Bonjour à toi Lecteur,

Je poste un peu plus tard que prévu car j'ai eu beaucoup de travail cette semaine et impossible de pouvoir mettre tout cela en forme assez rapidement ! D'autant plus que mon écriture est difficile et que j'ai remis ce chapitre à ma Bêta assez tardivement. Mais, heureusement pour toi, elle a fait un travail formidable et corriger très rapidement ce que je lui avais envoyé !

Voici donc ce nouveau chapitre, qui, je l'espère, te plaira ! Encore une fois j'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire... Les liens entre mes personnages se tissent et se renforcent et j'avoue les apprécier énormément ! Encore une fois, Hermione va devoir faire face à une épreuve difficile, mais désormais elle n'est plus seule !

Bonne Lecture !


La partie de trictrac que disputait Narcissa avec son fils et Blaise n'était pas suffisante à lui changer les idées. D'autant plus que son filleul ne semblait pas plus intéressé qu'elle par ce qui se passait sur le plateau de jeu. Seul Draco jouait comme si sa vie en dépendait, mais il avait toujours été ainsi et très mauvais perdant avec cela.
Après avoir une énième fois regardé la pendule, elle se rendit compte qu'elle attendait l'arrivée de Miss Granger avec un intérêt grandissant. Elle oscillait entre curiosité et inquiétude, la jeune femme ayant pris une place de plus en plus importante dans sa vie… même si elle ne l'aurait avoué pour rien au monde.

- Mère, cessez donc de vous tourmenter pour Hermione ! Elle est parfaitement apte à se défendre contre ce Weasley.

- Qu'est-ce qui te fait croire que je m'inquiète ? Je suis simplement fatiguée…

Draco leva un sourcil ironique, un peu à la manière de Severus Snape. Par Merlin, ce garçon avait définitivement passé trop de temps avec son regretté parrain.

- Dans ce cas, je me demande pourquoi avoir insisté pour que Blaise et moi l'aidions à se préparer pour ce déjeuner ?

- Tu te doutes bien que je voulais donner une leçon aux Weasley… Qu'elle leur montre qu'elle est bien supérieure à eux !

- Vous considérez Hermione Granger supérieure à une famille de Sang-Purs ?

- À cette famille-là, très certainement ! Mais ne t'avise pas de penser à autre chose…

Narcissa ne sût jamais ce que son fils allait répondre puisqu'au moment où il ouvrit la bouche, une Miss Granger bouleversée fit irruption dans sa chambre.

Elle tremblait légèrement, son regard était totalement perdu et ses poings se serraient frénétiquement. Il ne se passa que quelques secondes avant que Blaise et Draco se précipitent vers elle, et la forcent à s'asseoir. Son fils appela Dipsy pour lui demander un thé corsé. Pendant de très longues minutes, pas un mot ne fut prononcé autour de la Lady.

- J'en déduis que les choses ne se sont pas très bien passées ? s'enquit finalement la noble.

La Gryffondor renifla inélégamment et essuya rageusement ses larmes. Elle raconta la scène qui venait de se dérouler au Terrier, et Narcissa se dit qu'elle avait réellement bien fait de la forcer à y aller. Maintenant que l'abcès était percé, les choses seraient plus faciles à gérer pour la jeune femme.

- J'ai toujours su que ce mec était un connard ! lança Draco avant de lancer un regard d'excuse à sa mère. Franchement Granger, je n'ai jamais comprisce que tu pouvais lui trouver. On ne peut pas dire que je te portais dans mon cœur, mais tu as toujours valu mieux que lui. Potter aurait été un meilleur choix, sans compter que physiquement il a clairement l'avantage !

- Il n'a pas toujours été comme ça…

- Tu es sûre de ça ? renchérit Zabini. Je me rappelle t'avoir vu pleurer pendant le bal, en quatrième année, et je ne pense pas avoir tort en disant que c'était de sa faute. Sans compter la sixième année où il passait son temps ventousé à Brown alors que ça se voyait comme le nez au milieu de la figure que tu en pinçais pour lui.

La Née-Moldue ne dit rien, se contentant de siroter son thé, quand, sans prévenir, elle éclata de rire.

- Vous avez raison, il s'est comporté comme un imbécile plus d'une fois. Comment est-ce que j'ai pu être aussi aveugle ? Il m'a tellement fait pleurer que j'aurais pu faire refleurir tout un désert. Mais, ajouta-t-elle plus tristement, c'est mon premier amour et je pense que ça va être difficile de pouvoir l'oublier !

- Ne t'inquiète pas ces choses-là finissent par se tasser… j'ai eu le béguin pour Parkinson pendant mes premières années à Poudlard, et je suis bien content d'avoir pu passer à autre chose, répondit le métis en riant. Et Draco en pinçait pour une des Patil, mais il ne l'avouera jamais, pas même sous la torture.

- Moi au moins je ne perdais pas mon temps à dessiner des cœurs sur mes parchemins. Je me souviendrais toute ma vie du jour où Severus a pris tes cours de potions. « Je ne suis pas certain que cette formule vous aidera à réaliser votre Pimentine, Mr. Zabini… tout au plus obtiendrez-vous une tisane diurétique. »

Et ils plaisantèrent sur leurs années à Poudlard, évitant soigneusement de parler des différends qui les avaient opposés alors. Narcissa trouva cette parenthèse légère particulièrement bienvenue, et se laissa porter par les éclats de rire des trois jeunes gens. Mais cet intermède fut interrompu par l'entrée fracassante d'Harry Potter :

- Hermione, je t'ai cherchée partout, il faut absolument que je te parle…

- J'avais besoin de m'évader et ici au moins, je suis bien accueillie. Si c'est pour parler de Ronald, je n'en ai…

- Non rien à voir avec cet idiot ! J'ai eu une lettre du détective Mione, ça y est… il les a retrouvés !

Il y eut un instant de flottement après cette annonce, avant que la Gryffondor ne se jette dans les bras de son ami. Elle riait et pleurait sans distinction, alors que le Survivant la faisait tournoyer dans les airs. Devant un tel spectacle, Narcissa comprit les sentiments complexes qui unissaient la jeune femme et Harry Potter, ce n'était pas simplement de l'affection, c'était bien plus pur et bien plus profond. Il lui avait parlé d'une sœur, mais la Lady savait que c'était encore plus puissant que cela.

- Oh mon Dieu Harry ! Il faut que j'aille au bureau des portoloins internationaux… et je dois préparer mes affaires… et me procurer les papiers pour les États-Unis…

- Respire Hermione ! Ton portoloin pour Philadelphie part dans trois heures, je l'ai réservé pour toi. Le détective t'attendra sur place et vous aviserez ensuite. Gin' est dans ta chambre en train de préparer ta valise et les papiers sont prêts depuis que je sais que tes parents sont aux États-Unis. Tu n'as plus qu'à partir !

- Oh… merci infiniment ! dit-elle en se précipitant vers la porte. Je préviens le Professeur et j'y…

Elle s'arrêta sur le seuil et se retourna vers eux. Son visage était extatique, et un large sourire perçait à travers les larmes qui coulaient encore sur ses joues. Revenant sur ses pas, elle enlaça Blaise et Draco d'un seul mouvement, et les deux garçons ne pouvaient s'empêcher de se moquer de ce débordement d'affection.

- Merci pour cet après-midi, mais également pour tout le reste… Vous êtes un peu comme mes soleils.

Pis elle se dirigea vers le fauteuil de la Lady.

- Je ne sais pas combien de temps je serais partie, mais dès mon retour nous reprendrons nos séances et nous vous guérirons. J'en fais la promesse.

Elle sortit de la chambre, laissant derrière elle une atmosphère bienheureuse.

- Cette jeune fille ne saura donc jamais maîtriser ses émotions ! asséna Narcissa pour masquer la gêne.

- J'espère que tout se passera bien, elle le mérite. dit simplement le Garçon-qui-a-vaincu.

Les trois semaines qui suivirent furent des plus éprouvantes pour la Serpentard, Draco ne venait pas assez souvent à son goût, et malgré toute son énergie, Blaise ne parvenait pas à pallier à ce manque. D'autant que Lucius se remettait difficilement, et que chacune de ses lettres était un autre coup de poignard dans le cœur de Narcissa. Seules les visites occasionnelles d'Harry Potter lui permettaient de s'évader quelque peu de la tristesse qui ne la lâchait plus.
Par moment, elle avait envie d'abandonner, de se laisser aller comme elle l'avait fait au Manoir, mais elle devait tenir, pour Miss Granger et son travail, pour Blaise et sa joie de vivre, pour Draco et son affection, et surtout pour Lucius et son amour. Alors elle écrivait... elle écrivait des lettres que personne ne lirait jamais… elle noircissait des parchemins entiers pour évacuer les nuages qui lui obscurcissaient le cœur.

Un jour, alors qu'elle se promenait avec Celui-qui-a-vaincu dans les jardins de Sainte-Mangouste, elle lui posa la question qui la taraudait depuis plusieurs jours déjà :

- Avez-vous des nouvelles de Miss Granger ?

- Pas depuis qu'elle est arrivée aux États-Unis… j'espère que c'est bon signe.

- Je l'espère aussi, Mr. Potter. Je n'irais pas jusqu'à dire que je m'inquiète pour elle, mais la situation est délicate et qui sait comment pourraient réagir les parents de Miss Granger.

- Nous ne pouvons que prier les dieux pour que tout se passe pour le mieux, Mrs. Malfoy.

Elle était en train de déjeuner avec Blaise lorsque l'employé proposé au courrier déposa, sans un mot, une lettre sur le guéridon.

- Toujours aussi aimable, lui dit Blaise alors qu'il s'emparait de la missive.

- De qui est-ce ? s'enquit la Lady. Je n'attends rien avant plusieurs jours.

Potter… répondit le jeune Serpentard en survolant le parchemin. Granger est rentrée !

- Donne-moi cette lettre !

« Mrs. Malfoy,
Hermione vient d'arriver à Londres. Elle a rendu la mémoire à ses parents, mais les choses ne se sont pas déroulées aussi bien que je l'aurais voulu.
Ils sont apparemment déçus et lui en veulent beaucoup. Toutefois, ils ont décidé de rentrer en Angleterre, ce qui est déjà un soulagement. Comme vous pouvez vous en douter, Hermione est assez fragilisée par cet événement. Je ne sais pas si elle reviendra travailler dans les prochains temps, mais je pense que cela lui ferait du bien d'avoir de vos nouvelles.
D'après ce que j'ai pu voir, elle est assez proche de votre fils et de Blaise Zabini, ils sont donc libres de passer au Square Grimmaurd pour lui rendre visite.
Cordialement,
Harry Potter »

Après sa lecture, Narcissa resta un moment pensive. Contrairement au Gryffondor, elle se doutait que les choses ne se dérouleraient pas pour le mieux. Après tout la jeune femme avait délibérément effacé la mémoire de ses parents et cela serait difficile à pardonner. Mais elle espérait de tout cœur que cela s'arrange, personne ne méritait d'être séparé de sa famille.

- Comment pensez-vous qu'elle va ? lui demanda Blaise.

- Je n'en suis pas sûre… Miss Granger est assez complexe, un véritable amalgame de sentiments. D'autant plus qu'elle a vécu des choses difficiles et que je ne suis pas certaine qu'elle puisse encore gérer d'autres mauvaises nouvelles. Toutefois, elle a montré plus d'une fois qu'elle était forte, et avec le soutien nécessaire je pense pouvoir assurer qu'elle se relèvera.

- Vous semblez bien la connaître...

- Disons que certaines épreuves nous ont rapprochées. Je la comprends plus qu'elle ne le voudrait.

- Et il en va de même pour elle… ajouta Blaise, malicieux.

La Lady ne répondit rien, elle ne voulait pas donner cette satisfaction à son filleul même si elle savait qu'il avait parfaitement raison. Elle se rendait compte que la jeune Gryffondor occupait désormais une place importante dans sa vie, quasiment au même titre que sa propre famille.

- Ne vous en faites pas, reprit le métis. Je sais ce que vous ressentez, je trouve moi aussi cela étrange que Granger soit si incrustée dans nos vies. Mais ce n'est peut-être pas une mauvaise chose.

- J'ai remarqué qu'elle semblait beaucoup compter pour toi… et pour Draco…

- Chercheriez-vous des confessions Narcissa ? Draco l'apprécie, au même titre que moi je pense, en tout cas il n'a rien laissé entendre de plus… De toute façon, si elle continue à vous fréquenter assidûment, elle deviendra l'équivalent d'une Sang-Pure de la meilleure compagnie.

- Il est vrai qu'elle s'est considérablement améliorée, c'est une jeune femme intelligente et je regrette réellement qu'elle soit née de Moldus. Elle aurait pu régner sur les grandes familles.

- La guerre a changé la donne, peut-être que les choses seront différentes. Après tout, elle fait partie du Trio d'Or. répondit-il en souriant.

-C'est un surnom absolument ridicule. Toutefois, il est vrai que sa position peut la faire envisager comme un parti convenable pour les familles qui souhaitent se racheter auprès du monde sorcier. Et comme tu l'as dit, avec la bonne influence elle peut devenir une digne femme d'aristocrate…

- Je suis heureux de voir que vous n'avez pas perdu votre âme de conspiratrice, faites en votre protégée et d'ici quelques mois elle sera courtisée par tous les Sangs-Purs célibataires du pays.

Narcissa ne répondit rien de plus, et la conversation dévia vers un sujet plus léger. Cependant, elle ne pouvait s'empêcher de penser à ce que lui avait dit Blaise. Serait-il possible que la jeune femme puisse trouver sa place au bras d'un Sang-Pur ? Après tout ce serait un excellent moyen de remercier la Gryffondor pour l'aide qu'elle lui avait apportée. Il faudrait qu'elle réfléchisse à une approche très fine, mais maintenant que l'idée avait germé, elle ne tarderait pas à la mettre en pratique.

Lorsque Blaise la quitta dans la soirée, elle lui demanda s'il comptait passer voir la Née-Moldue.

- Ce n'était pas dans mes plans immédiats. plaisanta le métis. Pourquoi ne lui écrivez-vous pas si vous voulez avoir de ces nouvelles ?

- Je ne veux pas nécessairement de ces nouvelles. Et il serait sans doute malvenu de lui écrire.

- Au contraire je suis absolument certain que cela lui ferait plaisir de recevoir une lettre de votre part. dit-il avec le sourire avant de quitter la chambre.

Malgré ce qu'il avait annoncé, le jeune homme était allé rendre visite à la Gryffondor. Et Draco lui aussi était passé la voir pendant les deux jours qu'il passait à Londres. Bien qu'elle prétendait le contraire, Narcissa était inquiète pour sa soignante, et pas uniquement parce que c'était la seule personne du service à vouloir sa guérison. Elle avait donc pris la résolution de lui écrire et les deux femmes échangeaient très régulièrement par hibou. C'est ainsi qu'elle avait appris, de la main même de la rouge et or, comment s'était déroulé son séjour aux États-Unis.

Les parents de Miss Granger lui en avaient beaucoup voulu de les avoir écartés aussi simplement de sa vie. Elle avait eu beau dire que cela était pour leur bien, ils avaient peur de ce que leur fille était capable de faire avec la magie. Il avait fallu toute la force de persuasion du détective pour qu'ils acceptent de la recevoir une fois leur mémoire retrouvée. Elle leur avait alors raconté la guerre, les tortures et les meurtres sur des personnes qui étaient nées sans pouvoir. Elle était même allée jusqu'à partager certains de ses souvenirs avec eux. Cette entrevue, certainement douloureuse pour les deux parties, avait permis d'apaiser les relations entre les Granger et leur fille. Ils avaient donc accepté de rentrer en Angleterre, mais à condition de limiter, pour le moment, les interactions avec la Gryffondor.

Narcissa se sentait triste pour elle, elle connaissait la douleur d'être séparée des siens et souhaitait que les choses s'arrangent rapidement pour la jeune femme. C'est pourquoi elle fut ravie de lire qu'elle reprenait son bénévolat ce lundi, moins de dix jours après son retour des États-Unis.