Salutations !

Ravie que mon petit déraillement ait plu héhé... en plus j'ai oublié de préciser, mais j'ai écrite la scène précédente avec une musique bien précise en tête: Light of the Seven. Je sais, je vous le spécifie un peu tard. J'ai édité ma note d'auteure précédente x) maintenant, j'arrête de divaguer, on revient sur quelque chose de plus basique ! D'ailleurs, ce chapitre-ci est un peu plus court que d'habitude (sorry sorry), j'ai bien galéré pour découper cette partie de l'histoire, pour ne pas me retrouver avec certains chapitres qui font le double d'autres.

Ce chapitre-là, je l'adore. Mais je suis pas objective.

(C'est possible ça, d'être objective sur sa propre histoire ? Vous comprendrez vite pourquoi il me plaît autant, je dirais même qu'il était grand temps !)

Je vous retrouve dans les reviews :3

Guest: mon dieu mais... mais qui êtes-vous ?! Révélez-vous, inconnu, ôtez ce voile qui cache votre visage ! Je déconne. Je sais que c'est toi :3 Peu de monde est capable de si bien retranscrire ce que j'ai voulu véhiculer, jusqu'à me faire encore plus apprécier une scène que j'ai moi-même écrite ! Oui tu as parfaitement raison, la pluie et l'orage, le soulagement et le tourment, ils n'ont vraiment pas vécu ça de la même manière, mais en même temps, comment pouvaient-ils ? Ils ne maîtrisent pas le même élément. Ils sont, par nature, différents. Ils nous ont juste prouvé que ces différences ne sont pas insurmontables, ça ne les empêche pas de se retrouver, chacun avec sa façon d'être. C'est ce qui me plaît tant chez eux ^^ Pour Vision et Peter tu as complètement vu juste, je visualise ces deux personnages comme la bonté incarnée et l'absence même de rancune (contrairement aux mentors...), il me paraissait naturel qu'ils s'entendent bien !

amegonys: tes reviews me font toujours aussi plaisir, de voir que tu me suis encore après tant de chapitres ! Merci ! Surtout pour cette scène, je suis ravie de constater qu'elle t'ait plu ^^ je crois que c'est à double tranchant : soit elle fonctionne et on s'y immerge jusqu'aux oreilles, soit on reste sur le côté en attendant que ça passe. Tu as donc plongé avec moi :3


Chapitre 40 - La terrasse

Gamora et Clint sursautèrent lorsque le tonnerre éclata. Ils se tournèrent vers sa provenance, juste à temps pour voir les derniers éclairs s'évanouirent dans les airs, juste au-dessus du temple.

« Qu'est-ce que c'était ? » s'inquiéta immédiatement l'espion.

Il plissa les yeux, croyant percevoir quelque chose.

« Il pleut.

– De la pluie ? chuchota Gamora. De quel nuage ? »

Ils parlaient à voix basse, comme ils en avaient pris l'habitude, lisant presque sur les lèvres de l'autre pour émettre le moins de son possible.

« Je n'en sais rien, expliqua-t-il, mais ce n'est pas de la pluie classique. Elle est... jaune. »

Il haussa les épaules, peu certain que sa vue ne soit pas en train de lui jouer des tours. Gamora sourit.

« C'est une bonne nouvelle alors, il n'y a pas à s'inquiéter. »

Clint lança à la mercenaire ce regard qu'elle appelait "le sceptique".

« Encore un de vos trucs ? »

Elle acquiesça.

« Ces maîtres... » soupira-t-il.

Ils reprirent leur observation silencieuse de l'Avatar et de son Mentor.


Tony s'affairait sur une petite machine. Il en soudait adroitement deux composants lorsque Steve le rejoignit. À l'instar de l'industriel, il s'assit sur les quelques marches qui séparaient leur salle commune d'une large terrasse aménagée. L'ingénieur ne se laissa pas perturber par cette nouvelle présence, le soldat observa le processus de création quelques instants.

Lorsque la fine fumée blanche commença à se dissiper, Tony souffla dessus et étudia sa création à bout de bras.

« Qu'est-ce que c'est ? demanda le blond.

– Une idée. Une amélioration aux détecteurs à esprits, celui-ci devrait les voir arriver de loin. »

Steve émit un murmure appréciateur, Tony retourna à sa soudure.

Le soldat prit un moment pour profiter de l'air frais de la montagne. La journée arrivait à sa fin, leur terrasse allait bientôt se retrouver à l'ombre des monts qui l'entouraient.

« Merci Tony, » souffla-t-il.

La soudure s'arrêta. Léger silence.

« Ça n'était pas grand-chose, murmura le mécanicien.

– Pour moi, c'était beaucoup. »

Tony balaya d'un revers de la main les dernières volutes de fumée et déplaça son invention à son côté.

« Où est-ce que tu as appris ? questionna le soldat.

– Mon père. Il ramenait souvent des parchemins de ses voyages à ta tribu. Il était hors de question pour moi de "jouer" avec, alors je les lui volais.

– Tu as appris la maîtrise de l'Eau dans des parchemins dérobés ? » s'étonna le blond.

Tony acquiesça mollement.

« J'ai voulu venir, au Nord. Je lui ai déjà demandé de l'accompagner, mais il a toujours refusé. "Ce ne sont pas des voyages de plaisance" il grognait, il disait que j'allais l'empêcher de travailler. Alors j'ai fait avec ce que j'avais.

– Et tu as compris la maîtrise du soin.

– Je l'ai juste déduite. »

Steve leva des sourcils impressionnés mais Tony ne le remarqua pas. Ce dernier arborait un sourire narquois lorsqu'il ajouta :

« C'était dans ces moments-là, lorsqu'il refusait si fort que je vienne avec lui, que je me suis convaincu que tu devais être son fils caché. »

Steve pouffa malgré lui.

« Ça ne risquait pas. Il ne s'est jamais intéressé à autre chose qu'à ma maîtrise de l'Eau. Je te l'ai dit...

– ... tu n'étais qu'une expérience réussie, » compléta Tony.

Il l'avait entendu.

Il y a des jours de cela, dans la villa Stark et quelques secondes avant que leur monde ne parte à la dérive, il l'avait entendu. Et il avait trouvé dans cet aveu un soulagement qu'il n'était pas décent d'avouer. Steve n'avait jamais été spécial, pas plus que lui ne l'avait été. Il avait été un enfant malade, et sa guérison lui valut le traitement de rat de laboratoire. Il n'était pas un enfant prodige, pas le fils qu'Howard aurait toujours voulu, il n'était pas plus méritant que Tony ; il avait juste été une expérience réussie.

Non seulement Steve n'avait jamais été spécial, mais Howard avait surtout toujours été Howard. Un homme à la sensibilité sous-développée, distant envers tout le monde et pas qu'envers Tony. L'ampleur du soulagement qu'avait ressenti Tony avait été à la hauteur de sa bêtise. Il n'avait eu aucune raison d'être jaloux de Steve.

« Il était loin d'être parfait, murmura-t-il.

– Il n'était pas le premier, » acquiesça Steve.

Un silence s'étira, autant que l'ombre sur la terrasse.

« Je me demande ce que ça aurait donné, s'il l'avait été, » songea le fils Stark à voix haute.

Steve esquissa un sourire nostalgique.

« Peter disait qu'on aurait pu être frères.

– Frères ?

– Si Howard avait eu un peu plus d'empathie, on aurait pu grandir ensemble. »

Tony dévisagea Steve tandis qu'il tentait d'assimiler l'idée.

« Il a aussi admis qu'on aurait cherché à s'entretuer, » ajouta le soldat.

Et cette considération-là lui semblant bien plus vraisemblable, Tony hocha la tête et ricana.

« T'en aurais bavé.

– Quoi ?

– Si t'avais été mon frère, précisa l'ingénieur. Je t'aurais mené la vie dure, tu sais pas à quoi t'as échappé.

– Je pense que j'aurais su me défendre.

– Ah non, vraiment. Pour ton bien-être, heureusement qu'Howard n'était pas un homme parfait, rit l'ingénieur.

– Je n'y crois pas un instant.

– Je t'assure, je m'y vois d'ici. "Scandale : le grand frère met feu au petit !"

– Petit ? Je crois savoir que je suis plus vieux !

– Sérieux ? Tu me fais marcher.

– Quoi, ça ne se voit pas ?

– Sans vouloir te vexer Steve, on dirait que tu sors de promo.

– Pardon ? Je crois savoir que j'étais capitaine avant même que tu ne maîtrises le Feu !

– Alors ça j'en doute ! Ou alors le froid conserve vraiment hyper bien, s'esclaffa Tony.

– Tu vois ce genre d'insolence, c'est typiquement ce que je n'aurais jamais laissé passer. »

Tony s'emporta dans son fou rire.

« T'aurais pas supporté, mon pauvre !

– T'es en persuadé, c'est terrible. »

Et Tony rit d'autant plus fort que Steve affichait cette mine contrariée, refusant de concéder que l'ingénieur aurait eu un quelconque ascendant sur lui. Tony n'en démordait pas, hilare, il laissait Steve argumenter que non, il aurait su faire preuve d'autorité.

Gamora pénétra dans la salle commune sur ce curieux spectacle. Steve l'apostropha aussitôt, la mercenaire rejoignit les deux maîtres sur les quelques marches.

« À votre avis Gamora, questionna Steve – sérieux comme le marbre, si j'avais été le grand frère de Tony, qui aurait eu le dessus sur l'autre ? »

Tony redoubla d'hilarité à entendre Steve insister sur le "grand" de frère.

Gamora hésita. Était-ce une vraie question ?

Elle ressentit immédiatement que sa perplexité déplaisait au soldat, sans doute parce qu'elle poussait les éclats de rire de l'ingénieur.

« Je pense... que Tony aurait été un frère impitoyable ? » lâcha-t-elle sans réfléchir.

Tony redoubla de rire, noyé dans ses larmes, il se tordit l'estomac. Steve adressa son meilleur regard dépité.

« Sérieusement ? »

Elle haussa les épaules. Le mal avait été fait, Tony était parti. Il riait à ne plus pouvoir articuler, peinait même à respirer. Steve appuya ses coudes sur ses genoux, déçu. Et face à ce visage véhiculant une déception si douloureuse, Gamora ne put s'empêcher de sourire.

Elle rejoignit doucement Tony dans son fou rire, s'excusa entre deux gloussements, une main pudique devant la bouche, qu'elle n'avait pas cherché à le blesser. Steve s'enfonça dans la consternation.

« Tu me fais de la peine, » s'écroulait Tony entre deux éclats, imitant à grand mal le soldat « grand frère ! » et redoublait d'hilarité. Malgré ses tentatives de discrétion, Gamora finit par craquer et rire elle aussi, encouragée par les désastreuses imitations que proposait Tony de leur capitaine vexé.

Aussi longtemps que l'hilarité se prolongea, Steve se renfrogna.

Tony fut bien obligé de finir par se calmer lorsqu'il arriva à court de larmes et d'oxygène. Les muscles des joues sur-sollicités, il retrouvait une respiration mesurée tandis que Gamora s'essuyait le coin des yeux. Des sursauts de rire les reprenaient parfois, mais globalement ils retrouvaient une certaine contenance.

Ils émirent un soupir final, et Steve y lut la fin de son calvaire.

Ils restèrent ainsi de longs instants encore, le crépuscule prit le temps de s'installer. Dans le ciel sans nuage, les étoiles les plus brillantes commençaient à scintiller. Avec la fin des rires, le calme les enveloppa tous les trois. Ils laissèrent le jour s'évanouir, petit à petit, il semblait qu'aucun d'entre eux n'ait envie de bouger. Il ne faisait même pas si froid – ou alors c'était une chaleur intérieure qui venait les réchauffer.

Sans chercher à troubler la sérénité retrouvée, Gamora osa un murmure :

« Félicitations Steve, pour votre maîtrise du soin. »

Le soldat adressa un regard en coin à la mercenaire. Il ne chercha pas à se demander d'où elle tirait cette information, mais hocha simplement la tête en signe de remerciement. Il aperçut alors Tony adopter un nouveau sourire, et pria silencieusement pour que le fou rire ne le reprenne pas.

Pour son soulagement, l'ingénieur démontra avoir changé de sujet.

« Tu peux y arriver aussi Gamora. »

Face aux regards interrogateurs, le milliardaire s'expliqua :

« Pour la maîtrise du soin je ne sais pas, mais tu peux calmer les esprits avec la Terre.

– Comment ? s'étonna la mercenaire, qui n'y avait pas songé un instant.

– Peter l'a déjà fait, lorsqu'il a vaincu le Hulk. »

Dans l'esprit de Gamora les souvenirs de l'évènement se rejouèrent, elle tenta de se remémorer en quoi Peter avait fait appel à la maîtrise de la Terre ce jour-là.

« Il l'a juste touché, souligna-t-elle alors. Il a posé ses mains sur sa tête, et Hulk s'est aussitôt calmé.

– Oui. Je pense qu'il s'agit de ça pour la maîtrise de la Terre : le toucher. »

Gamora questionna Steve du regard, il lui adressa un simple encouragement silencieux – ne semblant pas remettre en cause un seul instant la parole de son coéquipier.

« Le toucher... considéra-t-elle. Je vais voir ce que je peux faire.

– Tu peux y arriver, » déclara Tony comme s'il énonçait une vérité.

Et Gamora ne contesta pas. Il était plutôt agréable de se sentir digne de confiance. Ces pensées l'accompagnèrent, elle y réfléchit en silence tandis que le moment, sur les marches de la terrasse, se prolongeait.

Le ciel s'était teinté de ses plus belles parures nocturnes, les ombres des montagnes disparaissaient progressivement, confondue avec l'obscurité du ciel maintenant ponctué par une myriade d'étoiles lumineuses. Un éclat plus fort se présageait derrière l'un des monts : la lune se joindrait bientôt à eux.

Steve se tourna vers la mercenaire, toujours sur le ton de la conversation.

« Vous avez des frères et sœurs, Gamora ?

– Non. »

Elle avait répondu à l'instinct. La force de l'habitude et du déni ne lui avait pas laissé de temps de réflexion. Bien que courte et sèche, sa réponse lui resta en travers de la gorge. Elle se détesta aussitôt pour cette malhonnêteté.

« J'ai... »

Elle hésita, chercha ses mots. Steve et Tony l'observèrent. Gamora n'avait pas une expression très ouverte, pourtant, à travers la pénombre ambiante, son trouble se lisait nettement.

« J'ai une sœur. Nous avons été élevées ensemble... »

Les mots avaient dû mal à se formuler, une difficulté que les maîtres du Feu et de l'Eau ne connaissaient pas à celle de la Terre.

« Elle est comment ? l'encouragea le brun.

– Elle est fière. Et... »

Elle s'autorisa à ne pas trop réfléchir.

« Et brisée. »

Elle baissa les yeux sur ses mains.

« Je n'ai pas su la protéger. »

Et ses paroles tenaient maintenant du murmure, étouffées par une gorge trop serrée. Steve baissa aussi sa voix.

« La protéger de quoi ?

– De moi. »

Elle savait que ses partenaires la regardaient, masquant pudiquement leur incrédulité. Il n'était plus question pour elle de faire marche arrière.

« C'est moi qui l'ait brisée. J'étais plus forte qu'elle, et je n'ai pas utilisé cette force pour l'aider, mais pour prendre le dessus... »

Gamora songea à ces plaques de métal qui parcouraient le corps de Nebula. Elle en avait découvert certaines, lorsqu'elles s'étaient rencontrées à la Nation du Feu, qu'elle ne lui connaissait pas. Mais celles qui encadraient sa mâchoire, celles au bras droit, celles qu'elle savait être à sa hanche gauche, ces plaques-là, Gamora n'en connaissait que trop bien l'origine.

Elle l'avait défigurée.

« J'étais une enfant effrayée, se justifièrent ces mots qu'elle méprisa à peine prononcés. J'essayais de survivre... je voulais juste survivre... » – un sanglot dans la gorge l'empêcha de poursuivre. Elle prit une inspiration branlante.

« J'ai survécu à ses dépens. »

Deux perles d'eau tombèrent sur ses mains regroupées. Elle fut surprise de sentir celle de Steve les recouvrir. Elle leva ses yeux humides avec la réconfortante surprise de trouver ceux de Steve et de Tony emplis d'empathie et dénués de jugement. Si seulement ils savaient... ne put-elle s'empêcher de songer.

Elle ignorait qu'ils ne ressentaient pas le besoin d'en savoir plus.

Gamora, une enfant maltraitée.

« Où est-elle, maintenant ? » questionna doucement Steve, samaritain dévoué à porter assistance à personne en danger. Gamora n'éprouva pas le besoin d'en rire.

« Hors de portée.

– Il n'est pas trop tard, » intervint Tony.

Elle secoua la tête en négatif.

« Crois-moi...

– Non, toi, crois-moi. Il n'est jamais trop tard, Gamora.

– Il a raison, » conforta Steve en pressant doucement la main de sa partenaire.

Elle les observa successivement. Un début de sourire lui naquît, touchée que ces deux dadais d'apparence irréconciliables tentent si fort de la convaincre du contraire.

« Vous êtes choux.

– Ne lui dis surtout pas ça, avertit Tony avec des gros yeux. C'est un dur à cuire, tu te souviens ? »

Steve adressa une grimace à l'ingénieur, et le sourire de Gamora s'affirma. Tony haussait des épaules faussement désolées, et elle décida qu'elle devait bien leur donner raison sur ce point-là. Il n'était sans doute jamais trop tard, ou en tout cas pas pour eux. Elle porta sa manche au visage et s'essuya à nouveau le coin des yeux – non plus de joie, mais de quelque chose de nouveau.

Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit dans leur dos. Les maîtres se retournèrent, Peter fit son apparition. Il se stoppa, plissa des yeux pour les observer, tous les trois réunis dans la pénombre de la terrasse. Il ne perçut ni le trouble de Gamora, ni la main de Steve toujours posée sur celle de sa coéquipière, il perçut uniquement l'atmosphère qui les entourait, Steve, Tony et Gamora.

Il sourit.

Ses trois mentors le lui rendirent.