Bonjour à toi Lecteur,
Je sais que tu attends ce chapitre avec impatience et que je suis impardonnable d'avoir tant tardé à le publier. Mais pour ma défense j'ai seulement fini de l'écrire la semaine dernière... Mes vacances se sont super bien passées et j'ai vraiment eu peu de temps à consacrer à Narcissa et Hermione, et la reprise a été compliquée avec beaucoup mais beaucoup de travail ! Donc voilà pourquoi j'ai mis tant de temps à te proposer ce nouveau chapitre.
Je veux rassurer la lectrice qui m'a laissée une review en guest, JE NE COMPTE PAS ABANDONNER CETTE FICTION, simplement contrairement à d'autres auteurs, je ne suis pas très prolixe et je n'ai pas de chapitres d'avance, je publie donc dès qu'il me revient de ma bêta et c'est pour cela que des fois il se passent plusieurs semaines entre deux publications.
En espérant que la suite te plaise tout autant,
Bonne Lecture !
- Tu es sure que c'est ce qu'elle a dit ?
- Absolument certaine Harry ! Tu aurais dû voir son air condescendant… c'était comme si elle me faisait l'honneur de m'adresser la parole, à moi, la pauvre Sang-de-Bourbe.
Pendant un long moment, son ami resta muet, se contentant de faire les cent pas dans la cuisine.
- Et il ne s'est rien passé qui pourrait expliquer son changement d'attitude ?
- Je t'ai déjà dit que non ! Je ne sais pas du tout quelle mouche l'a piquée… elle me bat froid depuis la journée de commémoration, mais hier elle a été odieuse. Je comprends qu'elle ne veuille pas participer à ces séances, mais c'est pour dans son propre intérêt !
- Tu as demandé à Malfoy ou Zabini ? Ils ont peut-être une explication…
L'ancienne Gryffondor se contenta de hausser les épaules :
- Assez parlé de tout ça… As-tu des nouvelles de Ronald depuis la commémoration ?
Une expression gênée passa sur le visage d'Harry.
- Je l'ai vu hier en passant au Terrier. À vrai dire, il ne décolère pas… il se sent trahi par moi, par sa famille. Je crois que Zabini était la goutte de potion qui a fait déborder le chaudron ! J'avais espéré que cette journée vous réconcilie, mais...
- On en a déjà discuté ! le coupa Hermione. J'ai fait mon possible pour passer au-delà du caractère épouvantable de Ronald… pour l'instant il n'est pas prêt à me comprendre et je ne m'abaisserai pas à oublier ses insultes. Je lui ai pardonné tant de choses, Harry, je ne peux plus le laisser avoir autant d'emprise sur moi.
Parler de lui était toujours difficile pour elle, mais elle savait désormais que le temps ferait son œuvre et que la douleur finirait par s'apaiser. Elle trouvait dommage qu'il se fâche avec tout le monde à cause d'elle, mais elle refusait de perdre ses amis par sa faute.
- Je monte me coucher. Cette journée m'a épuisée. dit-elle en embrassant Harry.
- Ne t'en fais pas Mione, les choses finiront par s'arranger avec Narcissa.
La prédiction d'Harry ne se révéla pas tout à fait exacte durant les jours suivants, la Lady n'adressant pas le moindre mot à Hermione. La jeune femme avait bien tenté de briser la glace, mais Mrs. Malfoy s'obstinait dans son silence. L'ancienne Gryffondor ne comprenait vraiment pas son attitude, elle ne voyait pour pourquoi sa patiente refusait avec autant d'acharnement de se rendre aux séances qui lui avaient été prescrites. Surtout qu'elles finiraient par lui être imposées, ce qui créerait immanquablement de nouveaux conflits… En désespoir de cause, elle écrivit à Draco et Blaise. Le blond lui dit qu'il n'avait pas la moindre idée de ce que sa mère pouvait lui reprocher, et le métis ne lui avait toujours pas répondu.
Un soir alors qu'elle allait quitter l'hôpital, ce dernier l'attendait près du point de transplanage, un énorme sourire lui mangeant la moitié du visage. L'ancienne Gryffondor songea un moment au chemin parcouru depuis la fin de la guerre, avant cela jamais un Serpentard ne lui aurait souri de la sorte et encore moins un proche des Malfoy.
- Hey Hermione, comment va ta carrière de croqueuse de diamants ?
La jeune femme leva un sourcil interrogateur avant de comprendre où il voulait en venir.
- Toi tu as des infos concernant Mrs. Malfoy !
Un nouveau sourire lui répondit avant qu'il ne lui tende son bras. Elle s'en saisit sans la moindre hésitation et ils transplanèrent hors de l'hôpital.
- J'ai pensé qu'on serait plus tranquilles ici pour discuter. lui dit-il en lui tirant sa chaise.
Hermione regarda autour d'elle, ils étaient dans le salon de thé qu'elle appréciait tant. Celui qui servait les meilleurs chaï tea et des roulés à la cannelle à se damner. Elle s'empressa de commander boissons et pâtisseries avant de se tourner vers Blaise qui l'observait silencieusement avec un sourire goguenard.
- Je suis en train de me demander ce que je pourrais exiger de toi contre les infos que je détiens. finit-il par dire devant la mine impatiente de la jeune femme. Je pourrais faire de toi mon elfe de maison…
Pour toute réponse, elle lui décrocha un coup de pied dans le tibia.
- Crache le morceau Zabini ou je te ferais ravaler ton sourire !
- Pourquoi est-ce que les Gryffondors se sentent toujours obligés de faire preuve de violence ? M'enfin… poursuivit-il, il semblerait que Narcissa se soit mis dans la tête que Draco est amoureux de toi…
- Quoi ? le coupa l'ancienne Gryffondor. Mais d'où sort-elle…
- … et que tu fasses tout pour lui mettre le grappin dessus. continua-t-il de manière théâtrale.
Elle rougit furieusement, comment sa patiente avait pu imaginer une chose pareille ? Elle ne pensait pas avoir eu une attitude aguicheuse avec l'héritier Malfoy, et si lui aussi se faisait des idées ? Non ce n'était pas possible, jamais il n'y avait eu de quiproquos entre eux… ceci dit elle n'en avait jamais eu avec Ronald non plus. Cette pensée lui pinça le coeur, mais elle repoussa la tristesse et se concentra sur le jeune homme assis en face d'elle, qui l'observait de manière appuyée.
- Ne me dis pas que tu craques vraiment pour Malfoy ? lâcha-t-il froidement.
- Non ! se défendit-elle. Bien sûr que non ! Draco est trop… je ne sais… trop Malfoy pour moi. Et depuis quand tu l'appelles Malfoy ?
- Ça m'arrive quand il m'agace particulièrement.
Elle ne répondit pas. Ce n'était pas la première fois que le métis faisait ce genre de sous-entendus. D'un côté ça la flattait énormément, mais d'un autre elle ne savait pas comment réagir. C'est pourquoi elle fit mine d'ignorer sa dernière remarque et réattaqua sur le sujet qui l'intéressait particulièrement, à savoir Narcissa Malfoy.
- Est-ce qu'elle t'a expliqué comment cette idée lui était venue ?
- Pas vraiment, mais elle dit que vous vous tournez autour et que… ah oui, « tu lui souris trop » selon ses propres mots.
- Je souris trop à Draco ? C'est la meilleure ça, je passe bien plus de temps avec elle qu'avec son fils… et c'est pour ça qu'elle me reproche mon appartenance ? Je ne suis pas assez pure pour les Malfoy, c'est ça ?
Ça la blessa plus qu'elle ne l'aurait imaginé, elle avait espéré qu'avec le temps la noble soit revenue à des idées plus tolérantes. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Blaise répondit :
- Tu sais, je ne pense pas que Narcissa ait réellement un problème avec ceux qui ne sont pas de sang pur. Elle ne fait qu'appliquer un schéma pour lequel elle a été conditionnée. Même si dans ce cas précis, je ne crois pas que le sang soit le problème.
- Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
- Eh bien, simplement qu'elle ne trouvera aucune fille assez bien pour partager la vie de son fils ! Après tout le beau Draco est un dieu pour sa mère.
Cette remarque fit sourire Hermione. Elle n'avait jamais trouvé que Draco puisse être beau. Trop maniéré, un visage trop fin pour ses propres goûts sans compter qu'aujourd'hui il lui faisait indéniablement penser à son père, ce qui n'éveillait pas vraiment son intérêt. En revanche, la plupart de ses camarades de dortoir de Poudlard fantasmaient allègrement sur le jeune homme.
- C'est vrai qu'elle le place sur un piédestal… je n'aurais jamais cru que la raison de sa colère soit une intrigue imaginaire entre son fils et moi. Je pensais que c'était plus lié aux séances collectives auxquelles elle doit assister.
- Elle a aussi soulevé ce point… Elle refuse de se donner en spectacle, ce n'est pas comme ça que nous avons été élevés. Parler de soi est quasiment prohibé chez les Sang-Purs. Alors, imagine le faire devant une salle remplie d'inconnus, qui n'ont sûrement pas de tendres sentiments à ton égard. Sans compter que l'obliger à prendre des cours de magie est dégradant pour elle, ça le serait pour n'importe qui…
- Mais c'est pour son propre bien. Et il n'y a rien de dégradant dans le fait de réapprendre à utiliser sa magie quand on a été soumis à des épreuves comme elle en a vécu.
- Je sais que tu ne penses pas à mal, mais tu ne raisonnes pas en Sang-Pur. On nous a toujours appris que notre magie était supérieure à celles des autres et là, elle doit réapprendre à se servir de sa baguette comme une enfant. D'autant plus que j'imagine que vous vous servez de sorts ménagers… tu crois réellement que Lady Narcissa Malfoy a un jour utilisé un sortilège d'époussetage ?
- C'est vrai que la grande majorité des ateliers se basent sur ces sorts, mais parce qu'ils sont évolutifs.
- Certainement, mais pour des sorciers habitués à être servis, c'est rabaissant.
- Dans ce cas c'est peut-être à vous de faire un effort. Vous êtes une espèce en voie de disparition, il faudrait songer à vous adapter !
- Du calme petite lionne, lui dit Blaise en lui attrapant la main. Je n'ai pas dit que nous avions raison, je te donne simplement tous les éléments pour comprendre la façon de fonctionner des Sang-Purs.
Elle prit un moment pour réfléchir à ce qu'il venait de lui dire, tout en gardant sa main dans la sienne. Le contact était agréable, un peu comme lorsqu'Harry la prenait dans ses bras. Elle espérait qu'il n'imagine rien de plus à ce simple geste, mais l'hériter Zabini n'avait jamais été pressant ou particulièrement lourd, juste quelques remarques galantes lancées de temps à autre. Elle comprenait le point de vue de Narcissa Malfoy, mais elle était persuadée que ces séances lui seraient bénéfiques. Il faudrait qu'elle trouve le moyen de la faire participer de plein gré… et ce n'était pas gagné ! Toutefois elle était contente de constater que la noble s'était montée la tête pour une histoire de cœur imaginaire et qu'il serait facile de lui faire voir qu'il n'y avait rien entre elle et son fils.
- Assez parlé de tout ça ! reprit l'ancien Serpentard. Comment vas-tu depuis la commémoration ?
- Étrangement je vais bien. La réaction de Ron m'a déçue, mais je m'y attendais, donc je ne peux pas dire que j'ai été réellement blessée et je dois avouer que je commence à me contreficher de ce qu'il pourrait penser.
Et ils passèrent le reste de la soirée ensemble, entre anecdotes et rires. Si bien que lorsque Hermione rentra tardivement à Square Grimmaurd, Harry ne put s'empêcher de faire une remarque :
- Je ne veux même pas savoir pourquoi tu as un sourire pareil après une soirée avec Blaise Zabini.
Dans une attitude qu'elle jugea parfaitement mature, la jeune femme lui tira la langue, avant de se diriger vers sa chambre bien décidée à confronter Narcissa Malfoy dès le lendemain.
Avec beaucoup de patience, elle réussit à faire sortir la Lady de son mutisme, non sans lui certifier plus d'une dizaine de fois que non, elle ne souhaitait pas devenir la future Mrs. Malfoy.
- Et comment vouliez-vous que je le comprenne ? rouspéta l'actuelle Mrs. Malfoy. Vous n'avez jamais clairement dit le contraire… et mon fils m'a assuré qu'il voulait être votre cavalier au gala de commémoration.
- Vraiment ? Dans ce cas-là, je pense que c'est avec lui que vous devez vous expliquer et non avec moi… Mais je suis quasiment certaine qu'il s'agit là d'un malentendu.
- Peut-être bien… mais si vous agissiez tous deux plus en adéquation avec l'étiquette, l'histoire aurait été plus simple à comprendre. Vous encanaillez mon fils Miss Granger !
L'ancienne Gryffondor ne répondit rien. Il fallait savoir compter ses victoires. Elle avisa le planning des séances de thérapies de groupe qui était posé sur la petite table, elle avait encore une bataille à mener. Mrs. Malfoy, qui avait suivi son regard la réattaqua directement :
- Et ne commencez pas à me parler de ces séances ! Je vous ai déjà dit que je n'irai pas et je n'ai pas changé d'opinion à ce sujet.
- Dans ce cas, personne ne pourra envisager votre sortie ! Vous savez comme moi que c'est une condition sine qua non.
Voyant sa patiente se renfrognait, Hermione poursuivit :
- Vous pouvez choisir de subir les choses… le Professeur vous l'a dit, ils finiront par vous forcer à faire ces séances.
- J'avais bien compris que cet hôpital était devenu ma prison… mais je ne compte pas abdiquer face à la tyrannie. Si je dois y assister, ce sera contrainte et forcée, et ce ne sera pas sans me battre.
- Comme vous y allez Mrs. Malfoy, nous ne sommes plus sous le règne de Voldemort.
- Justement, j'ai suffisamment subi son emprise pour ne pas vouloir obéir à un nouveau maître.
- Qui vous parle d'obéir ? Pourquoi ne pas simplement vous servir de ces séances ? On vous oblige à y aller, soit ! Mais personne ne peut vous obliger à y parler, et vous aurez tout loisir d'écouter les autres.
Sa patiente lui lança un regard étonné :
- Je ne vous savez pas si fourbe Miss Granger, peut-être qu'après tout nous pourrons faire de vous une vraie Serpentard !
Hermione sourit, elle avait réfléchi à cette idée après sa discussion avec Blaise. Si la Lady était trop pudique pour s'exprimer en public, on ne pouvait pas l'obliger à le faire. Mais elle était persuadée que rien que le fait de fréquenter d'autres sorciers lui serait bénéfique…
- Je vais y penser, lui promit Mrs. Malfoy après un moment de silence. Peut-être que nous pourrons rendre ces séances acceptables !
