Bonjour à toi Lecteur,
Tu dois te dire que je ne fais pas beaucoup d'effort avec cette histoire en attendant aussi longtemps entre 2 chapitres, pourtant je te promets que j'essaie d'aller plus vite mais l'inspiration n'est pas toujours au rendez-vous !
Voic donc un nouveau chapitre, dont je ne suis absolument pas responsable. Il ne devait pas prendre cette tournure mais Draco n'en n'a fait qu'à sa tête et voilà le résultat. Malgré tout, il me plait bien et je l'ai donc laissé tel quel (bien que je n'ai pas foncièrement eu le choix).
Bonne Lecture
Narcissa ne l'avouerait jamais publiquement, mais Dipsy avait réellement des doigts de fée quand il s'agissait de la coiffer. Elle s'abandonnait à ses talents sans aucune crainte sachant que le résultat serait à la hauteur. Elle devait l'être puisque Draco passait la voir et elle avait même obtenu l'autorisation de sortir un peu dans le jardin de l'hôpital. Il est vrai que depuis qu'elle se nourrissait plus convenablement, elle reprenait des forces. Elle n'avait toujours pas d'appétit, mais elle se forçait pour continuer à voir son fils. Il lui avait promis de rester toute la semaine des fêtes de Noël.
Elle se regarda dans la glace, une fois que Dipsy aurait terminé, elle serait parfaite ! De petits coups brefs furent frappés à la porte, et Hermione Granger entra dans la chambre. Elle était l'une des seules à s'annoncer, avec le Professeur et l'infirmière russe, les autres ne se souciaient pas de ce genre de détails.
- Bonjour Miss. Puis-je vous faire remarquer que lorsque l'on frappe à une porte, on attend la permission de pouvoir pénétrer dans la pièce.
La jeune femme leva les yeux au ciel et répondit par un faible bonjour avant de commencer ses tâches. Elle avait toujours cet air malheureux collé sur son visage, mais au moins elle paraissait avoir repris un semblant de vie.
- Miss ! Tenez-vous droite, vous ne portez pas le poids du monde sur vos épaules. Votre tristesse est légitime, mais il ne faut en aucun cas la laisser paraître, ceux qui vous veulent du mal pourraient s'en servir contre vous.
- Vous êtes la seule personne à me vouloir du mal ici, Mrs. Malfoy. Alors franchement je m'en fiche de vos conseils !
- Langage mademoiselle ! Vous les Nés-Moldus avez réellement des manières effroyables. Comment voulez-vous égaler les sorciers si vous êtes incapables de vous exprimer de façon appropriée ?
- Comme si les Sangs-Purs en avaient quelque chose à FOUTRE de mon langage. C'est mon sang-de-bourbe qui les horripile !
- Cessez d'employer ce mot affreux. Si j'ai interdit à Draco de l'utiliser, je ne vais certainement pas vous le permettre, à vous.
- Il ne s'en est pourtant pas gêné pendant son adolescence. rétorqua la Gryffondor.
- Malgré mes efforts, mon fils n'a pas toujours été irréprochable. Vous voyez, votre sang n'est pas le principal problème de notre classe. Vos manières sont bien plus à déplorer.
- Vous voulez dire qu'avec des manières de noble vous me considéreriez comme une égale ?*
- Pas exactement Miss, pas exactement. Le sang a son importance, de même que le rang, mais une tenue irréprochable peut les faire passer au second plan. C'est un ensemble en réalité, le sang, le rang et les manières sont liés. Prenez l'exemple des Weasley, ils ont perdu leur rang, ne s'intéressent pas au sang et ont des manières affreuses.
Pendant un moment, jeune femme ne dit plus rien, trop occupée à réfléchir à ce qu'elle venait d'entendre.
- Mais votre mari et Draco ont suivi Voldemort et ses idées sont uniquement basées sur la pureté du sang.
- Comme je vous l'ai signifié, c'est un tout. Le sang et le rang vont de pair, Lucius ne souhaitait que restaurer le prestige des anciennes familles.
- Vous approuvez ce qu'il a fait ?
- Je comprends pourquoi il l'a fait… Vous-même avez suivi vos idéaux pensant que c'était exactement ce qu'il fallait faire.
La rouge et or ne trouva plus rien à répondre, mais son masque de tristesse se réimprima sur son visage. Narcissa avait déjà remarqué que pendant leurs disputes, la Née-Moldue avait tendance à oublier pendant un moment ses problèmes, tant elle était prise dans ses arguments.
Il était certain qu'elle pensait à ses parents, mais que s'était-il passé ? Que voulait-elle dire par le fait qu'elle les avait "fait disparaître" ? La Lady ne pouvait imaginer qu'elle les ait assassinés pour les protéger, l'idée était ridicule... plus encore pour une Gryffondor comme l'était Miss Granger. Mais alors quoi ? Comment avait-elle pu les faire disparaître ? Sa curiosité était exacerbée, mais elle avait assez de tenue pour ne pas le laisser paraître.
Lorsque Draco arriva, elle oublia toutes ses considérations pour la jeune femme pour se consacrer uniquement à son fils. Ils déjeunèrent gaiement et il l'emmena se promener dans le parc. Quel plaisir de pouvoir mettre les pieds dehors malgré le froid glacial de cette fin de décembre, elle avait oublié comme la nature pouvait être belle !
- Père est assez mécontent de ne pas avoir de vos nouvelles. lâcha soudainement le jeune homme.
- Mais je lui écris régulièrement !
- Des "papiers aussi insignifiants que vides" selon ses propres mots. Je crois qu'il s'inquiète réellement pour vous et les quelques lignes que vous lui envoyez chaque semaine ne suffisent pas à le rassurer.
Narcissa baisse la tête, quelque peu honteuse. Elle savait qu'elle ne rassurait pas son époux en lui écrivant inlassablement les mêmes mots creux. "Tout va bien, mais les médecins veulent encore faire quelques analyses" avait été sa dernière trouvaille. Mais que pouvait-elle lui dire d'autre ?
- Je ne sais pas ce que je pourrais lui écrire Draco. Je ne veux pas qu'il se fasse des soucis inutiles, il a déjà bien assez d'ennuis comme cela.
- Vous ne pensez pas que le laisser dans le flou est une bien plus cruelle punition ? Vous êtes malade Mère, cessez de vous voiler la face.
- Rentrons, le temps se couvre. lui répondit simplement la Lady.
Le jour de la veillée de Noël, alors qu'il était plus de 17 h, Narcissa n'était toujours pas prête et Draco qui devait arriver dans moins d'une heure. Elle avait choisi avec soin sa toilette, parmi celles que lui avait apportées Dipsy, mais il lui restait encore à être maquillée et coiffée. Elle tenait à être au sommet de sa beauté ce soir, peut-être pour compenser l'absence de Lucius qui lui broyait le cœur. C'était la seconde fois qu'elle passait un réveillon sans lui depuis leur mariage et c'en était deux de trop.
Alors que la petite elfe finissait sa manucure, la Gryffondor frappa trois coups secs.
- Entrez ! lui dit l'aristocrate d'une voix claire.
Depuis sa dernière remontrance, la jeune femme attendait l'approbation de son aînée pour entrer dans sa chambre.
- Miss Granger ? Que faites-vous encore ici à cette heure ?
- Eh bien, il faut bien que quelqu'un soit là ce soir aussi, Mrs. Malfoy.
- N'y a-t-il pas un Réveillon au Ministère ? Une célébrité telle que vous y a sans aucun doute été conviée.
- Nous avons décidé de ne jamais nous rendre aux célébrations du Ministère. Bien que j'aie le Ministre Shackelbott en très haute estime, c'est très désagréable d'être baladée comme un trophée. répondit la jeune femme avec force.
- Et la famille Weasley ? N'êtes-vous pas fiancée au plus jeune de leur fils ?
Les yeux de la Gryffondor se remplirent de larmes tandis qu'elle pâlissait.
- Ronald et moi avons eu un différend qui nous a éloignés… dit-elle faiblement.
- Ce n'est pas une perte incommensurable, si vous voulez mon avis.
- Non, je ne le veux pas !
Elle sortit précipitamment de la chambre et manqua de percuter Draco, qui arrivait.
- C'est Granger que je viens de croiser ? Elle avait l'air d'une furie… Que lui avez-vous fait ?
- Rien de particulier, nous parlions simplement.
Draco leva un sourcil interrogateur, mais ne dit rien de plus. Ils discutèrent, pendant que Dipsy terminait de préparer sa maîtresse. Puis, le jeune héritier Malfoy changea la chambre pour la faire ressembler à une vraie salle à manger, et à vingt heures précises, une armée d'elfes de maison apparut pour le service, savamment orchestré par Drarry.
Ils s'étaient surpassés, Narcissa devait le reconnaître, et bien qu'elle n'ait toujours pas d'appétit, elle se força à avaler son entrée. Les plats furent du même calibre, et elle picora çà et là pour faire plaisir à Draco.
Une fois les assiettes vidées, ce dernier lui proposa de danser comme ils le faisaient au Manoir, en des temps plus heureux. La table disparut, laissant place à un espace correct pour danser et le jeune Serpentard entraîna sa mère dans une valse lente, au rythme de la musique jouée par un vieux gramophone magique. Ce n'est qu'une fois leur danse terminée qu'ils se rendirent compte de la jeune femme qui se tenait sur le pas de la porte, et des larmes qui roulaient librement sur ses joues.
Désemparés, les deux aristocrates se regardèrent avant que Draco ne tende la main à la Gryffondor et l'entraîne à son tour dans une valse.
- Mais je ne sais pas danser.
- Mensonges, Hermione. Je me rappelle d'un bal à Poudlard.
- C'était il y a tellement d'années… répondit-elle avant de se laisser happer par la musique.
Narcissa regardait la scène d'un œil critique, bien qu'elle devait admettre que la jeune femme ne manquait pas de grâce, elle n'avait rien à faire dans les bras de son fils. Et depuis quand l'appelait-il "Hermione" ? Les deux jeunes gens valsèrent quelques minutes avant de s'interrompre, un peu gênés de s'être ainsi laissés aller.
- Que fais-tu là un soir de Noël ? lui demanda Draco. Tu devrais être avec ta famille ?
- Et qui s'occuperait des patients ? rétorqua-t-elle d'un ton las. Je dois d'ailleurs vous laisser, j'étais simplement passée voir si tout allait bien. Je vous souhaite une bonne fin de soirée, et par avance un joyeux Noël.
Elle quitta la pièce, les yeux emplis de larmes.
- Une drôle de fille cette Granger, dit finalement le jeune homme.
- Pourrais-tu m'expliquer la scène à laquelle je viens d'assister ? Tu as dansé avec elle comme si elle était ton égale, faisant fi des convenances.
- Mais Mère, elle pleurait. Je déteste voir les femmes pleurer, j'ai juste essayé de lui changer les idées. Et pis, le temps nous a prouvé que les considérations sur le sang sont un peu dépassées.
- Ce n'est pas que le sang, Draco. Elle n'a aucun rang, sans compter ses manières déplorables. Elle ne doit pas s'approcher trop près de notre famille.
- Et que craignez-vous Mère ? Le déshonneur ? Je crois que notre nom a suffisamment été trainé dans la boue pour supporter quelques taches de plus.
Narcissa se tut, piquée à vif par cet argument. Draco se rendit compte de la tristesse de sa mère et reprit d'une voix plus douce.
- Mère, elle pleurait… J'ai simplement voulu lui changer les idées, personne ne devrait avoir à être seul ce soir.
- Je ne te savais pas si sensible…
- Les choses peuvent changer, Mère et ce n'est nécessairement en mal.
Un silence épais s'installa pendant quelque temps avant d'être interrompu par la cloche de la célèbre horloge londonienne.
- Joyeux Noël, Mère.
- Joyeux Noël, mon fils. dit-elle en l'enlaçant tendrement.
Le lendemain, Draco revint déjeuner avec sa mère et en profita pour lui offrir une magnifique cape en fourrure pour l'hiver. Il reçut la chevalière de Lucius, signe que Narcissa le reconnaissait à présent comme véritable chef de famille. Elle avait longtemps hésité à le faire alors que son époux tentait de l'en convaincre depuis le début de son incarcération. Lui offrir cette bague c'était s'avouer que Lucius ne serait plus jamais libre, et ce constat lui brisait le cœur.
Peu de temps avant qu'ils se mettent à table, la Née-Moldue vint pour faire une prise de sang à la Lady. Ses dernières analyses étaient plutôt bonnes et elle espérait pouvoir bientôt rentrer dans son Manoir.
- Encore toi Granger ! s'exclama Draco. N'y a-t-il personne d'autre dans ce service capable de travailler ? Vas-tu vraiment passer Noël entier dans cet hôpital ?
La jeune femme ouvrit la bouche, mais avant qu'elle n'ait le temps de répondre il reprit :
- Et ne me dis pas qu'il faut bien quelqu'un pour le faire ! Mère, peut-elle déjeuner avec nous ?
La Gryffondor secoua vigoureusement la tête, elle ne voulait pas déjeuner en leur compagnie. Narcissa, elle, hésitait. Elle ne souhaitait pas avec la Née-Moldue avec elle à table, mais elle se doutait que la jeune femme devait particulièrement souffrir du manque de ses parents aujourd'hui.
- Bien, faisons une trêve pour ce jour de Noël.
Elle vit la rouge et or la regardait comme une proie traquée avant de se résigner, une lueur de défi dans les yeux. Merlin, qu'elle pouvait être agaçante !
- En revanche, je refuse de vous voir à ma table tant que vous portez ce ridicule accoutrement. reprit la Lady en désignant la robe verte des soigneurs. Métamorphosez ceci en quelque chose de plus présentable et Dipsy s'occupera du reste.
La petite elfe apparut presque immédiatement et Narcissa lui confia la jeune femme. Cette dernière était loin d'être à l'aise et la noble en jubilait presque de la voir ainsi à sa merci. Elle donna plusieurs directives à Dipsy et au bout d'une demi-heure, la Née-Moldue ressemblait enfin à une jeune fille de bonne famille. Seuls ses cheveux courts dérangeaient la Lady, mais même les pouvoirs de l'elfe avaient leurs limites.
Hermione Granger prit donc place à la table des Malfoy en ce 25 décembre 1999, quelques mois à peine après la Grande Bataille qui les avaient opposés. Un silence tendu accompagna les premières minutes de ce repas, mais Draco se chargea rapidement de faire la conversation aux deux femmes. À sa plus grande surprise, Narcissa réalisa que la Gryffondor savait se tenir : elle mangeait avec distinction et participait à la conversation de manière civilisée et courtoise.
- Comment se fait-il que tu ne sois pas avec tes parents ou même avec les Weasley ? Ton petit ami doit croire que tu le fuis à passer autant d'heures dans cet hôpital. lâcha le jeune héritier avec un sourire en coin.
Les couverts de la jeune femme s'entrechoquèrent alors que la Serpentard lança un regard réprobateur à son fils, qui ravala son sourire narquois.
- Ronald n'est pas mon petit ami, quant à mes parents ça ne te regarde pas Malfoy.
Elle se leva en jetant la serviette sur la table et sortit de la chambre avec toute la dignité que ses larmes pouvaient lui permettre. La bulle de qu'ils s'étaient tous les trois créée venait d'éclater.
- Qu'ai-je encore fait ?
- Il semblerait que Miss Granger ait quelques différends avec les Weasley. Concernant ses parents, il semblerait qu'ils aient disparu, mais elle ne m'en n'a pas dit plus.
Draco fixa alors la porte avec intensité, espérant peut-être la voir revenir.
- La culpabilité ne vous va pas au teint mon fils. Ce n'est qu'une Née-Moldue, n'en faites pas tout un cas !
