Disclaimer : Kill Ben Lyk est l'oeuvre d'Erwan Marinopoulos.
Résumé : Ben et Roberto n'ont jamais pensé qu'ils deviendraient parents. Pourtant, c'est arrivé. Voici cinquante de ces moments de parentalité. [Kill Ben Lyk]
Note de l'auteur : Oui, pour ce qui est du petit, j'ai craqué mon slip et j'assume. Comprenne qui pourra. Et ça fait plus ou moins suite à certaines façons des 100 façons qui sont dédiées à Ben et Robbie. Comme toujours, je rappelle qu'on ne connaît rien du passé de Ben comme de Roberto dans le film alors je fais ma popote.
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de paternité + Maladie 14 : Rougeole + Liste 15 : -Présence de super héros. -Une scène toute mignonne. -Une scène de drame. -Thème du doute. + Quatre aspects des... Cavaliers l'Apocalypse : Peste : Ecrire sur une maladie pandémique ou un personnage malade. + Défi de Sarah et Voirloup n° 295 : A a un plaid à l'effigie de son héros préféré et adore le porter
50 nuances de paternité
5- La première maladie
Anwar n'avait pas été très bien les derniers jours, il s'était plaint de maux de gorge et de tête. Mais malgré les soins de ses oncles, quand la toux s'installa, la visite chez le médecin devint nécessaire. Ce fut Ben qui l'emmena. Le verdict fut sans appel après examen de l'intérieur de sa bouche quand on découvrit des petits points blancs sur un fond rouge presque enflammé :
L'enfant faisait la rougeole.
Quand ils rentrèrent, le jeune homme expliqua tout à Roberto.
- Repos à la maison obligatoire, il est contagieux. Heureusement que j'ai déjà eu la rougeole avant. Dit l'influenceur
- Pas moi. Avoua son mari
- Quoi ?! Robbie... T'es vacciné contre la rougeole, non ?
- Il me manque un rappel, c'était prévu dans quelques jours. Mais c'est rien.
- Rien ? Robbie, la rougeole chez l'adulte, c'est hyper dangereux ! Si tu la chopes, tu peux avoir des complications graves !
- Ouais, bah tant pis, je ne laisse pas Anwar tout seul quand il est malade.
- Il ne sera pas tout seul, il sera avec moi.
- Tu sais ce que je veux dire, Ben.
- Roberto, je t'aime mais il est hors de question que je te laisse faire une connerie pareille.
- Je ne peux pas le laisser maintenant. Et si... Et si jamais quelque chose arrivait ?
Le youtuber se radoucit face à la voix tremblotante de son époux. Il avait tendance à oublier qu'au-delà d'être devenu le gardien légal de son neveu, le petit garçon était le seul lien qu'il lui restait avec sa sœur, qu'il était encore dans un deuil difficile à faire en raison du contexte familial.
- Je ne veux pas qu'il croit que je l'abandonne...
- Je ne le laisserai pas croire ça. Mais Robbie, il faut que tu t'éloignes. Je suis sérieux. La rougeole chez l'adulte, c'est risquer au mieux des otites au pire des encéphalites. Mes parents ou ma grand-mère t'accueilleront sans soucis. Il faut aussi que t'appelles le médecin, que tu lui expliques, pour que t'aies un traitement préventif. Moi, je me charge d'Anwar. Je t'appelle tous les jours si ça te rassure. D'accord ?
L'homme acquiesça même si cela lui coûtait. Tard dans la soirée il était arrivé chez Martha à Liverpool, à quatre heures de Londres. Le chemin lui avait paru bien plus long à cause de l'angoisse.
Ben souriait tout en ouvrant les fenêtres de l'appartement en grand. Le médecin avait préconisé d'aérer au moins une fois par jour et de maintenir la température de l'habitation en-dessous de 20 degrés Celsius. Il désinfectait aussi régulièrement les surfaces, les poignées et sur l'étendoir à linge, le plaid Superman d'Anwar séchait tout doucement. L'enfant adorait cette couverture, ses oncles le voyaient rarement sans le matin ou le soir. Il s'emmitouflait dedans devant la télévision, pouce dans la bouche, profitant d'un dessin animé avant le coucher. L'adulte avait entendu dire quelque part que les écrans n'étaient pas top avant d'emmener un petit de l'âge de son neveu dormir. Cela ne semblait pas l'empêcher d'avoir une nuit de sommeil complète, d'autant plus que Robbie comme lui avaient pris le pli de lui lire une histoire avant d'éteindre la lumière. Il tâta la couverture, elle était parfaite. La porte de la chambre s'ouvrit et le garçonnet apparut. Le pauvre était plein de tâches rouges et toussait encore beaucoup mais il avait déjà un meilleur appétit.
- Bonjour Anwar. Bien dormi ?
- Bonjour Oncle Ben. Oui, j'ai bien dormi.
- Regarde qui est prête à t'accueillir !
Le petit garçon eut un sourire éclatant et un cri de joie qui réchauffèrent le cœur de son gardien. Il s'enroula immédiatement dedans. Il s'installa à table et Ben lui servit son petit-déjeuner ainsi que ses médicaments. Anwar était un patient très facile : il prenait tout, cachets comme sirops, sans rechigner même si certains étaient dégoûtants. Il y avait juste une pilule que son oncle devait couper en deux car elle était un peu trop grosse pour lui, rendant la déglutition compliquée.
- Oncle Ben ?
- Oui Anwar ?
- Pourquoi Oncle Robbie, il n'est pas à la maison ?
L'influenceur se sentit coincé un instant avant de se dire qu'il valait mieux dire la vérité. Adapté à un petit bout de chou de cinq printemps, oui, mais la dire tout de même.
- Il est chez ma mamie à Liverpool. Avoua-t-il
- Pourquoi ?
- La rougeole, c'est une maladie qui est très contagieuse mais qu'on ne peut attraper qu'une fois. Moi, je l'ai déjà eue quand j'étais petit. Donc, je ne risque rien. Mais Oncle Robbie, il ne l'a jamais eue. Et il n'est pas encore totalement vacciné contre. Et la rougeole, chez un adulte, ça peut être dangereux. Donc, il est parti chez ma mamie et le docteur lui a donné des médicaments au cas où.
Anwar baissa la tête et le youtuber vit des larmes perler dans ses grands yeux bruns si similaires à ceux de Roberto. Il paniqua. Avait-il merdé ?
- Il est parti parce que j'allais lui faire mal ? Demanda-t-il la voix chevrotante
- Pas toi, Anwar. La maladie. Corrigea Ben
- C'est comme Papa et Maman ?
Panique générale. Il n'était clairement pas préparé à gérer un tel tsunami d'émotion. Il le fallait pourtant. Il se leva et enlaça doucement son neveu.
- Tu n'y es pour rien, Anwar. Tu n'as pas choisi d'être malade. Et ton papa, ta maman, c'est un accident de la route. Tu n'y es pour rien du tout.
- C'est Dieu ou c'est Allah alors ?
Terrain glissant. Autre surprise de la défunte sœur de Robbie : elle et son mari avait élevé leur fils en lui enseignant le catholicisme et l'islam puisque les deux étaient ses racines. Une fois plus grand, Anwar aurait été libre de choisir laquelle des branches lui plaisait le plus.
- Je ne saurais pas te le dire. Je ne connais pas bien ces deux fois. Il faudrait demander à ta mamie Laïla ou à Oncle Roberto lui-même. Mais Anwar, rien n'est de ta faute. Ton papa et ta maman, ce n'est pas de ta faute. Avoir la rougeole, ce n'est pas de ta faute. Oncle Robbie qui a dû aller chez ma mamie pour ne pas tomber malade, ce n'est pas de ta faute. Ce n'est la faute de personne. D'accord ?
Il acquiesça en silence. Le cœur du vidéaste se gonfla d'amour quand il sentit les bras de son neveu de chaque côté de son torse.
- Tu sais quoi ? Quand tu auras fini de manger et quand tu seras habillé, si on faisait une chouette vidéo pour Oncle Robbie ? Il sera content !
Au final, la vidéo se transforma en selfie. Très fatigué, Anwar s'était endormi devant les aventures de Superman, toujours emmitouflé dans son plaid, la tête sur les cuisses de Ben, le pouce dans la bouche, sa peluche contre lui. Roberto se retrouva à sourire béatement devant l'écran de son téléphone portable avant de montrer le cliché à celle qui l'hébergeait.
- Aww, regarde-moi ces petites joues toutes rondes ! S'exclama-t-elle. Il est adorable cet enfant ! Et je ne suis pas étonnée qu'il se soit si vite à attaché à Ben. Ou que Ben se soit si vite attaché à lui.
- Parfois, je me demande si on est à la hauteur... Révéla le jeune homme
- Roberto. Tous les parents, y compris les mieux préparés du monde, font des erreurs un jour ou l'autre avec leur enfant. Et pour un couple pour qui la paternité vous est tombée sur le coin de la cafetière sans crier gare, franchement, vous vous en sortez bien. Ce qui compte, ce n'est pas de faire un sans fautes. C'est de reconnaître qu'on s'est trompés, de demander pardon, de s'améliorer. Mais surtout, l'essentiel, c'est d'aimer son enfant. De faire de son mieux. De le respecter. Les petits sentent ça. Et Anwar a tout ça aujourd'hui. Pose-toi moins de questions.
Quelques jours plus tard, leur triumvirat fut enfin réuni.
FIN
