PROMPT : amitié


Drago avait entraîné Harry dans les appartements de son parrain. Le Gryffondor avait hésité un instant, mais le souvenir de ce que son professeur avait enduré lui avait fait oublier toutes ses craintes.

Rogue avait une cheminée qu'il avait raccordé au réseau de Cheminette, nécessaire à ses quartiers d'espion. Il avait donné l'accès à Drago, en cas de danger. Et d'après le jeune homme, ils étaient particulièrement dans un cas qui nécessitait de briser les règles.

Il entraîna donc Harry à sa suite, et il hurla "Manoir Malefoy" avant qu'ils ne disparaissent tous les deux.

Ils débarquèrent en toussant face aux époux Malefoy. Narcissa haussa un sourcil parfaitement épilé tandis que Lucius eut juste un sourire amusé. Cependant, leur masque impassible se craquela lorsqu'ils identifièrent le compagnon de leur fils et l'air inquiet des deux garçons.

Lucius se leva.

- Fils ? Un souci ?

- C'est Severus père ! Il y a un problème.

Narcissa leur montra le sofa face à eux.

- Installez-vous et expliquez-nous votre arrivée à une telle heure.

Harry et Drago échangèrent un regard inquiet. Drago soupira doucement.

- Potter. Dis leur.

Harry hésita un instant, mais les regards des parents de Drago n'étaient pas hostiles. Ils attendaient juste.

- Le professeur Rogue était à une réunion avec Voldemort ce soir et… il a été torturé et enfermé dans un cachot.

Narcissa eut un hoquet de stupeur mais Lucius fronça juste les sourcils.

- Monsieur Potter… Comment diable…

- Je l'ai vu, Monsieur Malefoy.

L'aristocrate se leva, et un éclair de colère traversa ses yeux.

- Vraiment ? Ce n'est pas un jeu, Monsieur Potter !

Harry soupira et souleva ses cheveux, exposant sa cicatrice.

- Depuis qu'il m'a fait ça, et qu'il est de retour, il m'arrive de voir à travers ses yeux. Ainsi je peux vous dire qu'il était furieux ce soir, et qu'il a lancé beaucoup de Doloris. A la fin de la réunion, il a demandé au professeur Rogue de rester. Il lui a demandé de lui livrer les enfants de Mangemorts car il ne voulait pas attendre pour les marquer et le professeur a refusé… Il a été… torturé et quand il a perdu conscience il a demandé à Bellatrix Lestrange de l'enfermer dans un cachot et de l'y laisser.

Narcissa avait retenu une exclamation de surprise et avait plaqué la main sur sa bouche. Lucius avait pâli violemment et déglutit brusquement. Les deux époux échangèrent un regard et Narcissa secoua la tête.

- On doit bien pouvoir faire quelque chose !

Lucius grimaça,son inquiétude pour son ami clairement visible.

Drago attrapa la main de Harry et étouffa un sanglot.

- Père, vous pouvez sauver Severus ?

Pour la plus grande surprise de Harry, Lucius ne protesta pas. Il se frotta les yeux d'un air las, puis soupira.

- Monsieur Potter… Le Lord peut il voir à travers vos yeux comme vous le faites ?

- Non Monsieur. Ça n'est jamais arrivé.

- Bien. Je suppose donc que vous avez compris que ma fidélité au Lord est… vacillante.

Narcissa émit une exclamation moqueuse avant de prendre la parole.

- Tout pour ne pas avouer que tu as commis une erreur en prenant cette hideuse marque. Et sans Severus, notre fils paierait cher cette erreur.

- Si j'y vais, nous serons les prochaines cibles. Il nous faudra tout abandonner et fuir.

Drago leva les yeux vers ses parents.

- Il faut aller le chercher. Il va mourir sinon.

Lucius secoua la tête.

- S'il ne l'est pas déjà…

Harry hésita un instant.

- Vous pourriez venir à Poudlard. Dans les appartements du professeur Rogue. Personne n'irait vous chercher et je pourrais demander aux elfes de vous apporter à manger en toute discrétion.

- Monsieur Potter, Dumbledore n'acceptera jamais.

- Je ne pensais pas mettre le professeur Dumbledore au courant de cet… arrangement.

Drago eut un hoquet surpris avant de glousser et Lucius sourit lentement.

- Vous avez une façon de raisonner très Serpentard, Monsieur Potter. Est-ce votre amitié avec mon fils ?

Harry haussa les épaules en rougissant. Narcissa laissa échapper un rire de gorge ravi.

- Ne l'embêtes pas voyons, Lucius. Êtes-vous sûr que ce soit une bonne idée, Monsieur Potter ? Nous ne voulons pas que vous puissiez avoir des ennuis.

Harry lui sourit.

- Je n'ai pas de meilleure idée et tout le monde m'assure que Poudlard est l'endroit le plus sécurisé du monde magique. Il ne pourra pas vous y trouver là-bas, et vous y seriez à l'abri. Quand au Directeur… il n'est pas obligé de savoir où vous êtes et pourquoi.

- Il voudra savoir qui a sauvé Severus.

- Dans ce cas, il faudra que le professeur Rogue prétende qu'il a été libéré alors qu'il était inconscient. A part supposer qu'il y a un traître parmi les Mangemorts… il n'aura rien de plus.

Le rire de Lucius était cette fois plus amusé encore.

- Un serpent parmi les lions. Nous vous serons redevables Monsieur Potter. Ce soir, vous sauvez Severus, Drago et nos deux vies. Le Lord n'aura plus accès à Poudlard et… Et il ne pourra pas enlever les enfants.

Harry rougit et détourna la tête, gêné.

- Bien. Je vais y aller maintenant. Si… Si je ne suis pas de retour d'ici deux heures au maximum, partez pour Poudlard avec Narcissa.

Drago pinça les lèvres mais acquiesça.

- Soyez prudent père.

Sans un mot de plus, Lucius partit. Narcissa, bien que tendue leur fit apporter un plaid et les encouragea à se reposer pour pouvoir aller en cours le lendemain matin afin d'éviter d'attirer l'attention. Elle demanda une tasse de thé à un elfe et s'installa confortablement, observant discrètement son fils et le jeune Potter.

Elle masqua un sourire dans sa tasse, en les voyant collés l'un à l'autre, blottis dans le sofa et enroulés dans un immense plaid. Ils somnolaient déjà, l'un contre l'autre, échangeant de temps à autre quelques mots avant de bailler.

Lorsqu'elle eut terminé sa tasse, Narcissa soupira, en jetant un coup d'œil machinal à la pendule. Lucius n'était parti que depuis trente minutes, et elle sentit son estomac se serrer à l'idée que son mari ne reviendrait peut être pas. Elle n'étais pas stupide et elle savait parfaitement que s'il était surpris à faire évader Severus, il n'y aurait pas de pardon. Les deux hommes seraient aussitôt exécutés.

Elle reporta son regard sur les deux garçons maintenant endormis et les veilla, attendrie de les voir tous les deux si proches.