Chapitre 9
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Le groupe était en chemin pour la caserne, Scar entouré des soldats de Mustang. Alphonse aidait son frère à marcher et Riza et Mustang marchaient devant.
Soudain, des soldats jaillirent d'une ruelle adjacente, avec le Généralissime en tête.
— Il est là ! s'exclama l'homme. Abattez le !
— Non ! s'exclama Mustang. Généralissime, nous l'avons récupéré, il s'est rendu de son plein gré !
— Cela m'est égal ! C'est un condamné à mort en fuite ! Et ce garçon est un traître !
Ed ouvrir la bouche, surpris. Il tenta de parler, mais Alphonse l'en dissuada d'un coup dans le dos. Les deux frères regardèrent alors Scar et quand celui-ci s'approcha, Ed tendit la main. L'Ishbal lui jeta on regard et secoua la tête. Soudain, un coup de feu retentit et résonna dans la ruelle. Tout le monde baissa la tête. Scar regarda alors autour de lui puis son regard croisa celui de Riza. Soudain, la jeune femme baissa les yeux et regarda son ventre. Du sang souillait son uniforme. Elle s'écroula quelques secondes plus tard en jurant.
— Riza ! s'exclama alors Mustang en se ruant sur la jeune femme.
Il se laissa tomber près d'elle, la prit dans ses bras en appuyant sa main sur la blessure de la jeune femme qui gémit.
— Riza, mais nom d'un chien, qu'est-ce qui t'a pris de te mettre devant... dit-il. Appelez une ambulance, tout de suite !
Surpris, le Généralissime lança quelques ordres et plusieurs soldats s'éloignèrent.
Havoc et Falman s'approcherèrent alors et Mustang se releva. Il regarda le Généralissime et l'homme releva le menton.
— Mustang, ce n'est pas ce qui était prévu, je suis désolé pour votre soldat.
— Non, vous ne l'êtes pas, répondit Mustang. Je sais très bien que chacun de nous n'est que de la chair à canon...
Riza gémit soudain et ouvrit les yeux.
— Monsieur... souffla-t-elle.
— Lieutenant... Gardez vos forces, l'ambulance arrive... dit Mustang.
Des cris se firent alors entendre et une automobile arriva. Riza fut embarquée aussitôt puis les soldats s'éloignèrent et Mustang serra les poings.
— Vato, dit-il alors. Occupe-toi d'Ed. Fais le voir par un médecin. Il est consigné dans sa chambre jusqu'à nouvel ordre.
Il se tourna ensuite vers Scar qui était silencieux.
— Vous, vous retournez en prison, dit-il. Votre exécution est reportée à une date ultérieure.
— Sûrement pas, répondit Scar en s'éloignant. Je vais m'occuper du gamin. Et ne vous avisez pas d'utiliser l'Alchimie sinon vous aurez affaire à moi !
— Mais ?
— Taisez-vous, dit Al en passant près de lui. Ça vaudra mieux pour tout le monde.
Il s'éloigna ensuite dans un bruit de casseroles, restant à bonne distance de Scar, et Mustang regarda ses compagnons. Le Généralissime était furieux, c'était visible sur son visage, mais le regard de Mustang le dissuada de dire quoi que de soit. Il se contenta de dire qu'il n'en avait pas terminé avec lui, avant de tourner les talons en ordonnant à ses hommes de le suivre.
— Allons-y, dit Falman alors en ramassant le fusil de Hawkeye. Général, rejoignez Riza à l'hôpital, on s'occupe de Scar.
Il passa la bandoulière sur son épaule, près du sien puis rejoignit Alphonse, suivit de Falman, et tout le monde retourna en silence à la caserne. Ed fut conduit à l'Infirmerie et Scar resta près de lui, avec deux soldats à la porte de la chambre. Ils avaient ordre de l'abattre s'il tentait quoi que ce soit.
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Un peu plus tard, alors que le soleil commençait à se coucher, Mustang était assis auprès de Hawkeye qui était réveillée.
Puisant dans le peu de forces qu'elle avait après avoir perdu beaucoup de sang, elle administra une claque retentissante à son compagnon qui la regarda, surpris. Il venait de lui passer un solide savon et la jeune femme avait sagement attendu qu'il se taise avant de réagir.
— T'es qu'un idiot, Roy, doublé d'un aveugle, dit-elle.
Le jeune homme brun releva la tête et Hawkeye serra les mâchoires.
— Si je me suis mise devant Scar, c'est que j'avais une bonne raison, reprit-elle.
— Puis-je te demander laquelle ? Tu te rends compte que tu as failli mourir ? Si la balle...
— Je sais, dit Hawkeye en regardant la couverture blanche qui la recouvrait jusque sous la poitrine. Mais faut être vraiment borné pour ne pas se rendre compte de ce qui se trame entre Edward et Scar...
Mustang haussa les sourcils.
— Attend, dit-il. Riza, tu n'es pas sérieuse quand meme... Si ?
— Je ne délire pas, Roy... dit-elle. Ed n'aurait pas agi ainsi s'il n'y avait pas quelque chose qui le rattache à Scar. Il ne le hait pas, loin de là, Roy... Il n'aurait pas défié le Généralissime, ni se serait enfui avec lui sinon...
— Mais que veux-tu qu'il y ait entre eux ? demande Mustang. Edward est encore un gosse...
— Ed n'est plus un gosse, Roy, il va avoir dix-neuf ans, il est adulte maintenant, dit Hawkeye. Et Scar est loin d'être un mec quelconque...
— Quoi ? dit Mustang. Riza, tu es en train de me dire que Edward serait... se serait épris de cet assassin ?
La jeune femme hocha la tête, et Mustang laissa échapper un rire grêle.
— Riza, tu divagues ! Allons...
— Je suis sérieuse, dit Hawkeye. Ce midi, quand j'ai voulu lui tirer dessus, Scar a protégé Ed se son corps et s'ils n'avaient pas bougé au même moment, je l'aurais touché en plein dans le dos. J'avais la possibilité de l'avoir mais il y avait Ed...
— Tu as dévié ta balle exprès ? dit Mustang, surprit. Mais pourquoi ? Je t'avais donné un ordre, non ?
— Peut-être, dit Hawkeye. Mais c'était un ordre que moi, une femme, de surcroît, amoureuse, n'a pas pu tenir. Je suis désolée, j'ai bafoué ton autorité, mais je ne pouvais enlever à Ed celui qui semble être cher à son cœur.
Mustang déglutit puis soupira profondément.
— Comment l'as-tu deviné ? demanda-t-il. Ed nous a déjà montré qu'il était incapable de maîtriser ses émotions...
— Je suis une femme, Roy, j'ai un sens caché... répondit la jeune femme en haussant les épaules. Je sens bien quand il y a quelque chose entre deux personnes. Peut-être ne l'as-tu pas remarqué, mais quand Scar à dire qu'il s'occupait du gamin, tout à l'heure, Ed n'a rien dit. S'il le haïssait, il n'aurait jamais laissé l'Ishbal l'approcher...
Mustang ne répondit pas et se contenta de tourner la tête vers la fenêtre.
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Cependant, dans une autre chambre, mais cette fois-ci à la Caserne, une infirmière terminait de nouer une bande autour de la cuisse droite d'Edward. La balle avait éraflé la peau et il n'y aurait qu'un petite cicatrice dans quelques jours...
— Voilà, jeune homme, dit alors la femme en se redressant. C'est fini, vous avez été courageux, la blessure est assez importante quand même...
— Quand on porte des automails, on a l'habitude de souffrir, répondit Ed avec un sourire un peu douloureux.
La jeune femme en blouse blanche lui rendit son sourire puis elle quitta la pièce. Al et Scar entrèrent alors, l'un après l'autre, et Scar vint se placer entre le lit et le mur. Al prit place sur un tout petit tabouret de l'autre côté du lit.
— Ed... pourquoi ? dit-il alors. Pourquoi tu as fait ça ?
— Je ne sais pas, répond Ed en baissant la tête. Toit de que je sais, c'est que je devais le faire...
— Tu sais que dès que tu sortiras d'ici...
— Je sais Al, et j'assumerais, dit Ed en le regardant. Peu importe si je me fais virer de l'armée et si je perds mon statut d'Alchimiste d'État. Je m'en fiche, du moment que Scar n'est pas exécuté...
Il tourna la tête et jeta un coup d'œil à l'homme adossé contre le mur, les bras croisés.
— Scar, dit-il. Fait pas cette tête...
L'interpellé leva la tête, et Ed lui sourit doucement. L'Ishbal serra les mâchoires et Al soupira.
— Je vais vous laisser, dit-il . Je vais aller voir comment va le Lieutenant-Colonel... et je vais essayer de savoir à quelle sauce tu vas être mangé...
Ed se tourna vers son frère puis hocha la tête, et l'armure vivante quitta la pièce de son pas métallique.
Une fois la porte refermée, Ed de remonta contre son oreiller et soupira. Scar se redressa alors et contourna le lit pour s'asseoir sur le tabouret.
— Scar... dit alors Ed.
— Mhm ?
— Merci...
— Ce n'est pas moi qu'il faut remercier, répond l'Ishbal en décroisant les bras et en se redressant. Mais la femme, Hawkeye. Si je ne suis pas mort, c'est grâce à elle... Si elle ne s'était pas mise devant moi, je serais mort à l'heure actuelle...
— C'est ce que j'ai cru voir, répond Ed. Mais j'avais tellement mal que mon esprit était confus... Qui m'a amené ici ?
— Moi, répond Scar. Un des soldats de Mustang voulait le faire mais j'ai refusé. Pourquoi, cela te pose un problème ?
— Pas du tout, au contraire, répond Ed.
Il sourit à l'Ishbal puis tendit la main. Scar s'en saisit et le jeune Alchimiste secoua la tête.
— On est quitte maintenant, dit-il. Je t'ai sauvé la vie et tu as sauvé la mienne, même si techniquement, tu n'as rien fait.
Il ramena ensuite son bras à lui et Scar posa son bras sur sa cuisse. Il serra les doigts puis grommela.
— Tu sais quoi, Ed ? dit-il alors en se redressant
— Non, mais tu vas me le dire...
— Je crois que j'ai compris ce qui t'a poussé à agir comme cela envers moi.
— Ha ? Et quoi donc ?
— Je crois que tu t'es entiché de moi, Edward... répondit alors Scar. Et ça, je n'ai aucune idée de comment le gérer.
Ed baissa le nez. Il se mordit la lèvre puis souffla.
— Moi non plus, avoua-t-il alors. Je n'avais jamais été amoureux encore et voilà que je m'entiche d'un mec, un assassin, un...
— Ça va, le coup a Scar. Je connais mon CV...
Et sourit. Il secoua ensuite la tête et Scar resta silencieux. Une femme passe dans le couloir sans les regarder, mais le soldat devant la porte, lui, leur jeta un regard, d'un air de dire, ne tentez rien je suis là et je vous ai l'œil...
