Bonjour à toi Lecteur,
Il semblerait que le chapitre en mode "article de presse" t'ait plu ! Je suis très contente des retours que j'ai eu quand on sait la difficulté que j'ai eu à l'écrire ! J'étais d'ailleurs tellement dans le stress que j'ai oublié de laisser un petit mot ^^
Voici aujourd'hui un chapitre qui s'inscrit dans la continuité des autres, Narcissa commence à voir le bout du tunnel mais les derniers pas ne se feront pas sans difficultés.
Je te préviens dès à présent qu'il n'y aura pas d'autre chapitre ce mois-ci, je m'envole trois semaines pour Cuba et je n'aurais certainement pas de le temps de passer sur Feufeu pour poster quoi que ce soit, cependant j'aurais peut-être le temps d'écrire ce qui me permettrait de ratrapper le retard que j'ai pris !
Bonne Lecture !
Narcissa Malfoy reposa la Gazette sur la table qui lui servait de bureau, un sourire triomphant aux lèvres. Ainsi cette petite cachotière avait décidé de faire de Blaise son cavalier et ils ne lui avaient rien dit. Mais elle devait reconnaître que l'idée était brillante, de cette façon elle marquait les esprits et donnait plus de poids à son discours sur la tolérance.
À en croire les différents articles qu'elle avait pu lire, la jeune femme avait réussi à se faire sa place dans la société : si auparavant elle était simplement considérée comme l'un des membres du Trio d'Or, il fallait désormais la compter comme l'une des pièces majeures de l'échiquier.
La préparation de Miss Granger, la semaine avant la commémoration, avait porté ses fruits, la Née-Moldue s'était comportée comme une héritière de Sang-Pur, ce que ne manqueraient pas de remarquer les grandes familles ! Certes Narcissa trouvait que la robe qu'elle avait choisie était un peu osée, mais elle semblait plaire au public puisque la Gazette n'y consacrait pas moins de 2 pages ! La Lady ne serait pas surprise de voir bientôt de nombreuses sorcières aux cheveux courts quitter leurs robes classiques pour des coupes moins sages.
Au-delà des triomphes de sa protégée, elle avait été étonnée des révélations d'Harry Potter à propos de Severus Snape. Au sein des Mangemorts, il avait été ce qui s'apparentait le plus à un ami, mais Narcissa se rendait compte qu'en réalité, elle ne le connaissait que très peu. Brillant élève de Serpentard, il avait toujours été très discret sur sa vie privée. Elle savait que Severus n'était pas aussi dévoué à la cause du Seigneur des Ténèbres qu'il l'avait laissé entendre, mais jamais elle n'aurait imaginé qu'il puisse jouer le jeu de l'Ordre du Phénix. Avait-il réellement obéi à Dumbledore en l'assassinant ? Cela semblait surréaliste à la Lady, elle avait forcé Severus à prêter le serment inviolable qui l'avait obligé à tuer le Directeur, comment le vieux fou aurait-il pu savoir cela et l'inclure dans son plan ? Soudain, elle se rendit compte qu'elle avait déjà entendu cela, Harry Potter l'avait « jeté » au visage du Seigneur des Ténèbres lors de l'affrontement final. Peu de gens avaient été assez proches pour écouter cet échange, mais les Malfoy en faisaient partie. Comme les autres, elle avait cru que le Survivant tentait de déstabiliser son ennemi… et si finalement tout cela était vrai ? Severus avait-il réellement trahi les Mangemorts pour une Née-Moldue qui lui avait préféré sa Némésis ?
Tout occupée par ses pensées, elle ne prêta pas attention aux trois coups frappés à la porte, et ce n'est que lorsqu'elle se retrouva en face d'une silhouette massive qu'elle réalisa qui venait d'entrer. Le professeur irlandais se tenait devant elle, et la regardait comme une bête curieuse.
- Je vois que la politesse n'est toujours pas de mise dans cet hôpital ! Que voulez-vous ?
- Selon les rapports de Miss Granger… et les plaintes des soigneurs, vous semblez vous porter mieux, c'est pourquoi nous pourrions commencer à envisager votre sortie.
À ces mots, Narcissa se leva de son fauteuil pour faire face à son interlocuteur.
- Je vois que j'ai toute votre attention, reprit l'homme, nous allons vous faire passer une série d'examens cette semaine, aussi bien physiques que psychologiques, et si les résultats sont concluants nous entamerons le sevrage et la dernière partie de votre traitement.
La Lady se demanda un instant ce que pouvait être cette dernière partie, mais la perspective de quitter bientôt cet endroit éclipsa toutes ses interrogations.
Lorsqu'Andromeda lui rendit visite cet après-midi-là, elle ne put l'entretenir d'autre chose que de sa sortie prochaine.
- Je vois que tu te sens tout à fait prête à sortir… lui avait dit sa sœur, c'est très positif ! Beaucoup de malades ont peur de quitter le cocon de l'hôpital et de retourner affronter la vraie vie.
- Mon séjour ici n'a rien eu de positif, je suis plus que pressée de sortir. J'ai été traitée avec si peu d'égard, bien moins bien qu'un malade lambda. Je sais que Lucius a fait des erreurs et j'ai ma part de responsabilités, mais je suis lassée de ce mépris qu'ils affichent tous à mon égard.
- Pas tous Cissa… je crois savoir qu'Harry te rend souvent visite et Hermione… tu aurais dû la voir prendre ta défense lors du dîner de gala… une véritable lionne ! Elle fait honneur à sa maison.
Narcissa ne répondit rien, émue malgré elle par la jeune femme.
- Et quelle prestance ! reprit sa sœur. Mais je pense que tu n'es pas étrangère à cela.
- Miss Granger m'a demandé de l'aide pour tirer parti de cette soirée. Je suis ravie de savoir qu'elle a pu mettre mes conseils en pratique.
- C'est bien plus que ça, si je ne connaissais pas ses origines, j'aurais pu jurer qu'elle descendait d'une grande famille. J'avais l'impression de te revoir lors de ta première présentation au monde.
Le reste de l'après-midi se passa à échanger des souvenirs d'enfance. Par moment, la Lady sentait le regret de toutes ces années perdues l'étreindre, mais elle essaya de chasser ces sombres pensées pour profiter de l'instant présent.
Maintenant qu'elle allait mieux, Narcissa passait beaucoup de temps hors de sa chambre, ne supportant plus de rester enfermée entre ces quatre murs blancs. Le jardin de l'hôpital était son refuge préféré, surtout à présent que les beaux jours étaient revenus. Elle notait les arrangements qui lui plaisaient pour les mettre en place une fois de retour dans ses propres jardins.
Alors qu'elle parcourait l'allée bordée de rosiers, elle fut rejointe par son fils.
- Draco ! s'exclama-t-elle en le voyant arriver. Tu ne devineras jamais l'excellente nouvelle que j'ai apprise… je vais bientôt sortir d'ici. Nous pourrons retourner vivre au Manoir.
Il ne répondit pas tout de suite, se contentant de lui sourire. Un sourire franc, comme il n'en avait pas eu depuis longtemps.
- Je suis vraiment ravi d'entendre qu'ils envisagent votre sortie. Granger l'avait évoqué mais je ne savais pas que la décision avait été prise.
- L'Irlandais me l'a dit hier. Encore une semaine de tests et je pourrais sortir. Par ailleurs, en parlant de Miss Granger, as-tu eu le temps de lire les journaux ?
- Si vous voulez parler du succès phénoménal qu'elle a eu lors du gala de commémoration, je n'ai pas pu passer à côté. Nous avons fait un du très bon travail, elle était parfaite, et choisir Blaise comme cavalier était une excellente idée. J'en suis presque jaloux !
Narcissa s'arrêta net au milieu du chemin. Son fils venait-il vraiment de dire qu'il était jaloux de ne pas avoir accompagné Miss Granger ? Il était nécessaire qu'elle mette les choses au point avant qu'il ne s'engage dans une relation vouée à l'échec.
- Ne me dis pas que tu entretiens des sentiments pour cette fille ! Aussi agréable soit-elle, elle n'est pas faite pour toi !
- Et qu'avez-vous exactement à lui reprocher ?
- Mais voyons Draco, elle n'est pas comme nous. Elle n'a pas de rang et ne parlons même pas de ses parents.
Une expression peinée se dessina sur le visage de l'héritier des Malfoy, ce qui confirma l'intuition de Narcissa.
- Mère ! Comment pouvez-vous dire ça ? Après la guerre, après ce que cette idéologie a fait à notre famille, comment pouvez-vous encore dénigrer les Nés-Moldus ?
- Je n'ai rien contre eux. Je n'ai jamais pensé qu'ils volaient la magie des Sorciers ou ce genre d'inepties… mais enfin Draco tu dois bien reconnaître qu'ils sont différents ?
- Et par différents vous entendez bien évidemment « inférieurs »?
Ce n'était plus de la tristesse, mais bien de la colère que reflétait le regard de son fils, si bien que la Lady s'en trouva décontenancée.
- Je ne dirais pas qu'ils nous sont inférieurs, mais que la nature nous a dotés de qualités qu'ils ne possèdent pas.
Draco eut un petit rire qui sonna amèrement aux oreilles de sa mère.
- Ainsi Hermione ne vous a rien appris ? Vous restez accrochée à de vieilles croyances, vous refusez de vous adapter ! Nous sommes toujours si supérieurs aux « Sangs-de-Bourbe », ces rebuts de la société…
- Je ne te permets pas de me parler sur ce ton ! Dois-je te rappeler que tu plaisais à insulter tous les Nés-Moldus que tu croisais et en particulier Miss Granger ?
- Justement Mère, l'horreur que j'ai sur le bras ne cesse de me rappeler à quel point j'avais tort. Je pensais que vous aviez également changé, mais il semblerait que nous n'apprenons pas tous de nos erreurs.
Sur ces mots, il continua sa route vers l'hôpital sans se retourner. Narcissa le suivait à distance, consciente de l'avoir mis en colère, même si elle avait du mal à en percevoir les raisons. Elle n'avait pas insulté les Nés-Moldus, ce n'était pas leur faute s'ils étaient moins évolués. Miss Granger était une exception puisque, grâce à son intelligence, elle avait pu combler ce handicap, mais il suffisait de voir la plupart de ceux qui arrivaient à Poudlard pour se rendre compte de leurs difficultés à venir. Pour certains, il faudrait toute une vie pour s'adapter au monde magique et effacer toute trace de leurs origines, mais d'autres resteraient à jamais marqués par les Moldus.
Lorsqu'elle retourna dans sa chambre, elle fut surprise de ne pas y trouver Draco, mais une note laconique :
« Je préfère prendre mes distances plutôt que de me disputer avec vous. Je reviendrai demain. Draco »
Le reste de la semaine se passa difficilement pour Narcissa, elle était en froid avec son fils et elle le faisait payer à Miss Granger. Après tout c'était à cause d'elle que Draco prenait la défense des Nés-Moldus. Cette dernière ne semblait pas réellement comprendre ce qui était en train de se passer, et se contentait de revêtir son masque d'amabilité.
Il n'y a que les visites de Blaise et d'Harry Potter qui lui permettaient de sortir de la monotonie de ses journées. Elle avait d'ailleurs longuement discuté avec le Survivant de la réhabilitation de Severus Snape. Par Merlin, si elle avait su qu'il était amoureux de cette Evans. Comme tout le monde, elle avait entendu parler de cette amitié étrange qui liait un Serpent et une Lionne, elle savait qu'il avait demandé à son Maître d'épargner la Née-Moldue, mais jamais elle ne l'aurait cru amoureux. Elle songea que Lucius aurait pu faire les mêmes folies pour elle, qu'elle aussi avait menti avec aplomb au Seigneur des Ténèbres dans l'espoir de sauver son fils.
Quand l'Irlandais vint la voir avec ses résultats, elle ne tenait pas en place. Elle savait que ce qui allait se passait à présent déciderait de son avenir proche.
- Bien… commença le psychomage. Vos examens médicaux et psychologiques ont effectivement démontré que vous êtes sur la voie de la guérison, c'est pourquoi nous pouvons envisager votre départ.
Narcissa poussa un soupir de soulagement qui ne passa pas inaperçu.
- Toutefois, reprit-il, nous ne pouvons vous laisser sortir sans nous assurer que vous êtes parfaitement apte à faire face au monde extérieur… c'est pourquoi vous devez, à partir de cette semaine, assister aux thérapies de groupe et …
- Je n'assisterai pas à ces séances ! le coupa la Serpentard. Il n'en est pas question !
- Il vous faudra également suivre des ateliers de réappropriation magique. poursuivit-il comme s'il n'avait pas été interrompu. Votre magie s'est grandement affaiblie et il faudra la ménager pour que vous puissiez en récupérer l'entière maîtrise.
Cette fois-ci, la Lady était si estomaquée qu'elle ne songea même pas à protester. Venait-il réellement de suggérer que sa magie était défaillante ? Elle essaya de se souvenir de la dernière fois qu'elle avait utilisé sa baguette, c'était au Manoir, il y a des mois de cela. Ce constat l'effraya, d'autant plus qu'elle ressentait physiquement l'affaiblissement dont parlait l'Irlandais.
- Voici le planning, vous êtes tenue de suivre au minimum deux séances de thérapie et un atelier par semaine. Si ce n'est pas le cas, nous vous les imposerons…
- Je n'irai pas ! Je refuse d'être traitée comme une malade. J'ai accepté de me prêter à vos expériences ridicules car mon fils me l'avait demandé… je refuse de continuer ! Vous n'avez aucun droit de me garder enfermée ici !
- À vrai dire, nous le pouvons si nous estimons que vous représentez un danger pour vous-même… Ah ! Hermione, je vous attendais ! Je vais avoir besoin de votre aide pour convaincre Mrs. Malfoy.
La jeune femme, qui venait d'entrer dans la pièce avec le plateau de potions destinées de Narcissa, les regarda alternativement l'un et l'autre.
- Bonjour Professeur, Mrs. Malfoy. Quel est le problème ?
- Eh bien, vos conclusions étaient bonnes et il s'avère que notre patiente est sur la pente ascendante. Nous pouvons donc entamer sa réhabilitation, mais elle ne veut pas en entendre parler.
- Évidemment que je ne veux pas ! Depuis que je suis arrivée ici, je ne puis que subir vos persécutions.
L'Irlandais soupira exagérément :
- Vous voyez ce que je veux dire ? Je compte sur vous pour la raisonner Hermione.
Sur ces mots, il quitta la pièce, laissant les deux femmes dans un silence inconfortable.
- Ils ne cèderont pas ! Vous ne sortirez pas sans avoir suivi la procédure de réhabilitation. finit par dire la Gryffondor.
- Mais vous êtes ma psychomage et vous êtes une personnalité publique reconnue, vous devez être en mesure de faire quelque chose !
- Je crois que vous surestimez le pouvoir que je pourrais avoir à Ste-Mangouste. Qui plus est, je pense que ces séances sont nécessaires pour que vous puissiez rentrer sereinement chez vous. Tous nos patients doivent passer par cette réhabilitation, et ça ne vous fait pas plaisir de pouvoir vous resservir de votre baguette ?
- Parce que vous me considérez comme vos autres patients ? J'ai fait de la vilaine chenille que vous étiez, un joli papillon et c'est ainsi que vous me remerciez ?
La jeune femme parut outrée et se récria aussitôt :
- Mais vous vous doutez bien que je dis ça pour votre bien, je pensais que vous l'aviez compris !
- Et que devrais-je comprendre ? Comment pouvez-vous savoir ce qui est bien pour moi ? Nous ne sommes pas du même monde Miss et nous ne le serons jamais… Croyiez-vous que parce que je vous tolère, nous pouvions évoluer dans la même sphère ? Vous pouvez peut-être tromper les autres, mais n'oubliez pas que c'est moi qui vous ai transformée, à mes yeux vous serez toujours Hermione Granger, la Née-Moldue !
La Gryffondor recula comme si elle avait été giflée, avant de quitter précipitamment la chambre.
Narcissa la regarda partir, un petit pincement au cœur. Elle avait cru trouver une alliée en Miss Granger et elle se rendait désormais compte que la jeune femme n'avait fait que profiter d'elle : pour se faire une place dans la société, pour se rapprocher de Draco… Et maintenant qu'elle avait eu ce qu'elle voulait, elle l'abandonnait à son sort, dans cet hôpital sordide.
