Salutatiooons !

Bonne année mes bichons ! Bonheur, santé, réussite, tout ça tout ça, moi je vous souhaite surtout que 2020 soit un sacré kiff. Et puis toute la décennie qui suit aussi, tant qu'à faire. Et puis la vie en général, pourquoi tant d'avarice !

Mutekiam : Thor est... naïf ? x) je ne dirais pas égoïste, au contraire il pense faire ça pour les autres. Mais tu me diras, c'est une forme d'égoïsme de ne pas se rendre compte qu'il fait surtout ça pour lui ! Mais en tout cas il n'a aucune mauvaise intention en tête, c'est juste un gros bennet pour l'instant. Pas comme Tony, contrairement aux films ici c'est qui lui doute fissa de Nathalie, elle ne l'aura quand même pas deux fois 8)

Itsme : cet entraînement, ma chère, arrive. Tu ne sais pas à quel point il compte pour moi, j'en parlerai plus longuement dans le chapitre suivant ;) Ahah oui Peter maîtrise le Feu instantanément ! Tu avais raison, la relation de confiance qu'il a développé avec Tony l'a clairement aidée. Mais tu as aussi raison, entre générer une flamme et maîtriser le Feu... il reste encore du chemin à faire ! (t'imagine, "hop Peter maîtrise le Feu, le Livre du Feu est terminé, merci à tous, NEXT" xD)

Après ce sympathique chapitre 26, je vous donne rendez-vous vendredi prochain pour le chapitre 27 de la mort qui tue, potentiellement mon chapitre préféré jusqu'ici. Non, je ne le survends pas. Non, je ne me mets pas de pression inutile du tout. Je préviens juste que le chapitre 27 va déchirer, je compte sur vous pour être au rendez-vous :D (comme toujours, merci à mes plus fidèles reviewers, cœur sur vous)


Chapitre 26 - Le Feu

Peter avait conservé sa nouvelle création en vie au creux de ses mains, fasciné par la douceur léchée de cette improbable entité. C'était sa flamme, celle qu'il avait su créer. Celle qui courrait dans ses veines et qu'il pourrait matérialiser par un simple sursaut de volonté.

Son feu, son allié.

« Le soleil aide à la maîtrise du Feu, répéta-t-il à son maître assis à côté de lui.

— Oui.

— Comment fait-on, sans soleil ? »

Tony se gratta le bouc, songeur. Il n'avait pas prévu d'aborder ce sujet dès à présent.

« Comment as-tu fait, précisa l'enfant, dans cette cave à Gaoling ? »

En même temps, si la question lui était posée... Peter y était disposé. Il serait inutile de le lui cacher plus longtemps.

« Ce qu'il s'est passé à Gaoling, je n'en ai pas d'autre exemple ou témoignage, prévint-il. Je n'ai que mon expérience à te raconter. Personne pour infirmer ou confirmer ce que j'ai vécu. »

Le garçon acquiesça, curiosité décuplée.

« Pour créer du feu, il faut de l'énergie. Celle du soleil est la plus naturelle, la plus accessible. Elle est partout autour de nous et est en lien direct avec celle du feu : c'est de la chaleur, de la lumière, ça se consume sans notre intervention, c'est une réaction. Mais c'est en fait un raccourci. La source d'énergie originelle de ton feu, elle est là – et l'ingénieur porta un doigt au torse de Peter.

« Tous les maîtres sont parcourus par une énergie propre à la maîtrise des éléments. Je la soupçonne, cette énergie, d'être identique pour les quatre nations. Une sorte de flux vital qui nous imbiberait nous, et pas les personnes sans maîtrise. C'est elle qui nous permet de manipuler les éléments, mais on ne la sollicite jamais directement.

« À Gaoling, c'est dans cette énergie que j'ai puisé pour faire renaître le feu qu'ils m'avaient pris. Je pense qu'on l'a oubliée car l'énergie du soleil est bien plus facile à exploiter, et elle est infinie. Mais la maîtrise qui provient de toi – Tony accentua ce mot en désignant à nouveau le cœur de son élève – est la plus puissante, la plus dévastatrice de toutes.

— Tu me disais que le feu n'avait pas à être destructeur, souligna soudain l'élève, que c'était à moi de le choisir.

— Oui, quand il vient du soleil, qui est plus malléable. Lorsqu'il provient de ton énergie propre, il est beaucoup plus ardent, plus pur. »

Peter regarda son feu follet s'animer dans ses mains nichées entre ses jambes. Pourquoi le feu qui proviendrait de lui, et uniquement de lui, devrait-il être plus destructeur ? Il pourrait en avoir le contrôle de la chaleur, tout comme pour cette petite flamme qui jouissait de consumer le moindre oxygène qui passait à sa portée. Qu'il vienne de lui ou du soleil, son contrôle serait le même. Il en avait l'intuition.

« Je soupçonne les maîtres de l'Eau de faire appel à cette énergie vitale lorsqu'ils manipulent le don du soin, continua l'ingénieur.

— Les maîtres de l'Eau ? s'étonna le garçon. Tu connais leur maîtrise ?

— Oui. Elle vient de la lune, mais la maîtrise du soin c'est encore autre chose. Je pense que c'est leur façon à eux de maîtriser l'énergie vitale. »

La maîtrise de l'énergie vitale... Serait la maîtrise du soin... Qui serait elle-même la maîtrise des esprits comme le faisait Docteur Strange ? Les pièces du puzzle commençaient à s'emboîter dans la tête du fils de la Terre.

« Tu penses que le Feu pourrait soigner ?

— J'en doute, s'amusa le milliardaire. Stériliser, au mieux. Et brûler au troisième degré. »

L'amusement de l'ingénieur vexa le garçon. Son idée n'était pas si stupide.

« Donc quoi, le Feu ne sert qu'à brûler ?

— Il existe des dérivés à la maîtrise du Feu, notamment celle des éclairs.

— Des quoi ? »

La surprise de Peter fit sourire Tony.

« Les éclairs. C'est une technique avancée qui manipule l'énergie différemment. Au lieu de la laisser s'écouler librement au bout de tes doigts, tu dois la contenir, l'accumuler jusqu'à saturation. Ce qui produisait normalement des flammes se matérialise alors sous forme d'électricité. Un condensé d'énergie si tu veux. Des éclairs.

— Comment tu fais ça ? fit Peter, sidéré d'avoir ignoré ça jusque-là.

— Cette maîtrise s'inspire sur la gestuelle de l'Eau. C'est manipuler le Feu comme un maître de l'Eau. »

Peter avait du mal à en revenir. Des éclairs, comme des maîtres de l'Eau ! Lui-même ne maîtrisait pas l'Eau, mais il connaissait assurément toutes leurs chorégraphies par cœur.

« Tu connais vraiment bien la maîtrise de l'Eau ? s'étonna-t-il encore.

— Oui. »

Le génie ne s'en cachait pas. Peter s'abstint de demander alors pourquoi il s'entendait si mal avec son homologue en bleu.

« Tu peux me montrer ?

— Quoi, la maîtrise de l'Eau ? s'amusa aussitôt Tony.

— Non, corrigea le garçon, les éclairs. »

Tony eut un sourire moqueur. Et s'il apprenait à l'Avatar à maîtriser l'Eau ? Le soldat en ferait, une de ces têtes. Il se moqua avec d'autant plus d'entrain que l'idée avait aussi fait sourire Peter.

Il tenta de retrouver son sérieux.

« Non, trancha-t-il finalement.

— Pourquoi ? fit l'enfant, déçu.

— Je ne voudrais pas te donner de mauvaises idées, tu n'es certainement pas prêt. C'est une maîtrise dangereuse, si tu ne parviens pas à relâcher l'énergie au moment où elle sature tu peux te faire très mal. Promets-moi de ne jamais essayer sans moi ?

— Promis... »

Dommage. Peter avait espéré un intérêt pratique à ces semaines passées au Nord et à ces chorégraphies apprises par cœur.

Ce serait pour plus tard.

Tony lui fit savoir qu'ils essaieraient peut-être un jour, mais que ça n'était pas une priorité. Ils entreprendraient d'abord des exercices de respiration. Des exercices d'endurance. De force. De rapidité. Ils se pencheraient sur cette énergie vitale selon le temps qu'il resterait. Et de l'entraînement, beaucoup d'entraînement, comme pour chaque maîtrise, de chaque nation.

Non, les éclairs ne seraient pas pour tout de suite.


La nuit était tombée depuis longtemps lorsque James Rhodes vint frapper à la porte de la demeure Stark. Il trouva son ami dans son repère privilégié, jardin secret où il ne fut pas surpris de le voir s'affairer. La première pièce dans laquelle il irait le chercher, de jour comme de nuit, en temps de crise ou d'euphorie, de guerre, d'anniversaire, d'apocalypse : son laboratoire.

« Du nouveau ? » fit l'ingénieur enthousiaste qui abandonna aussitôt de souder – avec le doigt – un bout de sa dernière invention.

Le général ne s'habituerait jamais aux capacités du milliardaire de se souvenir de ses soirées trop arrosées. Il lui tendit une pochette bien mince, maigre prise.

« Nathalie Rushman, vingt-huit ans. Fils d'Hector et Elda Rushman, originaires de Suijon. Partie à seize ans pour Republic City y poursuivre ses études, devenue diplomate à l'âge de vingt-deux, parcours le monde depuis. Elle a été envoyée par le Conseil. Tout est là Tones, elle est clean ta nana. »

Tony feuilleta les documents avec rapidité et contrariété.

« Elle est forte. Elle est très forte...

— Tony...

— On me l'a fait pas Rhodey. Je t'assure qu'elle cache un truc.

— Je peux rien faire de plus pour toi. »

L'ingénieur tourna en rond trois fois, avant de pousser un "eureka !". Il savait à qui il irait demander. James lui fit sobrement remarquer qu'il fallait mieux attendre la fin de la nuit avant d'aller toquer chez les gens pour leur demander d'enquêter sur les conseillers du souverain, et Tony n'eut d'autres choix que de prendre son mal en patience.


Le lendemain tôt, Tony amena son disciple dans la ville. Ils atteignirent rapidement un grand bâtiment industriel, moitié usine, moitié hangar, sur le front duquel s'inscrivait un très discret "STARK INDUSTRIES".

Peter se demanda rapidement quel genre d'entraînement Tony lui proposerait dans un endroit pareil. La réponse était : aucun.

Happy Hoggan, chef de la sécurité fraîchement nommé, fit son apparition.

« Happy, parfait ! apprécia le milliardaire. Tu connais Peter ? J'ai une mission pour toi. Je voulais lui montrer les dispositifs en place pour se protéger des attaques d'esprits. Les canons, les répulsifs, le matériel léger, la totale. Tu peux t'en charger ? Super ! Je reviens dans pas longtemps, à tout de suite ! »

Et sans que ni le petit, ni le grand, n'eurent le temps d'émettre un son, Tony avait déjà filé en marche arrière.

D'une subtilité légendaire.

Happy tenta un sourire maladroit, habitué des mauvaises passes de son patron.

Dans sa hâte, Tony prit le temps de se recoiffer. Houppette en place et bouc soigné, il tira sur sa veste carmin pour en lisser les quelques plis, et se redressa bien droit. Il pénétra dans l'édifice adjacent à l'usine, ne s'encombra pas de saluer ses employés, mais toqua, de manière claire et détachée, à la plus belle porte du bâtiment. Il la poussa doucement.

« Soleil de mes nuits ? minauda-t-il.

— Racine de mes ennuis ? » répondit la voix féminine de l'autre côté.

Il sourit, et pénétra dans le grand bureau trop lumineux.

Vêtue d'un beau tailleur gris ajusté, Pepper Potts se tenait droite sur sa chaise. Elle avait le nez dans les dossiers, n'octroya pas un regard à son nouvel invité. Tony lui connaissait cette habitude de feindre son indifférence, mais il ne doutait pas un instant avoir gagné son attention par sa simple présence dans ses locaux.

Tony Stark était bien trop sûr de lui, aurait rétorqué Pepper.

Il s'assit en grandes pompes sur la chaise des invités, se rapprocha sans discrétion du large bureau en bois couvert de mille et une paperasse. Attendit, patient, que la belle rousse en ôte son joli nez. Sa queue de cheval tirée à quatre épingles rougeoyait des couleurs de la Nation du Feu. Il en étudiait avec intérêt les balancements réguliers jusqu'à ce que le nez émerge.

« Monsieur Stark. Nous avions rendez-vous ?

— Non, Madame Potts. Mais c'est une affaire urgente. »

La dirigeante de Stark Industries égoutta soigneusement la plume avec laquelle elle était en train d'écrire et la rangea sur son support. Elle joignit ses mains joliment manucurées sur le bureau devant elle et questionna son ancien-patron-devenu-associé du regard.

« Nathalie Rushman, souffla Tony.

— Une nouvelle obsession ? questionna-t-elle.

— J'ai besoin d'information.

— Quel genre ?

— Sa véritable identité. »

Les fins sourcils auburn se froncèrent.

« Qu'es-tu parti inventer, Tony ?

— Je l'ai déjà vu, elle n'est pas qui elle prétend être. J'ai besoin d'en savoir plus. »

Pepper soupira, marqueur explicite de désapprobation. Elle ressaisit sa plume, la trempa dans son encrier et continua à griffonner sur son bout de papier.

« Je l'aime bien cette fille-là. Elle a la tête sur les épaules. On ne peut pas la garder comme alliée, pour une fois ?

— Peeeps, chouina Tony.

— Par où je commence ? abdiqua-t-elle sans insister.

— Rhodey n'a rien trouvé sur ses origines ou au Conseil, cherche... ailleurs ?

— Tu m'es d'un secours...

— T'es la meilleure. »

Tony lui offrit un sourire de mille dents que la femme d'affaires se contenta d'ignorer. Le milliardaire maintint la pose, espérant finir par capter un bout d'intérêt. Pepper mit un point d'honneur à ne pas le contenter.

Cependant, lorsque le playboy se laissa de nouveau hypnotiser par le va-et-vient de ses cheveux noués, elle souligna :

« Tu es seul ?

— Hm hm.

— Sans enfant ?

— Pourquoi, tu es intéressée ?

— L'Avatar, Tony.

— Ah. Oui. »

Il remit la chaise en place à contre-cœur, et sur un dernier sourire charmeur referma l'imposante porte en bois vernis.

Dans un geste d'affection spontané, Pepper sourit.

Dans la rue, des cloches se mirent alors à sonner.


Happy prodiguait autant d'informations qu'il en détenait, tentait de répondre aux – nombreuses, bon sang ! – questions du jeune Avatar qui étudiait le moindre outillage avec grand intérêt.

« Celui-là ne ressemble pas à l'artillerie de toute à l'heure, fit le jeune Parker en pointant du doigt un autre engin parqué ailleurs dans le hangar.

— Ah non, ça c'est un canon à intra... intr...

— Infrason ?

— Tu connais ?

— Non. Mais il n'y a pas de sas pour charger les missiles, donc je suppose que c'est une arme sonique, la grosse caisse doit émettre les vibrations. Ça repousse les esprits ? »

Le chef de la sécurité s'épongea le front de son tissu de poche, il n'avait pas anticipé que le gamin en sache plus que lui d'un simple coup d'œil. Il meublait comme il pouvait.

« Oui... ça fait un bruit qu'on n'entend pas mais que les esprits n'aiment pas. Ces machines sont installées tout autour de l'île pour les empêcher de venir. »

Peter observait le haut-parleur sous différents angles. Celle-ci était sans doute l'arme la moins létale du lot, elle méritait qu'on s'y attarde.

Juste à côté de la boite défensive dépassait un tuyau. Le garçon l'attrapa, il était coincé. Il tira dessus, força plus fort, trop fort, jusqu'à ce que l'embout finisse par se débloquer. Le réservoir accroché à l'autre extrémité valsa dans les airs, Peter lâcha l'engin de surprise. La machine se mit en marche et cracha du feu frénétiquement, se muant sous l'énergie soudaine dont elle se vidait. Appareil endiablé incendiant de tout côté, mettant en danger le reste du hangar et les centaines de machines malhabilement entreposées.

Dans un réflexe onéreux Peter frappa du pied, extrait une roche du sol qu'il envoya s'écraser droit dans l'arme possédée. Le démon s'arrêta sous des couinements métalliques contrariés, un filet de feu pendant à ses lèvres.

Le cœur du garçon retrouva doucement sa place. Il s'approcha du cadavre.

« Ça... haleta Happy pas tout à fait remis, ce sont des lance-flammes "intelligents"... Ils sont censés se mettre en marche automatiquement – il reprit sa respiration – quand des esprits arrivent, mais ils ne sont pas vraiment au point. Du coup, ça reste une arme manuelle... dont sont équipés les gardes de l'île. »

Peter observait le dispositif avec tristesse.

L'île du Feu était protégée, c'était indéniable. Mais à quel prix ?

En analysant les restes de la machine au sol il pouvait presque visualiser la douleur des esprits qui auraient le malheur de s'y frotter. Pressentir la torture de la brûlure, le râle mortifère sous l'exécution enflammée.

Il laissa tomber l'engin qu'il avait entre les mains dans un soupir désemparé. Cette souffrance là était injustifiée, elle ne devrait pas exister. La violence n'était pas la solution. Il fallait que cela cesse.

« Tu sais... s'approcha Happy, Tony sait que ça n'est pas viable, tout ça. »

Et Peter se rendit compte que son guide présentait plus d'empathie qu'il n'avait pensé.

« Je sais que c'est pas l'impression qu'il donne, continuait le chef, mais il n'en est pas fier. »

Le garçon se redressa. Non, ça n'est pas l'impression qu'il donne.

L'homme enrobé insista :

« Il sait que ça ne suffira pas. Il sait qu'on a besoin de toi. Ne lui répète pas que c'est moi qui te l'ai dit... mais c'est la raison pour laquelle il a voulu être ton mentor. Parce que quoi qu'il essaie de faire, ça ne suffira pas, il n'est pas capable de gagner ce combat seul. Il sait que la solution est ailleurs. En toi. »

Un peu de chaleur vint réchauffer le cœur de Peter, ainsi qu'une myriades d'idées contradictoires.

Il repensa à Gamora et à son idée clairement établie de la mission de l'Avatar. À son intransigeance due à l'importance du rôle qu'elle lui confiait.

Il repensa à Steve et à sa retenue par rapport à sa capacité à sauver le monde d'ici l'hiver.

Il repensa à Tony et au poids de la confiance qu'il lui vouait.

Il repensa à ces gens à Ba Sing Se qu'il avait involontairement blessés. Aux mots du roi qui l'avaient accompagné.

Il repensa à May, à Ben. À Gaoling, sa ville, ses montagnes. À la cave dans laquelle Tony avait été séquestré.

Il repensa au portail, au Nord, visualisait presque les esprits en sortir en temps réel, et à Strange, débordé, incapable de tous les arrêter.

Il repensa à Carol Danvers. Avatar disparue trop tôt le laissant seul dans ce combat qui le dépassait.

Il repensa au lance-flammes à ses pieds, et soupira plus fort encore.

« Je les arrêterai, » déclara-t-il, et sa soudaine détermination le surpris autant lui que Happy.

Ce dernier lui sourit.

« Je n'en doute pas. »

Des cloches sonnèrent soudain.

Les ouvriers présents dans le bâtiment cessèrent leur activité, et s'aventurèrent à l'extérieur. Dehors, Peter remarqua que les habitants se dirigeraient tous vers le même endroit, sans précipitation mais avec une légère hâte.

À ce moment-là Tony refit son apparition.

« Messieurs, il faut y aller.

— Où ça ?

— Au palais. »


Steve se surprit à rencontrer Nathalie Rushman en sortant de la villa du milliardaire.

« Captain Rogers, l'accueillit-elle. J'étais justement en chemin pour vous voir. Je dérange ?

— Non, répondit-il à son sourire, je vous en prie. »

Il considéra qu'un peu de compagnie serait la bienvenue. La femme rousse au chignon légèrement décoiffé attendit qu'il la rejoigne pour marcher vers la ville. Elle n'était pas si petite, mais le soldat faisait une bonne tête de plus qu'elle. La robe qu'elle portait aujourd'hui était sombre ponctuée de fils dorés et bordée de liserés rouges, relativement discret, si on oubliait sa frappante beauté.

« Êtes-vous bien accommodés ? demanda-t-elle. Nous sommes toujours disposés à vous accueillir au palais si vous le souhaitez.

— C'est très aimable, on a tout ce qu'il nous faut. Je préfère garder l'équipe soudée, tout le monde ne préfèrera pas déménager vers le palais.

— Bien entendu, » comprit-elle.

Et Steve lui trouvait quelque chose de charmant. Pas le genre de conseillère qu'il aurait imaginé, sa démarche était presque trop féline pour ça, mais sa diplomatie irréprochable.

« Votre équipe est donc soudée ? »

Ça lui apprendrait à parler trop vite. Elle n'avait pas tardé à rentrer dans le vif du sujet, il prit grand soin de ne pas la satisfaire de détails lorsqu'il répondit :

« Nous apprenons à travailler ensemble.

— Avez-vous songé à un nom ?

— Un nom ? »

Ils passaient un stand de brochettes dont l'odeur fumante légèrement caramélisée se répandait dans les airs.

« Comme les Quatre Fantastiques ? reprit-il.

— Exactement comme les Quatre Fantastiques ! Je pense que leur cohésion a beaucoup profité à l'apprentissage de l'Avatar Danvers. »

Steve ne retint pas un sourire en coin. Il reconnaissait sans peine que l'ancienne équipe de mentors ait été talentueuse et d'une solidarité exemplaire, mais il savait de source sûre que Carol avait été une avatar prodigieuse... parce qu'elle avait été prodigieuse. Ses enseignants n'y avaient pas été pour grand-chose, et le nom tape à l'œil qu'ils avaient trouvé pour leur équipe non plus.

« Ce ne sont pas dans nos préoccupations immédiates, non, répondit-il enfin.

— Les esprits, devina la conseillère. Pensez-vous que le jeune Parker pourra y faire face ?

— Je n'en doute pas.

— Comment se passe son entraînement ? »

Cette curiosité grandissante ne trouverait pas satisfaction, la jeune femme risquait d'être déçue.

« Bien. Aussi bien qu'on puisse espérer.

— J'ai cru comprendre que vous avez commencé avec l'Eau, cela a-t-il fait ses preuves ? La maîtrise-t-il ?

— Je vous assure que l'apprentissage de Peter est en bonne voie, il sera prêt au moment voulu. »

Elle n'insista pas davantage, elle savait reconnaître un mur lorsqu'elle en rencontrait un.

Ils prirent le temps d'échanger quelques banalités et Steve décida qu'il les appréciait, elle et sa curiosité invasive. Leurs échanges furent interrompus par le tintement de cloches qui résonnèrent à travers toute la cité. Les habitants y réagirent en fermant leur commerce et en migrant vers le palais.

D'un accord tacite la petite rousse et le grand blond se mirent en route pour la cour d'entraînement du palais royal.