Guest : Merci, c'est un petit retour. Je poste de façon irrégulière et complètement aléatoire x) Je suis contente que tu puisses retirer quelques informations intéressantes de cette fanfic car c'est bien son but. Je trouvais que le film Vise-Versa en lui-même donnait beaucoup d'information sur le fonctionnement du cerveau.

Bonne lecture !


Chifoumi


Le cortex cérébral était divisé en deux équipes distinctes : l'équipe de Joie avec comme acolyte Colère l'équipe de Tristesse accompagnée de Peur de l'autre. Dégoût s'était revendiqué impartiale et s'était constituée arbitre.

Chaque équipe arborait fièrement un bandeau de ses couleurs. Dégoût regardait distraitement la scène, préférait concentrer l'essentiel de son attention sur le limage de ses ongles, confortablement avachie sur un fauteuil.

Joie trépignait sur place dans un ronronnement excité. Tristesse se tortillaient les mains dans un gémissement lacrymale.

- « Allez, Dégoût, donne le top départ !, la pressa Joie, ses cheveux bleus dressés sur sa tête.

- Bien, bien... soupira Dégoût en se redressant à peine, Pierre... Feuille... Ci...

- Ciseaux !, s'écria Joie en brandissant sa main.

- Ciseaux... », marmonna Tristesse en tendant sa main.

Les doigts fins et solaires de Joie s'étaient tendus pour former une feuille. Les petits doigts potelés de Tristesse s'étaient fermés une pierre.

- « Gagné !, s'écria Joie en sautant de l'émotion qui l'animait.

- Attends, c'est pas la pierre qui écrase la feuille ?, demanda Peur en feuilletant un épais manuel dédié aux dangers mortels de la cour de récréation.

- La feuille recouvre la pierre, c'est pas compliqué ! , ragea Colère, le crâne crépitant déjà.

- C'est de la triche ! », répliqua Peur en lui lançant son manuel au visage.

Le manuel s'écrasa contre le visage de Colère et flamba presque instantanément. Ne restait plus du livre qu'un petit tas de braises incandescentes qui voletaient autour de la flamme qui irradiait à présent le sommet de la tête de cette émotion volcanique. Colère attrapa alors la cou de Peur de ses grandes et larges mains. Il commença à le secouer comme un prunier. Peur se contorsionna et empoigna la cravate qui pendait autour du cou de Colère et tira d'un coup sec. Dégoût observa la scène, muette : Colère suffoquait sur le sol, Peur, devenu d'un teint pale et violacé s'était enroulé tel un boa constrictor et continuait de tirer sur la cravate.

- « Vous êtes pitoyables, commenta-t-elle.

- L-Lâche-moi..., lança Peur.

- Lâche... d-d'abord, grogna Colère.

- Curieux jeu de la tomate... Je voterai pour vous pour les Darwin Awards. » conclut Dégoût.

Elle observa alors Joie mettre tout son cœur dans les manœuvres du cortex cérébral. L'esprit et le corps agissaient dans une euphorie crépitante. Le tableau de commande était couleur d'or. La joie était palpable, emplissait la moindre cellule, la moindre pensée. Joie usa de ce pouvoir dûment gagné avec honneur. Elle fit durer son règne jusqu'à une heure bien avancée de la nuit. Joie multipliait les dialogues à n'en plus finit, la vie était une aventure qui devait se mener sur tous les fronts.

Colère, alors, prit la main. Il poussa Joie du tableau de bord et empoigna les touches de ses larges mains rouges. Il donna des coups de poings à tort et à travers sur toutes les touches qui passaient à sa portée. Il s'apparentait davantage à un joueur de fête foraine tapant sur les taupes qui sortaient de leur terrier qu'à une émotion du cortex cérébral. Joie tenta de reprendre le contrôle mais force était de reconnaître qu'elle devait bien céder un peu de son monopole gagné avec son acolyte de fortune.

Malheureusement, revint le temps de mettre ce pouvoir en jeu. Peur massait nerveusement les épaules de Tristesse, la coachait tel un jeune rocky qui s'apprêtait à combattre sur le ring.

- « N'oublie pas : on voit son coup dans ses yeux, la briefa Peur. Tu dois brandir ta main tel un upercut ! Ne pas te laisser intimider par ces énergumènes qui ne font qu'attirer des problèmes...

- Mais... Comment je saurais quelle forme choisir... ?, marmonna Tristesse, la larme à l'œil.

- Tu dois le sentir !

- Allez ! Vas-y ! »

Tristesse se tint mollement sur ses jambes. Peur la poussa au centre du cortex. Joie arriva à sa rencontre, sautillante. Derrière elle, Colère, les bras croisés, ricanait déjà. Joie avait paré ses cheveux bleus électriques d'un ruban blanc sur lequel on pouvait lire en lettre rouges : « VICTOIRE POUR JOIE ».

Colère et Peur rejoignirent leur poulain respectif. Ils se lancèrent un regard noir et crièrent en chœur :

« Pierre... Feuille... Ciseaux ! »

D'une rapidité éblouissante, Tristesse dévoila sa main, de laquelle elle avait remonté la manche de son pull épais qui ne la quittait jamais. Joie dégaina sa main.

Une goutte de sueur traça un long sillon le long du visage de Peur qui claquait de nouveau des dents. Colère écarquilla les yeux. Il était si stupéfait, qu'un filet de fumée expira du sommet de son crâne, comme si on avait soudain renfloué le cratère d'un volcan en fusion.

Peur laissa exploser un sentiment qu'on lui connaissait rarement : la joie. Il s'écria, avant que les autres ne puissent le réaliser :

« LES CISEAUX SE CASSENT SUR LA PIERRE. ON A GAGNÉ ON A GAGNÉ ! »

Il fit un tour d'honneur dans le cortex cérébral. Joie regardait, dépité, ses ciseaux formés par son index et son majeur face à la pierre inébranlable de Tristesse composée de ses petits doigts repliés.

« J'ai gagné. », commenta Tristesse, d'une satisfaction modeste.

Sa bouille s'éclaira en même temps que le sourire de Joie fondit.

Peur avait rejoint Colère, un imposant manuel sur les phobies ouvert entre ses doigts violets. Il lut, moqueur :

- « Tu serais pas en train de nous développer une nikèphobie ?

- Une quoi ?

- Une peur de gagner, gloussa Peur en lui collant le livre sous le nez. »

Peur prit les jambes à son cou, gagna une longueur d'avance avant que Colère ne se mette à le poursuivre à toute allure.

Tristesse glissa la guimauve de ses doigts sur les touches du tableau de bord. Un océan de larmes se déversa et colora les commandes du bleu de la tristesse la plus profonde. Les émotions s'entachèrent d'une mélancolie agonisante. Le cortex s'assombrit, l'activité générale se mit à ralentir. Le son grinçant des violons raisonnèrent dans la tête.

L'humeur du cortex était ainsi : aléatoire et imprévisible. Tantôt d'une colère fiévreuse ou d'une mélancolie dévastatrice, les affres de l'un et de l'autre détruisaient le cortex peu à peu...


Trouble bipolaire de type 1

Pour un diagnostic de trouble bipolaire de type 1, les critères suivants d'un épisode de manie doivent être rencontrés. Un tel épisode peut, ou non, avoir été précédé ou être suivi par un ou des épisode(s) de dépression majeure ou d'hypomanie.

* Critères d'un épisode de manie

Une période nettement délimitée d'au moins 1 semaine (ou n'importe quelle durée si une hospitalisation est nécessaire) d'humeur anormalement élevée, expansive ou irritable et d'augmentation anormale de l'activité ou de l'énergie dirigée vers un but, de façon persistante, la plus grande partie de la journée, presque tous les jours.

Au cours de cette période de perturbation de l'humeur et d'énergie ou d'activité accrue, 3 (ou plus) des symptômes suivants (4 si l'humeur est seulement irritable) sont présents à un niveau significatif et représentent un changement notable par rapport au comportement habituel :

- Estime de soi exagérée ou idées de grandeur.

- Besoin réduit de sommeil (p. ex., se sentir reposé après seulement 3 heures de sommeil).

- Plus grande loquacité que d'habitude ou désir de parler constamment.

- Fuite des idées ou expérience subjective que les pensées s'emballent.

- Distractibilité rapportée ou observée (p. ex., l'attention est trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance ou insignifiants).

- Augmentation de l'activité orientée vers un but (sociale, professionnelle, scolaire ou sexuelle) ou agitation psychomotrice (activité sans but).

- Engagement excessif dans des activités à potentiel élevé de conséquences dommageables (p. ex., s'engager dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes ou des investissements commerciaux déraisonnables).

La perturbation de l'humeur est suffisamment sévère pour entraîner une altération marquée du fonctionnement social ou professionnel ou pour nécessiter une hospitalisation (afin d'éviter de se nuire à soi-même ou aux autres), ou il y a présence de caractéristiques psychotiques (idées délirantes, hallucinations et trouble de la pensée formelle).

L'épisode n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une substance (p. ex. substance donnant lieu à abus, médicament ou autre traitement) ou d'une affection médicale générale.

* Critères d'un épisode d'hypomanie

Une période nettement délimitée, d'au moins 4 jours consécutifs, d'humeur anormalement élevée, expansive ou irritable, et d'augmentation anormale de l'activité ou de l'énergie, de persistante, la plus grande partie de la journée, presque tous les jours.

Au cours de cette période de perturbation de l'humeur et d'énergie ou d'activité accrue, 3 (ou plus) des symptômes suivants (4 si l'humeur est seulement irritable) ont persisté, ont représenté un changement notable par rapport au comportement habituel et ont été présents à un niveau significatif :

- Estime de soi exagérée ou idées de grandeur.

- Besoin réduit de sommeil (p. ex., se sentir reposé après seulement 3 heures de sommeil).

- Plus grande loquacité que d'habitude ou désir de parler constamment.

- Fuite des idées ou expérience subjective que les pensées s'emballent.

- Distractibilité rapportée ou observée (p. ex., l'attention est trop facilement attirée par des stimuli extérieurs sans importance ou insignifiants).

- Augmentation de l'activité orientée vers un but (sociale, professionnelle, scolaire ou sexuelle) ou agitation psychomotrice (activité sans but).

- Engagement excessif dans des activités à potentiel élevé de conséquences dommageables (p. ex., s'engager dans des achats inconsidérés, des conduites sexuelles inconséquentes ou des investissements commerciaux déraisonnables).

L'épisode s'accompagne de modifications indiscutables du fonctionnement, qui diffèrent de celui de la personne hors période symptomatique.

La perturbation de l'humeur et le changement dans le fonctionnement sont manifestes pour les autres.

L'épisode n'est pas dû aux effets physiologiques directs d'une substance (drogue prêtant à abus, médicament, ou autre traitement) ou d'une affection médicale générale.

* Critères d'un épisode de dépression majeure

Voir le chapitre 3 pour les critères de la dépression.


Notes :

Le mot « nikèphobie » est un néologisme composé de « nikè » qui signifie « victoire » en grec et de « phobie » qui signifie « crainte, peur » en grec.

La définition du trouble bipolaire provient du DSM-5 (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders).

Les Darwin Awards désignent un concours des mots les plus bêtes.