Encore une fois, je sais...V_V en retard... T_T. C'en est si récurrent que c'est à se demander comment je ne suis pas née en retard. Je vous jure...
PARDON ! TvvvT
Je me contenterais de dire, pour ceux qui ont suivi, que moralement surtout, mes problèmes ne sont pas résolus parce que je n'arrive pas à me faire à tout ce qui s'est passé. Je pense qu'on peut parler de déni ou je ne sais quoi. Quoiqu'il en soit le monde continue de tourner que j'avance avec ou non, j'en suis bien consciente ^^`. Enfin bref, je trouve ça dur.
Sinon, c'était un sacré chapitre que le précédent ! Il ne se passait vraiment pas grand chose, et ça m'a pris 11 pages... allez savoir. J'ai le défaut de trop vouloir bien faire les choses et de trop m'attarder sur des détails qui peut-être n'ont pas d'importance pour quiconque autre que moi.
RAR :
Eclipse1995 : Hello ! J'espère que tu vas bien !
C'est gentil de demander en tout cas, et merci de te proposer, j'en aurais peut-être besoin à un moment ou un autre je sens XD.
Ah ! Je suis contente que la peur de l'eau d'Angie (contrairement à l'ancienne version) fasse eabcoup plus logique et réaliste. Je me souviens que dans la vieille version je ne savais pas trop quelle peur lui donner, je n'avais pas trop assumé celle-là, je ne sais pas trop pourquoi. Sûrement parce qu'au fond, j'adore l'eau lol. C'était difficile pour moi d'imaginer ce que ce serait d'avoir si peur de quelque chose que moi j'adore. MAIS ! Je suis satisfaite des retours :).
Mdr, oui « de la distance, merde on se touche » c'était totalement ça, contente que ça se voit XD. Je me souviens il y a longtemps que j'avais écrit un lemon sur Angie et Vincent partant de cette situation. Maintenant que j'y repense avec ton point de vue, c'est à mourir de rire, parce que ça tournait vraiment autour de ça XD.
Je pense qu'il met à un temps à réagir parce que ça ne lui a pas traversé l'esprit que ce n'était pas un simple caprice. Elle reste souvent une enfant à ses yeux et du coup il minimise ses réactions. Mais tout ça va changer ! Ahah !
Le couple Tifa/Cloud me frustre. Pour moi il est compliqué de les écrire. Parce que j'ai envie de les mettre ensemble mais avec mon regard d'adulte, je comprends maintenant pourquoi ça ne marchait pas. Encore plus vu l'ambiance post-apocalyptique de l'histoire. MAIS ! Je n'abandonne pas. Je trouverais le bon moment et la bonne excuse.
Merci encore pour tout, et ton soutien personnel. J'espère que ce chapitre te plaira (et que tu auras hâte de voir la suite). Biiiiiz !
CupcakesCult : Te revoilà ! Comment vas-tu depuis ?
Le pairing Vincent/Yuffie est le même que Auron/Rikku ou même Squall/Rinoa pour le plus classique, c'est le tsundere avec la fille pimpante, le contraste que les gens aiment. Même avec Angie/Vincent c'est le cas si on regarde bien XD. Mais je suis d'accord avec toi, je trouve que Yuffie/Vincent ne marche pas parce que pour le coup, Yuffie est vraiment trop gamine. Mais c'est mon avis. (Peut-être que je suis trop partiale à mon OC lol).
Relire ta review après tout ce temps pour publier ce chapitre est parvenu à me redonner un fou rire (et dieu sait que c'est rare) mais après m'en être souvenu. Tes blagues sur le tribunal est vraiment à mourir de rire, j'encourage tout le monde à la lire XD. Je me vois obligée de mettre une mention spéciale, elle est trop bonne !
J'espère que tu verras dans ce chapitre que malgré son manque de confiance, elle n'en reste pas moins une fille. Je suis sûre que tu comprendras le moment venu *vagues infinies de sourcils qui bougent de façon suggestive*. J'attendrais tes blagues et ton nouveau tribunal avec impatience.
Et tu as vraiment bien compris le personnage de Reno. Moi je le voyais comme ça, du coup je le vois très bien réagir comme ça avec mon OC. Je lui trouve vraiment des qualités (et j'ai hâte de le voir dans le remake, il est trop canon pour son bien). Et t'en fais pas, Angie aussi a une opinion bien pensée de leur comportement ! Mais tout s'explique, tout s'explique, je le promets. Tout n'est pas blanc ou noir dans ma fic ^^.
Que le fan club des canons de FFVII se cotise pour nous acheter une PS4 qu'on puisse tous baver dessus (je jouerais un peu quand même si le disque ne raye pas venu Vincent). J'aimerais bien streamer ça d'ailleurs :). Avec mon nouveau soutien indéfectible pour le Syndicat Pour un Réno Hero !
EternalGivrali : Comment vas-tu ? Ta fic a avancé ?
Mdr ! Je suis hilare de voir la réaction de tout le monde pour le père d'Angie. Je suis hilare parce que je sais que ça ne va pas durer XD. Je serais à nouveau hilare de lire les nouvelles réactions de tout le monde. (DG ou le plaisir sadique d'un auteur solitaire) Tout sera expliqué, ne t'en fais pas !
Wow ! Merci ! C'est un compliment que je prends très à coeur puisqu'à mes débuts on me reprochait souvent le manque de description. Je suis contente de voir qu'elle a pu autant de plaire avec les mots crûs mais sincères d'Angie.
(Oui, Yuffie est indécente, mais la pauvre n'a plus trop le choix. XD)
Merci encore pour tout, et si ça peut te rassurer, des gens t'aimeront toujours malgré tes retards, et pour être honnête, ça m'étonne toujours autant XD. JE NE MERITE PAS VOTRE AMOUR, ARRÊTEZ ! XD
Recourage à nous deux, et que toutes les muses soient avec nous ! Et merci pour les cookies, délicieux, je les adores en plus ! Je t'offre par la même occasion des cupcakes fait maison, courtoisie de CupcakesCult qui a de superbes recettes !
Bonnes vacances au fait ! (si tu en as ^^)
Yukihanna : Hello ! Oh non ma chérie, ne t'en fais pas. Tu n'as absolument pas à t'excuser. Je n'ai pas parlé de ça pour forcer mes reviewers à en parler. Mais sache que je suis très touchée. Merci pour ta review :). Tu n'étais pas obligée donc je sais combien ça part d'un sentiment sincère.
Mais ça me rassure de savoir que je ne suis pas seule à trouver ça dur. Vraiment difficile. Mais tu vois, je trouve rarement le courage d'écrire quand même, et crois-moi, je coule plus souvent que je ne nage, mais je vois très bien ce dont tu parles. Je pense moi-même souvent à cette métaphore. Il est vrai que lire de bonnes fics me fait souvent dire « 'tain, si j'étais plus là, j'aurais pas eu l'occasion de lire une aussi bonne histoire ». Parfois de bons livres ou de bons films me donnent envie de tenir le coup pour voir la suite. C'est triste hein ? Lol.
Donc j'espère que d'une façon ma fic peut être d'un réconfort, comme ça a été le cas pour moi il y a des années, et même à mon ancienne amie dont j'ai parlé la dernière fois. Merci beaucoup pour ta sympathie et ne t'en fais pas, tu n'as rien de maladroit puisque tu es sincère. Tu ne peux pas te tromper. En tout cas pas avec moi. Merci encore. Et sache que tu as aussi tout mon soutien, toute ma compassion, toute ma compréhension surtout.
Et sache que l'on m'a dit une fois que ceux qui tombaient aussi bas, aussi fort étaient souvent ceux qui restaient debout le plus longtemps. Et je ne sais pas si c'est une excuse pour me faire sentir mieux, mais je trouve que c'est vrai. J'ai souvent eu l'impression d'avoir tenu très longtemps sans broncher jusqu'à craquer. Donc réfléchis-y, et demande-toi si tu n'as pas le droit d'être humain aussi :).
Mdr. Personne n'aime Yuffie à ce que je vois. Je me demande si je suis pas la seule à blâmer XD. Elle est drôle en vrai, et ultra franche dans le jeu. Mes aïeux, qu'ai-je fait à un personnage canon ?
On est tous d'accord pour dire que Cloud a besoin de couilles. Sérieusement. Pauvre Tifa !
Merci pour ta compréhension de mes retards. J'espère me rattraper, toujours et encore par la suite.
Prends soin de toi aussi ! Si tu veux me parler en MP n'hésite pas ! Biiiiiiiz !
Chavie : Salut ! Comment ça va mal ? T'as rien compris ? T'es pas la seule, mais si tu veux comprendre ben tu peux relire le chapitre, j'ai tout remis en ordre et l'action présent n'est plus coupée, bonne chance !
Chibi Vincent ? Il ne restera pas longtemps comme ça longtemps malheureusement…Mais qui sait, peut-être plus tard ?
Et si je prends du temps, c'est parce que ces trois derniers chapitres je n'arrêtait pas de les relire et de les perfectionner pour pouvoir faire ce questionnaire que vous allez répondre, j'espère !...Donc faut dire que c'est un petit boulot monstre quand même et que je prends tout sur moi ! Et puis les sept gars sont des personnages clefs que vous apprendrez à connaître avec le fil de l'histoire, suivez bien ces moments là, c'est crucial.
Dollyvic : Dur à cerner ? Moi-même je ne savais pas ce qui me passait par la tête à ce moment là. Peut-être la panique le chapitre soit toujours autant en retard…
Enfin une qui comprend en tout cas que les scènes se passaient dans la tête d'Angie en fait, mais c'est dur de retranscrire ça en écriture en fait.
Aeris, elle en a pas l'air, mais tu sais… en fait c'est le diaaaaaaaable !
(Aeris : Ben voyons… DG : Mais je déconne, roh la la !)
Donc tout ça pour dire que même si Angie a un statut colossal dans son monde, elle n'est pas aussi bonne que son père pour les négociations…C'est à revoir ça !
Séphiroth Netza'h : Comme quoi ça s'arrête toujours au mauvais moment à la fin (quels casse-pieds ces auteurs) !
(Angie : Ca me rappelle quelqu'un…
DG : Toi, la blonde, la ferme !
Angie : Tiens ! Et vulgaire avec ça !
DG : Mais va te faire foutre ! Tu te rends compte du boulot que tu me donnes ? 15 pages sur word ! Pas fou, non ? Tss…)
Lol, bon, tu as compris le comportement d'Angie à la fin maintenant ? Dur comme Mako ma fic en ce moment, ne ? Ouais, en fait, je n'ai pas eu vraiment l'occasion de parler vraiment de la vie d'Angie mais vous en avez eu un aperçu. Par la suite, vous en aurez encore plus !
Aeris se met à jour, en effet (j'ai l'impression de la traiter de machine là, lol) et puis en effet, j'en ai chié 2 fois plus que le chapitre 9 pour ce chapitre ! Alors c'est pour vous dire !
En parlant de corriger de fautes, le prochain qui dit que j'en fais ! *charge son gun* Ben faudra vous plaindre à Netza'h, parce que c'est lui qui bosse pas dans ce cas là !
Voilà, et tu as gagné le concours des reviews les plus longues, le plus de fois !
Leslie : Sympa l'annonce, mais ma fic ?
Leonie : Merciiiiiiiii, tu me fais très plaisir ! Tu l'aimes à ce point ? C'est pas grand-chose, faut faire bouger les mots en fait, lol, très compliqué ce que je viens de dire ! En tout cas, tes compliments me vont droit au cœur et c'est bien que le fait que je partage mes rêves et mes idées vous fasse plaisir ! J'espère que tu seras au rendez-vous pour le questionnaire !
MoonLight : C'est dommage, mais bon, c'est bien, mieux vaut tard que jamais MDR.
Sev : Heureusement que t'as pensé à laisser une review, mdr. Je te remercie pour tes compliments et je vous demande pardon à tous pour ces trop grands retards en ce moment. Par contre, je n'ai pas reçu ta review pour le chapitre-10. Pas crevé au moins ? Mdr. Sinon ça, encore merci et à bientôt !
Artémis : Si toi tu n'as pas au moins une erreur pour le questionnaire, c'est que t'es le meilleur, mais comme tu es arrivé en dernier, ben forcément, tu as l'histoire dans la tête ! Les musiques ont dû rajouter une touche incroyable à mon histoire, non ? Alors, Bienvenue et j'espère que tu as lu tes réponses au reviews depuis le début ! Au fait, tu devrais t'inscrire au site, ce sera plus pratique si tu lis beaucoup, comme ça tu sera au courant dés que tu ouvres ta boîte de messages des nouveaux chapitres postés dès qu'ils sont en lignes, c'est bien non ? C'est valable aussi pour tout ceux qui font des reviews dites « anonymes » en fait, comme Leonie.
Je souhaite faire une mention spéciale concernant l'hilarante review de CupCakesCult concernant le précédent chapitre, et je souhaitais vraiment la faire partager à tout le monde, parce qu'elle mérite vraiment le détour ! XD Bonne tranche de rire à tous : "Le tribunal des fangirls à statué et se prononce en faveur de sa déchéance d'humanité. Monsieur le papa d'Angie, nous vous reléguons par le courant décret au rang de cafard. Quand à vous monsieur Valentine, vous avez certes des chaussures brillantes, mais vous n'êtes clairement pas une lumière, nous sommes déçus. Votre cape sera donc confisqué, et vous êtes condamné à porter un noeud papillon et à supporter Pouffie toute la soirée ! Que l'on ne vous y reprenne plus! Ah, et Monsieur Strife, l'association du Soutien des Fan au Canon vous offre cette cotisation de 100 000 gils, achetez vous donc des yeux et des couilles avec ça. "
Merci Cup' ! Infiniment XD.
Bref, chapitre à nouveau palpitant, puisqu'il y a la fameuse scène de tango que j'ai tant et tant peaufiné pour être sûre de partager un brillant moment en leur compagnie, accompagnée de vous, évidemment. Dans ce chapitre, nous serons tous voyeurs, et je dois avouer que ce n'est pas pour me déplaire ;).
Je vous souhaite une bonne lecture donc.
Chapitre-10
Tango celebrations
Normal's POV (Music : Derecho Viejo de Forever Tango)
« Angie. Hé. Angie.
-Ah, euh. Oui ? »
Entre deux personnes, elle croisa le regard carmin de Vincent qui l'observait avec attention. Il tenait les bras de Yuffie à distance, comme s'il venait de les retirer de ses épaules. Les gens s'agitaient étrangement sur la place.
« Reste avec moi, tu vas adorer ça, insista Reno en lui prenant la main.
-Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle en entendant une musique commencer. »
Tous les gens s'exclamaient de joie autour d'eux, et se mettaient en ligne, face à l'orchestre, le restaurant où était AVALANCHE à sa gauche.
« L'Así se baila la Costa. C'est une danse collective. » Leur contact la dérangeait, mais sa prise était ferme, ses doigts entre les siens et sa paume plaquée contre la sienne. Il semblait impatient.
« Ah ok, comme le Madison tu veux dire ?
-Le Madison ? Questionna-t-il en la toisant, sourcils froncés.
-Non, rien. Inutile de mentionner le Country j'imagine, glissa-t-elle à voix basse.
-Ah, le Country je connais, mais je le danse pas. »
Il les plaça aussi en ligne, et bomba le torse, avant de lui envoyer un sourire charmeur. « Mais là, il te faut un partenaire. Masculin de préférence. » Il haussa les sourcils plusieurs fois, l'air complice et l'oeillade suggestive.
En regardant autour d'elle, elle constata qu'effectivement, entre deux hommes, il y avait forcément une femme, quelque soit la ligne. Tout AVALANCHE s'était levé, et ils s'affairaient à se placer deux lignes devant eux. Vincent jeta l'espace d'une seconde un regard en arrière dans sa direction, la frange à moitié sur le visage. Mais son regard était posé sur le jeune Turk roux, sombre et scrutateur.
Mais soudain, la foule se mit à bouger, comme un seul homme. Reno se mit aussi à parler, pour la guider, et la blonde essaya de son mieux de suivre ses instructions. Un pas devant, un pas derrière, un autre devant, et les hommes ramenèrent devant eux par la main les filles qui étaient à leur droite. Tous prirent l'autre main des filles étant libre, pour pouvoir poser la droite sur leurs hanches, et entamer une suite de trois pas vers l'arrière.
Angelina suivit sans mal les pas, car de toute manière, la prise de Reno sur elle était plutôt assurée, et en le voyant avancer, son réflexe fut de reculer. Elle se demanda alors si c'étaient ses années de danse qui ressortaient. Il fit mine de reculer, mais avec leurs mains liées, il la retint sur place. Il posa le pied gauche vers l'arrière, et elle lui emboîta le pas, posant alors son pied droit en avant, dans l'espace qu'il avait laissé, toujours en suivant ses instructions.
Elle pouvait alors sentir son souffle sur son visage, et elle tourna alors la tête vers le côté, faisant mine d'observer les autres, et il eut alors un meilleur accès à son oreille.
Ils reposèrent le pied en arrière, avant qu'il ne la fasse tourner sur elle-même. Cependant, très vite, il la ramena proche de son épaule, et tête près de son épaule, buste parallèle au sien, il les fit reculer vers l'arrière en diagonale, et plutôt que d'emboîter son pas, leurs parcours étaient parallèles, le corps côte à côte, presque flanc contre flanc.
Brusquement, il se pencha, un genoux plié en avant, et la fit basculer en arrière, si soudainement qu'elle avait gardé les jambes raides. Elle resta immobile, les yeux grands ouverts, consciente que seule sa main dans son dos la gardait au-dessus du sol, mais elle respira un grand coup en le découvrant si proche de ses lèvres.
Mais finalement, il sourit avant de les redresser et de les remettre en ligne, main par la main. Tous, l'esprit de fête en marche, levèrent la jambe droite, puis la gauche, puis encore la droite, avant de sautiller, tous s'écriant alors « Olé ! » d'une voix forte et enjouée en levant la main libre vers le ciel, telle une revendication. Et finalement, d'un geste ample, il la fit tourner vers l'extérieur, sur la gauche, manquant de la faire trébucher entre les dalles où son talon ne glissait pas, le regard de braise et la révérence romantique.
Et soudain, une autre main saisit la sienne, et elle constata qu'elle avait changé de partenaire lorsqu'elle fit face à un nouveau torse. Il était jeune et quelconque, quand on côtoyait AVALANCHE ou les Turks.
« Bonsoir, lança le jeune homme brun plutôt gaiement.
-B-bonsoir, répondit-elle maladroitement. »
Et le manège recommença. Les filles de la première ligne changeant de partenaire sur la gauche, celles de la deuxième vers la droite, afin que tout soit harmonisé, et ainsi de suite comme un rouage bien huilé.
Elle essaya tant bien que mal de jeter des regards à la volée à la ligne où se trouvait AVALANCHE. N'ayant pas assez de filles dans le groupe, les garçons du groupe se retrouvèrent rapidement avec des étrangères. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le mythe était vrai : la patience de Vincent avait une réputation qui n'était plus à refaire. Malgré la maladresse des filles (ou sûrement leur état proche de la syncope à l'idée d'être dirigée par ce héros), il offrit à chaque nouvelle danseuse le plaisir qu'elles étaient venues chercher.
Cinq changements, cinq partenaires, et enfin la chanson toucha à sa fin. Tous se séparèrent, et à nouveau comme un seul homme, ils claquèrent dans les mains après avoir tourné : « Olé ! ».
La musique s'arrêta, et tous éclatèrent de rire, satisfaits et comblés par le mouvement collectif de la foule.
La jeune terrienne se retrouva un instant perdue dans la vague de gens qui allaient et venaient, mais rapidement une main saisit son épaule et elle se retourna en sursautant. Reno l'accueillit tout sourire.
« Alors, ça t'a plu ?
-Oui, on peut dire ça. J'ai reconnu certains pas, dit-elle avec un léger sourire forcé. »
Elle était distraite, et malgré son goût pour la discrétion, elle jeta un regard sur le côté, regardant une partie d'AVALANCHE se replacer à table, dont l'ex-Turk. Son intense regard carmin se posa sur elle, à peine assis, et semblait couver avec une attention invariable le moindre de ses faits et gestes. Il y avait quelque chose de possessif à son voyeurisme. Mais elle se dit trop intelligente pour se laisser aller à ce genre de conclusion digne d'une adolescente.
(Music : Tanguera)
Reno la rappela vite à l'ordre.
« Je t'ai promis une danse, rappela-t-il en lui envoyant à nouveau ce sourire charmeur. » Il tendit la main, paume ouverte. « Ou la nuit... Comme tu préfères. » Son doux chuchotement allait de paire avec ses yeux incendiaires.
Un peu embarrassée, et ne sachant quoi répondre, elle toussota légèrement et se contenta de laisser le jeune Turk prendre sa main droite. Il attrapa sa main de façon joviale, et Angelina se sentit malgré elle attirée par ses yeux bleu nuit et ses allures de mauvais garçon, comme elle n'en voyait jamais au lycée. Il posa l'autre dans son dos, et à peine une seconde après, il envahissait son espace vital.
À quelques mètres de là, Vincent observait silencieusement la scène qui allait suivre.
Le jeune roux commença le carré de base du tango, puis il les fit reculer, lui fit reculer d'un pas seule, puis la faisant avancer, l'arrêtant, la faisant tourner. Elle regardait son visage sans le voir, pour se concentrer sur sa direction. Son style était standard, mais peu être trop simplet ou maladroit pour être facile à suivre. Mais les bases étaient solides, c'était indéniable.
Elle voulut voir quel était exactement son niveau en se détachant de lui, tournant sur elle même, reprenant ses bras, pivotant sur une jambe d'un côté, puis de l'autre, le lâchant en se mettant dos à lui, et descendant complètement au sol, se reposant sur sa jambe pliée et l'autre rigide en arrière entre celles de son partenaire, le bout du pied glissant avec légèreté en détendant ladite jambe.
Elle se releva bien vite, se laissa aller en arrière, pliant un genou gracieusement, dos contre son torse, pour voir ce qu'il ferait. Soudain, il sembla reprendre ses esprits en reprenant sa main pour la tourner face à lui et reprendre la position standard du tango avec elle. Il les firent tranquillement valser à travers la foule, l'air visiblement calmé.
« Tu sais danser le tango, dit-il d'une voix un peu blafarde.
-Est-ce étonnant ? Demanda-t-elle alors qu'il leur faisait faire une sortie cavalier, épaule contre épaule, leur parcours parallèle comme tout à l'heure.
-Non, au contraire... Tu es d'une famille riche. Je ne devrais pas m'étonner, avoua-t-il en coulant sur elle un regard chaud entre ses cils. »
Soudain, il l'enlaça étroitement et la souleva de sorte à ce que ses jambes fassent un arc de cercle, avant de la reposer derrière lui, où il se retourna vers elle pour continuer la danse, sans perturber sa respiration. Elle s'en étonna quelque peu. Elle était si habituée à la poigne titanesque du guerrier rouge de l'équipe qu'elle en oubliait la force des autres.
« J'étais étonné, car tu ne semblais pas connaître la danse typique de Costa del Sol. Mais je constate qu'on danse admirablement bien le tango sur Terre. »
Elle fronça les sourcils alors qu'il poussait son pied gauche sur le côté extérieur, pour le lever vers lui, où il l'attrapa pour l'enrouler autour de sa hanche, et la faire lentement pencher en arrière, l'autre jambe entre les siennes.
Vincent entendit vaguement un verre se fissurer.
« Comment sais-tu cela ? Questionna-t-elle en déglutissant, essayant d'ignorer la position compromettante. » Elle n'avait dit qu'à AVALANCHE le nom de sa planète.
« On a nos propres sources, assura-t-il avec un autre sourire, plus inquiétant cette fois. » Il les releva, et la fit tourner d'un demi-tour pour la mettre dos à lui, et leur faire parcourir la piste en ligne droite en faisant des pas sur le côté, une main sur sa hanche, la gauche guidant sa main gauche.
"On", ça voulait dire que tous les Turks et même Rufus Shinra étaient au courant. Maintenant il n'y avait plus de doute, à moins que Cloud et Vincent aient autorisé à ce qu'on en parle, il y avait un traître dans les rangs d'AVALANCHE. Ou pire. Qu'est-ce qui pourrait être pire ?
Il l'amena à se pencher en avant pour faire une impulsion des pieds entre ses jambes, une figure célèbre du tango de pouvoir placer des « coups de pieds » entre les jambes de son partenaire. Assez difficile à placer quand on n'était pas sûr de son placement ou de son partenaire. Il la plaqua contre lui, saisit ses hanches pour la soulever dans les airs, tout en faisant un arc de cercle, faisant voleter sa jupe avant la reposer tout aussi brusquement sur ses pieds.
Elle le regarda avec de gros yeux, alors qu'il la mettait face à lui et enroulait à une jambe sur sa hanche, sourire grandissant, et les faire pencher sur le côté, pliant son genou, laissant l'autre jambe de la lycéenne droite et le bout du pied au sol, et bien sûr mettre sa souplesse à l'épreuve alors qu'il augmentait l'écart en les rapprochant du sol. Elle s'accrocha à son cou, peu rassurée de sa prise plutôt légère autour de son buste.
« Tu m'as l'air tendue, susurra-t-il avec amusement à quelques centimètres de son visage. » Elle sentit ses joues s'empourprer et elle regarda brusquement sur le côté alors que son cœur amorçait trois battements assourdissants dans sa poitrine.
Ses yeux croisèrent ceux intangibles et orageux de Vincent juste au-dessus d'elle.
Avec sa lenteur caractéristique, il tapota l'épaule de son junior, dont le sourire fana aussitôt en voyant le tireur de renom. Il les releva maladroitement et Vincent eut tôt fait d'hausser un sourcil intimidateur avant de s'adresser à lui avec une mesure de ton et de rythme quasi-dialectique.
« Nous avons déjà eu cette discussion. Vous n'êtes pas autorisés à vous approcher d'elle, et tu, dit-il en s'adressant à elle, n'es pas supposée t'éloigner d'AVALANCHE. » Son regard lançait des flammes.
Il prit soin de surplomber le jeune roux de sa hauteur avant de tourner les talons sèchement, tenant la jeune aristocrate par le bras de façon plutôt autoritaire.
« Que veux-tu dire, par "nous avons déjà eu cette discussion" ?
-Rien qui ne te regarde, répondit-il d'une voix sombre sans la toiser. »
Ils fendirent la foule sans regarder sur les côtés, et une fois face à leur table, elle récupéra sèchement son bras aussi dignement qu'elle le pouvait. Combien de temps encore allait-il la faire passer pour une gamine ? L'ex-Turk la toisa durement alors elle lui renvoya un regard assassin tandis que la musique s'arrêtait derrière eux.
« J'ai vu que tu t'étais faite invitée par Reno, glissa soudainement Tifa, rappelant à Angie qu'ils n'étaient pas seuls. Tout s'est bien passé ? Demanda-t-elle avec hésitation en voyant sa mauvaise humeur.
-Souplement, répondit-elle simplement sans lâcher Vincent des yeux. J'ignorais qu'on dansait le tango sur Gaïa, lança-t-elle d'un ton qu'elle voulait léger. » Mais ses doigts serraient son bras comme s'il était douloureux, une manière comme une autre de rappeler à son compagnon sa barbarie. « Et encore moins des danses culturelles comme l'Así se baila la Costa. »
Une pause hésitante accueillit sa déclaration alors que tous les autres membres la fixaient, conscients de la tension entre le duo. La blonde croisa les bras sans baisser les yeux face au guerrier.
« Hum, toussota Tifa.
-Quoi ? Aboya la lycéenne.
-Rien, rien, la rassura-t-elle. Juste...l'idée que quelqu'un ne connaisse pas cette danse paraît si étrange, mais étant donné que tu n'es pas d'ici...
-Je ne la connaissais pas non plus, rajouta Cloud d'une voix atone.
-Euh...oui, effectivement, acquiesça Tifa. Ça fait combien de temps déjà ? Questionna-t-elle en se frottant le menton.
-Trois ans, répondit Yuffie.
-Et toi Vincent, tu la connaissais déjà ? Questionna Angelina d'un ton vraiment curieux mais vénéneux.
-Cette danse est assurément plus vieille que moi. »
Cid siffla.
« Ça en fait du bail.
-Vincent a raison, je crois que mes parents en parlaient déjà lorsqu'ils faisaient référence à leur jeunesse, renchérit Shera. »
Angelina, divertie, haussa les sourcils, plutôt médusée. Elle avait cette joie, qu'elle essayait de faire discrète, de découvrir encore et toujours des détails surprenants sur Gaïa. Évidemment, maintenant qu'elle y était, il était évident que Gaïa ne pouvait pas se limiter à ce qu'elle avait su à partir du jeu ou autre information sur Terre.
Mais ça coulait de source. C'est comme si, encore une fois, tout ce qui l'entourait, tous ces gens, toute cette matière autour d'elle devenait plus réel. Gaïa avait sa propre culture, et malgré le parallélisme avec la Terre, comme deux sœurs séparées à l'enfance, Gaïa était unique. Ses danses, ses ethnies, ses langues, ses légendes. Elle avait ses propres fondements, et la vie son propre fonctionnement.
Mère Nature ici prenait des allures de Rivière de la Vie et de magie en plus de revêtir son manteau cellulaire. Tout cela était fascinant.
(Music : Assassin's Tango de Mr. & Mrs. Smith)
« ...Angie ? Angelina ? Appela Tifa. »
La blonde cligna des yeux en reprenant contact avec la réalité, et ces derniers se durcirent aussitôt en se reconcentrant sur le tireur du groupe. Il est vrai qu'elle avait eu le temps de concocter un projet bien précis en tête tout le temps où elle était restée assise.
« Qu'en est-il de toi, Vincent ? Lança-t-elle d'un ton faussement léger en regardant ses ongles. J'ai cru te voir baragouiner un peu le tango... Serait-ce une compétence indispensable de ton ancien métier, en cas de charmante rencontre ?
-Tous les Turks suivent certaines formations, comme tu as pu le constater par toi-même... » Son ton ne contenait pas moins d'animosité que le sien. Comme toujours, Vincent n'était pas du genre à décevoir un ennemi.
Elle redressa son épine dorsale d'un bloc, relevant le menton fièrement, puis essaya d'avoir un semblant de calme, de confiance et de sensualité, en ralentissant ses mouvements, et en posant avec assurance une main sur sa hanche relevée, l'épaule en arrière. Elle toisa le guerrier du regard, un peu hautaine.
« Et que dirais-tu de danser enfin avec une vraie femme ? » Elle releva l'autre hanche, faisant claquer son talon sur le pavé de pierre avec intention, et pointa une main autoritaire dans sa direction. « Tu n'as jamais eu de partenaire comme moi. Ça je peux te l'assurer. ».
Comme elle l'espérait, Vincent n'était pas non plus du genre à décevoir lorsqu'il était invité à un challenge. Ni une, ni deux, il inspira, faisant bomber son torse et répondit avec un air sombre à la provocation en relevant un sourcil : « Je serais curieux de voir ça... ».
Tifa soupira en le voyant s'approcher de la terrienne pour lui saisir la main, scellant leur duel, la serrant douloureusement – et elle serrant les dents pour ne rien montrer. Il la guida sur la piste, sans un regard pour leur auditoire. Ils se firent face, se dévisageant avec véhémence.
Soudain, des deux mains, elle prit un pan de sa jupe, sur le côté, et le déchira sèchement. Puis elle fit remonter ses mains, les moulant sur ses hanches, les contours de son buste, très lentement sur sa nuque, avant de les présenter à lui, prête à commencer.
Il l'amena près de lui sans cérémonie, en déglutissant discrètement, reconnaissant clairement l'intimidation. Il était désagréablement grand, lourd et imposant. Ses épaules si larges et dures. Sa main et son bras métalliques rigides, et la main posée dans son dos on ne peut plus rancunière.
Elle retint une inspiration nerveuse alors qu'il les faisait se déplacer en marchant de côté, un pas après l'autre. Ils regardaient devant, et jamais l'un l'autre. La posture du guerrier était tendue au possible. Son guidage n'aurait pu être plus précis, quand il était aussi furibond.
« Je te serai gré de ne plus me rappeler que j'ai un jour fait partie de cette organisation. Les choses sont bien différentes aujourd'hui. Qui plus est, les Turks ne sont plus ce qu'ils étaient...
-Quelle différence ? La vieillesse ? L'arrogance proportionnelle à l'âge ? Ils ont toujours été les chiens d'armée des présidents Shinra. »
Il les fit brusquement changer de direction, et elle émit un son douloureux lorsqu'il écrasa son pied.
« Serait-ce une façon subtile de dire que tu n'as pas apprécié ma remarque sur ta jeunesse, glissa-t-il entre les dents. Seule la vérité blesse, tu le sais.
-J'ignorais avoir été subtile. Je vois que les Turks partagent aussi la stupidité. »
Il baissa un instant sur elle un regard rouge de colère qu'elle n'esquiva pas, et la fit tourner plusieurs fois sur un pied, avant de la rattraper dans la même position.
« Qu'as-tu à me regarder ainsi ? Comme avec ton jeune collègue. Tu es celui qui as dansé toute la soirée avec Yuffie, protesta-t-elle en reprenant la marche avec lui.
-Je ne te dois rien. » Et c'était vrai. Mais elle avait mal quand même.
Il les fit tourner en virevoltant sur les contours de la piste de danse, en arc de cercle. Elle les arrêta, et il la regarda, déstabilisé. Avec un sourire amer mais amusé, elle fit des demi-tours, perchée sur un pied, les mains sur ses épaules, faisant valser sa jupe, et il regarda malgré lui son manège, avant de bloquer son pied avec le sien, l'empêchant de continuer. Ses yeux étaient sévères.
Il saisit son bras droit avec plus de force, pour l'enrouler autour d'elle, et la positionner dos à lui. Ils marchèrent à nouveau en diagonale. Elle leva une jambe gracieusement lorsqu'ils arrivèrent en bout de piste. Finalement, il la retourna vers lui après l'avoir fait tourner, et elle en profita pour enchainer de petits pas sur à peine un demi-mètre, en arc de cercle autour de lui, toujours en tenant ses bras. Il regardait malgré lui les pans de sa jupe paniquer avec la rapidité de ses mouvements.
Elle sourit, regard fixe, alors qu'elle ralentissait, pliant un genoux, tournant sur un pied d'un côté, de l'autre, et encore de l'autre, alors que les côtés de sa jupe fouettaient brusquement contre ses hanches. Pourquoi dirigeait-elle ?
Il l'éloigna, la tenant toujours par le bras, pour l'enrouler ensuite contre lui...la soulever contre lui pour qu'elle enroule sa jambe droite autour de ses hanches. Il entreprit de faire deux pas en reculant, faisant glisser le bout de la chaussure de la jambe tendue de la blonde qui était encore au sol, pour ensuite la pencher en arrière.
Elle résista sciemment, le regardant droit dans les yeux. « Diriger une femme...la faire plier, ça se mérite, non ? Dit-elle durement en arquant un sourcil. ». Cette dualité. Cette compétition. Même leur danse en était pétri. Ses lèvres se serrèrent en une ligne étroite. « Pourquoi ne danses-tu avec toi-même dans ce cas. Peut-être auras-tu l'air plus intelligente. ».
Il s'arracha à elle pour retourner vers AVALANCHE, quand elle l'enlaça de dos, étroitement, remontant un genou sur sa jambe, et de saisir vivement la courte écharpe carmine qui lui servait de nœud. Elle s'éloigna tout aussi soudainement après son méfait, laissant le froid reprendre contact avec son dos, et il se retourna vers elle, consterné.
Il vrilla ses yeux rouge sang humides sur elle, ne manquant aucun de ses faits et gestes, comme on attendait un coup qui allait venir. Et elle le regardait, lui gratifiant la même attention, l'écharpe autour du cou, et faisant innocemment glisser l'un des bouts contre ses lèvres, l'air taquin. Le regard velours. Une énième provocation. Une ultime humiliation.
De la séduction.
Une colère incroyable le prit, teintée de tristesse. « Jamais tu ne changeras... » Il accusa d'un ton sans appel.
Il s'approcha d'elle si vite qu'elle ne le vit que lorsqu'il avait déjà sa main sur sa nuque, dans un sursaut. Sans prévenir, il alterna entre son cou et ses deux épaules pour la faire tourner, d'une seule main, de toutes ses forces. Elle trébucha, ou plutôt il plaça son pied pour qu'elle tombe en arrière. À son flanc droit, il la rattrapa d'une main derrière la tête avant de la relever tout aussi rapidement.
Elle avait perdu tous ses repères. Il la maîtrisait si fort si vite qu'elle n'arrivait même pas à reprendre pied. Il l'empêcha de retomber en avant après l'avoir redressé et l'enlaça d'un bras, dos à lui, pour la faire avancer en travers de la place. Elle était sidérée, la respiration heurtée. Il la soulevait pratiquement !
Et ils étaient si proches qu'elle sentait sa chaleur brûlante glisser contre sa peau...son odeur enveloppante, ses muscles tendus à travers ses vêtements, ses tendons qui s'étiraient durement, son souffle sur sa joue et les battements de son coeur contre le sien. La position l'empêchait complètement de se rebeller, remarqua-t-elle en fermant les yeux. Son bras autour d'elle, ses hanches contre les siennes, ses jambes poussant les siennes. Et cette tension dans ses mouvements. Cette dureté. Il était implacable.
Il la retourna vers lui d'un bras agile et autoritaire pour la coller à lui. Il saisit sa main vivement pour leur faire prendre à nouveau la position de base du tango. Ils firent plusieurs pas avant qu'il ne la soulève avec son bras droit contre lui -son souffle se mêlant au sien- pour mieux la pencher en arrière, leur hanches collées, un genou relevé par réflexe sur le bassin du brun ténébreux. Alors que ses cheveux blonds frôlaient le sol, Angie réalisa avec un temps de retard qu'il avait eu à ce moment précis la complaisance qu'il voulait.
Elle n'avait pas le temps de réagir. De suivre. De répliquer. Il maîtrisait ses jambes et ses bras aussi facilement que son fusil. (DG : ho-ho-ho! -/-)
Il la releva et la reposa sur pieds, son visage presque contre le sien, deux rubis durs la toisant fixement, suite à quoi il les fit valser autour de la piste, tournoyant comme des inséparables. Il semblait à la jeune riche que son coeur battait aussi vite que le nombre de pas qu'ils faisaient, glissant comme de la soie sur le sol pourtant irrégulier.
Soudain il les arrêta dans un coin plus reculé de la piste, où ils gagnaient en espace. Il la lança au bout de son bras, presque violemment, avant de la retirer vers lui pour l'attraper d'un bras autour du buste, « Vincent ?! » le visage toujours fermé et le regard dur et la fit tourner dans les airs, sa tête contre l'épaule du guerrier, les jambes décrivant un arc de cercle à un mètre au-dessus du sol.
Il arrêta sa course en rattrapant ses jambes frêles avec son bras gauche sur sa hanche gauche. Il la portait encore, remarqua-t-elle. Il la portait complètement. Il ne voulait pas arrêter le porté ! Angelina retint sa respiration, les yeux agrandis, ses bras autour de sa nuque. « Non, souffla-t-elle, comme avertissement. » Il haussa un sourcil interrogateur, la défiant de l'en empêcher. Mais elle n'en fit rien, se contentant de laisser sa respiration et son coeur accélérer de façon affolante.
Alors il la jeta dans les airs à au moins un mètre au-dessus de lui, la laissant vriller à l'horizontal. Elle ne sentit que l'air filer sur son corps, les yeux fermés, et il la rattrapa moins de deux secondes plus tard, sa greffe tenant sa main droite - qu'il plaça sur sa nuque et l'autre bras tenant le creux de sa hanche pour la maintenir contre lui. Comme si elle n'avait pesé qu'une plume depuis le début.
Elle avait par réflexe laissé son corps entier tendu, alors son corps formait un angle avec le sol, le bout de ses pieds touchant les dalles, une jambe repliée, son bras gauche touchant presque le sol.
Elle le fixa des yeux avec une expression étonnée, voire paniquée. Il s'attendait à la voir exploser de colère à la moindre seconde. Maintenant. Mais soudain, son visage se fendit en un sourire, les yeux brillants et elle éclata de rire joyeusement. « C'était génial ! »
Il cligna des yeux plusieurs fois, de peur de ne pas comprendre il la remit d'ailleurs bien vite sur ses pieds, la laissant tenir debout par elle-même. Mais avant qu'il ne puisse retirer ses bras elle le retint vivement avec ses mains : « Encore ! » S'exclama-t-elle avec un grand sourire et un air d'extase comblé qui plaidait une autre session.
Il ne l'avait jamais vu aussi heureuse.
Il fronça un sourcil, abasourdi. « Tu... » Il s'arrêta en voyant qu'elle continuait de le regarder avec ces grands yeux turquoises impatients et pétillants et ce sourire qui ne flanchait pas. Soudain, gagner ou pas n'était plus important. Soudain, perpétuer l'existence de ce sourire envahissait tout son être.
(Music : Libertango de Bond)
Ils s'éloignèrent pour se remettre en position, et lorsque les violons démarrèrent avec une énergie dramatique, elle tourna sur elle-même, mains sur les hanches, et il la rattrapa au vol d'un bras pour la soulever et la faire voler pieds au-dessus de sol. Il l'arrêta coeur contre le sien avant de lui faire faire un pas en avant, en arrière et encore en avant, tenant étroitement sa main.
Elle le suivait, sourire aux lèvres, le regardant attentivement droit dans les yeux, en attente. Il ne put s'empêcher de laisser la commissure de ses lèvres se relever légèrement d'un côté, d'un sourire doux.
Il se déplaça autour d'elle, la laissant tourner sur un pied sur place, sans la lâcher du regard, une fois bien en face d'elle il relâcha sa prise et elle en profita pour tourner ses hanches d'un côté et de l'autre. Bien, c'était très bien, elle ne bougeait pas s'il ne lui disait pas et elle suivait et comprenait son guidage à la perfection. Puis d'une main il la fit partir vers l'extérieur, la laissant tournoyer, avant de la rattraper du bout du bras et les descendre au sol tous les deux, une jambes tendues en arrière et l'autre pliée en avant, s'entrecroisant.
Il les releva, les fit tournoyer trois fois avant de la soulever par les hanches, et arquée en arrière elle écarta les bras comme on déployait ses ailes, riant, avant de la récupérer contre lui, glissant contre son flanc. Les choses sérieuses allaient commencer.
Ils firent une simple marche de tango pendant un moment, flanc droit contre flanc gauche, puis inversement, se jaugeant, s'interposant, symétrisant. Turquoise contre rubis. Il la fit soudain tournoyer, puis descendre au sol décrire un arc de cercle avec une jambe avant de la relever d'une main, la laissant poser le pied en arrière marcher un temps.
À nouveau ils tournoyèrent sur la piste de danse, une osmose qui attirait le regard de tous ceux qui les avoisinaient, alors qu'il la soulevait sans prévenir dans les airs et qu'elle maintenait ses jambes séparées pliées en angle droit à l'horizontal, buste contre son épaule, un seul bras tenant le sien pour appui.
En la reposant au sol, atterrissant avec l'allégresse d'un oiseau, il leur fit faire plusieurs pas rapides vers le côté, l'un face à l'autre, jusqu'au claquement de talon final. À chaque pas posé elle répliquait, malgré la vitesse, les yeux concentrés sur leurs pieds. En avant, en arrière, elle répondait. Il prit une inspiration qui pressa ses poumons contre son coeur lourd mais rapide.
Il la mit dos à lui et elle garda les yeux sur leur pieds. Un pas devant, puis un autre où ils avançaient comme en miroir, ensuite il laissa un pied en suspens, voir si elle le suivrait. Elle le fit, et il ne put s'empêcher de laisser glisser un rire de contentement et de satisfaction. Elle lui répondit par un sourire fier.
Il la remit en face de lui et la tenant avec force à bout de bras il leva une jambe vers l'intérieur, vers l'extérieur, puis à nouveau vers l'intérieur. Elle l'imita vivement, leurs jambes s'entrecroisant lorsqu'elles étaient vers l'intérieur, leurs mouvements en parfaite synchronisation. Il changea de jambe, se remettant de profil et ils recommencèrent. Quelle vitesse de réaction elle avait !
Il releva encore une fois la jambe vers l'intérieur pour la tester, et encore une fois elle l'avait imité. Sourire entendu. Finalement il la ramena encore contre lui et ils se remirent à valser à grande vitesse à travers toute la piste. Piste qui s'était un peu libérée depuis que certains s'étaient arrêté pour les regarder.
Il la prit encore contre lui, une jambe ceinturée autour de ses jambes et la pencha jusqu'au sol, décrivait un arc de cercle avec ses cheveux de droite à gauche. Il la laissa reprendre pied avec un regard intense échangé. Puis fièrement, poings liés en avant, ils fendirent vers l'avant, regard droit devant eux, déterminés. Et toute la foule les regardaient à présent, médusés.
Encore d'une main, il pencha sa tête vivement en avant, puis en arrière, encore en avant. La fit tourner, toujours penchée, main alternant entre ses deux épaules. Brusquement elle rejeta sa greffe, prit son élan et jeta contre lui, mains autour de sa nuque, ses deux genoux tenant le bassin du guerrier.
Leurs souffles s'emmêlèrent un instant, front contre front, et jamais la jeune fille n'avait sentie son coeur si vif, et pourtant si rapide qu'il lui semblait subir un vertige proche de la mort. Il l'arqua en arrière, cheveux virevoltant dans les airs alors qu'il les faisaient tourner. Il s'arrêta brusquement, et Angie vit au-dessus d'elle Tifa, grand sourire aux lèvres. La jeune femme déposa délicatement une rose sans épines entre ses lèvres et Angie l'accepta par réflexe.
Vincent la releva, la laissant glisser lentement contre lui jusqu'à ce que ses pieds touchent le sol, regard inquiet sur la fleur d'un rouge vif. Ils valsèrent, et elle le trouva indéniablement plus proche qu'avant, sa main chaude dans son dos, sa greffe moins prudente, étroitement liée à la sienne. Elle entendait même sa respiration lourde, chaude sur son visage.
Brutalement, il la mit de dos, leur nez se frôlant. Il eut un moment d'hésitation, comme s'il essayait de reprendre le contrôle de ses sens, puis du bras droit il la souleva, les faisant tourner sur eux-même, de plus en plus vite en apesanteur, pendant qu'elle avait un bras pliée autour de sa nuque, l'autre bras tendu contre sa clavicule gauche vers l'extérieur avec sa greffe, les jambes relevées comme elle l'avait fait plus tôt, sa jupe flottant contre ses hanches.
Elle ferma les yeux, enivrée par ses sens, appréciant son corps contre le sien, la sensation de flotter, le temps qui ralentissait, sa chaleur envahissant son être, son odeur emplissant son environnement, son coeur qu'elle sentait battre à ses tempes. Le coeur de Vincent dans son dos, si proche qu'elle n'arrivait plus à les distinguer. Plus vivants que jamais.
Elle entrouvrit les yeux, et il la regardait sans faillir. Regardait son air de pure extase alors qu'elle volait, son nez contre le sien, sa tête blonde avachie sur sur son épaule. Elle sourit. Et le monde entier disparaissait avec ce turquoise qui brillait d'une lueur irréelle entre ses paupières. Et un oeil clairvoyant comme celui de Cloud, aurait pu voir les deux partenaires s'échanger des filaments d'énergie, jusqu'à former un tourbillon de Lifestream alors qu'ils tournoyaient en totale synergie.
Alors que le paysage disparaissait avec la vitesse, le coeur d'Angelina se mit à paniquer, le temps marqua presque un arrêt alors que son sourire se fanait. Quelle était cette excitation qui courrait dans ses veines. Cette respiration heurtée à son approche. Cette beauté dont elle n'arrivait pas à détacher les yeux. Cette odeur qu'elle avait envie de faire sienne. Ses yeux s'agrandirent. Elle ne sentait plus son coeur. Plus comme s'il lui appartenait. Plus comme si elle le maîtrisait. Plus comme si son coeur et le sien étaient deux organes distincts. Plus comme si elle pouvait supporter son absence.
Il les arrêtèrent lentement, dos à lui il amena une jambe autour de ses hanches et plia les jambes pour tendre l'autre jambe de la blonde et l'approcher du grand écart. Angie comptait sur Vincent pour calmer cette panique qui grandissait à sa proximité, mais elle sut que la raison avait complètement quitté aussi son partenaire lorsqu'il approcha son visage, yeux presque fermés...et que ses lèvres pulpeuses se scellèrent sur la tige de la rose juste à côté des siennes, se frôlant à peine...mais les spectateurs devaient croire le contraire.
Elle ferma les yeux, imaginant la sensation de ses lèvres divines sur les siennes plutôt que sa joue, tandis que des applaudissements et des cris assourdissants s'élevaient tout autour d'eux. Il la relâcha délicatement, la laissant tenir par elle-même sur ses pieds. Son propre coeur battait vite. Il voyait en face de lui les épaules de la jeune fille se soulever, la respiration rapide, bras ballants, le regard vague. Une ombre de regret et d'hésitation passa à nouveau dans ses yeux rouges, mais il savait que la musique n'était pas terminée, et tout le monde les observait, attendant impatiemment la suite. Le coeur battant, le brun jeta violemment la rose, et il reprit la position de base avec elle, se donnant un temps pour se souvenir des pas.
Il les fit valser. Mais Angelina n'arrivait absolument plus à réfléchir. Elle ne sentait que son odeur, ses mains envahissantes contre elle, son dos, son bassin, ses épaules. Il la penchait, avant, arrière. Ses pieds faisaient avancer les siens, trébucher, soulever. La réalité toute entière se mélangeait en une mélasse incompréhensible. Seul un océan de sensation l'emplissait. Il la pencha en arrière, un bras autour d'elle et la releva, toute aussi molle et langoureuse dans ses bras, jusqu'à ce que leurs joues se touchent.
Elle n'entendait que sa propre respiration, comme si elle voyageait dans son crâne. Et l'air qui glissait sur elle. Son odeur suave qui la suivait dans tous ses mouvements.
Elle ne comprit même pas que leur danse touchait à sa fin lorsqu'il la souleva contre lui, une main dans le creux de sa jambe, et la pencher lentement en arrière passionnément. Elle ne reprit contact avec la réalité que lorsque des feux d'artifices aveuglants éclatèrent dans le ciel derrière le visage de Vincent, qu'il sursauta en regardant vers le ciel, la laissant s'échouer au sol.
(Fin de la musique)
« Ah ! » Vincent relâcha le pistolet qu'il s'apprêter à retirer de son holster à sa cheville lorsqu'il l'entendit crier de douleur. Paniqué, il baissa les yeux sur sa forme assise au sol, croisant ce regard assassin auquel il était beaucoup plus habitué.
« An-
-Non, merci, je tombe seule alors je me relève seule ! »
Elle se releva d'un bond, furibonde et épousseta sa robe complètement froissée. Il la toisait d'un regard atterré.
« Anderson... » Elle l'ignora. « Je...suis désolé pour...si-
-Ne me touche pas ! s'écria-t-elle en rejetant la main qu'il avait posé sur son bras. »
La panique, et la peur de tout ce qui s'était passé pendant cette danse embrouillait encore son esprit. Elle le regarda comme s'il était capable du pire, et Vincent ressentit comme un coup de poignard.
Sans prévenir elle tourna les talons en direction d'une rue, dans la foule applaudissant et riant aux lumières éclatant dans le ciel. Mais une main ferme empoigna douloureusement son bras une fois encore. Elle s'apprêtait à répliquer sèchement lorsque cette fois, elle tomba sur Cloud.
Angie's POV
« Où vas-tu ? me demande-t-il d'un ton sans appel. N'oublie pas que tu n'es pas censée t'éloigner.
-Lâche. MOI ! je hurle en me dégageant avec violence. »
Un bref silence suit dans tout le groupe suite à cette exclamation.
« Ecoute-moi bien : je ne suis pas un chien en laisse ! Je suis un humain et j'ai des sentiments et des émotions ! Je suis un humain, ok ?! Pas le chien d'AVALANCHE ! Une satanée humaine ! Et j'ai le droit d'être LIBRE ! »
Cloud semble vouloir répliquer mais les mots lui manquent. Vincent qui vient de rejoindre le groupe s'apprête à parler mais je me lance avant qu'il puisse dire quoi que ce soit.
« Je veux aller où je veux ! Si vous étiez vraiment différents de la Shinra, vous me laisseriez libre...Libre de faire mes choix ! » Les larmes me montent aux yeux.
(Music : Give Me Love de Ed Sheeran)
Habituée aux talons, je m'élance dans la rue de Costa del Sol qui me mènerait directement à la plage. « Angelina ! » J'entends rugir la voix de Vincent dans mon dos. « Anderson ! ». Mais je l'ignore et continue ma folle poursuite, le coeur battant toujours la chamade. Mais personne ne semble m'avoir suivi.
Déconnectée de la réalité, mes pas réussissent à me porter jusque la plage, où le bruit des vagues et l'odeur de la marée réussissent enfin à me débarrasser de l'odeur et de la présence de Vincent, suave et caramélisée.
« Anderson ! » Je regarde derrière moi et je vois Vincent peiner à fendre la foule. Aussitôt, mon coeur rate un battement et mes jambes se mettent à courir d'elles-mêmes vers le ponton. « Angelina, attends ! » Je m'engage sur le ponton à toute vitesse, lorsque soudain, mon talon reste pris entre deux lattes.
« Ah ! » Ma cheville se tord, la lanière de ma chaussure rouge se déchire de sa sangle, libérant mon pied et je heurte de plein fouet le côté du ponton. Mon corps roule alors invariablement en directement de l'eau. « Non ! » J'écarquille les yeux de peur, m'attendant au pire alors que l'eau s'apprête à m'engloutir.
Mais tout à coup, une lumière éclaire l'eau, jusqu'à la transformer et mon corps s'y retrouve complètement plongé pendant ma chute. Lorsque je rouvre les yeux, je reconnais l'environnement de Lifestream qui sert d'entre-monde.
Mon corps se met alors à flotter sans but, et j'ignore combien de temps je reste, plongée dans cet océan de turquoise pur et lumineux à essayer de reprendre mon calme. Regarder mes cheveux blonds flotter, mes mains voyager, mon pied nu et mon pied encore chaussé alterner dans mon champ de vision lorsque je baisse les yeux.
« Vincent... » Je sens encore ses mains et son torse. Même ses lèvres contre ma joue, comme des sensations fantômes... Que s'était-il passé là-bas ? Pendant qu'on dansait ? On ne faisait qu'un tango parmi d'autres, et soudain il s'est transformé en quelque chose...d'indescriptible. Pourquoi avait-il changé d'attitude ? Pourquoi avait-il aussi baissé sa garde ?
Baisser sa garde... J'écarquille les yeux. Je viens de moi-même mettre le doigt sur quelque chose d'invraisemblable. Il avait baissé sa garde. Il n'avait eu qu'un moment d'hésitation..entre mes lèvres et ma joue.
Je me relève. Du moins, ce qui me semble être la position assise, je ne saurais dire dans un endroit sans aucune gravité. La réalisation me touche de plein fouet, mais une autre sensation m'envahit, comme une sensation d'urgence. Je sais que cet environnement sert d'entre-monde, alors soudain mon instinct me pousse à partir, comme si je n'étais pas censée rester ici plus d'un instant.
Les vagues de Lifestream n'avaient rien de menaçant, mais je me trouve à chercher frénétiquement une solution pour revenir sur Gaïa. Je regarde partout autour de moi, cherchant frénétiquement un endroit dans ma mémoire où je pourrais atterrir en sécurité sans avoir recours à Vincent.
Pense à Costa del Sol. Pense à sa plage. Son grain de sable fin. Son port. Oui ! Son port, j'arrive à le visualiser. Ses bateaux blancs, ses voiliers, ses mâts qui s'alignent par dizaines.
Pendant que ma pensée se précise, je ferme les yeux, et la sensation de fraicheur qui accompagne le Lifestream semble se détacher de ma peau centimètre après centimètre, comme si je séchais. Lorsque je rouvre les yeux, je reprends contact avec le sol et la réalité. La gravité m'avachit un instant, mais lorsque je relève la tête, je constate que je suis debout sur la baie de béton, devant les bateaux.
Je laisse échapper un rictus désabusé, étrangement fière de moi. Mais aussi émerveillée. C'est donc comme ça que ça marche ? Garder son calme, visualiser un endroit et se laisser aller ? Je me téléporte vraiment d'un endroit à un autre sans aucun signe avant-coureur ?
« Elle n'est nulle part. » Je me ratatine sur moi-même à cette voix grave que je reconnaitrais entre mille. Rapidement, je trouve une proue derrière laquelle me cacher, m'approchant dangereusement de l'eau malgré moi et m'accroupit. Mon coeur repart pour un nouveau tour de montagne russe.
Je cherche un instant des yeux le détenteur de cette voix, et le voit rapidement en contre-jour de profil parler à Tifa sur le ponton de bois menant au vaisseau, séparant la plage et le port où je me trouve. J'entends à peine ce qu'ils disent...
« C'est ma faute.
-Ne t'en fais pas Vincent. C'était un accident. C'est sûrement la panique qui a provoqué ça.
-Non, tout est de ma faute, dit-il en baissant les yeux. J'étais censé la protéger...garder un oeil sur elle. » Il baisse la tête, l'air très inquiet, les sourcils froncés. Je me sens soudain très coupable de rester cachée ainsi.
« Non, réplique Tifa en cherchant son regard, j'aurai dû lui expliquer les intentions de Cloud. Elle ne le connait pas comme nous. J'ai eu tord de penser que comme elle savait tout à notre sujet, elle savait aussi notre manière de fonctionner. Mais Angie a des trous dans sa version de l'histoire, je l'ai constaté.
-Tifa... » Il hoche la tête. Il hésite à parler. « Je ne sais pas ce qui m'a pris là-bas. J'ai dû lui faire peur. » Il relève des yeux honteux, mais clairs tant ils reflètent les lumières chaudes des flammes de la ville. « Comme si j'oubliais parfois que c'était encore une enfant. »
Je ne peux m'empêcher de soupirer d'énervement à cette phrase. Une fois que j'aurais tiré au clair ce que j'ai ressenti plus tôt, il fallait vraiment que j'ai une discussion sérieuse avec lui au sujet de mon âge.
« Qu'est-ce que tu dis là Vincent ? rigole-t-elle en frottant son épaule. Tu n'as rien fait de plus qu'un autre homme provoqué par une fille comme Angie n'aurait fait. Au contraire, je pense que tu as été très patient. » Que, quoi ? Provoqué ? Un autre homme ?
Je suis encore plus abasourdie lorsque je vois Vincent rougir et détourner la tête dans ma direction, sans me voir, pour cacher son visage à Tifa du mieux qu'il pouvait.
« C'est Angie qui ne se rend pas compte qu'elle prend de l'âge, je pense. » Elle secoue un peu son épaule. « Tu vois ce que je veux dire ? plaide-t-elle en lui souriant doucement. » Il baisse encore la tête. « Donne-lui un peu de temps. Et toi aussi, profites-en pour tirer au clair ce que tu ressens. Je pense que vous êtes tous les deux perdus.
-Tu... tu te méprends. Je veux juste me racheter. Je veux juste enfin pouvoir protéger quelqu'un comme j'aurais dû le faire auparavant. »
Tifa s'apprête à nouveau à parler mais s'interrompt, soupirant mais souriant.
« Peut-être. Comme je le disais...réfléchis-y à tête reposée.
-... » Il ne répond rien, tel le Vincent Valentine auquel nous sommes tous habitués.
Je soupire. Bon..il a l'air vraiment inquiet. Et c'est son anniversaire après tout. Peut-être devrais-je agir en adulte pour qu'il me traite en tant que telle... Et ça devait commencer par sortir de ma cachette.
« Ah ! C'est bien toi ! Trouvé ! » Je tourne la tête, sursautant et laissant une exclamation de surprise lorsque je ne reconnais ni cette voix ni ce visage. Il rit et l'instant d'après mon visage heurte le sol de plein fouet, une douleur assourdissante enveloppant mon crâne jusqu'à m'assoupir...
Fin du Chapitre-10
