PROMPT : Théorie du Big-Bang
Finalement Voldemort était arrivé, et tout le monde s'était calmé.
Minerva avait attiré Ron en arrière suite à son attaque contre Drago bien que Dumbledore ait essayé de lui trouver des excuses. Mais l'écossaise n'avait pas démordu,et le directeur avait plié. Ron était furieux, mais il était sous surveillance.
La perte de confiance en Harry avait été brève, puisque le geste de Ron avait fait comprendre à beaucoup que le rejet des Gryffondor avait été avant tout une histoire de jalousie. Dean et Seamus, gênés, avait fait un pas en direction de leur camarade de dortoir, restaurant l'unité.
Harry avait souri, leur montrant qu'il ne leur en voulait pas. Qu'il acceptait tout le monde pour se battre à ses côtés, quelque soit la famille ou la maison.
Lorsque Voldemort était arrivé, sortant de nulle part, Harry tenait toujours la main de Drago, et aucun des deux garçons n'avait tenté de se dégager. Leurs doigts s'étaient juste resserrés un peu plus, et ils avaient échangé un bref coup d'œil. Drago était pâle, les yeux écarquillés, et Harry malgré ses craintes, lui avait souri doucement pour le rassurer. Puis, il avait lâché la main de son ami, avant de faire un pas en avant, se plaçant devant ses amis.
Les Mangemorts s'étaient écartés pour entourer leur maître, et Harry et Voldemort s'étaient fait face.
Le jeune homme avait senti sa cicatrice le brûler, cependant moins violemment cependant qu'il avait eu à le subir. Comme lorsque les détraqueurs approchaient, il entendit les hurlements de sa mère, comme s'il revivait la nuit où il avait tout perdu et où son destin avait été scellé.
Vouloir expliquer comment il en était arrivé là serait comme tenter d'expliquer la théorie du Big Bang. Il s'était longuement torturé en se demandant pourquoi il avait été choisi, lui et pas un autre. Il avait cherché des raisons, quelque chose à quoi se raccrocher.
Il lui avait longtemps semblé qu'avec une explication précise, il aurait moins souffert. Se dire que c'était le hasard qui avait causé la mort de ses parents et son statut de Sauveur, sa responsabilité d'avoir le salut du monde sorcier sur les épaules, lui semblait trop injuste pour être supportable. Il pensait qu'il avait obligatoirement fait quelque chose de mal, pour mériter un tel sort…
Lorsque la prophétie lui avait été révélée, il avait oscillé entre la colère et la résignation. Colère que sa vie ait été décidée avant même sa naissance, résignation parce qu'au final il n'avait pas le choix.
L'absence de choix l'avait aidé, finalement. Il avait cessé de se torturer, et il avait accepté son destin, son rôle. La colère s'était calmée jusqu'à disparaître. Il avait accepté son sort.
Après tant de temps à craindre l'échéance, il se trouvait une nouvelle fois face à Voldemort. Mais cette fois-ci tout était différent.
Cette fois-ci, il était prêt. Il savait que c'était la bataille décisive, qu'il n'aurait pas d'autre chance. Il allait mettre toute son âme pour vaincre, parce qu'il y avait le futur du monde sorcier et surtout de ses amis qui en dépendait.
A l'instant où Voldemort était apparu, le fixant de ses yeux rouges, Harry avait eut comme une révélation. Alors qu'il sentait la main de Drago dans sa main, il s'était rendu compte que s'il échouait, le jeune homme serait probablement une des premières victimes, en tant que "traître" aux yeux de Voldemort.
Lui qui avait cherché un moyen de survivre, il venait de décider qu'il se sacrifierait sans hésiter pour sauver ses amis.
Il se placerait avec joie devant Voldemort et se laisserait tuer sans aucune hésitation s'il avait la certitude que derrière la guerre serait terminée pour de bon. Il s'offrirait volontiers en sacrifice pour que personne ne perde la vie.
Malgré l'optimisme de Drago et les recherches qu'ils avaient fait pour trouver comment détruire l'horcruxe en lui sans mourir, Harry n'avait jamais oublié l'éventualité qu'il ne survive pas à la bataille finale.
Inquiet, il avait pensé que s'il ne se relevait pas, Dumbledore et le Ministère s'acharneraient sur les Serpentard.
Hermione lui avait alors juré de protéger les Malefoy et leur professeur de potions quand il le lui avait demandé. Quand il le lui avait demandé, elle l'avait regardé suspicieusement, en lui répondant qu'il pourrait aussi bien s'en charger.
Il avait haussé les épaules, en prétextant qu'il serait plus tranquille s'il savait qu'elle le ferait au cas où il soit blessé - il avait préféré ne pas évoquer l'éventualité de sa mort, parce qu'Hermione était bien trop maligne pour se laisser abuser par de vagues excuses.
La jeune fille avait fini par hocher la tête et par promettre de faire le nécessaire tout en s'inquiétant pour Harry. Mais il avait réussi par la rassurer et lui promettre que c'était une façon pour lui de tout prévoir.
Neville avait entendu la conversation, et était venu près d'eux pour faire la même promesse à Harry. Il était prêt à fournir ses souvenirs pour montrer que les Serpentard avaient majoritairement décidé de se ranger derrière Harry, et qu'ils avaient tous décidé de venir se battre sans que rien ne leur soit imposé.
Et voilà qu'il était face à son destin. Il observa le monstre humanoïde qui lui faisait face. Voldemort semblait avoir pris l'apparence de son âme, noire et corrompue. Il semblait sûr de lui, comme s'il avait déjà gagné, comme s'il était le maître du monde. Et Harry ne pouvait pas le lui reprocher : lui le mage noir qui avait mis le monde sorcier à genoux, qui terrorisait tout le monde depuis des années, faisait face à un adolescent.
Voldemort émit un ricanement sinistre.
- Harry Potter. Enfin nous nous retrouvons. Cette fois… Cette fois l'issue de notre affrontement sera définitif.
Harry ne réagit pas. Il en était conscient, bien entendu.
- Si jeune et appelé à mourir de ma main. Harry Potter… Je te laisse dire au revoir à tes amis.
Harry hocha la tête doucement et se tourna vers Drago qu'il enlaça. Il lui chuchota à l'oreille :
- Trouve et tue son serpent. Il le suit partout, et une fois Nagini mort je pourrais le tuer.
