Bonjour à toi Lecteur,
Merci de continuer à me laisser des petits mots, ça me fait chaud au coeur et me donne le courage de continuer à écrire ! Je ne suis pas en mesure de promettre un nouveau chapitre dans deux semaines, tout dépendra de comment j'avance parce que mon écriture est un peu laborieuse...
Cette semaine nous arrivons enfin à une confrontation que tu attends - sûrement avec impatience. Je n'en dis pas plus et te laisse découvrir la suite !
Bonne lecture et à très vite !
Hermione tournait et retournait sa tasse de thé entre ses doigts.
- Êtes-vous sûr de ce que vous avancez ?
- Absolument certain ! Vos parents se trouvent aux États-Unis. J'ai pu fouiller les fichiers des compagnies aériennes moldues et leurs fausses identités ont été enregistrées sur un vol pour Washington. Maintenant que nous avons découvert dans quel pays ils sont, ce sera nettement plus simple de les localiser.
- S'ils n'ont pas encore déménagé entre temps.
- Gardez espoir Miss Granger, je les retrouverai !
La jeune femme lui sourit, mais le cœur n'y était pas vraiment. Elle avait peur d'être une nouvelle fois déçue, aussi préféra-t-elle ne pas se laisser aller au sentiment de joie qui menaçait de l'envahir.
- Je vous remercie pour ce que vous faites et surtout pour votre discrétion.
- C'est tout naturel Miss. Je vous souhaite une bonne soirée.
Le détective reprit son dossier et se leva, non sans saluer une dernière fois sa cliente.
Elle resta longtemps encore devant sa tasse, le regard perdu dans un fond de thé froid.
- Granger ?
Elle sursauta, interrompue dans sa rêverie avant de lancer un sourire aimable à l'ancien Serpentard en face d'elle.
- Zabini… Je ne t'avais pas vu…
- Je me doute, ça fait bien dix minutes que tu fixes cette tasse de thé comme si elle contenait les réponses des ASPICs.
- Oui, j'étais perdue dans mes pensées.
- Rien de grave ?
- Rien qui te concerne. asséna-elle sur un ton froid.
- Désolé, je ne voulais pas me montrer indiscret. C'est juste que tu semblais assez chamboulée. Que dirais-tu d'une autre tasse de thé et d'un muffin pour me faire pardonner ?
Elle le regarda longuement, comment se faisait-il qu'il soit aussi sympathique avec elle. Il n'avait jamais été foncièrement méchant contrairement à Draco et sa clique, mais elle se méfiait.
- Ne t'inquiète pas Granger, je n'ai pas prévu de t'empoisonner. Je suis un Serpentard, je fais plutôt dans la discrétion…
Elle haussa les épaules et finit par accepter l'invitation, après tout ce n'était qu'une tasse de thé.
Lorsqu'elle rentra à Square Grimmaurd ce soir-là, Harry faisait les cent pas dans la cuisine.
- Par Merlin, Hermione ! Où étais-tu passée ? J'étais à deux doigts de réunir l'Ordre pour partir à ta recherche…
- Je suis désolée, je n'avais pas vu qu'il était aussi tard. J'ai un peu perdu la notion du temps après mon rendez-vous avec le détective.
- Comment ça s'est passé ? Plutôt bien on dirait vu le sourire que tu as ?
- À vrai dire, il a retrouvé la trace de mes parents… aux États-Unis ! Il ne les a pas encore débusqués, mais nous pensons que ce n'est qu'une question de temps.
- Je le souhaite vraiment pour toi… et tu as été tout ce temps avec lui ?
L'ancienne Gryffondor rougit, elle ne savait pas comment son ami allait prendre le fait qu'elle avait passé une partie de son après-midi avec Zabini.
- Eh bien, j'ai dû digérer la nouvelle déjà et puis j'ai croisé une connaissance qui m'a emmenée boire un thé.
- C'est très bien que tu sortes un peu et que tu vois du monde. Tu passes trop de temps dans cet hôpital. En parlant de ça, Molly t'invite une fois de plus ce dimanche au Terrier.
- Harry… tu sais très bien que je ne peux pas y aller. Il ne veut pas me voir et je ne suis pas sûre d'en être capable. Tu te souviens comment ça s'est passé la dernière fois ?
- Ouais… fit sombrement l'Élu. Mais on lui a remonté les bretelles et je pense qu'il ne dira rien. Et puis tu manques beaucoup à Arthur et Molly, et je suis sûr qu'ils te manquent aussi.
- Évidemment qu'ils me manquent, mais je ne peux pas, c'est trop tôt ! Je dois te laisser, dit-elle en montant les escaliers, je dois finir mon dossier pour Azkaban.
- Tu crois qu'ils lui permettront de le voir ?
- Qui oserait refuser quelque chose à Hermione Granger ?
Le lendemain matin, c'est l'esprit un peu occupé qu'Hermione entama sa séance avec Narcissa Malfoy.
- … et donc je suis pratiquement certaine qu'il me cache quelque chose. Peut-être se confierait-il plus facilement à vous...
- Excusez-moi, mais de qui parlons-nous ?
- Mais de mon fils ! Avez-vous seulement écouté ce que je vous ai dit ?
La mine contrite affichée par la jeune femme avait dû être particulièrement équivoque pour que son aînée se contente de renifler :
- Si je vous ennuie, vous n'êtes pas obligée me tenir compagnie.
- Je suis profondément désolée, Mrs. Malfoy. La journée d'hier a été assez riche en émotions et je suis un peu préoccupée. Mais ça ne se reproduira plus, je suis toute à votre écoute.
- Non… dites-moi plutôt ce qui vous occupe l'esprit. Vous ne serez pas concentrée tant que vous n'aurez pas résolu vos problèmes.
- Je ne suis pas sûre qu'il y ait quoi que ce soit à résoudre. De toute façon je n'ai pas envie d'en parler...
- Serait-ce le déjeuner dominical chez les Weasley qui vous tracasse ?
L'ancienne Gryffondor ne cacha pas sa surprise :
- Comment êtes-vous au courant ?
- J'ai eu la visite de Mr. Potter hier, et il a parlé de ce déjeuner et de sa peur que vous refusiez une nouvelle fois… ce que vous avez fait, je présume.
- Évidemment que j'ai refusé. Comment pourrais-je me retrouver en face de Ronald ?
- J'aurais personnellement eu d'autres motifs de refus, mais cela n'engage que moi. Ce que je ne comprends pas c'est que vous évitez des gens que vous semblez apprécier à cause d'un élément indésirable.
- Je crois qu'il est encore trop tôt pour le revoir, les blessures sont trop fraîches.
- Parlez-vous de vos propres blessures ou des siennes ?
Pendant un moment Hermione resta silencieuse, si elle ne voulait pas voir Ronald c'était parce qu'elle était toujours amoureuse de lui… du moins une partie d'elle. Mais surtout, elle craignait une réaction aussi violente que lors de leur dernière rencontre, il y a plusieurs mois de cela.
- Je crois que c'est un peu des deux. De toute façon, il ne veut pas me voir alors les choses sont réglées.
- Vous le laissez donc dicter votre conduite ?
La jeune femme ouvrit la bouche pour la contredire, mais elle se rendit compte que son aînée n'avait pas tort. Si elle n'allait plus voir les Weasley, c'était uniquement parce qu'elle savait que ça déplaisait à Ronald et qu'il le lui avait interdit.
- Votre silence parle pour vous… Je ne vais pas décider à votre place, mais je pense que si vous avez envie de voir des gens auxquels vous tenez, vous ne devez laisser personne vous en empêcher.
- Mais ce sera douloureux… il ne veut pas de moi et je ne suis pas sûre de pouvoir lui faire face. Je suis encore amoureuse de lui et je pense qu'il le sait.
- N'oubliez pas ce que je vous ai appris Miss : les émotions visibles sont vos ennemies. Servez-vous de votre masque pour vous défendre. Je suis convaincue que vous en êtes capable ! Mais si vous préférez renoncer…
- Non ! J'irai les voir, peut-être simplement pas cette semaine… mais je finirai par y aller.
- Depuis combien de temps repoussez-vous ainsi la date ? Je ne vous juge pas Miss, mais si c'est la peur qui vous paralyse je pense que vous avez affronté bien pire.
Pendant un long moment, Hermione ne dit rien puis un sourire timide vint fleurir sur ses lèvres :
- Dites-moi, Lady Malfoy, depuis quand êtes-vous devenue ma thérapeute ?
Cette dernière ne retint pas un rire léger qui ravit sa soignante. C'était la première fois qu'elle l'entendait rire et elle se promit qu'elle ferait tout pour que cela se reproduise.
Le lendemain, lorsqu'elle revint la voir pour leur séance, elle n'eut même pas le temps de s'installer que Narcissa Malfoy la questionnait déjà :
- Avez-vous décidé si vous irez déjeuner chez les Weasley ?
- Vous pensez que je dois y aller ?
- Je pense que vous devez faire ce dont VOUS avez envie, et non ce que vous croyez être le mieux pour les autres ?
Pendant un long moment, Hermione ne dit rien, réfléchissant à la meilleure des solutions.
- Je ne sais pas à quoi vous réfléchissez Miss, mais vous y réfléchissez trop ! Fiez-vous à votre instinct, vous êtes en vie malgré votre place au front pendant la guerre, il ne doit donc pas être trop mauvais.
- Je ne suis pas sûre de réussir à lui faire face.
- Servez-vous de ce que vous avez appris. Votre masque est une arme, à vous de l'aiguiser. Et quand bien même les choses ne se passeraient pas parfaitement, vous aurez du soutien.
- Harry et Ginny ne sont pas neutres dans cette histoire.
- Vous n'avez pas besoin de soutiens neutres, mais de personnes qui sont de votre côté. Et je pense que Blaise et Draco sont tout désignés pour ce rôle.
La jeune femme afficha une mine étonnée, depuis quand Zabini et Malfoy étaient de son côté ? S'apercevant de sa surprise, son aînée poursuivit :
- Bien que je ne comprenne pas pourquoi, il semblerait qu'ils vous apprécient et je suis persuadée qu'ils se feront une joie de dénigrer ce Weasley.
- Je ne veux pas qu'on dénigre Ronald.
- Vous ne direz plus cela dimanche, et vous serez ravie de pouvoir compter sur eux. Réfléchissez-y !
La semaine d'Hermione passa à la fois trop vite et trop lentement. Forte de sa discussion avec Narcissa Malfoy, elle avait accepté l'invitation de Molly et elle commençait à le regretter. Cependant, il était trop tard pour reculer, Harry l'attendait déjà dans le salon pour transplaner au Terrier. Un dernier coup d'œil dans le miroir lui confirma qu'elle était parfaite. Comme l'avait dit sa patiente, Zabini s'était fait une joie de la conseiller pour ce repas : maquillage, coiffure, maintien… tout y était passé. Et Draco n'avait pas été en reste, l'ancienne Gryffondor avait eu la surprise la veille au soir de recevoir un colis express de l'héritier Malfoy. Une magnifique robe de sorcière ! La coupe était assez sobre pour qu'elle se prête à toute sorte d'occasions, mais le tissu était, sans aucun doute, d'une qualité bien supérieure à tout ce que la jeune femme avait eu l'habitude de porter. Et quelle couleur… un vert profond qui n'était pas sans rappeler celui qui ornait le blason des Serpentard. Une dernière goutte du parfum de sa mère et elle descendit rejoindre son ami.
Si l'air ébahi d'Harry l'avait amusée, ce n'était rien en comparaison de l'accueil réservé par les Weasley. Après l'avoir serrée longuement dans ses bras, Molly avait déclaré qu'elle n'avait jamais été aussi jolie. Arthur, plus calme, n'avait rien dit de particulier, mais ses yeux humides lui montraient à quel point il était ému. Ginny s'était dite fière de voir que ses conseils portaient leurs fruits et George lui avait clairement demandé s'il n'y avait pas un mystérieux sorcier à l'origine de cette métamorphose, ajoutant même que le vilain petit sombral était devenu licorne. Fleur avait exigé de connaître l'adresse de son couturier sous le regard attendri de Bill et Percy était allé jusqu'à lui faire un baisemain. À tous, Hermione avait répondu un sourire aimable collé aux lèvres pour mieux cacher l'émotion qui menaçait de la submerger.
Seul Ronald était resté silencieux, prétendant qu'elle n'était pas là. Du coin de l'oeil, elle avait vu chacun des Weasley tenter de le dérider, mais il s'obstinait à garder un air renfrogné.
- Ne fais pas attention à lui, je suis sûr qu'il finira par revenir vers toi. lui avait murmuré Harry alors qu'ils s'installaient autour de la grande table.
- Je ne suis plus certaine d'en avoir envie.
Elle se réalisait que si l'attitude du cadet des Weasley l'avait auparavant blessée, aujourd'hui elle était surtout en colère contre cette obstination à se regarder le nombril sans tenir compte les sentiments d'autrui.
Le repas se passa dans une bonne humeur relative, Hermione les régalant d'anecdotes au sujet de Sainte-Mangouste, tout en évitant soigneusement de parler des Malfoy. Toutefois, lorsqu'elle refusa poliment une seconde part de tarte aux pommes, la tempête qui couvait éclata :
- À force de traîner avec des Sang-Purs, tu es devenue aussi guindée qu'eux ! Je ne t'ai jamais vu refuser du dessert.
Alors qu'Harry ouvrait la bouche pour la défendre, la jeune femme fut plus rapide.
- Jusqu'à preuve du contraire tu es aussi un Sang-Pur, Ronald.
- Regarde-toi avec ton air condescendant, tu me fais presque penser à la fouine.
- Je ne crois pas avoir déjà vu Draco afficher un air condescendant. Hautain oui, mais…
- Parce que tu l'appelles par son prénom ? Ça y est, maintenant que tu fricotes avec sa mère tu t'es dit : pourquoi pas donne mon cul au fils !?
Autour de la table, le silence était pesant, mais l'ancienne Gryffondor ne se laissa pas impressionner. Sans se départir de son sourire, elle répondit :
- Je crois pouvoir affirmer que je fais encore ce que je veux de mon "cul", comme tu le dis si joliment. Je suis simplement venue voir ta famille acceptant leur invitation.
- Leur invitation ? Mon œil, si t'es revenue c'est pour me remettre le grappin dessus. Mais t'as beau jouer les allumeuses, en t'habillant et te maquillant comme une trainée, rien ne sera possible tant que tu ne t'excuses pas !
Elle éclata d'un rire amer.
- Tu n'as pas compris n'est-ce pas ? Tu croyais vraiment que j'allais revenir vers toi ? Mais Ronald tout a été fini entre nous, avant même d'avoir commencé. Je pensais avoir été claire, mais apparemment ce n'est pas le cas alors laisse...
- Je t'ai interdit de venir ici ! Tu as détruit ta famille et il est hors de question que tu t'incrustes dans la mienne !
Le visage rouge et le souffle court, Ronald était debout, les deux poings appuyés sur la table. Il éructait, tremblait et ne semblait plus en mesure de se contrôler.
- Maintenant ça suffit Ron, tu es ridicule ! Tu n'as rien à m'interdire, et je ne pensais pas que toi, tu oserais m'attaquer sur mes parents.
Elle avait dit cela d'un ton froid, presque glacial. Puis en se tournant vers la matriarche des Weasley, elle reprit :
- Je suis désolée Molly, je crois qu'il est préférable que je m'en aille. Je reviendrais vous voir quand vous serez plus au calme. Je vous souhaite encore une belle fin d'après-midi.
Elle sortit du Terrier, faisant mine de ne pas remarquer que les frères Weasley s'étaient regroupés autour de Ronald, certainement pour l'empêcher de se jeter sur elle tant il semblait fou de rage.
Sans réfléchir, elle transplana directement à l'hôpital sachant qu'elle y trouverait le réconfort dont elle avait besoin.
