L'été était plutôt chaud ici et, dans notre petit appartement, je devais constamment surveiller ma grand-mère pour être cent pour cent sûre qu'elle ne reste pas trop longtemps sans boire. C'était fastidieux et, de par son tempérament, elle refusait catégoriquement de rester à l'abri de la chaleur pendant plus de deux heures. Mais lorsque j'avais du temps pour moi, je m'éclipsai et passais parfois des heures à déambuler sur le Chemin de Traverse à la recherche d'informations sur les balais allant jusqu'à faire les poubelles pour trouver des articles traitant du sujet.

Mais, comme je ne trouvais rien de très intéressant, je suis allée, avec beaucoup d'appréhension et d'espoir, dans le Magasin d'accessoires de Quidditch. Malheureusement pour moi, aucun des stagiaires ni même le propriétaire ne purent me dire autre chose que ce qui était déjà marqué dans son petit manuel de vente... il ne savais pas comment, il ne savais pas réparer un balai ni même de quoi étaient composés les différents vernis proposés en option ; ce type était pire que nos opticiens !

Déçue, j'avais traîné des pieds en ruminant pendant une bonne demi-heures avant que je ne me rende compte que j'étais dans ce qu'on m'apprit, plus tard, était l'Allée des embrumes ; une rue crasseuse remplie de sorciers adeptes de la magie noire, de coupe-jarrets et, étrangement, de beaucoup de ces si parfaits 'sang-purs' qui s'y promenaient le nez au vent.

C'était un lieu de magie noire et évidemment, faire quelques recherches là-bas m'auraient sans doute bien avancé dans l'élaboration de vernis anti-malédictions et maléfices, mais j'avais peur de recevoir une malédictions dans le dos, peur d'être vue là-bas et me faire répertorier comme 'danger potentiel'... mais après plus d'un mois à tourner autour du pot, je me décidai à passer à l'action.

Je m'installai dans la vieille remise dans la cours délabrée et y plaçai des 'mouchbruits' échangées contre deux grammes de poudre de corne de licorne chez Pirouette et Badin. La suite ne nécessitait qu'une banane, un serpent malchanceux, une feuille de lierre et un jours complet à mijoter ; ma potion de vieillissement était prête.

Avec les habits de ma grand-mère et pas loin de cinquante berges de plus, personne ne pouvait me reconnaître. J'étais entrée, avec encore quelques hésitations dans l'Allée des Embrume et, effrayée par un type qui semblait me suivre depuis un moment, je m'étais réfugiée, l'air de rien, dans une boutique lugubre dont les vitrines salles ne présentaient que des abominations.

Cependant, ce fut le seul endroit où je pus me rapprocher de mon but ; j'échangeai une fiole de sang de licorne contre deux livres de magie noire, un poudrier ancien contenant une glace à l'ennemi et, comme je ne savais pas si j'en retrouverais de si tôt, j'y ajoutai six grammes de dents de Doxy.

J'avais tous ce qu'il ma fallait, seul problème, je ne savais pas comment marchait le système de régulation des sorts pour les élèves en dessous de la majorité magique et, à mon plus grand désarroi, je n'eus pas l'occasion de m'entraîner sur mes malédictions et maléfices de toutes les vacances... et de plus, j'avais un doute sur la réglementation de la fabrication de potions artisanales.

Par prudence, je me contentais d'amasser des ingrédients et restais pour les deux dernières semaines des grandes vacances avec ma grand-mère qui me posa bien des questions, dont une à laquelle il me fut impossible de répondre sans y réfléchir longuement ; m'étais-je fait des amis là-bas ?

J'y repensai encore en achetant mes nouvelles fournitures mais j'en perdis le fil lorsque nous arrivâmes chez Fleury et Bott pour acheter mes nouveaux livres qui, étrangement, étaient tous écrits par le même auteur et s'élevaient au nombre effarant de sept ! Et certains d'entre eux, n'avait pas vraiment de lien avec le programme ministériel des Défenses contre les forces du mal sur lequel je m'étais déjà renseignée. Dumbledor avait-il troqué les défenses contre les forces du mal pour un café littéraire ?

Bien sûr, il fallait que tous les livres de cet auteur soient hors de prix et, en les feuilletant le soir même, je me rendis compte que ces 'ouvrages' étaient plus des romans d'aventure que des livres de cours... et les descriptions concernant les gestes à faire avec la baguette étaient noyés dans tellement de détails insignifiants que je pris deux soirs entiers pour en faire des fiches, claires, nettes et précises.

Le jour de la rentrée arriva rapidement et, après avoir longuement dit au revoir à ma grand-mère je montai dans le train, me trouvai une cabine seule et me mis à feuilleter mes fiches... Toutefois, quand des premières années arrivèrent dans la cabine et s'assirent en riant nerveusement, la question de ma grand mère me revint ; m'étais-je fait des amis là-bas ? Mais les jumeaux Weasley comptaient, non ? On s'était rendu service et on s'entendait plutôt bien... donc 'oui', je m'étais fait des amis là-bas.

Heureuse de ma constatation, j'avais offert un fondant du chaudron à chaque premier année de la cabine et les avait renseigné sur le déroulement de la répartition dans les différentes maisons ; ils semblaient tous tellement soulagés de savoir que le frère de l'un d'eux avait menti en disant qu'il fallait vaincre un Chaporouge, qu'il en pleura.

Ce soir là, un autre Weasley fut envoyé à Gryffondor et apparemment, Potter et Ron Weasley avaient manqué le train et donc utilisé une voiture volante pour arriver jusqu'à Poudlard... L'année commençait bien pour eux... sans compter la beuglante qu'ils reçurent le lendemain matin.

Notre premier cours de l'année était un de botanique dans la serre numéro trois et, en nous y rendant, on croisa non seulement les Gryffondors avec qui on était sensé passer ce cours, mais aussi notre future professeur de défense contre les forces du mal Gilderoy Lockhart. Moi qui avais un moment pensé que notre future professeur était un fan de ce type, je n'avais pas un seul instant imaginé qu'on pouvait être fan de soi-même à ce point.

De plus, je le soupçonnai fortement de n'être qu'un bon à rien ; ses sourires faisaient faux, son arrogance mal placée et ses explications fumeuses, voire erronées... et en y repensant, il avait souvent tendance à prendre Potter à part... ça sentait mauvais ; le dernier professeur de défense contre les forces du mal était dangereux... et les dents blanches de cet abruti cachaient sans doute quelque chose de très sombre.

Potter nous rejoignit peu après et ainsi, nous pûmes apprendre à rempoter des jeunes mandragores sans nous évanouir ou mourir... enfin, sauf Longdubas. Beaucoup semblaient avoir du mal avec les jeunes plantes qui gesticulaient beaucoup, mais en lui donnant ma main à mordre, je me rendis compte que la mienne était bien moins vive ; cette découverte me fit gagner dix points pour Poufsouffle.

Finalement, le cours de défense contre les forces du mal arriva et, en voyant Lockhart traîner un Harry au regard implorant derrière lui était déjà louche, l'entendre nous faire la liste de tous ses titres allant du plus sérieux et injustifié au plus ridicule décerné par Sorcière-Hebdo en passant par un questionnaire stupide sur ses goûts personnels étaient écœurant tellement ça dégoulinait d'égocentrisme, mais avoir un professeur qui libère des lutins de Cornouailles dans une classe, et n'est même pas fichu de les stopper là, c'était vraiment trop fort ! Mais qu'est-ce qu'il pouvait bien mettre dans leur annonce pour le poste de professeur ? 'Nous n'acceptons que les incapables, les possédés et les ogres sanguinaires ' ? Non, il devait y avoir une raison... Dumbledore était excentrique et un peu fou mais pas idiot... il devait avoir un plan derrière la tête...

Juste pour lui prouver mon mépris, j'avais tracé une ligne sur chaque question j'étais peut-être une Poufsouffle patiente et consciencieuse quand il s'agissait de mon travail, mais fallait pas non plus me prendre pour une truffe. Et apparemment, je n'étais pas la seule à trouver ce type louche... enfin, sauf les quelques irréductibles groupies qui résistaient, encore et toujours, à l'évidence de l'imposture.

Plus je passais de temps à écouter les vantardises de cette honte du monde magique, plus la rage que je ressentais à son égare me fis perdre le sommeil et, comme j'avais déjà appris mes sorts d'enchantement et six recettes de potion ainsi que leurs effets, je me dis qu'un petit tour dans la réserve ne me ferait pas de mal. Quelques gouttes d'élixir d'Ailuro et je m'éclipsai au nez et à la barbe de Rusard et Miss Teigne dans la réserve où je me mis à feuilleter quelques bouquins, dont certains que j'avais déjà lu. Mais après deux bonnes heures de lectures, je voulus redescendre de mon étagère mais m'arrêtai immédiatement en entendant un son étrange comme si quelques chose de gros 'glissait' sur le sol.

Intriguée, je m'étais rapprochée tout en restant sur les rayons et, dans la lumière faiblarde qui parvenaient dans le couloir, je vis une ombre imposante et menaçante s'étendre de la porte jusqu'au mur qui lui faisait face. De peur qu'elle ne rentre, je me plaquai contre le bois et observai son évolution. Cette chose se mit alors à 'feuler' à la manière d'un chat puis, passa son chemin.

Inutile de dire que, en tant que Poufsouffle, et après avoir trouvé une étrange flaque d'un liquide blanchâtre dans le couloir que cette chose avait emprunté, je me mis au travail en empiétant joyeusement sur les cours et devoirs de défense contre les forces du mal car, contrairement à tout ce que quelqu'un de sain aurait pu penser, j'aurais préféré avoir Rogue à la place de Gilderoy. Il y avait quelque chose de pas net ici, et je ne dormirais pas tranquille avant d'avoir compris ce que c'était.

Je venais de revenir de mon cours de potion quand je vis le pauvre Potter être embarqué par Rusard. Je demandai alors à Nick-Quasi-Sans-Tête ce qui s'était passé et, au lieu de me le dire simplement, il me fit un récit détaillé et peu objectif de tout ce qui leur était arrivé. J'avais de la peine pour Harry et aurais voulu améliorer les performances de leurs balais pour mettre la pâté aux Serpentards, mais j'étais certaines que la vieille McGonagall ne m'aurait jamais permis de le faire car trop dangereux alors, je me contentai juste d'un soupire et me permis un trait d'humour en disant que, contrairement aux membres du Club des chasseurs sans tête, Nick avait réussi à garder la sienne sur ses épaules même à travers la mort ; bon, au moins j'avais regonflé un peu son ego.

Ceci, résulta en Nick convainquant Peeves de faire diversion pour que Rusard laisse Harry tranquille et ça avait même réussi. Heureuse de savoir Harry hors des griffes de Rusard, je retournai à la bibliothèque la chose que j'avais vu ce soir-là... je n'aurais pas pu dormir tranquille sans savoir ce que c'était. Première chose, je tentai tant bien que mal de me souvenir de la forme de cette chose puis, de la retranscrire sur un morceau de parchemin. Il ne fallait pas non plus oublier ce feulement assourdissant et le bruit qui donnait l'impression que quelque chose glissait sur le sol...

J'avais déjà opté pour un serpent, un gros... mais comment savoir si l'ombre que j'avais vu n'avait pas été déformée au point de faire paraître gigantesque un simple serpencendre ? Mais, d'après ce que j'avais lu sur le sujet, un serpencendre était généré par un feu magique laissé trop longtemps sans surveillance et laissait une traînée de cendres sur son passage... et je n'en avais pas vu... mais encore une fois, c'était la nuit et les effets de mon élixir d'Ailuro commençaient à s'estomper... et même si j'y allais maintenant, Rusard avait certainement déjà tout nettoyé et si je lui avais posé la question... j'aurais certainement fini dans le bureau du proviseur et bonjour pour expliquer que je n'étais pas dans mon dortoir en pleine nuit, mais en plus, que je me cachais dans la réserve... non, définitivement pas une bonne idée !

Déterminer à aider sans me tirer une balle dans le pied, je continuai mes recherches et avais totalement exclue l'hypothèse d'un serpencendre ; les œufs auraient déjà provoqué des explosions et/ou des feux un peu partout et Peeves serait certainement déjà entrain de les jeter sur les élèves.

Restait alors trois candidats le Runespoor, un serpent tricéphale originaire du Burkina Faso. Sa taille peut aller d'un mètre quatre-vingt à deux mètres dix... mais les têtes ne s'entendent jamais entre elles... et il était bien loin de chez lui... mais je gardais tout de même cette éventualité en tête.

Le deuxième était le Selma, dans les sept mètres pour les plus grands spécimens étudiés, ces serpents géants de Norvège vivent dans les lacs gelés et s'attaquent souvent aux humains...

Le lac noir était effectivement froid mais j'avais vu cette chose dans les couloirs... et même affamé, il était peu probable qu'un serpent marin vienne ici sans même tuer ce vieux Rusard ou un professeur...

Bien sûr, il restait le Basilic, mais rien de bien précis n'était décrit dans ce vieux livre et cette chose était presque une 'création forcée'... un crapaud couvant un œuf de poule... les chances étaient presque nulles pour que l'un d'eux soit arrivé ici... une chose aussi grande aurait forcément été remarquée !

Comme il se faisait déjà tard et que je voulais reprendre la traque, je demandai un livre complet sur les serpents à la bibliothécaire, Mme Pince et, avant de m'enfermer dans la salle commune, pris un casse-croûte à la cuisine. Là, je découvris un paquet de papier kraft et, y trouvais un pull noir dont seules les manches étaient raillées de jaune ; grand-mère avait fait fort sur ce coup là. Je le mis et, avec la chaleur, m'endormis en pleine lecture.

Apparemment, les basilics pouvaient vivre plus de neuf cent ans et faire pas loin de quinze mètre de long. Leur regard était également mortel pour quiconque le croisait et son venin était tout aussi létal. Le chant du coq était la seule chose pouvant le faire fuir et les araignées le craignent... On y parlait également du mage noir, Herpo l'infâme, dont les observation permis de connaître le moyen de créé un basilic.

Je repartis un peu avant minuit et, me cachai dans une armure les yeux fermés quand j'entendis ce même bruit de corps glissant sur le sol se rapprocher de ma position. J'attendis que le son s'éloigne et sortis de l'armure à laquelle je m'excusai platement pour avoir envahi un espace privé. C'est à ce moment que je m'étais rendu compte que le sol était recouvert d'eau et, un peu plus loin, Peeves regardait le mur en riant. Je le rejoignis et vis écrit ;

« LA CHAMBRE DES SECRETS A ÉTÉ OUVERTE. ENNEMIS DE L'HÉRITIER, PRENEZ GARDE. »

Je tentai ma chance en demandant à Peeves s'il avait vu qui avait écrit ça, mais il se contenta d'écrire, avec un peu de ce sang, des insultes sur les autres murs. Je l'avais suivi du regard et avait remarqué avec horreur que Miss Teigne était comme... figée sur place... et sans doute la personne qui avait écrit ça, avait aussi eu l'idée de la pendre à une torche par la queue.

Je voulais voir son corps de plus près, mais des bruits de pas se rapprochaient de moi ; je dû prendre la fuite.

Plusieurs jours avaient passé depuis l'incident avec Miss Teigne et, comme j'entendais beaucoup de rumeurs sur la Chambre des Secrets, je m'étais précipitée à la bibliothèque pour prendre un exemplaire de l'Histoire de Poudlard ; le dernier disponible.

Mais toutes les réponses me vinrent sans même avoir à le lire car Hermione Granger posa directement la question au professeur Binns.

Apparemment, Salazar Serpentard voulait que la sélection des élèves admis à Poudlard soit plus sévère et pensait que seuls les sang-purs étaient suffisamment dignes de confiance pour apprendre à utiliser la magie. Une grave dispute éclata entre les quatre fondateurs et Salazar fit ses bagages mais, avant de partir, il aurait laissé une chose horrible dedans... quelque chose pour débarrasser l'école des nés-moldu et que seul un de ses héritiers pourrait libérer de la Chambre dans laquelle il avait scellé ce monstre et le contrôler.

À partir de ce moment là, la donne avait changé ; je n'étais plus celle qui traquait, mais bien une proie traquée.

C'est pendant ce cours qu'une autre rumeur arriva à mes oreilles ; Harry Potter, serait l'héritier. Ça m'intriguait, alors je les avais suivi et, mon estomac se noua quand ils me permirent de découvrir des araignées complètement paniquées. Il n'y avait plus de doute possible ; les araignées apeurées quittant le château, la forme serpentine de l'ombre que j'avais vu... et le fait qu'elle se retrouve quasiment toujours au même endroit que moi... Mais bien sûr, j'étais une née-moldu, donc une 'élève indigne' de Poudlard aux yeux des héritiers de Serpentard.

Une fois arrivée dans la salle commune, je vis qu'un baquet était encore au pied du sapin et, en l'ouvrant, je découvris un panier de clémentines ce n'étais pas grand chose, mais le simple fait d'en manger une calma mes nerfs à merveille.

Depuis ce jour là, je mis un terme à mes balades nocturnes et me concentrais essentiellement sur mes potions et aussi, sur un lieu tranquille pour me permettre de travailler à mon aise. Malheureusement, les lieux calmes étaient rares et les salles vides étaient souvent mises sens dessus dessous, par Peeves... je voulus alors aller dans les toilettes des filles du deuxième étage, mais là-bas, je découvris une préparation bouillonnante de Polynectar ; un long cheveux frisé et brun était à côté Granger... les trois là préparaient quelque chose...

Plusieurs fois, j'ai essayé d'écrire à grand-mère, mais à chaque fois, je dérapais sur cette histoire sordide ; elle n'avait pas à le savoir... je ne voulais pas qu'elle s'inquiète... Après plus de cinq heures à essayer d'écrire une lettre au contenu joyeux, j'ajoutai deux fondants du chaudrons et les confiait à Badiane.

La saison de Quidditch avait recommencé et, avec elle, les envolée grandioses, mais aussi les malheurs... et l'un d'eux, n'était même pas un Cognard. Pendant le match Gryffondor contre Serpentard, un Cognard s'acharna sur Harry et le fit tomber de son balai. Son bras était cassé et, tout aurait été si simple si le 'Grand' Lockhart n'avait pas retiré tous les os du bras du pauvre Potter.

Résultat des courses, Gryffondor avait gagné le match mais Harry allait passer au moins une nuit à souffrir les effets du Poussoss... ce maudit Lockhart...

Bon, une nouvelle idée de protection à ajouter à ma liste ; un moyen de repousser les Cognards... ou du moins, un moyen de les débarrasser d'une malédiction supplémentaire.

Plus tard, au repas, je vis un premier année des Gryffondors sortir de table avec une grappe de raisin mais il tremblait de tous ses membres. Colin Crivey était son nom, je crois... ce petit gars était un fan de Harry et voulait certainement lui ramener quelque chose à manger et discuter un peu... mais pour cela, il lui fallait traverser tout le château... et de ce que j'avais entendu, il s'était émerveillé devant les images mouvantes... il devait être né-moldu.

Je m'étais alors levée de table et le suivais de loin ; à ce moment là, je ne savais pas bien ce que je faisais... est-ce que je voulais le suivre pour le protéger... ou juste l'utiliser comme un appas éventuel et observer le 'monstre de Serpentard'... Non, la première raison me paraissait bien plus valable entre nés-moldus, il fallait se serrer les coudes.

Quand on fut proche du deuxième étage, je sentis l'inquiétude monter en moi et sortis ma glace à l'ennemi pour me rassurer un peu : une énorme ombre à la forme serpentine commençait doucement à se détacher des autres. À ce moment là, un feulement arriva à mes oreilles et, me souvenant que la dernière chose que le miroir me montrerait était les yeux de mon ennemi, je refermai immédiatement le poudrier. Puis, alors que j'allai pour prévenir Crivey, un flash illumina le couloir et un bruit sourd retenti ; il était par terre, coincé dans la position dans laquelle il avait vu le monstre. Le son repris alors et, ne trouvant pas une porte ou armure, je me rabattis sur une fenêtre. Le temps dehors était épouvantable et Rusard allait me tuer pour avoir ramener autant d'eau à l'intérieur mais au moins, j'étais vivante.

Après cet épisode, plus un seul premier année ne se déplaçait seul et un véritable trafic de gris-gris plus répugnants et inutiles les uns que les autres se promenaient dans le château... et bien sûr, ces derniers ne serviraient à rien... jamais je n'avais entendu parler d'un basilic ayant été repoussé par un oignon pourri... mais le chant d'un coq par contre...

Je passais ainsi mes vacances à apprendre mes cours, chercher un endroit tranquille pour travailler et, finalement, grâce à un autre échange avec les Jumeaux, je pus faire apprendre le chant du coq à mes mouchbruits. Une fois chose faite, je m'attelai à ensorceler des pendentifs pour qu'il jettent un 'obscuro' sur leur porteur en entendant un feulement... mais il me fallait encore trouver un moyen d'ajouter un 'finite incantatem' à tout ça... et le faire se déclencher une fois la menace éloignée... et un priori incantatum pour refermer la boucle et permettre une réutilisation permanente...

Mais, maintenant que j'y pensais, ces chose seraient utiles contre le serpent, mais pas contre l'héritier qui l'avait libéré. Certainement un sang-pur... Malefoy ? Non, il avait beau se venter, il n'avait apparemment pas la capacité de parler fourchelangue il n'aurait pas pu donner d'ordre au basilic... Après avoir remis une dizaine d'échantillons aux Jumeaux contre quelques ingrédients rares, je fis en sorte de me trouver à tous les événements qui rassemblaient le plus de monde et pris des notes sur tous les sang-purs qui me semblaient suspects... je ne pouvais pas juste me limiter aux Serpentards, après tout, j'aurais très bien pu en devenir une...

Mon premier choix fut les cours de Duel dispensés par Rogue et Lockhart et, juste pour la magnifique défaite de cette andouille par le maître des potions, je me dis que peut-être, verser du sang de licorne dans son jus de citrouille n'était pas aussi drôle. Après, Rogue et Lockhart nous répartirent en binôme ; je m'éclipsai à ce moment là.

J'avais d'autres choses à faire et me donner en spectacle devant d'autres élèves ne faisait pas partie de mes plans. J'avais apparemment manqué quelque chose, car dès le repas du soir une rumeur selon laquelle Harry serait un descendant de Serpentard avait fait son chemin... mais ça n'avait pas de sens ; il était à l'infirmerie quand Crivey avait été attaqué et n'était pas obsédé par la pureté du sang! Granger était bien son amie, non ?

J'avais alors pensé aux professeurs, mais à part cet imbécile de Lockhart, tous étaient là depuis au moins dix ans et cette chambre avait été ouverte cinquante ans plus tôt... j'aurai pu soupçonner Rogue, mais alors, pourquoi avoir attendu si longtemps pour la rouvrir ?

Mais une fois de plus, le basilic frappa ; Nick-Quasi-Sans-Tête et Justin Flinchley avaient été pétrifiés. Et ce pauvre Harry qui était devenu le 'suspect numéro un'... Comment celui qui avait tué Voldemort aurait-il pu faire une chose pareille ? Et comme si ce n'était pas suffisant, les Jumeaux précédaient parfois Harry dans les couloirs en hurlant 'Faites place à l'héritier de Serpentard'. Pour la peine, le devoir qu'ils rendirent à Rogue fut rempli de fautes, voire d'insultes colorées.

Après plusieurs semaines de recherche et un avancement médiocre dans mes investigations, je voulus me promener et, en passant dans le couloir du deuxième étage, entendis quelqu'un chuchoter étrangement, puis pousser des petits cris aiguës et recommencer. J'allai voir et là, j'aperçus une fille aux cheveux longs prendre un livre noir et le jeter dans les toilettes. On aurait d'ailleurs dit qu'elle essayait de se forcer à le faire... Mais lorsque je la vis commencer à se retourner, je m'éclipsai rapidement, mais avec discrétion ; je reviendrai plus tard.

Je revins bien vite sur ma décision ; ma glace à l'ennemi montra une ombre serpentine bien nette et je ne comptais pas voir le jaune des yeux de ce serpent là. Rester dans ma salle commune me frustrait horriblement car ici, je ne pouvais même pas tester mes sorts, sortir mes livres de magie noire ou même améliorer mes 'inventions'... j'étais vraiment bloquée là à regarder les autres se passer des informations pour la plupart erronées et des gris-gris trop chers pour être utiles ; ce qui me fit penser que je devais aller voir les Jumeaux pour voir si tout s'était bien vendu...

Le dimanche qui suivi, j'allai donc retrouver les deux Weasleys et, en retournant dans ma salle commune, j'entendis Mimi geignarde pleurer dans les toilettes... maintenant que j'y pensais, comment était-elle morte ? Malheureusement, cette tête de mule ne me l'aurait jamais dit alors, je continuai ma route. C'est là que je croisai Peeves qui, contre une boîte entière de mouchbruits modifiés, m'appris quelque chose de très intéressant ; Mimi était morte il y a cinquante ans, dans les toilettes des filles.

Pendant pas moins de trois semaines, Rusard passa son temps à chasser mes mouchbruits pour les empêcher de hurler Cocorico en permanence ; pas une seule attaque n'eut lieux pendant ce laps de temps.

Bien sûr, Lockhart, lui, pensait que c'était entièrement grâce à lui et à sa passivité et organisa, pour le quatorze février, la Saint-Valentin, la plus horrible et la plus dégradante du monde... surtout pour les pauvres nains qu'il avait affublé de toges et armés de lyres ; les cupidons du jours. Sans compter qu'il avait failli nous lire toutes les 'lettres d'amour' qu'il avait reçu... quarante-six, dont une de moi qui le menaçait de lui verser quelques gouttes de sang de licorne dans son jus de citrouille ; inutile de dire qu'il n'en buvait plus aux repas.

Mais cette situation amena quelque chose de très intéressant ; Harry, en essayant de fuir l'un des nains qui voulait lui délivrer un message d'amour, fit tomber un livre à terre... un livre noir très semblable à celui que la fille que j'avais vu dans les toilettes avait jeté. Et encore mieux ; une fille sembla devenir extrêmement nerveuse en voyant le livre... ce pourrait-il que...

Pendant les semaines qui suivirent, je fis en sorte d'expédier mon choix pour les matières optionnelles et de suivre cette fille pour apprendre le plus possible sur elle.

Ginny Weasley, elle était en première année et appartenait à Gryffondor. Apparemment, elle était très émotive, semblait souvent malade et pouvait parfois disparaître pendant des heures sans que personne ne sache où elle était...

Un matin, je vis Hermione se lever précipitamment de la table des Gryffondors ; je la suivis. Elle se dirigeait vers la bibliothèque... peut-être avait-elle compris quelque chose. Je pris un raccourci pour la devancer et, avant qu'elle n'arrive, je pris le livre sur le basilic que j'avais précédemment lu et le disposai à la bonne page sur une table et partis immédiatement vers le terrain de Quidditch ; jamais je ne manquerai un match de Potter.

J'étais au deuxième étage quand j'entendis un feulement venir d'au dessus je m'étais alors cachée et jetai un coup d'œil à mon poudrier le serpent était tout prêt... GRANGER ! J'étais alors remontée mais il était déjà trop tard ; Granger était raide avec un miroir à la main et une plume dans l'autre... elle avait marqué quelque chose. Sur la page du livre que je lui avait laissé, elle avait marqué 'les tuyaux'. Des bruits de pas avaient alors retenti et, de peur d'être vue, je déchirai le morceau de page, en fis une boule et le coinçait dans sa main à la place de la plume.

Comme les professeurs étaient déjà presque arrivés, j'utilisai un passage secret que j'avais trouvé grâce aux Jumeaux et allai dehors ; être suspectée ne m'avancerait à rien.

Ce soir là, tout le monde dû rester, dès six heure dans la salle commune ; Rogue avait même fait l'appel pour être sûr que personne ne resquille...

Le jour suivant, on apprit que, Dumbledore avait démissionné, que Hagrid, alors inculpé, avait été envoyé à Azkaban et que, si l'école ne fermait pas malgré tout, les examens seraient maintenus. Le surlendemain, pendant que Lockhart nous accompagnait vers le cours de Binns, je fus surprise d'entendre Harry et Weasley donner raison à Lockhart sur le fait que l'école était à présent sûre... mais c'était une ruse et lorsque cet imbécile partit, je les suivis à distance ; ils allaient vers les toilettes des filles. Mais, après l'intervention de McGonagall, ils se hâtèrent vers l'infirmerie ; je les suivis de toute façon et, grâce à mes mouchbruit, parvins, en restant dans l'ombre, à passer inaperçu et fus fière de voir que la page froissée leur avait permis de découvrir l'identité du monstre.

Mais quelque chose d'autre attira mon attention « Son squelette reposera à jamais dans la Chambre. » ; Ginny Weasley avait été enlevée par le monstre... Et, comme tous les professeurs venaient de désigner Lockhart comme le 'sauveur' qu'il clamait avoir toujours été, il fit la chose la plus sensée du monde ; fuir comme le dernier des lâches. Toutefois, Harry et Weasley l'obligèrent à venir avec eu aux toilettes des filles et ouvrirent la porte grâce au fourchelangue.

Mais j'avais encore quelque chose à faire et, comme je ne pouvais pas me permettre d'être découverte entrain de rôder dans les couloirs sans personne et hors de la salle de Binns, je demandai aux portraits de trouver Peeves et de faire passer le message suivant à McGonagall « La chambre des secrets est dans les toilettes des filles du deuxième étage. Potter, Weasley et Lockhart y sont. Envoyez leurs de l'aide ». et pour Peeves « Des pendentifs ensorcelés seront déposés dans le dédale des rondes bajoues s'il fait bien passer le message. »

Peeves trouva apparemment l'échange intéressant car je vis bientôt un phœnix tenant le Choixpeau dans son bec, se précipiter dans le puits mission accomplie.

Le philtre de mandragore avait été administré à toutes les victimes, Gryffondor avait encore gagné la coupe des quatre maisons, les cours de défenses contre les forces du mal avaient été supprimés car Lockhart avait subi un puissant sort d'amnésie et, cerise sur le fondant du chaudron ; Lucius Malefoy avait été renvoyé du conseil d'administration, ce qui avait eu pour effet de rendre Drago amer et bien plus humble ; à mon plus grand bonheur.

La fin de l'année arriva bien trop vite et, après toutes ces péripéties, j'avais enfin trouvé tout ce dont j'avais besoin ; un lieux tranquille pour travailler avec la Chambre des secrets, des maléfices et malédictions et pleins de nouvelles idées pour mes balais... mais quelque chose d'autre préoccupa mon esprit pendant le trajet du retour ; Jamais je n'avais autant souris en regardant Harry s'amuser avec les autres...