Bonjour à toi Lecteur !

Le précédent chapitre n'a pas semblé te plaire, j'espère que celui-ci te conviendra davantage ! Nous y retrouvons quelqu'un qui sera très présent dans la suite de cette histoire.
Je n'en dis pas plus et te laisse découvrir la suite !

Merci encore à ma bêta pour son travail et à toi pour tes gentils petits mots !

Bonne Lecture !


Hermione tournait et retournait le problème dans sa tête depuis plusieurs heures déjà, mais pour une fois que son insomnie n'était pas liée à ses terreurs nocturnes, elle n'allait pas s'en plaindre. Elle avait surpris Narcissa Malfoy en train de pleurer, presque sans bruit, en écrivant une lettre et ce spectacle l'avait bouleversée. Plus encore que sa maigreur et sa pâleur maladive, voir pleurer cette femme l'avait touchée plus qu'elle ne pourrait l'avouer, c'est pourquoi elle devait trouver un moyen de l'aider malgré la colère qu'elle ressentait à son égard. La relation entre les deux femmes était difficile, et chaque passage de l'ancienne Gryffondor dans la chambre de la lady se terminait immanquablement par une dispute. Le passif entre les deux femmes était lourd et les remarques qu'elles s'envoyaient sans cesse n'aidaient pas à apaiser les tensions.
Lors du nettoyage de la chambre, elle avait récupéré, dans la corbeille, des dizaines de parchemins, tous adressés à Draco Malfoy. Des débuts de lettres, couverts de larmes, raturés. Certains étaient plus longs que d'autres mais aucun ne faisait mention de son état ou même de sa présence à l'hôpital. L'aristocrate mentait-elle à son fils ? Lui avait-elle écrit depuis son hospitalisation ? Avait-elle finalement réussi à lui envoyer une lettre ?
Tant de questions se bousculaient dans la tête de la jeune femme et l'empêchaient de trouver le sommeil.

Le lendemain matin, elle demanda innocemment à Harry s'il savait où était parti Draco Malfoy.
- Tout ce que je sais, c'est qu'il a fui le pays peu de temps après son procès. Je ne crois pas qu'il soit revenu depuis. Pourquoi ?

- Je crois qu'il lui manque et que ça lui ferait du bien de le voir.

Le Survivant mit un moment à comprendre de qui voulait parler son amie
- Elle va vraiment si mal que ça ?

- C'est pire de jour en jour j'ai l'impression. Selon le Professeur ma présence l'aide à garder un pied dans la réalité même si ça passe par la colère mais franchement je n'ai pas l'impression que ce soit réellement concluant. Elle ne mange toujours pas et elle a l'air si mal en point. J'ai l'impression que sa dépression est entrain de la tuer à petit feu. Tu la verrais Harry… Même si je laporte pas dans mon coeur, j'ai vraiment envie de l'aider.

- Hermione la grande défenseuse des causes perdues !

- Harry… soupira Hermione. "Défenseuse" n'existe pas !

Le jeune homme lui sourit avant de reprendre avec sérieux :

- Tu devrais peut-être lui écrire. À Draco je veux dire ! On pourrait demander à Kings' de nous prêter une chouette du Ministère pour être sûrs qu'elle le trouve. Le Monde Magique peut bien faire ça pour le grand Harry Potter.

Les deux amis éclatèrent de rire. C'était une blague récurrente entre eux, mais aucun des membres du Trio ne profitait réellement de la situation. Même Ron avait refusé de prendre l'argent que le Ministère avait voulu leur offrir.

- Je vais y réfléchir, répondit Hermione en reprenant son souffle. Je file, je vais être en retard.

Elle embrassa son ami sur la joue et transplana à Sainte-Mangouste.

La journée passa, pareille aux précédentes, ponctuée de la dispute quotidienne qu'elle avait avec Narcissa Malfoy, mais le cœur de l'ancienne Gryffondor n'y était pas. L'idée que lui avait donnée Harry le matin même lui trottait dans la tête et plus elle y réfléchissait, plus cela s'imposait comme l'unique solution, le dernier espoir de rémission de sa patiente.
Elle rentra tôt ce soir-là, profitant de sa soirée avec Harry et George qui était passé les voir.

- Tu as l'air en meilleure forme, lui avait-il dit en la prenant dans ses bras. Tu devrais passer au Terrier un dimanche midi, maman serait vraiment contente de te voir.

- J'y songerais. Elle savait qu'elle n'irait pas, il était encore trop tôt pour le moment.

George semblait se remettre doucement de la mort de son jumeau et même si un voile de tristesse couvrait constamment ses yeux, il arrivait de nouveau à rire.

Au moment de se coucher, la décision d'Hermione était prise. Elle allait écrire à Draco bien que cela lui coûtait, elle essaierait d'aider Narcissa Malfoy. Elle s'endormit forte de cette idée mais le cauchemar la tira rapidement de son sommeil… "3:20" lui indiquait son réveil, au moins cela lui laisserait le temps d'écrire sa lettre. Elle espérait de tout cœur que c'était une bonne idée. Elle n'en avait pas parlé au Professeur. Le connaissant, il aurait été un peu trop emballé et aurait sûrement écrit le courrier lui-même. La jeune femme pensait que c'était mieux si elle le faisait elle-même, c'était certainement plus agréable de recevoir ce genre de nouvelles d'une personne que l'on connaissait plutôt que d'un parfait étranger.

"Draco, commença-t-elle. C'était bien la première fois qu'elle l'appelait par son prénom mais la situation semblait l'exiger.
Peut-être es-tu au courant mais ta mère est actuellement hospitalisée à Sainte-Mangouste où je travaille. As-tu eu de ces nouvelles récemment ?
Je ne peux pas te donner plus de renseignements mais tu peux t'adresser au Professeur O'Brien, le chef du service.
Hermione Jean Granger"

C'était court mais elle ne savait pas exactement ce qu'elle pouvait lui dire, ne souhaitant pas briser le secret médical. Narcissa Malfoy était à l'hôpital, ça faisait encore les choux gras de la presse sorcière et ce n'était plus vraiment un secret, mais elle ne pouvait en révéler plus sur son cas.
Elle laissa la lettre sur la table à l'attention d'Harry, pour qu'il puisse l'envoyer grâce à l'une des chouettes du Ministère. Elles étaient spécialement dressées pour trouver leur destinataire coûte que coûte, où qu'il puisse être. Seuls ceux qui étaient cachés par de puissants sortilèges pouvaient leur échapper.

Quelques jours passèrent avant qu'Hermione n'ait enfin la réponse tant attendue. Un magnifique hibou Grand Duc était venu la trouver alors qu'elle déjeuner avec Macha. L'animal s'était posé sur le rebord de leur table, en plein milieu du réfectoire et lui avait tendu nonchalamment la patte. Même les hiboux Malfoy étaient hautains se dit-elle en délivrant l'oiseau de son courrier.

- Ton ami doit avoir les moyens. lui avait dit Macha en désignant le hibou. J'ai rarement vu un oiseau aussi beau !

- Je ne pense pas que ce soit un ami.

- Un admirateur alors ?

Hermione avait éclaté de rire à cette phrase, s'attirant une nouvelle fois le regard du réfectoire entier.

- Certainement pas ! Une simple connaissance scolaire…

Macha n'avait pas poussé plus loin son questionnement. C'était d'ailleurs ce que l'ancienne Gryffondor appréciait le plus chez sa collègue, son absence totale de curiosité.

Une fois seule, la jeune femme se pencha sur le parchemin de Malfoy :

"Granger,
Qu'est-ce que c'est cette histoire ?
Ma mère m'a contacté récemment pour prendre des nouvelles et ne disait pas souffrir du moindre mal !
Cependant ses lettres sont de plus en plus courtes et de plus en plus impersonnelles.
Pouvons-nous nous rencontrer ? Je serai à Londres le 30 octobre ! Donne-moi juste une heure et un lieu !
D.M.
PS : Archimède attendra la réponse avant de partir, il sait où me trouver"

Hermione fronça les sourcils, le 30 octobre, était la semaine prochaine… Elle n'avait pas du tout prévu de voir l'ancien Serpentard et cette perspective ne l'enchantait guère. Ne pouvait-il pas contacter le Professeur comme elle l'avait suggéré ? Elle aurait dû laisser à son chef de service la corvée de contacter l'héritier Malfoy. Elle n'aurait jamais dû écouter Harry. Mais à quoi avait-elle pensé ? L'image de la lady entrain de pleurer doucement dans sa chambre lui revint en mémoire et elle soupira. Elle détestait cette famille et tout ce qui s'y rattachait mais elle ne pouvait pas la laisser comme ça. Et elle devait s'avouer que depuis qu'elle passait régulièrement voir l'ancienne Serpentard, Hermione s'était endurcie. Elle faisait toujours ce même cauchemar, nuit après nuit, mais le Manoir Malfoy n'avait plus cet aspect aussi lugubre, comme si la fragilité de Narcissa Malfoy lui avait enlevé son pouvoir terrifique.
Elle verrait donc Draco Malfoy, pour le forcer à aller voir sa mère, elle savait au fond d'elle que c'était ce dont avait besoin la lady pour s'en sortir. Elle lui répondit en ce sens et lui donna rendez-vous dans un pub d'une ruelle adjacente au Chemin de Traverse, qu'elle savait peu fréquenté. Au moins ils seraient tranquilles.

Les jours passèrent vite, beaucoup trop vite selon Hermione mais à chaque fois qu'elle entrait dans la chambre de Narcissa Malfoy elle savait qu'elle avait pris la bonne décision. Lorsque le 30 octobre arriva, elle n'y tenait presque plus et espérait expédier cette corvée au plus vite. La journée passa à la fois trop rapidement et trop lentement, et dès la fin de son service, elle transplana dans le pub. Elle avait un bon quart d'heure d'avance et Malfoy n'était pas encore là. Tant mieux, ça lui laisserait le temps de remettre ses idées en place. Elle alla s'installer à une table reculée et commanda une Bieraubeurre à la cannelle. À 18h pile, la porte du pub s'ouvrit sur Draco Malfoy qui semblait embarrassé. Il fouilla l'endroit des yeux mais ne sembla pas la reconnaître. Il est vrai qu'elle avait changé depuis la fin de la guerre, déjà les mois de privation à chercher les Horcruxes l'avaient amincie mais la tendance s'était poursuivie par la suite. Elle était très mince - trop, aurait dit Harry ou Molly - mais le changement le plus remarquable c'était ses cheveux. Elle avait tout coupé et opté pour une coupe très courte à la garçonne. Cela avait le double avantage de ne pas l'embêter pendant son travail et de lui permettre un certain anonymat.
Voyant que Malfoy était toujours à sa recherche, elle se demanda un moment si elle n'allait pas le laisser planter là, avant de lui faire un signe de la main.

- Eh bien on peut dire que tu as changé Granger. lui dit-il en guise de salutations.

- Toi pas ! Toujours aussi antipathique !

Il soupira avant de s'asseoir sur la chaise en face de la jeune femme.

- Es-tu sûre que cet endroit est adapté à notre conversation ?

- Si tu préfères l'avoir en plein milieu du Chemin de Traverse on peut y aller. Ce n'est pas comme si personne n'était au courant.

- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

- Eh bien… l'hospitalisation de ta mère a fait la une pendant bien une semaine. Il semblerait qu'il y ait eu des fuites à Sainte-Mangouste… Je suis désolée, je pensais que tu avais lu la presse en arrivant en Angleterre.

Il secoua négativement la tête et demanda nerveusement :

- Comment va-t-elle ? Qu'est-ce qu'elle a ?

- Je ne vais pas te mentir Malfoy, ta mère est assez mal en point. Tu sais que je ne peux pas t'en parler, il faudrait que tu voies le Professeur. Tu restes longtemps en Angleterre ?

- Je ne sais pas, dit-il en haussant les épaules. Un jour ou deux, le temps de savoir ce qu'il se passe.

- Je pense qu'il faudrait vraiment que tu la voies, ça lui ferait du bien.

- Qu'est-ce tu en sais Granger ? Elle est peut-être bien mieux sans moi. Tu ne veux vraiment pas me dire ce qu'elle a ?

- Je t'ai dit, je suis tenue au secret même pour la famille mais si tu vas la voir et que tu rencontres le Professeur, il répondra certainement à tes questions.

- Certainement ? Il a plutôt intérêt à le faire ! Allons-y ! Dit-il en se levant. Je veux savoir ce qui se passe.

Heureusement que le Professeur était de garde ce soir, Malfoy aurait eu du mal à attendre jusqu'au lendemain. En le suivant dans la rue, elle voyait nettement la tension dans ses épaules, malgré l'air nonchalant qu'il essayait de donner à sa démarche. Ils arrivèrent rapidement à l'hôpital magique, sans que l'un d'eux n'ait prononcé un mot de plus. Une fois sur place, Hermione le guida dans le dédale des couleurs jusqu'au bureau du Professeur O'Brien. Lorsqu'ils y entrèrent, celui-ci était plongé dans un épais dossier mais ses yeux s'équarquillèrent quand il reconnut ses deux visiteurs.

- Monsieur Malfoy ! Quelle excellente surprise ! Il jeta un regard en biais à Hermione mais ne dit rien de plus.

- J'aimerais savoir ce qui arrive à ma mère. déclara l'ancien Serpentard sans s'embarrasser de politesse.

- Je m'en doute. Je ne suis normalement pas autorisé à en parler sans l'avis de ma patiente mais il s'avère que je suis certain que votre présence l'aidera dans la voie de la guérison. Votre mère souffre de dépression.

- Comment ça dépression ? Je croyais qu'elle était malade.

- Mais la dépression est une maladie. Et dans le cas de votre mère, elle est même extrêmement grave puisqu'elle refuse de se nourrir et de communiquer. Il n'y a qu'Hermione qui parvienne à la sortir de sa catatonie.

- Mais pourquoi ne m'en a-t-elle pas parlé ? Elle m'écrit régulièrement et n'a jamais rien dit…

- À vrai dire, nous pensons qu'elle est dans le déni le plus total. Les rares fois où elle nous parle, elle finit toujours par dire qu'elle n'est pas malade.

- Mais peut-être qu'elle ne l'est pas alors. Peut-être que vous vous trompez. Il faut peut-être tout simplement la laisser tranquille…

Le ton de Malfoy était de plus en plus désespéré, de plus en plus pressant.

- Je pense qu'il vaudrait mieux pour vous de la voir. Vous comprendrez plus facilement qu'il est difficile de se tromper dans ce cas. lui répondit calmement le Professeur.

Le jeune homme hocha sèchement la tête, pourtant toute trace d'arrogance avait quitté ses traits. Il ressemblait à tous les petits garçons apeurés à l'idée de perdre leur mère, pensa Hermione.

- Bien ! Je pense que c'est mieux que vous y alliez seul. Hermione et moi allons vous accompagner jusqu'à sa chambre et nous attendrons à l'extérieur. Soyez doux avec elle, ne la brusquez pas !

Tous les trois sortirent du bureau et se dirigèrent vers la chambre de Narcissa Malfoy. L'ancienne Gryffondor ne pouvait s'empêcher de jeter des coups d'œil inquiets au jeune homme. Il semblait très agité et ne cessait de presser nerveusement la main sur son bras droit. Lorsqu'ils arrivèrent devant la chambre, elle le vit prendre une grande inspiration avant de frapper trois coups très légers. Il ouvrit lentement la porte et le fier Draco Malfoy murmura d'une voix si faible qu'Hermione crut un moment l'avoir rêvé, un tremblant "Maman".