Salutatiooons
C'est les vacances, ça y est \o/ j'adore la période de Noël, les guirlandes lumineuses et les marchés enneigés, les vins chaud, chocolats et sapins décorés. Les chapitres en retard. Oui, je plaide coupable ! Pour me faire pardonner, un nouveau personnage (deux ?) dans ce chapitre. Vous ne l'attendiez plus ? Le voilà quand même :D
Itsme : c'est terrible quand c'est pas toi c'est moi xD mais on est là, tôt ou tard, on répond présente, toujours ! 25 chapitres et pour l'instant, pas un seul faux pas (presque). Je nous félicite :3 ^^
Mutekiam : ah ! AH ! beaucoup trop d'enthousiasme, où vais-je mettre tout ça ?! Ahah tu m'as fait trop rire, moi qui trouvais ce chapitre plan-plan, j'ai été si surprise de voir qu'il t'inspire un tel commentaire ! Merci, comme toujours. Mais dis donc. Comment le sais-tu ? '-' Son bienveillant frère ? Mais de quoi tu me parles, rien n'a vendu ce qui suit encore x) Ou alors j'ai été trop transparente et tu lis dans mes idées comme dans un livre ouvert ! Il faudra que tu me dises si tu avais vu venir le personnage qui va suivre. Mais j'ai bien l'impression que oui, dis donc ! Je suis cramée ! Bon, et puis d'autres personnages arrivent aussi, effectivement, mais chut je ne dis rien, je te laisse sur tes spéculations qui sont divines à suivre :D Tu me fais voir tellement de potentiel que j'espère que la suite sera à la hauteur de toutes ces théories xD Et puis, une dernière chose... QUI N'A JAMAIS VU AVENGERS 1 ? Qu'on me les amène, prestement. Je ne tolérerai pas un tel crime ici bas. Je peux assurer les séances rattrapage :3
Chapitre 24 - Volcan endormi
Le voyage dura plusieurs jours, et Peter fut bercé par un vague sentiment d'amélioration. Il n'aurait pas été jusqu'à dire que ses mentors devenaient amis – ils en étaient encore loin. Mais ils ne se criaient plus trop dessus. Le temps d'un instant il se demanda si cela avait à voir avec Loki qui restait enfermé plus que de coutume, ne profitait même plus des haltes obligatoires pour s'en aller vadrouiller mais restait, sédentaire, enfermés dans ses appartements. Loki absent de la salle de commandement, et l'ambiance se faisait un peu moins meurtrière.
Le garçon redoutait un peu le moment où il se retrouverait seul avec le prince de l'Air. L'homme intervenait rarement – si ce n'était pour être cynique – et autant l'atmosphère s'était légèrement réchauffée entre les trois autres, autant Loki semblait implacablement étranger à cette amélioration.
Et puis il se souvint qu'il avait survécu à Gamora.
Quelles raisons lui restaient-ils de ne pas survivre au prince déchu ?
Pour le moment, il lui faudrait composer avec Tony. L'humeur ce dernier, soulagé de rentrer chez lui, s'étant considérablement améliorée, Peter ne craignais plus de passer des journées entières avec l'ingénieur.
Finalement, il ne redoutait plus qu'une chose : de ne pas réussir à débloquer cette maîtrise-là non plus. À quelques semaines du solstice d'hiver à peine et avec uniquement la maîtrise de la Terre dans la poche, il avait du mal à concevoir comment il pourrait s'en sortir. Il n'avait pas d'exemple d'avatar qui aurait maîtrisé les quatre éléments si rapidement, et lui-même ne semblait pas particulièrement doué. Alors de là à conquérir les trois manquant dans le temps imparti... Il était plutôt pessimiste.
Il tentait de ne pas le montrer.
Malheureusement pour lui, Gamora mis les deux pieds dans le plats. Elle voulut savoir comment il avait réussi son exploit, à Ba Sing Se.
« Je ne sais pas trop, tenta-t-il d'expliquer, je n'ai pas beaucoup réfléchi. Hulk avait besoin d'être rassuré, il avait besoin de comprendre qu'il n'était pas en danger, qu'il n'avait pas à faire de mal à qui que ce soit. C'est ce que j'ai voulu lui transmettre.
— Tu n'as pas perçu de colère ?
— Un peu, mais surtout de la peur. Tu sais ce qu'il va lui arriver ? Ils vont lui demander de partir ?
— Je ne sais pas. T'Challa est un roi juste, il n'obligera pas Banner à quoi que ce soit. Ne t'en fais pas pour lui.
— Il était vraiment en détresse, haussa-t-il des épaules, évidemment que je m'en fais pour lui.
— L'esprit du Hulk ?
— Oui. Tous les esprits sont déboussolés, mais lui il l'était plus que les autres. »
Gamora émit un murmure songeur.
« Tu es plus connecté aux esprits que tu ne le penses, apprécia-t-elle. Tu seras en mesure de tous les calmer, je n'en doute pas.
— Je ne vois pas comment... Même si je les chaissais tous les un après les autres, ils sont trop nombreux à traverser le portail tous les jours, et ils le seront encore plus après le solstice.
— Que sais-tu de l'État d'Avatar, Peter ? »
Ah.
L'État d'Avatar, une nouvelle capacité que Peter se sentait bien loin de maîtriser. Il ne savait de cet état que ce qui en était dit. Tantôt décrit comme le pouvoir ultime du maître des éléments le plus puissant du monde, tantôt décrié comme une transe un peu obscure où l'avatar, en état second, perdait un peu le contrôle. Il n'en savait finalement pas grand chose.
« C'est un état où tu fais appel au savoir de tes incarnations précédentes, expliqua la mercenaire. La force de ta maîtrise et de ta spiritualité seront décuplées, tu auras accès à des capacités dont tu ne soupçonnais pas l'existence. Notre espoir est qu'en le débloquant avant le solstice, les Avatars précédents te guident pour refermer le portail du Nord et y rappeler les esprits qui ravagent notre monde.
— Comment j'active cet état ? questionna-t-il, peu certain de vouloir entendre la réponse.
— En débloquant les quatre maîtrises, après quoi tu pourras l'invoquer plus ou moins facilement. Ce n'est pas anodin, c'est gourmand en énergie. Et si tu te fais tuer à ce moment-là, le cycle de l'Avatar sera interrompu à jamais.
— Gamora. »
L'enfant et la maîtresse se tournèrent de concert vers Steve qui regardait la femme en vert avec gravité. Il était intervenu trop tard, le garçon n'ignorait plus ce dont il avait souhaité le protéger, le plus longtemps possible. Fardeau terrifiant et si pesant sur les épaules encore trop frêles du fils de la Terre.
Il se joint à la conversation.
« Une fois que nous t'aurons aidé à maîtriser les quatre éléments, chercha-t-il à le rassurer, nous retournerons au portail du pôle Nord et nous trouverons un moyen pour le refermer. Peut-être grâce à l'État d'Avatar, peut-être pas.
— Rogers, intervint Gamora, les sourcils froncés de défi.
— Nous t'apprendrons à contrôler cet état, continua-t-il sans se laisser impressionner. Avant, pendant ou après le solstice, ça n'a pas d'importance. Nous y parviendrons en temps voulu.
— Cessez de le couver, siffla la mercenaire.
— Je ne cherche pas à le couver, rectifia le soldat en s'adressant à sa collègue, et il gardait un ton léger, une attitude décontractée – comme si la conversation était banale et qu'ils ne se disputaient pas juste devant l'enfant sur la manière de lui annoncer comment il devrait sauver le monde. Je remets les enjeux dans leur contexte.
— Vous ne lui faites aucune une faveur à tenter de lui voiler la face.
— Il n'est pas seul dans ce combat, Gamora. Permettez-moi de le lui rappeler.
— Vous surprotégez sa tante, contestez mon apprentissage et maintenant cherchez à lui cacher la véritable ampleur du devoir qui lui incombe ?
— Votre exigence est démesurée.
— Hey, Pete ? »
Le concerné se retourna, Tony aux commandes lui fit signe de le rejoindre.
« Viens voir, l'encouragea son maître du Feu étranger à la querelle naissante – ceux de l'Eau et de la Terre ne remarquèrent même pas sa disparition. Il serait temps que je te montre le démarrage manuel du dirigeable tu crois pas ? »
Peter acquiesça, à moitié reconnaissait pour la diversion, à moitié absent, l'oreille toujours tendue aux échanges engagés derrière lui.
« Il a treize ans, s'agaçait le soldat. Il est d'abord un enfant avant d'être l'Avatar. Êtes-vous à ce point insouciante de ce qu'un garçon peut ou ne peut pas entendre ?
— Il est l'Avatar bien avant d'être un enfant ! contredit la femme. Si vous étiez si préoccupé à préserver son innocence, à quel moment l'envoyer en premier ligne combattre le Hulk vous a semblé être une bonne idée ?
— Sa maîtrise de la Terre est bonne. De quel droit vous me reprochez de le considérer avec sérieux ?
— Allez dire ça aux familles de blessés qu'il était censé protéger !
— Sans lui ils seraient peut-être tous morts !
— Peter ? » l'appela Tony.
Le garçon sursauta, détourna son attention de la – désormais houleuse – dispute. Il n'avait pas écouté un mot des explications du pilote.
« T'en fais pas, éluda-t-il. Ils ne savent pas de quoi ils parlent.
— Ils parlent de moi...
— Ouais, c'est ce que je dis. Ils n'ont aucune idée de ce qu'il y a de mieux pour toi, l'un comme l'autre.
— Toi, tu sais ?
— Moi ? rit-il brusquement. Loin de là. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ne te font pas assez confiance. »
Moment de flottement.
« Tu me fais confiance ? s'étonna l'enfant.
— Bien sûr. »
Comme une évidence. Peter resta béat quelques secondes, juste assez pour ne plus entendre le différend qui s'embourbait derrière lui.
« Vous n'avez aucune leçon à donner Rogers, vous avez échoué à lui faire maîtriser l'Eau !
— C'est un peu facile à dire, il maîtrisait déjà la Terre.
— Il maîtrisait déjà le métal peut-être ?
— Développer une maîtrise n'a rien à voir avec en débloquer une autre.
— Vous et votre maîtrise simplette, vous évoquez un apprentissage qui vous échappe.
— L'Eau ? Une "maîtrise simplette" ? »
Tony accorda un sourire complice à Peter, ce qui le détendit un peu. L'homme en rouge lui montra à nouveau comment désenclencher la sécurité pour faire démarrer le dirigeable, et l'attention du garçon lui fut cette fois acquise.
L'enfant en oublia que l'amélioration entre ses mentors n'avait finalement été que de courte durée.
L'arrivée à la Nation du Feu eut lieu après une interminable traversée de l'océan. L'île en forme de croissant se dessina à l'horizon, et Peter n'avait pas pu la louper. Tony avait été bien trop enthousiaste à la lui montrer, désignant du haut de leur dirigeable ses différentes régions à mesure qu'ils les survolaient.
Une imposante et unique montagne, en arrière-plan, dominait la ville. Le volcan à présent éteint qui avait formé l'île. Le contraste était frappant entre la noirceur de la terre, brunie par les écoulements de lave successifs et le chatoiement de la verdure qui la recouvrait. Parmi les sols les plus fertiles qui soient.
Une fois au-dessus de la cité, Tony lui indiqua le palais du Seigneur du Feu, un bâtiment qu'il n'était pas possible d'ignorer par la taille de ses bâtiments principaux et ses toitures en pointe tout de rouge et d'or. Peter fut surpris qu'ils ne s'y arrêtent pas. Ils continuèrent leur route pour atterrir dans la cour d'une villa, un peu plus loin, qui n'avait rien à envier à la résidence royale. Une grande maison entourée de petites soeurs similaires, un toit en brique rouge et des balustrades en bois vernis, autant de fenêtre qu'il était possible d'en compter et un jardin fleuris et soigné, orné de somptueuses fontaines aux sculptures de marbre.
La demeure Stark.
« Le Seigneur du Feu ne m'en voudra pas, se pavana le propriétaire alors que l'équipage débarquait, on sera bien mieux ici que là-bas ! »
Ça n'était pas Loki qui allait s'en plaindre.
Ils pénétrèrent dans la maison, et les maîtres du Feu et de l'Air se raidirent de stupeur.
« Mes amis ! tonna une grosse voix. Vous voilà enfin arrivés !
— ... Thor ? s'effara Tony. Qu'est-ce que tu fais là ! »
Le grand homme blond s'avançait, le sourire aux éclats, les cheveux mi-longs habillement maintenus en arrière. Dans un geste de bienvenue il ouvrait ses bras couverts de mailles, armure de cérémonie chatoyante qui faisait écho à son plastron argenté. Sa cape vermeille flottait à sa suite.
« J'ai appris que vous ne logeriez pas avec moi, et j'en suis désolé. Mais cela n'allait certainement pas me dispenser de vous accueillir comme il se doit !
— Je peux savoir comment t'es rentré- Happy ! » clama le milliardaire.
L'homme enrobé se dandinait nerveusement.
« Désolé Tony...
— Qu'est-ce qui, dans : "je te nomme chef de la sécurité, ne laisse entrer personne en mon absence" n'était pas clair ?
— Tu le connais, s'excusa le dénommé en se frottant l'arrière du crâne, quand il a une idée en tête...
— Thor, fit l'ingénieur en se pinçant l'arête du nez. Tu peux pas débarquer chez les gens comme ça.
— Bien sûr que si, rit le fier homme.
— Non, vraiment pas. Quand j'étais là, ça ne posait pas de problème. Quand tu n'étais pas Seigneur, aussi, ça ne posait pas de problème !
— C'est justement une prérogative de plus qui m'est accordée !
— Non ! Non ! C'est justement parce que t'es le nouveau grand manitou que tu ne peux pas t'inviter chez les gens sans prévenir.
— Allons, il en allait de mon honneur de vous accueillir dignement. Vous verrez, ce soir, le banquet de l'Avatar sera le plus fastueux jamais organisé ! »
Et le Seigneur à l'allure de guerrier rit copieusement, offrant une tape amicale sur l'épaule de Tony qui s'affaissa sous le coup.
Loki, lui, tentait une retraite silencieuse, cherchant à s'éclipser de ce mauvais rêve éveillé. Il savait qu'il ne le fuirait pas indéfinement, mais un instinct qu'il aurait qualifié de survie lui commandait de gagner un peu de temps.
« Mon frère. »
La voix tonna encore, et Loki se figea. Immobilisé par une peur viscérale. Transi par l'idée qu'il était observé, dans un tel moment de vulnérabilité. Tétanisé par ce qui allait suivre, qu'il avait pourtant tant répété. Mais dans ses rêves, ses affabulations, il tranchait la gorge de ce prétentieux dans plus d'un scénario sur deux. Maintenant que se jouait la réalité, il se rendit compte à quel point il était loin de l'avoir correctement anticipée.
Il leva deux yeux noirs pour confronter les deux orbes bleues dégoulinant de bon sentiments.
« Seigneur, s'inclina-t-il, uniquement pour rompre le contact visuel et certainement pas pour marquer son respect.
— Permets-moi de te montrer tes appartements, » s'avança le souverain sous sa grande cape rouge, et cette fois-ci Tony n'allait pas contester.
Loki ne chercha pas à se dérober.
Tous regardèrent les fils d'Odin s'enfoncer d'un pas lourd au cœur de la demeure Stark.
« Voilà cinq ans, et "Seigneur" est tout ce à quoi j'ai droit ?
— Ton nouveau titre ne te plaît pas ? » se força Loki qui ne voulait certainement pas en entendre parler.
La nausée l'avait pris, ses jambes se dérobaient. Il avançait, un pied après l'autre, soucieux de garder son précieux sceptre entre lui et l'adversaire. Réflexe de survie auquel il s'accrochait, ne risquant pas d'admettre qu'il en avait besoin pour s'appuyer.
« Qu'aurais-tu pensé d'un "cher Thor, voilà longtemps !" ? »
Loki aurait aimé lui souligner qu'il n'avait de "cher" que la haine qu'il lui portait, mais considéra qu'un silence serait tout aussi douloureux. Face à l'absence de réponse de son cadet, Thor continua son imitation en poussant la satyre :
« "Après ces longues années d'absence, que d'aventures tu dois avoir à me raconter, cher Thor ! J'ai moi-même un beau retard à rattraper, de longs récits à te narrer !"
— Regrettes-tu l'absence de courriers ? cracha le brun, ne supportant plus d'entendre l'autre parler pour lui.
— Cinq années, Loki, reprit le guerrier avec plus de gravité. Je n'ai pas eu la moindre nouvelle de toi pendant cinq longues années. Lorsque j'ai demandé à Nick Fury de te nommer mentor de l'Air, j'ignorais même si tu étais encore en vie. »
Loki grinça des dents, tant de choses n'allaient pas dans le discours de cette tête brûlée ! Il se contint à ravaler les remarques acerbes qui lui piquaient le bout de la langue, elles eurent un arrière-goût de vomi.
« Réjouis-toi, je suis en vie, » cracha-t-il.
Réjouis-toi vite, avant de le regretter.
Timide moment salvateur, ils avaient ralenti devant une porte comme tant d'autres le long de cet interminable couloir. Loki paria que ce fut la sienne. Elle deviendrait la sienne quoi qu'il arrive. Il en saisit la poignée avec pour intention finale de s'y enfermer.
« N'espère pas me fuir, avertit Thor avant que son hostile petit frère ne disparaisse une fois encore. Je compte bien être là pour toi. »
Loki claqua la porte, s'y adossa un instant.
L'air de cette fichue nation était irrespirable.
Le festin promis par Thor eut lieu dans la soirée. Pour les accueillir à l'entrée du somptueux palais, le Seigneur du Feu en personne.
Tony ne s'évertua pas à lui faire comprendre que ça n'était pas son rôle, son attention fut plutôt captée par une petite femme rousse à sa suite. Criante de beauté et hautement distinguée dans sa longue robe satin aux manches évasées, Tony la fixa sans s'en apercevoir. Il ne tiqua même pas lorsqu'elle lui sourit.
« Permettez-moi de vous présenter Nathalie Rushman, diplomate de la Nation du Feu, intervint Thor. Elle m'accompagnera pendant quelques mois.
— J'ai été missionnée par le Conseil pour assister le Seigneur du Feu dans sa prise de fonction, » expliqua-t-elle en s'avançant, main tendue et sourire au beau fixe.
Steve et Gamora la saluèrent sans rien en redire, Tony ne sortit pas de son extase contemplative. Il saisit la main de la diplomate avec un temps de retard, les grands yeux verts de cette dernière semblaient rire de son désarroi. Loki, en retrait, ne lui accorda pas la moindre attention.
Ils se dirigèrent au banquet.
Tony s'assit à la droite du monarque, ne laissant que l'imposante carrure de ce dernier entre lui et leur mystérieuse invitée. Les festivités n'avaient pas encore commencées, l'ingénieur se pencha en arrière pour interpeller la femme.
« Dites-moi, Nathalie – et il gagna son attention. Quand êtes-vous arrivée ?
— Peu après votre départ pour Republic City.
— Vous venez de la Nation du Feu ?
— Absolument.
— D'où, exactement ?
— Une petite île, au sud de la capitale. Vous ne connaissez probablement pas.
— Surprenez-moi.
— L'île de Suijon. »
Non. Il ne connaissait pas.
« Comment se fait-il qu'on ne se soit jamais croisé ? continua-t-il.
— La Nation du Feu est grande.
— Pas tant que ça. »
Elle se pinça les lèvres.
« Non, pas tant que ça. Mais vous savez, je dois à ma fonction de beaucoup voyager. »
Le reste de l'interrogatoire fut interrompu par leur voisin commun qui s'était levé et avait capté l'intérêt de la grande salle. Tony se rassit droit sur sa chaise.
Il n'aurait pas fini de songer à Nathalie Rushman.
Thor apprécia le silence provoqué par le simple fait qu'il se soit mis debout, et contempla un instant les centaines d'yeux rivés sur lui. Il n'eut pas besoin de se racler la gorge pour faire vibrer son timbre profond :
« Mes amis ! Camarades, citoyens du Feu. L'Avatar est arrivé ! »
Il laissa sa phrase en suspens pour accueillir une chaude salve d'acclamations.
« Tony Stark est son fier mentor du Feu ! »
Une nouvelle ovation, Tony leva une main pour saluer la foule et les applaudissements en furent décuplés. Ce qu'il était bon, de rentrer chez soi.
« Steve Rogers de l'Eau, Gamora de la Terre et mon frère, Loki, de l'Air. »
L'acclamation se tarit, accompagnant la voix de Thor qui s'était adoucie. Le souverain regardait son frère. En bout de table, Loki forçait son expression de marbre.
Imperturbable.
« Je suis heureux, mon frère, de te retrouver. »
La salle ne sut trop comment réagir à cet aveu. Prononcé trop bas pour qu'il leur soit destiné, suffisamment haut pour que tout le monde le perçoive distinctement.
Imperceptiblement, la mâchoire de Loki se contracta. Le regard mielleux de l'autre effronté lui faisait l'effet d'un feu sous un autocuiseur.
« Arrête de t'humilier, tu m'écœures, siffla-t-il pour lui-même.
— Que dis-tu ? l'interpella le grand blond qui ne voulait pas louper un mot de son protégé.
— Je disais : tu dois les impressionner par tant de grandeur. »
Il y eut un rire étouffé depuis la salle. Thor, comprenant sans peine que son frère se jouait de lui, se redressa et bomba le torse.
« Souhaites-tu t'y confronter, à cette grandeur ?
— M'y confronter ?
— Toi et moi Loki, comme au bon vieux temps. Je te propose un entraînement ! »
Le prince manqua de s'étouffer dans son propre oxygène. Il s'étrangla dans la surprise et la confusion.
« Pardon ?
— Dans la cour royale, dans deux jours, je te laisse le temps de te reposer. Que tu me montres si tu as progressé. Comme avant Loki, un simple entraînement. Toi et moi. Tout le monde y est convié ! »
Le monarque avait reconquis la foule qui lui vouait des exclamations enthousiastes, ses bras ouverts les recueillaient sans pudeur.
Loki ne revint pas de sa stupeur. Un "simple entraînement". Comme avant ?! Avant, Loki subissait ces exercices ! Assauts incessants de son frère sous couvert qu'il voulait le faire progresser. Avant, il se faisait piétiner par cette brute de maître du Feu qui jugeait que sa maîtrise lui donnait le droit de massacrer des maîtres de l'Air, pour pacifistes qu'ils soient. Avant, Loki avait détesté ces fichues séances et avait mille fois préféré subir le joug de son père pour lâcheté plutôt que de devoir s'y confronter ! Et voilà qu'un "simple entraînement" venait d'être vendu comme source de divertissement à la bourgeoisie de ce peuple de barbares ? Ils enverraient Loki en pâture au lion, frêle gladiateur avec une épée de bois, combattre un fauve brossé d'égo qui n'attendait qu'une occasion de plus de l'humilier ?! Et toute la nation y était conviée ! Tu parles d'un simple entraînement !
Un mauvais rêve éveillé. Un très, très mauvais rêve, de très mauvais goût.
Il allait vomir.
Le reste du discours lui parvint en échos sourds et indistincts, il se força à retrouver sa posture de cire qui ne broncha pas, ignorant des plats qui défilaient sous son nez et de l'animation alentours.
Son voyage à la Nation du Feu s'annonçait bien pire que ce qu'il avait pu imaginer.
