Bonjour à toi lecteur,
Encore une fois, je m'excuse de ces longues périodes sans aucune nouvelle, mais le mois d'août a été plutôt animé pour moi? Heureusement, septembre s'annonce plus calme avec une semaine de vacances au soleil.
Toutefois, tu n'es pas en reste puisque j'ai pu avancer un peu dans mon écriture et que je devrais poster un peu plus régulièrement, je pense que toutes les quinzaines serait pas mal.
Bonne lecture !
Comment avait-elle pu être aussi bête et penser qu'elle pouvait partager un repas avec eux. Ils s'étaient bien amusés à la faire souffrir avec leurs questions incessantes sur sa famille et sur Ronald. Et Malfoy avec son sourire en coin, il n'avait pas tant changé que ça finalement. Elle s'assit dans la salle de repos vide, et pleura longuement, la perte de ses parents, son amour déçu, sa solitude.
Elle sortit en séchant rageusement ses larmes et se jura que les Malfoy ne l'auraient plus. Evidemment c'était sans compter la lady qui attaqua dès qu'elle entra dans sa chambre pour la visite du soir.
- Puis-je savoir pourquoi vous avez quitté si soudainement notre table ce midi ?
- Comme si vous ne le saviez pas… Je n'ai pas à subir ça et de votre part moins que de celle de tous les autres.
- Je ne sais pas ce que vous allez imaginer mais mon fils n'a en aucun cas voulu vous faire subir un quelconque préjudice.
- Ah oui ? Et ses questions sur mes parents ? Et sur les Weasley ? Elles étaient purement innocentes je présume ?
- Je pense réellement oui. Je n'ai pas cru bon de faire part à Draco de votre vie privée.
- Il ne savait pas ?
- Non, Miss Granger. Il ne savait absolument rien c'est pourquoi il s'est permis de vous poser ces questions. De plus, qui aurait pu croire que vous seriez en froid avec les Weasley puisque tout le monde vous pensait promise à leur plus jeune fils.
- Ronald et moi n'avons jamais été promis et de toute façon c'est désormais une histoire ancienne.
- Vous êtes si catégorique jeune fille, il n'y a jamais rien qui puisse être surmonté si la volonté est assez forte.
- Cette fois-ci les choses ont été trop loin…
Soudainement les vannes s'ouvrirent et elle déballa à la mère de son ancien ennemi tout ce qu'elle avait sur le cœur depuis des mois. À quel point elle en voulait à Ronald de les avoir abandonnés au moment le plus crucial de leur quête, alors qu'elle l'avait supplié de rester. Comment cette trahison lui avait brisé le cœur, et que malgré son retour, elle n'avait jamais pu réellement lui pardonner.
Elle lui raconta qu'à la fin de la guerre, ils avaient essayé de construire quelque chose ensemble mais qu'elle avait cette rancœur au fond d'elle. Elle avait tenté de rebâtir sa confiance et d'oublier les horreurs qu'ils avaient traversées mais son cauchemar l'usait, et elle avait fini par se réfugier dans son bénévolat.
Une fois encore, Ronald n'avait pas compris, ni son besoin d'oublier la guerre, ni la complexité des sentiments à son égard. Il lui avait demandé de choisir entre lui et Sainte-Mangouste et Hermione avait explosé. Elle lui avait dit tout ce qu'elle avait sur le cœur, lui avait craché sa rancœur au visage, lui avait reproché sa lâcheté. Il était parti furieux et blessé, et ils n'avaient fait que se croiser depuis. Malgré tout cela, elle était toujours amoureuse de lui et son absence la faisait souffrir, bien qu'elle sache qu'ils ne pourraient jamais se construire un avenir. Sa trahison l'avait trop profondément brisée pour qu'elle puisse un jour l'oublier.
Elle dit également à l'ancienne Serpentard à quel point les Weasley lui manquaient, elle n'osait plus aller leur rendre visite depuis que Ronald lui avaient fait comprendre qu'il ne voulait plus la voir au Terrier. La scène avait été mémorable et ses frères avaient dû s'interposer pour qu'il ne s'en prenne pas physiquement à elle.
Et Narcissa Malfoy l'écouta, sans dire un mot, le visage neutre. Elle la laissa parler jusqu'à ce que les mots s'épuisent dans la bouche d'Hermione. La noble lui tendit un mouchoir, et c'est à ce moment-là seulement que sa soignante se rendit compte qu'elle pleurait. Honteuse, elle essuya ses larmes. Combien de fois encore devait-elle s'humilier ainsi devant les Malfoy ?
Au bout d'un moment la lady reprit :
- Y-a-t'il quelqu'un d'autre au courant de cette situation ?
- La famille de Ronald... et Harry évidemment. Mais je ne peux pas leur demander de se positionner.
- Et vos autres amis ?
- Je pensais que vous aviez compris, Mrs. Malfoy, que je n'avais pas d'autres amis.
Hermione la quitta, ne pouvant plus supporter cette discussion. Sa patiente semblait réellement touchée par ses paroles, elle n'avait pas l'air de vouloir se moquer et cela la perturbait d'autant plus. Elle avait même pu sentir la compassion dans ses questions, mais depuis quand Narcissa Malfoy était-elle capable de compassion ? Elle s'en voulait de s'être laissée aller une fois de plus devant elle. Mais celle-ci était une excellente confidente puisque son visage impassible ne traduisait aucun jugement et qu'elle était muette comme une tombe, son secret serait bien gardé.
Malgré tout, cela lui avait fait du bien d'en parler à quelqu'un. Comme elle l'avait dit, Harry était au courant mais il n'était pas le mieux placé pour la comprendre. Lui avait pardonné à Ron et restait son meilleur ami.
Les jours suivants, Hermione était gênée à chaque fois qu'elle entrait dans la chambre de l'ancienne Serpentard, mais celle-ci ne faisait jamais référence à ce qui s'était passé le jour de Noël. Draco avait présenté ses excuses à la première occasion et les choses en étaient restées là. Il partit quelques jours après le Nouvel an et Narcissa Malfoy retomba dans un état de profonde mélancolie. Toutefois, elle avait suffisamment repris des forces pour commencer la seconde phase du programme de guérison qu'avait préparé le Professeur.
Hermione accompagna son supérieur lors de sa visite quotidienne à leur noble patiente, elle se demandait comment celle-ci allait réagir à l'annonce du chef de service.
- Bien le bonjour Mrs. Malfoy ! Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas rester longtemps, reprit-il en la voyant lever les yeux au ciel. Je tenais simplement à vous présenter les différents psychomages du service, pour que vous puissiez faire votre choix.
- Mon choix ? Pourquoi irai-je choisir un de ces charlatans.
- Les séances avec un psychomage sont un passage obligé vers votre guérison.
- Je guéris tout à fait en restant dans ma chambre et en me nourrissant convenablement. N'avez-vous pas dit vous-même en début de semaine que les résultats étaient plus que satisfaisants ?
- Il est certain que votre corps guérit, mais qu'en est-il de votre esprit ? Vous êtes fragile Narcissa Malfoy… et ne me regardez pas de cette manière car je suis certain que vous le savez pertinemment. Vous avez dû remarquer à quel point votre magie était devenu faible, n'est-ce pas ? Si vous continuez sur cette voie, nul doute que vous perdrez votre magie si ce n'est votre vie.
- C'est totalement impossible ! Je ne suis pas une de vos Sang-Mêlés fragiles, la pureté de mon sang garantit à elle seule ma puissance magique.
- Je ne pense pas que la pureté de votre sang entre ici en compte. N'avez-vous jamais senti que vous étiez plus faible magiquement ces derniers mois ? Depuis le départ de Draco ?
Un éclair d'inquiétude passa sur le visage de la lady, mais elle reprit rapidement son masque impassible. Toutefois ce fut suffisant pour Hermione, il était clair que la noble avait ressenti une perte de sa puissance et cela l'inquiétait.
- Vous avez promis à votre fils que vous feriez tout pour guérir !
La remarque du Professeur jeta une tension presque palpable dans la pièce et de l'ancienne Gryffondor se dit que ce n'était certainement pas la meilleure approche.
- C'est pour votre bien Mrs. Malfoy. Intervint-elle. Nous n'avons aucun intérêt personnel à vous faire rencontrer un psychomage.
- Si ce n'est pour m'humilier plus encore en me forçant à parler de ma vie privée à un inconnu.
- Réfléchissez-y ! Voulez-vous vraiment sortir d'ici ? pesta le Professeur en quittant la chambre.
Narcissa Malfoy baissa la tête, et la jeune femme vit bien qu'elle était furieuse d'être ainsi ramenée à sa condition de patiente.
- Vous savez nous souhaitons vraiment votre guérison. Et le Professeur, même si je reconnais qu'il s'y prend mal, essaie de vous pousser vers l'avant.
- Je me sens lasse Miss Granger. Lasse de cet hôpital, lasse de devoir supporter la façon dont je suis traitée, lasse enfin des jugements que chacun se permet à mon compte.
Hermione la regarda étonnée, ne sachant pas quoi dire, jamais encore l'ancienne Serpentard ne s'était aussi facilement ouverte à elle. Elle était d'autant plus étonnée qu'elle éprouvait elle-même cette lassitude.
- Je ne peux pas dire que je vous comprends mais je connais ce sentiment. Vous avez traversé de nombreuses épreuves et il est normal d'avoir de temps en temps besoin d'aide. conclut-elle. Réfléchissez au fait de pouvoir parler à quelqu'un qui ne vous jugera pas et qui tentera simplement de vous sortir de la tristesse dans laquelle vous êtes emprisonnée.
Les jours passèrent sans que la lady ne fasse son choix et Hermione voyait que le Professeur commençait à s'impatienter.
- Elle se moque de nous. Nous avons été plus que patients avec elle mais elle refuse de voir l'évidence. Et les reproches quant à son hospitalisation ne tarissent pas, au contraire.
- Que voulez-vous dire ?
- Vous le savez bien Hermione. Elle est la femme d'un Mangemort, peut-être Mangemort elle-même. Son placement ici est assez mal vu par la communauté magique et nous recevons souvent des courriers à ce propos. Il faut dire que le rôle de cette femme pendant la guerre est des plus flous.
- Que savent-ils de ce qu'elle faisait pendant la guerre ? Se sont-ils battus ? Contre elle ? Ou ont-ils préféré courber l'échine en attendant qu'un gamin de 17 ans fasse ce dont eux-mêmes n'étaient pas capables ?
- Ne le prenez pas ainsi, je veux simplement souligner que les gens pensent qu'elle a probablement pris part à cette guerre.
- Ou alors elle est restée passive comme la plupart d'entre eux.
Hermione quitta le bureau, furieuse contre ces accusations. Elles étaient peut être fondées mais de quel droit ceux qui avaient patiemment attendus la fin de la guerre pouvaient-ils juger leurs pairs. Elle n'avait rien contre le fait d'enfermer des Mangemorts à Azkaban mais pouvait-on punir ceux qui n'avaient pas protesté ? Les trois quarts de la population sorcière de Grande-Bretagne devraient alors rejoindre la sinistre prison.
Elle était toujours en colère lorsqu'elle entra dans la chambre de Narcissa Malfoy :
- J'espère que vous avez fait votre choix concernant votre psychomage parce qu'ils sont sur le point de vous en imposer un.
- Calmez vos ardeurs Miss ! Je ne tolèrerais pas ce ton.
- Mes excuses Madame. Répondit la jeune fille, acide.
La noble renifla hautainement avant de reprendre :
- Il s'avère que j'ai effectivement fait mon choix et j'attendais la visite de l'Irlandais pour lui en faire part.
- Voulez-vous que je l'appelle ?
L'ancienne Serpentard opina.
- Et j'aimerais que vous soyez également présente pendant cette entrevue Miss.
Le Professeur arriva quelques minutes plus tard, après les banalités d'usage, la lady le regarda droit dans les yeux avant de lui lancer avec aplomb :
- C'est Miss Granger qui sera ma psychomage !
La jeune femme était tout aussi estomaquée que son supérieur. Elle n'avait certainement pas les compétences pour prendre en charge une patiente avec un passé aussi lourd que celui de Narcissa Malfoy.
- Mais Miss Granger n'a absolument pas les qualifications pour être votre psychomage. Il vous faut quelqu'un de plus expérimenté. De plus, vous avez un passif trop lourd avec elle pour que ses analyses soient objectives.
- Parce que vous pensez réellement que les analyses de n'importe lequel de vos psychomages seraient plus objectives ? M'imaginez-vous sotte ou aveugle Professeur ?
Il ouvrit la bouche mais la lady ne le laissa pas parler.
- Croyez-vous réellement que je n'ai pas remarqué comment me traitent vos soignants ? Le mépris qu'ils affichent et les insultes qu'ils ravalent ? Nul besoin d'être Legilimens pour savoir ce qu'ils pensent. Mon mari et mon fils sont des Mangemorts, Monsieur, et tout le professionnalisme de vos psychomages ne pourra rien y changer. Miss Granger a su montrer le plus d'objectivité malgré les rencontres malheureuses que nous avons eu par le passé. Si quelqu'un doit connaître ma vie privée je veux que ce soit elle et personne d'autre.
Hermione fut flattée de ce compliment, et elle comprenait également parfaitement Narcissa Malfoy. Elle avait déjà entendu certaines bribes de conversations entre ses collègues lorsqu'ils parlaient de la noble, il était clair qu'aucun d'eux n'était ravi d'avoir à s'occuper d'elle.
- Vous n'en savez rien. Les psychomages que j'ai sélectionné sont des professionnels et sauront mettre de côté leurs aprioris.
- Même si mon époux a participé à la mort de leur famille, leurs amis ou que sais-je ? Permettez-moi d'en douter… Peu importe, ma décision est prise ce sera Miss Granger ou personne.
- Vous n'êtes pas en position de dicter vos lois Mrs. Malfoy.
- Effectivement ! Mais je suis parfaitement en position d'entamer un procès contre l'hôpital par rapport aux manquements de la plupart de vos soigneurs.
L'ancienne Gryffondor dû reconnaître que la lady savait encore jouer de sa prestance, malgré son état maladif.
- Eh bien… reprit le Professeur après un long moment de silence. Je vais devoir y réfléchir et en parler avec Miss Granger.
Ils sortirent de la chambre de leur patiente et son supérieur était furieux :
- Elle serait vraiment capable de nous coller un procès. Je vous ferais convoquer quand nous aurons pris notre décision.
Le lendemain, en fin d'après-midi, le chef de service attrapa Hermione alors qu'elle était sur le point de rentrer.
- Nous avons discuté avec le Directeur de l'hôpital et les différents chefs de service, un procès ternirait encore l'image de Sainte-Mangouste et ce n'est vraiment pas ce dont nous avons besoin. Exceptionnellement vous serez la psychomage en charge de Narcissa Malfoy, toutefois vous devrez me rendre des rapports afin que je puisse vous aiguillez dans vos méthodes. Me suis-je bien fait comprendre ?
La jeune femme hocha la tête, un peu choquée par les manières abruptes de cet homme qui lui avait toujours paru sympathique.
- Ce n'est pas contre vous Hermione, mais cette femme est un cas difficile et je doute que vous arriviez à un quelconque résultat avec elle, surtout sans aucune expérience.
