Bonjour à toi Lecteur,
Non je ne t'ai pas oublié, mais l'inspiration se fait diffcile ces derniers jours et j'ai eu beaucoup de mal à donner à ce chapitre la tournure que je voulais. Par ailleurs, ma vie étant des plus remplies, je trouvais difficilement le temps d'écrire.
Mais voici ce chapitre, qui j'espère ne te décevra pas =)
Bonne Lecture !
Elle n'entendit pas les trois coups légers frappés à la porte de chambre, pas plus qu'elle ne remarqua ladite porte s'ouvrir, toutefois le mot "Maman" à peine chuchoté la frappa en pleine poitrine. Son cœur se serra et l'espoir emplit tout son être en répandant sa douce chaleur. Elle tourna la tête et le vit. Son fils. Plus beau que jamais. Elle ferma les yeux refusant de croire à ce bonheur tant de fois rêvé mais quand elle les rouvrit, il était toujours là !
- Draco ! murmura-t-elle.
Le jeune homme s'approcha du lit et embrassa la main qu'elle lui tendait. Elle aurait voulu tellement plus, le prendre dans ses bras, le serrer jusqu'à l'étouffement, lui dire à quel point elle l'aimait mais elle se contenta de garder sa main dans la sienne.
- Comment vas-tu mon fils ?
- Ce serait plutôt à moi de vous poser cette question. Les médecins disent que…
- Les médecins ont tort et se mêlent de ce qui ne les regardent pas. Ils me gardent ici contre mon gré, pour d'obscures raisons.
- Mère, vous avez extrêmement maigri. Vous semblez réellement mal en point, peut-être devriez-vous les écouter.
Narcissa sentait sur elle le regard inquiet de son fils, comme s'il craignait qu'elle ne se brise à chaque instant. Un autre sentiment, plus tenu mais plus dangereux que la peur, couvrait parfois son regard, la culpabilité.
- Mon garçon, la nourriture de cet hôpital est exécrable, je ne peux vraiment rien avaler.
- Pourquoi n'appelez-vous pas Dipsy ou Drarry dans ce cas ? Et par Merlin pourquoi ne m'avez-vous pas écrit pour me parler de votre état ?
- Ce n'était qu'un tout petit malaise. Les soigneurs en ont fait un monde mais je ne suis pas malade.
Elle voyait dans le regard de Draco qu'il ne la croyait pas. Mais elle se sentait si bien à présent qu'elle ne comprenait pas pourquoi tout le monde s'évertuait à dire qu'elle était malade.
- Mais assez parler de moi ! reprit-elle. Que fais-tu à Londres ?
- Je suis venu pour vous voir. J'ai eu vent de votre hospitalisation et je voulais m'assurer que vous alliez bien.
- Qui te l'a dit ? voyant son fils hésiter, elle reprit. Ce n'est pas important. Comptes-tu rester longtemps ?
- Quelques jours tout au plus. Maintenant que je suis assuré que vous n'avez rien. ajouta-t-il en lui lançant un regard suspicieux.
Elle avala la boule de tristesse qui se formant déjà dans sa gorge. Si peu de temps, elle avait espéré qu'il reste un peu plus longtemps, qu'il retourne avec elle au Manoir.
- Où vis-tu en ce moment ?
- Toujours à Milan, mère. Cette ville me plait beaucoup, j'y ai véritablement trouvé une place.
Et il lui parla longuement de Milan, de sa vie là-bas, des gens qu'il y avait rencontrés et Narcissa l'écoutait avec le plus grand intérêt. Elle était si heureuse de l'avoir près d'elle. Toutefois, elle sentait son inquiétude et de ce fait, elle savait qu'il ne lui disait pas tout. Au bout d'un temps bien trop court à son goût, l'ancienne Gryffondor fit irruption dans la bulle de sérénité qu'elle s'était construite avec son fils.
- Je suis désolée Mrs. Malfoy, mais il est plus de 23h et l'heure des visites est passée depuis longtemps. Nous avons fait une exception mais il faut vraiment que vous vous reposiez.
La Lady allait répliquer mais Draco se leva.
- Elle a raison, Mère, vous avez l'air épuisée et il faut vous reposer. Demain je vous apporterais un repas de ce petit restaurant français que vous aimez tant. Nous déjeunerons ici !
Son ton était sans appel et Narcissa ne put qu'acquiescer. Il l'embrassa sur le front et quitta la chambre.
Draco revint le lendemain avec le repas promis, et elle se força à manger sous l'œil vigilant de son fils. Une fois encore, il lui parla de tout et de rien. Quelques jours passèrent ainsi, ponctués par le passage d'Hermione Granger, du Professeur roux et de Macha, l'infirmière russe dont elle se rappelait finalement le prénom. Narcissa reprenait des forces, les repas qu'elle mangeait avec Draco lui faisaient reprendre du poids mais surtout, la présence de son fils éloignait la tristesse.
Mais ce bonheur fugace ne dura pas. En effet, pendant qu'ils prenaient leur thé, le jeune homme avait fait mention à son départ prochain. Ce fut de trop pour la Lady, après ce court répit qui lui avait été accordé. Retomber dans la solitude et la tristesse lui était impensable, et la crise la prit. Elle se mit tout d'abord à pleurer doucement, sous le regard effrayé de son fils qui n'avait jamais vu de larmes sur ce visage d'ordinaire si impassible. Quand les sanglots se firent de plus en plus forts, il était perdu mais il ne pouvait se résigner à appeler une infirmière, sa mère n'aurait pas voulu qu'on la voie dans cet état. Il lança un Silencio sur la porte pour être certain que personne ne puisse l'entendre. Cependant, quand elle se mit à hurler tout en arrachant les perfusions de son bras, il sut qu'il ne pourrait rien faire et envoya son patronus à l'ancienne Gryffondor. Elle arriva en courant dans la minute qui suivit, elle ne s'attendait pas à un tel spectacle. Elle lança un regard courroucé à Draco qui bégayait, tentant de lui expliquer ce qui s'était passé.
- On discutait et… et d'un coup… je ne sais pas ce qui s'est passé… elle… elle s'est mise à pleurer... pis à hurler… je… je ne savais pas quoi faire… je ne l'ai jamais vu comme ça
- Elle est malade, Draco. lui répondit sèchement la jeune femme en tentant de calmer sa patiente. Sors ! Je ne peux rien faire si tu es là !
Le Serpentard obéit, il croisa dans le couloir le Professeur et plusieurs infirmières qui se dirigeaient vers la chambre de sa mère. Il resta longtemps prostré sur une chaise, dans l'attente. Les Aurors postés devant la porte pour garder sa mère lui jetaient de fréquents coups d'œil mais aucun d'entre eux n'osait lui dire quoi que ce soit. Il vit Granger sortir et s'entretenir un moment avec eux, avant qu'elle vienne s'assoir à ses côtés, lui posant gentiment la main sur l'épaule. C'est ce contact qui le ramena à la réalité. Il se tourna vers elle et plongea ses yeux couleur d'orage dans ceux de la jeune femme. Il y lut une tristesse insondable et prit peur.
- Je t'en supplie Granger, dis-moi qu'elle n'est pas morte ! sa voix était remplie de larmes.
- Non elle n'est pas morte, mais son état est critique. Le Professeur O'Brien aimerait te voir dans son bureau si tu es d'accord.
Il hocha la tête et se laissa entraîner par la jeune femme.
- Mr. Malfoy, le salua gravement l'Irlandais. Avant tout, j'ai besoin de savoir ce qui s'est très exactement passé avant qu'elle n'ait sa crise.
Draco lui raconta la conversation qu'ils avaient eue dans ses moindres détails.
- Je crains malheureusement que c'est l'annonce de votre départ qui a mis votre mère dans cet état. Je ne vais pas vous mentir, sa santé est précaire et la crise a dévoré les maigres forces qui lui restaient encore. Nous avons dû la plonger dans un coma artificiel pour la stabiliser mais nous sommes très inquiets.
- C'est donc de ma faute si elle est comme ça ? demanda amèrement le jeune homme.
- Ce n'est absolument pas de votre faute mais votre mère n'arrive plus, semble-t-il, à gérer ses sentiments. Quand on sait ce qu'elle a vécu ces dernières années, je pense que c'est plutôt compréhensible.
- Compréhensible ? gronda Draco. Vous trouvez que ma mère était dans un état compréhensible il y a quelques minutes ?
Il se prit la tête dans les mains et respira pour tenter de se calmer. Il sentit la main de Granger dans son dos et, bien qu'il ne comprit pas pourquoi, cela l'aida à s'apaiser.
- Votre mère a fait une crise d'hystérie. En soit, cela n'est pas grave mais elle est trop faible pour en supporter les conséquences. Nous avons essayé de l'aider mais elle refuse sa maladie.
- Mais elle allait bien quand elle était avec moi !
- Je pense que c'est ce qu'elle essayait de vous faire croire, et tout en y croyant elle-même. Votre présence lui a permis de tenir son chagrin à distance, mais puisqu'elle refuse son statut de malade, elle ne peut pas guérir. Cette phase de déni est fréquente chez les patients souffrant de dépression mais votre mère l'a poussée à son extrême.
- Et que dois-je faire ?
Le Professeur lui échangea un regard avec la Gryffondor qui se tenait toujours à côté du jeune homme.
- À vrai dire, c'est plutôt compliqué. Miss Granger l'aidait à garder un pied dans la réalité à cause des souvenirs auxquels elle était rattachée. Vous, vous lui avez apporté une perspective d'avenir mais votre départ proche la terrifie. Ce n'est pas votre faute, mais je pense qu'en raison de sa maladie votre mère a développé un sentiment de dépendance à votre égard…
- Vous pensez que je dois rester avec elle ? Cela l'aiderait ? Je peux le faire, rien d'aussi important ne me retient là où je vis actuellement.
- Je vous l'ai dit, Mr. Malfoy, la situation est très compliquée. Il est certain que votre présence aiderait votre mère sur le court terme mais cela ne ferait que renforcer sa dépendance. De plus, ce n'est pas une vie pour vous non plus. Bien que je comprenne votre volonté d'aider votre mère, il faut penser à vous également. La dernière guerre ne vous a pas épargné et je pense que vous avez vos propres plaies à panser.
- Si je peux me permettre, les interrompit la jeune femme, je pense qu'il faut que Draco utilise le pouvoir qu'il a sur sa mère pour l'aider à guérir. Une sorte de chantage. reprit-elle devant le regard intéressé du Professeur. Il pourrait venir la voir de temps en temps et en contrepartie, réussir à lui faire admettre sa maladie et surtout qu'elle nous laisse lui venir en aide.
- C'est une bonne idée. intervint Draco après quelques instants de réflexion. Toute Serpentard qu'elle est, ma mère n'aura pas le choix d'accepter. Si tant est qu'elle se réveille un jour…
- Elle se réveillera. Le coma dans lequel nous l'avons plongée n'est que momentané. Je pense que ce n'est qu'une question de jour, une semaine tout au plus. Je vais réfléchir à la proposition d'Hermione mais je pense qu'à moins d'un miracle nous n'avons pas d'autre solution.
Sur ces mots, le Professeur les laissa dans son bureau et les deux anciens ennemis se regardèrent, gênés par cette étrange proximité que la situation avait fait naître entre eux.
- Tu devrais aller te reposer, Draco. La nuit porte conseil et nous parviendrons à trouver la meilleure solution pour aider ta mère.
Elle quitta la pièce, le laissant seul avec ses pensées. Il ne pouvait se résoudre à laisser sa mère seule et alla donc la rejoindre.
- Mère, je ne sais pas si vous m'entendez mais il faut vous battre. J'ai toujours admiré votre force et votre droiture, vous ne pouvez pas abandonner maintenant. S'il-vous-plait Mère, restez avec moi, je serai perdu sans vous.
Et il passa la nuit à ses côtés, à lui parler, lui caressant tendrement le front. Lorsque Granger arriva aux premières heures du jour, elle le trouva toujours auprès de Narcissa. Elle s'assura d'un sort que les constantes de sa patiente étaient satisfaisantes et changea la poche de sérum magique.
- Pourquoi fais-tu cela ? lui demanda soudainement le blond, la faisant sursauter. Pourquoi tu t'occupes d'elle comme si son sort t'importait ?
- Son sort m'importe, Malfoy. Elle est une de mes patientes et si je peux faire quoi que ce soit pour l'aider, je le ferai.
- Malgré ce que ma famille t'a fait subir et ce que nous pensons de toi ?
La jeune femme sourit distraitement.
- Harry appelle ça le syndrome du Saint-Bernard. Toujours le besoin d'aider son prochain et… ça me permet de ne pas penser. murmura-t-elle pour elle-même.
Draco hocha la tête, il comprenait ce qu'elle voulait dire. Les jours s'égrainèrent ainsi, il passait tout son temps avec sa mère et la plupart du temps c'était Hermione qui venait s'occuper de ses soins. Ils parlaient peu, ce n'était pas nécessaire.
Par un froid matin de novembre, alors que Draco racontait ses plus beaux souvenirs d'enfance à sa mère, il sentit que la main qu'il avait dans la sienne resserrait sa prise. Il en avertit aussitôt Hermione, qui arriva accompagnée du Professeur.
- Je crois qu'elle m'a serré la main.
Les deux soigneurs vérifièrent les constantes, et effectivement Narcissa semblait plus réceptive à ce qui l'entourait.
- Il faut la stimuler ! leur dit le Professeur. Dites-lui des choses qui pourraient l'aider à reprendre pied.
Mais Draco était bloqué, il y avec trop de gens autour de lui pour qu'il puisse parler librement à sa mère. La jeune femme prit alors les choses en main :
- Si j'ai pris sur moi de faire revenir votre fils malgré ce que votre famille m'inspire, vous pourriez au moins faire l'effort de vous battre. Je ne suis peut-être qu'une Sang-de-Bourbe à vos yeux mais je refuse d'avoir fait tout cela pour rien ! La guerre nous a tous ébranlés, d'une manière ou d'une autre, je me suis battue, j'ai été torturée, j'ai perdu des amis, des proches. Ce n'est pas pour que des sorciers se laissent mourir sottement dans un lit parce que leur vie les fatigue. Vous ne savez même pas apprécier la chance d'avoir autour de vous ceux que vous aimez et qui vous aiment en retour. Alors, au nom du sang Black qui coule dans vos veines, battez-vous Narcissa Malfoy ! Revenez et montrez-nous la grandeur des Malfoy à laquelle vous tenez tellement !
Après sa tirade, la Gryffondor était essoufflée, le visage rouge mais l'argument semblait avoir fait mouche, le visage de la Lady semblait s'agiter. Ses sourcils se fronçaient régulièrement et sa bouche se tordait dans un étrange rictus, quand soudainement ses yeux papillonnèrent et finirent pas s'ouvrir.
- Mère ! s'exclama Draco.
- On peut dire que vous nous avez causé une belle frayeur ! lui dit le Professeur.
Narcissa les regarda un par un, quand ses yeux s'arrêtèrent sur Hermione Granger, elle lui murmura d'une voix faible :
- Miss Granger, Sang-de-Bourbe a toujours été un mot extrêmement barbare et ce n'est pas parce que vous m'êtes inférieure que je vais vous autoriser à l'utiliser !
