d'études supérieures ? maugréa-t-il en continuant de la regarder avec ses yeux noirs. Tu n'as de cesse de dire que je ferais de grandes choses, alors considérons que ce sera dans le domaine des potions veux-tu ? Je compte bien devenir le plus jeune maître en potion de tous les temps.

Pendant un instant, la femme resta silencieuse avant de simplement sourire :

- Tu seras bien plus qu'un maître des potions Severus. Et tu seras sans aucun doute le meilleur dans ton domaine. Mais puis-je savoir comment tu comptes réussir à te faire diplômer pour tes quoi… 21 ans c'est ça ?

- C'est bien ça oui, les meilleurs sont généralement diplômés à 22 ans, moi, ce sera avant. Et je vais y arriver en passant fin août le concours permettant le passage en 4eme année. Je n'ai clairement pas besoin de faire les trois premières, cela relèvera clairement de la déchéance intellectuelle.

Face à cette réflexion pourtant sérieuse pour lui, Missy eut un sourire amusé. Il n'eut pas le temps de s'en plaindre qu'elle fit remarquer :

- Il te restera alors quatre ans d'études, tu t'en rends bien compte non ?

- Je ne peux hélas pas passer directement en 5ème année à cause de cette fichue loi qui indique clairement que le seul concours qui puisse être passé en candidat libre est celui de la fin de troisième année. Néanmoins, il n'est indiqué nulle part qu'il faut suivre la dernière année pour présenter sa thèse et devenir maître. Et, d'après mes lectures, si je veux pouvoir squeezer la huitième, qui ne sert d'ailleurs qu'à travailler sa thèse, il me faut commencer maintenant le travail de recherche du sujet. Ainsi, même avec mes cours et stages de septième année, je pourrais finaliser le travail pendant mon temps libre.

- Tu es véritablement un 'monsieur-je-sais-tout' si je comprends bien, s'amusa Missy qui se redressa et s'approcha de Severus, lui touchant alors les cheveux.

Severus se figea légèrement, il détestait quand on le touchait sans prévenir… mais c'était elle, alors il se contenta de souffler entre ses dents :

- Je ne suis pas un 'monsieur-je-sais-tout' !

- Si… et tu es insupportable quand tu t'y mets ! Mais ton ambition est digne de toi, et j'en suis fière. Je ne doute pas une seule seconde que tu réussiras vu que c'est ce que tu souhaites, dit-elle en caressant toujours ses cheveux. Mais ce n'est pas une raison pour écrire sur un livre qui a coûté 480 gallions.

Le sorcier se figea en entendant le prix et Missy se mit à rire :

- C'est une version originale du dernier ouvrage de Maître Borage !

Reportant son regard sur le livre, le jeune homme regarda la page de garde et lut : 'Potions de haut pouvoir, revues et corrigées par Mt. Borage, 1891'. S'il n'avait pas une si bonne maîtrise de lui-même, il se serait probablement insulté à haute-voix avant de s'exploser la tête contre le bureau. Le livre était en si bon état qu'il ne s'était douté de rien concernant sa date de parution :

- Je t'en offrirai un autre si tu réussis à obtenir ton titre pour ta 21ème année, dit-elle comme s'il s'agissait d'un simple paquet de dragées surprises, tout en regroupant les cheveux de Severus à la manière d'une queue de cheval. Hum, il serait temps que je te recoupe les cheveux.

- J'aime bien avoir les cheveux longs ! s'indigna-t-il, oubliant le livre au profit de ses cheveux.

- Un maître en potion se doit d'avoir les cheveux courts. Si l'un d'eux tombent dans une de tes préparations, cela pourrait réduire tes efforts à néant.

- Je m'attache les cheveux quand je suis derrière un chaudron, se défendit-il. Et puis, Merlin avait les cheveux longs et il était le meilleur potioniste de l'histoire.

- Mais tu n'es pas Merlin, et puis…

Severus grimaça alors que Missy venait de lui tirer les cheveux. Il allait protester quand elle lui montra les quelques cheveux qu'elle venait littéralement de lui arracher :

- C'est bien trop simple d'en récupérer pour en mettre dans du polynectar ensuite.

- Il faudrait être stupide pour vouloir prendre mon apparence, grogna-t-il en passant une main là où se trouvaient ses cheveux juste avant leur 'décapitation'.

- Hum… tu es têtu en plus d'avoir réponse à tout. Alors, disons que je te préfère avec les cheveux courts !

- Je refuse de les couper plus qu'au-dessus de mes épaules ! maugréa-t-il alors, sachant qu'il n'aurait pas gain de cause s'il ne trouvait pas un accord préalable.

- Bien… alors cesse donc de travailler et viens, je vais m'occuper de toi.

- Maintenant ? demanda-t-il en soupirant.

- Oui, dit-elle en souriant. Il est déjà plus de minuit, alors n'attendons pas. Ce ne serait pas raisonnable que nous nous couchions trop tard non ?

Severus allait répondre quelque chose, mais quoi déjà ? Il ne savait plus, se sentant étrange… quelqu'un d'autre lui touchait les cheveux non ? Puis tout devint sombre autour de lui et le sorcier ouvrit les yeux en grand. Tournant sa tête sur sa droite, il tomba sur deux billes ambrées qui le regardaient avec amour :

- Zut… je t'ai réveillé, dit-elle sans cesser d'entortiller les cheveux ébènes de son compagnon autour de son index.

- Tu l'as fait exprès, remarqua-t-il en voyant le sourire satisfait qu'elle arborait. Mais tu as très bien fait !

Il se tourna alors sur le côté, oubliant peu à peu son rêve alors qu'il embrassait la plus brillante sorcière au monde. Se faisant, il posa doucement sa main sur le ventre de la jeune femme. Il n'était toujours pas excessivement rond, mais elle lui avait juré qu'elle mangeait assez. Et puis, elle avait enfin commencé un suivi auprès d'une guérisseuse libérale qui lui avait dit que tout allait bien :

- Tu préférerais un garçon ou une fille ? questionna-t-elle après leur baiser.

Ils n'en avaient jamais parlé et Severus n'y avait pas vraiment réfléchi. C'était encore difficile pour lui de se projeter dans cette vie qu'il n'avait jamais imaginée.

Heureusement, Christian était allé le voir après avoir appris la nouvelle concernant l'incident à Poudlard et lui avait alors fait la morale une fois qu'il eut été mis au courant de la situation exacte par son ami. Il lui avait alors assuré qu'il serait en mesure de s'occuper et d'élever un enfant.

Severus ne le croyait toujours qu'à moitié, bien sûr, mais son meilleur ami avait ce don de tout positiver, même quand l'univers entier semblait tomber en ruine aux yeux de la terreur des cachots. Alors que pouvait-il faire face à deux bisounours comme Hermione et Chris ?

- Je m'en fiche… répondit-il finalement, peut-être un peu trop froidement vu la mine de son interlocutrice. L'important c'est que vous soyez en pleine forme tous les deux, ajouta-t-il alors sans bouger sa main.

- Moi je crois que j'aimerais avoir une fille, dit-elle alors en retrouvant son teint lumineux en un claquement de doigt.

- Pourquoi ?

- Tu seras en minorité comme ça à la maison, s'amusa-t-elle. Et puis, je pourrais faire des trucs de filles avec elle. Comme lire, faire des devoirs, poser des questions et me faire tourner en bourrique ?

- Surtout te faire tourner en bourrique mon chéri !

Severus ne put retenir un large sourire en voyant sa lionne si joyeuse et rire à cette idée. Il posa son front contre elle et murmura :

- Bon alors une fille c'est bien…

- Et ta sœur lui apprendra la mode française et elle sera parfaite ! ajouta-t-elle.

- Oui ça pourra sûrement se… attends quoi ? La mode ? s'offusqua-t-il. Ça ne va pas la tête Hermione ? Pourquoi apprendrait-elle ça au juste ? Pour ne pas finir aussi perdue que sa mère devant son armoire.

- Et puis quoi encore ? Tu veux en faire une mannequin qui attirera tous les regards sur elle ? cracha-t-il presque en imaginant une foule d'hommes autour d'une mini-Hermione. Non, franchement c'est stupide ! C'est même ridicule ! Et puis, de toute façon, un garçon c'est mieux !

Hermione releva un sourcil perplexe avant de simplement se mettre à rire. Elle serra son sorcier contre elle en même temps :

- Tu es pire que mon père !

- De toute façon ton père est parfait, se vexa-t-il légèrement face à son rire.

- Et tu vas l'être aussi, j'en suis de plus en plus certaine ! dit-elle un peu plus sérieuse avant de l'embrasser.

- L'espoir fait vivre…

- Alors je dois probablement être immortelle !

Il la serra contre lui puis elle en profita pour se blottir confortablement contre lui avant de ronronner… à moins que cela ne soit cette monstruosité orange qui venait de sauter sur le lit non loin de leur tête…

Dans l'après-midi, Cléo, Sirius et les Rogue seniors sortir en ville, laissant la maison aux jeunes hommes et au couple. Bien que Severus aurait préféré être exclusivement seul avec Hermione, il s'accommoda à la situation et accepta même de jouer aux cartes avec les trois autres, pour une ou deux parties, pas plus.

- Full au roi, annonça Severus en posant son jeu.

- Mais par les slips de Merlin, comment est-ce possible que tu gagnes à chaque fois, soupira Ron en jetant presque ses cartes devant lui.

- Ne soit pas mauvais perdant le rouquin. Tu es doué aux échecs, moi j'excelle au poker, répondit le sombre sorcier en haussant les épaules avant de récupérer ses gains.

- Je vous avais prévenu que c'était une mauvaise idée de changer de jeux, dit Hermione qui avait perdu depuis longtemps l'intégralité de ses dragées surprises. À Pokerface dans le dictionnaire, il y a une photo de Severus !

- Moi qui pensais l'être à chauve-souris ! ricana-t-il en donnant une poignée de bonbons à sa compagne qui préféra les manger plutôt que de les jouer. Je pense que je vais me contenter de jouer au Quidditch la prochaine fois, s'amusa Harry qui était prudent mais ne gagnait pas plus que Weasley. Les échecs et le poker ne sont pas faits pour moi.

- Il suffit de s'entraîner un peu, dit alors Severus tandis que Ron redistribuait déjà les cartes pour la 15ème fois au moins. À force de persévérance, Lily avait même réussi à me battre une fois !

Il ne se rendit compte de ce qu'il avait dit que lorsqu'il vit la réaction du trio d'or. Et même là, en le sachant, il n'était pas gêné ni même triste. Le survivant sembla le voir car il demanda en souriant :

- Comment était-elle ? Je veux dire, Sirius et Remus m'en ont déjà parlée mais ils ne la connaissaient pas autant que… toi.

Il se sentait vraisemblablement obligé de se justifier, ce qui au fond amusa le sombre sorcier qu'il était encore un peu au fond de lui. C'était agréable de sentir qu'il pouvait encore faire peur :

- Tu as dû toujours entendre parler d'elle comme étant une jeune fille brillante, gentille, sage et réfléchie, je me trompe ?

- Heu, oui, en effet !

- Eh bien, elle l'était, s'amusa Severus. Mais au fond d'elle sommeillait un véritable diable ! Autant à Poudlard, elle avait bien trop peur d'être renvoyée pour se permettre de faire des âneries, mais en dehors, c'était autre chose.

- Vraiment ? demanda Potter en ouvrant bien grand ses yeux verts, hérités de sa mère.

- Oh que oui, répliqua-t-il en regardant ses cartes comme si de rien n'était.

- C'est-à-dire ?

- Je doute que Lily aimerait que tu le saches, dit-il alors en réfléchissant un instant.

- Ah non, tu en as trop dit, ou pas assez !

- Hum… alors jouons et je verrai si tu mérites de le savoir.

Hermione lui donna un coup de coude léger, sûrement pour lui signaler que ce n'était pas très sympathique. Mais les deux jeunes hommes regardèrent leurs cartes aussi et jouèrent.

Une fois toutes les cartes sur table, il observa ses adversaires et soupira, las :

- Je me couche !

Harry et Ron n'en croyaient pas leurs yeux et exaltèrent presque. Ils avaient vaincu le maître du poker, justement au moment où cela en valait le plus le coup. Il posa son jeu et laissa les deux autres profiter de leur victoire qu'ils considéraient comme conjointe, même si ce fut le rouquin qui emporta la mise. Puis, il sentit la main de sa lionne sur sa jambe. Elle avait clairement vu la quinte flush que son conjoint avait en main avant de s'avouer vaincu :

- Alors Severus, on veut savoir maintenant !

- Hum… fit-il la mine faussement agacée, je suppose que vous méritez tous de connaître la face cachée de Lily !

Souriant légèrement, il s'adossa à son siège et entama alors le récit de ses aventures de vacances avec sa meilleure amie d'enfance. Des histoires de jeunes gamins intrépides, surtout elle, qui avaient la fâcheuse tendance à se mettre dans de mauvaises postures et voulant découvrir le monde qui les entourait.

En même temps, Carbonne-les-mines et ses alentours étant déjà en décroissance à l'époque, il y avait eu énormément de lieux abandonnés à conquérir. Le danger ne les effrayait pas vraiment à cette époque, et le trio d'or écouta avec intérêt, amusement et parfois ahurissement -surtout l'élu qui s'étonna d'apprendre que sa tante avait participé à nombreuses de ces péripéties- les déboires de leur ancien professeur qui s'était souvent retrouvé à faire de l'urbex avec ses amies :

- Pétunia était contre la magie, c'était un fait, mais elle était surtout jalouse de ne pas pouvoir faire tout ce que nous savions faire. Malgré tout, Lily était sa sœur et elles s'aimaient profondément.

- Pourtant elles ne se parlaient plus ! fit remarquer Harry. Et elle m'a bien fait comprendre qu'elle ne voulait plus entendre parler de ma mère.

- Lily m'a expliqué un jour qu'après ma… disparition… eh bien, Pétunia l'a tenue pour responsable et leurs liens ont commencé à se défaire. Puis, ton père est entré dans la vie de Lily et ta tante, qui avait eu vent chaque été des déboires entre moi et lui, a décidé de ne plus parler à ta sœur tant qu'elle serait avec.

- Je… je ne savais pas, avoua Harry qui semblait plus chagriné que Severus ne l'aurait pensé. Mon père ne faisait clairement pas l'unanimité…

- Je ne vais pas dire le contraire, répondit Severus en tentant de ne pas se montrer trop ironique ni méchant afin d'éviter les représailles de sa lionne.

- C'est parce que je lui ressemble beaucoup qu'elle devait me détester autant, pensa le survivant à haute voix.

- C'est possible. En tout cas ce serait mentir de dire que ce n'était pas mon cas. Mais même si tu as comme principal défaut d'être le sosie de ton père, sans parler que tu as hérité aussi de son caractère dans un sens, ajouta Severus en soupirant, tu es tout de même plus… juste que lui. Tu avais beau détester Drago, ce qui était réciproque, tu ne t'es jamais acharné sur lui.

- Attention, je pourrais presque croire que c'est un compliment, tenta de plaisanter Harry.

- Je dirais plutôt que ce sont des… excuses, marmonna finalement Severus de façon quasiment non audible avant de conclure simplement. Bref, personne n'a à subir les conséquences des actes de ses parents, et je suis certain que Pétunia elle-même serait d'accord avec ça avec le recul.

Hermione resserra sa main sur sa jambe et Severus la regarda. Il vit dans ses yeux une expression nouvelle, une sorte de mélange entre l'admiration et le remerciement, ce qui le fit sourire légèrement. Puis, Ron qui avait été attentif jusque-là eu le mérite de détendre l'atmosphère en grognant d'un coup :

- Ah non, pas encore au vomi…

Les trois autres le regardèrent alors grimacer en avalant difficilement une de ses dragées surprises, ce qui les fit rire. Si on lui avait dit qu'un jour qu'il serait assis avec le trio d'or en train de rire de bon cœur, Severus aurait probablement fait enfermer la personne à l'asile sur le champ. Et pourtant, il ne s'était jamais senti aussi bien de sa vie.

Les autres « Rogue » et Sirius rentrèrent à ce moment-là et ne cachèrent pas leur surprise devant cette scène si particulière. Ils eurent heureusement l'amabilité de ne pas faire de réflexion.

Bien trop vite à son goût, le temps avait une nouvelle fois suivi son cours et Severus dut se résoudre à partir. Il salua tout le monde et prit un peu plus de temps pour dire au revoir à sa compagne. Elle le serra si fort qu'il crut l'espace d'un instant possible qu'elle puisse le casser en deux. Le cœur serré de ne pas savoir quand il la reverrait, il l'embrassa une dernière fois et prit la poudre de cheminette.

Il atterrit alors dans le bureau du directeur. Albus n'avait même pas sursauté et regarda son professeur de potion avec un sourire joyeux. Bien entendu, il lui demanda comment était sa journée et s'il s'était amusé, comme un père le ferait avec son fils. Enfin, c'était ce que s'imaginait Severus, qui avait la sensation d'avoir 10 ans :

- Tu sais Severus, je suis content de voir que tu sors enfin un peu plus. Malgré les difficultés encore présentes, la guerre reste finie et tu mérites bien de profiter du reste de ta vie.

- Je n'ai pas à me plaindre de ma vie à Poudlard, fit-il remarquer avant de réfléchir. Quoi qu'il y a encore peu, les cornichons étaient une vraie plaie.

Albus se permit de rire à cette affirmation avant de reprendre la parole, toujours de bonne humeur :

- Il est vrai que malgré ton aversion pour les élèves peu motivés, tu as depuis tes 21 ans toujours été présent pour eux et pour tes collègues. Avec plus ou moins de motivation et de joie de vivre, mais tu es resté fidèle au poste.

- Où veux-tu en venir ? demanda d'un coup Severus avec suspicion.

- Ne fait pas cette tête mon garçon, je ne compte pas te licencier, j'ai bien trop besoin de tes talents ici. Sans compter que nous aurons visiblement la joie d'avoir un apprenti maître l'année prochaine, je ne compte pas rater ça.

Soupirant en se rappelant ce détail qu'il aurait tant aimé oublier, il resta silencieux et laissa son mentor continuer :

- Je pensais simplement au fait que tu devras bientôt décider de l'endroit où tu voudras vivre ta vie de famille.

- Elle risque de ne pas être possible avant un moment.

- Ne sois pas si pessimiste mon garçon et réfléchit plutôt à la question. Question que tu as déjà due te poser.

- Hum… plus ou moins oui, avoua-t-il.

- Tu sais que du moment que tu as une cheminée reliée au réseau de Poudlard, je peux te laisser dormir où tu le souhaites.

- Bien entendu que je le sais Al, je crois simplement que… je ne sais pas.

Prenant finalement place face au bureau du directeur, Severus prit la tasse de thé qu'il venait de lui faire apparaître d'un simple coup de baguette :

- Tu sais que j'ai encore des copies à corriger ?

- Je suis certain que ton employeur ne t'en tiendra pas rigueur, plaisanta Albus. Dis-moi plutôt ce qui t'inquiète réellement. Et ce n'est pas seulement Lestrange et son commanditaire, je me trompe ?

Buvant une gorgée de son thé, l'espion aurait préféré que sa figure paternelle ne soit pas aussi forte dans l'analyse de sa personne. Mais il le connaissait par cœur, c'était indéniable :

- Je suis fou d'elle Al… je sais pertinemment que je ne peux plus le nier. Mais malgré mes certitudes, j'ai peur.

- Penses-tu qu'Hermione aurait des doutes ?

- Non, étrangement, je la pense suffisamment folle pour être sincèrement amoureuse de moi.

À ses propres mots, Severus sourit et rebut une gorgée. Oui, il était serein concernant sa lionne, il lui faisait confiance et c'était réciproque. S'adossant confortablement contre son siège, il regarda son père de cœur et dit avec sérieux :

- Je crains seulement le changement. Déjà bien avant qu'elle ne m'annonce sa grossesse, je paniquais à l'idée, non pas de vivre avec elle, mais… de quitter Poudlard…

- C'est donc ça, dit Albus qui semblait soulagé bien qu'il n'eût pas semblé si inquiet de prime à bord.

- Je vis presque 10 mois sur 12 ici depuis quoi ? 18 ans ? Je ne suis à l'impasse ou au manoir que sur de courtes périodes, et je n'ai jamais été à l'aise là-bas. J'ai toujours du vivre dans ces lieux en jouant un rôle pour m'assurer de ne pas être pris pour un traître, sauf depuis cet été.

Regardant le liquide dans sa tasse, Severus continua :

- J'ai beau avoir tout redécoré, Chris a eu beau m'aider dans les travaux, j'ai eu beau mettre un peu de moi dans ces lieux, surtout à l'impasse, je ne m'y sens pas encore chez moi… car au fond, c'est Poudlard chez moi. Les cachots, leurs pierres et leurs fraîcheurs, et j'aime même l'obscurité qui y règne. Et malgré le fait qu'un rayon, non, un soleil entier ait fait irruption dans ma vie, je reste effrayé à l'idée de partir d'ici… c'est ridicule non ?

- Sais-tu depuis quand je vis ici mon garçon ? demanda alors le directeur en souriant. Sache que je comprends tes craintes Severus, et je suis même, je dois l'avouer, plutôt fier d'entendre que tu te sens chez toi ici.

- C'est grâce à toi, en grande partie, et même aussi grâce à tous les autres malgré le fait que je ne leur montre jamais. Je t'interdis de leur dire que j'ai dit ça d'ailleurs !

Le directeur eut un sourire amusé, une nouvelle fois, avant de dire avec l'un de ses regards si paternels que Severus voyait régulièrement quand il lui parlait :

- Je suis content d'avoir su t'offrir un foyer Severus. Et sache, bien entendu, que tu seras toujours le bienvenu ici. Si tu décides de t'installer ici avec Hermione et ton enfant, je serai ravi de vous compter parmi les habitants du château.

- Merci Al… je ne sais cependant pas quand je pourrai vivre avec eux, ni même si elle voudra que cela soit ici une grande partie de l'année.

- Quand vous aurez pris la décision, à ce moment-là tu me diras. Mais n'oublie jamais une chose Severus, je serais toujours heureux de te savoir heureux.

À une époque, pas si lointaine d'ailleurs, le susnommé aurait sûrement répliqué quelque chose avec sarcasme et ironie. Pourtant, ce jour-là, face à cet homme si important dans sa vie qui lui donnait une nouvelle preuve qu'il avait une famille, il ne trouva rien à redire. Il se contenta de finir sa tasse et la reposa avant de se lever. Albus fit de même et sourit, près à l'accompagner jusqu'à la porte pour laisser l'espion rejoindre ses quartiers tant appréciés.

Mut par une force étrange, somme toute venue tout droit d'Hermione ou de Cléo, Severus s'approcha d'Albus plutôt que de la porte et le prit dans ses bras. Probablement moins surpris que le maître des potions lui-même, le directeur répondit à l'étreinte alors que Severus souffla :

- Tu es le père que je n'ai pas eu la chance d'avoir dans mon enfance…

- Et toi le fils que je n'ai pas eu la chance d'avoir mon garçon…

Se reculant alors, un léger sourire gêné aux lèvres, Severus s'en alla pour rejoindre ses cachots. Oui, il n'avait pas eu l'enfance qu'il aurait aimé avoir, mais il ne changerait rien à sa vie. Il avait tout ce qu'il lui fallait pour être heureux après tout, peut-être même un peu plus de jour en jour.

Ce fut sur cette conversation non prévue, mais finalement intéressante et agréable après une journée tout aussi bonne, que le maître des lieux rentra dans ses quartiers. Se couchant, Severus repensa à tout cela, et en particulier à la vie de famille qui l'attendait une fois que tout serait enfin réglé. Mais pour cela, il fallait faire avancer son enquête non ? Enfin, la nuit n'était-elle pas censée porter conseil ?

Puis il se redressa dans son lit, une idée lui venant non pas de la nuit, mais de son dernier rêve qui lui revint en mémoire : Borage ! Il devait retourner à sa librairie. Oui, il devait tenter de faire parler cette femme qui était la plus à même de lui communiquer des informations sur Turner. S'il y avait bien un moyen de trouver des preuves, c'était en passant par sa compagne qui semblait bien plus encline à parler que son Lord.

La nuit fut courte, la journée éreintante, mais Severus avait un objectif. Il en parla à sa lionne le soir même, lui expliquant qu'il comptait se rendre dès que possible à la librairie de Pré-au-Lard pour investiguer, espérant pouvoir le faire dès le lendemain. Elle sembla inquiète mais l'encouragea à le faire, tout en lui rappelant d'être prudent. Elle était adorable quand elle faisait ça.

Il ne put hélas pas se rendre au village sorcier aussi vite qu'il le voulait, car le mardi fut de nouveau une journée chargée, sous le signe des catastrophes à répétitions. Severus n'avait jamais eu autant de chaudrons percés et de potions ratées à l'extrême à ce point depuis… pas si longtemps finalement, Londubat avait fait tout cela à lui tout seul lors de sa cinquième année !

Mercredi, quand Severus se réveilla, il eut le pressentiment qu'il n'irait pas à la librairie ce jour là non plus. Et il devait avoir raison, car il dut déjà commencer par faire l'impasse sur son petit déjeuner. Dans le couloir menant à la grande salle, Severus tomba sur Alice qui réconfortait un autre élève. C'était Stevenson, le première année en bisbilles avec un groupe de Gryffondor et que sa filleule avait pris sous son aile.

Prenant le temps de s'arrêter pour savoir ce qu'il se passait, le jeune garçon se contenta de répondre que tout allait bien avant de partir. Severus regarda alors sa filleule :

- Que se passe-t-il au juste ?

- Je ne sais pas… avoua Alice en soupirant de dépit. Il allait beaucoup mieux ces derniers temps, les Gryffondor ont arrêté de l'embêter depuis la dernière fois. Pourtant depuis quelques jours, il semble de nouveau déprimé mais il refuse d'en parler.

- Et qu'en pense ses amis de classe ?

- Tu l'as déjà vu avec d'autres premières années toi ? demanda Alice en regardant son parrain dans les yeux.

- Eh bien… pas souvent en effet, maintenant que tu le dis.

- Je crois que son expérience de début d'année l'a marquée plus que je ne le croyais. Mais il est borné et agaçant !

- Il me rappelle quelqu'un, marmonna alors Severus qui posa sa main sur son menton tout en réfléchissant. Alice, continue de le surveiller quand tu en as la possibilité s'il te plaît. Mais n'insiste pas trop, il risque de se braquer et tu n'obtiendras aucune réponse de lui.

- Compte sur moi oncle Sevy !

- Nous sommes à Poudlard je te rappelle !

Alice sourit légèrement et sans répondre se contenta de se rendre à la grande salle. Le directeur des Serpentard lui, fit demi-tour. Il voulait vérifier quelque chose dans ses dossiers et se rendit ainsi dans son bureau.

Bredouille au moment où la sonnerie retentit, Severus soupira et se releva. Il n'avait pas fait attention à l'heure et était en retard. Espérant que ses deuxièmes années seraient déjà installées et prêtes à travailler, il constata un brouhaha avant même d'atteindre sa salle de classe. Surpris, il entra et intima le silence avec calme mais autorité.

Il arrivait une fois en retard et il fallait que cela fasse jazzer ses élèves visiblement. Quelle bande de cornichons… heureusement étaient-ils au moins de nouveau calmes et prêts à travailler. La matinée passa ensuite rapidement et ses quatrièmes années furent si efficaces qu'à 11h30, Severus était enfin libre.

Retournant alors à son bureau dans le but de terminer sa recherche, il se figea une fois dedans. Quelqu'un était entré pendant son absence et ce n'était pas seulement son instinct d'espion qui lui fit penser cela. En effet, une boîte enrubannée d'un nœud vert était posée sur son office. Il s'approcha alors, suspicieux, et pointa sa baguette dessus. Lançant divers sortilèges de vérifications, il ne trouva rien et une fois devant, il prit le parchemin qui avait été glissé sous le nœud :

« J'espère que tes cours se passent bien. Il me semble que tu termines à 17h aujourd'hui. Peut-être auras-tu le temps pour une tasse de thé et nous pourrons alors éventuellement discuter. Travaille bien. »

Severus haussa un sourcil surpris. Il ne reconnaissait pas cette écriture qui était volontairement modifiée vu les traits qui étaient trop incertains. Ce n'était pas signé et rien ne laissait entrevoir que c'était pour lui, en dehors du fait qu'il s'agisse de son bureau et de l'horaire à laquelle il finissait.

Regardant la boîte de plus près, il comprit qu'au vu de sa taille, il devait s'agir d'un objet de taille moyenne. Se méfiant alors, il tira sur le ruban. La boîte n'était pas ensorcelée, il avait vérifié, mais il allait devoir encore se méfier du contenu. Pourtant, quand le couvercle fut sur le côté, il oublia bien vite sa paranoïa et attrapa le cadeau qui se trouvait dedans, non sans se sentir quelque peu gêné. S'il ne se connaissait pas, il aurait pu jurer qu'il s'était mis à rougir. Il sut directement ce dont il s'agissait et comprit tout aussi vite de qui cet étrange présent venait, mais surtout ce que cela impliquait !

Il aurait bien aimé courir pour en avoir le cœur net, mais s'il avait raison, il allait devoir jouer l'indifférence, alors il resta assis. Et puis, de toute façon, il ne pouvait clairement par sortir dans les couloirs dans l'immédiat. Son entre jambe était bien trop encombrant pour l'heure… et tout ça à cause d'un simple flacon de lubrifiant.

OoOoOoOoOoOoOoO

Note:

Merci pour votre lecture, j'espère que ce chapitre vous a plu.

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez.

A bientôt.

Commentaires de Maze (- et mes réponses) :

C'est parti ça fait tellement longtemps que je n'avais pas contrôlé de chapitres en espérant que tu t'es bien amélioré en orthographes pendant cette absence

- Oui, je me suis améliorée… Je crois mdr

(Non mais sérieusement on n'a pas toutes 3 trousses de toilettes, bon je sors Xd)

- Tu en as deux, soit une de plus que moi quand-même XD

(Heu il avait des cheveux longs jusqu'où :o déjà aux épaules c'est long pour un mec)

- Il ne les a pas coupés depuis avant la bataille finale, ils doivent être environ au omoplates mdr

(Monsieur et Madame je sais tout ont un fils ou une fille il ou elle sera un miss ou mister je sais tout aussi ?

- Je t'explique pas les sorties en familles mdr

(Je dirais même le meilleur sorcier de l'histoire ou enchanteur au choix) – Vive Merlin

(Parce que c'est une fille mon cher xd)

- Oh yeah XD ! Oui, c'est cliché mdr

(Tu m'étonnes quelle idée de mettre des bonbons, mieux vaut des cailloux ou des billes, les bonbons c'est fait pour être mangés!)

- Mais le but s'est d'en gagner plein pour en manger plus justement mdr

(on se croirait dans « lucky you »)

(Pétunia était-elle amoureuse secrètement de severus ?)

(Bon il revient quand Drago pour se mettre avec Cléo) -Heu… Jamais mdr

(Tu aurais pu adopter xd ou trouver un bel homme)

- C'est pas évident l'adoption, surtout à l'époque c'était pire non ? mdr

Tu nous laisse sur un futur lemon

- Maybe mdr

Chapitre encore bien sympa mais j'aimerais avoir du Drago Xd