Salutations !
Je ne vois plus les jours passer moi, qu'on soit jeudi, dimanche ou mardi, ça ne change plus grand chose. Donc oui, pour peu j'allais pas voir qu'on était vendredi. Oui j'ai honte. Mais je suis là ! Fidèle au poste !
Itsme: oh mais t'es trop chou, après 36 chapitres tes reviews me vont toujours autant droit au cœur ! Ohlala si je peux t'apporter un peu de liberté pendant ce confinement, je vais m'attacher à publier toutes les semaines et pas plus tard ! J'ai encore pas mal de correction à faire (diantre ce que ce Livre de l'Air me donne des nœuds au cerveau), mais entre nous, je devrais trouver le temps de les relire, hein. Parce que sache, en tout cas, que je trouve le temps d'écrire. Oui, pour moi la fin approche ! Et je n'ai pas oublié ma promesse que si je le peux, j'accélérerai le rythme de publication (mais on y est pas encore tout à fait ^^). Sinon (pour parler histoire quand même xD cette réponse est trop longue) ça me plaît que tu aimes cette cohésion nouvelle :D c'est l'idée ! Pour Thor et Loki je comprends parfaitement ta frustration. J'étais pas satisfaite de finir le Livre du Feu sur ça, mais il fallait avancer. Donc on avance, et la relation Thor-Loki n'est pas achevée (loin de là), elle reprendra plus tard :3 (et ohlala ma pauvre hmm des occupations ? Es-tu une dessinatrice chevronnée ? xD mon plan pour une couverture de roman est tombé à l'eau, je trouverais bien quelqu'un d'autre...)
hanabatake : c'est dingue, à chaque fois tu me fais remarquer des trucs que je ne vois pas ! Oui, la fin du chapitre 35 est en parfaite opposition avec la fin du chapitre 34. Non, je n'avais pas fais exprès (en tout cas pas sciemment), mais maintenant que tu le soulignes, je trouve l'idée très bonne xD alors euuh bien joué mon subconscient ? Vision qui sort du volcan ! En voilà une autre bonne idée ! Mince, trop tard pour changer. On va devoir faire avec le dragon :p (j'avoue je me suis fait plaisir) (mais j'ai pas oublié Vision pour autant !) Et yes, à partir de maintenant, make room foooor Loki ! Tu me diras ce que tu en penses, comme j'ai pu mentionner auparavant, c'est pas facile. (il est compliqué ce perso ._. première fois que j'écris sur lui, j'ai sous-estimé le challenge !)
Allez, trêve de galéjades. Ladies 'n gents, Le Livre de l'Air !
Chapitre 36 - Temple Mère
Loki contemplait le ciel sans le regarder, les nuages se succédaient et se ressemblaient. Il ne pouvait s'empêcher de constater que le temps passait : le ciel s'éclaircissait jusqu'à être si lumineux qu'il devenait douloureux de le regarder, puis il perdait en éclat, progressivement, pour laisser place à une nuit étoilée. Et il recommençait. Le temps s'écoulait et Loki ne pouvait rien faire pour l'endiguer, ils avançaient fatidiquement vers leur prochaine étape.
Le peuple de l'Air.
Cette destination-ci était très différente de la Nation du Feu. Il ne s'agissait pas d'une rencontre avec son idiot d'aîné suffisamment naïf pour le rappeler de son exil et le nommer Mentor de l'Air. Loki avait appréhendé ses retrouvailles avec Thor, mais il y avait finalement survécu. Ç'avait été un séjour assez désagréable mais en fin de compte inoffensif... un peu comme une tasse de thé trop sucrée.
La plaisanterie prenait fin à présent, il était temps pour le prince de l'Air de rentrer. Sauf que le prince en exil l'était officiellement toujours si l'on se fiait aux déclarations du Seigneur de l'Air... Odin.
La véritable appréhension de Loki. L'autorité à l'origine de son exil, celui qui avait été en droit de le tuer s'il en avait eu l'audace. Celui qui lui promit une Nation, pour finalement le laisser seul, sans héritage, sans identité. Celui qui n'avait pas cherché à lui pardonner – Loki ne savait pas si l'homme seulement tolèrerait qu'il foule le sol de son temple.
Disons qu'il en avait une petite idée.
Quel serait l'accueil réservé au fils déchu, envoyé en mission diplomatique parmi les siens ? Plus le temps passait, et moins Loki avait envie de le découvrir... Pourtant, cela se présageait.
Le dirigeable naviguait dans une mer de nuages depuis des heures déjà, il en ressortit à l'approche d'une chaîne de montagne. Des sommets enneigés surplombaient l'océan de coton en y projetant une majestueuse ombre duveteuse. Sur certains plateaux la végétation fleurissait, les arbres les plus impétueux arboraient de belles couleurs orangées. Les monts apparaissaient les uns après les autres, parfois couverts de nuages, parfois vêtus de forêts.
Loki constata avec horreur qu'il commençait à les reconnaître.
Quelques minutes seulement les séparaient de leur destination. De crevasses en sommets, le dirigeable progressa à petite allure jusqu'à ce qu'il débouche sur le mont principal, plus haut que tout autre, au flanc duquel était forgé la cité.
Le Temple Mère de la Nation de l'Air.
De hauts bâtiments blancs s'étiraient en hauteur, ornés de toits pointus aux dorures soignées. Ils étaient reliés par de nombreux ponts et escaliers en colimaçon, eux-mêmes desservis par des petites places savamment aménagées de plantes vertes, lierres et autres arbres soigneusement taillés.
Une place plus grande que les autres s'ouvrait au pied du monument. Sur cette place, la vie grouillait. Des petits, des grands, des marchands, des gardes, des passants ; la vie de la cité s'y épanouissait.
Le dirigeable survola la ville une fois, tourna dans les cieux avant de repérer sa place dédiée. Un plateau à peine surélevé, vide et aplani, servi par de longs escaliers.
Ils y atterrirent.
Loki n'avait pas quitté son poste d'observation. Les moteurs coupés, il demeurait distrait, les yeux rivés à la baie vitrée du dirigeable, comme s'il attendait de se réveiller. Steve le tira de ses pensées.
Le prince se rendit alors compte que ses coéquipiers l'attendaient, parés à partir. Aucun n'osait faire de commentaire, ils observèrent, patients, Loki sortir de sa léthargie. Il finit par se saisir de son sceptre doré, et d'une fermeté retrouvée commanda :
« Suivez mon exemple. »
Et le fils d'Odin mena la marche.
Deux gardes se tenaient parés à les accueillir à leur sortie de l'engin volant. Loki les ignora, il avança vers les escaliers. Ses camarades le suivirent sans protester, à peine Steve osa-t-il un regard entendu vers les gardes qui se résignèrent à les suivre sans rien dire.
Ils investirent la place centrale. Les passants stoppèrent leur activité pour observer le cortège progresser. Pas un mot ne fut murmuré – le peuple de l'Air était trop digne pour ça – femmes et enfants richement vêtus, guerriers au plastron doré, marchands renommés, tous regardèrent le prince déchu de l'Air avancer parmi eux.
L'homme gardait le regard droit, l'objectif en ligne de mire. Il progressait à grandes enjambées, feintant l'assurance à en duper même ses coéquipiers. Ils pénétrèrent dans le Temple, en gravirent les premières marches dont Loki avait toujours détesté l'éblouissante blancheur. Les gardes sur le côté se mirent au garde-à-vous à mesure qu'ils avançaient, ils atteignirent le sommet des larges escaliers. Une grande salle haute de plafond s'offrit à eux, d'imposants piliers en assuraient la stabilité. La pièce baignait dans une chaude lumière jaune, outre le lierre et les statues de marbre, quelques discrètes tapisseries réchauffaient un peu l'atmosphère.
Au bout de l'interminable pièce, un trône.
Assis, Odin siégeait.
Debout, à ses côtés, Frigga veillait.
Loki ignora la crampe qui lui noua les entrailles. Il conserva une allure droite et affirmée, approcha d'un pas assuré le couple royal qui était encore trop loin pour qu'ils puissent correctement s'apercevoir.
Mais la distance qui les séparait se résorbait dangereusement vite. Il n'avait plus que quelques pas à faire pour être à portée de voix. Encore un pas et ils pourraient se jauger. Quelques pas de plus et en tendant la main, ils pourraient presque se toucher.
Alors Loki se stoppa. D'un mouvement de bras il ouvrit un pan de sa cape, mit un genou au sol, s'accouda sur l'autre, baissa le regard.
Il se prosterna.
Avec un léger temps de retard, les Mentors et l'Avatar l'imitèrent.
Le prince aurait juré sentir le monarque se gonfler d'orgueil. Il ne leva pas les yeux et attendit, fébrile, que les prochains mots soient prononcés.
« Avatar, » tonna alors la grosse voix d'Odin.
Et tous comprirent de qui Thor tenait son timbre profond.
Peter se redressa timidement. Il rencontra l'œil valide du Seigneur.
« Approchez. »
Il obéit.
« Vous êtes ici pour votre apprentissage de l'Air. Dès ce soir, le coutumier banquet célèbrera votre venue. Demain, nous organiserons une courte démonstration pour que vous dévoiliez au peuple de l'Air vos compétences acquises jusqu'ici. »
Peter déglutit de travers.
« Dame Sif, appela le monarque. Veuillez montrer à l'Avatar et ses Mentors leurs appartements. »
Une guerrière s'avança. Ses longs cheveux noirs recouvraient librement son armure scintillante. Elle s'inclina furtivement devant son souverain, et invita les maîtres à la suivre.
Loki resta agenouillé une seconde de plus. Son cœur avait accéléré, il n'était pas tout à fait sûr que l'entrevue soit déjà terminée. Ses réflexes le firent se redresser, il hésita avant de lever les yeux pour dévisager le Seigneur.
Odin ne le regardait pas.
Il portait son attention ailleurs, le menton levé, les traits tirés. Sa barbe grise était plus fournie que dans le souvenir du fils de l'Air, elle avait gagné en volume ce que les cheveux avaient perdus. Les rides creusées n'étaient pas celles du bonheur, elles accentuaient la gravité de l'expression de l'homme. Son cache-œil ne suffisait pas à couvrir les années qui étaient passées.
Il avait vieilli.
Loki dû retenir une grimace de mépris lorsqu'il ôta enfin les yeux de son faux géniteur. Sa cape accompagna son demi-tour, et la troupe se mit en marche. Sif eut la bienséance de ne pas ajouter un mot. Ce fut une autre voix féminine qui brisa le silence.
« Loki. »
Le prince se stoppa.
Sif et les autres maîtres continuèrent leur chemin sous l'impulsion de la guerrière. Loki sentit sa gorge se serrer. Il se retourna.
Frigga s'approchait de lui.
Il observa la souveraine parvenir à son niveau. Comme à son habitude, elle revêtait une robe rouge, les cheveux tressés en hauteur, sa démarche était posée. Cinq ans que Loki n'avait plus eu droit à cette vision, et elle demeurait fidèle à son souvenir, à la mèche près.
Maintenant que Frigga était plus proche cependant, il put distinguer quelques rides qu'il ne lui connaissait pas, et ses yeux noisette transmettaient une émotion qui lui était étrangère. La dame du Feu dévisagea son fils avec émoi. Un sourire naquît doucement.
« Tu as fière allure, commenta-t-elle.
– L'exil me sied au teint ? »
Le cynisme de son fils, ces choses qui ne changeraient jamais.
« Viens, marchons, » proposa-t-elle.
Il ne se fit pas prier. Abandonnant sa marche impériale, il imita le pas lent, plus feutré, adopté par sa mère. Ils quittèrent rapidement le couloir, montèrent quelques marches pour déboucher dans une allée longeant par l'extérieur le bâtiment principal. D'ici, la vue était imprenable sur la cité : la place, en bas, dont l'agitation avait repris le cours normal, le dirigeable, plus loin, garé sur son plateau surélevé, les quelques bâtiments qui perdaient en taille à mesure que l'on s'éloignait du palais, et enfin les montagnes, au loin, dont les silhouettes s'évanouissaient le temps du passage d'un nuage.
Ils marchèrent plus lentement encore, Loki finit par s'arrêter au niveau d'un des nombreux piliers qui rythmait l'allée. Il en effleura la pierre froide, avant de s'appuyer sur la rambarde et observer la vue.
Sa mère, pudiquement, se maintint en retrait.
Il sentait sa présence, constante, silencieuse. Réconfortante. Déjà les battements de son cœur se faisaient plus lents, comme si sa mère en connaissait parfaitement la mécanique. Experte, elle avait su en apaiser les soubresauts par rien d'autre que son habile patience.
Elle s'avança à la rambarde à son tour.
« Comment vas-tu ?
– Merveilleusement. »
Soit, il ne semblait pas prêt à répondre. Frigga ne s'en formalisa pas.
« Comment ça a été, avec Thor ? » tenta-t-elle à nouveau.
Et cette fois-ci, elle obtint de son benjamin un gloussement sans joie. Qu'importe la réaction, elle était heureuse d'en avoir trouvé une.
« Lui au moins, il m'a regardé, souffla le prince avec amertume.
–Laisse lui le temps, conseilla-t-elle, bien consciente qu'ils parlaient d'Odin. Il ne pourra pas t'éviter éternellement »
Paradoxalement, Loki n'était pas sûr de ne pas préférer éviter toute communication avec le Père de Toute Chose. Mais son orgueil ne tolérerait pas cette facilité : Odin lui-même avait forgé l'homme qu'il était devenu, tôt ou tard, il faudrait qu'il affronte sa création dans les yeux, qu'il assume pleinement l'erreur qui avait failli lui coûter la vie.
« Combien de temps pensez-vous rester ? s'enquit maintenant Frigga.
– Jusqu'à ce que l'Avatar maîtrise l'Air. »
Si tôt ? s'empêcha-t-elle de répondre.
« Que penses-tu de lui ? répondit-elle à la place.
– Je n'en pense rien, Mère. Il est ma mission, pas mon petit frère. »
Frigga eut un sourire mélancolique. S'il gagnait en répartie, elle gagnait en patience.
« Fera-t-il un bon avatar ?
– Il fera un avatar.
– Et ses autres Mentors ?
– Sans intérêt.
– Tu as passé plus de deux mois avec eux. Tu n'as rien à en dire ?
– Non. »
Bien. Frigga n'insista pas, si Loki avait décidé de se renfermer, elle n'en obtiendrait rien de plus. Ils reprirent leur marche lente, ponctuée de quelques échanges brefs mais réels. La mère et le fils se tenaient sensiblement plus proches l'un de l'autre, bien que la distance demeure présente dans les mots du prince. Frigga ne s'en soucia pas, avoir Loki proche d'elle était déjà une victoire en soi.
Ils pénétrèrent au cœur d'un jardin plein de lys colorés, rouges, blancs, oranges, ils s'assirent sur un banc. Loki joua distraitement avec une fleur dérobée, il se tenait à son sceptre moins fermement. La mère voyait son fils revenir à elle, progressivement.
Aujourd'hui était une belle journée.
La soirée débutait déjà lorsque Loki et Frigga se quittèrent. Le cœur plus léger, il emprunta un chemin familier, celui qui menait à sa chambre. Il en trouva la porte, inchangée après ces cinq années ; il en saisit la poignée, fébrile à l'idée de ce qu'il y trouverait.
Il déchanta instantanément à la vue de ce qu'elle renfermait.
« C'est le retour du fils prodige ! »
Il soupira, exaspéré :
« Qu'est-ce que tu fais là ?
– Je n'ai pas le droit de te dire bonjour ?
– Bonjour. La sortie est juste ici. »
La jeune femme se dressa sur ses deux pieds, la tapisserie du fauteuil dans lequel elle s'était affalée en grand désordre. Elle se posta fièrement devant le prince qui n'avait pas esquissé un geste. Le sourire de la guerrière était rayonnant, la blancheur de ses dents contrastait avec sa peau mate. Quelques mèches folles s'échappaient de ses cheveux noirs hâtivement noués.
Ses mains bravement posées sur ses hanches, vêtue d'une tunique blanche à la cape bleue, plastron en cuir souple et bras dénudés, elle dévisageait le prince sans rien ajouter.
Testant sa patience, assurément.
Le prince ordonna :
« Valkyrie, pars.
– Négatif. J'ai pour mission de t'escorter au banquet.
– Je connais le chemin.
– Mais le chemin ne te connais pas !
– Je te demande pardon ?
– C'est pour ta sécurité, mon prince. »
Quelle insécurité plus grande que l'envahissante présence de cette effrontée ? Loki l'ignora, il la contourna en inspectant la pièce du regard. Son cœur trouva un peu de réconfort en constatant que rien n'avait bougé – autre que le fauteuil dans lequel Valkyrie s'était affaissée. Il se dirigea vers sa table de chevet. Le dernier livre qu'il avait entamé y était toujours disposé, même son marque-page n'avait pas bougé. Juste à côté trônait un vase avec une fleur unique : un lys blanc fraîchement découpé.
Il en effleura les pétales.
« Odin craint-il pour ma sécurité, ou pour la sienne ? lâcha-t-il à l'intention de la femme qui l'observait.
– Tu ne peux pas lui en tenir rigueur Kinou, tu as quand même essayé de le tuer.
– Ne m'appelle pas ainsi.
– Admets que ça t'avait manqué. »
À peu près autant que les séances d'entraînement avec le barbare du Feu qui me sert de frère, songea-t-il. Le seul bénéfice dont Loki pouvait gratifier Valkyrie avait été sa capacité à distraire Thor tandis qu'elle s'entraînait avec lui. Il fallait bien une brute pour en calmer une autre.
Il étudia le reste de sa chambre avec minutie, parcourut ses étagères du regard, nostalgique des lectures qu'il avait achevées, de celles qu'il n'avait jamais entamées. Il eut un coup d'œil par la fenêtre, les monts revêtaient toujours les mêmes reflets cuivrés de fin de journée, immuables. Il laissa son regard voguer jusqu'à son lit dont les draps étaient soigneusement tirés, il s'imagina un instant les retrouver.
Mais la présence de l'intruse dans son dos empiétait sur le plaisir qu'il avait à retrouver son confort et l'exact état dans lequel il l'avait laissé. Il finit par abdiquer.
« Quand sommes-nous attendus ?
– Maintenant. »
Il soupira.
Il n'y échapperait pas.
Ils passèrent récupérer les autres mentors et ensemble, prirent le chemin de la salle du banquet. Peter se rapprocha alors de son maître de l'Air, nerveux.
« Loki... je ne suis pas prêt pour la démonstration qu'Odin attend de moi demain.
– Pas d'inquiétude, ce n'est qu'une formalité. Ils adorent les spectacles, je suis sûr que tu sauras les divertir. »
Le prince n'avait même pas accordé un regard à son disciple. Penaud, Peter ralentit. Gamora arriva derrière lui, elle glissa une main dans son dos et à son oreille :
« Tu n'as rien à prouver à personne, n'y accorde pas trop d'importance. Tu connais la Terre, fie-toi à elle. »
Et Peter hocha la tête sans conviction.
Deux massives portes en bois s'ouvrirent à leur approche, dévoilant une spacieuse salle voûtée. Les citoyens s'enivraient déjà autour de grandes tablées généreusement garnies pour l'occasion. Les voix s'abaissèrent à leur arrivée. Les Mentors se placèrent sur l'estrade à leur place attitrée ; celle d'Odin, à la gauche de Loki, était vide. Valkyrie se positionna juste derrière le prince de l'Air. Debout, il la sentait prête à intervenir au moindre faux pas de sa part. Il s'enorgueillit presque qu'Odin pense cette précaution nécessaire.
De longues minutes s'écoulèrent avant que le Seigneur ne vienne remplir son siège, sa femme à sa suite, assise à sa gauche.
Odin ne déclara pas un seul mot à l'assemblée. Le festin reprit son cours, à peine perturbé. L'ambiance dans la salle était bien plus chaleureuse que sur l'estrade. Les deux hommes en blanc, au centre, s'étaient enfermés dans un mutisme de plomb. Le regard fixé au loin, pas un ne semblait prêt à céder à l'autre.
C'est pourquoi Loki sursauta presque lorsque la voix d'Odin s'éveilla :
« Comment va Thor ? »
Le prince de l'Air prit une légère inspiration, il ne perdrait pas à ce petit jeu de provocation.
« Il vous salue. »
La conversation était basse, rigide. L'air saturé de tension.
« J'espérais qu'il se joigne à nous.
– Un dragon l'en a empêché. »
Par réflexe de surprise, Odin lança un regard à son fils adoptif. Loki restait immuable.
« Que dis-tu ?
– Un dragon est sorti du volcan en éruption. Il a été mis en déroute, mais il erre toujours. »
Odin fit venir un garde à ses côtés, il lui murmura quelques mots à l'oreille que Loki ne chercha pas à distinguer. Il savait que son père ne se fierait jamais à ses propos, qu'importe. Qu'il perde une énergie inutile à vérifier ses dires s'il le souhaitait.
Le Père de Toute Chose n'esquissa pas un mot de plus. Ni lui, ni Loki ne touchèrent au festin qui refroidit sous leur nez, à peine s'étaient-ils abreuvés de quelques gorgées.
Après un temps interminable et sans plus de formalité, Odin se leva.
Il partit.
Imperceptiblement, Loki se détendit.
Le séjour promettait d'être long.
