Bonjour à toi Lecteur,

Ravie de te retrouver pour ce nouveau chapitre que j'ai adoré écrire (je te laisse deviner pourquoi).

Je profite de ces quelques lignes pour remercier la gentille Jade qui m'a laissée quelques mots qui m'ont fait très plaisir en guest.
Mais surtout je tiens à remercier ma super bêta qui a fait un travail de correction plus rapide que l'éclair et sans laquelle, ce chapitre n'aurait pas pu être posté aujourd'hui !

Bonne Lecture


Une semaine après avoir célébré l'anniversaire de Narcissa Malfoy, Hermione se retrouvait en sa compagnie dans l'aire de transplannage réservée aux visiteurs d'Azkaban. Elle avait su dès l'instant où elle avait eu connaissance de la liste des garants possibles, qu'elle accompagnerait sa patiente lors ses visites. Cela ne la ravissait pas, loin de là… si elle avait pu vaincre ses aprioris sur Draco et sa mère, elle savait qu'elle ne pourrait jamais faire de même pour Lucius Malfoy. Après tout, il avait choisi sa voie en connaissance de cause, et il n'aurait pas hésité à les tuer lors de l'attaque du Ministère.
Elle jeta un regard inquiet à l'ancienne Serpentard. Celle-ci n'avait pas dit un seul mot depuis qu'elle était venue la chercher pour le transplannage. Son visage était fermé et il était clair qu'elle occludait autant qu'elle en était capable. Une fois encore, Hermione se demanda si c'était une bonne idée, d'autant qu'elle ne savait pas comment le Mangemort réagirait en sa présence.

Lorsqu'elles se retrouvèrent devant la porte du bureau du directeur de la prison, l'ancienne Gryffondor vit Lady Malfoy renaître sous ses yeux. Cette dernière s'était redressée, gagnant encore quelques centimètres, et affichait son habituel masque glacial. Mais elle connaissait désormais trop bien ce masque pour se laisser berner, elle savait que la noble était aussi angoissée qu'impatiente. Elle prit une grande inspiration tout en priant pour que les choses se passent au mieux avant de pousser la porte.

Lucius Malfoy était au centre de la pièce, enchaîné à un fauteuil, ce qui fit tiquer la jeune femme, et encadré de deux gardiens. Mais ce qui la dérangea le plus était l'état général dans lequel il se trouvait. Ses cheveux avaient été rasés alors qu'une barbe lui mangeait les joues. Il avait affreusement maigri et elle aurait pu jurer que son nez avait été fracturé… plusieurs fois. Elle se promit d'en parler à Kingsley.
Toutefois, lorsqu'il vit sa femme, il se leva immédiatement et ne la quitta plus du regard. Narcissa Malfoy, elle, était comme pétrifiée. Chaque muscle de son visage était figé, sa posture était rigide et elle agrippait si fort le bras d'Hermione que les jointures de ses doigts en étaient blanches.

- Messieurs, finit par dire l'ancienne Gryffondor, M. Malfoy ne devrait pas avoir de chaînes, ça avait été stipulé dans le contrat que nous avons signé avec la prison.

- Mais c'est un Mangemort ! répondit l'un des gardiens.

Mangemort ou non, sa magie a été bridée et vous êtes tous les deux munis de baguettes… je ne pense pas qu'il y ait grand-chose à craindre.

Les geôliers s'exécutèrent, de mauvaise grâce, et lorsque Lucius Malfoy fut libre de ses entraves, Hermione les congédia.

- Vous ne pouvez pas rester seule avec eux. protesta l'un d'eux. Ce sont des Mangemorts.

- Vous l'avez déjà dit… et je ne suis pas sourde. Quoi qu'il en soit ceci ne vous regarde pas. Le parchemin que nous avons rempli permettait aux époux Malfoy de se retrouver sous la surveillance d'un des membres de l'Ordre du Phénix, sans la présence de gardiens. Vous êtes tenus de faire respecter ces clauses, ou préférez-vous que j'en réfère directement au Ministre ?

- Quand ils nous ont parlé de l'Ordre, on pensait pas que ce serait vous. reprit l'un d'eux. On pensait qu'il enverrait quelqu'un de plus… enfin vous voyez quoi ?

- Non je ne vois pas ! répondit sèchement Hermione. En tant que membre de l'Ordre, je crois savoir suffisamment manier la baguette pour faire face à deux personnes totalement privées de leur magie. Maintenant, laissez-nous et ne revenez pas avant que l'heure entière ne se soit écoulée.

Les deux hommes finirent par quitter la pièce, marmonnant on ne savait quoi.

- Bien… reprit-elle en se tournant vers le couple qui n'avait pas bougé d'un iota. Je suis désolée de devoir vous imposer ma présence, mais j'essayerais de vous la rappeler le moins possible. Mais avant cela, dit-elle en sortant sa baguette, est-ce que je peux soigner votre visage M. Malfoy ?

- Et en profiter pour me tuer ? claqua la voix rêche de Lucius Malfoy. Je ne vous laisserais pas me salir avec votre magie et…

- Lucius, je vous en prie ! intervint sa femme. N'oubliez pas qu'elle seule permet ces entrevues.

Le Mangemort se mura dans le silence et jeta un regard mauvais à l'ancienne Gryffondor. Avec l'approbation de la Lady, elle lança quelques sorts de soin et répara le nez du sorcier. Elle en profite également pour métamorphoser ses vêtements de prisonnier en une robe des plus simples.

- Je me doute que cela ne correspond pas à vos standings, mais je pense que ce sera toujours plus commode que les guenilles que vous fournit la prison.

Hermione le vit se retenir de faire un commentaire, mais ses yeux parlaient à sa place, ils lui renvoyaient tout le mépris qu'elle lui inspirait. Qu'importe, elle ne faisait pas ça pour lui, mais pour sa femme, qui ne méritait pas de continuer à souffrir de cette situation.

Elle s'installa sur une chaise dans un coin de la pièce, et se permit de leur faire un dernier présent :

- Je vais lancer un Assurdiato afin de ne rien entendre de votre conversation. Il vous reste exactement 57 minutes alors ne les gâchez pas.

- Merci Miss Granger. lui répondit la Lady.

Son mari se contenta de la regarder, il ne la remercierait pas, mais la jeune femme aurait pu jurer qu'une étincelle de reconnaissance avait flashé dans ses yeux.
Une fois le sort en place, elle observa l'étrange couple devant elle. Au départ, aucun d'eux n'amorça le moindre mouvement vers l'autre, par gêne devina-t-elle, et certainement aussi par respect de convenances. Puis, l'ancienne Serpentard avança lentement la main et son mari la saisit presque fébrilement et l'embrassa avec ferveur.
Ce baise-main fit naître un doux sourire sur le visage de Narcissa Malfoy, un sourire qu'Hermione voyait pour la première fois et qui la confortait dans sa décision. Rassurée, elle sortit un livre afin de laisser au couple une certaine intimité.
L'heure passa rapidement et elle eut à peine lever le sort et à rendre leur apparence aux vêtements du Mangemort, que les gardiens le raccompagnaient déjà à sa cellule.

Le voyage du retour fut aussi silencieux que l'avait été celui de l'aller. Et ce ne fut que lorsqu'elles furent dans la chambre de la Lady que la jeune femme lui demanda :

- Comment vous sentez-vous ?

- Ce fut éprouvant, mais je suis heureuse d'avoir pu m'entretenir avec Lucius. J'aurais simplement préféré qu'il soit en meilleure santé… avez-vous vu ce qu'ils ont fait à ses cheveux ?

- Que s'est-il passé ?

- Les gardiens ont trouvé ça amusant de le « préparer » pour ma visite. Ils lui ont rasé la tête…

- C'est inadmissible ! vociféra Hermione. Croyez-moi, le Ministre en entendra parler. !

- Je ne suis pas certaine que qui que ce soit ne s'intéresse au sort des Mangemorts enfermés à Azkaban.

La jeune femme haussa les épaules, elle s'intéressait à leur sort, après tout Dostoievsky n'avait-il pas dit "On peut mesurer le degré de civilisation d'une société en visitant ses prisons" ? Il fallait qu'elle en parle à Kingsley, et à Harry... Elle réfléchissait déjà à la lettre qu'elle enverrait au Ministère, quand elle fut interrompue dans ses pensées :

- Comptez-vous aller au gala de la cérémonie de commémoration ?

- Je n'en ai absolument pas envie. Voir tous ces hypocrites nous féliciter… très peu pour moi. Mais je pense que je n'aurais pas le choix, ne serait-ce que pour soutenir Harry.

- Il s'agit d'un événement majeur, certainement le plus important de l'année. Avec ce que vous avez accompli l'an passé, je ne comprends pas votre réticence.

- J'aurais préféré pleurer mes amis loin des pique-assiettes du Ministère. Cette journée va être difficile et je ne me sens pas capable de serrer des mains et de faire des sourires pendant les heures !

L'ancienne Serpentard se contenta d'un sourire et Hermione se dit que c'était certainement ce qu'elle avait dû faire toute sa vie. Être l'épouse d'un haut dignitaire de Sang-Pur semblait exiger ce sacrifice, et la Lady s'y était apparemment pliée de bonne grâce. En effet, jamais la jeune femme ne l'avait entendu se plaindre… bien au contraire elle paraissait fière de ce qu'elle avait été.
Ces réflexions l'accompagnèrent toute au long de sa journée, mais lorsqu'elle regagna Square Grimmaurd, une surprise de taille l'y attendait : une lettre de ses parents qui l'invitaient à prendre le thé dans la semaine. Elle se précipita dans une cabine téléphonique pour convenir d'une date, elle était libre le lendemain.

Hermione se tenait dans le salon de ses parents, dans l'appartement qu'ils louaient dans la banlieue de Londres. Leur ancienne maison avait été détruite par une « explosion de gaz », mais la jeune femme se doutait qu'il s'agissait là de l'œuvre des Mangemorts.
Elle était mal à l'aise, se sentant presque étrangère face à ceux qu'elle aimait plus que tout au monde. Trois tasses de thé fumaient sur la table basse, mais on semblait les avoir oubliées.

- Croyez-moi, je conçois parfaitement que vous soyez déçus. Mais tout ce que je voulais c'était vous savoir sains et saufs.

- Après en avoir longtemps discuté avec ta mère, nous avons réussi à comprendre ton point de vue… mais j'ai toujours du mal à croire que tu nous as effacés de ta vie d'un simple coup de baguette. Tu aurais dû nous en parler, nous aurions pu trouver une solution ensemble.

- J'ai dû batailler pour retourner à Poudlard en cinquième année. Comment auriez-vous pu accepter que je quitte tout pour accompagner Harry dans un voyage aussi aléatoire que dangereux ?

Le regard de ses parents se croisa, et elle sut qu'elle avait fait le bon choix. Quoi que cela ait pu lui coûter, quels que soient les reproches dont son père et sa mère l'accableraient, elle le referait sans hésiter pour leur sauver la vie.
Au bout d'un long et pesant moment de silence, Jean Granger reprit la parole :

- Nous faisons tout pour accepter ce qui s'est passé, mais il nous faudra du temps… toutefois, ce n'est pas en ressassant les mêmes griefs que nous y parviendrons. Essayons d'avoir une conversation normale pour changer, que fais-tu en ce moment ?

L'ancienne Gryffondor sourit timidement, sa mère avait toujours été la force tranquille de leur famille, alors que père et fille étaient plus prompts à s'emporter.

- Je suis bénévole à Sainte-Mangouste… l'hôpital. Je fais partie du service psychiatrie…

- Et tu ne vas pas en cours ? questionna Henry, un brin agressif.

- À vrai dire… j'ai pris une année sabbatique. Je voulais absolument vous retrouver avant de décider de mon avenir.

- Maintenant que c'est le cas, que comptes- tu faire ? demanda sa mère.

- Je n'en ai aucune idée. Je n'y ai pas encore réfléchi. Rien ne m'attire particulièrement…

- Tu étais tellement motivée l'année dernière, tu parlais de suivre un double cursus médical chez nous et les sorciers… et maintenant plus rien ?

Ce n'est pas ça maman, mon travail me plaît à l'hôpital, mais ce n'est pas ce à quoi j'ai envie de consacrer ma vie. Je pense même qu'une fois fini avec ma patiente particulière, je quitterais mon bénévolat.

Et que feras-tu alors ? Tu suivras tes petits copains comme d'habitude ? la sermonna son père.

- Harry suit une formation pour être Auror, une sorte de policier magique, et après cette guerre je n'ai pas envie de faire quelque chose d'aussi dangereux. Ginny va certainement se lancer dans le sport, ce qui ne me correspond pas non plus…

- Et ton ami Ron ? s'enquit sa mère.

- Il avait commencé la même formation qu'Harry, mais j'ai entendu qu'il avait abandonné. Je crois qu'il travaille dans le magasin de farces et attrapes de son frère.

Jean Granger lui lança un étrange regard, mais qu'Hermione comprit immédiatement. Elle avait parlé à sa mère, des mois auparavant, des sentiments qu'elle éprouvait pour l'ancien Gryffondor.

- La guerre nous a éloignés et le mauvais caractère de chacun aura fait le reste. reprit la jeune femme en essayant d'avoir l'air détachée.

La fin de l'après-midi se déroula de la même manière, l'atmosphère était toujours tendue, mais chacun faisait des efforts. Lorsqu'elle rentra au Square ce soir-là, Hermione était heureuse, elle savait que tout finirait par s'arranger avec ses parents. La soirée qu'elle passa avec Harry fut mémorable, comme si le temps avait effacé cette dernière année.

C'est donc d'excellente humeur qu'elle reprit son service le lendemain. Elle effectua toutes ses tâches avec le sourire et attendait impatiemment son rendez-vous avec Narcissa Malfoy.

- Bonjour Mrs. Malfoy ! lança-t-elle à tue-tête en entrant dans la pièce. Comment allez-vous aujourd'hui ?

- Miss Granger ? Quelle exubérance ! Que nous vaut un tel entrain ? Il est rare de vous voir aussi enthousiaste.

- J'ai pris le thé avec mes parents… sur leur invitation et…

- Et vu votre joie de vivre, je dirais que les choses se sont bien passées.

- Oui ! répondit la jeune femme extatique. Des tensions subsistent et je pense que ça durera encore un moment pour qu'elles disparaissent, mais les choses s'arrangent. Je suis si heureuse…

- Cela se voit un peu trop Miss. Que vous ai-je dit au sujet de vos sentiments ?

- Je sais, je sais… mais il est plus facile de cacher sa tristesse que sa joie. D'autant que je n'en ai pas envie, je veux que le monde entier sache à quel point je nage dans le bonheur.

- Au moins vous apportez un peu de gaité à cet hôpital… il m'est de plus en plus difficile de supporter cet endroit.

- Je comprends, mais nous sommes sur la bonne voie pour votre guérison et je pense qu'on pourra envisager une sortie prochainement.

- Je l'espère Miss, je l'espère. La tristesse marqua les traits de la noble pendant quelques instants avant qu'elle ne se reprenne. Avez-vous décidé de ce que comptiez faire pour la cérémonie de commémoration ? Le 2 mai est la semaine prochaine…

- Vous avez le chic pour enterrer ma bonne humeur, Mrs. Malfoy… comme je vous l'ai déjà dit, je n'ai pas vraiment le choix, mais je n'ai pas du tout envie d'y aller. Si je ne l'avais pas promis à Harry, je crois que je n'y mettrais pas les pieds.

- J'ai longuement réfléchi à ce que vous avez dit à ce sujet et je vous comprends. Il m'est arrivé par le passé d'assister à de nombreux événements pour lesquels je n'avais qu'un intérêt limité, mais je débrouillais à chaque fois pour les tourner à mon avantage.

- Comment cela ? demanda Hermione, intriguée.

- Eh bien… je faisais en sorte qu'ils me soient utiles. Ce genre de mondanité, voyez-vous, est fait pour se montrer, pour paraître. C'est un jeu où chacun cherche à se faire remarquer...

- Mais n'ai jamais joué à ce jeu, je ne suis pas ce genre de personne. C'est de l'hypocrisie !

- De l'hypocrisie ? Comme vous y allez Miss, il s'agit simplement de servir ses propres intérêts… mais ne m'interrompez pas ! Je disais donc qu'il suffit de surpasser les autres joueurs pour être au centre.

- Mais je ne vois pas en quoi ça servirait mes intérêts ?

- Et vous êtes censée être brillante ? la railla la Lady. Mais voyons Miss, si vous êtes le centre de la soirée ne croyez-vous pas que vous aurez l'oreille de tous ? Rien de tel pour mettre en avant vos opinions !

- Mes opinions ? Je ne vois toujours pas où…

Et soudain la lumière se fit dans l'esprit d'Hermione. Elle pouvait utiliser cet événement pour prendre la défense de ceux qui se retrouvaient aujourd'hui dans le camp des vaincus. Au lieu de s'énerver vainement à Square Grimmaurd, elle aurait tout un auditoire qui ne demanderait qu'à l'écouter. Bien évidemment, Narcissa Malfoy, toute Serpentard qu'elle était, l'avait habilement manœuvrée pour qu'elle arrive à cette conclusion, mais elle s'en fichait. La solution était là... si elle voulait faire changer les mentalités de la société sorcière, elle devait en jouer le jeu.

- Pouvez-vous m'apprendre ? demanda-t-elle soudain à sa patiente. La commémoration est la semaine prochaine… est-ce que vous aurez le temps de faire de moi la reine des hypocrites ?

La Lady lui sourit :

- Il y a quelques semaines encore je vous aurais dit non. Mais aujourd'hui je pense que nous pouvons y arriver, toutefois je crois que Blaise et Draco ne seront pas de trop pour nous aider.

Les quelques jours passèrent à une vitesse affolante, entre les cours de maintien et ceux de conversation, l'ancienne Gryffondor ne savait plus où donner de la tête. Seule chez elle, elle apprenait par cœur le nom de tous les membres du nouveau ministère ainsi que leurs centres d'intérêt. Draco lui enseigna la danse et Blaise à se servir de ses couverts.
Elle passa toute une journée chez un célèbre tailleur avec les deux sorciers, pour la confection de ses robes, offertes pour l'occasion par la Lady.
Rien ne fut épargné à Hermione et elle vit arriver le jour de la commémoration avec soulagement.
Elle savait que cette journée serait riche en émotions et surtout, qu'elle créerait la stupéfaction parmi ses pairs, d'autant qu'elle leur avait réservé quelques surprises.