Bonjour Lecteur,
Je m'excuse pour cette semaine supplémentaire d'attente mais encore une fois l'inspiration n'était pas au rendez-vous ! J'avance très lentement en ce moment...
Merci pour tous les gentils petits mots que je reçois, c'est tellement agréable de voir que son travail est apprécié et que la suite des évènements ne te déçois pas.
Mais trêve de bavardage, aujourd'hui Hermione retourne à Ste-Mangouste et va prendre une grande décision, qui, je l'espère l'aidera à avancer ! Et une surprise se prépare pour Narcissa.
Bonne Lecture !
Hermione était ravie de reprendre son bénévolat à Sainte-Mangouste, ça lui permettrait de s'évader de la culpabilité qu'elle ressentait jour après jour. Elle avait cru que ses parents comprendraient ses actes, mais elle s'était lourdement trompée. Ils avaient été choqués et déçus de voir qu'elle les avait écartés de sa vie d'un simple coup de baguette. Pire encore, ils avaient maintenant peur de ce que la magie était capable de faire. Selon eux, elle aurait dû leur expliquer la situation et s'enfuir si c'était nécessaire. Elle avait essayé de leur faire comprendre qu'elle se battait pour ses idéaux, comme ils lui avaient toujours appris à faire mais à leurs yeux, elle était allée beaucoup trop loin pour un combat auquel ils n'auraient jamais dû être mêlés.
Même si elle savait qu'elle avait fait le bon choix et que les choses ne seraient pas différentes si elle avait à les refaire, elle ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir pour ce qu'elle avait fait subir aux personnes qu'elle aimait le plus. Elle réalisait à présent la difficulté de conjuguer les deux mondes lorsque l'on était né de parents Moldus. La plupart des sorciers ne vous considéraient pas tout à fait comme l'un des leurs, et les Moldus plus vraiment comme venant de leur monde. Elle avait cru que ce serait différent pour ses parents, ils avaient été si fiers d'elle au départ mais Voldemort avait tout changé. Elle espérait que le temps ferait son œuvre et qu'ils arriveraient à lui pardonner.
Elle était reconnaissante envers Harry, Ginny et les Weasley d'avoir tout fait pour l'aider à surmonter cette nouvelle épreuve. Molly avait envoyé toutes sortes de plats, si bien que le Square Grimmaurd avait assez de nourriture pour tout un régiment. Ginny lui avait organisé un week-end pyjama pour parler des garçons et manger des tonnes de crème glacée. Georges avait fait parvenir un colis spécial des meilleurs produits de la boutique et Harry ne l'avait pas lâché d'une semelle. Les visites de Blaise et celle de Draco lui avaient fait très plaisir, elle appréciait énormément les deux anciens Serpentards. Toutefois, ce sont les différentes lettres de Narcissa qui l'avaient le plus touchée. Elle ne s'attendait pas à ce que sa patiente s'intéresse autant à son sort mais elle avait trouvé en elle une confidente attentive et surtout, qui savait la douleur d'être séparée des siens.
C'est donc avec soulagement qu'elle retrouva la salle de repos du personnel de Sainte-Mangouste, où Macha l'accueillit.
- Hermione, tu m'as manquée ! L'ambiance est des plus moroses depuis que tu es partie. Et ta patiente n'est pas au mieux de sa forme.
- Je sais, nous avons correspondu pendant mon congé. Mais je vais tout faire pour l'aider à guérir.
- Elle a de la chance d'avoir trouvé quelqu'un de si dévoué après ce qu'elle a fait.
- Pas toi aussi Macha, je pensais que tu l'appréciais.
- Ne te méprends pas, je n'ai rien contre elle, après tout je n'étais pas ici pendant la guerre. Mais je comprends ses détracteurs, elle a été proche des Mangemorts… Mets-toi à la place de ces gens, Hermione, ils ont certainement eu affaire à l'un d'entre eux.
- J'ai été torturée par sa sœur, marquée comme un animal, sous ses yeux, dans son Manoir, dit-elle en remontant sa manche. Et j'arrive à la considérer comme un être humain… Ces gens, comme tu le dis si bien, pourraient en faire de même !
Elle avait énoncé cela d'une voix froide, presque détachée, mais c'était comme si elle l'avait hurlé. Macha la fixait désolée, ne pouvait lever son regard de l'affreuse cicatrice qui lui barrait le bras.
- Je ne savais pas… je n'aurais jamais…
- Tu ne pouvais pas savoir ! la coupa Hermione. Ce n'est pas les choses que l'on raconte sur les cartes Chocogrenouilles. « La grande Hermione Granger, héroïne de guerre a un horrible Sang-de-Bourbe marqué à vie sur son bras », pas terrible tu en conviendras.
- Et tu ne peux pas le faire enlever ?
- Magie noire ! Tu penses réellement que Bellatrix Lestrange laisse ce genre de choses au hasard ?
- Je suis désolée… vraiment.
- Laisse tomber ! Mais simplement, ne me demande pas de comprendre des idiots remplis de préjugés sous prétexte que la guerre les a éprouvés.
Elle sortit de la salle de repos, furieuse mais étrangement en paix avec elle-même. C'était la première fois qu'elle parlait de ce qui s'était passé au Manoir Malfoy, la première fois qu'elle montrait sa balafre, et c'était comme si un poids s'était ôté de sa poitrine. Elle prit sa manche dans le but de recouvrir sa cicatrice, mais se suspendit dans son geste. Elle caressa sa peau, dont les aspérités laissaient deviner l'insulte qui y était gravée et resta songeuse. Après quelques secondes, elle remonta son autre manche. Cette marque faisait désormais partie d'elle et de ce simple geste, elle venait de l'accepter.
Elle commença donc sa journée, s'occupant de ses patients. De nombreux collègues et malades fronçaient les sourcils devant son bras nu, mais elle supporta tous leurs regards interrogateurs sans broncher. S'ils souhaitaient des réponses, ils n'avaient qu'à les lui demander. Peu avant midi, elle entra dans la chambre de la Narcissa Malfoy. Cette dernière était assise dans une causeuse en face de Blaise. Quand le métis l'aperçut, il lui adressa un sourire étincelant que la jeune femme lui rendit timidement. Pis son regard se pose sur son avant-bras et un masque hautain se réimprima sur son visage. L'expression de Narcissa était aussi froide que lorsqu'elles s'étaient rencontrées, mais Hermione ne s'y trompait pas, elle savait que tous les deux se cachaient derrière leurs masques pour ne pas laisser transparaître d'émotions.
- Bonjour Blaise. Bonjour Mrs. Malfoy. Je suis heureuse de vous trouver tous les deux en bonne santé. tenta-t-elle pour détendre l'atmosphère.
- Miss Granger, répondit la noble en la saluant de la tête.
Le métis lui ne dit rien, le visage toujours fermé. Alors que les deux femmes commençaient une conversation des plus banales, ce dernier explosa.
- Comment pouvez-vous faire comme si cette marque n'existait pas ?
- Voyons Blaise, reprends-toi ! Si Miss Granger arrive à faire…
- Comment pouvez-vous dire ça Narcissa ? Elle a une des pires insultes gravées sur son bras et cela ne vous offusque même pas !
La Lady lui lança un regard froid, et se mura dans le silence.
- Si Mrs. Malfoy n'a rien dit, c'est parce qu'elle connaît l'origine de cette cicatrice.
- Que… commença Blaise avant d'être interrompu par la main levée d'Hermione.
- La guerre laisse des cicatrices à chacun, physiques ou psychologiques. Ceci n'est qu'une preuve de plus qu'il s'agissait là d'une guerre absurde !
- C'est cette cinglée qui t'a fait ça ? Bellatrix ?
L'ancienne Gryffondor hocha la tête.
- Vous étiez-là, n'est-ce pas ? Vous saviez qu'elle était en train de la torturer ? Comment avez-vous pu laisser faire ça Narcissa ?
Blaise se leva, furieux, et quitta la chambre d'un pas rapide. C'était bien la première fois qu'Hermione le voyait perdre ainsi son sang-froid. Les deux femmes restèrent silencieuses un long moment, avant que l'ancienne Serpentard prenne la parole :
- Ne croyez pas que cela m'indiffère mais je n'ai pas jugé à propos de parler de votre cicatrice.
- Je n'attendais rien de votre part ni de celle de Blaise. Si j'ai enfin décidé à découvrir mon bras c'est parce qu'il faut que j'accepte ce qui s'est passé cette nuit-là, et qu'il faut que j'apprenne à aller de l'avant. Et pis, que vouliez-vous dire ? Que vous êtes désolée ? Que vous auriez dû faire quelque chose ? Nous savons toutes les deux que ça n'aurait servi à rien… Il m'a fallu du temps pour le comprendre mais vous êtes aussi différente de Bellatrix que l'est Andromeda.
- Vous connaissez ma sœur.
La jeune femme ne sut dire s'il s'agissait là d'une question ou d'une simple affirmation, c'est pourquoi elle se contenta de hocher la tête.
- Bien… il est temps de reprendre nos séances. De quoi souhaitez-vous discuter aujourd'hui ? Voulez-vous que nous parlions de la réaction de Blaise ?
- Blaise a réagi un peu vivement mais je sais qu'il reviendra s'excuser plus tard. Je le connais... A vrai dire Miss, j'aimerais vous parler de mariage ! Avez-vous déjà songé à votre futur époux ?
Hermione ne sût pas quoi répondre. Elle était bien trop jeune pour se marier et quand bien même, elle n'était pas sûre d'en avoir un jour l'envie. Toutefois, elle ne put s'empêcher de sourire à son aînée :
- Je me doutais bien que vous tenteriez de me changer les idées après ce qui s'est passé avec mes parents, mais là je dois dire que c'est réussi… Pourquoi cette question ? Auriez-vous des prétendants à me présenter ?
- Je n'y ai pas encore tout à fait réfléchi, mais il se pourrait que nous vous trouvions l'un ou l'autre garçon de bonne famille…
- En plus vous voulez me faire épouser un Sang-Pur ? Mais alors un descendant des 27, rien de moins ! rétorqua Hermione, un brin provocateur.
- Et pourquoi pas Miss Granger…
Une fois encore, elle ne sut que répondre. La Lady était-elle sérieuse ? Voulait-elle vraiment la marier à un Sang-Pur ?
- Très franchement, je ne suis pas sûre de comprendre où vous voulez en venir… finit-elle par dire. Quoi qu'il en soit je pense que la Sang-de-Bourbe que je suis ferais tache avec le tapis du salon d'un descendant des 27 !
- Je vous ai déjà dit de ne pas être aussi vulgaire Miss… Quoi que vous puissiez penser, je suis certaine que plus d'une famille vous accepterait comme bru après ce qui s'est passé pendant la guerre.
L'ancienne Gryffondor n'y comprenait plus rien. Narcissa Malfoy était-elle vraiment en train de tirer des plans sur la comète par rapport à son mariage avec un Sang-Pur issu d'une grande lignée ?
- C'est donc réellement ainsi que ça se passe dans ce genre de famille ? Les mariages sont arrangés sans l'avis des deux intéressés ? C'est tellement rétrograde… Et je vous interdis de m'inclure dans un quelconque plan !
- Je ne peux pas signer d'arrangement pour vous, vous n'êtes pas de mon sang. En revanche, je peux toujours faire en sorte que vous soyez acceptée par mes pairs.
- Très peu pour moi. Je préfère garder mon libre arbitre. Mais si je comprends bien ce que vous dites, poursuivit-elle, vous n'avez été mariée avec Mr. Malfoy que parce que vos familles l'avaient décidé ?
- Plus ou moins… répondit vaguement la Lady. Nous étions promis dès notre plus jeune âge mais ce mariage a failli ne jamais avoir lieu. La fuite de ma sœur aînée avait fragilisé la position de la famille Black et nous n'étions plus en mesure de nous prétendre égaux aux Malfoy. Mais Lucius ne l'entendait pas ainsi et il a tout mis en œuvre pour que notre union soit célébrée.
- Vous voulez dire qu'il vous a fait passer avant la volonté de sa famille ? Avant le nom des Malfoy ?
- Voyez-vous Miss Granger, si la plupart des mariages entre Sangs-Purs sont arrangés, quelques-uns sont basés sur un amour véritable.
Hermione était estomaquée, elle n'aurait jamais cru que Lucius Malfoy soit capable d'aimer. Elle avait depuis longtemps compris que Narcissa était attachée à son mari mais elle venait seulement de réaliser que l'inverse était réciproque.
- Je ne suis pas certaine de vouloir continuer la conversation sur ce terrain, je ne survivrais pas à l'image de votre époux fou amoureux.
L'ancienne Serpentard eut un petit rire discret, celui qu'elle aimait entendre.
- Je crois en effet que Lucius ne me le pardonnerait pas.
Le reste de la séance se concentra sur les traditions des mariages entre Sangs-Purs, et pour des sorciers qui s'estimaient au-dessus des autres, la jeune femme les trouvait extrêmement rétrogrades. Ils vivaient avec une idée de classes que les Moldus avaient abandonnée depuis des décennies. Hermione ne comprenait pas bien l'intérêt de vivre ainsi en vase clos, mais elle essayait de garder l'esprit ouvert. Du moment que la lady ne se lançait pas dans des idéologies raciales. Elle était encore plongée dans ses pensées lorsqu'elle aperçut Draco qui faisait les cent pas devant le bureau du Professeur O'Brien.
- Draco ? Ta mère ne t'attendait pas aujourd'hui… tout va bien ?
- En fait c'est toi et l'Irlandais que je venais voir. lui répondit-il avec un baise-main.
Tradition rétrograde ou non, cette manière de saluer plaisait beaucoup à Hermione.
- Le Professeur t'a déjà reçu ?
- Pas encore, il est rendez-vous pour un moment si j'ai bien mais je pense que c'est mieux de t'en parler avant… Je ne sais pas si tu es au courant mais c'est bientôt l'anniversaire de ma mère, et j'aimerais la faire sortir d'ici au moins pour une journée !
- Je pense que c'est une excellente idée ! Physiquement, elle va beaucoup mieux et même si elle est encore très fragile moralement, une journée en dehors de Sainte-Mangouste ne peut lui faire que du bien ! As-tu déjà décidé de ce que tu ferais avec elle ?
- Oui j'ai noté le programme détaillé car je me doutais que vous ne nous laisseriez pas faire n'importe quoi. J'ai aussi la liste des invités, qui est des plus courtes… Toi, moi et Blaise… Éventuellement Potter s'il veut passer la voir... reprit-il en lui tendant les parchemins.
- C'est bien d'éviter à tout prix le Manoir des Malfoy, je ne la pense pas encore assez forte pour y retourner, même entourée. dit-elle en examinant le déroulé de la journée. En revanche, le Chemin de Traverse n'est pas une bonne idée… j'ai peur que les gens la prennent à partie ! C'est trop dangereux !
- Mais c'est son restaurant préféré… j'avais vraiment envie de l'y emmener ! se lamenta l'ancien Serpentard.
- Pourquoi ne pas faire livrer la nourriture ?
- Mais où ? Le manoir est hors course, je n'ai pas de pied à terre ici, et je ne suis pas certain que le nouveau mari de la mère de Blaise nous accueille à bras ouverts…
- J'ai peut-être une idée… laisse-moi le temps d'envoyer un patronus. Je te retrouve à la cafet dès que j'ai des nouvelles, profite-en pour aller la voir ! Nous irons ensuite parler au Professeur ensemble.
La réponse arriva bien plus vite qu'Hermione ne l'avait espéré. C'est avec un grand sourire qu'elle retrouva Draco à la cafétéria de l'hôpital.
- J'ai une excellente nouvelle ! Nous pouvons fêter l'anniversaire de ta mère au Square. Harry est d'accord pour nous laisser la maison et je suis plus que certaine que cela lui fera du bien.
- Euh… je ne sais pas… j'ai peur que cela soit pire. Tu dis toi-même que sa dépression est liée à tout ce qu'elle a perdu. Remuer ainsi le passé, je ne crois pas que ce soit vraiment une bonne idée.
- C'est certain qu'elle éprouve de la nostalgie pour son enfance et cette maison y est clairement rattachée. Mais cette nostalgie ne l'a jamais empêchée d'aller de l'avant, au contraire je pense même qu'elle est capable d'y puiser des forces.
- Tu n'as pas intérêt à te tromper Granger… Bien, allons voir l'Irlandais avant que je ne change d'avis.
Étrangement, convaincre le Professeur avait été plus facile que ne l'avait pensé Hermione. Ce qui l'avait confortée dans son idée, une visite à Square Grimmaurd pouvait aider la lady. Il ne restait plus qu'à lui annoncer la bonne nouvelle, ce dont Draco se chargea en compagnie de l'ancienne Gryffondor.
