Le lendemain, je sortis de l'entrepôt, les yeux rouges, lourds et douloureux, les cheveux emmêlés et sales, la sueur qui faisait luire mon front et mes cicatrices...j'enfilai ma robe de sorcier et pris mon sac puis, le pas lourd, j'allai directement en cours de botanique. Pendant que je mettais mes gants, je sentis quelque chose d'étrange à l'intérieur je sortis ma main, retournai le gant et y trouvai un morceau de tissu rouge...

Incrédule, j'approchai le tissu de mes yeux, l'examinai et, au moment où la possibilité que mini-Krum aie été enlevé par l'un de ses salopards... mes sourcils se froncèrent à tel point que je voyais à peine mon plant de Bubobulb... mais je serrais les dents, il me fallait trouver le salop... il me fallait le trouver...

Je passais ces deux heures à regarder le moindre de leurs mouvements, écouter la moindre de leurs paroles, décrypter le moindre de leurs regards... quand je trouverai cette infâmes raclure... !

Ça pouvait être n'importe qui un Poufsouffle comme un Gryffondor... quelqu'un qui avait glissé ça dans mes gants pendant la nuit... ou avant que je n'arrive dans l'entrepôt hier...

Le cours se termina bientôt et, à regret, je dus me contenter d'aller au cours de Défense contre les forces du mal... et là bas, sur mon bureau, je découvris la cape complète de mini-Krum Je serais les dents. Je n'étais pas la première à être entrée...mais ce n'était peut-être pas une personne de ma classe... réfléchissons... 'Et si c'était l'une des filles qui avaient essayé de l'attraper la dernière fois ?!' me demandai-je en brisant ma plume rien qu'en imaginant les horreurs qu'ils pourraient lui faire...

Après deux heures à prendre un minimum de notes, juste assez pour surveillez les autres et donner l'impression à Maugrey que j'étais suffisamment concentrée sur son cours, je fis en sorte de quitter la classe au même moment que tout le monde... si quelqu'un laissait ces objets là dans mes affaires ou sur mon bureau, alors c'était soit du cours précédent, soit une personne qui était en classe avec moi... Au repas, je pris juste de quoi ne pas paraître suspecte mais quand mes mâchoires se refermaient sur un aliment, je n'en avait pas moins l'impression de ronger ma patience...

Les Serpentards ne riaient pas plus que d'habitude et ceux assez intelligents et doués pour cacher leur joie suffisamment bien pour que je ne remarque rien ne m'avaient jamais rien fait... les Serdaigles peut-être... mhhh ils pourraient... les Gryffondors aussi... 'Non' me dis-je en regardant leurs faces d'ahuris. Ils n'étaient pas assez fins pour ça... et bien trop vantards pour garder ça pour eux... Non, les seuls à savoir pour mini-Krum... mon regard se tourna immédiatement vers les filles que j'avais fait fuir deux jours auparavant elles riaient...

Mais je ne pouvais pas me permettre de les prendre à partie si elles n'avaient rien à voir là dedans... mais si elles avaient trempé dans cette magouille...

Je quittai la Grande Salle, laissant derrière moi une fourchette tordue et une assiette à moitié vide... il me fallait voir si une autre pièce était déjà dans la salle d'enchantement. Je m'y rendis, forçai la porte et ne trouvai rien à ma place pas quelqu'un d'une autre classe en tout cas.

Je sortis et assise devant la porte, je faisais semblant de lire il n'y avait pas de raccourci menant à cette salle et le transplanage était impossible dans l'enceinte de Poudlard... cette personne devait passer par la porte, elle devait passer par moi.

Plusieurs personnes passèrent mais aucun ne me parut particulièrement suspect... patience... Le cours commença et, quand j'arrivai devant mon bureau, je vis une protection de Quidditch qui avait très clairement été arrachée... je brisai une autre plume et jamais plus mon regard ne quitta mes très chers camarades... ça ne pouvait être qu'eux...

Mais il me fallait voir qui c'était...

L'heure passa rapidement et, une fois de plus, j'arrivai en avance au cours de potion... rien, personne à part Rogue n'était dans la salle...

- « Quelle hâte... » dit-il de sa voix traînante. « aimez-vous à ce point perdre la face ? » demanda-t-il avec un sourire en coin.

- « Pour sûr, je fais pas ça pour la votre. » tranchai-je d'une voix ouvertement agressive. J'entendais déjà les grains remonter dans la partie supérieur du sablier des Poufsouffles... quel bruit familier... Mais j'attendais... j'attendais que les autres arrivent... et ils vinrent. Un troupeau apeuré et bruyant... voilà tout ce qu'ils étaient...

Mais pendant tout le cours, je ne vis aucune trace d'une quelconque partie de mini-Krum... pas un seul morceau jusqu'à ce que le cours touche à sa fin. Là, dans le sac de la fille à la brûlure... je vis un bras désarticuler pendre mollement... un bras auquel on avait visiblement arraché quelque chose...

Je me levai juste après elle et la suivi de près... regardant où elle se rendait... dans les toilettes des filles... je la suivis jusque là, laissant un peu de distance entre nous... les raccourcis m'y avaient aidée et la foule m'avait permis de dissimuler ma présence...

Silencieusement, je me postai devant la porte des toilettes qu'elle utilisait et attendis patiemment... sans bruit... les bras croisés mais la mâchoire tellement crispée que je doutais de pouvoir l'ouvrir à nouveau. Au bout d'un moment, elle tira la chasse puis sortit.

- « Amusant, non ? » dis-je toujours adossé à la cloison de bois elle sursauta puis se retourna, on aurait dit une dinde apeurée.

- « De q-de quoi.. » balbutia-t-elle en reculant un peu.

- « Mais bien sûr que tu le sais... » dis-je en crispant mes lèvres en un sourire. « C'est tellement drôle de démembrer une figurine... » commençai-je en me décollant de la paroi. « de lui arracher ses habits. » elle recula. « de lui briser les articulations. » ajoutai-je elle fit plusieurs pas en arrière. « de la briser... » elle était dos au mur. « lentement... » ajoutai-je en sortant ma baguette. « et d'en savourer chaque instant... » dis-je d'un ton venimeux en enfonçant ma baguette dans sa joue.

- « Mais j-J'AI RIEN FAIT ! » piailla-t-elle en fermant les yeux je souris.

- « Mais bien sûr que tu n'as rien fait... » dis-je sur un ton mielleux en lui tenant la mâchoire fermement de ma main gauche. J'approchai alors ma baguette de sa tête. « après tout, tu es une gentille petite Poufsouffle, non ? »

Flambios

pensai-je et, du bout de ma baguette, je gravais son nouveau titre sur son front menteuse. Elle criait, mais ça ne me faisait que plus plaisir la voir pleurer de douleur comme j'avais pleuré pour mini-Krum, pour les cloques que j'avais sur les doigts, pour les marques indélébiles que j'avais depuis maintenant un an sur tout le corps...

- « j'ai rien fait ! J'ai rien fait ! Je sais pas de quoi tu par- » gémit-elle avant que je ne lui jette tous les morceaux que j'avais récupéré depuis ce matin puis, je pris son sac, l'ouvris, le tournai à l'envers et le secouai, vidant ainsi tout son contenu sur le sol humide.

Soudain, un tintement différent atteint mes oreilles et, sur les feuilles qui commençaient à prendre l'eau, se trouvait un petit être dont les bras et les jambes tordus étaient à peine raccordés à son tronc...

- « Mais qu- je s-sais pas d'où ça sort- » balbutia-t-elle les yeux allant de ma baguette à tout ce qui restait de mini-Krum... mais je ne répondis rien...

- « ça a dû faire mal... » murmurai-je en laissant ma main écraser le bois de ma baguette. « ça a dû faire... très mal... » dis-je en pointant une fois de plus ma baguette vers elle. « vraiment terrible... » vociférai-je.

E-

- « Smithen ! » appela soudainement la voix horripilante de notre préfet.

- « Va voir ailleurs Diggory, » dis-je sans le regarder. « tu voix pas qu'on discute entre filles. » ajoutai-je en un rictus que je ne pouvais empêcher.

- « Liz... » commença-t-il en s'approchant.

- « Je t'interdis de m'appeler comme ça ! » vociférai-je en pointant ma baguette vers lui.

- « Smithen, » rectifia-t-il en levant ses deux mains de part et d'autre de sa tête. « si y'a un problème... on peut en parler ça me ferait plaisir de t'aider- »

- « Oh ! Alors comme ça, le gentil petit Digorry veut aider la méchante Serpentard ? » dis-je en pouffant de rire. « Ahhh, c'est précieux ça... » ajoutai-je une fois ma respiration calmée.

Repulso

pensai-je et d'un coup, Diggory sorti des toilettes plus vite qu'il n'y était rentré.

Soudain, je sentis quelque chose m'agripper la fille. Je lui écrasai le pied, me dégageai d'elle et lui donnai un coup de poing à la mâchoire elle tomba lourdement sur le sol mais elle bougeait encore.

- « t'as... que s... que tu mérites... » murmura-t-elle face contre terre.

- « Dans ce cas laisse-moi en faire autant pour toi » murmurai-je. « ENDOLORI- »

Stupéfix !

À ce moment, un éclair traversa la salle j'étais touchée. Je m'effondrai un peu plus loin... Ma vision était trouble et j'avais énormément de mal à comprendre tout ce qui se passait autour de moi... mais il y avait clairement quelqu'un devant moi... il tremblait de tous ses membres...

Mais soudain, cette ombre grandit et se dédoubla. L'une de ses parties s'approcha de moi et me souleva du sol.

Je savais très bien où j'allai finir... et sentir une personne me trimbaler dans les couloirs ne dit que confirmer mes craintes j'allai finalement être renvoyée. Mais ça prenait du temps... beaucoup de temps... et le pas de cette personne était étrange... vraiment singulier... Comme du bois contre de la pierre... mais nous étions déjà devant la statue de griffon...

Résignée, je fermai les yeux ça ne servait plus à rien de se battre... il n'y avait plus rien à défendre... mamie et mini-Krum... je n'avais plus rien...

Mais les claquements ne s'arrêtèrent pas et, rouvrant les yeux, je vis l'alcôve menant au bureau de Dumbledore s'éloigner... 'Mais qu'est-ce que...' me dis-je balancée sur l'épaule de cette personne à la démarche étrange. Où allais-je ?

Au bout d'un moment, je reconnus le couloir qui menait au cours de Défense contre les forces du mal et après avoir passé toutes les rangées de tables, je fus portée en haut des escalier et la porte du bureau de Maugrey se referma juste devant mes yeux.

- « S'il y a bien une chose que je déteste, ce sont les gens qui attaquent par derrière ! » grogna-t-il.