Chapitre 4

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Cependant, à Dubltih, Ed et Al étaient toujours en train de traquer leurs évadés mais, depuis le coup de chance du matin, ils faisaient chou blanc. Ils avaient écumé toute la ville, des quartiers riches aux bas-fonds, sans succès, comme si tous les évadés de la prison jouaient à cache-cache avec eux et prenaient un malin plaisir à les faire tourner en bourrique.

— Oh, nom de Dieu, grogna Ed. Mais ils sont où tous ?
— Planqués, dit Al en regardant dans une ruelle sombre.
— Ouais ben ils ont intérêt à se montrer parce que je n'ai pas l'intention de passer dix ans ici, moi, ronchonna le blond. Ça va faire quatre ans qu'on est pas retourné à Rizenbull et j'en ai assez de la ville...

Alphonse jocha la tête puis soupira.

— Winry a dû changer, tu ne crois pas ? demanda-t-il. Et Mamie Pinako ? Tu crois qu'elle est toujours vivante ?

Edward sursauta et regarda son frère avec étonnement.

— Ça ne va pas de dire ça ? demanda-t-il. Ce n'est pas ton genre de dire des trucs pareils...
— Désolé, je n'ai pas réfléchi, s'excusa Al, penaud, en se tordant les doigts.

Il s'inclina légèrement puis Ed haussa les épaules et se remit en route, les mains dans les poches.

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Lorsque le soleil se coucha derrière les montagnes, les feux garçons n'avaient rien trouvé d'autre que des chats errants et quelques clochards. C'est donc bredouille qu'ils rentrèrent chez Maître Izumi.

Les voyant ainsi désappointés et fatigués, la jeune femme décida de leur faire un bon repas et Ed retrouva vite le sourire malgré sa grande fatigue.

La soirée fut cependant très courte quand Ed commença à s'endormir à table. Maître Izumi décida alors qu'il était temps pour tout le monde d'aller se coucher.

— Ed, vous allez rester ici encore longtemps ? demanda la jeune femme alors qu'elle préparait la chambre des deux garçons.
— Je ne sais pas, ça dépendra des prisonniers, répondit le jeune homme en se levant de table. J'espère qu'on les aura avant une semaine parce que je ne vais pas tenir à ce rythme-là... Je suis épuisé, je n'ai qu'une envie, rentrer chez moi et ne plus en bouger pendant des semaines.
— Franchement, soupira Maître Izumi. Je ne comprends pas pourquoi c'est vous qu'on envoie faire un tel boulot... Les autres militaires ne sont pas assez débrouillards pour cela ?
— Justement, nous venons prendre la relève, répondit alors une voix.

Ed, Al et Maître Izumi firent volteface en direction de la porte d'entrée de la maison, et Ed fronça les sourcils en voyant deux militaires entrer à la suite du mari de Izumi.

— Je suis le Lieutenant John et voici le Sergent Has, dit le plus grand des deux militaires. Nous venons vous remplacer pour cette mission. Le Général Mustang vous retire la mission et vous demande de rentrer à Central.
— Pourquoi donc ? demanda Al, surprise. On n'a pas eut de message...
— Je l'ignore, dit le Lieutenant John.
— Très bien, dit Ed. Demain, nous prendrons le train pour Central alors. Je n'ai pas envie qu'il change d'avis alors on part des demain, Al.

Le Lieutenant hocha la tête puis lui et son subordonné quittèrent la maison, et les deux frères allèrent rapidement se coucher, ayant hâte de pouvoir enfin rentrer chez eux.

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Le lendemain, les deux garçons sautèrent dans le train dès l'aube. Ils firent leurs adieux à Maître Izumi depuis le wagon.

— Et reposez-vous, surtout toi, Ed, dit la jeune femme. Tu es un vrai zombie... Tu as vraiment besoin de vacances et je vais envoyer un courrier à votre Général. Ce n'est pas normal qu'il vous fasse autant travailler.

Ed lui sourit doucement puis un sifflet retentit et le train s'ébranla dans un grand vrombissement et un concert de freins.

— À un de ces quatre ! dit Ed en faisant de grands signes à la jeune femme debout sur le quai, son enfant dans les bras. J'écrirai !

Maître Izumi lui sourit en agitant son bras libre puis le train disparut de sa vue et elle s'en retourna chez elle, un peu remontée contre Mustang, bien décidée à lui faire savoir sa façon de penser.

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À Central City, un peu plus tard dans la journée, Hawkeye entra dans le bureau de Mustang avec une lettre dans la main.

— Je viens de recevoir un télégramme du chef de gare de Dubltih, dit-elle. Les frères Elric ont pris le train ce matin. Ils devraient donc être ici demain dans la journée. Pourquoi les avoir fait revenir au juste ?
— Ce que tu m'as dit l'autre jour m'a fait réfléchir, dit Mustang en croisant les jambes l'une sur l'autre.
— Ha ? Et qu'ai-je dit ? Je ne me souviens pas...
— Peu importe, dit Mustang. Quoi qu'il en soit, cela fait quatre ans que les frères Elric n'ont pas revu leur famille et j'ai décidé de les envoyer à Rizenbull pour quelques semaines.
— Quelques semaines ? Combien exactement ? s'étonna Riza.
— Trois suffiront amplement, répondit Mustang en se levant de son siège. Et vous savez quoi, Lieutenant-Colonel Hawkeye ?
— Non...?
— J'ai moi aussi une permission... d'une semaine...
— Vraiment ? Cela faisait longtemps que ça n'était pas arrivé, dit Hawkeye en souriant légèrement. Tu vas donc partir?

— Rectification, nous allons partir, répondit Mustang.
— Quoi ?
— Oui, j'ai réussi à bousculer un peu le Généralissime pour qu'il te donne des vacances à toi aussi... souffla Mustang avec un sourire en coin. Je t'annonce donc que, dès la semaine prochaine, toi et moi, rien que nous deux, on partira pour une semaine à Aquroya...

Riza sursauta, surprise, et elle manqua lâcher ce qu'elle avait dans les mains.

— Aquroya ? s'exclama-t-elle. Roy ! Mais c'est...
— Une ville de rêve pour une femme de rêve, acheva Mustang en prenant la jeune femme dans ses bras.

Hawkeye, ravie, noua ses bras autour du cou de son supérieur avant que celui-ci ne l'embrasse fougueusement. Malheureusement, leur échange fut de courte durée car, comme toujours au mauvais moment, la sonnerie stridente du téléphone retentit.

— Grrr... dit Mustang en reculant. Maudite technologie !

Hawkeye retourna à son bureau en souriant, l'esprit déjà à Aquroya, et elle passa le reste de la journée à réfléchir à ce qu'elle allait emmener pour ces deux semaines de vacances imprévues...