Chapitre 9 : Une fille des Black

Résumé :

Severus rend visite à Andromeda pour lui demander conseil.


- Y a-t-il une raison pour laquelle vous ne vous adressez pas à ma sœur à propos de ça ? » demanda Andromeda d'une voix calme. « Je dois admettre que je ne me serais jamais attendue à ce que ce soit vous qui me posiez des questions sur l'histoire de Serpentard. »

Ils étaient assis dans le salon des Tonks, portes et fenêtres fermées pour se protéger de tout intrus ou personne trop curieuse. Ted avait emmené Harry acheter un cadeau pour Londubat, et Nymphadora était sortie retrouver des amis : en théorie, ils étaient seuls dans la maison. Cependant, Severus préférait garder les portes fermées.

- En admettant que, par hasard, je sois tombé sur quelque chose d'important, » dit-il, « je préfère l'apprendre avant que Narcissa en fasse autant. La meilleure façon pour vous d'influencer d'autres Serpentard est de me préparer moi. Narcissa préférera peut-être se préparer elle-même. »

Andromeda se redressa, prenant une position parfaitement digne de l'élégance de Narcissa. « Je vois, » murmura-t-elle. « Et sur quoi, précisément, êtes-vous tombé ? »

Severus tira un petit morceau de papier plié de sa poche et le lui tendit. « Dans la Chambre, j'ai découvert un objet marqué de ce symbole, » dit-il alors qu'elle prenait le papier et le dépliait. « Je sais que ce symbole a été utilisé par la fille de Serpentard, et je sais qu'il a été utilisé par Ysolda Black, quand elle a occupé la place de directrice. Ce que je veux savoir est si c'est quelque chose qu'un Serpentard actuel pourrait reconnaître, et si c'est le cas, ce qu'il ou elle pourrait en tirer comme signification. »

Andromeda observa le papier pendant un très long moment. Il avait recopié le sceau aussi précisément qu'il le pouvait, y compris la taille, et alors qu'il regardait Andromeda, son absence de réaction lui indiqua avec certitude qu'elle le reconnaissait. « Vous avez trouvé cela dans la Chambre, » murmura-t-elle. « Était-il, peut-être, gravé dans quelque chose ? Un anneau, éventuellement ? »

Severus la regarda dans les yeux, parfaitement calme. « Je ne saurais dire. »

Repliant le papier, elle se leva, et se dirigea vers la cheminée. « C'est une très bonne chose que vous n'ayez pas demandé à ma sœur, Maître Rogue, » dit-elle doucement. Le papier prit feu dans sa main sans un bruit et elle le laissa tomber dans l'âtre. « Elle y aurait certainement trouvé un usage. »

Les hypothèses de Severus devenaient plus probables. « Peut-être, » répondit-il d'une voix tout aussi douce, « pourriez-vous me dire ce que cela signifiait, avant et après l'essor du Seigneur des Ténèbres. »

Andromeda esquissa un sourire, et se rassit, croisant les chevilles d'un geste élégant. « Cela signifiait la même chose avant et après, » dit-elle. « Cela désignait l'héritier de Salazar Serpentard. Quelqu'un qui avait son… approbation. La chevalière qui porte cette marque ne peut pas être volée. Elle ne peut être utilisée par personne d'autre que sa ou son propriétaire. Toute tentative de la détruire ou de la modifier ne fera que la renvoyer vers sa ou son propriétaire, et si le geste vient d'eux-mêmes, ils perdront le droit de s'en servir. Son empreinte magique est impossible à confondre. »

- Je vois. » Severus fronça les sourcils, pensif. « Et pourtant, je ne me rappelle pas l'avoir jamais vue. Le Seigneur des Ténèbres a-t-il cessé de l'utiliser ou de la porter au bout d'un moment ? » Il était assez clair que le Seigneur des Ténèbres avait détenu l'anneau.

- Mes parents savaient qu'il l'avait, » répondit Andromeda, semblant plongée dans ses pensées. « Mais les lettres qu'il envoyait quand j'étais enfant n'étaient pas scellées avec. Il utilisait la Marque des Ténèbres. On nous a montré une lettre plus ancienne avec le cachet, comme preuve qu'il était l'Héritier de Serpentard. Mais… à partir des années soixante, je ne pense pas qu'il l'utilisait encore. Certainement pas dans les années soixante-dix. »

Severus changea de position, parfaitement conscient, à son grand regret, de la présence de l'anneau dans sa poche. S'il ne l'emportait pas volontairement, il avait tendance à apparaître dès qu'il s'éloignait un peu de chez lui. « La signature magique, était-elle… inhabituelle en quelque façon ? » Les commentaires de Madame Pince à ce sujet l'avaient préoccupé.

Andromeda eut un léger sourire. « Ça, je sais, » dit-elle. « L'anneau de Serpentard est célèbre pour cela. Êtes-vous familier avec la façon de tester un sceau magique ? »

- Oui. » Un sceau magique correctement appliqué annoncerait sa présence en cas de test, du moment que le papier n'avait pas subi de sorts.

- Le sceau de Serpentard annonce son nom dans sa propre voix, ce qui est, en soi-même, frappant, » murmura Andromeda. Son regard s'était fait distant, et elle avait rangé ses mains sur ses genoux. « Et puis il proclame, simultanément en Latin et en Fourchelang, 'Mon héritier parle en ma voix'. » Elle resta silencieuse un long moment, puis leva les yeux vers lui. « Vous pouvez imaginer la signification d'une telle autorité pour une personne telle que Vous-Savez-Qui. »

- En effet. » Pour toute personne cherchant des alliés parmi les Serpentard, c'était une approbation d'une grande importance ; pour quelqu'un avec un nom inconnu comme 'Jedusor', cela aurait pu faire plus pour légitimer sa présence dans la société sang-pur que quoi que ce fût. Ce qui rendait encore plus intriguant le fait qu'il ait cessé de s'en servir.

Pendant un long moment, ils restèrent assis en silence, alors que Severus évaluait les possibilités qu'apportait cette information. « Quand nous sommes entrés dans la Chambre, » dit-il enfin, « le directeur a découvert une porte dissimulée. Elle semblait exiger une déclaration de lignée et d'autorité pour entrer, ainsi qu'un petit échantillon de sang. Nous savions que cela représentait un intérêt pour le Seigneur des Ténèbres, parce qu'il l'avait dissimulé. Comme c'était moi qui avais temporairement reçu le don de Fourchelang, c'est moi qui lui ai parlé. La porte m'a autorisé à entrer, et moi seulement, dans une petite chambre adjacente, et depuis, la chevalière de Serpentard me suit. »

Andromeda arqua les sourcils. « Êtes vous en train de dire que vous avez donné votre sang à un objet magique inconnu ? »

Severus inclina la tête, acceptant le reproche. « Vous connaissez l'influence du directeur, quand il veut obtenir quelque chose. »

Elle plissa les lèvres, mais hocha la tête. « Elle vous suit, » dit-elle. « L'avez-vous à cet instant ? »

Sans un mot, il enfonça la main dans sa poche, et sortit l'anneau.

- Vous m'avez fait confiance jusqu'ici, » dit Andromeda à voix basse, les yeux fixés sur l'anneau. « M'autoriserez-vous à vérifier l'absence de maléfice ? »

Severus cligna des yeux. « Je vous en serais reconnaissant, » dit-il, plaçant l'anneau dans sa main. Il était doué dans ce domaine, mais une fille des Black l'était encore plus. « J'ai bien de la chance que vous acceptiez de partager votre expertise. »

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Andromeda passa presque une heure à examiner et tester l'anneau, et finit par déclarer qu'elle ne pouvait rien détecter de nuisible, et rien qui n'ait été intégré dans la toile originelle d'enchantements. « Le fait de le porter, ou même de l'utiliser, ne devrait vous causer aucun dommage magique, » dit-elle. « Même si je ne peux pas dire autant du préjudice politique. »

- En effet, » reconnut Severus d'un ton sec. Revendiquer l'anneau impliquait une allégeance très forte à Serpentard, peut-être à l'idéologie sang-pur, une certaine similarité avec le Seigneur des Ténèbres, mais aussi potentiellement un défi au Seigneur des Ténèbres. Aucune de ces positions n'était sûre. « Si je le pouvais, je le laisserais au fond d'une boîte cachée dans un endroit secret, mais il semble que je n'ai pas cette option. En l'état, il semble que je vais devoir tenter d'enseigner à un anneau magique les vertus de la discrétion. »

Andromeda était visiblement amusée. « Il se peut tout à fait qu'il soit assez intelligent pour apprendre, ou au moins pour accepter des instructions basiques, » dit-elle. « Il est soumis à des enchantements depuis très longtemps. »

Et en la présence de magie puissante, les animaux, les plantes et même les objets développaient une certaine intelligence. C'était une des raisons pour lesquelles Poudlard était pleine de choses étranges. « Je ne peux pas dire que j'accueille cette opportunité avec enthousiasme, » murmura Severus. « Puisque vous avez été si généreuse de votre temps, avez-vous des suggestions sur ce que je pourrais en faire ? »

Elle plissa les yeux. Elle lui avait offert ses connaissances ; maintenant il lui offrait de l'influence. Tous les deux représentaient un certain pouvoir, utilisés correctement. « … je vais y réfléchir, » dit-elle d'un ton pensif. « Jusqu'à ce que vous soyez absolument certain de votre stratégie, il est mieux de ne rien faire. Mais cela offre un certain… levier, vais-je dire, si utilisé au bon endroit, de la bonne façon. »

Severus renfonça l'anneau dans sa poche. « En effet, » reconnut-il.


À suivre…

Note de l'autrice :

Je n'avais pas réalisé à quel point la fin du chapitre précédent était de si mauvais présage avant de lire vos commentaires – je vous promets que tout va bien ! Ce n'est pas inquiétant, juste mystérieux.

Note de la traductrice :

Des coups de tonnerre résonnent. Des éclairs zèbrent le ciel. Alors que des arcs électriques parcourent la pièce, faisant dresser les cheveux sur les têtes, les lecteurs, ébahis, regardent leur traductrice remuer les mains et se remettre à taper sur son clavier.

Lecteurs (surexcités) : "Elle est vivante ! Elle est vivante !"

Je n'ai pas pu résister à la référence au Frankenstein de James Whale (Jacques la Baleine, pour les anglophones)… Eh oui, je suis de retour ! Après deux semaines de travail à une version étendue de mon profil et une review très gentille de katymyny, je peux enfin reprendre mes traductions.

J'ai mis à jour mon profil, allez y faire un tour ! Il y a plein de nouvelles infos.