Chapitre 7

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Cette nuit-là, Ed dormit très peu, échafaudant un plan dans sa tête pour empêcher Scar d'être abattu dès le lendemain. Cependant, tout ce qu'il montait comme plan était irréalisable, même en utilisant l'Alchimie. Il finit par s'endormir lorsque le l'aube pointa.

Dehors, le jour se levait et, dans le bâtiment cinq, Scar, debout devant la petite fenêtre de sa cellule, regardait le ciel s'éclaircir lentement. Dans quelques heures, il allait être exécuté et il était parfaitement serein avec l'idée. Le fait que Ed veuille empêcher l'exécution l'embêtait beaucoup cependant car il savait qu'il ne méritait pas une telle considération.

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Lorsque Ed émergea de sa courte nuit, il était près de dix heures et il se sentait plus fatigué que la veille. Il avait fait des rêves bizarres toute la nuit et il ne s'était pas reposé.

Regardant vers le lit de son frère, il trouva Al assit au bord du lit, en train de le regarder.

— Ed, je t'en prie, ne va pas faire de connerie... dit Alphonse. Scar ne mérite pas que tu t'intéresse à lui de cette manière...

Edward plissa les yeux puis se leva et s'habilla rapidement avant de quitter la chambre sans prononcer un seul mot. Alphonse le suivit aussitôt en se faufulant dans la porte étroite.

— Ed !
— Fiche-moi la paix, Al ! s'exclama le blond en se retournant vivement. Tu n'as rien à voir dans l'histoire...
— Si justement, le coupa Al. T'es mon frère, l'oublie pas ! Si jamais tu te fais descendre, je vais faire quoi moi ? Je suis qu'une armure vide !
— C'est gentil de penser à moi, mais ne t'en fait pas, dit Ed. Aujourd'hui, il n'y aura pas de morts... crois-moi.

Ed fit alors volteface et s'éloigna dans le couloir d'un pas raide.

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Cependant, dans son bureau, Mustang donnait ses derniers ordres aux quatre tireurs sélectionnés pour exécuter Scar, à savoir Havoc, Falman et Breda. Riza, elle devait donner le dernier ordre, mais elle était mal à l'aise...

— Lieutenant-Colonel, vous avez bien comprit votre rôle ? demanda alors Mustang en la regardant.

La jeune femme sortit de ses pensées et hocha la tête.

— Oui, Général, répondit-elle. Je vais chercher le prisonnier à midi moins cinq, encadré par quatre officiers, puis nous le ramenons dans la cour et à midi pile. Il sera mis en place et ensuite...
— Très bien, dit Mustang. Tout se passera donc sans accroc, j'espère. Je ne veux pas que vous le ratiez, vous entendez ? dit-il ensuite aux trois tireurs. Quoi qu'il arrive, je veux qu'il soit exécuté, c'est compris ?
— Oui, Général !
— Très bien, à présent, allez chercher vos armes. Hawkeye, restez un moment, s'il vous plait.

Hawkeye fit un signe de tête puis, une fois les hommes partis, Mustang se tourna vers elle.

— Tu es toujours certaine ? demanda-t-il. Je peux encore te faire remplacer...
— Oui, Roy, dit la jeune femme, déterminée. Je n'ai pas l'habitude de me dégonfler, tu le sais. Ça ira.
— Très bien. Comme je l'ai dit, il y a quelques minutes, je veux cet homme mort à midi une, quoi qu'il arrive, c'est compris ? S'il se passe la moindre chose, tu es chargée d'abattre l'opportun, d'accord ?
— Oui, dit Hawkeye en regardant son compagnon d'un regard déterminé.
— Très bien, répéta Mustang avec un hochement de tête. Tu peux aller te préparer dans ce cas.

La jeune femme lui fit un signe de tête, puis elle le salua réglementairement et quitta le bureau. Elle se rendit directement à l'armurerie où elle retrouva ses trois compagnons en train de nettoyer pour la énième fois leurs fusils.

— Vous vous sentez d'attaque, Lieutenant-Colonel ? demanda Falman.
— Oui, répondit Hawkeye en prenant un fusil dans le râtelier en face d'elle. Il faut le faire de toute façon.

Elle l'ouvrit, regarda dans les deux canons puis le passa sur son bras et se dirigea vers un meuble où elle prit une boîte de chevronnés. Elle l'observa d'un air pensif un moment puis prit deux cartouches et les glissa dans son fusil à pompe.

— Pourquoi ne pas utiliser un automatique ? demande Breda. C'est une antiquité ça...
— Ce fusil ne m'a jamais fait défaut, répondit Hawkeye en prenant deux chevrotines dans la boîte.

Elle en introduisit une dans chaque canon puis referma le fusil d'un geste sec et le porta à hauteur de son œil droit. Elle fit mine de viser Havoc puis baissa l'arme en soupirant.

— Vous avez entendu le Général, Scar doit être mort quoi qu'il arrive, dit-elle. Si vous ratez votre coup, ce sera à moi de le faire.

Havoc la regarda puis chacun hocha la tête. La veille, Mustang leur avait fait un briefing en présence de Alphonse, laissant volontairement Ed de côté. Le plus jeune des frères avait alors reçu pour mission d'empêcher son frère de faire quelque chose, peu importe le moyen...

— Hawkeye, dit soudain Breda. Vous croyez vraiment qu'Edward va tenter quelque chose ?
— Je ne sais pas, répondit la jeune femme. Cependant, ne vous détournez pas de votre mission si jamais il tente quelque chose, comme semble le croire le Général Mustang. Quand je vous dirais de le mettre en joue, vous m'obéirez, un point c'est tout.

Les quatre têtes répondirent par l'affirmative puis chacun resta dans son coin à se préparer mentalement.

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À midi moins cinq, comme convenu, Hawkeye se dirigea vers le bâtiment numéro cinq. Suivie par quatre gardes armés de carabines, elle alla rejoindre Scar dans sa cellule, qu'elle trouva debout au centre de la petite pièce, visiblement prêt à affronter son destin.

Étrangement, aucune peur ni même un autre sentiment ne se lisait sur le visage de l'Ishbal et cela déstabilisa quelque peu la jeune femme. Cependant, elle ne se déconcentra pas et garde son objectif en tête.

Scar fut alors menottë et conduit jusqu'au lieu de son exécution, en plein milieu de la cours de la caserne. Des dizaines de soldats étaient déjà rassemblés tout autour de la zone délimitée par des barrières...

De son côté, Ed tentait par tous les moyens de franchir le barrage que lui faisait son frère, dans leur chambre.

— N'essaie pas de m'en empêcher, Al ! s'exclama Ed. Je pourrais te faire du mal sans le vouloir !
— Je prends le risque, répondit Al, solidement campé sur ses jambes au milieu de la porte. Scar doit mourir, tu entends ?
— Ferme-la ! s'écria Ed en portant ses mains à ses oreilles. Tais-toi !

Il se jeta ensuite sur son frère mais celui-ci le repoussa vivement et l'envoya. valdinguer plus loin. Se relevant, Ed fit une seconde tentative qui se solda elle aussi par un échec. C'est alors qu'il se dirigea vers la fenêtre.

— Tu ne crois quand même pas que tu vas passer par la fenêtre, Ed. On est au troisième étage...
— Je m'en fiche ! s'exclama le jeune homme. Je ne laisserai pas Scar mourir comme ça, tu entends ?
— Ed, qu'est-ce qui te prend, tu deviens dingue ou quoi ? demanda alors Al en essayant de le prendre par les bras pour tenter de le raisonner.
— Ne me touche pas ! s'exclama Ed en reculant.

Soudain, son regard se posa sur l'horloge fixée au mur et, écarquillant les yeux, il fit volteface et se précipita sur la fenêtre.

Mettant son épaule droite en avant et se protégeant le visage de ses bras, Ed passa à travers la vitre et s'aggripa au tuyau de la gouttière. Il se laissa glisser jusqu'au sol en ignorant les cris de son frère, puis il disparut entre les bâtiments et rejoignit la cours de la caserne.

Agilement, il zigzaga alors entre les soldats qui ne parvinrent même pas à l'arrêter. Un éclair d'Alchimie le frôla alors, mais ne le toucha pas et Ed bouscula soudain Mustang en passant près de lui.

Le Général de Brigade l'appela alors puis ordonna à ses hommes de l'arrêter, peu importe le moyen.

Lorsqu'un coup de feu retentit, Ed trébucha et glissa dans la poussière. Aussitôt, il fut encerclé par une douzaine d'hommes en armes, mais ce n'était pas cela qui lui faisait le plus peur.

En effet, à moins de dix mètre de la, au centre d'un zone libre, Hawkeye regardait la trotteuse de sa montre à gousset d'un air tendu.

— En joue ! dit-elle soudain en levant le bras au-dessus de sa tête.

Les trois hommes épaulèrent leur fusil et Ed se releva alors. On le saisit par l'épaule quand il tenta de s'éloigner.

— Arrêtez ! Lâchez moi ! s'exclama-t-il.

Il entreprit alors de se débattre et soudain, il frappa ses mains l'une contre l'autre et toucha le sol autour de lui. Aussitôt il devint mou et l'homme se retrouva ventousé dans le sable. Son partenaire reçu le même traitement et Ed parvint à alors à leur échapper et à s'approcher du cercle d'exécution. Là, il bouscula violemment Havoc qui trébucha et releva son fusil. Ed atrappa ensuite le canon du fusil de Breda et le repoussa au loin.

— Soldats ! Restez concentrés ! s'écria alors Hawkeye. Edward Elric, si tu n'es pas sorti de la zone dans cinq secondes, je donne l'ordre de t'abattre !

Havoc épaula à nouveau son fusil et le braqua sur le jeune Alchimiste. Cependant, son fusil tremblait légèrement et Ed, oubliant que le Lieutenant-Colonel était une femme, fit volte-face, l'accrocha par l'épaule et la renversa au sol avant de se ruer sur Scar qui, attaché à un piquet, les mains dans le dos, ne bougeait pas.

— Scar ! dit Ed en s'arrêtant l'espace d'une seconde devant lui. Regarde-moi !
— Ed... dit Scar en ouvrant les yeux. Va-t'en... Va-t' en sinon tu vas te faire tirer comme un lapin...
— Je ne m'en irais pas sans toi, dit Ed.
— Edward Elric !

Ed se retourna et vit alors le Généralissime en personne debout devant tous les soldats. Mustang et Hawkeye étaient à ses côtés.

— Edward Elric, je vous ordonne de vous éloigner de ce prisonnier, dit Bradley. Si vous refusez, vous serez tous les deux abattus.

Ed plissa les yeux et regarda le Généralissime, puis il s'approcha un peu plus de Scar qui le regardq, étonné. Il pose une main sur le torse de l'homme qui leva la tête vers le Généralissime.

— Edward Elric... gronda ce dernier.

Ed ne bougea pas d'un pouce et Bradley semblait sur le point d'exploser. Faisant volteface, il s'éloigna en levant le bras.

— Puisque c'est ainsi, abattez-les tous les deux !
— Mais ? dit Mustang. Général...
— C'est un ordre Mustang ! répliqua Bradley en fendant la foule de soldats.

Mustang regarda alors Hawkeye qui resserra sa prise sur son fusil.

Profitant de cet intermède, Ed en profita pour défaire la protection de métal qui entourait la main droite de Scar. Avec sa main de fer, il brisa ensuite les anneaux de la chaîne qui lui liaient les mains dans le dos et au poteau.

— Viens... dit-il alors à voix basse à l'Ishbal. Partons.

Avisant le mur proche, Ed bondit dessus et Scar hésita un instant avant de l'imiter.

— Hey, Général Mustang ! s'exclama soudain un soldat. Ils fichent le camp !
— Quoi ?

Mustang se retourna aussitôt et entraperçut l'habit noir d'Ed disparaître derrière le mur.

— Rattrapez-les ! ordonna-t-il à tous les soldats présents. Déployez-vous dans la ville, je les veux vivants au coucher du soleil ! Exécution !

Aussitôt, les hommes se dispersèrent et quittèrent la caserne. Ne restèrent autour de Mustang que ses hommes et Hawkeye, abasourdis par l'attitude de Ed.

— Vous, vous venez avec moi, dit-il alors. Havoc, va chercher Alphonse et retrouvez-moi devant les grilles. Nous allons chercher dans des endroits précis grâce à Alphonse.

Havoc hocha la tête puis il retourna dans la caserne et Mustang se tourna vers les autres, l'air grave.

— Gardez vos fusils, on ne sait jamais, dit-il. Je ne veux pas le tuer, mais si je n'ai pas le choix...

Au tour de Hawkeye de hocher la tête puis Mustang se tourna vers le poteau à présent vide et soupira profondément.

— Mais qu'est-ce qui a bien pu lui passer par le tête...

Personne ne répondit et bientôt, tous furent dans les rues de la ville, à la recherche de leurs deux fugitifs...