Salutations ~

La semaine dernière l'histoire est un peu partie en freestyle... eh bien je suis désolée de vous annoncer que ça va pas aller en s'arrangeant. Dernier chapitre d'action avant de se poser un peu pour faire l'état des lieux. J'espère vous revoir la semaine prochaine (et les suivantes, d'ailleurs), ça en vaudra la peine :3 (si vous êtes arrivés jusqu'ici je me fais pas trop de soucis, c'est que vous êtes du genre tenace x) du coup, bonjour ! et merci de me lire :D)

Itsme : merci de tes compliments ! Eheh oui, le vrai grand méchant est mis à jour :D Quelle serait une histoire Marvel sans Nemesis digne de ce nom ? Ça serait mal me connaître :3 Pour ce qui est de Bucky je risque de te décevoir, je ne suis pas fan du personnage x) pour être franche je ne lui ai jamais vraiment laissé sa chance, j'essaie de réparer ce méfait. Il est si important pour Steve, et Steve l'est tant pour moi (*cœur cœur*), que ça serait une erreur de ne pas le traiter au moins un peu ! Et alors ma poule, ton enthousiasme fait plaisir à lire. Parce que toutes tes requêtes, c'est exactement ce que je compte t'offrir. Une histoire Marvel digne de ce nom, disais-je !

Mutekiam : ah si tu savais, Steve qui part courir après Bucky... et Tony qui hésite ! Ce quart de seconde durant lequel il avise les soldats, le dragon, les soldats, le dragon... et fait le bon choix, évidemment, ça révèle beaucoup sur le personnage. Est-ce que si Steve avait vu le dragon, il aurait fait le bon choix aussi ? Difficile à dire... Touche à son point faible, et il ne répond plus de rien. Quant à Vision, pour rappel, il est absent (accompagnant Odin). Autant dire que c'est pas gagné ! (Et oui, ce qui se prépare tu l'as vu venir, j'en suis fort navrée ! Pas le passage le plus marrant à écrire ^^')


Chapitre 44 - Rupture (2/2)

Bucky ne parvenait pas à traverser le bouclier de Steve. Il n'avait de cesse de l'attaquer d'une gerbe de glace tranchante comme du diamant, mais Steve ne fléchissait pas. Il reculait, sur ce lac gelé, subissant les assauts du mercenaire sans riposter.

Bucky était en vie.

L'adrénaline ne suffit pas à masquer le trouble du capitaine. Steve n'avait cessé d'espérer depuis cette mystérieuse apparition sur le bateau Stark, il avait prié pour cette rencontre, cette confirmation.

Le soldat de l'hiver attaquait sans relâche, Steve persistait à reculer.

Son ami de toujours, son meilleur allié, son pilier, son confident, toute son enfance, vivante, mais transformée.

Bucky était possédé.

Sans lui, Steve ne serait même pas en vie. Il n'aurait jamais survécu à ces hivers gelés, après le décès de sa mère, Bucky l'avait accueilli, l'avait logé, nourri, avait pris soin de lui comme d'un petit oiseau blessé. Il était temps pour Steve de lui prouver sa reconnaissance. Pour Bucky, il devait se battre.

Son cœur pompa enfin l'énergie nécessaire pour tenter de le ramener.

Entre deux des attaques du mercenaire, il abaissa son bouclier et attrapa la lame de glace à main nue, ignora le filet de sang qui perla de sa paume fermée. D'un coup de pied retourné, il frappa Bucky au torse et l'envoya chuter.

« Bucky, implora-t-il. C'est moi, Steve ! »

Le dénommé ne réagit pas. Déjà avec un poing tendu, il déforma le sol givré, invoquant une vague de glace qui se propagea rapidement jusqu'à Steve. Le capitaine commença à courir, prise d'élan pour grimper par-dessus le rouleau, profitant d'être au sommet il sauta, esquiva les stalagmites qui surgirent du sol en sa direction, retomba sur la glace qu'il creusa légèrement. Toujours accroupi il projeta une dizaine de lianes d'eau vers Bucky avec l'intention de l'immobiliser.

Au contact avec le soldat de l'hiver, les filets se brisèrent en une pluie de flocons. C'était comme si tout ce que Bucky touchait se givrait aussitôt, Steve ne savait dire s'il le contrôlait.

Bucky invoqua d'autres pics de glace et les projeta vers le capitaine. D'instinct, Steve généra un nouveau bouclier pour s'en protéger.

Lorsque la pluie acérée cessa, Steve envoya son bouclier devenu projectile tranchant vers le soldat de l'hiver. Ce dernier leva la main, ferma le poing, et fit brusquement éclater le bouclier en l'air. Steve en créa immédiatement un nouveau, mais le projectile explosa à nouveau en plein vol. Le troisième se brisa directement entre ses doigts.

Bucky se rapprochait.

Steve reculait.

Un quatrième et dernier bouclier pulvérisé, Bucky arma son bras de métal et donna un violent coup de poing sur la surface du lac gelé. Une faille se propagea entre les pieds du capitaine et brisa le sol derrière lui ; dans son dos, l'eau du lac retrouva sa forme liquide, Steve se tenait à présent sur une plaque de glace isolée, il ne pouvait plus reculer.

Déjà Bucky était sur lui.

Le capitaine para de sa propre dextérité les coups et uppercuts de l'autre soldat. À plusieurs reprises il manqua de se brûler tant la peau du soldat était glacée – ce bras de métal, en particulier.

En entraînement, Steve avait toujours eu le dessus. En tant que miraculé à la force décuplée, avec Bucky il avait toujours retenu ses coups. Mais cette fois-ci, les retenir aurait été synonyme de mort certaine. La violence qu'il recevait était nouvelle, chaque frappe lui résonnait dans tout le corps, chaque attaque esquivée lui laissait le sentiment d'avoir échappé au pire.

Jusqu'à un coup de poing frontal : de son bras de métal, Bucky visa la tête de Steve. Le capitaine porta une main en avant pour le bloquer.

Le poing s'arrêta dans les airs.

Bucky, brutalement stoppé dans son attaque, regarda son bras avec surprise. Les doigts toujours serrés, le poing de métal tremblait, mouvement interrompu en pleine action.

Bucky avisa Steve, Steve regarda Bucky avec la même stupéfaction.

Et Steve comprit alors.

Ce bras n'était pas de métal.

C'était un bras d'Eau.

Sous cet alliage trompeur, Bucky maîtrisait de l'Eau. Et Steve en avait pris le contrôle, il voulut retourner cette arme contre son propriétaire.

Mais sitôt la surprise passée, Bucky en retrouva la pleine possession. Il finit son mouvement sans en avoir perdu la force.

Il frappa Steve au visage.

Steve tomba. Sonné, la vision trouble, il vit trente-six chandelles.

Il sentit le sol se dérober, une froide sensation l'envahir.

Il devait avoir perdu connaissance, car il n'avait jamais eu froid. Le froid était une sensation qu'il ne connaissait plus, il n'avait jamais plus tremblé, jamais plus grelotté.

Comment, alors, pouvait-il avoir froid ?

Il ressentit une drôle de sensation d'humidité. Il ne parvenait plus à respirer, comme si l'air était trop épais pour ça. Il ne sentait plus le poids de son corps, comme s'il était dans un nuage.

C'était peut-être ça, il tentait de respirer dans un nuage, c'est pourquoi il respirait si mal. Et le nuage était haut dans le ciel, c'est pourquoi il avait froid. Et le nuage était composé d'eau, c'est pourquoi il...

Il ouvrit les yeux.

Malgré l'obscurité, il distingua un filet rouge lui passer devant les yeux. C'était du sang qui s'échappait de son nez brisé, et qui se diffusait dans l'eau du lac glacé.

Un malheureux réflexe lui fit tenter une nouvelle inspiration, il se remplit les poumons d'eau.

Il allait se noyer.

D'instinct il gagna le contrôle de l'eau qui l'entourait, ses dernières forces générèrent un halo doré tout autour de lui. Une douce chaleur, réconfortante, l'enveloppa avec ce sentiment que tout irait bien. La glace, au-dessus de lui, fondit progressivement.

Elle finit par être suffisamment fine pour permettre à Steve de la briser.

Il s'échoua sur le rebord de glace, toussa et cracha de l'eau – beaucoup d'eau, avidement remplacée par l'oxygène alentour. Cette grande inspiration lui brûla les poumons.

Il se releva, scruta les environs.

Rien, personne.

Plus une âme, plus un soldat.

Steve était seul, sur ce lac givré.

Il avisa la paume de sa main, intacte, vierge de la coupure qui y avait été. Il porta la main à son nez brisé et déjà remit en place. C'était comme si le combat n'avait jamais existé.

Il scruta les bois à la recherche du plus infime indice, d'une nouvelle apparition, d'un dernier espoir, lorsque les bruits d'un autre combat commencèrent à lui parvenir.

Ils résonnaient depuis le palais.

Son ventre se noua.

Il fit demi-tour.


Loki avait pris une seconde pour reprendre ses esprits. Tout son corps était douloureux, sa peau était encore marquée là où les lianes d'acier l'avaient entravé. Il tendit la main et appela son sceptre à lui, il s'appuya dessus pour se relever.

Ce combat risquait de lui laisser de beaux bleus et de méchantes courbatures.

Une fois solidement campé sur ses deux pieds, il apprécia la situation.

La forêt dans laquelle il se tenait était méconnaissable. Des arbres gisaient au sol, fraîchement déracinés : on pouvait lire le chemin qu'avait emprunté la maîtresse de la Terre en suivant les troncs abattus et autres crevasses qui déformaient un sol meurtri. Il entreprit de remonter ce chemin de désolation.

Des cris, rugissements et détonations lui parvinrent depuis la place devant le palais. Il les ignora.

Il poursuivit son chemin vers le Temple, apercevant quelques esprits au passage.

Un esprit, notamment, attira son attention.

C'était un petit lapin blanc aux bois de cerfs. Le rongeur se gratta l'oreille d'un mouvement de patte arrière, et lorsqu'il vit Loki bondit se cacher dans un fourré.

Le prince continua sa route, il se poserait des questions plus tard.

Il s'arrêta devant un autre esprit, une sorte de paresseux à la fourrure argentée, aux bras et jambes de trois fois la taille de la normale, enroulés autour d'un arbre, il progressait tout doucement dans son ascension.

Cette fois-ci Loki ne put s'empêcher de se questionner. Pourquoi croisait-il des esprits calmes ? Les esprits n'étaient pas censés être apaisés, ils étaient censés être nourris d'une rage et d'une agressivité décuplée. Il n'existait plus d'esprits blancs, les seuls esprits normaux étaient ceux qui auraient eu la chance rencontrer un maître expérimenté...

Gamora.

Gamora avait calmé ces esprits. Elle s'était dégagée la voie jusqu'au palais en apaisant les esprits qui se dressaient sur son chemin.

Loki l'avait sous-estimée, la fille de Thanos.

Il poursuivit son chemin sans s'attarder davantage sur les quelques autres spécimens qui erraient librement dans les bois.

Il parvint au palais, là les esprits noirs se faisaient beaucoup plus nombreux. À l'entrée du bâtiment, il rencontra une hyène sombre montrant ses crocs et un esprit bipède aux antennes nébuleuses qui lui barrèrent le passage en feulant.

Loki frappa du bâton au sol.

Les esprits courbèrent l'échine et s'écartèrent.

Le prince progressa à pas de loups. Plus que des esprits, il se cacha surtout des gardes qui courraient dans les couloirs à l'assaut d'un nouveau foyer d'esprits déchaînés. Toute la Cité de l'Air était en alerte. Sans Odin – ni Vision – pour les épauler, les dégâts seraient certains.

Après avoir pris le temps d'un détour ou deux pour éviter de rencontrer les guerriers de l'Air, ordonner aux esprits qu'il croisa de le laisser passer, le prince se fraya un chemin sans difficulté. Il finit par parvenir aux appartements des Mentors et de l'Avatar.

Il n'y ressentit aucune présence. Ni esprit, ni humain. Ni maître ou Avatar.

Il poussa la porte entrebâillée de Peter.

Ce qu'il y découvrit lui glaça le sang.

Un corps gisait au sol, inerte. Loki ne ressentait aucune énergie en émaner, comme si la vie l'avait quitté depuis longtemps déjà.

Le prince lâcha son bâton. Il s'agenouilla à son côté, ignorant la flaque de sang qui souilla sa cape blanche. Il prit délicatement la dépouille dans ses bras, en la déplaçant, la main inerte lâcha le poignard tenu jusque-là, la lame tinta au sol. Loki dégagea les quelques cheveux roux qui voilait le visage, et découvrit l'expression sans vie de Frigga.

La plainte de Loki se bloqua dans sa gorge. Ses lèvres tremblèrent, ses yeux s'humidifièrent. Il plongea son visage dans le cou de sa mère.


Tony se trouvait submergé, ces fichus esprits étaient beaucoup trop nombreux. Il se faisait poursuivre par une nuée d'entre eux, ne trouvait aucun moyen de se frayer un chemin vers le Temple devenu impossible à approcher.

Et c'était sans parler du dragon qui en montait fièrement la garde.

Valkyrie et Barton formait un duo improbable occupé à le distraire, la guerrière flirtait sans cesse avec le danger, faisait voler sa pégase bien plus proche des griffes du monstre qu'il n'était raisonnable de le faire. La créature tentait d'écraser le cheval ailé qui lui tournait autour, mais chaque fois qu'il se trouvait proche d'y arriver, une flèche explosive bien placée venait le perturber. Il rugissait alors après Barton, se préparait à incendier l'arbre de l'archer, avant qu'une violente salve de vent à nouveau détourne son attention, et qu'il ne reparte à la chasse au cheval volant.

Malgré ce burlesque ballet, dès que Tony tentait une approche le radar du dragon devait se mettre à clignoter, car plus d'une fois il manqua de peu une douloureuse rencontre avec une patte pleine de griffes. Le maître du Feu jurait alors et tentait un énième détour.

Les esprits qui lui collaient aux talons n'arrangeaient pas ses affaires. Une horde de frelons gros comme des corbeaux le pourchassait, nuage mortifère.

Dans ce chaos infernal, Tony tenta de trouver un certain calme. Il survola un groupe de guerriers en guerre contre des vipères spirituelles, dépassa Valkyrie, passa à toute vitesse devant le perchoir de l'archer – qui eu le bon sens d'abattre un esprit ou deux le poursuivant au passage –, contourna le dragon, et atterrit sur un espace plutôt dégagé.

Ses bourdonnant pourchassants n'avaient pas ralenti leur course, ils allaient lui arriver droit dessus.

« Stark ! » s'affola Valkyrie, qui dirigea sa monture à la rescousse du milliardaire en danger.

Tony ne l'entendit pas, trop occupé à se recentrer. Il avait besoin d'une seconde, juste une seconde pour canaliser son énergie...

Les esprits seraient sur lui en moins que ça.

Il brandit ses mains en avant et généra une fournaise comme il en avait le secret. Un flamboyant brasier s'éleva dans les airs dans un panache de flammes jaunes.

Des flammes jaunes, dénuées de chaleur.

Le feu se répandit tout en hauteur, englobant la horde d'insectes sous un doux ronronnement.

Un papillon verdoyant s'échappa soudain du brasier. Un papillon grand comme une colombe et vert comme une émeraude, aux larges ailes reflétant les rayons du soleil.

Tony cessa son attaque.

Les flammes se dissipèrent, la nuée de frelons avait été remplacée par un nuage de papillons verts. Des dizaines d'entre eux s'envolèrent progressivement dans les cieux, répartis au gré du vent.

Valkyrie descendit de sa monture en vol. Elle avisa le spectacle avec de gros yeux.

« C'est la gueule de bois la plus bizarre que j'ai jamais eue. »

Tony expira son soulagement – il avait réussi.

Le Feu pouvait soigner. Il venait de le prouver.

De l'autre côté de la place, Clint était en mauvaise posture. De deux flèches bien placées, il avait gagné un peu de temps en enroulant des liens autour des cornes du dragon. Mais d'un coup de griffe il s'en était libéré, se retourna et infligea à Barton un violent coup de queue. Il faucha l'archer hors de l'arbre.

« Fléchette ! » s'écria Valkyrie qui sauta sur le dos de son cheval pour voler au secours de l'espion.

Tony tenta le tout pour le tout. Il s'engouffra dans la brève ouverture pour tenter d'accéder au Temple de l'Air.

Le dragon n'avait pas abandonné son poste. Il sauta sur Tony comme un chat sur sa proie, plaqua l'ingénieur au sol. Écrasé par des griffes de cinq fois son poids, impossible de s'en défaire, Tony fut mis à sa merci. Le dragon émit un sourd grondement. Au fond de la gueule bordée de crocs s'illumina une lueur rose.

Tony se prépara à générer son propre feu salvateur.

Cette fois-ci, il ne pouvait pas se louper. Pas de seconde chance.

Il pouvait déjà ressentir la chaleur se présager ; la lumière rose dans ce gosier se faisait plus intense. À tout instant, elle se transformerait en fourneau crématoire.

Tony ferma les yeux et puisa dans ses propres ressources, mains tendues, dernier recours.

Lorsque soudain la chaleur se dissipa.

Le poids des griffes se souleva.

Le dragon avait fermé sa gueule et levé le museau, aux aguets, comme si un bruit l'avait intrigué. Il gémit soudain, déploya ses grandes ailes écaillées.

Et d'un battement sec, sans un regard vers sa proie toujours au sol, il décolla.

Tony se protégea du vent engendré d'un bras devant le visage. Il observa pendant quelques secondes, béat, le dragon s'envoler. Les esprits le suivirent.

L'armée noire battait en retraite.

Tony ravala sa surprise et s'engouffra sans plus attendre dans le palais.