Bonjour à toi Lecteur,

Il semblerait que la présence de Blaise t'ait plue, il ne sera pas dans ce chapitre (enfin pas vraiment) mais nous le retrouverons plus tard, c'est promis. Aujourd'hui, ce n'est pas vraiment quelqu'un de nouveau qui arrive, mais disons qu'il va prendre un rôle un peu différent ! Je n'en dis pas plus et te laisse découvrir !

Très bonne lecture et merci pour toutes les gentilles reviews que je reçois


Narcissa appréciait réellement la présence de son fils et de Blaise, ils illuminaient ses journées et même si elle savait que cette situation ne durerait pas, elle arrivait à profiter de chaque moment. Miss Granger, quant à elle, était une véritable surprise, totalement différente de ce que la Lady avait pu imaginer. Leurs séances avaient repris et la Serpentard s'apercevait parfois lui confier certaines anecdotes de sa vie. Elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce que la Gryffondor avait fait pour sauver ses parents… C'est extrêmement courageux, car elle comprenait parfaitement la douleur de se couper ainsi de ceux que l'on aimait dans leur propre intérêt.
Ses relations avec le personnel étaient, en revanche, plus mauvaises que jamais, de méprisants, les regards s'étaient faits plus hostiles et il n'était pas rare que certaines insultes s'échappent de leurs marmonnements. Seule l'infirmière russe la traitait avec amabilité, et l'Irlandais, lui, ne venait plus la voir.

Elle était en pleine conversation avec Draco quand un bourdonnement venant du couloir les interrompit. Lorsque le jeune homme ouvrit la porte, ils furent tous les deux surpris du brouhaha qui régnait dans le service. Les rares patients hors de leur chambre paraissaient plus hystériques que jamais et les soigneurs ne semblaient guère mieux. Draco haussa les épaules, referma la porte et lui lança un Silencio bien mérité.

- Je me demande ce qui leur prend. lui dit sa mère.

- Je ne sais pas probablement une séance de dédicace de cet imbécile de Lockhart. Savez-vous que je l'ai croisé l'autre jour déambulant dans les couloirs, une plume à la main ?

Elle n'eut pas le temps de répondre que la porte s'ouvrit sur une surprise de taille. Devant eux se tenait Harry Potter, vainqueur du Lord Sombre, héros du monde magique.

- Malfoy, fit-il en adressant un signe de la tête à l'héritier. Mrs. Malfoy, je venais voir si vous alliez mieux.

Des exclamations se firent entendre dans le couloir et la Lady eut le temps d'apercevoir une foule massée devant sa porte avant que le Survivant ne la referme.

- Qu'est-ce que tu fiches ici Potter ? demanda Draco, sur la défensive.

- C'est Hermione qui m'a convaincu de venir, j'aurais dû le faire depuis longtemps. Je ne savais pas que tu étais là. C'est surtout à vous, Mrs. Malfoy, que je voulais parler

- Installez-vous Mr. Potter. Mon fils peut-il assister à notre entretien ?

Le Gryffondor accepta, et elle appela Dipsy pour leur servir le thé.

Harry Potter passa la main dans ses cheveux, se décoiffant plus qu'il ne l'était déjà.

- Je tenais à vous remercier pour ce que vous avez fait pour moi dans la Forêt Interdite. Je devrais même dire pour nous tous… Vous avez changé le cours de la guerre.

Narcissa cacha sa gêne par une quinte de toux, elle ne pensait pas qu'il aborderait ce sujet-là.

- Je n'ai fait que défendre ma propre cause, Mr. Potter.

- Je sais pourquoi vous l'avez fait et pour moi c'est la cause la plus noble que l'on puisse défendre. Bien que je n'aie plus de parents, le monde magique dans son intégralité est devenu ma famille. Je veux dire que nous avons été guidés par le même espoir, celui d'offrir un meilleur avenir à ceux que l'on aime.

- Vous ne pouvez pas nous comparer… Vous vous êtes dressé contre le Lord malgré le danger, vous avez essuyé les mensonges et les calomnies, vous avez bravé la mort. Je n'ai rien fait de cela.

- Vous l'avez regardé droit dans les yeux et lui avez menti, le plus grand legilimens du monde magique. Je pense que c'est un acte de courage, et pas des moindres.

La Lady ne répondit rien, mais Draco affichait un air étonné, que sa bonne éducation ne parvenait pas à masquer.

- Que voulez-vous réellement, Mr. Potter?

- Eh bien… Hermione m'a raconté la façon dont votre hospitalisation se passait et je crois que ça m'a choqué autant qu'elle. Il y a eu un procès et vous avez été innocentés, tous les deux… Je ne comprends pas qu'on vous traite comme si vous étiez coupables.

- Vous êtes bien naïf. Mon époux est un Mangemort, mon fils est un Mangemort, il est donc évident pour eux que je suis une Mangemort aussi.

- Mais Draco a été reconnu comme victime de chantage et votre mari purge sa peine. Quant à vous, vous n'avez rien fait si ce n'est me sauver la vie.

- Mais peu de gens sont au courant de ce qui s'est passé dans la Forêt, et quand bien même ils le seraient, je ne suis pas certaine que cela changerait quoi que ce soit.

Le Survivant ne dit rien, se contentant de faire les cent pas dans la pièce.

- J'aimerais pourtant faire quelque chose pour vous et pout Draco.

Narcissa était surprise, elle ne s'attendait pas à ce qu'Harry Potter s'intéresse encore à leur sort.

- Vous nous avez évité la prison, et pour cela je vous en suis reconnaissante. Vous avez également permis à mon époux d'échapper à un sort pire que la mort. Votre dette, si vous considérez en avoir une, est payée.

- Je ne considère pas avoir de dette envers vous, mais simplement, comme Hermione, j'ai beaucoup de mal avec la mentalité de ce monde magique en reconstruction… Je comprends qu'on ne puisse pas pardonner à votre mari, mais à vous ?
J'en ai beaucoup discuté avec elle, et nous sommes arrivés à la conclusion que le soutien public de héros de guerre vous serait bénéfique.

La Serpentard resta silencieuse alors que Draco affichait une mine clairement suspecte.

- Que cherches-tu à faire Potter ?

- Réfléchissez simplement à ma proposition. répondit-il. Je reviendrai dans la semaine.

Draco et Narcissa discutèrent longuement de la venue du Survivant, souhaitait-il réellement les aider à se réhabiliter dans le monde sorcier ? Le jeune héritier n'en croyait pas un mot et cherchait où se trouvait le piège. Sa mère en revanche faisait plus confiance au Gryffondor. Blaise Zabini, qui en fut informé, se rangea à l'avis de sa marraine : si Harry Potter avait voulu leur nuire, il l'aurait fait lors de leur procès.

Lorsqu'Hermione Granger vint pour leur séance, la Lady l'attaqua immédiatement :

- J'ai eu la visite d'Harry Potter ce matin. Que cherchez-vous réellement à faire Miss ?

- Rien de plus que ce qu'Harry vous a dit ! Nous souhaitons vous aider à redorer votre image.

- J'ai bien compris l'idée, la véritable question est : pourquoi ? Vous avez été torturée dans mon Manoir, Miss… par ma propre sœur et mon mari n'aurait pas hésité à vous tuer au Ministère.

- Et vous qu'avez-vous fait à ce moment-là ?

- Absolument rien.

- Exactement ! Même lorsque nous étions prisonniers dans votre Manoir vous ne nous avez pas dénoncés. Nos visages ne vous étaient pas étrangers, vous auriez pu parler mais, comme Draco, vous avez préféré vous taire. Et ce que vous avez fait pour Harry… vous nous avez permis la victoire.
Alors même si vous êtes restée passive pendant un long moment, vous avez été combative quand tout espoir était perdu !
Ce que la plupart des gens vous reproche, c'est de n'avoir rien fait... simplement parce que c'est plus facile de vous blâmer alors qu'eux-mêmes sont restés inactifs. Pour ma part, je ne les considère pas à même de se poser en juge et surtout pas pour vous. Pour moi, nous étions tous semblables au sein de cette guerre, des hommes et des femmes, des enfants, terrifiés qui tentaient de survivre, chacun à sa manière.

Elle avait prononcé ces mots avec une colère froide qui étonna Narcissa. Elle avait toujours considéré la Née-Moldue comme une jeune femme incroyablement naïve, incapable de la moindre méchanceté, et toujours prête à accorder son pardon. Toutefois, l'image qu'elle renvoyait en cet instant était toute autre et la Serpentard se surprit à être soulagée de la compter parmi ses alliés.

- Il nous faudra discuter avec Mr. Potter de la marche à suivre dans ce cas.

La Gryffondor lui sourit et entama leur séance.

Il avait été décidé avec le Survivant qu'il viendrait la voir régulièrement, affichant ainsi publiquement son soutien. Il devait également déjeuner avec Draco et Miss Granger dans un endroit très fréquenté du Chemin de Traverse. Ces machinations réjouissaient la Lady qui ne retrouvait plongée dans son passé d'intrigante. Elle attendait avec impatience les journaux qui ne manquaient pas de faire les plus folles élucubrations quant aux relations qui pouvaient lier Harry Potter aux Malfoy.

Un matin, la Gazette apporta une nouvelle qui la laissa sans voix : Hermione Granger était allée rendre visite à Lucius. Les lettres qu'elles avaient de son époux étaient assez brèves, et il semblait plutôt mal en point puisqu'il n'était toujours pas sorti de l'infirmerie. Elle espérait que la jeune femme puisse lui donner plus d'informations et surtout elle voulait connaître les raisons qui l'avaient poussée à faire cette visite.

- Miss Granger, l'accueillit-elle sans préambule. J'ai appris par la presse que vous étiez allée voir mon époux, comptiez-vous m'en informer ?

La Gryffondor prit le temps d'entrer dans la pièce, de refermer la porte et de s'installer confortablement dans un fauteuil avant d'ouvrir la bouche :

- Il faut réellement que vous soyez plus polie lorsque vous êtes impatiente, ou vous risqueriez de faire fuir vos interlocuteurs. Quoi qu'il en soit, votre mari va plutôt bien compte tenu de la situation. Je ne suis pas sûre de la qualité des soins qu'il reçoit, mais il se remet.

- Qu'avez-vous donc fait à son chevet ?

- Je suis allée prendre des renseignements directement à la source. Vous êtes ma patiente, Mrs. Malfoy, et j'ai compris que votre guérison passait par le bien-être de votre famille.

- Avez-vous parlé à Lord Malfoy ?

- Non… j'ai préféré éviter une confrontation directe. Je suis allée le voir pendant son sommeil et j'ai demandé ses résultats à la soignante de la prison.

Elle lui jeta un regard en coin avant de reprendre :

- Je ne vais pas vous mentir, ceux qui l'ont attaqué en voulaient à sa vie et, même s'il est maintenant tiré d'affaire, les conséquences auraient pu être plus dramatiques.

La Lady resta muette un long moment. L'information était difficile à traiter, elle aurait pu perdre son époux alors qu'elle se refusait à le voir depuis des mois.

- Merci de la vérité, Miss, même si elle est un peu crue.

- Ils n'étaient pas réellement pour, mais je sais que vous êtes suffisamment forte pour y faire face.

- J'ai cru comprendre que vos relations avec votre supérieur s'étaient dégradées.

- Qui vous l'a dit ?... Zabini évidemment !

- J'apprécie ce que vous faites pour nous Miss. Mais surtout, je suis touchée que vous le fassiez non pas par pitié mais par conviction. Après ce qui s'est passé durant cette guerre, on aurait pu vous penser plus rancunière.

- Je n'ai jamais appris à l'être et surtout je n'en vois pas l'intérêt. Si je devais en vouloir à un membre de votre famille, c'est votre mari que je blâmerais.

- Et ma sœur…

La Gryffondor pâlit soudainement, et ses yeux se firent fuyants.

- Je n'ai pas envie de parler d'elle… Je suis désolée mais je ne me sens pas en forme pour la séance d'aujourd'hui, pouvons-nous la repousser ?

La jeune femme sortit de la pièce sans même attendre la réponse de son aînée. Elle était bouleversée et Narcissa ne pouvait que la comprendre. Après son incarcération, sa sœur avait perdu le peu de lucidité qu'il lui restait et avait basculé dans le fanatisme le plus abject. Si Lucius voyait dans le Seigneur des Ténèbres la possibilité de restaurer le prestige des anciennes familles, Bellatrix, elle, avait adhéré sans hésitation à tous ses principes les plus extrêmes. Elle avait perdu une sœur chérie pendant cette guerre, mais ce, bien avant la bataille finale. Ces pensées la conduisirent à son enfance passée à l'abri de tout, à ses jeux innocents avec ses sœurs et ses cousins, à leurs rêves d'une vie d'adulte grandiose…

Sa nostalgie fut interrompue par l'arrivée du Survivant. Ils se décidèrent rapidement à se promener dans les jardins de l'hôpital, bien que ce mois de mars soit encore frais. Harry Potter ne cessait de s'agiter et consultait régulièrement sa montre.

- Monsieur Potter, cela vous ennuie-t-il autant de passer votre temps ici ? Sachez que rien ne vous y oblige…

- Ce n'est pas ça je vous assure, mais je n'ai jamais été doué pour faire la conversation. Tous les sujets qui me viennent à l'esprit ne sont pas géniaux…

- Nous pourrions peut-être parler de Miss Granger ?

- Hermione ? Je ne vois pas ce que je pourrais vous dire, vous passez pratiquement plus de temps avec elle que moi alors qu'elle habite chez moi.

- Vous vivez ensemble ? Vous voulez dire que vous êtes fiancés ?

- Quoi ? Non… non vous n'y êtes pas du tout…

Le rouge lui était monté aux joues et il décoiffa ses cheveux encore plus que Narcissa ne le croyait possible.

- Hermione et moi ne sommes que des amis. Je suis… euh… fiancé, si vous voulez, avec Ginny Weasley.

Encore une Weasley, cette famille ne pouvait donc pas s'empêcher de tourner autour du Garçon qui a survécu ?

- Mais Miss Granger habite chez vous ?

- Oui, elle n'avait nulle part où aller à la fin de la guerre donc je lui ai proposé de venir vivre avec moi.

Narcissa leva un sourcil ironique :

- Et vous ne ressentez rien pour elle ?

- Non ! C'est mon amie, elle est comme ma sœur et je n'ai jamais eu ce genre de sentiments pour elle.

- Bien. Je vous crois. Mais il est quand même étrange qu'elle habite chez vous alors que vous êtes fiancée à une autre femme.

- Ne vous inquiétez pas de ma vie personnelle, Mrs. Malfoy. Que vouliez-vous me demander au sujet d'Hermione ?

- Que fait-elle ici ? Je veux dire, poursuivit-elle devant le regard interrogatif du Survivant, pourquoi n'est-elle pas à Poudlard ou dans n'importe quel endroit où elle pourrait continuer ses études. C'est, dit-on, la sorcière la plus brillante de sa génération et elle perd son temps bénévolement dans un hôpital.

- Je ne suis pas sûr que ce soit à moi d'en parler. répondit-il après un long moment de silence. Je ne suis même pas certain de ce que j'avance mais je crois que la guerre l'a traumatisée au-delà de ce qu'elle voudrait admettre… et la perte de ses parents est un coup dur aussi ! Je pense qu'elle est perdue et que son bénévolat l'aide à maintenir la tête hors de l'eau mais ça, Ron n'a pas voulu le comprendre.

- Parlons-en de ce Weasley. Comment a-t-il osé l'abandonner ?

- Je ne veux pas prendre parti dans cette histoire, ils sont tous les deux mes amis, mais je suis content qu'elle ait pu trouver une alliée pour la soutenir. Je vais vraiment finir par croire que vous tenez à elle, Mrs. Malfoy…

Narcissa renifla avec dédain avant d'orienter la conversation vers un autre sujet.