Je n'avais que très peu dormi de la nuit l'inquiétude m'en avait empêchée. Je n'arrivais pas à penser à autre chose qu'à la Coupe, Potter et l'éventuel complot qui, je l'espérais, n'était que le fruit de mon imagination... que ce n'était que Potter, qu'il avait voulu faire l'intéressant... que Maugrey allait aider... et sans doute les autres professeurs aussi... et puis... Granger et les Weasley pouvaient lui venir en aide... mais quand j'arrivai dans la Grande Salle, cette illusion s'effaça

Tous, sauf les Gryffondors, semblaient vouloir empaler la tête de Potter sur une pique... et, étrangement, Weasley avait mangé sans Harry... et Hermione avait à peine emmené des toasts avant de repartir... À ce moment, j'eus mal pour lui se faire taper sur les doigts par tout le monde pour quelque chose qu'on avait jamais voulu faire... c'était vraiment pas de bol, hein ?

Étrangement, j'étais contente de voir que le 'Saint Potter' avait finalement été rappelé à l'ordre pour avoir trop souvent violé le règlement... mais d'un autre côté... j'avais l'impression de revoir ma troisième année... la douleur de sentir tous ces regards dans son dos... ces rumeurs... ces insultes...

Accablée par ces souvenirs, je me levai et en sortant, vis Granger et Potter traverser le Hall pour aller dehors. 'Mais il n'est pas seul, lui... ' murmurai-je en regardant la porte se refermer lentement derrière eux.

'Bon, au travail' me dis-je en partant vers la salle de défense contre les forces du mal... j'avais beaucoup de progrès à faire.

Une fois devant la porte, je toquai et, après quelques secondes le professeur Maugrey m'ouvrit. Le cours commença comme d'habitude et, pour une fois, je parvins à me maintenir pendant un peu plus d'une minute sans prendre un sort... mais il... je ne savais pas si ça venait de moi ou quoi... mais les mouvements du professeur me semblèrent bien plus lents qu'à l'accoutumé... comme s'il pensait à autre chose...

'Ma chance !' me dis-je en sprintant vers lui, parant et esquivant le plus de sort possible puis, quand je ne fus qu'à deux mètres de lui, je tentai de lancer un Glacius sur le sol sous lui ça réussi.

Il tomba à terre et, quand je voulus m'approcher, un éclair fonça sur moi...

Enervatum

murmura une voix lointaine avant que mes yeux ne parviennent à distinguer les poutres du plafond. J'avais l'impression que ma tête allait exploser mais, je me relevai tout de même j'étais sur le fauteuil où le professeur Maugrey était généralement assis je ne le pensai pas si grand...

- « Le Glacius était une bonne idée. » grogna-t-il. Je regardai vers le feu et le vis verser le contenu d'une bouilloire dans une théière. « Mais il faut être plus concentrée ! » dit-il en remuant les feuilles et l'eau.

- « Oui monsieur... » dis-je en me levant du fauteuil il voulait peut-être s'asseoir... mais il ne bougea pas de devant sa théière. « Professeur ? » appelai-je en me rapprochant avait-il vu quelque chose juste devant lui ?

Une fois au même niveau que lui, je regardai dans la même direction que son œil normal... mais rien ne me sembla étrange... sauf lui bien sûr.

- « Je réfléchis. » dit-il en en continuant à touiller son thé. « La première épreuve n'est pas la plus facile... et Potter n'est pas une flèche... » marmonna-t-il sans m'accorder le moindre regard.

- « Oui mais on ne peut rien y faire... je veux dire, les professeurs ne doivent rien dévoiler... et même Hagrid a refusé de le dire à Potter et ses amis ! » dis-je en allant m'asseoir sur un tabouret non loin de la cheminée.

- « Certes, mais rien n'empêche de lui donner des idées... » répondit-il en refermant finalement la théière. « un quatrième année contre un dragon... j'aurais tout vu. »

- « Un QUOI ?! » m'exclamai-je en me levant en sursaut faisant ainsi tomber le tabouret en arrière. « Mais ils sont fous ! Il n'aura pas la moindre chance contre un dragon ! Mais qu'est-ce qu'ils doivent d'ailleurs faire ? Le battre ? Le tuer ?! » débitai-je faisant les cent pas dans la pièce. C'était impossible, un élève de quatrième année, même bien renseigné, n'avait pas le bagage nécessaire pour combattre un dragon ! Et, même en connaissant son point faible...

- « Ils doivent juste le distraire assez longtemps pour récupérer un œuf. » répondit-il calmement.

- « Mais, il faudrait alors que Potter apprenne à jeter un sort de Conjonctivite ou qu'il fasse apparaître un animal pour attirer le dragon plus loin... » dis-je en passant ma main sur mon front mais je ne savais même pas s'il avait déjà entendu parlé du sort de Conjonctivite...

- « Il faudrait qu'il puisse utiliser quelque chose en quoi il est bon. » dit le professeur en sortant deux tasses d'une petite armoire. Je me mis alors à réfléchir Potter n'était pas bon en potion... enfin, il n'était pas aussi mauvais que Neville... l'histoire de la magie ne lui servirait à rien, la métamorphose, de ce que je savais, n'étais pas son fort non plus... il avait par contre été le seul à pouvoir monter sur un hippogriffe... mais c'était un dragon dont on parlait !

-« Vous pourriez peut-être lui apprendre des sorts utiles contre dragons... » proposai-je pendant qu'il remplissait les tasses.

- « Ce serait considéré comme une tricherie. » répondit-il en me tendant la tasse je le remerciai en la prenant puis repartis dans mes pensées. Peut-être était-il bon en enchantement... mais avec ce qu'on avait appris, il ne pouvait pas se permettre de se reposer uniquement sur ce que le vieux Flitwick avait bien voulu nous apprendre...

- « Je ne sais pas pour les enchantements, mais il est très bon sur un balai... » murmurai-je en relevant à peine la tête de ma tasse.

- « Suffisamment pour survivre à un dragon ? » demanda-t-il soudainement.

- « Peut-être. » répondis-je les yeux fixés sur la surface noire et brillante. « mais je doute qu'on puisse utiliser un balai pendant le tournoi... j'ai entendu dire que seule la baguette était autorisée... »

- « À moins de le faire venir à soi. » grogna Maugrey en s'asseyant à son tour.

- « Il faudrait un Accio très puissant... » dis-je en posant mes avant bras sur mes genoux, ma tasse toujours entre mes mains.

- « Mais c'est un sort simple. » répondit-il. « le tout, c'est d'optimiser ces chances... » dit-il l'air sombre. « Il joue dans l'équipe de Quidditch ? » demanda-t-il avant de poser sa tasse pour sortir sa flasque.

- « Oui, » répondis-je. « Il est attrapeur depuis la première année »

- « Je croyais qu'ils ne pouvaient pas avoir leur propre balai.. » grogna Maugrey après que ses spasmes aient cessé.

- « Il a eu une dérogation. » répondis-je simplement en me rappelant le premier match de Quidditch que j'avais vu encore maintenant, je m'en souvenais comme si c'était hier.

- « Et son balai ? Il est rapide ? »

- « C'est un Éclair de feu. » répondis-je avec une pointe d'amertume dans la voix. « par contre, je ne sais pas si un tel balai répondra facilement à un simple Accio... » dis-je après avoir repris une gorgée... je ne voulais pas y repenser.

- « Et il y aurait quelque chose à faire pour le rendre plus sensible à un sort d'attraction ? » demanda Maugrey dont la voix ne semblait plus si sombre.

- « Un verni peut-être... ou infiltrer une matière très sensible à la magie... » dis-je en me rappelant des prototypes anciens qui avaient été cités dans le Quidditch à travers les âges.

- « Et vous en seriez capable ? »

Je faillis m'étouffer.

- « Quoi... » prononçai-je, abasourdie, sans pour autant qu'un son ne me quitte.

- « Dumbledore m'a dit qu'il avait trouvé des balais étranges dans votre cachette. » expliqua-t-il je baissai la tête. Je n'avais pas retouché à un balai depuis plus d'un mois... j'avais même tout bazardé dans un coffre...

- « Je suis désolée. » dis-je fermement en posant ma tasse sur la petite table bancale devant moi. « Merci pour le thé. »

Je me levai et partis en prenant soin de ne pas claquer la porte. Je ne voulais plus penser à ce balai, j'avais même brûlé la réponse de Barjow... à vrai dire, je n'avais même pas lu sa lettre... Je n'avais plus besoin de son argent après tout...

Et je n'allai certainement pas me gâcher la santé une fois de plus pour 'Saint Potter' ! Qu'il se débrouille avec son Éclair de feu !

C'est donc un peu remontée que je m'enfermai dans l'entrepôt... mais j'avais déjà fini mes devoirs, lu les livres que Flitwick nous avait demandé de lire et il me fallait encore patienter trois heures avant que le festin du soir ne soit servi...

Soudain, mes yeux s'arrêtèrent sur un livre ancien dont la couverture était râpée celui des Jumeaux. Comme je n'avais rien de mieux à faire, je le pris et avec un parchemin, une plume et le livre sous les yeux, je tâchai de retranscrire les recettes qui avaient été partiellement effacée ou dont les indications n'étaient vraiment pas claires...

Tout à coup, le grondement du tonnerre ampli la pièce et, surprise, je sursautai, faisant ainsi tomber mon encrier par terre.

- « Merde. » vociférai-je en me penchant pour le ramasser et, quand je me relevai, je me pris le coin de la table dans la tête. Ceci souleva légèrement la planche qui tomba avec tous les livres qu'il y avait dessus dans un grand bruit pendant que je tenais ma tête meurtrie.

Après quelques secondes, je me baissai pour remettre la planche, puis ramasser tous les livres et une boîte qui me sembla horriblement familière. Je déposai mes livres et quand je pris la boîte, je me rendis compte que c'était celle dans laquelle j'avais bazardé le balai et tout ce qui y touchait de loin ou de près je fronçai les sourcils et la posai à terre, baguette pointée vers elle.

Il fallait oublier. Et pour oublier, il fallait que les preuves disparaissent. Je restai là, baguette pointée vers tout ce qui me restai d'avant... un sort sur le bout des lèvres... mais grondement après grondement... crépitement après crépitement... je me rendis compte que j'en étais incapable je ne pouvais pas m'en défaire... c'était trop facile... ou bien n'avais-je pas la force d'aller de l'avant ?

Je m'agenouillai, pris la boîte et l'ouvrit le nimbus, les outils... tout était là... sauf l'envie de continuer...

Alors je restai là, assise par terre, la boîte sur mes genoux et les yeux fixés sur son contenu... que devais-je faire... ? 'Oublier... ?' me demandai-je en regardant ma baguette... oui, c'était facile d'oublier...un simple sort... un seul... et tout ne serait plus rien pour moi...

Je sortis le pull de la boîte la laine noire et jaune commençait à perdre de son éclat... Poufsouffle... est-ce que j'en avait seulement déjà été une... ? Est-ce que si je n'avais pas demandé au Choixpeau... il m'aurait envoyée à Serpentard... ? À ce moment, quelque chose attira mon regard des lettres.

Loyauté

Patience

Gentillesse

Sincérité

Tolérance

Persévérance

Amour de la nature

Modestie

Justice

Fair play

Travail acharné

Les qualités des Poufsouffles... ou plutôt, celles de Helga Poufsouffle... celles sensées définir si, oui ou non nous étions fait pour cette maison... Je n'étais pas vraiment sûre pour l'amour de la nature après ce qui était arrivé à ces Acromentules... mais jamais je n'aurais tué un animal de sang froid... jamais je ne m'étais attribuée la gloire... j'avais été patiente, tolérante et fair play... j'avais essayé de me rendre justice... mais quand avais-je été sincère... dans le bureau de Dumbledore ? Quand il m'avait privée de quasiment toute ma liberté ? Oui... je l'avais été... et voilà où ça m'avait mené... gentille ? Peut-être... j'avais voulu faire le bien... j'avais cru que c'était simple... qu'ils comprendraient... qu'ils prendraient ça pour une erreur de jeunesse... une erreur de jugement... je serrai le tissu un peu plus...

'Ça sert à rien !' vociférai-je les dents serrées. Et la loyauté... ah la loyauté... et à qui devais-je la donner ? À Poudlard ? À Poufsouffle ? Aux élèves qui m'avaient harcelé et humilié ?! À ceux qui s'étaient barrés au moment où j'avais besoin d'eux ?!

- « Raaah ! » rugis-je en jetant au sol baguette pointé sur lui. Mais tout à coup, je me rendis compte de quelque chose... si ma baguette m'avait redonné sa confiance... si elle m'avait à nouveau considérée comme digne... Un hoquet m'échappa j'étais en train d'abandonner la seule personne qui m'aie jamais tendu la main... la seule à avoir reconnu mon travail... à m'avoir donné une seconde chance... il n'avait pas ri de mon hypothèse, il m'avait écouté, il avait été là... à chaque fois...

Et moi, qu'est-ce que j'avais fait ? J'en avais profité quand ça m'arrangeait ! J'en avais abusé ! Et quand il m'avait demandée quelque chose en retour... je m'étais enfuie !

- « Je sers à rien... » pleurai-je en baissant un peu plus la tête... seul les crépitement du feu magique emplissaient la pièce et, de temps à autres, le tonnerre venait déranger ce silence... Je ne savais pas pendant combien de temps j'étais restée comme ça les yeux dans le vide... à me demander si ça valait encore la peine... s'il n'était pas trop tard pour me rattraper...

Mon regard glissa lentement du sol vers l'entrée de l'entrepôt... il n'était peut-être pas trop tard. Je pris le balai réduit, me levai précipitamment et me dirigeai vers les cuisines.

- « M'sieur Dobby ? » appelai-je d'un voix claire.

- « Liz Smithen, n'est pas venue depuis longtemps. » dit une petite voix derrière moi.

- « J'avais beaucoup à faire... et cette histoire du Tournoi des trois sorciers me préoccupait... » dis-je en me tournant vers lui. « Potter n'a aucune chance seul... »

- « Liz Smithen a peur pour Harry Potter ? » demanda-t-il en triturant les boutons dépareillés de sa veste multicolore J'acquiesçai puis me dirigeai vers la cheminée où cuisaient plusieurs plats.

- « Vous ravivez les feux magiques pendant la nuit ? » demandai-je en me penchant vers les flammes.

- « Oui. Tous les soirs à trois heures ! Et je m'occupe moi-même de la cheminée des Gryffondors ! » annonça-t-il fièrement Bingo. « Dobby aussi se fait du soucis pour Harry Potter... » dit-il au bout d'un moment. « Mais Dobby n'a pas d'idée de comment l'aider... »

- « Il y aurait peut-être... » dis-je le regard toujours plongé dans les flammes. « Mais il me manque quelque chose d'essentiel... »

- « Dîtes tout à Dobby ! Dobby veut aussi aider Harry Potter. Dobby l'a déjà fait. » dit-il d'une voix forte. « Deux fois. » ajouta-t-il en montrant deux doigts osseux.

- « Non, ce serait trop dangereux... » soupirai-je en me détachant de la chaleur insoutenable des flammes. « désolée d'avoir dérangé. » dis-je en partant.

Clac.

En un instant, Dobby se retrouva devant moi, son regard déterminé.

- « Dobby veut aider ! » insista-t-il. Je dus me faire violence pour ne pas sourire et, faignant un soupire, je regardai de tous côté puis, quand je fus certaine que personne ne regardait, je sortis le petit Nimbus.

- « Est-ce que vous pensez pouvoir prendre le balai de Potter et le remplacer par celui là ? » chuchotai-je en lui présentant le petit objet il pris le balai mais parut dubitatif.

- « Pourquoi le balai de Harry Potter ? » demanda-t-il après un moment de silence.

- « Je suis certaine qu'il s'en servira pour la première épreuve et je veux m'assurer que rien ne cloche avec. » dis-je en feignant mon air le plus inquiet. Il réfléchit un moment puis disparut dans un nuage de fumée.

J'hésitai un moment à partir ou à m'en aller... mais comme il ne restait que quelques minutes avant le repas, je me dis que j'allai attendre... mais il ne revint pas...

Un peu énervée, je me dis qu'il devait y avoir des gens dans le dortoir... et, pendant tout le repas, je me mis à chercher d'autres moyens de m'approprier ce balai... mais quand je repassai devant les cuisines puis dans un raccourcis. Soudain, je trébuchai sur quelque chose et, sous la lumière d'un Lumos, je vis, à mes pieds, l'Éclair de feu.

- « En espérant que tout ce passe bien... » dis-je en prenant délicatement le balai entre mes mains.

Reducto

murmurai-je avant de glisser la version réduite dans ma poche je ne pouvais pas me permettre que quelqu'un me voit avec un balai dans les mains. Une fois chose faite, je me rendis dans l'entrepôt où je me mis à rechercher dans mes différents livres de cours une potions qui permettrait à un balai de résister au feu... et plus particulièrement, au feu d'un dragon.

Dès le lendemain et, une fois mes devoirs finis, je me précipitai à la bibliothèque pour trouver des idées... Il y avait bien la potion anti-feu... mais les effets étaient bien trop courts... alors peut-être devrais-je la modifier... ? Mais je ne devais pas oublier que le feu des dragons n'était pas naturel... il y avait de la magie là dessous... tout comme dans leur cuirasse et peau... j'avais préféré vérifier, mais j'étais presque sûre que la protection contre les sorts et flammes dont bénéficiaient les dragons, venait d'un très ancienne forme de magie... après, de là à savoir laquelle... même ce bon vieux Dragonneau ne l'avait pas découvert...

Après, il y avait la potion pare-feu... mais, bien qu'elle soit plus puissante, j'avais peur que ce ne soit pas suffisant... et il fallait que le balai puisse supporter des températures extrêmes, des changements brutaux et tout ça, répété à maintes reprises...

Je ne pouvais pas me permettre de faire les premiers essaies sur le balai même... il me fallait des morceaux de bois semblables à celui de l'Éclair de feu...

Mais bon, il y avait aussi le problème posé par le sort d'attraction comment rendre le balai plus sensible aux sorts ?

Mais apparemment, tous ceux avant moi n'avait voulu que faire l'inverse ! Alors là, des sorts pour imperméabiliser les objets, y'en avait ! Après un bon moment, je me mis à chercher dans les livres sur les créatures magiques... peut-être que insérer des parties sensibles aux sorts... comme du fer pour l'électricité... j'en pris note.

Je ne pris pas part au repas du soir et me contentai d'un sandwich que j'avais pris à la cuisine l'épreuve avait lieu de vingt-quatre et on été déjà le deux... ça ne me laissait plus beaucoup de temps... et mes ingrédients n'étaient pas aussi variés qu'il y a deux ans...

- « Quelle poisse ! » vociférai-je en refermant un énième tiroir vide. Je n'avais pas de sang de salamandre ni de poudre de champignon à verrues... ça commençait bien. Et pour ce qui était de la sensibilité à la magie, je n'avais pas grand chose... quoi que les carapaces de Scroutts pouvaient éventuellement servir... « après tout, qu'est-ce que je risque ? » me dis-je en prenant un gros morceau de carapace avant de remonter l'échelle.

Après plusieurs essais sur différents matériaux qui avaient plus ou moins la même taille et le même poids, je me rendis compte que celui qui était le plus simple à ensorceler était, comme je l'avais espéré, le morceau de carapace.

Reducto

murmurai-je en pointant ma baguette sur le morceau que j'avais placé dans une bassine. Il se désintégra en un milliers de petits bouts mais je dus tout de même les broyer à la main à l'aide de mon mortier jusqu'à l'obtention d'une poudre fine couleur anthracite.

Le tout, maintenant, c'était de parvenir à l'inclure dans le balai... sans briser l'équilibre si parfait de l'Éclair de feu... et je ne pouvais pas mettre cette poudre à l'extérieur... elle deviendrait une faiblesse pour le balai... donc, il fallait que je réussisse à l'infiltrer... percer le manche sur sa longueur pour y insérer une pâte ?

- « Va falloir être prudent... » me dis-je en observant le manche minutieusement taillé... quoi que, si je faisais en sorte que cette pâte soit suffisamment collante... alors toutes les imperfections seraient bouchées...

Et pour la quantité à ajouter... il me suffirait juste de peser les copeaux enlevés et la quantité de pâte ajoutée...

Toutefois, je ne savais pas quel objet utiliser... c'était un travail de précision et totalement dans le domaine de la menuiserie... je n'étais absolument pas équipée pour ça... et la technologie était bannie de l'école... il me faudrait donc chercher un vilebrequin... 'Et un étaux...' me dis-je en me demandant comment j'allai pouvoir faire un tel trou en laissant le balai à l'horizontal.

Je rangeai ma poudre et me laissai tomber sur mon lit. J'avais tout le temps de chercher ça dans les placards à balai... voire peut-être dans la réserve personnelle de Rusard...

Et c'est ce que je fis très tôt le matin, je me mis à errer dans les couloirs en jetant des 'Accio vilebrequin' à chaque fois... et, après une heure à éviter Peeves, Rusard et Rogue, je finis par mettre la main sur un vieux vilebrequin avec un manche en bois extrêmement usé et un peu rongé... mais la partie métallique était dans un relativement bon état.

Je profitai de mon mercredi après-midi pour expédier la majorité de mes devoirs de métamorphose et, avec toute la patience dont j'étais capable, commençai la préparation de mon appareil. L'odeur était épouvantable pire que celle du plat au poisson que les élèves de Beauxbâtons se passaient ! Mais au moins, j'étais parvenue à lui donner une consistance suffisamment fluide pour se propager, mais une fois refroidie, elle devenait une glu parfaite. Maintenant, il fallait faire le trou... j'hésitai beaucoup... et même si je m'étais entraînée un peu sur des bûches... je ne pensais pas que le filetage soit suffisamment fin et long...

Amplificatum

murmurai-je en pointant précisément sur l'extrémité de la mèche métallique heureusement, seule la longueur en fut affectée. Je plaçai alors le balai à l'horizontale et, comme le manche n'était pas droit jusqu'au bout, je me dis que insérer la pâte dans un tiers du balai serait largement suffisant.

Je lui jetai un sort de blocage pour être certaine qu'il ne bouge pas et, après avoir pris une grande inspiration, je commençai à percer. La mèche faisait dans les quarante centimètres et je devais faire très attention à rester droite... autrement, je risquais de briser le bois...

Il y eu plusieurs bruits qui ne me disaient rien de bon... mais après une bonne heure, le trou était finalement percé et, à l'aide d'un Accio, je parvins à récupérer tous les copeaux.

Je fis ensuite la tare avec la vieille balance que j'avais acheté pour ma première année et pesai le tout puis fis de même pour la pâte. Une fois la bonne quantité prélevée, je me dépêchai de la verser dans le manche que j'avais auparavant placé à la verticale. Puis, grâce à un Wingardum Leviosa, je lui fis décrire des huit lents et les plus réguliers possible pour que la pâte se répartisse le plus uniformément possible.

Mon poignet avait commencé à craquer, puis à me faire mal, mais je tins bon et, au bout de quarante cinq minutes, je laissai le tout reposer à la verticale je ne voulais pas le tester tout de suite... il ne fallait pas précipiter les choses... je n'avais pas le droit à l'erreur.

Le lendemain, je ne pus me permettre de passer beaucoup de temps sur le balai à cause des devoirs. J'avais donc passé le reste du temps à essayer de trouver une recette de verni qui pourrait s'accommoder avec une potion pare-feu. Et ne fis qu'un test sur l'Éclair de feu miniaturisé pour voir jusqu'à quelle distance je pouvais l'attirer.

Avec ma baguette et en maîtrisant bien le sort d'attraction, j'avais réussi à lui faire traverser une distance d'au moins cinq cent mètres j'avais tellement hâte de montrer ça au professeur Maugrey !

Toute la journée, je n'attendis que ça. Que la fin des cours arrive pour pouvoir lui montrer ce que j'avais réussi à faire. Il était six heures quand la cloche sonna et, pour ne pas attirer l'attention, je rangeai mes affaires lentement puis, quand il n'y eu que le professeur Maugrey et moi, je sortis le balai de ma poche et le cachai derrière mon dos en avançant vers son bureau.

- « Il n'y aura pas de cours ce soir » annonça-t-il d'un ton monocorde en tournant vaguement sa tête vers moi il tremblait un peu plus qu'à l'accoutumé.

- « Professeur.. euh.. je j'suis désolée de vous avoir parlé comme ça... » murmurai-je en regardant tour à tour le sol puis son dos il se tourna sans dire un mot. « J- j'ai avancé sur le projet... » dis-je en lui présentant le petit balai que j'avais sorti de derrière mon dos. Je vis son œil normal se fixer sur le petit éclair de feu pendant que l'autre faisait des allés-retours entre moi et l'objet.

- « C'est le balai de Potter ? » demanda-t-il J'acquiesçai.

- « J'ai convaincu un Elfe de maison de me l'apporter... lui aussi se faisait du soucis pour Potter... » expliquai-je un peu hésitante.

- « Et ça marche? » demanda-t-il finalement en me fixant de ses deux yeux.

- « Mes Accios fonctionnent jusqu'à cinq cent mètres de distance. » annonçai-je timidement mais son œil magique ne me quitta pas. « j-j'ai utiliser des carapaces de Scroutts... elles sont très sensibles à la magie... alors... j'en ai récupérer derrière la cabane de Hagrid... » commençai-je en me balançant nerveusement sur mes talons je ne savais pas si j'avais déjà été aussi nerveuse.

- « Mis en vernis ? » demanda-t-il en prenant le balai entre ses doigts je secouai la tête.

- « J'en ai fait de la poudre, puis une pâte que j'ai introduite dans un trou que j'ai fait dans le manche du balai. » commençai-je mais arrêtai... ça ne devait pas l'intéresser...

- « Et pour l'équilibre, vous avez trouvé un moyen de le conserver ? »

- « O-oui., je l'ai fait rouler pendant toute la durée de séchage et la masse de pâte était exactement la même que celle du bois que j'avais enlevé. » débitai-je de plus en plus vite en regardant tour à tour dans le vide puis le balai.

- « Je savais que vous ne me décevriez pas. » grogna-t-il je levai la tête et vis toutes les cicatrices de son visage se contracter dans un sourire qui me fit chaud au cœur.

Soudain, son expression changea et, se rattrapant à la table derrière lui, je me rendis compte qu'il tremblait. Il se mit alors chercher quelque chose dans ses poches sa flasque. Il l'ouvrit mais quand il voulu en boire, elle était vide.

Il ne pris même pas le temps de la refermer et la jeta presque sur la table avant de claudiquer d'un pas hâtif vers son bureau.

Très inquiète, je me précipitai à sa suite. La porte été déjà ouverte et alors qu'il avançait vers un vieux coffre rempli de potions en tout genre, il trébucha.

Arresto momentum

prononçai-je en dégainant ma baguette par chance, il s'arrêta avant de toucher le sol et je pus, avec beaucoup de difficulté, l'aider à s'asseoir sur son fauteuil qui, par chance, était tout proche.

Paniquée par une telle crise, je me précipitai devant le coffre et me mis à regarder toutes les bouteilles... certaines semblaient avoir été remplies récemment... mais je ne savais pas de tout laquelle lui donner... 'Merde !' me dis-je en en prenant une dans chaque main. Mais ses tressautements se faisaient de plus en plus brusque alors comme le liquide me sembla être sensiblement le même dans les deux flacons, j'en pris un, l'ouvrit et lui fit boire le contenu en espérant ne pas l'avoir empoisonné...

Pendant quelques secondes, je me mis à repenser à la fois où j'avais joué à quitte ou double en donnant du venin chauffé à un centaure... ce même stress... mais... étrangement, il y avait autre chose... quelque chose qui commençai à monter en moi... comme quand j'avais vu le corps inerte de mamie... Mais je ne pouvais rien faire... juste attendre... attendre en espérant...

J'avais l'impression d'avoir passé des heures à attendre que les spasmes se calment...

- « Professeur... » appelai-je en agrippant machinalement un bout de sa manche. « Vous allez mieux ? » demandai-je avec une petite voix étranglée que je pensais avoir laissé derrière moi il y a quelques années.

- « Ouais. » grogna-t-il après quelques secondes de silence. « C'est bien » dit-il en tapotant la main qui était encore agrippée à la manche de sa veste. « bon réflexe. » ajouta-t-il légèrement hors d'haleine.

J'aurais voulu lui demander ce qui c'était passé... ce qui avait causé cette réaction... mais encore une fois, c'était Maugrey Fol Œil il devait faire des crises de paranoïa... ou bien était-ce un retour dû à l'absorption d'un poison puissant ? Ça aurait expliqué sa hantise d'être empoisonné...

- « Vous êtes sûr ? » insistai-je. Je ne voulais vraiment pas le revoir dans cet état : il acquiesça.

- « Vous avez trouvé un moyen d'ignifuger ce balai ? » demanda-t-il au bout d'un moment.

- « J'ai quelques idées... mais je n'ai pas les ingrédients nécessaires... et je ne sais pas combien de temps ça va me prendre pour tout réunir... » dis-je en repensant à la potion de pare-feu. « Et j'ai peur qu'avec un vernis mal posé, la vitesse de pointe ne soit affectée... »

- « Un sortilège ne serait pas suffisant ? » demanda-t-il en se redressant sur son fauteuil.

- « Je ne sais pas trop... j'ai peur qu'un sortilège ne tienne pas suffisamment longtemps... après, j'ai jusqu'au vingt-quatre pour finir tout ça... mais je ne sais pas si j'arriverai à mettre un sortilège au point en si peu de temps... »

- « Un Impervius pourrait faire l'affaire... » proposa-t-il après plusieurs minutes.

- « Mais ce sort n'imperméabilise que contre les substances... le feu peut-il réellement être compté comme tel ? » demandai-je un peu perplexe.

- « Et bien ça le protégerait déjà contre les éventuelles gouttelettes de liquide inflammable... le feu des dragons n'est pas magique... » expliqua-t-il d'un air un peu détaché. « Et de ce que je sais les flammes se propage par ce liquide... »

- « Donc, si on protège le balai de ce liquide... »

- « C'est ça. » répondit-il en hochant lentement de la tête. « toutefois, je ne sais pas si ce liquide permettra de résister au choc de température... »

- « Je ferai des tests. » dis-je en me redressant.

- « Je vous fais confiance pour ça. » grogna-t-il avec ce qui, pour lui devait être un sourire je ne le décevrai pas !