Bonjour à toi Lecteur,
Encore toutes mes excuses pour ce temps d'attente, mais j'ai du mal à trouver l'inspiration et j'ai eu un mois de juin des plus occupés ! D'autant que je suis allée aux Studios à Londres et franchement je te le conseille si tu n'as pas eu l'occasion d'y faire un tour. C'était vraiment géniallisime !
Mais trève de bavardage, tu semblais très content de la réaction de Narcissa et j'espère que la suite te plaira également !
Bonne lecture !
Narcissa Malfoy se remettait lentement sous le regard attentif d'Hermione mais aussi de son fils qui venait la voir tous les jours. L'ancienne Gryffondor et lui s'étaient mis d'accord sur le fait de ménager la lady afin de ne pas lui faire plus de mal que de bien, en mettant en place leur stratagème trop tôt. Pour l'instant, il était surtout question qu'elle reprenne des forces en se nourrissant convenablement. Dipsy, la petite elfe qu'Hermione avait trouvée particulièrement adorable, avait été mise à contribution et se réjouissait de pouvoir de nouveau régaler sa maîtresse. Draco prenait sur lui pour ne pas montrer son impatience mais la jeune femme voyait bien qu'il rongeait son frein. Il voulait repartir à Milan, et vu les regards malveillants de ses collègues, elle pouvait le comprendre.
Au bout de dix jours, ils décidèrent, avec l'accord du Professeur de mettre l'aristocrate au courant des conditions dans lesquelles elle pourrait revoir son fils. Ce dernier, ne souhaitant pas affronter sa mère seul, demanda à Hermione de l'accompagner, une étrange proximité s'était créée entre eux avec les récents événements.
Lorsqu'ils pénétrèrent dans la chambre, elle était en train de se faire coiffer par son elfe.
- Mère, j'ai besoin de vous parler.
Elle hocha brièvement la tête, mais on pouvait lire son inquiétude.
- Je suis vraiment content que vous alliez mieux, et Père également. En revanche, j'aimerais vous reparler de mon départ.
Il se tut un moment. Hermione voyait bien son embarras mais elle remarquait surtout la posture de Narcissa Malfoy. Cette dernière était raide, les lèvres pincées mais elle ne pouvait empêcher ses larmes de déborder.
- Est-ce que l'infirmière pourrait sortir ? demande-t-elle d'un ton qu'elle voulait sec.
- Non Mère, j'aimerais qu'elle reste pendant cette conversation. Et s'il vous plaît, ne pleurez pas ! Je ne veux pas vous semblez rude mais vous êtes malade, et j'aimerais vous voir aller mieux.
Sa mère ouvrit la bouche pour lui répondre mais il ne lui en laissa pas le temps.
- Et ne me dites pas que vous n'êtes pas malade. La scène à laquelle j'ai assisté en est une preuve suffisante. Père attend d'ailleurs des explications…
- Comment Lucius est-il au courant ?
- J'ai pris la liberté de l'informer de l'état réel de sa femme ! Mère je vous en prie, cessez de vous voiler la face, pour moi, pour Père.
- Je ne suis pas réellement malade. C'est simplement si dur au Manoir sans vous. Mais je vais me reprendre, il faut simplement que les soigneurs me laissent sortir d'ici.
Draco secoua la tête, dépité, et Hermione sut que la partie était loin d'être gagnée.
- Soyons clairs, Mère. Étiez-vous réellement mieux au Manoir ? Dans ce cas, pourquoi vous gaviez-vous de potions et refusiez-vous les repas des elfes ? asséna-t-il sèchement alors que Narcissa hochait la tête.
Je vais partir, je vous l'ai dit… mais je pourrais revenir vous voir régulièrement si vous coopérez avec les soigneurs afin qu'ils vous guérissent. Je vais vous laisser vous reposer et y réfléchir. Je reviendrais dîner avec vous ce soir et nous en reparlerons.
Son ton était sans appel, et l'ancienne Gryffondor était presque choquée de la froideur avec laquelle il s'était adressé à sa mère. En un instant, il était redevenu le Draco Malfoy qui l'avait martyrisée pendant ses années à Poudlard.
- C'est votre idée n'est-ce pas ? C'est pour cela qu'il voulait que vous soyez présente ?
- Mrs. Malfoy, votre fils ne vous veut que du bien. Il s'inquiète pour vous et est prêt à tout pour vous aider à guérir.
- Mais il m'aide en restant à mes côtés. Je n'ai pas besoin de Sainte-Mangouste. J'ai simplement besoin de mon fils !
- Il vous aide c'est certain mais vous ne pouvez l'obliger à passer sa vie à vos côtés. Réfléchissez à ça, vous trouvez normal de ne pouvoir vous passer de lui ? Cette dépendance n'est pas saine et il faut la combattre, tout comme vous devez combattre la dépression.
- JE NE SUIS PAS MALADE ! cria l'aristocrate alors qu'Hermione quittait la pièce.
Le chemin serait bien long jusqu'à la guérison.
Le soir même, elle reçut un hibou de Draco.
"Mère a fini par accepter les conditions que j'ai mises en place. En revanche, elle est toujours persuadée de ne pas être malade, et va accepter les soins uniquement à cause du chantage. À vous de faire votre travail !
Je quitte l'Angleterre ce soir et reviendrais certainement la semaine prochaine. Fais attention à elle !
D. M."
Elle soupira, Narcissa Malfoy n'allait certainement pas être une patiente facile mais si au moins elle avait retrouvé un peu l'envie de se battre, on pouvait espérer qu'elle finisse par guérir. Quoi qu'il en soit, Hermione ne la reverrait pas avant le lundi, elle avait bien l'intention de profiter de son week-end pour faire le maximum de recherches.
Après des heures et des heures passées sur l'ordinateur de la petite bibliothèque, elle se leva d'un bond en faisant tomber sa chaise, ce qui lui valut les regards désapprobateurs des personnes présentes. Elle avait trouvé ! Ce n'était pas grand-chose, juste un petit article de quelques lignes qui parlait de l'équipe de Croquet d'une petite bourgade, et dont Wendell Wilkins faisait partie. Elle était sûre qu'il s'agissait de son père, la photo ne pouvait pas mentir. Elle sortit à grands pas de la bibliothèque et transplana au bureau des Portoloins internationaux. Elle réussit à avoir la dernière place pour Melbourne, départ 17:15, ce qui lui laissait moins d'une heure pour écrire à Harry et au Professeur pour les prévenir de ses prochains jours d'absence.
Elle était si heureuse, elle les avait enfin retrouvés mais c'était quand même étrange qu'ils aillent se perdre à Wangaratta alors qu'elle les avait envoyés à Canberra.
Une semaine plus tard, Hermione entra dans la cuisine de Square Grimmaurd le visage fatigué et des larmes plein les yeux. Harry et Ginny se levèrent et enlacèrent leur amie. Ce n'était pas la première fois que cette scène se déroulait.
- Je suis désolé Hermione, lui murmura le Survivant. Mais tu finiras par les retrouver, il ne faut pas se décourager.
Le jeune femme éclata en sanglots.
- Cette fois-ci je ne les retrouverais pas. Ils ont quitté l'Australie… Je ne sais pas ce qui s'est passé avec mon sort, ils auraient dû rester à Canberra et au lieu de ça ils sont Merlin seul sait où…
- Calme-toi Hermione, lui dit gentiment Ginny en lui caressant le dos. Il est peut-être temps de déléguer les recherches à quelqu'un d'autre, un professionnel je veux dire.
- Mais j'ai englouti mes dernières économies dans ce voyage, j'étais tellement sûre de les retrouver. Je n'ai pas de quoi m'offrir les services d'un détective.
- Laisse-moi t'offrir ce cadeau dans ce cas, lui répondit Harry. Après tout ce que tu as fait pour moi, je veux dire c'est de ma faute si tu en es là.
- Non ! Tu fais déjà tellement pour moi. Je ne pourrais accepter un tel cadeau.
- Tu sais que je le ferais avec ou sans ton accord Hermione, mais je pense que ce serait plus simple si tu parlais toi-même au détective. Tu veux vraiment renoncer à tes parents pour une question de fierté mal placée ? Au pire tu n'as qu'à te dire que c'est ton cadeau de Noël !
L'ancienne Gryffondor le regarda piteusement avant de se remettre à pleurer. Ses amis étaient extraordinaires et elle ne pourrait certainement jamais assez les remercier de prendre soin d'elle comme il le faisait.
Lorsqu'elle reprit son poste à Sainte-Mangouste ce lundi-là, elle remontait difficilement la pente. Sa déception avait été terrible et la douleur de la perte de ses parents n'en était que plus forte. Elle se plongea à corps perdu dans son travail mais elle ne parvint pas à donner le change, ses collègues chuchotaient sur son passage et le Professeur lui jetait fréquemment des regards inquiets. Ses tâches étaient toujours correctement exécutées mais elle avait perdu sa joie de vivre, même les patients l'avaient remarqué et Narcissa Malfoy, en particulier. Après plusieurs jours à broyer du noir, la jeune femme n'arrivait toujours pas à surmonter sa peine et même Harry ne pouvait rien y faire. Ses cauchemars étaient plus violents que jamais et la fatigue s'accumulait.
- Vous ne paraissez guère plus en forme que moi ! lui avait un jour dit la lady.
Mais Hermione n'avait pas relevé, elle avait fait son travail automatiquement et toutes les piques que pouvait lui lancer l'aristocrate ne l'atteignaient pas.
Quelques jours avant Noël, alors qu'elle changeait le lit de la lady pendant que celle-ci faisait quelques pas dans sa chambre, elle fut saisit par les épaules et secouée, comme une vulgaire poupée de chiffon.
- Pour l'amour de Morgane jeune fille reprenez-vous ! Vous errez comme une âme en peine mais que savez-vous du malheur ? N'avez-vous aucune fierté chez les Nés-Moldus pour agir de la sorte ? Ce n'est vraiment pas l'apanage d'une jeune femme de bonne famille ! Vos parents ne vous ont donc rien appris ?
Les mots de l'ancienne Serpentard la giflèrent, et Hermione fit alors la seule chose dont elle était capable, elle pleura… De longs et douloureux sanglots qu'elle avait trop retenus pendant ses journées de travail ou ses repas avec Harry. Elle pleura longtemps sous le regard intrigué de Narcissa Malfoy.
- Allons, jeune fille ! Avez-vous au moins une raison pour vous enlaidir ainsi en pleurant ? Vous êtes-vous enfin rendu compte que vous ne serez jamais l'égale des Sangs Purs malgré votre intelligence ?
Malgré l'attaque, Hermione continua à pleurer debout face à son aînée, de plus en plus décontenancée. Quand enfin les larmes se tarirent après de longues minutes, la lady reprit :
-Vous vous êtes enfin reprise ? C'est particulièrement ridicule de vous donner en spectacle ainsi. D'autant plus que je suis persuadée que les raisons en sont futiles et ...
- J'ai perdu mes parents espèce de vieille harpie !
La jeune femme vit bien qu'elle avait choquée l'aristocrate, mais elle s'en fichait. Elle sortit en claquant la porte et se réfugia dans les toilettes. Qu'est-ce qui lui avait pris de craquer comme ça… et si Mrs. Malfoy racontait tout au Professeur ? Seuls Harry et les Weasley étaient au courant du fait qu'elle avait envoyé ses parents en Australie. Personne d'autre ne savait, d'autant plus que ce n'était pas tout à fait légal. Et surtout elle ne voulait pas de la pitié de ses collègues, elle ne voulait pas devenir une de leurs patientes. Elle finit par se calmer et passa le reste de la journée à éviter la chambre de la lady. Sa nuit fut affreuse, elle redoutait la journée du lendemain… quel mensonge allait-elle pouvoir inventer ? Elle ne pouvait dire que ses parents étaient morts, elle avait peur que cela leur porte malheur.
Le matin arriva bien trop vite, et c'est la boule au ventre que la jeune femme se rendit à l'hôpital. Pourtant aucun de ses collègues ne sembla différent, tous la traitaient comme ils le faisaient d'habitude.
Lorsque la jeune femme entra dans la chambre, Narcissa Malfoy était en train de regarder par la fenêtre, un air douloureux peint sur ses traits. Hermione en prenait à peine conscience, trop concentrée sur son propre chagrin elle n'avait pas vu que l'aristocrate était toujours aussi triste. Elle s'activa autour du lit pour relever les données et lança quelques sorts de ménage bien que la pièce n'en ait pas besoin, cela faisait quelques temps qu'elle était étincelante de propreté. Alors qu'elle s'apprêtait à sortir, la voix de la lady s'éleva :
- Pouvez-vous rester quelques instants ? J'ai à vous parler.
Étonnée l'ancienne Gryffondor, pris un siège et s'installa près de la malade.
- Les mots que j'ai eus hier à votre égard n'ont pas été des plus agréables mais je n'ai en aucun cas voulu vous blesser. Je sais que nos relations ne sont pas des plus cordiales et ne le seront jamais, toutefois je sais à quel point la perte d'un proche peut être douloureuse.
Perdre un être aimé c'est se séparer d'une partie de soi, la vie n'est plus jamais la même après peu importe à quel point on essaie de prendre le dessus. Chaque battement de cœur est un nouveau coup de poignard.
Hermione ne dit rien, sa patiente se confiait pour la première fois depuis son arrivée et ses paroles faisaient écho aux maux qu'elle-même ressentait.
- C'est pour cela que vous n'avez rien dit aux autres ?
- Votre chagrin ne concerne que vous Miss, personne n'a besoin de s'en mêler.
Et soudain l'ancienne Gryffondor comprit à quel point il était difficile pour Narcissa Malfoy d'être constamment harcelée de questions sur son état. Il est certain qu'il lui fallait d'aide mais l'amener à exposer publiquement ses maux n'était assurément pas la meilleure des solutions.
- Mes parents ne sont pas morts, reprit la jeune femme. Mais ils ont disparu et malgré tous mes efforts, je n'arrive pas à retrouver leur trace.
- Pensez-vous que les partisans du Lord auraient à voir avec cette disparition ?
Elle secoua vigoureusement la tête alors que les larmes menaçaient de la submerger.
- Je suis entièrement responsable de la situation, c'est moi qui les ai fait disparaître.
Et elle se remit à pleurer douloureusement, sous le regard à présent compatissant de la lady.
