Disclaimer : Kill Ben Lyk est l'oeuvre d'Erwan Marinopoulos.
Résumé : Ben et Roberto n'ont jamais pensé qu'ils deviendraient parents. Pourtant, c'est arrivé. Voici cinquante de ces moments de parentalité. [Kill Ben Lyk]
Note de l'auteur : Oui, pour ce qui est du petit, j'ai craqué mon slip et j'assume. Comprenne qui pourra. Et ça fait plus ou moins suite à certaines façons des 100 façons qui sont dédiées à Ben et Robbie. Comme toujours, je rappelle qu'on ne connaît rien du passé de Ben comme de Roberto dans le film alors je fais ma popote.
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de paternité + copc d'écrire pour ton recueil "50 nuances de parentalité" un texte sur le premier anniversaire d'Anwar depuis l'accident où Ben et Roberto invitent la famille ?
50 nuances de paternité
15 - Le premier anniversaire
- Robbie. On n'a pas à faire ça ici. On a assez de côté pour organiser ça dans une petite salle. Ils n'ont pas à venir ici si tu ne le veux pas.
L'air et le ton sérieux de Ben l'étonnent mais lui font plaisir. L'anniversaire d'Anwar arrive bientôt. Le premier depuis la mort de ses parents et de son arrivée dans leur vie. Son mari et lui ont bien l'intention de célébrer ses six ans comme il se doit. Et autant l'idée d'inviter les parents de Ben, sa grand-mère, ainsi que Laïla, est tombée sous le sens, coulant de source, autant d'autres invitations posent problème :
Quid des parents de Roberto ?
Ils ne sont jamais venus chez eux et à dire vrai, si le youtuber s'écoutait, ils ne passeraient jamais le pas de la porte, pas après la souffrance qu'ils ont causée à son époux. Leur appartement, c'est un peu leur refuge, leur bulle, leur havre de paix. Laisser entrer ces gens, leur homophobie, c'est risquer de ternir et d'appauvrir les vertus de leurs quatre murs. Mais ils sont les grands-parents maternels de leur neveu. L'enfant est le dernier morceau de leur fille défunte. Robbie sait tout ça. C'est pour ça que la possibilité qu'ils viennent est arrivée sur le tapis. A ses yeux, il faut faire passer le bien d'Anwar avant tout. Il n'a pas à être mêlé aux guerres des adultes. Aussi, les parents et les grands-parents, même s'ils lui crachent à la gueule, ont le droit de venir pour voir le garçonnet.
- Anwar serait tellement fier de leur montrer sa chambre. Elude-t-il. A moins qu'on ne soit trop serrés.
- Non, ça sera juste mais on peut tous tenir. Mais je te le dis : je leur envoie les invitations parce que tu es d'accord. Et parce qu'Anwar mérite d'avoir toute sa famille pour son anniversaire. Mais s'ils refusent de venir, je n'irai pas les supplier. Et à la moindre remarque contre toi, je les vire.
- Pas devant lui...
- Jamais devant lui.
Ils se regardent un instant et réalisent une chose : ils doivent vraiment aimer ce petit bout d'homme pour oser envisager une trêve avec ces gens-là.
Le sourire immense sur les lèvres de leur neveu leur réchauffent le cœur et efface même les craintes nichées dans les entrailles de son oncle. Étonnement, ses parents comme ses grands-parents ont répondu présent. Il devine dans leur regard le jugement qu'ils portent sur l'endroit il vit. Ils les connaît assez pour savoir qu'à leur yeux, le décor n'est pas adapté à un enfant : des posters de rock sur les murs, une borne d'arcades, des néons en forme de cactus. L'appartement est une garçonnière des années 90. Puis ils voient plusieurs bacs près de la télévision qui sont remplis de jouets et de peluches. Il y a une petite bibliothèque rien que pour Anwar avec plein de livres sur les dinosaures, les contes de fées, des Disney et ils ont même acheté pour lui une version pour enfants de la Bible ainsi que du Coran, suivant ainsi ce que ses parents avaient commencé.
Ben a fait faire le gâteau préféré du garçonnet par un pâtissier. Ils ont décoré ensemble sur le thème choisi par le célébré : en ce moment, sa grande passion, c'est la Pat' Patrouille.
Laïla est peut-être la plus expansive et elle s'émeut de voir les deux livres sacrés côte à côte. Son petit-fils lui explique que pour la Bible, c'est Oncle Roberto qui lui explique parce qu'il est catholique comme Maman. Pour le Coran, ils apprennent ensemble. Il est tout fier de montrer aux invités sa chambre, la photo de ses parents qu'Oncle Ben a encadrée avec soin, l'ardoise murale qu'ils ont installée pour qu'il puisse dessiner sur le mur sans abîmer le papier peint.
Lorsqu'ils s'installent et trinquent, sans alcool, à la santé du garçonnet, c'est surtout Ben qui fait la conversation. Roberto n'a rien à dire aux étrangers qui portent son sang. Il se concentre plutôt sur Anwar, prend les photos quand il souffle ses bougies, l'aide à couper son gâteau quand il le lui demande et répond aux questions de Laïla.
- Dis-moi, tu es heureux avec ton oncle Roberto ? Demande Teresa
Robbie serre les dents face à cette omission éhontée de Ben. Anwar, lui, acquiesce vivement.
- Oncle Roberto et Oncle Ben m'aiment grand comme ça ! Dit-il en tendant ses bras aussi loin qu'il le peut. Et c'est encore plus grand, j'ai juste les bras trop petits ! Ils m'aiment fort comme Papa et Maman.
Sa grand-mère paternelle a un sourire chaleureux. Martha, elle, est fière comme un coq.
- Anwar est un petit garçon adorable. Il faudrait être sans cœur pour ne pas l'aimer. Renchérit la mère de Ben.
Ils décident de jouer ensemble à un jeu de société. L'enfant meurt d'envie d'y jouer, Ben pense que ça peut briser la glace. Même s'il ne le dit pas. Teresa et Giovanni regardent ce fils qu'ils ont rejeté agir avec leur petit-fils. Il l'a pris sur ses genoux et ils jouent en duo. Anwar ne connaît pas bien les règles alors il peut l'aider. Il y a une vraie complicité entre eux, il est évident que l'adulte aime son neveu, peut-être l'aime-t-il comme son fils même s'il ne remplacera jamais le père. Et surtout, c'est là qu'ils se rendent compte de la ressemblance entre les deux : le sourire, la forme des yeux, la couleur, les cheveux. Ils revoient un instant l'enfant que Roberto a été jadis. Ils se demandent souvent si c'est à cause de ça que leur fille a revu son jugement, qu'elle a voulu tendre la main, que Dieu l'a reprise pour confier son bébé à ce déviant. Pourtant, ils doivent l'admettre, le garçon est heureux. Il ne manque rien et certainement pas d'affection ou d'attention. Robbie comme son compagnon sont présents, prévenants tout en essayant de le laisser faire ses armes. Et il est leur priorité. Sinon, ils ne les auraient pas invités. Ils auraient menti à leur pupille sur leur absence. Ils ne savent pas s'ils arriveront à tout accepter un jour. Mais le principal est là :
Le fils de Magdalena va bien, il est, à défaut d'être dans de bonnes mains, entre les mains de deux personnes qui se soucient vraiment de lui.
- Tu t'es bien amusé ? S'enquiert Roberto alors qu'il borde Anwar
- Oui. Répond-il, la voix ensommeillée. C'était bien de revoir tout le monde.
- Oui, c'est vrai que c'est bien.
- Papa ?
Il oscille toujours entre les deux titres.
- Pourquoi Papy et Mamie ne t'appellent jamais ? Le papa et la maman de Papa Ben l'appellent souvent. Mamie Martha aussi. Mais toi, Papy et Mamie, Grand-Papy et Grand-Mamie, ils ne t'appellent jamais.
Un sourire triste naît sur les traits de l'adulte.
- Papy et Mamie... Commence-t-il prudemment. Papy et Mamie avaient une vision pour moi. Ils voulaient que je sois quelqu'un en particulier. Mais je ne suis pas devenu cette personne. Alors que ta maman, elle, elle est devenue la personne qu'ils avaient en tête pour elle. Alors, ils sont déçus.
- Ils ne t'aiment pas ?
L'innocence de son neveu est une arme aiguisée qu'il manie adroitement sans s'en rendre compte. Ses parents l'aiment-ils encore ? Il pense que non. En fait, ils ont aimé une chimère, pas lui en tant que tel. Mais il pense aux paroles que Ben a dit à Anwar un jour. Il ne veut pas l'embrouiller.
- Papa Ben t'a dit un jour qu'un papa et une maman ne peuvent pas arrêter d'aimer son enfant. Papy et Mamie m'aiment encore. A leur manière. C'est juste que c'est plus facile de m'aimer s'ils ne me voient pas.
- Je ne comprends pas.
- C'est compliqué, même pour les adultes. Mais ça ne change rien au fait qu'ils t'aiment énormément. Et moi aussi. Et parce qu'on t'aime énormément, on se voit. C'est grâce à toi.
L'enfant sourit et commence à piquer du nez. Son oncle lui embrasse le front et lui souhaite une bonne nuit avant de rejoindre son mari. Ben finit de nettoyer les restes de la fête après avoir regardé les photos prises. Le bonheur d'Anwar est éclatant, la sauterie a été un succès. Et ça s'est plutôt bien passé en plus.
- Ca va Robbie ? S'inquiète-t-il pourtant quand il le voit arriver
- Anwar n'a que six ans mais a déjà la maturité d'un moine tibétain...
- Ne le vieillis pas trop vite, on va devenir des papys sinon. Quoi que... Papy Ben, raconte-nous une histoire, ça peut le faire sur Youtube si ça existe encore dans cinquante ans, non ?
L'aîné du couple se déride.
- J'ai déjà plein d'idées pour l'an prochain ! Si jamais je me plante sur Youtube, je deviens organisateur d'événements !
FIN
