Bonjour à toi Lecteur,

Merci pour tes encouragements, grâce à eux j'ai pu prendre un peu d'avance dans mon écriture et je te propose ce deuxième chapitre bien plus tôt que prévu... pour que tu puisses en profiter ce week-end.
Je m'excuse des fautes qui trainent par ci, par là... avec ma bêta nous essayons de les chasser mais certaines passent au travers des mailles.

N'hésite pas à me laisser un autre mot doux pour m'encourager, me proposer des idées, relever une incohérence ou quelque chose qui ne te semble pas clair, je réponds toujours (:

Nous quittons un moment Narcissa pour Hermione. Les deux femmes se partageront les chapitres afin de ne pas créer d'incident diplomatique (:

J'ai oublié de le faire la dernière fois mais je remercie vivement ma bêta Snapy49 qui fait un travail rapide et efficace !

Bonne lecture


Un cri terrifié déchira la nuit et Hermione se réveilla en sueur dans son lit. Elle se prit la tête entre les mains et pleura doucement, le corps encore parcouru des frissons de son cauchemar. Toujours le même… Elle se revoyait dans le Manoir Malfoy avec Bellatrix mais cette fois-ci, elles n'étaient pas seules. Un large auditoire était là pour être témoin de sa souffrance : le jeune Colin Crivey, Lavande Brown, Remus, Tonks, Fred et bien d'autres… Tant de visages connus et inconnus qui semblaient se délecter du spectacle de cette insupportable torture. Et plus Hermione criait, plus le sourire mauvais qu'ils affichaient tous s'étendait sur leur visage. Quand Bellatrix finissait de graver son œuvre dans le bras de la jeune femme, Harry surgissait du rang des spectateurs mais au lieu de venir en aide à son amie, il prenait lui aussi goût au sinistre ballet, allant même jusqu'à applaudir la Mangemort après chaque Doloris. N'en pouvant plus, Hermione implorait la mort mais il n'y avait que la douleur se faisait de plus en plus insoutenable sous la baguette de Bellatrix. Tandis qu'elle suppliait, ses parents qui s'ajoutaient aux spectateurs, ne cessaient de lui répéter, d'une voix douce et égale, qu'elle ne devait pas mourir et qu'elle avait amplement mérité ce qui lui arrivait, qu'elle était coupable et que c'était là sa juste punition. Après ce qui lui semblait être des heures de torture, un sort plus douloureux que les autres finissait par la tirer de son cauchemar.

Ce cauchemar était le même, nuit après nuit, depuis qu'elle avait tenté de reprendre une vie normale. Les premiers jours qui avaient suivi celui de la Victoire, Harry, Ron et Hermione ne s'étaient pas quittés. Ce qu'ils avaient vécu était trop fort pour le partager avec quiconque et ils avaient besoin de se retrouver entre eux pendant un temps. Ils passaient pratiquement toutes leurs heures ensemble, jusqu'à dormir dans le même lit tous les trois enlacés. Ron avait été le premier à briser cette bulle, décidant lors de l'enterrement de Fred de rester avec sa famille. Harry et Hermione restèrent encore quelques jours à apprécier le calme de Square Grimmaurd, mais la vie les rattrapa bien vite.

Hermione jeta un coup d'œil à son réveil, 4h30… pas vraiment une heure pour se lever et pourtant elle savait qu'elle ne parviendrait plus à s'endormir. D'un coup de baguette, elle alluma un feu ronflant dans la cheminée, passa une robe de chambre et prit un livre. Elle logeait toujours au Square Grimmaurd en compagnie d'Harry, mais elle veillait à lancer chaque soir un Silencio avant d'aller se coucher pour ne pas le réveiller. Lors de ses premiers cauchemars, Harry arrivait en panique de sa chambre, baguette au poing alors qu'Hermione pleurait à chaudes larmes. Il s'installait alors près d'elle pendant qu'elle lui racontait son rêve. Il passait de longues heures à la rassurer, jusqu'à ce qu'ils finissent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre. Mais la jeune femme s'en voulait d'imposer ça à son ami, d'autant plus qu'elle savait que lui aussi passait de très mauvaises nuits. En effet, pendant ses nuits d'insomnies, elle l'avait entendu gémir et crier dans son sommeil en proie à des cauchemars certainement plus terrifiants que le sien. C'est ainsi qu'elle s'était décidée à insonoriser sa chambre dès qu'elle se mettait au lit.
Elle lut un moment avant de se décider à prendre une douche pour se rendre à Sainte-Mangouste. Avec la guerre, les soigneurs de l'hôpital magique avaient été débordés et avaient activement cherché des sorciers pour les épauler. L'ancienne Gryffondor fut de ceux-là et passa de nombreuses journées auprès des blessés de guerre et d'autres victimes des Mangemorts.

Elle arriva bien avant l'heure dans la salle de repos du personnel de l'hôpital, se prépara un thé noir bien fort et s'installa dans un des moelleux fauteuils en soupirant d'aise. Elle adorait cette salle et l'étrange sérénité qui y régnait, à deux pas seulement des patients. Malgré la mort, le malheur et la maladie, la salle du personnel était un antre de paix qui permettait de penser à autre chose, de rire avec ses collègues, d'être joyeux ou cynique, mais jamais compatissant. Tout le contraire d'un soigneur… juste le temps d'une courte pause. Elle se plaisait vraiment à l'hôpital, elle se sentait utile et pouvait aider les autres. Et elle savait que Sainte-Mangouste était satisfait puisqu'on lui avait proposé de poursuivre son bénévolat dans le service psychiatrique une fois que les victimes de guerre furent moins nombreuses.

Le Professeur O'Brien entra peu de temps après elle et lui adressa un sourire éclatant :

- Alors ma chère Hermione, nous vous manquions tant pendant votre week-end pour que vous soyez là avec plus de deux heures d'avance ?

La jeune femme lui sourit en retour. Le Professeur, à la tête du service psychiatrique, était un grand Irlandais d'une soixantaine d'années, particulièrement imposant. Sa carrure de rugbyman, sa crinière de cheveux cuivrés et sa large barbe y étaient certainement pour quelque chose. Pourtant, son large sourire et ses yeux bleus rieurs démentaient rapidement cette première impression.

- Vous savez à quel point j'apprécie être ici Professeur. lui répondit la jeune femme. Mais il me semble que je pourrais vous retourner le compliment, n'étiez-vous pas censé être en congés ?

- À vrai dire si, mais nous avons accueilli une nouvelle patiente peu après votre départ vendredi soir et je dois dire que son cas est un vrai casse-tête. Elle refuse littéralement de se confier à nous et n'a pas ouvert la bouche une seule fois depuis qu'elle est arrivée. J'ai donc passé le week-end ici pour essayer de la raisonner mais pour l'instant, je ne peux pas dire que ce soit une grande réussite.

Hermione, malgré elle, se sentit coupable. Elle ne passait que peu de week-ends à l'hôpital puisqu'elle les réservait presque intégralement à la recherche de ses parents. Elle restait des heures dans les bibliothèques à rechercher sur internet la moindre trace qu'auraient pu laisser Monica et Wendell Wilkins mais c'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Elle n'avait jamais regretté de les avoir envoyés en Australie mais maintenant qu'elle essayait de les retrouver, elle désespérait de les savoir si bien cachés.

- Une mystérieuse patiente donc ? s'enquit-elle. Je suppose qu'on ne sait pas qui elle est puisqu'elle ne veut pas parler. Je pourrais faire des recherches si vous le souhaitez.

- Bien au contraire jeune fille, on ne la connaît trop bien. Il s'agit de Mrs. Malfoy.

L'ancienne Gryffondor resta un instant pétrifiée, Malfoy comme la célèbre famille de Mangemorts, Malfoy comme les propriétaires du Manoir dans lequel elle avait été torturée

- Vous voulez dire Narcissa Malfoy ? Que s'est-il passé ? poursuivit-elle voyant le Professeur acquiescer. Pourquoi est-elle ici ? Quels sont ses symptômes ? Avez-vous pu établir un diagnostic ?

- Calmez-vous Hermione, vous êtes toute pâle ! Mrs. Malfoy est arrivée après une overdose de potions. Nous ne savons pas si c'est volontaire ou non puisqu'elle refuse de nous parler. À vrai dire, vu son état, l'hypothèse de la tentative de suicide n'est pas à exclure. Elle est complètement catatonique, je ne suis même pas sûr qu'elle nous entende. Il s'interrompit en voyant la jeune femme devenir de plus en plus blanche. Est-ce que tout va bien ?

Hermione hocha positivement la tête, mais le tremblement de ses mains laissait présager le contraire. Elle ne savait pas comment gérer l'information qui venait de la percuter de plein fouet. Elle se leva d'un bond et sortit d'un pas rapide dans le couloir. Il fallait qu'elle la voie de ses propres yeux, sans quoi elle n'était pas sûre de pouvoir gérer la crise d'angoisse qu'elle sentait arriver. Depuis la guerre, le seul nom des Malfoy parvenait à la faire pleurer… Elle n'avait d'ailleurs pas pu accompagner Harry lors du procès de la famille.

Elle se dirigea vers les chambres du fond, où étaient installés les nouveaux arrivants qui n'étaient pas encore diagnostiqués, se retenant à grand-peine de courir. Elle entra, sans prendre la peine de frapper, dans la seule chambre dont la porte était fermée. Hermione ne put empêcher un hoquet de surprise quand elle vit une Narcissa Malfoy famélique installée dans un lit. Cette dernière ne sembla même pas remarquer son intrusion, ce qui ne fut pas le cas de sa collègue, Macha:

- Hermione ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Ne me dis pas que toi aussi tu es venue pour colporter des ragots ?

Au moment où l'infirmière avait prononcé le prénom de la jeune femme, Narcissa avait tourné la tête dans sa direction et avant même qu'Hermione puisse répondre, un flot de haine sortit de la bouche de l'aristocrate :

- Vous ? De quel droit osez-vous être ici ? Ne pensez-vous pas avoir fait assez de mal ? Vous m'avez volé mon fils et mon mari, que voulez-vous encore ? Me prendre le peu de dignité qui me reste ? Sortez ! Je ne supporterai pas votre vue plus longtemps et je ne vous permettrai pas de vous repaitre du spectacle de ma déchéance ! Vous pensez être une héroïne, mais vous n'êtes rien d'autre qu'un démon qui répand la mort et la désolation. Je regrette que ma sœur n'ait pas eu raison de vous !

Hermione sortit en courant de la chambre, retourna vers la salle de repos désormais vide. Les mots de la noble résonnaient douloureusement dans sa tête, et malgré elle, la jeune femme laissa échapper quelques larmes. Elle ne savait si c'était par tristesse, par colère ou simplement par pitié pour l'épave qu'était devenue la mère de son ancien ennemi. Elle se changea prestement et entama sa journée sans adresser la parole à ses collègues, elle avait besoin de se réfugier dans le travail pour éviter de trop penser. C'était devenu un remède quand ses souvenirs la faisaient trop souffrir. Sa journée passa lentement, mécaniquement, et elle dut faire tous les efforts du monde pour rester concentrée sur ses tâches. À la fin de l'après-midi, le Professeur la convoqua dans son bureau et elle s'y rendit en tremblant. Son supérieur allait certainement lui reprochait son attitude étrange de la journée et peut-être même mettre fin à son bénévolat.

- Je vous en prie, installez-vous. Il lui désigna une chaise en face de son bureau, ce qui accentua encore le malaise de la jeune femme. Je dois dire que je ne suis pas surpris Hermione. J'aurais dû me douter que vous connaissiez les Malfoy. Toutefois, je n'aurais pas pu prévoir ce qui s'est passé ce matin.

La jeune femme baissa la tête, honteuse. Elle s'apprêtait à présenter ses excuses, mais le professeur poursuivit :

- C'est extraordinaire ! Voilà trois jours que nous essayons d'arracher le moindre mot à Mrs Malfoy et il suffit qu'elle vous voie pour sortir de sa torpeur… J'aimerais vous faire une proposition.

Celle-ci le regardait, les yeux agrandis par la surprise, et écouta attentivement le professeur.

- J'imagine que vous avez un lourd passif avec la famille Malfoy. Toutefois, vous semblez être la seule à pouvoir aider cette patiente. Il faut absolument l'empêcher de retomber dans sa catatonie, car j'ai peur qu'elle n'y survive pas. Je vous l'ai dit, il est possible qu'elle ait tenté de mettre fin à ses jours, on peut donc supposer une très grave dépression. Et pis, vous l'avez vue… son état de santé est des plus précaires. Vous n'aurez qu'à vous occuper d'elle comme vous le faites avec d'autres patients, mais je pense que votre présence peut l'aider à garder un pied avec la réalité. Je ne sais pas si ce que je vous demande est difficile et je ne veux en aucun cas que cela vous soit pénible. Simplement, réfléchissez-y !

Hermione quitta le bureau de son supérieur et rentra directement au Square Grimmaurd. Ce qui eut le don d'inquiéter Harry :

- Qu'est-ce que tu fais là aussi tôt, je ne t'attends jamais avant 21 h ? Tout va bien ?

- Tu ne devineras jamais qui a été une de mes patientes aujourd'hui.

- Hum… laisse-moi essayer… je dirais, Narcissa Malfoy ?

Hermione lui lança un regard ébahi qui fit rire le Survivant :

- Ne me regarde pas comme ça, je n'ai pas encore hérité du don de divination mais ça a fait les gros titres des journaux. Skeeter est sur le coup. dit-il en désignant la Gazette posée sur la table.

Hermione s'empara du journal et en lut le gros titre :

« Narcissa Malfoy, la femme mangemort tente de mettre fin à ses jours »

Elle parcourut rapidement l'article qui était un mélange d'informations partiellement vraies, d'élucubrations surréalistes et de vieilles rumeurs.

- Est-ce que c'est vrai ? demanda Harry, alors qu'elle reposait la Gazette. Est-ce qu'elle a vraiment essayé de se suicider ?

- Je ne sais pas. Elle ne parle pas. Enfin presque pas… elle a tout de même trouvé la force de me m'adresser quelques civilités.

Et Hermione lui raconta ce qui s'était passé dans la chambre de Narcissa Malfoy, elle lui parla aussi de la proposition du professeur.

- Et qu'est-ce que tu vas faire ?

- Je ne sais pas encore. Tu la verrais Harry, elle est méconnaissable. Je vais y réfléchir comme me l'a demandé le Professeur O'Brien. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée.

- Je comprends… c'est une drôle de famille. Aller viens, allons manger ! Ça fait longtemps que je ne t'ai pas eu sous la main plus de 10 minutes et je compte bien en profiter. J'ai un tas de choses à te raconter.

Leur repas se déroula dans l'ambiance la plus gaie, Harry était ravi de passer du temps avec sa meilleure amie, et ils discutèrent pendant de longues heures.

- Déjà minuit ! s'exclama Harry en regardant sa montre. Il faut que j'aille encore réviser pour mon examen de Potions de demain.

- Ne me dis pas que tu fais encore tout à la dernière minute.

Le Survivant passa une main gênée dans ses cheveux :

- Maintenant que tu n'es plus là, c'est plus difficile de faire ses devoirs.

Hermione lui lança un regard sévère, rapidement contredit par un sourire amusé et soupira :

- Dans ce cas-là, allons-nous coucher.

- Ça fait du bien de passer une soirée avec toi, ça faisait longtemps.

- Je sais… à moi aussi ça m'a fait du bien, je vais essayer de rentrer un peu plus tôt de temps à autre pour qu'on puisse refaire ça plus régulièrement. Et pis inviter Ginny et les autres aussi, j'ai l'impression de ne pas les avoir vu depuis des années.

Les deux amis se séparèrent sur cette promesse et chacun se prépara à affronter ses démons nocturnes.