Tout mon week-end se résuma à trouver, tout d'abord, un endroit tranquille pour réparer les quelques égratignures et brindilles brisées du Nimbus, puis à m'assurer que personne ne me trouverait là... Toutefois, je n'avais pas réussi à trouver une cachette dans le château même et m'étais donc contentée d'un terrier abandonné qui se trouvait dans le passage qu'empruntaient les barques des première année à la rentrée personne ne viendrait me chercher là.

Je savais réparer un Nimbus, je l'avais déjà fait... mais sans outils ou les ingrédients adéquats.. je ne pouvais rien faire... et je ne pouvais pas non plus utiliser l'argent que j'avais précédemment gagné pour acheter des ingrédients aux Jumeaux... et encore moins abuser des transactions avec Barjow... être affiliée au gérant d'un magasin de L'allée des embrumes, n'était vraiment pas quelque chose qui améliorerait mon image auprès des profs... je n'avais vraiment pas besoin d'être surveillée comme l'année dernière... et encre moins de paraître suspecte à Maugrey... ce type pourrait s'avérer pire que Miss Teigne.

Bien sûr, c'était plus un entrepôt qu'autre chose, mais les quelques trente mètres carrés qui, deux ans auparavant auraient été totalement couverts, étaient à présent occupés par un foyer de fortune, une vieille étagère et quelques fioles vides que je comptais remplir très prochainement de venin ou autre ingrédients rares qui me permettraient de gratter quelques Gallions... après tout, la fin du mois arriverait vite... et l'argent, deux fois plus...

Lundi arriva rapidement et, après une journée plutôt insipide et dont le seul point positif avait été le retrait de points de quelques Poufsouffles qui avaient malencontreusement mis, dans leur potion... un peu trop de peau de salamandre pilée... les pauvres avaient été brûlés... que ça devait faire... mal...

Bref, après avoir fini mes devoirs pour les deux jours à suivre, je m'éclipsai discrètement et, échappant de peu à Miss Teigne, j'arrivai dehors.

Le vent soufflait dans les crevasses et les feuilles des plantes grimpantes qui camouflaient l'entrée de la cavité ainsi que mon petit havre de paix, donnant ainsi l'impression d'être entouré par des gens à l'agonie... c'était glauque... et les trois première fois, j'avais eu l'impression que quelqu'un me suivait... mais je n'avais jamais croisé personne là bas... pas même les Jumeaux... et Merlin seul savait à quel point ces deux là pouvaient être envahissants quand ils le voulaient c'était presque impossible de leur échapper.

Endoloris

Je me réveillai en sursaut, la sueur dégoulinant de me front et le souffle court. À ce moment, je voulus serrer quelque chose contre moi, mais je ne trouvais rien mini-Krum !

Je me levai en sursaut et me rendis compte que je m'étais assoupie dans l'entrepôt.

Deux heures.

Je me levai en sursaut, sortis en courant et retournai dans le dortoir.

- « Hey ! T'as vu une figurine de Krum ! » s'exclama soudainement une voix.

- « Ow~ il est trop beau... » gloussa une autre.

'Merde !'

Je m'approchai un peu de l'encadrement, et vis deux filles autour de lui, dont une que le tenait fermement contre elle... Il voulait partir... ça se voyait dans sa façon de gesticuler dans tous les sens... elle le serrait trop fort... mais je ne pouvais rien faire... je ne devais pas... Merlin seul sait ce que d'autres pourraient lui faire s'il savait avec qui il était...

- « Aoutch ! Il m'a mordue ! » s'exclama l'une d'elle en lâchant son étreinte sur mini-Krum.

Il sauta de la table au sol et se cacha sous le canapé. Il semblait terrifié... mais quand il me vit, son visage sembla s'éclairer...

- « Il est là dessous ! » s'exclama une des deux filles qui était ventre à terre. À ce moment, je vis le visage de mini-Krum se contorsionner en une expression mêlant la terreur à a surprise et, le voir disparaître dans l'ombre sous le canapé... Assez !

Rapidement, je traversai la distance entre les filles et moi et, au moment où la main qui tirait mini-Krum sortait, je la lui écrasai avec mon pied.

- « Lâche-le. » ordonnai-je les sourcils plus froncés que jamais.

- « Arrête ça ou je vais- »

- « Va pleurer chez Cédric, rien à faire. » la coupai-je sans même détourner les yeux de celle qui tenait encore mini-Krum.

- « Arrête tu m'fais mal ! » couina celle à qui j'écrasai la main j'y mis encore plus de poids. « C'est bon je l'ai lâché ! Je l'ai lâché ! » gémit-elle en agrippant ma cheville . J'attendis de voir Krum sortir de dessous le canapé pour lui rendre sa main elle était rouge en son centre.

- « Tu vas avoir des gros ennu-Ah ! » hurla-t-elle quand je lui lançai un Lashlabask. Une gerbe d'étincelles la touchèrent et, apeurées, elle partirent toutes les deux vers les chambres faiblardes.

À ce moment, je sentis quelque chose m'enserrer la cheville et baissant la tête vers le sol, je vis mini-Krum me lancer un regard affectueux je ne le lui rendis pas.

Promptement, je l'attrapai à pleine main, refis tout le chemin vers l'entrepôt et, sans un mot, le posai sur l'étagère et allai m'asseoir sur une vieille caisse en bois en me pinçant les sinus.

Quelques secondes seulement après avoir fermé les yeux, je sentis qu'on me tirait la manche.

- « Ne t'avais-je pas dis de ne pas sortir ?» demandai-je alors que j'en connaissais déjà la réponse il lâcha ma manche. « Ne t'avais-je pas dit que les autres pouvaient devenir dangereux s'il savaient que tu étais avec moi ? » demandai-je en laissant ma voix s'amplifier il hocha la tête. « Alors... » dis-je en forçant un sourire. « peux-tu m'expliquer pourquoi je t'ai retrouver en dehors du pot ?! » grondai-je en me levant brusquement de la caisse il recula légèrement.

- « Je t'ai prévenu. Je t'ai donné mes raisons. Je ne t'ai jamais menti, jamais rien caché ! J'ai fait tout ce que je pouvais pour empêcher qu'il t'arrive quoi que ce soit... alors répond-moi POURQUOI ?! » hurlai-je en plantant violemment mes deux mains sur le bois de part et d'autre de son être le choc l'avait fait tomber en arrière et il tremblait.

Seules les plaintes du vent dans les crevasses, nous entoura et, serrant mes poings, je me redressai puis m'éloignai.

- « Tu resteras ici à partir de maintenant.. » dis-je d'une voix plus calme, mais qui avait toujours du mal a annihiler la colère. Je ne pris même pas la peine de me tourner, parce que je savais que si je le faisais... je voudrais le reprendre avec moi dans le dortoir... mais il ne fallait pas... 'c'est pour ton bien...' dis-je avant de sceller l'entrée avec un rocher.

'Je suis désolée..'

murmurai-je une fois de retour dans mon pot. Pour la première fois depuis des mois, j'allais à nouveau dormir seule... mais, malgré le fait que je me répète que c'était pour le mieux... que c'était pour le protéger des autres... les larmes et la douleur que je ressentais depuis qu'il m'avait regardé comme ça... je ne pouvais pas l'oublier.

Les jours qui suivirent se passèrent plutôt bien, malgré les regards incessant que je recevais des autres et tout particulièrement à chaque fois que je passai à côté du groupe d'amie de celles à qui j'avais écrasé la main et vaguement brûlé la robe de sorcier... mais rien de bien particulier ne m'arriva... Bien sûr, je retournais tous les soirs à l'entrepôt en prenant deux fois plus de précautions... mais, plus le temps passait, et plus le besoin d'argent se faisait sentir. J'avais déjà vendu tout le venin d'Acromentule que je possédais, mon Nimbus était abîmé et hors de question d'éveiller la curiosité des Jumeaux sur sa provenance... il ne me restait donc plus qu'à le transformer avec les moyens du bords pour qu'il passe pour une création originale... mais sans matériel et avec une main encore raide... c'était à la limite de l'impossible.

Après un week-end entier à lister tout ce dont j'aurais éventuellement besoin et à voir si, éventuellement, j'aurais le temps et les moyens de modifier et vendre ce balai, je m'affairai à planifier quelques excursions nocturnes... je ne pouvais pas rester là à attendre. Je n'avais pas le choix... J'avais les paupières de plus en plus lourdes, mon dos me faisait mal et je n'avais la plupart du temps même plus envie de me lever de ma chaise en cours... mais je ne devais pas faiblir. Ma grand-mère n'avait que moi... et personne ici ne viendrait m'aider...

- « Vous devriez dormir plus... » était ce que m'avait dit Maugrey après presque chaque cours... mais je n'en avais pas le loisir ! Cependant, je ne savais pas si c'était dans la façon de le dire ou si la difformité de son visage avait quelque chose à voir là dedans, mais cette remarque ne m'avait pas vraiment... dérangée... ça m'avait même rappelée m-... non ! Ça m'avait pas dérangée, voilà tout.

Mon plan était presque fini et j'avais finalement trouvé le moyen de démêler ses crins de licorne que j'avais récupéré pendant les vacances, sans les casser pour une fois que la potion capillaire Lissenplis servait à quelque chose ! Et heureusement pour moi, une de mes camarades Poufsouffle avait été suffisamment aimable pour ma la prêter pour une durée indéterminée... et sans consentement.

De plus, c'était marrant de la voir s'exciter avec ses cheveux et demander à toutes ses amies si elles n'avaient pas vu son flacon... et quand elle est venue m'accuser de l'avoir volé... je lui fis remarquer la masse emmêlée et marron terne que j'avais sur la tête 'Est-ce que j'ai vraiment l'air d'utiliser des produits comme ça ?' lui avais-je demandé... bien sûr que la réponse était 'non'... mais encore une fois, avais-je l'air de quoi que ce soit ?

Enfin, tout ce passait très bien – aussi bien qu'une semaine pouvait se passer pour moi- et, ce vendredi, le professeur Maugrey avait eu la merveilleuse idée de tester l'Imperium sur nous... pour nous faire prendre conscience d'à quel point ce sort était puissant, mais aussi, pour voir si, certains arrivaient à s'en défaire...

- « Tu crois qu'il va nous faire danser comme l'araignée de la dernière fois ? » demanda une Serdaigle en regardant le professeur envoyer les tables sur les bords de la salle en quelques coups de baguette.

- « Mais monsieur, ces sorts sont interdits par la loi... et l'utiliser contre un autre humain est un ticket direct pour Azkaban ! » s'exclama une autre Serdaigle dont le teint livide révélait la véritable nature de son intervention il y eu de nombreux signes d'approbation...

- « Dumbledore m'a lui-même approuvé quand je lui ai parlé de ces exercices pratiques... » dit-il en scannant les élèves présents de son œil magique. « Mais si vous préférez attendre qu'on vous le jette avec la véritable intention de faire du mal, vous pouvez sortir de cette salle je vous dispenserais de cours. » ajouta-t-il d'un ton glacial en pointant la porte de son indexe noueux et recouvert de cals.

Quelques uns semblèrent hésiter mais d'autres allèrent directement chercher leurs affaires et sortirent sans demander leur reste nous n'étions plus qu'une vingtaine dans la salle à présent.

- « Bien, » dit-il en dégageant une mèche grisâtre hors de son visage. « vous passerez l'un après l'autre, allez. » dit-il en pointant le sol devant lui de sa baguette. Ayant un nom en 's', je fus l'une des dernières à passer... en fait, je croyais bien que les trois qui, normalement, venaient encore après moi, étaient partis... J'attendais donc mon tour... et plus je les voyais danser... plus je me disais que... au final, y'avait bien pire au monde...

- « Smithen. » appela-t-il je m'avançai et me tins à l'endroit que l'élève précédente avait quitté.

Un peu inquiète en le voyant pointer sa baguette droit vers moi, je fermai les yeux.

Impero

prononça-t-il et, à ce moment là, toutes les pensées, qu'elles soient désagréables ou joyeuses quittèrent ma tête. Je me sentais étrangement vide et il y avait toujours une vague impression d'être observée, mais je me sentais si sereine...

Saute à cloche-pied

murmura la voix lointaine de Maugrey. J'obéis et sur un pied, je me mis à sauter régulièrement sur place.

Danse

murmura-t-il cette fois-ci je m'exécutai.

Stop

Et je m'arrêtai.

Sort ta baguette

murmura la voix tout bas et je le fis. Ça faisait bien longtemps que je n'avais pas sentis les épines grossièrement taillées de ma baguette...

Pointe la vers eux

Je le fis, mais en sentant mes muscles faire se lever mon bras, je sentis un frisson horrible me parcourir... et il y avait quelque chose d'autre... un murmure... un chuchotement qui me disait que quelque chose n'allait pas. Mais qui étaient ces 'autres' ? Ah oui, les élèves... mes 'camarades'...

Fait les léviter... S'il leur arrive quelque chose, ce sera pas grave ils ne t'ont jamais apprécié de toute façon...

Mais si je faisais ça, qu'est-ce qui me garantissait que ma baguette ne leur jetterait pas un sort de sa propre initiative ? Cette voix avait raison... je ne pouvais pas risquer de blesser quelqu'un...

Fais les léviter !

'Non, c'est trop dangereux... non...' murmura la petite voix mon bras tremblait et mes muscles me faisaient horriblement mal.

Jette un sort ! Maintenant !

'NON !' hurla alors la voix dans ma tête et, tout à coup, tous mes soucis, toutes les images qui s'étaient évanouies me revinrent ma grand-mère dans son lit d'hôpital, les hommes en noirs, leurs rires, le bruits des os qui se disloquent, les yeux vident de ma grand-mère, le Feudeymon, le centaure qui écumait au sol...

Mon bras parti violemment et la sensation du bois brute contre ma peau disparut. À ce moment, je sentis une immense douleur dans mes genoux et, quand mon esprit commença à s'éveiller je me rendis compte que j'étais à genoux, par terre, les bras pendants...

- « Moi je reste pas ici ! » s'exclama un élève. « Elle est givrée cette fille ! » ajouta-t-il alors que le bruit de ses pas s'éloignaient la porte claqua.

- « Tous les autres, regardez bien ses yeux. Smithen, debout. Voyons si vous pouvez complètement repousser les effets de l'imperium. » annonça-t-il... mais j'étais fatiguée... je.. je ne

Impero ! Debout !

Une fois de plus, je sentis un vide prendre le dessus sur mes pensées et, peu à peu, l'images de ma grand-mère se distordait, s'effaçait... mes muscles tremblaient et je sentais mes jambes se déplier... toutes ses choses qui étaient auparavant dans ma tête, tous ce dont je pouvais me souvenir, je ne savais pas pourquoi mais j'avais l'impression que mon esprit essayait désespérément de s'y raccrocher... qu'il avait tellement peur de ce qui pourrait se passer si jamais il se laissait effacer, qu'il était prêt à rester dans n'importe quel souvenir, joyeux ou horrible, pourvu qu'il ne disparaisse pas.

C'était comme si ma conscience tombait, comme si dans sa chute, tous les moments qui constituaient ma mémoire, défilaient et qu'au bout je me retrouverai une fois de plus sans rien... sans souvenirs, sans volonté, sans force...

Wouhou ! Ah, ces Bulgares ont vraiment le sens de la fête ! »

Il te plaît ?

'Mamie ?!' hurlai-je intérieurement. Devant moi, défilaient les images du tournoi de Quidditch, les cris, les encouragements... grand-mère... immédiatement, je voulus attraper ce souvenir, m'y accrocher de toutes mes forces, mais il défilait trop vite et, quand mes mains parvinrent à l'agripper, c'était déjà trop tard.

Je nous revoyais tourner dans les airs, êtres ballottées, écartelées, torturées...

MORSMORDRE

Tout à coup, la douleur s'arrêta et une silhouette sombre se découpa dans un éclair de lumière verte. Ce fut la dernière chose que je vis avant de sentir tous mes sens me revenir.

- « Bien ! Très bien ! Vous avez vu le changement dans ses yeux ? » s'exclama-t-il en me donnant une forte tape sur l'épaule. « C'est bien Smithen... « dit-il en m'aidant à me relever. « va t'asseoir, c'était du bon boulot... » ajouta-t-il en me poussant doucement vers l'une des chaises après m'avoir remis ma baguette.

Pendant tout le reste de l'heure, les autres passèrent pas moins de trois fois chacun et, au final, nous fûmes trois à avoir repoussé le sort, les autres, bien qu'ayant résisté, s'étaient retrouvés à danser sur les tables ou à faire la roue sur plusieurs mètres... mais je ne savais pas exactement comment je m'en étais sortie... est-ce que c'était parce que je m'étais raccroché à mes souvenirs ? Est-ce que j'avais eu suffisamment de volonté ? Ou avais-je seulement eu peur... ?

'Faut vraiment que je me calme...' murmurai-je en plaquant mes mèches broussailleuses en arrière mais elles ne firent que revenir dans mes yeux 'ça m'apprendra à oublier d'aller chez le coiffeur... » me dis-je en frottant mes yeux endoloris.

- « Smithen ! » appela soudainement une voix derrière moi. Surprise, je sursautai sur ma chaise et me tournai Maugrey tenait la porte et la classe était totalement vide. 'Et merde... j'étais encore déconnectée..' marmonnai-je en prenant rapidement mon sac.

- « Désolée. » dis-je rapidement en passant devant lui.

- « Vous n'avez pas l'impression d'oublier quelque chose ? » grogna-t-il je me retournai et, dans sa main, je vis ma baguette. « C'est bien de savoir lancer des sorts informulé et sans baguette... mais il ne faut pas oublier ce qui nous définie. » dit-il en me la tendant.

- « Oui... » dis-je en la prenant, « merci.. » ajoutai-je avant de me détourner pour aller à la Grande Salle je mourrais de faim.

- « Je compte sur vous pour savoir qu'il faut manger... » ajouta-t-il juste avant que je ne passe l'angle. Je ne répondis rien et, un peu troublée par mon incapacité à répondre, je pris un raccourci vers la Grande Salle.

- « Alors, Smithen, vous avez décidé de remplacer votre grève de la faim par une grève du sommeil ? » demanda la voix de Rogue d'un ton narquois.

- « Non, rassurez-vous, ce n'était que le contre coup du poison que je compte vous faire boire avant Noël, j'espère qu'il vous plaira. » répondis-je avec un sourire. Je n'avais même pas besoin de tendre l'oreille pour entendre les points s'envoler du sablier des Poufsouffles, mais au final... qui en avait encore quelque chose à faire... la Coupe des quatre maisons avait été annulée... et les quelques abrutis qui y accordent encore de l'importance pouvaient bien aller se faire voir !

Le reste de la journée se passa relativement bien, si ce n'était pour la rancune tenace de Rogue qui me divisa ma note par deux pour avoir écraser une graine au lieu de la couper en lamelles... et pourtant, c'était tellement plus efficace ! La plante à laquelle j'avais injecté cet antidote, avait même grandit au contact du poison de Rogue... mais bon, le tout, c'était de savoir que j'avais réussi quelque chose j'en avais d'ailleurs pris note dans mon livre.

Cependant, je me rendis compte que, pour cette année, je ne pourrais plus me permettre de prendre autant de temps pour mes loisirs la vieille McGonagall avait décidé de nous 'mettre à niveau'...

- « Pas un seul d'entre-vous à part Miss Granger n'est capable de transformer un hérisson en une pelote convenable ! » avait-elle dit en replaçant ses maudites lunettes rectangulaire sur son nez.

Flitwick voulait qu'on lise trois livres supplémentaires pour être sûr qu'on puisse lancer un sort... alors que la pratique nous ferait apprendre bien plus vite !

Binns était finalement retombé dans son délire avec la révolte des Gobelins du XVIII siècle et nous bassinait tous avec ses dissertation hebdomadaires et même Rubeus, avait succombé à la fièvre des devoirs !

Mais j'en avais rien à faire, j'avais pas à chercher à être un double de Granger, j'avais pas à jouer à la petite élève modèle de toute façon, aucun ne m'aurait fait la remarque.
Rogue me détestait, moi et mes initiatives, Flitwick était trop occupé à vérifier que ses chères petits Serdaigles réussissent, à tel point que les autres en étaient toujours au même point et j'aurais pu planter une dizaine d'aiguilles dans ma pelote que la vieille ne l'aurait même pas remarqué... Quand à Rubeus, il devait partir du principe que je faisais partie des meubles au final, je les connaissais déjà ses 'chers petits Scroutts'...

Je ne parvins pas à finir mes devoirs le soir même, mais je pouvais toujours en garder pour demain matin après tout, mon excursion dans la forêt ne serait pas avant demain soir. Toutefois, ma soirée se résuma à 'jouer' avec mini-Krum qui semblait avoir déjà oublié à propos de ma crise de nerf de la dernière fois...

En effet, il avait insisté pour tester le Nimbus amélioré et, jusque là, tous les testes, à part pour quelques petits réglages à peaufiner pour la précision, le balai volait. Les crins de licorne avec lesquels j'avais remplacé les brindilles permettait une meilleure accélération même si, au démarrage, on constatait qu'il y avait quelques ratés.

- « Bon... ça ira pour ce soir... » murmurai-je en enlevant mes lunettes de protection. Mes paupières étaient de plus en plus lourdes et, après que mini-Krum ne se soit niché au creux de mes bras, je me laissai aller sur la table.

Complètement raide et endolorie, je me réveillai avec la tête sur les avant bras, devant une étagère couverte de poussière.

- « Mhhh heureusement que je paie pas une chambre dans le dortoir... » baillai-je en me frottant la tête. En me redressant, je sentis quelque chose tirer sur ma manche et en baissant les yeux, je vis mini-Krum enroulé dans la manche de ma robe de sorcier je souris.

Cependant, je ne pouvais pas rester là toute la journée et, poussée par la faim, je me décidai à me lever mais laissai tout de même mon pull rayé à mini-Krum.

- « Je reviens... » murmurai-je avant de passer l'entrée de l'entrepôt que je rebouchai de suite après. Il devait déjà être pas loin de dix heures car presque tous les élèves étaient entrain de déjeuner.

- « Y'a trop de devoirs ! » se plaignit un Poufsouffle la bouche pleine. « ça va me gâcher mon dimanche... » ajouta-t-il après avoir avalé.

- « Et tous ces livres à lire... » renchérit un autre avant qu'il ne soit coupé par le bruit singulier que produisaient les ailes des chouettes qui apportaient le courrier. Personnellement, je n'attendais pas de courrier aujourd'hui... je n'avais envoyé ma lettre à Barjow que vendredi au soir autant savoir s'il accepterait de m'acheter mon balai... je n'avais pas vraiment envie de risquer quoi que ce soit avec les Jumeaux... et, de toute façon, ils ne me l'auraient jamais acheté au prix que je demandais...

Soudain, je vis une chouette s'arrêter devant moi je la regardai un moment, puis recommençai à manger mais la sale bête me pinça la main.

- « Ah, mais ! » vociférai-je en me frottant la main. Les sourcils froncés, je regardai la lettre qu'elle me tendait et, après pas mal d'hésitation, je la pris en utilisant mes couverts comme pinces.

Hôpital Ste Mangouste

'Enfin des nouvelles !' me réjouis-je en ouvrant l'enveloppe.

Smithen Liz,

nous avons la douleur de vous annoncer le décès par asphyxie de Madame Steffensen Marianne, née Dow, survenu à l'âge de 67 ans.

Les obsèques auront lieu le dimanche 25 Octobre, à 15h dans l'église de St Luke's Church. Madame Steffensen repose dans la chambre funéraire n°120 de l'Hôpital Ste Mangouste.

Je ne savais pas quoi faire... pas quoi dire... alors j'ai laissé mon corps décider il s'est levé et a marché... couru... fuis jusqu'à ce que ce soit le sol lui-même qui me bloqua le passage. Les yeux embués par les larmes que je ne me souvenais pas avoir versé je poussai le rocher sur le côté et entrai dans l'entrepôt.

L'odeur familière de poussière et de lotion Lissenplis... la faible lumière d'un feu éternel que s'allumait chaque fois que quelqu'un entrait... le chevalet sur lequel les crins de licorne étaient tendus... tout ça... toutes ces choses si magnifiques et si précieuses à mes yeux... je n'arrivai même plus à les voir... je ne pouvais plus les voir... ça ne signifiait plus rien pour moi... rien... j'avais fait tout ça...

- « pour rien... » murmurai-je après que mes jambes aient cédé sous moi. Battre des araignées géantes, risqué la vie d'un centaure, perdu du temps, des heures de sommeil, de l'énergie... pour rien... j'avais perdu tout ça... j'avais failli perdre la vie... POUR QUE CES CONNARDS LA LAISSE CREUVER ?! Je sortis la lettre de ma poche, relu l'excuse qu'ils avaient donné... « asphyxie... » murmurai-je. « une asphyxie... ? » répétai-je en serrant les dents. « ILS SE FOUTTENT DU MONDE ! » hurlai-je en jetant la lettre froissée dans le feu éternel.

Elle était sous LEUR responsabilité ! C'était à eux de la garder en vie ! À eux de la sauver ! Et ils se sont foirés... Ils se disent être les meilleurs médecins de Grande Bretagne mais ne sont même pas FOUTUS de se rendre compte qu'une vieille femme ne respire plus !?

'E...elle est morte... seule... je l'ai laissée mourir...' murmurai-je en baissant les yeux vers le sol mouillé par les larmes. « Je l'ai laissée... » vociférai-je en agrippant mes cheveux. Et j'étais restée comme ça, assise par terre, les mains dans les cheveux à vider mon corps de toute son eau... ça pouvait faire trente minutes comme une heure voire deux que j'étais là... j'avais l'impression... que quelque chose était parti... j'avais l'impression que... quelque chose venait de se briser...

Soudain, je sentis quelque chose bouger au niveau de ma manche... je rouvris les yeux et vis que ce n'était qu'un rat qui parti de suite se réfugier dans une cavité. Immédiatement, je me levai et me précipitai vers le pull rayé qui était encore sur l'établi vide !

- « Mini-Krum ? » appelai-je en regardant autour de moi rien ne bougea. « Allez... sort de là... je- je suis désolée de t'avoir parlé comme ça... » dis-je en fouillant un peu partout. « Allez... » implorai-je. « Sort ! » rugis-je en jetant le chevalet contre l'une des parois. Le souffle court, je me précipitai à l'extérieur et déambulai dans les couloirs, les raccourcis, le parc, les salles de classe, les cuisines et même le dortoir des Poufsouffles... mais il n'y était pas... J'avais même demandé à Peeves... j'avais demandé à Mimi Geignarde, au Baron Sanglant, aux portraits, à Nick Quasi sans tête... même à cet idiot de Moine gras... mais aucun n'avait vu quoi que ce soit... pas la moindre trace...

Dépitée, j'étais retournée dans l'entrepôt... et au milieu des tessons de verre, des substances étranges et des morceaux de bois... je m'assis sur mon tabouret la tête enfouie dans mes mains. 'Qu'est-ce que j'ai fait...' murmurai-je en levant les yeux vers mon pull rayé. Lentement, je pris le tissu puis le ramenai vers moi... mon dernier cadeau... la seule chose qui me restait d'elle.. de lui... d'eux... 'je le retrouverais...' murmurai-je en serrant la laine entre mes doigts couverts de cicatrices... 'je le retrouverais...' dis-je en regardant les flammes danser dans le noir.