Salutatioons ~
Je me contiens difficilement pour faire en sorte de ne pas vous survendre la suite de cette histoire, pour laquelle je m'auto-hype beaucoup trop. Restons donc raisonnables. Mais nous voilà chapitre 46 (47, avec prologue), et on a TOUJOURS PAS VU l'antagoniste. Chapitre. QUARANTE-SIX. La vache. Mon côté très analytique vous affirmera que c'est parce que l'antagoniste, finalement, ça n'est pas un grand méchant générique face auxquels nos héros doivent s'unir pour triompher. Non, finalement, l'antagoniste, c'est un peu leurs propres démons...
...
SANS DÉCONNER c'est une fanfic Marvel donc arrêtons les sobriquets une minute et passons aux choses sérieuses !
Itsme : yes je marque les bons points de la surprise \o/ l'urgence de la situation ne leur laisse pas trop le choix : coopérer, ou laisser Peter en grave danger ? Franchement j'aurais été vexée de les voir hésiter. (Je sais ça n'a aucun sens c'est moi qui les écris.) Il se fait désirer, hein ? Mais tu sais que quand on y pense, on a eu dix-huit films et attendu neuf ans pour enfin le voir proprement sur le grand écran, je crois que d'avoir attendu le chapitre quarante-six, finalement, c'est un peu lui faire honneur. Je parle évidemment de Thanos. Par contre le "en claquement de doigt" de Tony... OMG Mais comment ai-je pu ne pas voir ça ? xD Noon je t'assure j'ai pas fait exprès. Je prétendrais bien que c'était voulu, mais c'était VRAIMENT pas fait exprès. Mais maintenant que tu l'as souligné ça devient mon clin d'œil préféré, c'est décidé. Ça fait longtemps que je ne te l'ai pas dit alors tant que j'y pense, je me permets de me répéter : merci de me suivre avec tant d'assiduité et d'enthousiasme, j'attends toujours tes commentaires avec impatience tu n'as pas idée de la joie que tu me procures :3 en humble remerciement, je te laisse avec le chapitre suivant !
Mutekiam : évidemment, quoi de mieux qu'un ennemi commun pour forcer une cohésion difficile à atteindre autrement ? Aaah c'est beau l'esprit d'équipe, les objectifs communs, les haines partagées, les torts et les travers qui menacent de rompre le moindre équilibre trouvé... Est-ce que cette cohésion nouvelle durera ? Questionnons ce chapitre, si tu le veux bien ! Et j'en profite pour te remercier aussi, qui je crois n'a pas loupé un seul chapitre depuis le début. Une telle fidélité ça me va droit au cœur, tu représentes mon carburant, merci encore !
amegonys : oui ! Tu n'as pas idée ! C'était un sacré abcès à percer, le double jeu de Loki ! Quelle frustration ces quarante-six derniers chapitres, où je n'ai pas eu beaucoup de marge pour pleinement l'exploiter. Parfaitement consciente de sa filature, incapable d'en dire plus que quelques indices de ci de là, c'était une torture ^^ Maintenant je t'assure que je me sens mieux, j'espère que tu auras autant de plaisir à le retrouver que j'ai eu de plaisir à l'écrire à partir d'ici :D et je te remercie encore de prendre le temps de laisser des petits mots quand un chapitre te touche plus qu'un autre, c'est un fantastique baromètre et voir ton nom dans les reviews, toujours une formidable surprise ! Merci de continuer à me lire !
Trop d'love dans ces réponses (je suis d'humeur faut croire). Une fois n'étant pas coutume, je ne vais pas écouter ma remarque du chapitre précédent (qui voulait que mes notes d'auteurs soient moins longues, loupé) et je voudrais simplement adresser une petite dédicace à Laukaz The Lab, dont les fictions m'ont toujours inspiré et en particulier ce chapitre-ci. Je n'en dis pas plus et vous laisse avec la suite !
Chapitre 46 - Perle d'espoir
Le temple abandonné était aussi sombre que dans les souvenirs de Gamora. L'entrée se dessinait par une fente horizontale qui ouvrait la montagne en deux, passage à peine assez haut pour qu'un humain bien portant puisse s'y introduire sans courber le dos.
Gamora y avait passé quelques années, une période marquée par l'exigence exacerbée du tortionnaire qu'elle appelait "Père". Aucun lieu dans ce monde ne lui semblait plus morbide, plus malsain que ce Temple ci.
Creusé à même la pierre, la forme droite et dure de l'édifice creusait le flanc de falaise, sans fenêtre mais avec d'étroites lucarnes qui ne laissait passer aucune lumière. La pierre était ternie, sèche, aucune végétation, aucune plante grimpante ne venait se frotter à l'aridité des lieux. Le temple se confondait avec la montagne, les années passées sans entretien lui donnait un aspect sauvage et érodé.
Les Mentors observaient les lieux depuis une saillie surplombant leur destination. Steve demanda à Gamora ce qu'elle ressentait : elle annonça, confuse, ne rien discerner du tout. Aucun esprit ne se présageait, la vie, même spirituelle, semblait avoir fui les lieux.
Loki suggéra qu'ils ne pénètrent pas par l'entrée principale, ils contournèrent le bâtiment et creusèrent leur chemin par le flanc de la montagne. Ils progressèrent prudemment, Loki en tête, et débouchèrent rapidement sur un couloir qu'ils décidèrent de longer.
Gamora reconnaissait les lieux qu'elle avait appris à sonder, qui ne lui inspirait qu'une terreur et une haine sourde. Elle était aux aguets, l'absence de signe dans la Terre ne la rassurait pas. Cela ne pouvait signifier que deux choses : soit ils arrivaient trop tard, soit Thanos les attendait.
Elle ne savait pas quel scénario préférer.
Tony se tenait juste derrière. Il maintenait en vie une petite flamme sans chaleur pour les éclairer, l'endroit étant plus sombre que le caveau d'un défunt. Il se tenait sur le qui-vive, n'ayant qu'une chose en tête : retrouver Peter. Il refuserait d'avouer que sa plus grande peur n'était pas d'affronter Thanos, son armée d'esprit, son dragon ni même Bucky... Sa plus grande peur était d'échouer.
De tous – Loki exclu – Steve était celui dont l'attitude trahissait le moins l'appréhension. Il gardait une posture droite, parée, déterminée. Ils sauveraient Peter, quoi qu'il en coûte. Voilà le genre de certitudes qui le forgeaient, en tant que soldat, capitaine, maître et Mentor ; elles lui permettaient d'avancer, de rester droit et serein. Ils allaient récupérer Peter. Et ils ne repartiraient pas d'ici sans lui.
Loki ralentit sensiblement, Steve le questionna à mi-voix.
« Nous y sommes bientôt, déclara le prince. Le cœur du Temple, son sanctuaire.
– Si Thanos est ici, c'est là que nous le trouverons, » confirma Gamora.
Le soldat hocha la tête, ils continuèrent à avancer avec une prudence redoublée. Bientôt le feu de Tony ne suffit plus à éclairer les murs qui les entouraient, la salle qui s'ouvrit devant eux était trop vaste. Il leva la main et intensifia sa flamme.
Rien.
La salle était vide.
Circulaire, haute de plafond, il n'y avait à étudier dans cette grande pièce que quelques sigles gravés dans la pierre. Ils en scrutèrent chaque recoin à la recherche du moindre indice.
Gamora en trouva un la première. Une racine, au sol, comme toute droite sortie de la pierre. Ils n'avaient pas croisé la moindre végétation sur le chemin ; cette racine, elle eut peur de la reconnaître...
Avant qu'elle ne puisse formuler sa découverte, un bruissement se fit entendre. Ils se retournèrent pour découvrir que d'autres racines commencèrent à s'enrouler autour de leurs pieds. Lorsqu'ils s'en rendirent compte il était déjà trop tard, les lianes s'étaient démultipliées, croissance exponentielle, elles les avaient encerclées, ligotées, enroulées autour de leurs jambes, de leurs bras et de leur cou, la plante grimpante se referma sur les maîtres qui n'eurent aucun délai pour réagir.
Ils étaient prisonniers.
Les lianes se condensèrent, se resserrèrent, entravèrent le moindre mouvement, la moindre maîtrise, ils crurent finir broyés. Le tassement se stoppa soudain, et les lianes se transformèrent. Elles se consolidèrent en un cocon verdoyant, une substance translucide, immuable, qui les maintenait prisonnier.
Ce n'était pas une matière connue, ni eau, ni végétale, c'était un cocon spirituel qui les immobilisait. Il leur était impossible de bouger le petit doigt, comme si leur corps ne leur appartenait plus. La prison verdoyante se refermait jusqu'au niveau de leur bouche, de leur nez, laissant à peine suffisamment de place pour respirer. Ils n'avaient plus que leurs yeux pour observer, leurs oreilles pour écouter. Ils n'avaient plus la lumière de Tony pour les éclairer, seule la fluorescence de ce cocon étrange transperçait l'obscurité.
Ce fut à cette lueur verte que Gamora, Steve et Tony observèrent Loki.
Il s'avançait, librement.
Il se plaça devant eux.
Et il les observa.
Sans cette prison pour les contenir, Tony aurait hurlé sa colère, Steve aurait fait de la sienne une arme, Gamora aurait réduit le maître de l'Air en poussière.
À la place ils regardèrent, impuissants, Loki les trahir une nouvelle fois.
Le prince les considéra durant ce qui sembla être une éternité. Il marchait lentement, les observait, les uns après les autres, supportant leur regard noir de haine et de consternation. Il n'arborait aucun sourire, uniquement un regard grave, fatigué.
Loki n'émit pas un son durant les longues secondes qui suivirent.
Une autre voix résonna.
« Non content d'avoir dupé l'Avatar... »
Une silhouette se dessina dans l'obscurité du sanctuaire. Elle s'avança, lentement, gagna en taille et en puissance à mesure qu'elle s'approchait, jusqu'à ce que Steve et Tony comprenne que Thanos était en fait en géant.
Il se dévoila à la lumière de ses cocons verts, un léger sourire en coin laissant apparaître quelques dents.
« ... tu me livres maintenant ses Mentors. »
L'homme se positionna aux côtés de Loki qui n'avait pas bougé. Outre sa taille démesurément grande, sa peau fut la seconde chose qui sauta aux yeux des prisonniers. Elle était violette, une couleur que même Gamora n'avait pas reconnue. Elle devina sans mal qu'il l'avait acquise à force de côtoyer esprits et énergie corrompus.
« Es-tu vexé de ne pas avoir été attendu ? questionna le géant à l'intention du prince.
– Ne m'insulte pas, cracha Loki. J'avais vu venir ta mascarade.
– Ce présent vaut gage de bonne foi, je suppose.
– Prends-le comme tu l'entends. »
Thanos émit un murmure appréciateur, il observa tour à tour ses prisonniers. Sous son crâne chauve, son expression redevint sérieuse, concernée.
Il s'avança vers Gamora.
Tout le corps de la Gardienne frémit dans son cocon figé.
Il l'observa longuement, et Steve aurait juré lire de la tendresse dans les yeux du tortionnaire.
Thanos mit un genou au sol pour parvenir au niveau de sa fille. Il tendit une main pour caresser son visage, le mouvement de recul de Gamora fut si violent que le cocon vibra. Elle ferma les yeux en attente du contact fatal avec la main toujours en l'air de son père. Thanos hésita, il voulait remettre en place cette mèche de cheveux devant le visage de sa fille, il voulait mieux la regarder.
Il se ravisa, posa le coude sur son genou.
Gamora rouvrit les yeux.
« Regarde-toi... commenta-t-il de sa voix grave et calme. Tu es devenue si fière, si forte. »
Par son simple regard, elle tentait de communiquer toute l'amertume qu'il lui inspirait.
« Tu es maintenant meilleure que tout ce que j'espérais pour toi. »
Il leva à nouveau une main, mais cette fois-ci d'un subtil mouvement des doigts il dissipa le cocon qui recouvrait la bouche de Gamora.
« Tu n'as pas à être fier ! cracha-t-elle. J'ai toujours haï, du plus profond de mon être, tout ce que tu m'as inculqué. »
Un sourcil de Thanos se leva.
« Tu ne serais pas la maîtresse que tu es aujourd'hui.
– Tout, plutôt qu'une enfance à tes côtés. »
Il se redressa avec un soupir.
« Tu as de la rancune, mon enfant. Tu ne perçois pas la chance que tu as.
– Relâche Peter.
– Tu sais que c'est impossible.
– Il ne t'a rien fait, il ne mérite pas ça. Relâche-le ! »
Thanos observa encore sa fille un instant, avant de s'avancer au centre de la pièce et de mettre une main au sol. Un pentagramme s'illumina alors, la lumière pourpre donna vie à la fameuse étoile à cinq branches entourée d'un cercle et des sigles des quatre éléments. Au bout de la cinquième branche, de l'autre côté de la salle, un cocon vert apparut.
Peter, pleinement immergé dans la solution verdoyante, flottait en apesanteur les yeux fermés, comme s'il dormait.
Un gémissement échappa à Gamora.
« Rends-le nous... »
Thanos s'avança vers le cocon de Peter, les lumières vertes et pourpres, dans l'obscurité du sanctuaire, déformaient ses traits et projetaient des ombres mouvantes.
« L'Avatar n'est pas le pont entre les humains et les esprits, exposa-t-il. Il est un mur. Je dois mettre un terme à ce mensonge pour permettre aux esprits de s'affranchir. Le garçon te semble innocent, mais il est l'Avatar. J'ai attendu treize ans pour terminer l'œuvre commencée avec son incarnation passée, je n'attendrai pas un an de plus. »
Gamora ne trouva pas d'autres mots que ceux qui suppliaient ; elle savait ce que son père était prêt à donner pour atteindre son objectif, elle savait qu'il ne l'abandonnerait jamais, quémander était vain. Mais elle ne pouvait s'y résoudre.
« Je peux revenir avec toi, trouver un autre moyen, implora-t-elle. Libère-le et prends-moi à sa place. »
Thanos abandonna Peter à son cocon pour revenir vers sa fille. Il adopta une moue presque désolée.
« Tu sais qu'il n'existe pas d'autre moyen.
– Relâche au moins ses Mentors, que comptes-tu faire d'eux ? Ils ne te seront d'aucune utilité. »
Thanos accorda un regard à Loki qui inclina furtivement la tête sur le côté.
« Ils feront tout pour t'arrêter, prévint le prince. Tu ne connaîtras pas pires têtes brûlées.
– Je ne peux le tolérer. »
Il s'avança alors vers Steve et Tony. L'ingénieur avait forcé sa maîtrise, il avait tenté de matérialiser même la plus infime flamme pour se libérer de son étau, mais ses mains, ses pieds, son corps tout entier restait désespérément muet.
« Je sais que ça n'est pas facile, mais vous comprendrez, » assura Thanos.
Il s'approcha de Steve, inclina la tête lorsqu'il constata que les yeux du soldat étaient humides. Un début de larmes mouillait le regard bleu du capitaine. Le géant s'accroupit pour lui faire face.
« Vous êtes triste, soldat. Vous avez perdu, et la défaite est douloureuse. Il n'y a pas de honte à cela, vous ne pouvez pas encore comprendre à quel point ce solstice est important. L'énergie des esprits, vous avez été forgé par elle. Vous en connaissez la puissance, vous en soupçonnez l'absence de limite. Imaginez ce que votre miracle, à l'échelle du monde entier, pourrait produire. Souhaitez-vous priver l'humanité de ce dont vous avez pu bénéficier ? Vous n'êtes pas quelqu'un d'égoïste, je sais que vous l'accepterez. Votre ami, Bucky, ne serait pas là aujourd'hui sans cette formidable énergie. »
Thanos se tourna ensuite vers Tony.
« Les recherches de votre père ont ouvert la voie. Il a débloqué un potentiel infini, il lui manquait simplement les ressources dont je dispose. Son naufrage, Stark, n'est pas une fatalité, ç'a été une formidable avancée. Tant de nouvelles possibilités. Et la clé finale est l'Avatar, l'ouverture du monde ne peut s'effectuer sans lui. Après quoi les esprits vivront enfin à leur plein potentiel. »
Steve n'écoutait Thanos que d'une oreille. De ses yeux humides naquirent une larme, perle précieuse qui vint scintiller au coin de l'œil du capitaine. Il cligna des yeux, la larme s'échappa. Elle roula sur sa joue, emprunta le sillon de son nez, s'échoua sur le rebord solide du cocon de verre. La perle se faufila entre la peau du soldat et sa prison translucide. Steve ferma les paupières une seconde fois et la goutte infiltrée se givra. En se glaçant elle prit plus de place, se dilata, une micro-fissure naquît dans le cocon.
Alors Steve expira tout doucement, l'humidité s'infiltra à l'intérieur de sa prison. À travers cette minuscule craquelure, un appel d'air s'engouffra. L'humidité envahit l'espace jusqu'à saturation, jusqu'à ce que Steve puisse la sentir, la percevoir. Infime pellicule d'eau, fraîcheur salvatrice.
Thanos s'était légèrement éloigné pour parler à Tony. Gamora semblait chercher de nouveaux arguments à opposer au géant. Loki, quant à lui, observait Steve.
Le contact visuel entre le maître de l'Eau et celui de l'Air se prolongea.
Steve se retint d'agir. Il scruta Loki, chercha à lire ses intentions, à anticiper une énième trahison. Mais le regard du prince était impassible, il ne laissait rien filtrer.
Jusqu'à cette seconde décisive où il reporta son regard sur Thanos, puis à nouveau vers Steve.
L'adrénaline pompa dans les veines de Steve avant même que son cerveau ne le soupçonne.
Il mobilisa toute sa concentration à l'humidité qui s'était infiltrée dans son cocon.
Et le brisa.
Sa prison vola en mille éclats, le soldat s'en défit d'un battement de cils.
Loki avait brandi deux mains vers Thanos.
Un violent jet d'air plaqua le géant à l'autre bout du sanctuaire, Loki maintint sa pression pour tenir Thanos contre le mur de pierre sans possibilité de s'en échapper.
Déjà Steve avait dégainé sa gourde, deux gerbes d'eau lancinantes tranchèrent les prisons de Tony et Gamora qui s'en libérèrent.
Tony se joignit immédiatement à Loki, le vent et le feu vrombirent vers le géant acculé contre son mur de pierre.
Steve se précipita vers Peter.
Le cocon de l'enfant était à l'autre bout de la salle, Steve pourrait l'atteindre en quelques secondes.
Mais des racines surgirent alors du sol, des murs, du plafond, elles remplirent l'espace qui séparait Steve de Peter à un rythme affolant. Transperçant la pierre, recouvrant le sol, barrant le chemin, Steve sollicita sa gourde pour les trancher et se frayer un passage.
Gamora mit aussitôt deux mains au sol. L'afflux soudain de plantes grimpantes fit vibrer tout le bâtiment, elle prit le contrôle de la pierre sous leur pied pour tenter de la garder droite.
Tony et Loki maintenaient leurs attaques contre Thanos qui s'en protégeait avec des lianes et des racines, mises à mal par la puissance du Feu et de l'Air.
Loki osa un regard de côté, il vit Steve difficilement progresser tant les plantes l'entravaient. Il en coupait deux que cinq autres venaient prendre la place, s'enroulant autour de ses pieds, de ses bras, il s'en libérait sans gagner de terrain, le cocon de l'Avatar se faisait progressivement ensevelir sous ses propres lianes et ronces protectrices.
Alors Loki abandonna Tony pour tendre deux mains vers les lianes récalcitrantes. Leur croissance fut aussitôt stoppée, Steve s'en dégagea plus facilement et gagna à nouveaux quelques précieux mètres vers Peter. L'éclat vert du cocon de l'enfant disparaissait petit à petit sous ces ronces trop nombreuses.
Gamora sentit toute la structure du bâtiment trembler. Elle avait les mains plongées dans la pierre, elle tenait le sol si fort qu'il se déformait sous ses pieds. Les ronces s'enroulaient autour d'elle, de quelques coups de lame elle les arrachait, reprenait aussitôt le contrôle de la salle qui menaçait de s'effondrer sous le poids de tant d'agitation.
Sans Loki, l'afflux de feu de Tony peinait à disperser les lianes qui protégeaient Thanos. L'ingénieur reculait nerveusement tandis que Thanos avançait à sa rencontre. Des racines entravèrent rapidement les pieds de Tony qui ne pouvait plus battre en retraite.
Loki ne parvenait plus à contenir les lianes qui se dressaient sur le chemin de Steve. Lui-même commençait à se faire enserrer, incapable de dompter les racines qui l'encerclaient.
Steve maniait sa gerbe d'eau d'une main, l'autre abandonnée à trop de lianes qui entravaient son avancé. S'il tendait le bras il pouvait toucher les ronces qui renfermaient Peter, il n'avait besoin que d'un peu d'élan pour les briser...
Gamora ne pouvait plus se défaire des épines qui l'entouraient.
Thanos tendit un bras et saisit Tony au cou.
Le choc fit immédiatement stopper l'attaque de l'ingénieur. Il fut soulevé, agrippa l'énorme main qui l'étranglait, asphyxié.
La fin du feu de Tony plongea la pièce dans la plus profonde obscurité.
Le cocon de Peter était loin, enfoui sous plusieurs mètres de racines hostiles.
Steve avait perdu sa gerbe d'eau, ses deux bras étaient entravés, il tendait encore une main dans un maigre espoir d'y parvenir.
Loki ne parvenait plus à écarter les lianes qui l'entravaient, elles ne lui obéissaient plus. Son Air ne pouvait rien y faire, il était cerné, captif.
Gamora hurla, et d'un dernier mouvement empli de désespoir, frappa deux poings au sol.
La terre se déroba, le sol flancha, il se décomposa sous leurs pieds et les maîtres furent happés dans un trou sans fond.
Tony sentit la prise de Thanos l'abandonner. La main le relâcha, et alors il chuta.
Il chuta longtemps, sans rencontrer de sol sous ses pieds. Un grondement l'accompagna, le bruit d'une avalanche de pierre dans la plus parfaite obscurité.
Il chuta jusqu'à ce qu'il atterrisse lourdement, il roula sur lui-même, gémit sous l'impact. L'éboulement s'était arrêté, seuls résonnaient d'indistincts échos au loin. Il se releva difficilement, aussitôt alluma une vive flamme dans la main qui lui faisait le moins mal. Il avait la tête qui tournait. Il toussa, la poussière rendait la respiration difficile.
Il aperçut Steve se relever avec les mêmes difficultés et Gamora tituber, une main pressant sa hanche blessée.
« Où est Loki ? » questionna Steve.
Le maître du Feu parcourut les débris de sa vive lumière. Ils ne virent aucun signe du prince.
Gamora mit une main au sol. Elle chercha, de longues secondes s'écoulèrent. Elle se leva, s'approcha d'un mur et y donna un coup sec, des pierres tombèrent du ciel, elle leva deux mains pour les stopper dans leur chute.
Loki tomba sèchement au sol.
Gamora déposa les pierres de l'éboulis plus loin, Steve se pressa aux côtés de Loki, rassuré lorsque le prince roula sur le dos en grognant. Ils se rassemblèrent autour de maître de l'Air qui s'asseyait non sans douleur. Ils prirent quelques secondes pour reprendre leurs esprits.
« Peter ? » osa Tony.
Steve secoua la tête, contrit. Loki soupira.
Ils demeurèrent ainsi, hébétés.
Ils avaient échoué.
« Nous devons partir, murmura Loki. S'il revient, nous sommes morts. »
Steve aida le prince à se relever, péniblement, ils retrouvèrent le chemin du dirigeable Stark.
Sans Peter.
