Peu à peu, je revins à moi et, en relevant la tête, je vis le corps inerte de ma grand-mère à quelques mètres devant moi encore sonnée, je me traînai jusque là et la retournai pour que son visage soit visible elle respirait encore.
Un peu soulagée, je relevai la tête et scannai les alentours pour voir s'il y avait quelqu'un susceptible de m'aider... mais rien, personne... juste des gens qui lévitai en tournant sur eux-même... Des larmes me montèrent aux yeux, mais je ne pouvais pas rester ici ! Si jamais ça recommençait, je ne savais pas ce qui nous arriverait.
Soudain, je vis des ombres arriver vers nous alors, portant à demi ma grand-mère, je titubai jusque dans les bois et quand je n'en pus plus, je m'arrêtai pour souffler...
Son corps inconscient était affreusement lourd mais je devais être prête à tout... je devais pouvoir déguerpir au moindre bruit...
Crac !
Les yeux écarquillés, je tentais de déceler d'où était venu ce bruit mais rien ne sembla bouger qu'est-ce que j'aurais aimé avoir mon élixir d'Ailuro !
Clac !
Ça venait de derrière moi. Alertée, je tirai ma baguette et fis volte face pour nous protéger. Un éclair rouge se fraya un chemin jusqu'à nous et, de justesse, mon Protego maxima le stoppa. Malheureusement, le choc me fit partiellement perdre l'équilibre et, en emportée par le poids de ma grand-mère, je finis à terre.
À ce moment, je lançai un Stupéfix au hasard mais il fut dévié et trois autres silhouettes tout de noir vêtues, apparurent des derrière les arbres. Je me préparai à lancer d'autres sorts mais-
Expélliarmus
Ma baguette vola à quelques mètres derrière moi et tous trois pointèrent leur baguettes vers nous. Celui de gauche fut le premier à lancer un sort et, passant devant ma grand-mère, je sentis mon corps quitter le sol. Ensuite, ils me firent tournoyer, puis, comme ils ne riant pas assez, les deux autres se mirent a essayer de me faire tourner dans un sens opposé au premier la douleur était immonde. J'avais l'impression de me faire écarteler ! Et je gémissais à chaque fois que je sentais une articulation se déloger ou craquer.
Puis, d'autres cris vinrent se rajouter aux miens, ceux d'une autre femme. Tiraillée par la douleur, mes yeux s'ouvrirent en grand et je vis ma grand-mère être suspendue, tête en bas et balancée, de plus en plus vite, à la manière d'un pendule.
MORSMORDRE
Tout à coup, une raie de lumière verte transperça le noir derrière mes paupières et, une seconde après que la douleur ne disparaisse, je sentis mon corps s'écraser sur le sol humide et meuble. J'avais mal partout et, ouvrant les yeux faiblement, je vis ma grand-mère juste à quelques mètres de moi... je tendis ma main vers elle, mais mon corps me faisait tellement souffrir...
À ce moment, ma vision était extrêmement floue et sous la lumière verdâtre, je crus apercevoir une silhouette humaine... quelqu'un était là... il regardait le ciel... mes yeux se tournèrent alors vers la source de cette lumière et, à travers la cimes des arbres, je crus voir un gros ruban tourner autour d'une boule encore plus lumineuse...
Fatiguée par la lumière trop intense, ma tête tomba sur le côté et je laissais mes yeux sur cette silhouette immobile... un sorcier ?... peut-être... Je restai comme ça un moment et, quand je crus que mes yeux allaient se fermer pour de bon, des détonations déchirèrent le silence et, la silhouette fut percutée. Je me souvenais ensuite avoir vu une intense lumière puis plus rien... le trou noir...
Peu à peu, j'entendis des murmures, des bourdonnement... puis ils devinrent de plus en plus distincts et, après un bon moment, je parvins à entendre des phrases concrètes.
- « Quand je pense que mon fils était là bas lui aussi... » murmura une voix de femme à ma droite.
- « Il n'aurait rien eu... c'était un coup des anti-nés-moldus... il n'aurait rien à craindre... » lui répondis une deuxième.
- « Oui mais regarde ce qu'ils leur ont fait ! Et celle là, il l'ont quasiment démembré une vraie poupée de chiffon ! » s'exclama la première.
- « Ils ont encore de la chance, ils n'auraient même pas survécu si ça avait été comme il y a vingt ans... » marmonna la deuxième. J'entendis alors des bruits de pas s'éloigner et, avec difficulté, j'ouvris les yeux.
Tout était si blanc ici... c'en était presque éblouissant. Je tentai de bouger mes bras pour me lever, mais aucun d'eux ne bougea. Je tournai alors la tête de tout côté pour voir où j'étais ça ressemblait beaucoup à une chambre d'hôpital. Au bout d'un moment, je vis un autre lit près du mien et, dans ce dernier, était couché une vieille dame drôlement amochée.
'grand-mère ?' était ce que je voulais dire, mais quand ma bouche s'ouvrit, elle ne laissa s'échapper qu'un râle rauque. Les larmes aux yeux, je regardais, sans pouvoir bouger, le visage tuméfié de ma grand-mère.
- « mamie... » gémis-je d'une voix éraillée... « désolée... » murmurai-je encore et encore, bien que ma voix m'aie déjà quittée.
- « Ah ! Mr Smithwatt ! Elle s'est réveillée ! » appela une femme dont je n'avais pas remarqué la présence.
- « Très bien, très bien, » commença un homme barbu habillé d'une longue robe verte avec un blason sur la poitrine. « comment vous sentez-vous ? » me demanda-t-il une fois à un mètre seulement de moi. Je tentai alors de parler mais ma voix était totalement éteinte. « bon, je suppose que vous ne pouvez pas encore bouger... ne vous en faite pas, nous avons dû vous faire repousser pas loin de vingt tendons... alors, je vous conseillerait de vous reposer maintenant car il est possible que des douleur très... intenses surviennent pendant les trois prochaines heures. » expliqua-t-il en rangeant mon bras sous le drap.
Mais mon regard était resté tout du long sur le corps endormi de ma grand-mère... Le médecin suivi alors mon regard et soupira longuement. Apparemment, son cœur n'avait pas supporter tant de violence elle avait fait un AVC. Il ne savait pas si elle pourrait un jour être la même.. ou même si elle se réveillerait un jour...
- « Liz.. Smithen... avez-vous de la famille ? » me demanda-t-il je fis 'non' de la tête. « dans ce cas, » commença-t-il, « il faudrait que vous vous trouviez un tuteur temporaire... » annonça-t-il en consultant le carnet qui était accroché au barreau du lit. « vous n'êtes pas encore majeur... mh... » continua-t-il pensif.
Cette nuit là, paralysée dans mon lit et les yeux pleins de larmes, je passai chaque instant à me maudire, moi et mes idées stupides ! Si je n'étais pas partie en pleine nuit... j'aurais pu la protéger... si j'étais restée... j'aurais pu... j'aurais pu... mais je n'étais pas là... je n'aie jamais été là pour elle alors qu'elle... mes yeux dérivèrent sur le drap blanc qui la recouvrait jusqu'aux épaules.
'mamie' croassai-je en un murmure... elle avait tout fait pour moi, m'avait donné un toit, une enfance heureuse, tout l'amour du monde... et voilà ce que j'en avait fait ! J'avais gâché mon avenir à Poudlard en me croyant plus maline que les autres, j'avais mis des vies en danger, j'avais failli tuer un élèves, j'avais laissé Crivey se faire attaquer par un basilic, j'avais fourni des objets dangereux à Peeves, j'avais failli livrer des élèves à un Détraqueur et pire que tout, j'avais abandonné la dernière personne qui me considérait encore comme... quelqu'un de bien... 'mamie...' gémis-je en tendant une main faiblarde et tremblante vers elle, « je suis tellement désolée... » murmurai-je avant que mon bras ne tombe hors du lit totalement épuisé.
Jusqu'au matin, je m'interdit de dormir et, acceptant la douleur comme une punition pour mon égoïsme, je retins les gémissements et larmes de douleurs qui me brûlaient les yeux. Je n'avais pas le droit de me plaindre... pas après toutes les horreurs dont j'étais l'auteur.
Le lendemain, deux hommes du ministères, deux aurores qui, après avoir fait une vérification des sorts lancés par ma baguette, vinrent me poser des questions qui étaient les personnes qui nous avaient fait ça ? Pourquoi nous étions toutes les deux dans le bois à ce moment là ? Et la dernière question, me sembla étrange, 'avez-vous vu celui qui avait fait apparaître une tête de mort dont la langue était un serpent, dans le ciel ?
Je leur racontai donc tout ce dont je me souvenais mais je ne pouvais m'empêcher de me demander ce que cette 'marque' dans le ciel pouvait-être. Ils s'étaient d'abord regardé puis, après une longue inspiration, l'un d'eux me raconta que c'était la marque de Voldemort et que, chaque Mangemort en portait une sur son bras c'était un signe d'allégeance au 'Seigneur des ténèbres'...
- « Mais alors... ça veut dire que... Voldemort est toujours en vie... ? » demandai-je avant de me rendre compte que j'avais utiliser le nom tabou.
- « Personne ne le sait vraiment, mais avec Black dans la nature, il est possible qu'il cherche un moyen de le ramener.. » m'avait répondu l'un.
Juste après leur départ, le guérisseur-en-chef me mis une pile de papier sous le nez et me souhaita presque bonne chance pour tous les remplir, mais peut-être plus pour les comprendre. Toutefois, en feuilletant les trente-cinq feuille de paperasse, il y avait au moins deux choses qui étaient cent pour cent certaines je devais absolument me trouver un tuteur temporaire le plus vite possible et devait payer 124 Gallions d'or par semestre pour que ma grand-mère soit prise en charge par l'hôpital... 124 . Gallions . D'or !
Bon, c'était payable en six fois... et ça ne faisait donc plus que 20 Gallions par mois... mais étant donné que je ne travaillai pas, ou plutôt, que je n'avais pas la possibilité de travailler à cause de mon âge, il me faudrait trouver quelque chose... mais comment ?! Comment faire alors que je ne pouvais ni travailler chez des moldus, ni chez des sorciers !?
Et même si je pouvais, quel métier, pouvant être proposé à une fille de presque quinze ans pouvait ramener au moins vingt Gallions par mois ?!
Assise au bord de mon lit avec des jambes en coton, je voulus me morfondre, mais le fait qu'une petite voix me chuchote continuellement que tout était de ma faute, me poussa à ravaler mes larmes il n'y aurait pas grand-mère pour faire les choses à ma place, pas d'amis pour me tirer d'affaire... et si je devais demander quelque chose à quelqu'un, il fallait que je me décide rapidement...
Immédiatement, je partis chez moi, utilisai le trousseau de clefs que ma grand-mère avait encore dans son sac, embarquai une feuille de papier, une enveloppe et une plume.
Monsieur le directeur,
vous me voyez navrée de vous ennuyer avec des soucis qui ne sont pas les vôtres, mais je me trouve actuellement dans une situation délicate. Ma grand-mère est actuellement dans un coma et les guérisseurs de Sainte-Mangouste n'ont pas réussi à me dire si elle s'en sortirait un jour je suis donc, pour le moment, à la recherche, non seulement d'un tuteur, d'un lieu de résidence, mais aussi d'un travail qui me permettrait de payer honnêtement les frais d'hospitalisation et de garde de ma grand-mère. Malheureusement, je n'ai pas l'âge nécessaire pour prétendre à un métier qui me permettrait de payer les vingt Gallions hebdomadaires, je ne suis pas émancipée et ne peut donc pas signer les papiers les plus importants qui me permettraient de garder la maison de ma grand-mère et tout ce qu'elle contient.
Je conçois qu'il soit, pour vous, difficile d'avoir la moindre sympathie pour moi après la traîtrise dont j'ai fait preuve, mais je me présente ici en tant qu'élève perdue au cœur d'une situation qui la dépasse. Je ne vous demande pas votre pardon ni même que vous me fournissiez ne serait-ce qu'une des choses que j'ai demandé, mais des informations concernant un logement et du travail, seraient vraiment une bénédiction.
Je vous prie, Monsieur le directeur, d'agréer mes salutations les meilleures,
cordialement
Smithen Liz
P.S Badiane pince.
Une fois écrite, je pliai la lettre, la fourrai dans l'enveloppe et envoyai Badiane à Poudlard en espérant voir une réponse rapidement. Ça me faisait bizarre de demander de l'aide au directeur qui m'avait dit en face que je l'avais profondément déçu... mais je ne pouvais pas rester comme ça... je ne pouvais pas me contenter du dixième des connaissances que j'avais sur le monde des sorciers... je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps en déambulant dans les rues !
Une fois chose faite, je pris quelques affaires et retournai au chevet de ma grand-mère... mais je dus attendre que la rue soit 'vide' pour pouvoir parler au mannequin de la vitrine tranquille. Il me permit donc de rentrer et, une fois dans le hall d'entrée de l'hôpital, je me dirigeai vers la chambre dans laquelle elle se trouvait et vins de suite à son chevet et y passai toute la journée... toute la nuit... tout le lendemain... aussi bien éveillée qu'endormie, je restais près d'elle...
- « J'y arriverais grand-mère... on y arrivera... » murmurai-je en lui serrant la main entre les miennes ses doigts étaient froids.
- « Ow, arrêtez je crois que je vais vomir... » annonça une voix traînante et rauque que je reconnus très bien Des cheveux mi-longs noirs et gras, un nez aquilin et une peau cireuse entourant deux yeux noirs et méprisants Rogue se tenait dans l'encadrement de la porte.
- « Que me vaut le plaisir ? » demandai-je en me levant de ma chaise, aussi surprise qu'agacée.
- « Ceci. » annonça-t-il en sortant des pans de sa robe noire, une petite enveloppe celle que j'avais envoyé à Dumbledor. « Monsieur Dumbledor, en tant que directeur, n'avait pas le temps de venir jouer les chaperons pour l'un des pires éléments de Poudlard. » cracha-t-il en jetant la lettre sur la petite table de bois devant le lit de ma grand-mère. À ce moment là, je ne savais pas trop si je n'aurais pas plutôt préféré avoir été confiée à Trelawney...
Je décidais toutefois de ne rien dire, pas besoin de me le mettre à dos... pas plus que le reste du monde en tout cas...
Après un silence très gênant, il sortit une autre lettre de sa cape et la jeta au même endroit.
- « Votre liste de fournitures » annonça-t-il avec dédain, « je serais honnête on m'a envoyé ici pour vous amener à Poudlard et surveiller vos achat... nous ne voudrions pas qu'un autre élève ai à boire un jus de citrouille empoisonné... ? » lâcha-t-il au moment où j'ouvris la lettre je le brisai d'un coup et froissai le tout entre mes mains crispées. Mais je ne pouvais pas lui montrer mes faiblesses ! Je ne devais pas ! Je ne lui laisserai pas ce plaisir !
- « Je dois aller chercher le reste de mes affaires d'abord » répondis-je en ignorant totalement la pique qu'il m'avait lancée.
- « Et ? Pensez-vous que je vais aller vous les chercher ? » demanda-t-il en détachant chaque syllabe. Les sourcils plus froncés que jamais, je pris les deux lettres et partis en courant vers l'immeuble qui se trouvait à bien trente minute, aller, de l'hôpital. Une fois là bas, je pris mon sac de sport et y fourrai tout ce dont j'aurais besoin pour l'année et plus.
Je pus même emporter mon chaudron ainsi que les restants d'ingrédients que je possédais. Le reducto était vraiment un sort utile. Une fois le tout dans mon sac, je jetai un coup d'œil à ma liste et, à part un nouveau livre pour les cours d'enchantement, je vis qu'il me fallait.. une robe de soirée ?!
Plutôt déconcertée, je me mis à chercher un peu partout dans mon armoire et, tout au fond, dans un sachet de pressing, je trouvai une vieille robe de dentelle noir avec des reflets verts... elle devait au moins avoir appartenu à ma grand-mère dans sa jeunesse... voire à la génération précédant ma grand-mère... mais je n'avais rien de vraiment 'habillé' alors je la pliai soigneusement, la plaçai dans mon chaudron et sortis de l'appartement après avoir fermé tous les volets et la porte à double tours.
- « Je vois que vous aimez prendre votre temps... » fit remarquer la voix traînante et venimeuse de Rogue. « malheureusement pour vous, votre temps est actuellement entrain d'empiéter sur le mien donc, » cracha-t-il en levant son avant bras juste devant mon nez. « tachez de ne pas pousser ma patience à bout... » asséna-t-il, en laissant sa voix tomber de quelques octaves, son avant bras toujours sous mon nez. Perplexe, mes yeux firent des allez-retours entre ses yeux et le bras qu'il semblait me 'tendre'... mais je ne savais pas bien ce qu'il voulait que je fasse... j'allais quand même pas...
« Prenez mon bras Smithen, » ordonna-t-il, « ou j'enlèverai cent points à Poufsouffle dès le début d'année... et, comme vous le savez, j'ai toujours eu du mal...à garder des secrets... » menaça-t-il, sa voix dégoulinant de venin. Encore hésitante je posai ma main sur sa manche et, au moment où les deux entrèrent en contact, je fus emportée dans un tourbillon. J'avais l'impression d'être tirée dans tout les sens par mon nombril mais aussi par mon bras et bientôt, j'eus l'impression que j'allai rendre le peu que j'avais mangé ces deux derniers jours.
Tout à coup, je sentis le sol sous mes pieds et, agrippée à la manche de Rogue, je tentai tant bien que mal de ne pas vomir pas de ça devant ce type... il ne manquerait pas de se moquer tout du long de l'année !
Une fois ma bile ravalée, je me redressai et me rendis compte que nous étions déjà au Chemin de Traverse.
- « Est-ce que nous venons de transpla- » commençai-je en me tournant vers lui une mousse blanche s'évaporait de la manche que j'avais tenu peu quelque secondes auparavant un sort de récurage. Je savais qu'il n'était pas du genre tactile, je savais aussi qu'il ne se gênait pas pour montrer son aversion envers les gens mais là, c'était plus gamin et vexant qu'autre chose !
Rogue sur mes talons, je fis le tour de tout ce qu'il me faudrait et, je savais pertinemment que je n'avais pas intérêt à rester trop longtemps devant des bocaux contenant des ingrédients de bases pour des maléfices, mais quand je vis une fiole au contenu vert je ne pus m'en empêcher.
- « Du venin d'Acromentule.. » murmurai-je en observant l'a fiole. Il ne devait pas y avoir plus de deux centilitres dedans, mais la seule fiole était à quatre Gallions.
- « Il y aurait une colonie d'Acromentule dans les profondeurs de la Forêt Interdite... peut-être arriverez-vous à vous faire renvoyer cette fois-ci... » proposa Rogue, en appuyant bien sur chaque mot. Je commençais sérieusement à en avoir plein le dos de lui et de son humeur de chien, mais je notai tout de même cette information on ne savais jamais... si deux centilitres se revendaient pour quatre Gallions, alors il suffisait d'imaginer pour un litre. Non ! Pas de ça ! J'ai dit que je trouverais un moyen honnête de payer !
Je payai donc pour mes épines de poisson-diable et sortis d'un pas décidé je ne lui ferais pas le plaisir d'être renvoyée !
Je glissai mon nouveau livre d'enchantement dans mon sac et en sortis une fiole que je conservai dans ma main gauche en posant ma droite sur le bras que Rogue m'avait tendue. Contrairement à la première fois, je n'eus pas à ravaler ma bile mais eus juste une vague remontée acide et, avant qu'il ne lance un autre sort de récurage sur sa manche, je lui tendis la fiole que j'avais gardé dans ma main tout au long du trajet une potion de récurage.
Étant donné que Rogue nous avait fait transplaner directement devant le portail qui séparait Poudlard de Pré-au-Lard, nous eûmes qu'à le passer et marchèrent sur le chemin de terre battue qui longeait une partie du terrain de Quidditch. À, je vis Madame Bibine fermer la porte de la remise à balai et, quand nos regards se croisèrent, je vis ses traits se crisper elle se tourna immédiatement vers la porte et, quand elle s'en écarta, je vis au moins dix cadenas pendus à d'énormes verrous.
'Charmant' me dis-je en regardant devant moi. Nous passâmes la grande porte de bois.
- « Albus, elle ne peut pas rester ici ! C'est trop dangereux... » chuchota McGonagall à Dumbledor ils ne s'étaient pas encore rendus compte que nous étions déjà là. Rogue s'éclaircit la gorge et, à ce moment, tout deux tournèrent leur tête vers nous.
- « Monsieur le directeur, professeur McGonagall, » saluai-je en me penchant en avant, « je ne vous remercierai jamais assez de m'avoir octroyé votre aide... » dis-je en forçant un sourire. Rogue renifla alors bruyamment, « Et je vous suis infiniment reconnaissante, sans vous je suis persuadée que le trajet n'aurait pas été aussi agréable et instructif... » dis-je en faisant une profonde courbette devant lui. Vu son regard, il n'avait pas apprécié la remarque, mais je m'en moquai ne fait pas aux autres ce que tu ne veux pas qu'on te fasse... je ne faisais que lui rendre la pareille.
- « Nous allions justement passer à table... » annonça soudainement Dumbledor qui semblait ne pas apprécier le silence qui avait suivi mes 'éloges'.
- « Hum, si vous me permettez, Monsieur, je devrais peut-être aller déposer mes affaires... » proposai-je.
- « Oui, je pense, que vous pourrez prendre votre lit habituel... » dit-il en fouillant dans une de ses poches. « Nous discuterons de votre lettre demain. » ajouta-t-il en sortant un dragée de Bertie Crochue. « Un dragée ? » proposa-t-il.
- « Non merci Monsieur. » dis-je avant de traverser le Hall à grands pas dans la direction des cuisines. Une fois dans le dortoir, je me laissai aller contre le bois du tonneau par lequel j'étais entrée comment allais-je pouvoir aider ma grand-mère ? Pouvais-je vraiment utiliser ma bourse d'étude pour ça ?
'Il me reste environ trente Gallions suffisamment pour un mois... mais pour les autres, il va falloir trouver un autre moyen...' me dis-je en me passant une main sur le visage. Après un long soupir, je me décollai du bois et allai vers le dortoir où mon lit m'attendait. Je posais mon sac dessus et, passant ma robe de sorcier et uniforme, je sortis et allai rejoindre les autres dans la Grande Salle.
Il y avait du remue-ménage de l'autre côté et les chuchotements rendaient le tout suspect, mais ce qui me mis vraiment la puce à l'oreille, fut que, quand j'entrai dans la salle, tous se turent ou parurent changer de sujet.
- « Bonsoir... » dis-je en me dirigeant avec hésitation vers la table. La table était bien plus petite et , avant que je ne bouge, le professeur Flitwick se poussa sur sa gauche, laissant une place entre lui et McGonagall, juste en face d'une place vide.
- « Sibylle aura du retard... » annonça le professeur McGonagall en réajustant ses manches.
- « Eh bien, si tout le monde est d'accord, je vous proposerais de l'attendre... » dit Dumbledor en sortant un autre dragée de sa manche. La faim commençait à me tenailler et, cette Sibylle mis au moins une demi-heure à passer la grande porte.
Une grande masse informe de tissus plus usés les uns que les autres entra précipitamment dans la Grande Salle ses cheveux étaient secs et emmêlés, ses lunettes à quintuple foyer la faisait ressembler à un insecte et elle était apparemment incapable d'agir... normalement... ou du moins, pour un être humain elle semblait compter le nombre de personne attablées.
- « Ah ! Vous ! » dit-elle juste après s'être assise j'aurai préféré qu'elle ne me remarque pas. « P-pourriez-vous me passer le jus de citrouille, ma chère ? » demanda-t-elle en pointant son doigt osseux vers la carafe. J'étais étrangement soulagée et m'exécutai. « Oh, je vous signal au passage que la santé de votre grand-mère va se détériorer dans les jours à venir. » ajouta-t-elle au moment où elle prit la carafe en main.
Il y eu alors un silence pesant et, serrant mon poing sous la table, je tachai de garder mon sang froid.
- « Oh vous savez, je trouve que ça première expérience avec le sort Doloris a été plutôt bénéfique pour elle je ne l'ai jamais vu aussi épanouie. » répondis-je en faisant en sorte de garder ma colère pour moi. L'atmosphère était horriblement pesante et, même quand Dumbledor fit venir les plats, les discutions mirent du temps à reprendre...
Je ne pris part à aucune et, pendant que Trelawney faisait en compte rendu détaillé de ce qui allait arriver à Dumbledor durant cette semaine, j'attendis que l'un d'eux sorte de table pour en faire de même Rogue fut le premier et je n'attendis pas longtemps pour suivre son exemple.
Une fois dans le dortoir, j'allai vers mon sac, en sortis un pyjama et une brosse à dents et, une fois changée et mes dents brossées, je défis mon lit. Soudain, je vis quelque chose de noir bouger et, dégainant ma baguette immédiatement, je traquai la moindre tâche suspecte...
Je n'avais rien trouvé d'étrange entre les draps, mais comme je n'avais absolument aucune confiance en mes yeux à ce moment là, je retournai dans mon pot et m'y roulai en boule.
