Salutations !

Itsme : tu vas finir par me faire rougir ^^' merci beaucoup ! Ahah et tu te réserves quelques carottes pour faire venir les prochains chapitres, malin xD Tu sais que ce rythme si régulier, il est en grande partie dû à toi ? merci d'être au rendez-vous toutes les semaines !

Mutekiam : oui, Karen ! j'ai pas pu m'en empêcher xD j'adore glisser des références ça et là, ça me fait plaisir que tu les soulignes ^^ Il y en a une autre dans ce chapitre, à mon sens elle est implicite comme l'est le nez au milieu de la figure, mais je suis très mauvaise juge de ce que les gens perçoivent je crois x) mais ouiii Steve et Tony enfin enterrent la hache de guerre ! Pour combien de temps ? Hum. Profitons tant que ça dure.

Fun fact : ce chapitre est le dernier que j'ai écris durant le NaNo 2018. À l'époque (jadis ~) j'avais à peine dépassé les 50k mots (mais je l'avais fait ! NaNo winner !), or, là, on est presque à 70k d'histoire. Comme quoi à la relecture j'en ai ajouté un sacré morceau !

Anyway. Mine de rien, je suis impatiente que cette histoire avance. Alors avançons, que diable !


Chapitre 20 - Gaoling

Ils scrutaient l'obscurité depuis des heures déjà. Steve avait le regard perdu dans la silhouette des récifs montagneux. Tony jouait distraitement avec une petite flamme. Il la faisait pas ser d'un doigt à l'autre, descendre le long de son poignet, remonter jusqu'à l'extrémité de sa phalange pour se consumer librement. Avant de recommencer.

« Tony. »

Le murmure du soldat brisa le silence profondément installé. Le milliardaire abandonna sa flammèche pour questionner Steve du regard. Ce dernier avait en ligne de mire les montagnes qui leur faisaient face, au nord. Il l'imita, chercha à déterminer ce qui avait fait sortir son capitaine de sa léthargie. Il plissa les yeux par réflexe, la chaîne de montagne baignait dans une obscurité insondable.

Petit à petit sa vue s'habitua à la faible luminosité, et il aperçut du mouvement. Au pied des montagnes, par-delà la ville, une étrange lumière sombre s'agitait. Comme un amas d'ombres mouvantes, parsemés de furtifs reflets fluorescents. La masse avançait, lentement. Elle progressait vers la ville.

Tony comprit.

Un groupe d'esprits se dirigeaient vers eux.

Il abandonna sa position assise pour mieux voir, immédiatement imité par le soldat. Ils jaugeaient la taille de la horde qui se rapprochait, elle était conséquente.

Une armée.

Ils la regardaient progresser avec appréhension, ni l'un ni l'autre n'osait bouger.

Les esprits n'étaient pas agités. Ils n'étaient pas en train de charger, pas en train de foncer tête baissée. Ils formaient un régiment qui marchait au pas. Leur présence n'était trahie que par les remous d'énergie claire qui traversaient de temps à autre la masse sombre qu'ils formaient.

« Ça n'est pas normal, commenta Tony pour eux deux. Allons-y. »

Steve attrapa le milliardaire avant qu'il ne saute du toit.

« Non, ils n'ont peut-être pas prévu d'attaquer. Ne les provoquons pas.

– … je vais pas attendre qu'ils sonnent à la porte.

– Ils sont trop nombreux.

– Pas si on les prend par surprise.

– C'est trop risqué, si on les énerve on ne pourra jamais les contenir. La ville est immense, on doit éviter de la mettre en danger.

– Le danger est là-bas !

– Peut-être pas ! Regardez-les, ils sont immobiles.

– Très bien, alors on y va et on comprend ce qu'il se passe.

– On va se faire repérer, il faudrait quelqu'un de plus discret.

– Comme qui ? Loki ? »

Steve soupira.

« Aucune idée d'où il peut être ? »

Tony haussa les épaules.

Bien, ils se passeraient de lui. Steve accepta qu'ils tentent une approche furtive, et insista sur la nécessité de ne pas les provoquer. Tony acquiesça et sauta du toit, Steve n'eut pas beaucoup d'autres choix que de viser la voie des escaliers. Il franchit la fenêtre pour rentrer dans la chambre de Peter, passa par le salon où les Gardiens ronflaient généreusement. Il y avait de la lumière sous la porte de May, il sortit sans un bruit.

Il fut soulagé de retrouver Tony en bas du bâtiment – au moins l'avait-il attendu avant de partir comme un forcené. Ils prirent la direction nord de la ville.

Ils avancèrent d'un pas rapide et léger, sans perturber le calme nocturne de la cité. Ils ne ralentirent qu'en parvenant à l'extrémité de la ville, profitant des dernières habitations pour masquer leur avancée. Les esprits étaient regroupés sur la plaine juste derrière qui séparait la ville du pied des montagnes.

Ils longèrent la façade d'un hangar déserté. Ils se doutaient qu'une fois le hangar dépassé, ils seraient à découvert. Les esprits étaient un peu plus loin dans la vallée, mais rien, aucune habitation, aucune végétation ne couvraient plus les deux hommes.

Tony passa une tête en premier pour apprécier la marge qu'il leur restait, préparé à apercevoir une centaine d'esprits faire la ronde.

Mais il ne les vit pas tout de suite.

Il s'avança un peu plus, se mit progressivement à découvert à mesure qu'il couvrît plus de terrain du regard.

Mais rien, pas le début de la queue d'un esprit noir.

Il sortit pleinement de sa cachette, sous les remontrances chuchotées de son capitaine qui lui ordonnait de rester à couvert.

Tony disposait maintenant d'un regard global sur la vallée de Gaoling. Et pas un esprit en vue, il n'y en avait plus un. L'endroit auquel il était persuadé les avoir repérés plus tôt était vide. C'était un désert de poussière parsemé de rares touffes de végétation aride.

Bien conscient que quelque chose ne tournait pas rond, Steve sortit de la planque à sa suite, et fit le même constat.

L'armée entière, envolée.

Qu'était-il en train de se passer ?

Ils contemplèrent, béats, la plaine désertique. Ils commençaient à se faire des nœuds au cerveau, et un peu à l'estomac.

Un bruit de fracas attira leur attention vers la ville. Ils échangèrent un regard entendu, et Tony prit bien moins de pincettes pour se faire discret. Il se propulsa dans les airs, survola quelques habitations avant d'atterrir là d'où le bruit semblait provenir.

Rien dans la rue déserte, mais un mouvement attira son regard dans une échoppe à sa gauche.

Il y pénétra avec prudence, alluma une flamme sans chaleur dans le creux de sa main et éclaira l'intérieur de la boutique. L'endroit lui parut calme, rien dans son champ de vision ne semblait anormal.

Sans qu'il n'ait eu le temps de s'inquiéter, ils lui tombèrent dessus.

Il fut assommé, un bruit sourd, quelque chose de dur qui lui frappa l'arrière du crâne.

Pas suffisamment fort pour qu'il perde conscience.

Suffisamment pour qu'il voie trente-six chandelles.

Il se sentit happé, puis plaqué contre un mur.

Des voix sourdes résonnaient, lui parlait. Il voulut se frotter le visage mais son mouvement était entravé, ses bras contraints contre le mur. Alors il cligna des yeux pour essayer d'éclaircir sa vision, pas vraiment aidé par l'obscurité de la pièce.

Il finit par distinguer ses assaillants. Trois silhouettes, une de sa taille, un mastodonte et un nain. Les épaules larges, les cheveux courts : des hommes.

Des hommes du Royaume de la Terre. Des terreux, ni plus ni moins.

« On fait moins le malin hein ? » menaça celui qui le maintenait fermement contre le mur.

En déglutissant, Tony prit connaissance de la lame d'acier glacée qui lui barrait la gorge.

« Pas tant un génie que ça, pour mettre les pieds ici ! T'as cru que t'allais pouvoir te balader dans ma ville sans en subir les conséquences ?

– Finissons-en Jet, implora l'homme de taille réduite.

– Non attends, c'est trop bon. Laisse-moi savourer. »

Tony grogna en essayant brièvement de se défaire, mais le colosse conservait une poigne de fer sur ses bras immobilisés.

« T'auras pas la peau de notre Avatar, t'entends ? C'est fini Stark ! De la part du Royaume de la Terre ! »

Et il leva la dague en acier de la gorge de Tony, prenant de l'élan pour mieux l'abattre.

« Hey ! »

Une voix familière avait résonné. Les trois agresseurs se retournèrent, et Tony n'en demandait pas plus.

Il posa le pied contre le mur, prit appui d'une brève décharge de feu, percuta Jet en plein dans le ventre, l'homme se plia en deux.

Profitant de son élan, Tony s'était retourné. Il prit une nouvelle impulsion sur le mur pour se dégager de son deuxième assaillant. La vitesse avec laquelle il se dégagea fit chuter le géant.

L'ingénieur atterrit plus loin, à peine eut-il le temps de se retourner que ses trois agresseurs étaient déjà au sol, menottes de glace aux poignets.

« Vous n'avez rien ? s'enquit immédiatement Steve.

– Un beau bleu et l'envie irrépressible de foutre le feu à ces connards. »

Le soldat acquiesça son soulagement. En pleine forme.

Quelque chose les attira soudain dehors. Une sorte de souffle régulier, un flottement sourd. Ils sortirent de l'échoppe pour investir la rue, ignorant les remarques des brigands qui exigeaient d'être libérés – leurs menottes finiraient bien par fondre, tôt ou tard.

Ils étaient dans le ciel.

Les esprits, perdus plus tôt, survolaient en nombre la ville.

Les uns après les autres, des monstres ailés traversaient les cieux sans se préoccuper un seul instant de ce qui se trouvait sous eux. Ils volaient sans un bruit, ne créant autour d'eux qu'un vague bruissement à peine perceptible.

Steve et Tony restèrent témoins impuissants du ballet aérien qui se jouaient sous leurs yeux.

« Messieurs. »

Ils sursautèrent.

« Loki, apprécia Steve, une main sur le cœur. Où étiez-vous?

– Quelque chose cloche Captain.

– Tu nous en diras tant, » fit Tony, froissé.

Le maître de l'Eau leva les yeux vers la mystérieuse migration des esprits.

« Qu'est-ce que ça signifie ?

– Je n'en sais rien, répondit Loki, mais ça n'est pas de bon augure. Suivons-les. »

Ils prirent donc la file spirituelle en chasse, et s'arrêtèrent avec effroi en constatant la destination vers laquelle ils migraient. Ils s'étaient regroupés en une ronde menaçante, planant en cercle stationnaire au-dessus de leur cible. Point névralgique à tout esprit traversant les cieux en silence.

La maison de Peter.

« Qu'est-ce que… »

Il y eut un cri, distant. Quelques secondes après, des cloches se mirent à sonner. Et les chaumières s'éveillèrent les uns après les autres, des lumières apparurent aux fenêtres des habitations, les vitres s'ouvrèrent pour laisser passer la tête des curieux qui cherchaient à déterminer l'origine de toute cette agitation naissante.

Agitation qui se transforma en panique en un quart de seconde.

Les trois maîtres constatèrent, horrifiés, leur impuissance à endiguer la situation.

« Ils ne sont pas là pour attaquer, souffla Loki. Il ne faut surtout pas les attaquer.

– Alors quoi ? s'énerva Tony. Pourquoi ils sont là !

– Je ne sais pas, mais la garde de Gaoling va arriver d'une seconde à l'autre. Nous devons agir. »

Les habitants commençaient à inonder les rues pour constater par eux-mêmes l'étrangeté du phénomène. Lorsque la curiosité se faisait plus pressante que le besoin de sécurité… Les Gardiens aussi firent leur apparition, accompagnés de May, estomaqués par le spectacle qui gagnait en ampleur.

L'angoisse les rattrapait.

« Qu'est-ce qu'on fait ? lâcha Steve.

– On doit les disperser, annonça Loki.

– Comment ? »

Bien que serein en apparence, le prince ne semblait pas disposer de réponses à cette question.

« J'ai bien une idée, tenta Tony. Mais vous risquez de ne pas aimer. »

Et effectivement, Steve n'apprécia pas l'idée de l'ingénieur. Mais alors, pas du tout. Il fut rejoint par Star Lord qui questionna ouvertement la santé mentale du milliardaire. Le prince, cependant, semblait songeur.

Pire, il semblait appréciateur.

L'amoncellement d'esprits volants avait atteint son paroxysme, les spectres n'affluaient plus, le disque mortifère stagnait, tournoyant lentement au-dessus de la chaumière.

« Allez-y Stark. »

Le soldat toisa Loki avec effarement.

« C'est de la folie.

– C'est la seule solution. Vous en voyez une autre ? »

L'agitation dans la rue derrière eux leur indiquait que la garde était presque là. Steve pouvait sentir les habitants s'écarter à mesure que les renforts progressaient. Face à l'absence de réponse du soldat, Loki donna ses instructions au maître du Feu.

« Visez bien le centre. Vous ne devez pas en toucher un seul, ou vous pouvez être sûr qu'ils se retourneront contre nous.

– Un jeu d'enfant. »

Le sarcasme du milliardaire ne rassurant en rien son capitaine.

Tony prit une profonde inspiration, et s'avança. Il se mit en position, entama une série de mouvements lents et appuyés, maîtrisant sa respiration au rythme de sa gestuelle appliquée. Il ignora l'affolement croissant de la foule, les cris des gardes qui arrivaient, commandaient aux habitants de rentrer chez eux. Il ignora les enfants en pleurs et la nervosité de ses coéquipiers. Il ignora que s'il se loupait, il condamnait la ville, son équipe, et la tante de Peter avec eux.

Il ignora tout ça, se concentra sur l'énergie qu'il manipulait, des étincelles aux bouts des doigts. Il acheva le dernier mouvement de la série.

Et l'énergie se fissura.

Rupture éclatante qui fendit l'air.

Explosion maîtrisée, détonation assourdissante.

Il manipulait les éclairs.

L'électricité vrombit, crépitante. Condensée tout autour de ses mains, remontant fébrilement ses avant-bras. Elle menaçait de céder, à tout instant. D'un jaune vif, des décharges d'énergies s'échappaient, frétillantes, instables.

Brusquement, Tony lança une main en avant. La foudre fusa. L'électricité jaillit de ses doigts, éclata dans le ciel, le tonnerre gronda. En plein cœur du cercle mystique, l'énergie frappa.

Les esprits feulèrent, quittèrent immédiatement leur position, fuyant la détonation aussi rapidement que leur confusion le leur permit. Ils se dispersèrent dans les cieux, s'évaporèrent en un battement de cils.

Avec la fin de l'orage, le calme s'imposa.

Plus un esprit, plus un pleur. La foule se fit muette.

« Je regrette pas la boule de feu, déclara soudain Quill. C'est cool, sans rancune. Ç'aurait pu être pire. »

La garde avait enfin atteint le petit groupe, et restait médusée. Des murmures commencèrent à émerger parmi les habitants. Steve eut une bouffée de soulagement.

« Bien joué Tony », lui adressa-t-il.

Le milliardaire acquiesça, humble. Les doigts encore fumants.


« On ne peut pas prendre le risque de la laisser là. »

Tony était catégorique. Il faisait les cent pas devant la grange déserte derrière laquelle ils étaient réunis. Loki était appuyé contre la façade de la ferme, Steve assis sur une grosse pierre juste à côté.

Le jour commençait à pointer le bout de son nez, les couleurs pâles de l'aurore s'affirmaient petit à petit.

Le prince croisa les bras sur sa poitrine, agacé.

« Puisque je vous dis qu'elle ne craint rien.

– Comment tu peux en être aussi sûr ?

– Si les esprits avaient voulu l'attaquer, ils l'auraient fait il y a des semaines.

– Alors comment t'expliques le petit rituel satanique auquel on a assisté cette nuit ?

– Je ne peux pas vous dire ce qu'ils cherchaient, mais je peux vous dire ce qu'ils ne cherchaient pas. Et ils ne cherchaient pas à s'en prendre à May Parker.

– Ton radar à esprit est franchement commode.

– Tony a sans doute raison, considéra Steve depuis son siège improvisé. Ça ne nous coûte rien de lui proposer de venir.

– Vous pensez sincèrement que la garde royale de Ba Sing Se y pourra quoi que ce soit si un tel phénomène se reproduit ? dénonça Loki.

– Tu t'occuperas d'annoncer à Peter pourquoi on a abandonné sa tante aux griffes des esprits alors ? accusa Tony.

– Puisque je vous dis qu'elle ne craint rien. »

Le milliardaire roula les yeux au ciel.

« Je rejoins Tony, affirma le soldat. Même si ce que vous dites est avéré Loki, cela ferait mauvais genre de la laisser ici.

– Vous souhaitez peut-être rapatrier la moitié de la ville par la même occasion ?

– C'était sa maison qui était visée, appuya le blond, vous l'avez bien vu. On ne peut pas la laisser là, Peter risquerait de nous en vouloir.

– Oh puisqu'il ne faut pas heurter les bonnes sensibilités du garçon… »

Le prince leva les mains au ciel, exaspéré, et abdiqua. Il quitta sa position pour sortir de leur planque improvisée, mettant consécutivement en mouvement ses deux idiots de coéquipiers. Ils retournèrent à la chaumière des Parkers, où ils rejoignirent May et les Gardiens confortablement installés.

Ils choisirent de ne pas s'attarder davantage à Gaoling. Selon les dires du prince, l'agitation spirituelle s'était atténuée, et avec l'évènement qu'ils venaient de vivre il leur sembla plus pertinent d'être aux côtés de l'Avatar.

La proposition fut donc faite à May de les raccompagner jusqu'à Ba Sing Se, offre qu'elle accepta avec pudeur. Loki ne montra rien de son agacement, mais sa froideur légendaire restait au beau fixe.

Ils refusèrent bien évidemment l'escorte que leur proposèrent les Gardiens.

May rassembla quelques affaires, et le bocal de Karen sous le bras, fut prête à partir. Tony l'invita à monter dans le side-car de la moto dont il avait repris les rênes, invitant poliment Loki et Steve à chevaucher ensemble la deuxième bécane. L'expression désabusée des deux maîtres valait à elle seule son pensant d'or.

Ils se mirent en route pour la clairière où ils embarquèrent dans le dirigeable, direction la capitale.