Nous nous étions levées à sept heures et, une fois la maison fermée, notre tente magique et nourriture empaquetées et ma baguette en poche avec les billets en sécurité dans ma poche de poitrine, nous partîmes vers la gare et prîmes le train jusqu'à Liverpool puis un bateau jusqu'à Dublin et enfin, nous fîmes du stop et arrivâmes dans la lande couverte de brume vers cinq heures de l'après-midi.
- « Ah, je crois qu'il y a du monde là-bas ! » fit remarquer ma grand-mère en pointant vers deux silhouettes au loin. Nous marchâmes donc jusqu'à elles et trouvèrent sur place un groupe d'une dizaine de personnes qui faisaient la queue devant deux hommes dont l'un était vêtu d'un kilt et d'un poncho et l'autre, d'un costume en tweed avec des cuissardes.
- « Tu crois que c'est l'entrée ? » demanda ma grand-mère en regardant un peu tout autour.
- « Ça m'en a tout l'air... » répondis-je. « Pour êtres habillés de cette façon, c'est deux là doivent au moins être des sorciers déguisés en moldus. » fis-je remarquer en avançant vers eux.
- « Noms, Prénoms ? » demanda sèchement celui avec le kilt.
- « Steffensen Marianne et Smithen Liz, nous avons réservé un emplacement pour notre tente- »
- « Ah oui ! Les veinardes du tirage de dragées. Vous êtes dans le premier Pré, vous demanderez le reste à Mr Roberts, votre directeur de camping.
- « Et où se trouve se pr- »
- « à cinq cent mètres dans cette direction. » coupa brutalement celui avec des cuissardes.
- « M-merci... bonne journée... » ajoutai-je finalement sans vraiment être sûre que c'était une bonne idée...
- « Ils sont tous comme ça tes sorciers ? » me chuchota ma grand-mère.
- « Merlin seul, sait depuis combien de temps ils attendent ici... » répondis-je en haussant les épaules. J'avais la désagréable impression de m'être perdue mais elle s'en alla bientôt quand je vis une maisonnette en pierre se détacher de la grisaille et, derrière elle, un portail renfermait des dizaine de rangées de tentes partiellement illuminées ; on aurait presque dit un rassemblement de fantômes...
Soudain, je remarquai la silhouette d'un homme qui devait être le directeur de notre camping. Il me parut étrange... et semblait vouloir se souvenir de quelque chose, mais laissa vite tomber ; il nous donna notre emplacement et le plan du camping puis nous laissa rentrer une fois la nuit payée.
Plus les heures passaient et plus la pression montait dans le camping à tel point que les efforts des responsables pour cacher les manifestations magiques, s'étaient inclinés devant tant d'enthousiasme. Nous étions assises sur des chaises à l'extérieur de notre tente et, pendant qu'on regardait les marchants transplaner avec leur chariots de marchandises entre les habitations de fortune et les sorts illuminer le ciel comme des feux d'artifice, je tentais d'expliquer à a grand-mère les bases du Quidditch, comment on comptait les points, de combien de joueurs étaient composée l'équipe mais aussi, pourquoi le Vif d'or était certainement la balle la plus importante.
Le match ne commencerait pas avant deux bonnes heures alors, histoire de passer un peu le temps, nous fîmes un tour du côté des vendeurs ambulants. Il y avait des tas de produits dérivés allant des cocardes jusqu'aux chapeaux aux couleurs de notre équipe préférée... personnellement, je m'étais plutôt concentrée sur une paire de multiplettes d'après le vendeur, elles permettent de revoir des actions au ralenti, de les détailler images par images et pouvais enregistré cette action pour permettre de la revoir...
Il y avait certes dix Gallions en moins dans ma poche, mais j'étais sûre que ce serait génial de pouvoir détailler des feintes, des figures... mais soudain, j'entendis une voix derrière moi ; je me retournai et, du coin de l'œil, reconnu les cheveux en bataille et la cicatrice de Potter...
Ma cœur me fit alors très mal et j'eus l'impression que l'air me manquait ; je partis dans le sens opposé à grandes enjambées et me mis finalement à courir.
Je ne savais pas où j'allais ; je ne regardais pas ce qui était devant moi... ou plutôt, je ne le voyais pas ; des larmes m'en empêchaient. À bout de souffle, je m'arrêtai et rentrai dans notre tente ; je ne m'étais même pas aperçue que je m'étais dirigée vers elle. Je poussai le rideau à l'entrée et me laissai tomber sur le clic-clac que nous avions embarqué, mon visage entre mes mains.
- « Wouhou ! Ah, ces Bulgares on vraiment le sens de la fête ! » s'exclama ma grand-mère en faisant entrer des éclats de lumières rouges et vertes dans l'ombre ou je me trouvais. Un moment de silence passa et, j'entendis le son d'un tissu froissé juste devant moi. Soudain, je sentis quelque chose comme tirer des petits pans de ma manche et, quand j'écartai mes mains de mon visage, je me rendis compte qu'un tout petit personnage d'à peine quelques centimètres de haut avait grimpé après le tissu de mon pull.
Comme j'avais peur qu'il tombe, je lui présentai ma main juste en dessous ; il se laissa tomber dessus. Je le rapprochai alors de mon visage pour voir à qui j'avais affaire ; il était mince, le teint sombre et cireux, d'épais sourcils noirs et un nez arrondi. Ces épaules étaient voûtées et sa tête légèrement axée vers l'avant. Avec cet habit rouge et une telle dégaine, cet homme me faisait beaucoup penser à un oiseau exotique.
- « Il te plaît ? » me demanda soudainement ma grand mère dont le visage apparut juste derrière le petit homme. Je n'eus pas le temps de répondre qu'elle m'enfonça un chapeau sur la tête. « Et bah ça tombe bien parce qu'on va aller le voir en vrai ! » annonça-t-elle en me tirant par la main alors que j'avais encore les yeux dans le noir et le petit homme en main. Un gong résonna et, au moment où nous passâmes le rideau de l'entrée, nous vîmes des lanternes vertes et rouges illuminer un petit chemin dans la forêt.
- « En avant mauvaise troupe ! » scanda-t-elle avant de m'entraîner avec elle entre les arbres illuminés.
Après plusieurs minutes de marche à travers les bois, je vis ma grand-mère ralentir le pas puis s'arrêter.
- « C'est drôle, j'ai l'impression d'avoir oublier d'aller quelque part... » murmura-t-elle en se tenant le menton.
- « C'est rien, c'est juste la protection anti-moldu qui te fait penser ça... » expliquai-je en lui reprenant la main ; à présent, c'était moi qui la tirai à travers la foule dont les rires, les chants et les cris firent s'étaler un sourire sur mon visage.
- « Oh, d'accord... Alors, allons-y ; qu'est-ce qu'on attend ?! » s'exclama-t-elle en me passant devant.
Un peu plus loin, une sorcière plutôt replète nous demanda nos tickets.
- « Que de chance, vous avez de bonnes places juste en dessous des tribunes officielles ! »
On monta un escalier jusqu'à l'avant-dernier étage et, après s'être frayées un chemin entre d'autres sorciers et sorcières, nous parvînmes à nos places ; la vue n'était pas de premier choix mais le simple fait de pouvoir voir la totalité du stade était vraiment génial ! Autour de nous, des sorts fusaient, des chapeaux ensorcelés chantaient les hymnes de la Bulgarie ou de l'Irlande et, un peu plus bas, je vis de petits hommes se battre. Soudain, je sentis quelque chose se débattre dans ma main et, vis que le petit personnage que ma grand-mère avait ramené essayait de sortir ; apparemment, il voulait prêter main forte au rouge qui était devant.
- « Oh non, bonhomme, pas de ça ! » dis-je en le faisant glisser dans la poche de poitrine de mon pull. Sa tête ressorti immédiatement du tissu et, posant ses coudes de part à d'autre du bord, il laissa tomber lourdement sa mâchoire sur ses bras croisés, la mine boudeuse.
Tout à coup, une voix, sans doute amplifiée par un Sonorus, s'éleva au dessus de toutes les autres
-« Mesdames et messieurs, permettez-moi de vous souhaiter la bienvenue ! Bienvenue à cette finale de la cent trentième Coupe du Monde de Quidditch ! »
En réponse, tous rugirent d'enthousiasme en applaudissant.
- « Oh, là-bas regarde ! » s'exclama soudain une personne à côté de nous. Je relevai la tête et vis que le panneaux où étaient écrits des messages publicitaires montrait à présent les scores BULGARIE : ZERO , IRLANDE : ZERO.
- « Et maintenant, sans plus tarder, permettez-moi de vous présenter... Les mascottes de l'équipe bulgare ! »
À ce moment, ma grand-mère et moi-même ainsi que la totalité de la partie droite du stade se mirent à siffler et applaudir et, peu après, on vit des centaines femmes aux longs cheveux dorées entrer sur le terrain. Elles étaient magnifiques... trop pour êtres humaines et quand elles se mirent à danser, nombreux furent les hommes qui parurent hébétés. Quand à certains, ils se levèrent et je vis nombre de femmes essayer de garder leur compagnons et/ou autre proche masculin de faire quelque chose de dangereux... d'ailleurs, ce fut un coup de chance que je regarde au moment où le petit homme était entrain d'essayer d'enjamber la poche de mon pull.
- «Hé ! Pour des sirènes, elles dansent vraiment comme des morues... » fit remarquer ma grand-mère avec le plus grand sérieux. Le petit être et moi-même tournâmes notre tête vers elle ; elle avait vraiment dit ça ?!
- « Et maintenant, veuillez s'il vous plaît lever vos baguettes... pour accueillir les mascottes de l'équipe nationale d'Irlande ! »
En écho au rugissement du présentateur, une immense comète verte et or fit le tour du terrain puis se sépara en deux plus petites qui se dirigèrent ver les buts. Ensuite, un arc-en-ciel se déploya brusquement sur toute la longueur du stade, reliant ainsi les deux comètes lumineuses. Après un moment, l'arc-en-ciel disparut et les deux boules fusionnèrent au milieu du terrain pour donner forme à un gigantesque trèfle qui s'éleva dans le ciel puis passa au dessus des tribunes en faisant tomber une pluie d'or...
- « Mais c'est de la magie... » murmura ma grand-mère en regardant les pièces d'or dans ses mains...
- « Bienvenue dans mon monde grand-mère ! » lui souhaitai-je en souriant. « Oh ! Là bas, regarde des Farfadets ! » m'exclamai-je en pointant mon doigt vers les créatures qui, je venais de le remarquer, composaient le trèfle. Chacun était barbu, habillé de vert et portait à la main, une lanterne verte ou dorée.
Au bout d'un moment, le trèfle géant se dispersa et les farfadets allèrent s'asseoir à l'opposé des Vélanes ; j'avais presque oublié leur nom.
- « Et maintenant, mesdames et messieurs, nous avons le plaisir d'accueillir... l'équipe nationale de Quidditch de Bulgarie ! Voici... Dimitrov ! »
Sous les applaudissements de tous les supporters bulgares, une silhouette habillée de rouge surgit d'une des portes qui donnait sur le terrain à une allure telle qu'il était presque impossible de le suivre des yeux sans se concentrer fortement.
- « Ivanova ! »
Une deuxième joueur entra, déclenchant exactement la même réaction chez les supporters mais, après Zograf, Levski, Vulchanov et Volkov, entra l'attrapeur Krum jamais je n'avais entendu pareille ovation et en le suivant grâce à mes multiplettes je me rendis compte d'une chose j'avais la version miniature dans ma poche !
Ce match était à couper le souffle et, à chaque fois que Krum passait à quelques mètres seulement de nos tête, je ne pouvais m'empêcher de sourire derrière mes multiplettes chaque action était détaillée, chaque feinte, chaque technique, chaque plan d'attaque... c'était le paradis pour moi... mais, en regardant de plus près en image par image, je me rendis compte que quelque chose n'allait pas leur balais n'étaient absolument pas adaptés à leur style de vol !
Les mains des batteurs bulgares n'avaient pas suffisamment d'adhérence sur le manche pour leur permettre de frapper les Cognards au mieux, les poursuiveurs semblaient trop grands ou trop petits pour leur balais et perdaient donc en agilité et en vitesse et Krum... un véritable virtuose !
Les feintes, les tournants, les arrêts brusques et départs en trombe... tout semblait si parfait... si proche de l'utopie... c'était comme s'il ne faisait qu'un avec son balai... comme s'il le maîtrisait par sa seule pensée...
Soudain, il s'arrêta à bien trente mètres du sol et plongea en piquet.
- « MAIS ILS VONT S'ÉCRASER ! » hurla une personne devant nous Presque. Au dernier moment, Krum redressa son balai et remonta en chandelle... Lynch, l'attrapeur des Irlandais... n'eut toutefois pas cette chance et s'écrasa au sol dans un bruit sourd qui résonna dans tout le stade.
Intriguée par la manière dont il avait réussi se tour de force, je repassai la scène image par image et, au moment ou il avait amorcé la monté en chandelle, je remarquai une chose ; il avait perdu pied et sa main gauche semblait être faiblement agrippée au manche... avait-il manqué de glisser ?
Pendant le reste du match, mes multiplettes restèrent entièrement sur l'attrapeur bulgare dont la dextérité à manier un balai me fascinait. Mais tout à coup, un Cognard entra dans mon champ de vision et s'écrasa de plein fouet dans la figure de Krum.
- « MAIS IL EST BLESSE ! DONNEZ UN COUP DE SIFFLET, BON SANG ! » hurlai-je en me levant brusquement, mais remis mes multiplettes juste après pour suivre l'état du pauvre homme. Il avait sans doute le nez cassé et du sang coulait partout sur son visage mais l'arbitre ne siffla pas.
- « MAIS QU'EST-CE QU'IL FAIT CET ARBITRE !? » rugit ma grand-mère en se levant à son tour. Je regardai alors un court instant dans la direction de l'arbitre et me rendis compte que son balai avait pris feu ; une Vélane lui avait jeté une boule incandescente dessus.
Soudain, je vis quelque chose de brillant au niveau du sol et, après vérification c'était le Vif d'or ! Je braquai mes multiplettes immédiatement sur les attrapeurs et, sur les talons de Lynch, Victor Krum tenait bon. 'mais comment peut-il encore voir ce qu'il fait ?!' me demandai-je en voyant tout ce sang coagulé sur son visage.
Il venait de rattraper Lynch et, encore une fois, ils foncèrent tous deux en piquet vers le sol l'attrapeur des Irlandais, n'avait décidément pas de chance aujourd'hui. Il s'écrasa une fois de plus sur le sol et, comme si ça ne suffisait pas, il fut piétiné par une horde de Vélanes déchaînées !
- « IL L'A EU ! KRUM L'A EU ! C'EST FINI ! » s'exclama une voix au dessus de nos tête et c'était vrai ; Krum avait attrapé le Vif d'or. Couvert de sang, le nez cassé et le poing, serré... c'était là, une image qui resterait gravée à jamais dans ma mémoire...
- « Roh ! » grogna ma grand-mère en se laissant tomber sur le banc. « cent soixante dix à cent soixante ! » râla-t-elle en levant les bras au ciel. « Aucun respect pour les vrais artists ! » ajouta-t-elle d'un air indigné. Je ne répondis rien mais n'en pensais pas moins, toutefois, j'étais trop occupée à regarder ce qui se passait en bas ; Krum venait d'atterrir et refusait les soins des médicomages.
- « Et pendant que l'équipe d'Irlande accomplit un tour d'honneur, flanquée de ses mascottes, la Coupe du Monde de Quidditch est apportée dans la tribune officielle ! »
Le reste ne m'intéressait guère et, soudain, je me rendis compte qu'une petite boule s'était forée dans ma poche. J'y glissai la main et en sorti le petit Krum il était assit avec ses genoux repliés contre son menton et un regard entre l'énervement et la tristesse.
- « Mais faut pas t'en faire, » commençai-je en lui remuant doucement l'épaule du bout de mon indexe. « C'était la plus belle feinte et la plus belle démonstration de force que j'ai jamais vu de la part d'un attrapeur. » lui assurai-je en souriant. Le petit homme leva la tête, sauta de la position assise à debout, et se pavana dans ma main pendant tout le temps de la remise de la coupe.
Il était à présent pas loin de minuit et, grâce à mes muliplettes, je revisionnai chaque instant du match. Au bout d'un moment d'ailleurs, j'eus l'irrépressible envie de prendre des notes et, après avoir remplis quelques pages, je me rendis compte que toutes avaient un liens commun ; les balais avaient des caractéristiques et capacités trop vagues et dispersées pour êtres vraiment performants dans un jeu de Quidditch !
Un peu plus tard, alors que ma grand-mère dormait, je me levai et sortis de la tente ; je n'arrivais pas à dormir. Il y avait trop de choses qui se bousculaient ans ma tête, trop d'informations, de désirs, de peurs, de tristesse mais aussi de joies nouvelles... je ne savais même pas comment il était possible de ressentir toutes ces choses à la fois !
Mais le fait est qu'à ce moment, j'eus envie de recommencer à créer des balais... mais pas n'importe quel balai ! Pas une simple copie de Nimbus ou de Brossdur... non, je voulais faire un balai unique, un balai fait spécialement pour une personne bien précise... un balai qui, comme une baguette, choisie son sorcier, choisirait le sien !
Mais c'était impossible du moins, pas tant que je serais à l'école... le seul souvenir de ma troisième année suffit à faire remonter un peu de bile dans la bouche ; une véritable horreur ! Des frissons me parcourraient et, pendant que je marchai à travers les groupes qui chantaient et buvaient en l'honneur de l'équipe d'Irlande, je me frottai les bras et le dessus des mains... là où les malices réglisses avaient laissé leur empreinte...
Arrivée à l'orée du bois, je m'assis sur une vieille souche pleine et laissai mon regard aller d'un caillou à un autre. 'Quand j'y retournerai... quand je rentrerai à Poudlard... tout recommencera...' me dis-je dans un soupire. Plus de baguette, plus de livres, plus de balai... plus de courrier ni de cadeau à Noël... et une année entière à dormir dans un pot...
Je soupirai une nouvelle fois et sentis tout à coup que l'on tirait sur mon pull ; mini Krum. Je baissai la tête vers lui et vis qu'il me tapotai l'avant bras ; il y avait une lueur d'inquiétude dans es yeux noirs.
- « Ça va, t'inquiète pas pour moi... » murmurai-je en le serrant doucement, du plat de la main contre mon bras.
Soudain, des cris de détresse retentirent et, une épaisse fumée noire commença à obscurcir le ciel jusqu'alors dégagé ; GRAND-MERE ! Je remis mini-Krum dans ma poche et, utilisant un lumos, je me dirigeai vers la source de toute cette agitation. Plusieurs fois, je faillis rentrer dans des personnes qui courraient vers le bois. Il me fallut un moment pour arriver au pré et là, après avoir été bousculée et jetée à terre par des personnes qui fuyaient en criant, je découvris des tentes en feu. Je relevai la tête et, au loin, des silhouettes tout de noir vêtues avançaient en groupes en lançant des sorts sur tout ce qui bougeait. Des rires mauvais, des vociférations, des détonations en tous sens c'était la guerre ?
Tout à coup, une détonation résonna à mes oreilles et une quantité importante de terre se souleva juste à côté de moi. Sonnée, je me relevai avec difficulté et me mis à clopiner vers l'endroit où notre tente se trouvait.
Endoloris
Une autre détonation ; une tente pris feu juste à côté de moi. Par instinct, je fis un écart sur le côté et me remis à courir vers l'emplacement de notre tente 'MERDE ! MERDE ! M-'
Je m'étais arrêtée là bas, face contre terre, je crus reconnaître une robe...
La personne hurlait de douleur et se débattait, ses membres se contractaient à la manière d'une araignée qui agonise.
- « GRAND-ME- » hurlai-je avant d'entrer en collision avec quelque chose. Je me souvenais avoir heurté le sol... mais après cela, toutes les lumières, tous les sons, se mirent à tourbillonner dans mon esprit et tout vira au noir.
