Depuis le premier jour des vacances, j'avais cherché un moyen de travailler tranquille sans avoir à aller loin de l'appartement et, après quelques jours à feuilleter les différents livres d'enchantement que je pouvais trouver, je finis par mettre la main sur un sort parfait pour ce que je voulais ; un sortilège d'extension.

J'avais donc cherché un endroit accessible et de préférence inutilisé ; le tiroir sous mon lit avait fait l'affaire.

Des parpaings, des vieilles planches pour poser mes ingrédients, des boîtes à compartiments pour les poudres, herbes et composants de petite taille, occupaient déjà une bonne partie des vingt mètres carrés que j'avais créé et, au milieu, j'installai de quoi faire un feu sans risquer de tout brûler.

Mon petit atelier se montait peu à peu et, après avoir failli enfumer la totalité de l'appartement et envoyé un balai déchaîné contre ma pauvre chouette qui n'avait jamais rien demandé, je parvins à enchanter un balai pour qu'il avance et recule en fonction de l'inclinaison d'une pédale pivotante que j'avais rajouté, mais il y avait un 'hic' ; la vitesse n'était pas réglable, l'accélération médiocre et le manche tremblait au point de faire saigner les mains.

J'avais donc essayé d'ajouter un verni contenant de l'eau, la poudre d'une rémige de Badiane, un jaune d'œuf et une fleur de coton que j'utilisai pour touiller et appliquer sur la totalité du balai ; il était certes plus rapide, mais les accoups étaient toujours présents et la directions était presque inexistante.

Je renouvelai mes essaies mais, pour chaque ingrédient rajouté, pour chaque dose légèrement modifiée, quasiment tous les paramètres et réponses du balai changeaient drastiquement.

Mais je ne m'étais pas arrêtée là ; il fallait au moins que ce balai réponde à l'inclinaison de la pédale et puisse freiner. Je réduisais les doses de rémige en poudre, rajoutai des yeux de tritons malaxés, mon jaune d'œuf puis recommençait avec ma fleur de coton ; le démarrage était nul, et je dus tenter le départ skateboard, soit courir comme une andouille avec le balai entre les jambes pour lui donner la poussée nécessaire... c'était ridicule, mais au moins, il répondait à la pédale... avec un bon décalage de trois secondes qui me firent arriver directement dans le mur mais y'avait eu plus de peur que de mal, le balai n'avait rien.

J'avais passé presque la totalité de mes vacances à travailler dans mon tiroir et mangeai même très souvent là le soir. Mais, malgré tout ce temps passé à bosser sur mon propre modèle, le début d'année arriva bien trop vite et, ce n'est qu'en ensorcelant mon vieux sac de sport, que je parvins à emmener toutes les affaires dont j'aurais besoin pour la suite des opérations.

Pendant tout le trajet vers la gare de Pré-au-Lard, les deuxième année qui occupaient les places à côté de moi discutaient d'un article de presse et, quand je relevai la tête pour voire, je fis face au visage émaciés et crasseux d'un homme qui rugissait comme un dément.

BLACK TOUJOURS INTROUVABLE

Sirius Black, qui peut prétendre au titre de plus infâme criminel jamais détenu à la forteresse d'Azkaban, échappe toujours aux recherches, nous confirme aujourd'hui le ministère de la Magie.

« Nous faisons notre possible pour capturer Black, nous a déclaré ce matin Cornélius Fudge, le ministre de la Magie, et nous demandons instamment à la communauté des sorcières et sorciers de rester calme. »

Fudge a été critiqué par certains membres de la Fédération internationale des Mages et Sorciers pour avoir informé de la situation le Premier ministre Moldu.

« Il est clair que c'était mon devoir, a déclaré Cornélius Fudge non sans une certaine irritation. Black est un fou, il représente un danger pour quiconque se trouve en sa présence, sorcier ou Moldu. J'ai obtenu du Premier ministre l'assurance qu'il ne dirait pas un mot à qui que ce soit de la véritable identité de Black. D'ailleurs, ne nous y trompons pas: qui le croirait si jamais il le faisait ? »

Les Moldus ont été avertis que Black était armé d'un pistolet (sorte de baguette magique dont les Moldus se servent pour s'entre-tuer), mais ce que craint la communauté des sorcières et sorciers, c'est un massacre tel que celui qui s'est produit il y a douze ans, lorsque Black a tué treize personnes d'un coup en lançant un seul sort.

C'était impossible, treize personnes d'un coup ? Même avec un 'bombarda maxima', il était impossible d'en faire autant... il aurait au moins fallu de l'essence autour ou tout autre combustible pour catalyser son attaque... et même Avada Kedavra... même ce sort ne pouvait tuer autant de personnes d'un coup... pas avec une baguette normale...

Et s'il s'était échappé d'Azkaban après treize années à être mentalement torturé... alors il ne devait pas être en très grande forme...

Toutefois, je ne pus m'empêcher de penser à ma grand-mère ; sera-t-elle à l'abri d'un sorcier pareil ? Je décidai de lui envoyer une lettre de suite pour la prévenir et me replongeai de suite après dans mon article ; ce n'étais pas le moment de me stresser...

L'ÉCLAIR DE FEU

Avec sa ligne aérodynamique et son manche en bois de frêne recouvert d'un vernis garanti inattaquable, ce balai de course représente le dernier cri en matière de technologie. Chaque modèle porte sur le manche un numéro de fabrication gravé à la main qui garantit sa qualité. Les branches de bouleau soigneusement sélectionnées ont été taillées une par une pour obtenir le meilleur coefficient de pénétration dans l'air, donnant à l'Éclair de Feu un équilibre et une précision insurpassables. Avec des accélérations de 0 à 240 km/h en dix secondes et un sortilège de Freinage à toute épreuve, l'Éclair de Feu offre les meilleures performances et les meilleures conditions de sécurité actuellement disponibles sur le marché. Prix sur demande.

S'ils n'avaient pas mis le prix, c'était qu'il était trop indécent pour être donné... Un peu plus tard, Malefoy qui, apparemment n'avait pas eu l'occasion d'aller embêter quelqu'un d'autre, s'invita dans notre compartiment et, agacée par tout ce remue-ménage, je leur lançai un petrificus totalus qui les fit tomber au sol immobiles et silencieux.

Un peu plus tard, le train ralentit et s'arrêta alors que nous n'étions même pas arrivés. Les deuxième années commençaient à s'affoler donc, pour voir ce qui se passait, je décidai d'aller dans le couloir et, au moment où j'enjambai les trois Serpentards, je vis une grande silhouette noire devant moi. J'eus alors l'impression d'être en plein hiver... c'était comme si tout avait gelé et que les couleurs avaient disparu... comme si je n'allais plus jamais rire... comme si, tous les moments joyeux de ma vie m'avaient quittée.

Instinctivement, je tirai ma baguette redonnai leur mobilité aux Serpentards et voulus tous les balancer dans la cabine mais tout à coup, une pluie battante et des pleurs de petite fille résonnèrent dans ma tête ; je m'étais évanouie.

Je m'étais réveillée un peu plus tard au milieu des Serpentard que j'avais stupéfixé et reçus un morceau de chocolat de la par d'un homme à l'air fatigué et doux qui, je l'appris plus tard, était notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal. Bien sûr, je dus m'expliquer sur l'état dans lequel se trouvaient les Serpentards et, heureusement pour moi, ils étaient revenus à leur état normal et, sans doute, aucun d'eux ne voudrait admettre qu'ils avaient été battus par une seule Poufsouffle.

J'étais déjà avec mes affaires en haut du grand escalier dans la nuit glacée, quand j'entendis Malefoy se moquer de Harry pour s'être évanouie devant cette chose. Heureusement, le professeur du train arriva à temps pour éviter une bagarre et, silencieuse, je regardai les trois passer devant moi, si le prof n'avait pas été là, ils auraient passé un sale quart-d'heure.

Un peu plus tard, dans le hall, je vis McGonagall et Mme Pomfresh discuter avec Harry et Granger ; ils voulaient l'envoyer à l'infirmerie. J'étais prête à m'occuper de Malefoy si jamais il disait quelque chose sur Harry, mais il refusa.

Lors du banquet, Dumbledore nous annonça que plusieurs créatures semblables à celle du train, des Détraqueurs, avaient été postées tout autour de Poudlard dans l'espoir d'empêcher Black d'arriver jusqu'ici... mais pourquoi ? Pourquoi Black voudrait-il venir ici ?

Apparemment, ces créatures étaient les seuls gardiens d'Azkaban est ne se laissaient avoir, ni par la ruse, ni par les déguisements... pas même par les si rares capes d'invisibilité.

Et finalement, la règle la plus importante ; ne jamais les approcher et leur donner l'occasion de nous 'faire du mal'... après tout, il n'est pas dans la nature d'un Détraqueur d'être clément...

Après cette annonce morbide, on nous présenta notre nouveau professeur de défense contre les forces du mal puis, à la surprise générale, Hagrid fut promu professeur de soin aux créatures magiques ; la seule matière supplémentaire que j'avais prise.

Notre premier cours, se passa exceptionnellement avec les Serpentards et, comme je connaissais déjà le programme de potion de la troisième année, grâce aux Jumeaux, je fis juste en sorte de prendre quelques notes pour ne pas froisser Rogue puis me mis au travail mais failli rater ma préparation ; Pancy Parkinson avait tenté de verser trois grammes supplémentaires de coque d'escargot de feu dans ma préparation.

Il y avait du Malefoy là dessous mais je ne pouvais pas me permettre un seul faut pas en présence de Rogue, et certainement pas sur un membre de sa maison...

Je ne reçus pas de points cette fois-ci pour ma préparation, mais au moins, j'avais sauvé les meubles ; aucuns n'était parti à cause de moi.

Juste après, le professeur McGonagall nous fit découvrir ce qu'était un animagi : un être humain capable, après un entraînement long et rigoureux mais surtout dangereux, à prendre l'apparence d'un animal et qui, selon une des nombres lois du Ministère de la magie, devait obligatoirement être déclaré comme tel.

Un peu plus tard dans la semaine, le professeur Lupin nous apprit un nouveau sort 'riddikkulus'. Un sortilège très efficace contre les épouventards ; des créatures métamorphes prenant, selon la personne présente, la forme de sa plus grande peur. On eu un sacré défilé d'araignées, de serpents, de grand-mères menaçantes et même Rogue... mais quand je me retrouvai devant, il n'y avait qu'une tombe. Elle était couleur graphite et, gravé dans la pierre, il y avait trois noms ;

Sarah Smithen 1965-1979

Dean Smithen 1967-1986

Marianne Steffensen 1927-1993

À ce moment là, mes mots se coincèrent dans ma gorge et, quand des larmes commencèrent à couler le long de mes joues, je lui jetai un répulso qui l'envoya dans l'horloge d'où il venait et verrouillai la porte.

Le cours semblait interminable et, quand la cloche sonna, je me précipitai à l'extérieur où le prof me rattrapa ; il voulait s'excuser pour avoir ramener des souvenirs douloureux mais je ne voulais plus en parler. Je lui aie donc mentis en disant que tout allait bien est suis partie manger ; je ne dormirai pas ce soir.

En effet, j'avais passé la nuit entière dans la Chambre des Secrets à faire pousser une plante grimpante grâce à un engrais de pousse rapide et à faire des essais supplémentaires sur mon balai test. La direction laissait encore à désirer et je n'osais pas encore faire de piquets ou de freinages trop brusques car je n'étais pas suffisamment confiante, ni en mes réglages, ni en mes capacités de pilote.

Rogue était d'encore plus mauvais poil que d'habitude et, enleva pas moins de trente points aux Serdaigles car l'un d'eux avait ri pendant l'heure... Apparemment, Longdubas avait utilisé un riddikkulus sur l'épouventard et Rogue c'était retrouvé en robe verte avec un chapeau coiffé d'un vautour empaillé ; l'auto-dérision n'était, semble-t-il, pas son fort...

Plus tard, alors que je fuyais des ennemis potentiels, je me retrouvais dans une salle vide... vide ? Non, Peeves était là et, avant qu'il ne rameute tout le monde, je m'arrangeai avec lui et lui donnai des chocogrenouilles goût poubelle ; une commande des Jumeaux pour pouvoir payer une pince pour tailler les brindilles des balais proprement.

Début Octobre, je me rendis compte que Peeves traînait beaucoup plus souvent au deuxième étage et, plusieurs fois, je dus lui laisser des objets trafiqués pour qu'il ne fasse pas trop attention à moi ni à la Chambre. Malheureusement, ces nombreuses intrusions de Peeves dans mon travail donna naissance à quelques rumeurs que beaucoup de Serpentards répandaient avec joie Malefoy...

Ceci se confirma quand, au cours de botanique, Malefoy fut mis en groupe avec moi car son bras était 'trop amoché'... Mme Pomfresh avait fait repousser trente-sept os à Harry en une seule nuit et il ne s'était pas plein... et cet abruti qui avait à peine été éraflé... ça me rendait malade et je lui aurais volontiers jeté un Mutismus pour ne plus avoir à le supporter, mais avec les profs un peu partout et le nuage de mauvaise humeur qu'était Rogue en ce moment... j'avais plus qu'intérêt à faire profil bas...

Ce fut ma première erreur certains Serpentards avaient enjolivé et dit que j'avais un faible pour Peeves... puis un autre comme quoi j'étais de mèche avec Black et utilisait Peeves pour semer le chaos et ainsi lui permettre de rentrer plus facilement dans Poudlard... les rumeurs allaient bon train mais comme personne n'arrivait vraiment à mettre un visage sur qui était Liz Smithen... ça ne me gênait pas plus que ça...

Mais le 17 Octobre, tout changea pendant le déjeuné, Peeves virevoltait au plafond et, tout à coup, un cri de dégoût partit de la table des Gryffondors ; Peeves venait de verser quelque chose dans le verre d'un élève. C'était pile à ce moment que Rogue passait et, après s'être arrêté tout net, il se précipita vers la table, pris le verre et sentis le contenu.

Sa réaction me paru étrange et Dumbledore vint le rejoindre.

PEEVES !

Avait hurlé Dumbledore. Peeves avait fuit au moment même où on avait crié son nom et, juste avant de passer le mur, il laissa tomber quelque chose ; un Poufsouffle le ramassa et regarda l'étiquette.

S.d.L

C'était ma fiole : mon sang de licorne... Mais comment... ? Soudain, une foultitude de fioles me tombèrent dessus et, sur toutes était écrit les lettres S.d.L. J'étais sous le choc et, quand une main osseuse m'attrapa le bras et me tira vers le bureau du directeur, je ne pus rien faire à part suivre, les yeux dans le vide...

Je n'y comprenais rien... comment ? Pourquoi ?... pourquoi ? Jamais Peeves n'étais allé aussi loin ! Écrire des grossièretés sur un tableau, boucher les toilettes, faire pleurer Mimi Geignarde ou encore donner du travail supplémentaire à Rusard était une chose... mais essayer de faire boire du sang de licorne à un élève !? Ça n'aurait jamais dû arriver ! Ces fioles n'auraient jamais dû atterrir entre ses mains ! Mais je n'arrivais pas à parler et, chaque fois que la voix de Rogue tonnait ; je me refermais. J'avais juste envie de disparaître... de ne jamais avoir gardé ce sang avec moi...
Je savais quels étaient ses effets, je savais ce qui pouvait arriver si jamais quelqu'un en buvait... mais j'avais cru être plus maline que tout le monde ! C'est ça, Rogue avait raison ; La petite Miss Smithen s'était crue plus maline que les autres, Miss Smithen avait cru que le règlement ne s'appliquait pas à elle !

Je voulais demander pardon, je voulais leur expliquer pourquoi j'avais fait ça, pourquoi j'avais caché des affaires dans la Chambre des secrets... mais je me noyais dans mes propre larmes et il m'était impossible de me défendre devant la vérité pure et dure ; j'avais voulu jouer avec le feu... et maintenant, j'en ressentais la brûlure !

Rogue fut le premier à quitter le bureau ; il allait envoyer une lettre annonçant à ma grand-mère que j'allais être expulsée... mais Dumbledore le rappela et lui demanda seulement d'aller avec un autre professeur et de mettre la main sur tous les livres, produits et objets illicites qui y étaient. Je m'étais alors retrouvée seule avec le directeur et, après un long soupire, il me confia que je l'avais profondément déçu... en tout point.

J'étais complètement abattue mais, après au moins trente minutes à pleurer, je parvins à le supplier de ne pas dire ce qui s'était passé à ma grand-mère... je ne voulais pas qu'elle me voit comme... un de ces mages noirs... je ne voulais pas... être comparable... en quelque point que ce soit, avec un mage noir... pas à ses yeux...

Mais il m'annonça qu'il ne comptait pas me renvoyer... mais il y avait des conditions ; je n'avais pas le droit d'aller à Pré-au-Lard, pas le droit de posséder des livres, potions et objets que j'avais acheté (sauf exception pour le Monstrueux livre des monstres et ma glace à l'ennemi), interdiction de sortir de ma salle commune après six heures et pour finir, je serais constamment accompagné par le fantôme du Baron Sanglant qui serait chargé de faire un rapport sur mes moindres faits et gestes. De plus, c'était lui qui avait ma baguette et ne devait me la donner que à l'entrée de la salle de classe.

En deux jours seulement, j'étais, je crois, aussi détestée qu'une évaluation surprise en cours de potion ; tous me regardaient de travers et le fait de se promener avec le Baron et sa tête d'enterrement derrière moi, à chaque instant, n'aidait pas. Jamais les Poufsouffles n'avaient mangé aussi près les uns des autres ; personne à côté de moi et juste le Baron en face. En cours, de potion, personne ne voulait avoir son chaudron à côté de moi et, tous ceux qui se trouvaient dans les mauvaises grâces de Rogue, se retrouvaient en binôme avec moi.

Mais, comme pour toutes choses, la peur que je générais autour de moi, se transforma en haine dans le cœur de certains... Je m'en rendis compte le jour de mon anniversaire, la boîte était comme chaque année sur ma table de nuit mais le papier avait été ouvert et, à l'intérieur, je découvris un tas de cendres jaunes et noires...

J'avais pleuré cette nuit là... d'abord à cause de la destruction du cadeau que ma grand-mère avait mis des heures à tricoter, puis de colère contre les autres et même ceux de ma propre maison et enfin, de rage contre moi-même... contre ma naïveté ! Contre mon incapacité à prendre en compte le danger que mes expériences créaient ! Contre ma négligence ! Ma fierté ! Mon orgueil ! MA STUPIDITÉ ! Sans eux, rien ne serait arrivé ! Sans eux, je n'aurais pas à supporter les regards de peur et de haine ! Sans eux... je serais encore... moi ?

Depuis ce jour, et chaque nuit, je me cachai dans un coin sombre de la salle commune, dans un pot énorme et m'y cachai pour ne pas avoir à dormir dans un lit que les autres avaient très certainement fourré de malice réglisses; j'avais une fois passée deux heures à tous les détacher de ma peau. J'avais alors réalisé quelque chose ; je n'avais pas d'amis... personne sur qui compter... personne pour m'aider dans les pires moments... personne pour me dire que j'étais jeune et qu'on faisait tous des erreurs... non, en réalité, la chose la plus gentille qu'on m'aie dit à Poudlard depuis ma mise sous tutelle, était venu du professeur Lupin « Au moins, vous pourriez faire un bon professeur de potion ou de défense contre les forces du mal ».

Ça m'aurait fait chaud au cœur, si à ce moment là, je ne talonnais pas Rogue sur la liste noire de tous les élèves de Poudlard. Je ne prenais d'ailleurs même plus la peine de regarder dans ma glace à l'ennemi ; il y avait tellement d'yeux que je ne savais même plus où donner de la tête.

Mais heureusement pour moi, le trente Octobre était la date de la sortie à Pré-au-Lard enfin j'étais seule... avec mon nuage de mauvaise humeur personnel. Je venais de finir deux parchemins sur l'élixir d'Ailuro quand, du coin de l'œil, je vis Harry s'arrêter devant le seuil de la porte puis repartir. J'avais alors rapidement rangé mes affaires et l'avais suivi mais repartais de mon côté quand Lupin l'invita à entrer dans son bureau. J'avais alors essayé de discuter avec le Baron qui, apparemment avait autant de conversation que moi ; j'avais perdu espoir au bout de cinq minutes.

Alors, j'étais descendu aux cachots pour rendre mon devoir et enfin en être débarrassée et, au moment où j'avais voulu toquer à la porte, Rogue avait ouvert. Son regard était froid et il me prit le papier des mains avant de le mettre dans une des poches de sa robe... J'avais alors senti une odeur étrangement familière et, en le regardant s'en aller, je m'étais aperçue qu'il avait, dans la main, un gobelet rempli d'un liquide argenté et fumant...

Le soir même, je ne pris pas la peine d'aller au banquet de Halloween et errais dans les couloirs jusqu'à ce que j'entende quelqu'un prononcer des mots à la suite les uns des autres... mais ils n'avaient aucuns sens... on aurait presque dit, quelqu'un qui essayait tous les mots de passe possibles et inimaginables pour accéder à un raccourci... Mais comme je n'avais aucune raison d'y aller, et que mon couvre-feu était proche, je pris un raccourci et allait dans ma salle commune, dans mon coin.

Le lendemain, j'appris la mauvaise nouvelle ; la personne que j'avais entendu dans le couloir était Sirius Black qui avait essayé de rentrer dans la salle commune des Gryffondors. Le passage avait été impraticable pour un moment mais, grâce au tableau du Chevalier au catogan, ils purent retrouver leurs dortoirs assez rapidement. Mais le pire restait à venir, le samedi qui suivi, le match de Quidditch entre Gryffondor et Poufsouffle fut interrompu par l'intervention des Détraqueurs qui firent perdre connaissance à Harry ; une chute de quarante mètres de haut.

Je n'avais pas eu le loisir d'aller voir ce match, mais quand l'occasion s'était présentée, j'avais déposé un flacon de dictame sur sa table pendant qu'il dormait. C'est alors que j'avais vu, du coin de l'œil, des morceaux de bois ciré ainsi que des brindilles ; sont balai ?

J'étais restée là pendant un bon moment à le regarder ; il était presque en miettes... mais, peut-être... avec les bons outils et de la patience... j'aurais pu le réparer... mais le Baron m'avait rappelé à l'ordre, disant que je ne pouvais rien y faire et que la réparation d'un balai pour un enfant imprudent ne valait pas une telle prise de risque...

Mais, je voulais me racheter ; utiliser ce que j'avais appris pour faire quelque chose de bien... « Vous n'avez donc jamais voulu vous racheter en faisant une bonne action ? »... à cela, il avait profondément froncé les sourcils puis s'était tourné, dos à moi.

« Seulement pour ça et rien d'autre » C'était ce qu'il avait dit et je m'y tins. Je n'avais que jusqu'à Noël pour finir ce balai et, avec beaucoup d'abnégation et de nuits blanches successives qui finirent par me faire tirer la même tête de déterré que le Baron, je parvins à finir à temps... enfin, presque... quelqu'un lui avait envoyé un Éclair de feu... un ÉCLAIR DE FEU bon sang ! Le meilleur balai du moment, celui que les pros du Quidditch utilisaient pendant la coupe du monde...

à ce moment, là, ce fut comme si mon monde s'était effondré... mes dernières notes avaient été lamentables, mon énergie drainée... et toutes ces heures à travailler... toutes ces nuits blanches... pour rien... j'étais dégoûtée et épuisée... alors, pendant les deux mois qui suivirent, je me contentais de faire ce qu'on voulait de moi et rien d'autre... j'avais jeté le balai dans un placard et n'y avais plus touché.

Bien sûr, j'avais eu un demi espoir en apprenant qu'il avait été confisqué car personne ne savait d'où il venait, mais quand je l'appris, il était déjà trop tard... en février, il l'avait déjà récupéré.

C'était de trop ; fini les balais ! J'avais jeté tous ce que je possédais qui avait un rapport, de près ou de loin, avec les balais et fini mon année avec, pour seul consolation, une amélioration flagrante des mes notes et aussi une découverte intéressante ; lupin était un loup-garou.

Comme je ramenais souvent mes devoirs en avance, j'arrivais parfois au moment où Rogue sortait pour amener cette mixture au professeur Lupin... et, un peu plus tard, vers la fin de l'année, la concoction de l'élixir d'Ailuro me rappela quelque chose ; l'odeur de cette potion... le Napel sentait la même chose ! De plus, j'avais remarqué que Lupin tombait malade quasiment tout les vingt-huit jours donc selon un cycle lunaire...

Toutefois, je n'avais rien dit ; après tout, les loup-garous avaient beau êtres 'égaux' en droits dans la Constitutions, les parents d'élèves, s'ils venaient à apprendre qu'un professeur était un loup-garou, retireraient leur enfant immédiatement...

Non, vraiment... je ne voulais pas qu'il subisse, par ma faute, la même humiliation que moi... un aussi bon professeur ne le méritait pas... et même, qui irais croire un mage noir de Poufsouffle ?

Toutefois, il dut démissionner car, un matin, par 'inadvertance', Rogue avait révélé que Lupin était un lycanthrope... Si j'avais eu ma baguette à ce moment là, le collège aurait eu à se trouver plus qu'un autre professeur de défense contre les forces du mal.

Mais l'année était enfin finie. Sur les marches, je dis au revoir au Baron après qu'il m'ait rendu ma baguette ainsi que mes livres de classe. Pour une fois, personne ne s'invita dans ma cabine et, seule dans mon coin, je me mis à penser à ma grand-mère... elle au moins ne me traiterait pas comme un monstre !